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...Alors, en réponse à vos attentes, Olivier Gaignet vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr



dimanche 19 mars 2023

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2823 : Nous intéressons-nous à ce qui affecte les Juifs ?

 En a-t-il été question aujourd'hui dans les églises de Vendée et de France, en ce 4° dimanche de Carême ?  Oui, par exemple sur St Gilles-St Hilaire de Riez, à travers la parole de Paul, qui en a fait écho auprès des chrétiens présents lors des deux eucharisties qu'il a célébrées ce week-end. Je veux parler du combat contre l'antisémitisme, le 19 mars étant, en France, la journée nationale de la lutte contre ce fléau, toujours présent malheureusement.

Savez-vous que, si les Français de confession juive ne représentent même pas 1% de la population, ils sont la cible de plus de 4 actes de violence ou de haine sur 10 ?  Une réalité qui a conduit au départ vers Israël de près de 10% des Juifs de France en dix ans !  Et il y a eu en France une hausse de 74% des actes antisémites en 2021.  Or, comme disait Kafka : "Quand on frappe un Juif, on frappe l'humanité."  Et les Juifs, qui étaient environ 40.000 en Ukraine et 150.000 en Russie, sont plusieurs milliers à avoir quitté ces deux pays depuis le début de la guerre en Ukraine !

Vous allez me dire : "Mais nous, en Vendée, on n'est pas antisémites ; ce problème ne nous concerne pas ; c'est dans des grandes villes..."  Et je fais le pari que ce billet n'intéressera peut-être pas nombre de lecteurs de ce blog !  Je les comprends un peu...  Qui s'intéresse au fait qu'il y ait des Juifs en Vendée ?  Qui est au courant du fait qu'il y a une synagogue très vivante aux Sables d'Olonne ? Même des Sablais ne sont pas au courant ! Et pourtant, Jean-Paul Sartre avait sans doute raison lorsqu'il déclarait : "L'antisémitisme n'est pas un problème juif ; c'est notre problème !"  Allez voir ce qui se dit sur les réseaux sociaux, très suivis aussi en Vendée, et vous comprendrez !

Comme le dit Joann Sfar, l'auteur de la merveilleuse BD "Le chat du rabbin" : "La folie la plus ancienne et la plus irréfutable, c'est la haine des Juifs."  Ne décrétons pas trop vite que nous ne sommes pas concernés, ne soyons ni indifférents ni aveugles.  Ne laissons pas nos compatriotes juifs seuls face à la haine comme face à l'antisémitisme quotidien bien présent dans notre pays. Puissent les chrétiens ne pas laisser les Juifs de France seuls dans leur douleur !

mercredi 15 mars 2023

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2822 : La retraite, une bataille pour le sens de la Vie

En "arrêt-maladie" depuis près de trois mois, en pleins débats à propos de la réforme des retraites, je me sens davantage concerné par ce combat de nombre de nos concitoyens, non seulement contre des contraintes matérielles trop fortes, mais surtout, en faveur d'une certaine redécouverte du sens profond de la Vie. 

Que signifie en effet le fait que notre pays tout entier, de façon très majoritaire, particulièrement dans les régions, s'engage avec ardeur et conviction dans ce droit à pouvoir se reposer et profiter de l'existence avant qu'il ne soit trop tard ?

Personnellement, j'ai sans doute fait une erreur, en acceptant à fond toutes sortes d'engagements, après 75 ans, au-delà de mes possibilités, plutôt que d'avancer paisiblement en âge et en sagesse. 

Que le président américain soit encore capable de faire son job du haut de ses 80 printemps,  cela ne devrait pas être un exemple, du moins pour moi.

Si une majorité de Français se battent pour préserver le temps de leur retraite, ce n'est pas seulement parce qu'ils seraient paresseux ou inconscients du financement de leurs retraites.  Car derrière leurs revendications, l'on doit pouvoir repérer des questions tout autres, de celles qui empêchent les gens de dormir, car elles concernent le sens de la vie.

Est-ce que ce sera mieux si les gens travaillent plus, plus longtemps, en étant encore productifs ?  Ou bien les prive-t-on de leurs meilleures années d'un repos bien mérité ?  Surtout le grand nombre de ceux qui mènent une vie de travail difficile, quand elle n'est pas épuisante lorsque arrive un certain âge.

La course à l'efficacité doit-elle être la seule motivation de notre pays ? Ou ne faut-il pas inventer un mode d'existence plis libérateur pour les travailleurs ?

Le pays tout entier est en haleine.  Il y a un temps pour le travail et un temps pour le repos. Je m'en suis moi-même aperçu trop tard. Et mon coeur, fatigué, épuisé, a failli me lâcher. Je ne souhaite pas qu'il en soit ainsi pour trop de travailleurs-euses de notre pays !

Quand nos responsables, politiques, patronaux, ecclésiaux, prendront-ils conscience que l'essentiel, pour la population, c'est qu'elle puisse vivre et profiter à fond, fraternellement, de l'avenir et des beautés de la Vie ?

"Tu es mon berger, ô Seigneur, rien ne saurait manquer, où tu me conduis."   Psaume 23 (22)

dimanche 12 mars 2023

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2821 : "Le meilleur Jeûne", d'après le pape François

 Les 10 conseils du pape pour le Carême ayant été très appréciés, je me permets de vous faire part d'autres conseils encore du pape François, par rapport à la meilleure façon de jeûner !

Le meilleur Jeûne pendant ce Carême

Voici, en ce milieu de Carême, « le meilleur Jeûne », que nous recommande le Pape François. Le Jeûne n'est, en effet, pas forcément lié à la nourriture et notre Pape François nous invite à suivre d'autres types de Jeûnes pendant ce Carême.


« Le meilleur Jeûne pendant ce Carême » pour notre Pape François :

                 « Je recommande ce qui suit comme le meilleur Jeûne pendant ce Carême :

- Jeûnez de mots offensants et transmettez seulement des mots doux et tendres.                                             
- Jeûnez d'insatisfaction/ d’ingratitude et remplissez-vous de gratitude. 

 
- Jeûnez de colère et remplissez-vous de douceur et de patience. 

 
- Jeûnez de pessimisme et soyez optimiste. 

 
- Jeûnez de soucis et ayez confiance en Dieu. 

 
- Jeûnez de lamentations et prenez plaisir aux choses simples de la vie. 

 
- Jeûnez de stress et remplissez-vous de prière. 

 
- Jeûnez de tristesse et d'amertume, et remplissez votre cœur de joie. 

 
- Jeûnez d'égoïsme, et équipez-vous de compassion pour les autres.

 
- Jeûnez d'impiété et de vengeance, et soyez remplis d'actes de réconciliation et de pardon. 

 
- Jeûnez de mots et équipez-vous de silence et de la disponibilité à écouter les autres.

Si nous pratiquons tous ce style de jeûne, notre quotidien sera rempli de paix, de joie, de confiance les uns dans les autres et de vie.

Ainsi soit-il. »


vendredi 10 mars 2023

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2820 : Jésus, l'Eglise catholique et les femmes

Le groupe interreligieux du Pays des Olonnes, "Dialogue pour la Paix", s'est donné pour but de travailler à faire évoluer les esprits par rapport à un certain nombre de questions, et cela depuis déjà de nombreuses années. Témoin les dernières soirées organisées tant avec un moine bouddhiste (plus de 150 participants), et une centaine avec un pasteur protestant à propos de la Franc-maçonnerie, ainsi que le 1° mars dernier autour de la place des femmes dans l'Eglise catholique ; en lien avec la récente journée mondiale annuelle des femmes.

Dans l'édition du "Journal des Sables" datée du 23 février, le rédacteur en chef, Franck Hermel, avait déjà rédigé une excellente interview de l'abbé René Cougnaud sur ce sujet, avec ce titre tout à fait marquant : "Sans les femmes, l'Eglise catholique ne tiendrait pas debout."

Lors de sa passionnante conférence du 1° mars aux Sables d'Olonne, René Cougnaud a développé l'approche bienveillante de Jésus envers les femmes, en dépassant les préjugés de l'époque. Durant l'Antiquité en effet, la femme était la propriété de l'homme.  Dans le monde juif, sa situation n'était pas plus enviable.  Mais les évangiles nous montrent Jésus se démarquant radicalement de la tradition juive de son temps.  Il s'accordent sur la présence permanente et active de femmes dans le cercle masculin de Jésus.

Tout au long de son ministère, Jésus fait référence aux femmes : la veuve pauvre de Jérusalem (Marc 12, 41-44), la veuve de Naïm (Luc 7, 11-17), la femme courbée (Luc 13, 10-16), la femme adultère (Jean 8, 1-11), la femme qui met du levain dans la pâte (Luc 13, 21), la femme qui retrouve sa pièce (Luc 15, 8), la femme au moulin ((Luc 17, 35), la femme qui accouche (Jean 16, 21), la veuve casse-pieds (Luc 18, 1-8), les 10 demoiselles d'honneur (Mt 25, 1-13), la belle-mère de Pierre (Marc 1), la femme aux pertes de sang ((Marc 5, 21-43), la Cananéenne (Mt 15, 21-28), Marthe et Marie (Luc 10, 38-42, et Jean 11, 1-44), la Samaritaine (Jean 4, 5-42), Marie de Magdala (Jean 20, 11-18), et bien sûr, Marie, mère de Jésus, à Cana, au pied de la croix... Les femmes ont aussi été les premières au tombeau.  Etc.

Quoi en retirer ?  Les femmes ont été présentes aux moments-clés de la vie de Jésus. Jésus érige les femmes en modèles de foi. Il les considère comme d'authentiques disciples.  C'est aux femmes qu'il confie le message de sa résurrection pour qu'elles en communiquent la bonne nouvelle à ses apôtres. Jésus a cru en elles, il s'est confié à elles, il en a fait des relais de sa mission.  Jésus a invité ainsi son Eglise à tirer des ressources des femmes pour continuer son oeuvre. Il ne les a nullement exclues de quoi que ce soit.  Il les a invitées à porter du fruit.

Questions : pourquoi, dans l'Eglise catholique, les hommes se sont-ils approprié la hiérarchie, le pouvoir, le sacré, le service de l'autel, l'emprise sur le peuple, la gestion de toute sexualité, l'identification au Christ... ?  Pourquoi ce refus du partage de la responsabilité ultime de la mission avec les femmes ?  Pourquoi cette barrière moyen-âgeuse maintenue entre hommes et femmes ?  Pourquoi un Vatican peuplé d'hommes âgés si jaloux de leurs responsabilités masculines ?  Et surtout, comment se fait-il qu'aujourd'hui encore, l'on reste si éloigné de l'approche évangélique de Jésus par rapport au monde féminin ?

Je termine ce billet en citant l'article Franck Hermel : "Jésus a construit sa mission au fur et à mesure de son parcours et les femmes n'y ont pas été pour rien. Elles ont été actrices de cette construction ; elles ont contribué à baliser son chemin.  Et ce, avant d'être reléguées à l'arrière-plan de l'histoire religieuse.  Nous ne sommes pas fidèles à ce que voulait Jésus", déplore l'abbé Cougnaud.  Après tout ce qu'elles ont fait pour Jésus, elles n'auraient pas le droit de servir à l'autel ?  Invraisemblable !"

Il y a vraiment là matière à réflexion !

lundi 6 mars 2023

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2819 : Dix conseils du pape François pour vivre le Carême

 

1. Se laisser toucher le cœur

« Revenez à moi de tout votre cœur », dit le prophète Joël (2,12). Dans la vie, « nous aurons toujours des choses à faire », nous aurons toujours « des excuses à présenter », mais « aujourd’hui c’est le temps de revenir à Dieu », insiste François qui dévoile cette surprenante réalité : «en tant que Père tendre et miséricordieux, Il vit aussi le Carême, parce qu’Il nous désire, nous attend, attend notre retour ».

Revenir vers lui, c’est s’engager sur le « chemin d’une conversion non pas superficielle et transitoire », mais un « itinéraire spirituel » qui touche « le lieu le plus intime » de notre personne. En effet, « le cœur est le siège de nos sentiments, le centre dans lequel mûrissent nos choix, nos comportements ».

Le Carême n’est « pas une collecte de bonnes actions », c’est « discerner vers où est orienté notre cœur ». Où mène « le navigateur de ma vie, vers Dieu ou vers mon moi ? (…) Ai-je un cœur “qui danse”, qui fait un pas en avant et un pas en arrière, qui aime un peu le Seigneur et un peu le monde, ou bien un cœur ferme en Dieu ? » Et l’on se découvre soudain un cœur « fermé », « rouillé », « refroidi », « anesthésié »

Et François de scander : « Nous avons besoin de la guérison de Jésus, il nous faut mettre devant lui nos blessures et lui dire : “Jésus, je suis ici devant toi, avec mon péché, avec mes misères. Tu es le médecin, tu peux me libérer. Guéris mon cœur.” »

2. Arrêter de s’agiter

François appelle à « ralentir notre vie qui va toujours au pas de course, mais souvent ne sait pas bien où ». « Arrête-toi un peu, dit-il. Laisse cette agitation et cette course insensée qui remplit le cœur de l’amertume de sentir que l’on n’arrive jamais à rien. »

« Arrête-toi, reprend-il, laisse cette injonction à vivre en accéléré qui disperse, divise et finit par détruire le temps de la famille, le temps de l’amitié, le temps des enfants, le temps des grands-parents, le temps de la gratuité… le temps de Dieu. »

3. Rechercher le silence

« Arrête-toi un peu devant le bruit assourdissant qui atrophie et étourdit nos oreilles et qui nous fait oublier le pouvoir fécond et créateur du silence », intime François.

Le pape dénonce la pollution sonore. « Nous sommes submergés de paroles vides, de publicités, de messages insidieux. Nous nous sommes habitués à entendre de tout sur tous et nous risquons de sombrer dans une mondanité qui atrophie notre cœur et il n’y a pas de pontage pour guérir cela, mais seulement le silence. »

« Il n’est pas facile de faire silence dans son cœur, prévient-il, car nous cherchons toujours à parler un peu, à être avec les autres. » Pourtant, la « vraie conversion » est au prix de ce silence. Grâce à lui, le croyant peut rentrer en lui-même et se « mettre à l’écoute de la Parole de Dieu ».

Le dialogue intérieur avec cette parole a le pouvoir de « revitaliser nos relations avec Dieu et avec les autres », en nous ouvrant « dans le silence à la prière » et en nous sortant de « la forteresse de notre ego fermé » ; en brisant « les chaînes de l’individualisme » et en redécouvrant « à travers la rencontre et l'écoute, ceux qui marchent chaque jour à nos côtés », réapprenant ainsi à « les aimer comme des frères ou sœurs ».

4. Se détacher du smartphone

Aller au désert, durant le Carême, c’est se « détacher du téléphone portable » pour se « connecter à l’Évangile ». Jeûner, insiste François, « c’est savoir renoncer aux choses vaines, au superflu, pour aller à l’essentiel ».

C’est renoncer au culte du selfie. « Arrête-toi un peu devant la nécessité d’apparaître et d’être vu par tous, d’être continuellement “à l’affiche”, ce qui fait oublier la valeur de l’intimité et du recueillement. »

Le pape pointe du doigt « la maladie de l’apparence, aujourd’hui dominante ». C’est « unegrande tromperie » parce que l’apparence est « comme une flambée : une fois finie, il reste seulement la cendre ». Faisons un « diagnostic des apparences que nous recherchons », indique-t-il, « essayons de les démasquer. Cela nous fera du bien ».

Se tenir éloigner du téléphone, c’est aussi vouloir mettre le holà « aux paroles inutiles, aux bavardages, aux rumeurs, aux médisances », à la « violence verbale », aux « mots blessants et nocifs, que le réseau amplifie ».

C’est aussi refuser la « critique grossière et rapide » et les « analyses simplistes qui ne réussissent pas à embrasser la complexité des problèmes humains, spécialement les problèmes de tous ceux qui souffrent le plus ». Ce « nettoyage » se révèle nécessaire pour atteindre une « saine écologie du cœur ».

5. Arrêter de regarder les autres de haut

« Arrête-toi un peu devant le regard hautain, le commentaire fugace et méprisant qui naît de l’oubli de la tendresse, de la compassion et du respect dans la rencontre des autres », dit François, notamment à l’égard de ceux qui sont « vulnérables, blessés et même de ceux qui sont empêtrés dans le péché et l’erreur ».

Il s’agit de changer de perspective en regardant « vers le haut », avec la prière qui « libère d’une vie horizontale, plate, où on trouve le temps pour le “je” mais où l’on oublie Dieu ».

Regarder « à l’intérieur », grâce à un jeûne, qui nous « libère de l’attachement aux choses, de la mondanité qui anesthésie le cœur ». Regarder « vers l’autre » avec la « charité qui libère de la vanité de l’avoir, du fait de penser que les choses vont bien si elles me vont bien à moi ».

6. En finir avec l’hypocrisie

Pour le Carême, François demande que nous regardions « à l’intérieur, dans le cœur », sans faux-semblant et avec courage.

« Combien de distractions et de superficialités nous détournent de ce qui compte, dit-il, combien de fois nous nous concentrons sur nos envies ou sur ce qui nous manque, nous éloignant du centre de notre cœur, oubliant d'embrasser le sens de notre être dans le monde. »

Et que dire de nos attitudes pour le moins paradoxales et ambivalentes… « Que de fois, poursuit le pape, nous faisons quelque chose pour être approuvés, pour notre image, pour notre ego ! Que de fois nous nous proclamons chrétiens et dans le cœur nous cédons sans problème aux passions qui nous rendent esclaves ! Que de fois nous prêchons une chose et en faisons une autre ! Que de fois nous nous montrons bons au-dehors et nourrissons des rancunes au-dedans ! Que de duplicités nous avons dans le cœur… c’est la poussière qui salit, les cendres qui étouffent le feu de l’amour. »

Si l’on ausculte son cœur avec attention et sincérité, on mesure notre ambivalence. « Lorsque l’on accomplit quelque chose de bon, presque instinctivement naît en nous le désir d’être estimés et admirés pour cette bonne action, pour en retirer une satisfaction. Jésus nous invite à accomplir ces œuvres sans aucune ostentation, et à espérer uniquement la récompense du Père qui voit dans le secret » (Mt 6,4.6.18).

Le Christ demande d’accomplir des « œuvres de charité, de prier, de jeûner, mais de faire tout cela sans feinte, sans duplicité, sans hypocrisie » (cf. Mt 6,2.5.16).

7. Ne pas s’habituer au Mal

Le pape dénonce régulièrement « la culture » et « l’abîme » de l’indifférence. Le Carême, rappelle-t-il est le « temps pour dire non à l’asphyxie qui naît des intimismes qui excluent, qui veulent arriver à Dieu en esquivant les plaies du Christ présentes dans les plaies des frères : ces spiritualités qui réduisent la foi à une culture de ghetto et d’exclusion ».

Ces quarante jours aident à « sortir des habitudes lasses et de l’accoutumance paresseuse au mal qui nous menace ». Il s’agit de « ne pas nous habituer aux situations de dégradation et de misère que nous rencontrons en marchant dans les rues de nos villes et de nos pays ».

Le risque est réel d’accepter « passivement certains comportements et de ne pas nous étonner face aux tristes réalités qui nous entourent ». On s’habitue à la violence, « comme s’il s’agissait d’une nouvelle quotidienne qui va de soi ; nous nous habituons à nos frères et sœurs qui dorment dans la rue, qui n’ont pas de toit pour se protéger. Nous nous habituons aux réfugiés à la recherche de liberté et de dignité, qui ne sont pas accueillis comme ils le devraient ».

Nous nous habituons, enfin, à « vivre dans une société qui prétend se passer de Dieu », dans laquelle « les parents n’enseignent plus à leurs enfants à prier » le Notre Père ou le Je vous salue Marie, « ni à faire le signe de la croix ».

8. Demander le don des larmes

« Frères, interpelle François, sachez, que les hypocrites ne savent pas pleurer, ils ont oublié comment on pleure, ils ne demandent pas le don des larmes. » Demander le don des larmes, explique-t-il, est une façon de « rendre notre prière et notre chemin de conversion toujours plus authentiques ».

Et le pape de nous demander : « Est-ce que je pleure ? Le pape pleure-t-il ? Les cardinaux pleurent-ils ? Les évêques pleurent-ils ? Les personnes consacrées pleurent-elles ? Les prêtres pleurent-ils ? Les pleurs sont-ils présents dans nos prières ? »

Accepter de pleurer, c’est revenir à Dieu avec un « cœur nouveau, purifié du mal, purifié par les larmes, pour prendre part à sa joie ». Une joie qui s’enracine dans la certitude que « nous pouvons changer, si nous accueillons la grâce de Dieu et que nous ne laissons pas passer en vain ce moment favorable ». « S’il vous plaît, dit-il, arrêtons-nous, arrêtons-nous un peu et laissons-nous réconcilier avec Dieu ».

9. Prier

Les freins à la prière se manifestent particulièrement pendant le Carême, période de tentation. « Nous avons du mal à distinguer la voix du Seigneur qui nous parle, la voix de la conscience, la voix du bien. Jésus, en nous appelant dans le désert, nous invite à prêter attention à ce qui compte, à l’important, à l’essentiel. »

Car la prière est une nourriture indispensable. « Nous avons besoin de la Parole de Dieu, dit-il. Nous devons parler avec Dieu : nous devons prier. Car ce n’est que devant Dieu que viennent au jour les inclinations du cœur et que disparaissent les duplicités de l’âme. » Il faut se tourner vers l’Esprit Saint en redécouvrant « le feu de la louange, qui brûle les cendres de la lamentation et de la résignation ».

10. Contempler les visages qui nous entourent

François appelle chacun à s’arrêter pour contempler le visage de celles et ceux qui nous entourent :

Visage de nos familles qui continuent à « miser jour après jour, avec beaucoup d’effort, pour aller de l’avant dans la vie » et qui, « entre les contraintes et les difficultés, ne cessent pas de tout tenter pour faire de leur maison une école de l’amour ».

Visages des enfants et des jeunes « porteurs d’un lendemain et d’un potentiel qui exigent dévouement et protection » et qui « se fraient toujours un passage au milieu de nos calculs mesquins et égoïstes ».

Visages des anciens, marqués par « le passage du temps » ; visages « porteurs de la mémoire vivante de nos peuples » et visages de « la sagesse agissante de Dieu ».

Visages des malades et de tous ceux qui s’en occupent ; visages qui, « dans leur vulnérabilité et dans leur service, nous rappellent que la valeur de chaque personne ne peut jamais être réduite à une question de calcul ou d’utilité ».

Visages « contrits de tous ceux qui cherchent à corriger leurs erreurs et leurs fautes » et qui, « dans leurs misères et leurs maux », luttent pour « transformer les situations et aller de l’avant ».

Visage du Christ, « l’Amour crucifié » qui, « aujourd’hui, sur la croix, continue d’être porteur d’espérance », « main tendue à ceux qui se sentent crucifiés, qui font l’expérience dans leur vie du poids leurs échecs, de leurs désenchantements et de leurs déceptions ».