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Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, Olivier Gaignet vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr



lundi 18 février 2019

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2251 : "Lorsque j'aperçois un Juif, je contemple l'Eternité !" (Tolstoï)

Mercredi dernier 13 février, lors d'une rencontre du groupe interreligieux du Pays des Olonnes  -  c'était avant le triste épisode dont fut victime l'académicien juif Alain Finkielkraut  -  Hélène, femme juive, nous fit part de son appréhension à la veille d'un départ pour Paris.
Cela m'a rappelé, lorsque nous avions l'honneur d'accueillir la synagogue des Sables dans les murs du presbytère de la ville, les consignes de prudence que les parents donnaient à leurs enfants le jour du Shabbat : "Attention les enfants, enlevez bien votre kippa avant de sortir dans la rue ; on ne sait jamais !"
J'ai aussi encore en mémoire la manifestation violente d'une cinquantaine jeunes lefebvristes qui, chapelet à la main, en mars 2010, ont réussi à empêcher le rabbin Rivon Krygier de donner, à Notre-Dame de Paris, sa conférence de Carême sur le dialogue judéo-chrétien.
Quant au grand rabbin de France Haïm Korsia, habitué des Sables d'Olonne, il déclarait déjà, le 1° octobre 2015 : "Notre société est au bord de l'implosion ! D'où l'importance de nous rappeler qu'il est possible de retrouver un élan de fraternité, que celle-ci n'est pas juste un mot inscrit sur les frontons des mairies et des écoles. Dans une France non pas uniforme, mais rassemblée dans sa diversité et ses différences."
Depuis deux jours, tout le monde a l'air surpris de ce qui vient d'arriver à Alain Finkielkraut !!! Sauf les Juifs bien sûr... Eux ont bien remarqué, beaucoup mieux que nous, et depuis bien longtemps, la dangereuse recrudescence de l'antisémitisme en Europe et dans notre pays. Avec une hausse de 74% des actes antisémites en 2018 en France : violences, menaces, atteintes aux biens... 541 délits constatés, contre 311 en 2017 ! En Allemagne  -  où il n'y a pourtant pas de "gilets jaunes"  -  1646 actes antisémites ont été recensés en 2018 : une hausse de 9,4% par rapport à 2017. Et je ne parle pas de l'antisémitisme bien vivant dans d'autres nations soit-disant de racines chrétiennes, comme la Pologne, la Hongrie et autres...
Plus grave : depuis 12 ans, onze Juifs ont été assassinés, en France, parce que Juifs ; parmi eux, Ilan Halimi en 2006, trois enfants d'une école juive par un certain M... en 2012, Mireille Knoll en 2017... Malheureusement, comme l'ont remarqué, non avec jalousie, mais quand même un peu d'amertume, les membres de la communauté juive, à aucune de ces occasions le peuple de France ne s'est dressé en masse pour prendre leur défense, réservant ses larmes aux caricaturistes sulfureux de "Charlie-Hebdo ...   Pourquoi ?  En sera-t-il encore de même aujourd'hui ?
Je repense souvent à la douloureuse complainte du psalmiste se tournant vers Yahvé, le coeur ravagé de douleur (psaume 13 (14) :
Jusques à quand, Yahvé, m'oublieras-tu ?  Jusqu'à la fin ?
Jusques à quand me vas-tu cacher ta face ?
Jusques à quand mon adversaire aura-t-il le dessus ? 
Regarde, réponds-moi, Yahvé mon Dieu !
Illumine mes yeux, que dans la mort je ne m'endorme !
Que mes oppresseurs n'exultent à me voir chanceler !
Pour moi, en ton amour, je me confie, Yahvé !
Que je chante à Yahvé pour le bien qu'il m'a fait !
Et c'est là que l'on retrouve le sens étymologique et originel du terme "Juif", venant d'un verbe qui signifie : "celui qui a de la gratitude".  Quant à nous, saurons-nous soutenir fortement ceux dont Jean-Paul II disait, lors de sa visite à la Grande Synagogue de Rome, le 13 avril 1986 : "Vous êtes nos frères préférés et, d'une certaine manière, on pourrait dire, nos frères aînés !"
A l'intention des personnes intéressées, je signale deux pistes pour concrétiser cette fraternité :
-  rejoindre le groupe interreligieux "Dialogue pour la paix", à travers l'une ou les deux de ses antennes, "en Pays Yonnais", et aussi "au Pays des Olonnes", qui regroupent six traditions religieuses différentes, dont le Judaïsme,
-  et également l'association de l'AJCF (Amitié Judéo-Chrétienne de France), bien vivante en Vendée.
Mais ces trois groupes ne rassemblent pas suffisamment d'adhérents... Je souhaite qu'il ne s'agisse pas là d'un désintérêt, ce qui serait dramatique ; mais seulement d'une ignorance, qu'il est toujours possible de réparer !
Pardonnez-moi ! Mais, si cela peut faciliter la chose, pour rejoindre ces groupes, ou tout simplement recevoir de plus amples renseignements, il suffit d'envoyer un mail à :
-  AJCF                                                                          francoise.kessler@sfr.fr
-  Dialogue pour la Paix en pays Yonnais (DPY)              kia.noel@free.fr
-  Dialogue pour la Paix au pays des Olonnes (DPO)       olivier.gaignet@yahoo.fr                      Merci !

