Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

dimanche 30 avril 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.054 : "On est chez nous ! On est chez nous !""

S'il y a une vision que je ne supporte pas, et pas seulement pendant cette période électorale, c'est le spectacle affligeant de militants du FN scandant à tue-tête le slogan : "On est chez nous !  On est chez nous !" Or, inlassablement, et depuis de nombreuses années, les partisans du FN reprennent à tout bout de champ ce slogan-phare du logiciel frontiste, lors des meetings ou des réunions du parti.  Avec, en corollaires immédiats d'ailleurs, l'affirmation de la préférence nationale, ainsi que le rejet massif de l'islam et des adeptes de cette religion dans notre pays.
Aux critiques de tous bords sur une telle attitude, Marine Le Pen de répondre, comme à Clairvaux-les-Lacs, dans le Jura, en février, mais aussi ailleurs : "Mais non, ce n'est pas un cri de xénophobie ; c'est un cri du coeur, un cri d'amour pour ce qui nous appartient : notre pays. Oui, vous êtes chez vous !" a-t-elle ainsi affirmé, avec une profonde assurance.
Sans se rendre compte d'ailleurs qu'elle se situe ainsi en contradiction totale avec ce que nous enseigne la grande tradition biblique. Il y aurait tant de textes à citer...  en voici deux seulement, à titre de témoignage :
-  Lévitique 25/23 : "La terre ne vous appartient pas !  Elle appartient à Dieu !"
-  Deutéronome 27/19 : "Qu'il soit maudit, celui qui ne respecte pas les droits d'un étranger installé chez vous !  Et tout le peuple répondra : "Nous sommes d'accord !"
Comme l'a exprimé la députée européenne Sylvie Goulard cette semaine lors de l'émission "Face aux chrétiens" sur RCF : "Le programme de Marine Le Pen ne va pas franchement dans le sens de l'Evangile. Quand on fait des différences sur les origines des personnes, on est très loin de l'Epître aux Galates (3/28) : "Vous êtes tous fils de Dieu (...).  Là, il n'y a plus de distinctions : il n'y a plus ni juif ni grec, il n'y a plus ni esclave ni homme libre (...). Tous, vous êtes devenus un dans le Christ."
Personnellement, durant plus de 9 ans, j'ai vécu cette condition d'étranger en Afrique, et c'était dans un pays massivement de religion musulmane, au Mali. Mais jamais je n'ai ressenti un quelconque sentiment de rejet de la part de ces populations musulmanes.  J'organisais pourtant alors des temps de formation, des rencontres, des camps, des sorties, des activités scolaires, sportives ou autres avec une majorité de jeunes musulmans. On aurait pu me le reprocher, et pour cela, m'écarter, me maudire ou m'exclure : ce ne fut pas le cas ! Les Africains seraient-ils d'un esprit plus ouvert que les adeptes du Front National ?  Je ne suis pas loin d'en être persuadé !  Il est vrai que, pour tout vrai musulman, comme me le répétait souvent un imam de mes amis : "d'après le Coran, "l'étranger est un cadeau de Dieu !" 
Ah ! J'oubliais... D'après le sondage Pélerin/Ifop, "seuls" 15% des pratiquants réguliers ont voté pour Marine Le Pen ; contre 25% il est vrai aux élections régionales en 2015. Cette baisse est à souligner ! Mais il y a sans doute à redire sans se lasser qu'il y a des valeurs de l'Evangile à ne pas oublier !

jeudi 27 avril 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.053 : "Je souffre sans haine"

Il nous arrive souvent de critiquer les médias, qui ont plutôt tendance à nous présenter la face sombre des personnes et des événements.  Et pourtant, nous devons beaucoup à ces mêmes médias qui, de temps à autre, mais quotidiennement pourtant, savent aussi nous offrir de réelles paroles de paix et de beaux gestes de lumière.
La Résurrection au jour le jour, cela existe en effet, à qui sait regarder, à qui sait aimer.
Nombre de nos contemporains doutent de la Résurrection de Jésus ; il est vrai que, hors la foi, il n'est pas évident d'y adhérer. Et pourtant, cela n'empêche pas le Christ de répandre sur chaque humain et sur tout l'univers la force de sa victoire sur la haine et la mort.
Il serait possible de partager une foule d'exemples à ce sujet ; je m'en tiendrai à un fait : l'émouvant hommage rendu par son compagnon au capitaine Xavier Jugelé, ce policier tué récemment sur les Champs-Elysées. Lors de l'hommage national rendu le mercredi 26 avril à la préfecture de police de Paris, retransmis sur toutes les télés, Etienne Cardiles, entre autres, a déclaré ceci : "Je suis rentré le soir, sans toi, avec une douleur extrême et profonde qui s'apaisera peut-être un jour, je l'ignore. Je souffre sans haine. J'emprunte cette formule à Antoine Leiris, cette leçon de vie qui m'a tant fait grandir qu'elle me protège aujourd'hui : "Vous n'aurez pas ma haine."  Cette haine, Xavier, je ne l'ai pas, parce qu'elle ne te ressemble pas. Parce que la tolérance, le dialogue et la tempérance étaient tes meilleurs armes (...)."
A titre de rappel, Antoine Leiris est un journaliste dont la femme a été assassinée le 13 novembre 2015, au Bataclan. Le 20 novembre, il a publié une lettre aux tueurs intitulée : "Vous n'aurez pas ma haine !"
En entendant les paroles d'Etienne, je me suis dit : devant un tel courage, une telle force de coeur, impossible de douter de la grandeur de l'homme ni de l'avenir de l'humanité !  Je pensais à ces deux citations recueillies il y a quelques jours seulement :
-  Maxime Gorki : "Un homme, ça sonne fier !"
-  Jean Jaurès : "La fidélité aux morts, ce n'est pas de porter leurs cendres, c'est de brandir leurs flambeaux."
Et voici que, tout à coup, la spirale de la violence et de la mort sont interrompues par un Antoine Leiris, qui entraîne ensuite Etienne Cardiles, et pourquoi pas, bien d'autres, hors des affres et des griffes du ressentiment sans fin, de la soif de la vengeance et de la haine qui n'en finit pas.
Pourquoi ne pas faire alors cette prière au plus profonde de notre coeur : "Victoire, tu régneras, ô Croix, tu nous sauveras."
Imperceptiblement, au coeur de notre société, le Ressuscité est présent.
Comme nous a appris à le chanter le psalmiste, avec foi et espérance : "La terre entière, Seigneur, est remplie de ton amour ! " (psaume 33/5)

dimanche 16 avril 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.052 : A la santé du Christ ressuscité !

Parmi les nombreuses joies de Pâques dont, en tant que prêtre, je rends grâce en ce jour, il y a cette sympathique invitation, hier soir à l'issue de la Veillée pascale, et ce matin, après la messe, de venir partager le verre de Pâques, de la part de Fifi, mon sympathique voisin, patron populaire du bar tout proche du presbytère.
Hier soir, c'était trop tard ! Ce matin, après la messe, j'ai pu partager un moment de paix avec les clients du bar, dont aucun d'ailleurs n'avait participé à cette messe.
A la santé du Christ ressuscité !  Et nous avons trinqué.
J'avoue avoir eu alors une pensée peut-être un peu osée : et si ce vin blanc partagé avait quelque chose à voir avec le vin de Pâques, le sang du Christ en croix ?
A tous ces gens présents, je n'allais pas faire un discours sur le mystère de la Résurrection, mais, comme pasteur, j'ai fait, au plus profond de mon coeur, une prière au Ressuscité, pour lui confier tous ses enfants, conscients ou non de son sacrifice pour nous sauver du péché.
"Pas trop fatigué, M. le Curé ?" m'a demandé gentiment l'un des habitués de ce lieu de partage, ajoutant : "Surtout avec ces deux sépultures que vous avez faites..."  (C"est ce qui était le plus tangible pour lui, dans ce que j'ai pu faire cette semaine...).
Il est vrai que la semaine a été rude, et que je sens peser sur mes épaules le nombre des années.  Mais je ne suis pas le seul ; nombre de prêtres, souvent plus très jeunes, appréhendent de ne plus pouvoir répondre autant qu'ils l'aimeraient aux appels des paroissiens.
Avant que je quitte le bar, l'épouse de Fifi, Sophie m'a fait cadeau d'une belle poche de succulents chocolats de Pâques ; à partager bien sûr !
Cela me donne l'occasion de dire un immense merci à tous ces hommes et ces femmes, ces enfants, qui ont tout donné durant cette grande semaine pour la beauté de nos cérémonies.  A la sortie de la messe ce matin, comme à la fin de la célébration du Jeudi-Saint, ou de la Veillée pascale, les uns et les autres ont fait part de leur joie.  Je leur ai bien dit que, vu de mon côté, je n'étais pas forcément enchanté de ce que j'avais pu faire ou dire, mais tous alors m'ont arrêté pour me tranquilliser : ils sont trop fraternels !
Il est vrai que, quand je vois le nombre d'enfants présents à la Veillée pascale par exemple, quand je mesure la surprise de voir que, pour la 1° fois en 5 ans de Veillées pascales sur cette paroisse, nous avons enfin réussi à mettre en mouvement la moitié de l'assemblée pour une farandole autour du feu de Pâques, quand l'on compte le nombre de personnes qui se sont mobilisées pour la réussite de cette Veillée, des personnes auxquelles l'on n'avait souvent jamais rien demandé, je mesure les avancées et en remercie le Seigneur !
Un dernier témoignage : hier après-midi, juste avant la Veillée, je prenais connaissance d'un mail d'amis Mortagnais, non pratiquants, m'écrivant ceci :
"Bonjour Olivier ! Nous pensons que tu as bien du travail en cette période de fête, à laquelle s'ajoutent bien d'autres moments émouvants pour certaines familles (allusion aux 2 sépultures de la semaine), même si parfois, un peu de repos te ferait du bien.  C'est un réconfort de pouvoir partager et chercher ensemble les réponses à nos questions. Quant à nous, nous sommes actuellement assez occupés par des soucis de santé. X... commence sa chimio la semaine prochaine (cancer). Mais, en cette période où nous fêtons la résurrection, nous croyons en la vie. Nous mettons tous les moyens pour vivre à plein et "gai-rire".  X... n'est pas démuni : "je me sens très bien entouré et aimé." Nous tenons à te remercier pour la qualité de ton écoute ; elle nous aide à trouver notre chemin, comprendre notre mission et réagir aux événements de la vie.  Bien amicalement "  X... et Y..."
Christ est ressuscité !  Oui, il est vraiment ressuscité !  Alleluia !
Et prions-le surtout pour les personnes qui, en souffrance, n'arrivent pas à voir clair dans leur relations difficiles ni dans leur propre vie !  Seigneur, aide-les à comprendre combien, en dépit, envers et contre tout, tu es venu les libérer, les pacifier et les sauver !

P-S : Avec encore mes excuses pour la rareté de mes billets !  Navré de vous décevoir...  Mais les journées ne  sont-elles pas trop courtes ?

vendredi 14 avril 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.051 : La Messe, et après ?

Je me permets de vous transmettre le texte d'une intervention que j'ai faite dimanche dernier, jour des Rameaux, à la basilique de St Laurent-sur-Sèvre, sur le thème de la liturgie de l'envoi, en fin d'eucharistie.
Je ne comptais pas la faire passer sur ce blog, vu sa longueur ; mais je le fais cependant, suite à la demande d'un certain nombre d'auditeurs.
Pour explication, chaque après-midi de dimanche de Carême avait lieu une intervention du même type, qui avait pour but d'aider à mieux découvrir chacun des temps de la messe.



Les différentes formes de la présence du Christ dans l’Eucharistie.
La liturgie de l’envoi

Bonjour à vous chers amis, et bravo pour votre courage à être présents et priants en cette Basilique alors qu’au dehors s’épanouissent les fleurs de printemps et que le soleil brille de tous ses éclats.
C’est donc à moi qu’il revient, et je remercie le Père Paulin et le conseil du sanctuaire pour leur confiance (mais vous serez peut-être déçus…), c’est donc à moi qu’il revient de clore ce cycle d’enseignement de carême, autour de la présence de Jésus, sous différentes formes, au fil de la liturgie de la messe.
 Aujourd’hui donc, la liturgie de l’envoi. Vous allez penser : « Mais il ne va pas avoir grand-chose à dire : Ite, Missa est, et tout est fini » ! Ça, c’est plus facile à comprendre que le mystère de la transsubstantiation. En un mot, tout est fini, vous pouvez circuler !  Oui mais, attention, ce n’est pas si sûr ! 

1 - Quelle est la signification de la liturgie de l’envoi ?

Reprenons la formule traditionnelle : « Ite, missa est », formule traduite habituellement par « Allez, la messe est dite, la messe est finie ». Je vous mets en garde, il s’agit ici d’un contre-sens. « Missa » est un adjectif féminin qui vient du verbe latin « mittere », qui signifie « envoyer » (et non « terminer »). Littéralement il faut traduire : « Ita : allez », « missa est : elle est envoyée ». « Missa » étant au féminin, on peut dire que cela signifie vraisemblablement : « Missa est », « l’Église est envoyée ». Vous arrivez à suivre ?
Le problème, c’est que le contre-sens dont je viens de parler demeure vivace dans la tête d’un certain nombre de chrétiens pour lesquels, à la fin de la messe, tout est terminé jusqu’au dimanche suivant.
Or, il y a un mouvement très dynamique dans ces quelques mots, tant dans la formule latine « Ite, missa est », « Allez, l’Église est envoyée », que dans la formule actuelle : « Allez dans la paix du Christ ».
« Allez » en effet ne veut pas dire : « retournez tranquillement chez vous, vous avez accompli votre « devoir » dominical, vous êtes en règle avec le Seigneur jusqu’à dimanche prochain ». C’est beaucoup plus que cela ! Lors de la messe, nous avons vécu un temps d’écoute de la parole, un temps de communion avec le Christ et avec tous nos frères et, je vous renvoie aux enseignements précédents, nous avons été regonflés, nourris, transformés. