Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, Olivier Gaignet vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr



lundi 28 septembre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2463 : "Merci à vous les prêtres !"

Hier matin dimanche, je suis allé, en secours, célébrer l'eucharistie en l'église de Champ St Père, sur un secteur voisin qui vient de perdre un ami prêtre, Bernard, emporté brutalement par une embolie début-septembre. Voici encore un secteur paroissial un peu plus démuni au plan sacerdotal... A la fin de la messe, pendant le chant final, pour pouvoir être plus proche, je suis allé me placer à la sortie de l'église, et ma surprise a été grande d'entendre au moins dix ou quinze paroissiens me saluer tout en ajoutant : "Merci d'être venu célébrer chez nous !" Le tout accompagné d'autres paroles vraiment amicales.

Cela peut surprendre car, avec tout ce qui s'est passé ces derniers temps concernant les prêtres, on se demande toujours, nous les curés, si les gens n'accusent pas tous les prêtres, en vrac, d'être ou d'avoir été plus ou moins pédophiles. En fait, les personnes qu'en tant que prêtres, nous rencontrons, pratiquantes ou non d'ailleurs, sont assez intelligentes et perspicaces pour ne pas faire un amalgame entre les diverses situations.

Voici entre autres ce que j'ai entendu, surtout que les gens voient bien que je ne suis plus tout jeune : "Merci de vous être déplacé pour nous." "Vous avez fait pas mal de kilomètres pour venir jusque chez nous." "Vous ne nous avez pas laissés tomber." "On se demandait si on aurait quelqu'un." "Ca nous donne du courage de vous voir, de vivre la messe avec vous."

 A tel ou tel, j'ai répondu, car la décision que je vienne n'a été prise que très récemment : "Oh ! Si je n'étais pas venu, vous seriez bien arrivés à prier ensemble tout de même..." "Et vous êtes capables de vous prendre en main, de vous organiser pour assurer un temps de prière si le prêtre n'est pas là."

Chaque fois, ils me répondaient : "C'est vrai ! Mais la présence d'un prêtre, pour nous, c'est une belle richesse ; vous nous apportez beaucoup ! Vous savez guider notre prière. On sort de cette messe plus confortés."

Je ne suis pas le seul !  Je sais que tous les prêtres ressentent un grand bonheur à servir ainsi le peuple de Dieu. Jamais nous ne saurons assez dire merci à toutes ces personnes qui nous font confiance, et que chaque jour, les prêtres portent dans leur prière.

Sans parler des personnes qui se soucient de notre santé, nous invitent à venir déjeuner dans leur famille après la messe...

Quelle chance nous avons, nous les prêtres !  Merci à vous, chers paroissiens, pour ce formidable soutien !

dimanche 27 septembre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2462 : "Contraints de fuir comme Jésus"

 Aujourd'hui est célébrée la 106ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié. Le pape François a choisi comme titre de son traditionnel message : "Contraints de fuir comme Jésus-Christ : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les déplacés."

Comme le titre le met en évidence, la réflexion part de l'expérience de Jésus Enfant et de ses parents, à la fois déplacés et réfugiés. Cette expérience formant la base de ce qui nous est demandé par rapport à un accueil fraternel vis-à-vis des personnes déplacées.

Cela sera-t-il évoqué dans nos églises en ce dimanche ? J'ose l'espérer ; l'enjeu est si grand ! Chers lecteurs, je ne sais pas comment vous vous situez face à cette difficile question. Personnellement, à peu près chaque matin, je ne peux m'empêcher de penser à ces hommes, ces femmes, ces enfants contraints de fuir leur pays pour toutes sortes de raisons ; et peut-être en ce moment en train de se noyer dans la Méditerranée... Difficile de se sentir à l'aise ! Que faisons-nous pour les soutenir ? Les considérons-nous comme des frères et soeurs en attente d'être reconnus, accueillis ? Je ne peux m'empêcher de penser qu'au dernier jour, lorsque nous paraîtrons devant le Père, il nous interrogera sur la façon dont nous nous sommes situés vis-à-vis d'eux. "C'était moi, l'Etranger, nous dira Jésus ; m'avez-vous accueilli ?"

Loin de moi de vouloir jouer au "Père la morale" ; mais la question demeure. La question est explosive en France. Dans le diocèse de Gap, des chrétiens font la grève des quêtes pour protester contre l'action de l'évêque, Xavier Malle, en faveur d'un accueil digne des migrants. Pourtant, comme l'écrit le pape François : "Sur leurs visages, nous sommes appelés à reconnaître le visage du Christ affamé, assoiffé, nu, malade, étranger et prisonnier, qui nous interpelle."

Je vous renvoie à l'excellent article de "La Vie" du 24 septembre, qui publie les résultats d'une enquête de l'Eglise de France selon laquelle, "45% des catholiques pratiquants souscrivent au message du pape François, tandis que 33% sont plutôt hostiles et 22% mal à l'aise, tiraillés entre le discours de l'Eglise et la méfiance envers l'islam."

 Il y a quelques mois, dans une église de Talmont, alors que j'abordais, en termes prudents et modérés d'ailleurs, la question des migrants au cours d'une homélie, un jeune a crié à toute force de sa place : "Pas de politique !" J'ai souligné alors que j'étais tout simplement en train de lire un appel du pape François par rapport à l'accueil des migrants... Le pape devrait-il taire l'Evangile, et les prêtres aussi ?

L'éditorial de Jean-François Bouthors, dans le n° de "Ouest-France" de jeudi dernier 24 septembre, était très interpellant également, très évangélique. Comment se fait-il par exemple, écrit-il, que suite au drame de Lesbos, après l'incendie du camp de Moria, "Angela Merkel a annoncé que l'Allemagne recevrait sur son sol 1 500 réfugiés, la France se contentant de 100 ou 150 enfants ? (...) L'Europe ressemble à ces familles où l'on se regarde en chien de faïence : chacun compte ses sous. (...)  La fraternité part en lambeau. (...) Mme Merkel montre la voie, on aimerait qu'Emmanuel Macron - et d'autres - ne se contentent pas de la regarder en souriant... Sinon, les partisans du statu quo l'emporteront, et ce sera désastreux, pour l'avenir."

 Continuons à lutter pour une liberté d'expression absolument totale ; mais n'oublions pas l'énorme chantier de la FRATERNITE !

samedi 26 septembre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2461 : "Ensemble, défendons la liberté"

Magnifique lettre ouverte, publiée par de nombreux journaux, pour défendre la liberté d'expression sous toutes ses formes. Lisez-la !  Je vous en cite seulement la dernière phrase : "nous devons réunir nos forces pour chasser la peur et faire triompher notre amour indestructible de la Liberté."

Oh que c'est beau ! A condition que les signataires mettent bien en pratique ce qu'ils proclament... Ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas. Témoin la façon dont Charlie Hebdo ose traiter le célèbre dessinateur Geluck de "gueule de con", lui déniant toute liberté d'expression quand Geluck ose émettre une critique contre Charlie Hebdo. Jugez-en par vous-mêmes :

Visé par une chronique sur le site des Inrocks pour avoir qualifié la une de Charlie Hebdo de "dangereuse", le dessinateur belge a fait part de son incompréhension au Figaro. Retour sur ce vif échange, relaté par un journaliste du Figaro.
 
 

Le dessinateur belge Geluck se retrouve au coeur d'une polémique symptomatique de la division autour de la liberté d'expression et de ses éventuelles limites. Tout a démarré lorsqu'il a donné une interview à Europe 1, une semaine après la tuerie au coeur de la rédaction de Charlie Hebdo. Alors qu'un nouveau numéro venait de sortir, avec une caricature de Luz montrant à la une le prophète Mahomet larme à l'oeil, Geluck avait émis quelques réserves.

Selon Geluck, l'on a blessé les Musulmans

"Je la trouve dangereuse, mais je la comprends", avait estimé le dessinateur. "La liberté d'expression, qui est totale chez nous, ne doit pas pour autant nier une certaine responsabilité". Geluck expliquait avoir "parlé avec de nombreux musulmans", "des gens très ouverts, magnifiques, qui me présentaient des condoléances pour mes amis et mes collègues assassinés." Mais, "ils me disaient tous: 'Pourquoi le prophète? Nous nous sentons blessés."

Et si Geluck se disait "certain (...) que tous les dessinateurs, survivants et disparus, n'avaient aucune intention de blesser les musulmans sincères et démocratiques, mails ils le font néanmoins et je pense qu'il y a une vraie réflexion à faire".

Dessin très dur de Charlie Hebdo contre Geluck

Deux semaines plus tard, le chroniqueur Christophe Conte, connu pour étriller en chaque début de semaine une personnalité dans son "Billet dur" pour Les Inrocks, a choisi pour cible le dessinateur, se disant "étonné, puis agacé, puis révolté, puis attristé" par ses propos tenus sur les ondes de la radio. En illustration de sa chronique, un dessin de Coco, caricaturiste de Charlie Hebdo, où on voit le célèbre "Chat" de Geluck affublé de trois qualificatifs: "Un gros pif", "Une gueule de con", "Pas de couilles".

Avec ce ton acide qui est le sien, Christophe Conte a vilipendé Geluck - et Plantu au passage -, les qualifiant de "VRP du crayon", de "Pipo et Bimbo de la fausse insolence pour profs de collège en retraite". "Armés du désir bien tiède de ne pas "choquer les consciences" ou "jeter de l’huile sur le feu".

Fallait-il être obligés de trouver "fabuleuse" cette une de Charlie Hebdo ?

Le principal intéressé, Geluck, d'abord réticent à renvoyer la balle, a fini par réagir dans les colonnes du Figaro, "Je suis victime d'une fatwa", a estimé le dessinateur, disant regretter la réaction de Christophe Conte. "Etions-nous dans l'obligation de trouver la une du Charlie des survivants fabuleuse? Où est la confrontation des idées?".

 Geluck : "il faut arrêter avec les caricatures de Mahomet"

Le dessinateur belge continue cependant d'assumer ses propos. "Je pense qu'il faut, pour le moment, arrêter avec les caricatures de MahometÇa fait un moment que je pense qu'il n'est pas vraiment utile de taper sur ce clou-là. En revanche, il faut continuer à taper sur l'intégrisme, sur le fascisme religieux ou encore sur les aspects intolérables des dérives de cette religion visiblement mal interprétée par des malades mentaux. En visant ces gens-là, ce n'est pas la peine de blesser la communauté musulmane pacifique et démocrate."

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Charlie Hebdo n'a pas été beau joueur vis-à-vis de Geluck ! Pourquoi ces oeillères rétrogrades ? Pourquoi de telles contradictions ?

Le jour où il sera possible de critiquer Charlie Hebdo sans que celui-ci, n'acceptant pas cette liberté, vous traite de "sans couilles" ou de "gueule de con", comme il l'a fait pour Geluck,

 CE SERA UNE GRANDE VICTOIRE EN FRANCE POUR LA LIBERTE D'EXPRESSION !

 


vendredi 25 septembre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2460 : Qui défendra les Juifs de France ?

Les Juifs seraient-ils les oubliés des attentats de 2015 ?  Il n'est pas tellement fait mention d'eux dans les médias... Et pourtant, ils n'avaient pas blasphémé ; ils n'avaient fait aucune caricature offensant les Musulmans ni insulté l'Islam de façon répétée... Le tueur leur a seulement dit, à l'Hyper Cacher : "Vous êtes les deux choses que je déteste le plus au monde : vous êtes juifs et français".

Pendant trois jours, la cour d'assises spéciale de Paris vient de se pencher sur l'attentat de l'Hyper Cacher, au cours duquel ont été assassinés Yoav Hattab, Yohan Cohen, Philippe Braham et François-Michel Saada.

Il nous faut retenir ces noms car, comme l'a dit Frantz Fanon : "Quand on parle des Juifs, tends l'oreille, car on parle de toi.".  Kafka disait aussi : "Quand on frappe un Juif, on frappe l'humanité."

Le journal "Le Monde" note que pas moins de 687 faits antisémites ont été comptabilisés par les services de police en 2019.  Cela a-t-il mobilisé nos consciences, nos Eglises, nos médias si sourcilleux, n'est-ce pas Charlie, et notre société ? En tout cas, on n'a pas pensé à défiler pour eux...

Je vous communique cette réaction, ou plutôt, cet appel de Johann Sellem-Bidji.

 

Ma France, cher pays de mon enfance,

 Qu’es-tu devenue? Tu étais si belle, si grande, d’une élégance rare, si accueillante, tu ouvrais généreusement tes bras aux pauvres, aux opprimés, au destins brisés. Un pays de rêve ouvert sur un monde en ébullition. Tous les regards étaient posés sur toi et tu adorais cette sensation. Tu partageais ton savoir, tu acceptais les différences, tu proposais un nouveau départ. Le monde te regardait avec envie, avec passion, avec désir et parfois même avec jalousie. Tu étais si parfaite. Tu étais un idéal, une douce folie, ma douce France adorée. tu étais le pays des lumières, le centre du monde, la capitale de la culture et du savoir. Les gens se battaient pour avoir la chance de fouler ton sol, découvrir ton histoire, apercevoir tes courbes généreuses, tes côtes éclatantes et tes grandes plaines fleuries. Tu étais si majestueuse, un phare à l’horizon, un ilot d’amour et de paix.

 Qu’es-tu devenue en si peu de temps? Depuis hier soir, je tremble de toutes parts, je m’assois, je me tiens la tête en essayant de comprendre comment, toi ma France bien aimée, en es-tu arrivée là ? Tu avais tout pour éclairer le monde pendant des millénaires, une éternité et pourtant tu sombres, jours après jours. Tu tombes lentement dans les profondeurs de la vie, en fermant les yeux, sans te débattre, en espérant que ça se termine vite et sans douleur.

Hier, dans tes rues, des hommes, sans savoir et sans culture, ont attaqué un vieux monsieur de 80 ans ; ils étaient pleins de haine malsaine, de rancœur impensable, de dégoût non dissimulé. En attaquant cet homme, ils ont attaqué un juif, un grand philosophe, un académicien, mais aussi la république et quand on s'attaque la république, on s’attaque à toute la France.

Le regard de ce grand monsieur me hante, me perturbe. Il devrait te perturber aussi. non ?  Oui ? Alors, qu’attends-tu pour changer le cours d’un destin qui se veut funeste ? Faut-il qu’il y ait d’autres Juifs morts pour que tu te réveilles ? Que faut-il pour que tu sortes enfin de ta torpeur?

Je vais te rafraîchir la mémoire, pour que tu comprennes pourquoi nous, Français de confession juive, avons peur que tu nous tournes le dos ... comme avant.

- Sébastien Sellam, tué en 2003 par un « déséquilibré » ; il avait 23 ans.
- Ilan Halimi, tué en 2006 par « des jeunes désœuvrés » ; il avait 23 ans.
- Arieh Sandler, tué en 2012 par « un loup solitaire » ; il avait 5 ans.
- Gabriel Sandler, tué en 2012 par « un loup solitaire » ; il avait 4 ans.
- Jonathan Sandler, tué en 2012 par « un loup solitaire » ; il avait 30 ans.
- Myriam Monsonégo, tuée en 2012 par « un loup solitaire » ; elle avait 7 ans.

- Yohan Cohen, tué en 2015 par « un jeune désœuvré radicalisé » à l'Hyper Cacher ; il avait 20 ans.
- Philippe Braham, tué en 2015 par « un jeune désœuvré radicalisé » ; il avait 45 ans.
- Francois-Michel Saada, tué en 2015 par « un jeune désœuvré radicalisé » ; il avait 64 ans.
- Yoav Hattab, tué en 2015 par « un jeune désœuvré radicalisé » ; il avait 21 ans.

- Sarah Halimi, tuée en 2017 par un « déséquilibré » ; elle avait 65 ans.
- Mireille Knoll, rescapée d'un camp d'extermination, tuée en 2018 par un « déséquilibré » ; elle avait 85 ans.

Non, ne détourne pas les yeux s’il te plait. Lis ces noms, ces prénoms, regarde leurs âges, découvre leurs visages. Ils étaient tous tes enfants, ils aimaient tous la France. Ce grand pays. Si toi tu les oublies, nous, nous les oublieront jamais. Que veux-tu, nous sommes comme ça, un peuple qui a de la mémoire. Pour nous, chaque mort est important, pour ne pas que ça recommence. "Plus jamais ça", criaient les démocrates et les hommes de bien. Et pourtant, ça recommence. Les erreurs du passé viennent hanter tes rues. Et que fais-tu ?? Tu laisses le temps passer, en espérant que tout s’arrange et tu oublies ton histoire.

Oh ma France adorée, tu étais la capitale de la culture, tu as vu naître les plus grands écrivains, Molière, Victor Hugo, Balzac, Zola, Voltaire ... je pourrais t’en citer cent, mille... Et pourtant, aujourd’hui, tu laisses des Soral, des Bourbon, des Dieudonné, des Ryssen éduquer tes enfants en leur bourrant le crâne d’une haine anti-juive.

Oh ma France adorée, tu étais la capitale du monde de l’art ; tu as contemplé les plus grands peintres, Modigliani, Monet, Manet, Picasso, Van Gogh, Cézanne, L. de Vinci, je pourrais t’en citer cent ... mille et pourtant, tu laisses se dessiner des croix gammées sur tes murs ensanglantés, tu laisses le triste mot «JUDEN » sur la devanture d’un restaurant, tu laisses des banderoles aux tristes relents aryens, tu laisses rouvrir un passé qu’on croyait lointain.

Oh ma France adorée, tu étais la capitale de la mode, tu as vu défiler les plus grands créateurs, Saint-Laurent, Chanel, Dior, Gaultier, Courrèges, je pourrais t’en citer cent ... mille et pourtant, aujourd’hui, tu laisses les voiles, les burkas, les keffieh, les gilets jaunes envahir tes rues et prendre possession d’un monde magique qu’ils rendent sombre. Terriblement sombre.

Oh ma France adorée, tu étais la capitale du culinaire et de la gastronomie, tu as dégusté les plats des plus grands, Bocuse, Guerard, Blanc, Robuchon, Constant ; je pourrais t’en citer cent ... mille et pourtant, tu laisses des quenelles de mauvais goût à la sauce bavaroise, périmées depuis 70 ans, refaire surface.

Oh ma France adorée, tu étais la capitale des droits de l’homme, les autres nations voulaient te ressembler, Liberté Egalité Fraternité sont le symbole universel d’un grand pays et pourtant, tu laisses encore des individus crier « morts aux juifs », « les juifs dehors » dans les rues de Paris. Depuis 20 ans, nous ne pouvons plus vivre dans tes banlieues, nos enfants ne vont même plus dans les écoles de la République et notre vie devient un long chemin d’étoiles filantes.

Si tu savais ma douce France comme les Juifs t’aiment d’un amour irrationnel depuis 2000 ans. "Heureux comme Juif en France », dit le dicton Yiddish ; si tu savais que dans nos synagogues, nous récitons une prière tous les shabbat pour ta grande et belle République (et chez les Loubavitch, on chante même la Marseillaise). Si tu savais que nous, Juifs de France, on adore crier à qui veut l’entendre que c’est une fierté et un honneur d’être Français. Si tu savais comment nous, Juifs de France, nous te remercions pour ton éducation, de nous avoir fait grandir dans un pays en paix, de nous avoir offert une liberté de culte, une liberté d’expressions, une liberté de vie. Merci ...

Mais est-ce déjà la fin de notre histoire d’amour?
Devrions nous te quitter, prendre un aller sans retour pour un endroit plus sûr ... Un refuge, et te laisser sombrer en pleurant un passé qu’on ne reverra plus? Ou crois-tu qu’il y a encore un espoir... ? Certains pensent, le coeur lourd, qu’il n’y a plus d’espoir, que le temps du départ est une nouvelle fois, venu ; parfois, je suis de leur avis ... J’espère juste que nous nous trompons et que tu vas enfin nous retenir entre tes bras chaleureux... car nous nous t’aimons comme on aime sa mère... notre mère patrie adorée.

Yohann Sellem-Bidji

 

On tue en France davantage de Juifs que de caricaturistes. "Le Monde" signale qu'en Europe, c'est en France qu'il y a le plus grand nombre de Juifs assassinés. A quand une grande manif pour soutenir, en plus de la liberté de dessiner n'importe quoi, la défense de l'égalité devant le soutien des victimes, ainsi que le combat en faveur d'une fraternité universelle ? 

 


jeudi 24 septembre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2459 : Deux grands témoins de l'Evangile

 

Merci à Gilles Bély de nous offrir cette nouvelle chronique.

 

 Au risque d'être identifié sur le blog de "L'arche de Noé" comme le titulaire de la rubrique nécrologique - une fonction qui existe de façon informelle dans les rédactions -   comment ne pas évoquer et saluer la figure du comédien Michael Lonsdale qui vient de nous quitter, à l'âge de 89 ans ?

Il a joué dans des dizaines de films, au cinéma et à la télévision, et de pièces de théâtre.

La plupart d'entre nous se souviennent au moins de deux de ses principaux rôles dans des personnages d'hommes d'Eglise. Celui de l'abbé d'une abbaye cistercienne au XIV éme siècle dans l'Italie du nord, dans  Le nom de la Rose, de Jean-Jacques Annaud (1986), adapté du roman d'Umberto Eco. Mais c'est bien sûr son incarnation du frère Luc dans le film de Xavier Beauvois Des hommes et des dieux (2010) qui restera gravée dans les mémoires. Avec sa robe de bure, sa longue barbe blanche et son bonnet de laine, Michael Lonsdale avait donné toute sa dimension, à la fois spirituelle et humaine, à ce frère, massacré comme ses amis, à Tibhirine, après avoir donné toute sa vie, malgré le danger permanent, aux malades et aux pauvres.

Faut-il voir dans le personnage de ce frère qu'il a habité la foi profonde de Michael Lonsdale ? D'autres acteurs, peu connus pour leurs convictions religieuses, athées même, ont su incarner avec talent et réalisme des personnages religieux. Je crois pourtant que Lonsdale n'aurait pas pu s'investir dans ce rôle avec une telle intensité s'il n'avait pas été porté par sa Foi.

Michael Lonsdale a été baptisé à 22 ans. Pratiquant, on le savait proche de la Communauté de l'Emmanuel. Il affirmait que Dieu l'avait sauvé du néant et que la Foi était une part essentielle de sa vie. Il aimait à dire qu'il y avait trouvé "la voie, la vérité et la vie". Et aussi: "Aimez-vous les uns les uns les autres, ne jugez pas, ne condamnez pas."

Reposez en paix, Michael Lonsdale, vous nous avez montré quelque chose du visage de Dieu.

 

Je voudrais - encore et hélas - signaler un autre décès, celui d'Alain Woodrow, chroniqueur  religieux au Monde entre 1974 et 1985. Catholique critique, œcuménique, il ancrait son analyse dans les réformes du Concile Vatican II. Il déplorait le "traditionnaliste doctrinal", ce qui lui valut les critiques du milieu conservateur. Son livre "Les Jésuites, histoire de pouvoirs" connut un retentissement important, lorsque Jean-Paul II voulut les faire rentrer dans le rang, en raison de leurs positions sociales et internationales. Un autre livre,"Les Nouvelles sectes", suscita les critiques de l'Eglise de scientologie.

Chacun à leur manière, avec leurs talents, Michael Lonsdale et Alain Woodrow, auront été témoins, acteurs, révélateurs et éclaireurs de la présence de Dieu dans le monde.

                                                                                               Gilles Bély