P - S  :  J'ai écrit le billet ci-dessus le lundi 18 février. Ce mardi 19, 19h30, j'arrive du rassemblement départemental, à la Roche s/Yon, en soutien à nos frères et soeurs Juifs. Comme je le craignais, malgré l'enjeu, ce n'était pas la foule : environ 300 personnes pour toute la Vendée !  Cependant,  c'est déjà ça ! Mais assemblée très chaleureuse, dans laquelle nombre de personnes se connaissaient, à travers une même participation aux associations, syndicats ou partis. Il y aurait peut-être pu y avoir davantage de membres de nos communautés chrétiennes, mais il y a tant à faire dans les programmes de vie de chacun, au plan familial ou autres....  En tout cas, belle représentation pour la Roche et les Sables, dont un certain nombre de Juifs du Pays des Olonnes, bien entourés, Dieu merci !   Et ce rassemblement a permis entre nous de riches échanges ; c'est un beau premier pas ! Espérons qu'il pourra permettre une prise de conscience collective plus profonde quant à l'importance de l'enjeu poursuivi !


samedi 16 février 2019

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2250 : La Foi, c'est quoi au juste ?

Sur le doyenné de Talmont, l'on m'a demandé d'assurer deux matinées-dimanche de catéchèse pour adultes, sur le thème : "la Foi, c'est quoi au juste ?" Cela ne m'a pas étonné de sentir les participants fortement motivés : croire en Dieu aujourd'hui en effet, c'est forcément un élan, une passion, un appel à partir au large, une soif d'absolu. En quelque sorte, cela ne peut être une démarche banale ! Les cathos sociologiques, allant à la messe par routine, ne croyant en Dieu que par la force de l'habitude, c'est en grande partie terminé ! Les chrétiens d'aujourd'hui ne sont pas meilleurs que ceux d'hier, mais plus que jamais, ils sont persuadés de la nécessité de fonder leur foi, de nourrir leur foi ; cela dans une tentative journalière d'entrer dans un lien d'amour personnel avec Dieu, à la fois tout proche et infini.
Croire en effet, c'est donner une réponse à un appel de Dieu. Car on n'entre pas dans la foi de soi-même, mais, comme l'a fait Abraham, on répond à un appel ; aujourd'hui celui de Jésus nous disant : "Viens, suis-moi." Nous faisons alors l'expérience d'une rencontre, d'un dialogue avec Dieu. Du matin au soir, cette rencontre irrigue notre vie, mais à certains moments, on s'arrête (messe, prière, oraison, réco...), afin d'avoir un dialogue plus suivi avec Dieu.
Est-il facile de croire ? Non ! Thérèse d'Avila, Thérèse de Lisieux, Mère Teresa ont connu de longues périodes de doute et d'obscurité. Comme l'explique Isaïe (45/15) : "Vraiment, tu es un Dieu qui se cache !" Cela peut sembler étrange ! Thérèse d'Avila s'en est étonnée, qui disait à Dieu : "Si c'est ainsi que vous traitez vos amis, cela explique que vous en ayez si peu !" Pourquoi ces trois Thérèse ont-elle tenu malgré l'obscurité ? Parce que, comme Job éprouvé, elles ont compris que jamais les ténèbres ne pourront arrêter la lumière. (Jean 1/5)  Mais, comme disait St Augustin : "Si tu comprends, ce n'est plus Dieu..."  Autrement dit, si Dieu se montrait facilement, on ne serait plus libre de croire en lui ou non. J'aime bien cette réflexion de Tolstoï disant : "Tout ce que je comprends de toi, je ne le comprends que parce que je t'aime." Pascal disait d'ailleurs : "C'est le coeur qui sent Dieu, et non la raison. Voilà ce que c'est que la foi : Dieu sensible au coeur et non à la raison."  Avec ce témoignage marquant d'Edith Stein, en pleine déréliction à Auschwitz où elle fut mise à mort, "s'inclinant devant le silence de Dieu."
La foi, c'est aussi un acte d'amour partagé, c'est une question de désir et d'amour ; c'est marcher sur les routes de l'existence la main dans la main avec Dieu. Comme nous le chantions dans notre jeunesse avec le Père Duval : "Seigneur, mon ami, tu m'as pris par la main, j'irai avec toi sans effroi jusqu'au bout du chemin."  La présence à nos côtés d'un Dieu qui aime, qui guérit, qui redonne l'espérance, qui pardonne, c'est comme une lumière qui illumine notre vie. Et en même temps, Dieu, ce n'est pas quelqu'un qu'on peut saisir, sur lequel on peut mettre la main. Il ne s'agit pas de le prendre, mais de se laisser prendre par lui. D'ailleurs, on n'a pas la foi comme on a un trousseau de clés dans sa main ; on n'a pas la foi, c'est la foi qui nous a ! Il est vrai que; comme le disait François Mauriac : "Il faut déjà croire pour être persuadé ! C'est ce qui rend vaine toute apologétique, et nous ne persuadons jamais que ceux que Dieu incline (vers lui)."  Avec ce mystère qui fait que tous ne vivent pas de façon identique le chemin vers la foi.
Peut-on "perdre la foi" ?  Attention, c'est comme pour l'entretien d'une voiture (toutes proportions gardées !) : la foi ne peut se maintenir que si on la replonge sans cesse dans l'Evangile et si on l'entretient !  Cela implique fidélité, recherche, nourriture...  Et si les églises se sont vidées ces dernières décennies, il faut sans doute comprendre que, ce qui s'estompe, en Occident, ce n'est pas la foi, mais le catholicisme comme coutume sociale. En tout cas, nul ne peut dire que Dieu est plus absent aujourd'hui qu'hier.
En résumé :
-  la foi chrétienne, c'est la confiance totale de la personne humaine en un Dieu personnellement recherché et rencontré ;
-  la foi doit être en même temps écoute de Dieu et service du prochain. Car c'est à la qualité de ce service de l'Autre que l'on peut mesurer l'authenticité et la profondeur d'une démarche de foi. En effet, comme le disait François Mauriac : "Perdre la foi dans les créatures [l'homme, la création], volià le péril !"

dimanche 10 février 2019

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2249 : "Avance au large !" (Jésus, en Luc 5/4)

Face à l'immensité de la mer, qui n'a jamais ressenti l'appel de l'infini ? Partir, se laisser emporter par la vague vers les grands horizons, dans le souffle du vent... De quoi rêver à des matins sans fin !  Mais, parmi nous, certains ne se sont pas contentés de rêver. Nombreux  même sont ceux qui, à l'image du valeureux Jean-Luc Van Den Heede, ont consacré leur vie à voguer vers le grand large, plus loin, toujours plus loin... En tout cas; ces gens-là nous donnent de sacrées leçons !  Et si, au fond, il nous indiquaient la direction à suivre pour que notre vie ne reste pas stérile ?  Nous appelant à quitter le gris de nos petites existences, nous invitant à aller au-delà de nos vieilles habitudes ?  "Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau", comme l'écrivait Baudelaire...
Sur notre planète, par bonheur, ils sont nombreux aussi ceux qui ont le souci d'avancer au large, comme Jésus y invitait Simon dans l'évangile de ce dimanche ; et parfois jusqu'aux périphéries les plus lointaines, ainsi que vient de le faire François, ce pape toujours en mouvement. Le grand large, pour lui, ce fut récemment Abu Dhabi où, apparemment, la pêche a été bonne ; en lien avec plus de 400 responsables de diverses religions réunis à deux pas du berceau de l'Islam, pour lancer, avec eux tous et en particulier, avec celui qu'il appelle "mon frère le Grand Imam d'Al-Azhar", un magnifique appel à la fraternité !
Cloué dans son fauteuil roulant, en Ehpad, cette situation n'empêche pourtant pas H... d'avancer vers le grand large. Vendredi, nous avons déjeuné ensemble, et il m'a expliqué que, grand nageur jadis, il aimait avancer au plus loin en mer, tendu vers l'horizon. Aujourd'hui, cela n'est pas un rêve ; car je le sens, dans toute sa réflexion, ses boutades, son humour, malgré une maladie bien invalidante, sa tête, son coeur, son âme restent toujours tendus vers l'infini !
Marina Foïs, cette merveilleuse comédienne qui fait un tabac dans le film "Une intime conviction" sorti mercredi dernier, nous invite également à bouger, à travers le coup de gueule qu'elle vient de lancer en faveur de l'accueil des migrants en France : "Comment les Français ne peuvent-ils pas comprendre la douleur de celui qui est obligé de quitter son pays ? Le discours dominant est celui de la peur, du rejet de l'autre. Il faut arrêter avec ce fantasme de l'invasion migratoire qui va mettre en péril notre pays. Regardons en face la réalité des chiffres de l'accueil des migrants en France. Ce n'est rien en comparaison à d'autres pays européens qui se sont montrés beaucoup plus accueillants que nous." (extraits de son interview dans "Ouest-France" du 3 février)
Ce matin, dans une église pleine, au Bernard, nous avons célébré le dimanche de la santé. Une militante du SEM (Service évangélique des malades) a donné un magnifique témoignage. A la fin de la messe, un jeune retraité, touché par ce qui avait été exprimé, s'est approché d'elle et lui a fait part de son désir de servir les malades au sein du SEM. Voici quelqu'un qui, comme Simon jadis au bord du lac, a entendu l'appel du Christ l'invitant à aller au large !  A la suite de tant de membres du SEM, ou de croyants, on non croyants, déjà engagés dans le service de leurs frères.
Puissions-nous être toujours plus nombreux à entendre ce bel appel de Jésus invitant chacun de nous à avancer au large, toujours plus loin ; au service de la fraternité sans fin !

lundi 4 février 2019

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2248 : Mais qu'est-ce que le pape est parti faire à Abu Dhabi ?

En un moment où, selon les sondages, une grande partie des catholiques pratiquants, en France et au-delà, se situent dans une extrême réserve par rapport aux musulmans, pour ne pas dire pire, et dans une méfiance qui semble s'accentuer d'année en année, comment comprendre ce désir du pape François de sans cesse rester attentif aux musulmans ?
Notre pape n'est-il pas un peu naïf ?  Se rend-il compte que "les musulmans veulent tous nous bouffer, et bâtir des mosquées partout, chez nous ?"... pour reprendre une critique entendue régulièrement. Et essayez donc de rétablir un minimum d'appel à la compréhension, dans la façon de considérer les musulmans, que ce soit dans les échanges au jour le jour comme à travers les homélies, et vous verrez aussitôt nombre de visages se fermer !
Ce qui ne nous empêche pas de chanter dans nos églises, allègrement et sans complexe, parfois même en allant à la "communion" (!) : "laisserons-nous à notre table un peu de place à l'étranger..."  Sans que cela ne semble nous gêner non plus, dans nos prières universelles, de prier le Seigneur de nous aider à mieux vivre ensemble ! Mais ensemble avec qui ? Entre chrétiens seulement, ou avec les étrangers seulement s'ils sont chrétiens  ?
Hier, la liturgie nous montrait Jésus en butte à l'hostilité de ses coreligionnaires juifs, parce qu'il avait osé leur faire la leçon en leur donnant en exemple deux païens ; comme si ceux-ci avaient quelque chose à apprendre à ces "bons Juifs", croyants et pratiquants !
Jésus était-il naïf ?  J'aime bien la réflexion de Michel Houellebecq, que j'ai citée hier dans mon homélie à Jard-sur-Mer, quand il écrit, en parlant de ces Juifs qui étaient réticents aux enseignements du Christ, à la dernière page de son récent ouvrage "Sérotonine" : "Je comprends le point de vue du Christ, et son agacement, face à l'endurcissement des coeurs. Ils ont tous les signes et n'en tiennent pas compte !" Et les compatriotes de Jésus, à Nazareth, ont même failli pour cela le précipiter dans le vide du haut d' "un escarpement de la colline sur laquelle leur ville est construite" !
De la même façon, le pape est vilipendé par un certain nombre de catholiques "fervents", sur les réseaux sociaux et ailleurs, quand il fait le choix d'aller en visite pastorale jusque dans le berceau même de l'Islam, aux Emirats Arabes Unis, à la porte de la redoutable Arabie Saoudite. De la même façon que Jésus était incompris quand il sortait de la Terre sainte pour aller à Tyr, à Sidon et ailleurs, en terre païenne.
Si Jésus était resté enfermé sur sa religion juive, aurait-il accompli sa mission de sauveur de tous les humains ?  Et si le pape se contentait de visiter ses ouailles catholiques, assurerait-il totalement sa mission de pasteur universel ?  Musulmans, catholiques, bouddhistes, non croyants, juifs... ne sont-ils pas tous frères ?
Ce lundi après-midi, dans la grande mosquée d'Abu Dhabi, l'une des neuf plus grandes mosquées du monde, le pape François prendra part à une rencontre dénommée "Fraternité humaine", un sommet interreligieux qui va réunir 600 responsables religieux, musulmans, chrétiens, juifs, etc., venus du monde entier. Ensemble, tous rechercheront comment faire grandir la fraternité sur notre planète déchirée.
L'apôtre Paul avait raison quand il nous rappelait, hier dimanche, dans la 2° lecture, que "l'amour supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L'amour ne passera jamais." (1 Corinthiens 13/7-8)
Et je ne résiste pas au bonheur de vous partager ces deux versets du Coran, souvent cités par les musulmans modérés qui sont bien majoritaires (sourate 49/9-10) : "Si deux groupes de croyants se combattent, rétablissez la paix entre eux. Les croyants sont frères. Etablissez donc la paix entre vos frères."

P-S  :  Pour la petite histoire, à Abu Dhabi, en posant sa main sur sa tête, le pape François a béni un petit garçon de 5 ans dont les parents sont originaires de la paroisse de Talmont-St Hilaire, commune de Poiroux.
La photo est parue dans le journal "La Croix" ! 

vendredi 1 février 2019

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2247 : Le vieil homme et la mer

Je suis sûr que ce cher Ernest Hemingway ne va pas m'en vouloir d'avoir emprunté le titre de l'un de ses livres pour introduire ce billet. Et je suis certain également que, de l'infini où il se trouve à présent, Hemingway se réjouit avec nous de la victoire du vieux marin qui vient de gagner la Golden Globe Race.
Un vieux marin de 73 ans, chaumois d'adoption depuis 30 ans je crois, Jean-Luc Van den Heede, qui a quelque chose à voir avec Santiago, le vieil homme héros du roman d'Hemingway. Jean-Luc, Santiago, tous les deux se sont battus vaillamment, au coeur des océans, pour donner un sens absolu à leur vie de marins.
Sur le Pays des Olonnes comme au-delà, nous avons suivi de près cette magnifique épopée que vient de vivre Jean-Luc. Avec un lien particulier : sa jeune soeur, Françoise, est une paroissienne fidèle, engagée dans une chorale, militant activement au sein de l'équipe du Secours Catholique sur le Talmondais ; avec elle, nous avons suivi de très près, pleins d'émotion, ce fameux périple à l'ancienne, sans GPS, sans ordinateur, sans assistance. Rien moins que son 6° tour du monde en solitaire !
En tout cas, Jean-Luc vient de nous donner à tous une sacrée leçon, dont il a livré le secret lors de son arrivée : ce qui lui a permis de terminer cette Golden Globe ? "Il faut être en phase avec soi-même !"  C'est-à-dire, si  l'on sent que l'on peut engager une aventure, ne pas avoir peur d'y aller ; à condition de bien s'y préparer.
Le 5 novembre dernier avait bien failli voir cette aventure avorter : un chavirage, un mât fragilisé ; Jean-Luc a même pensé abandonner. Mais il s'est repris et, avec des moyens de fortune, il a réussi à reprendre la course, avec le succès que l'on sait.
Nombre de leçons à retenir, pour nous terriens : accepter au besoin de se lancer dans l'inconnu, ne pas craindre d'avancer au large, ne pas forcément s'embarrasser de tous les moyens les plus sophistiqués pour tout ce que nous avons à faire, ni être esclaves en permanence de son smartphone ou de l'ordi, être tenaces dans l'effort, refuser de démissionner quand c'est trop dur, aimer ce que l'on fait et ce que l'on vit, même si c'est difficile, etc.
Une dernière leçon très forte : ne pas se cacher derrière son âge pour fuir les engagements, pour refuser d'inventer ou d'innover. Au contraire, faire de cette expérience des années une chance supplémentaire de mener à bien le projet de notre vie ; sans pour cela jouer au jeune, mais en étant conscient que, souvent, comme l'affirme le dicton avec raison, "c'est dans les vieux pots que l'on fait la meilleure soupe !"
Ainsi que je l'avais déjà cité dans un billet précédent, il y a quelques années, sachons méditer cet hommage de Péguy déclarant, dans son ouvrage "Victor Marie, comte Hugo : "Les vieux sont malins. Les vieux sont tenaces. Les vieux vaincront."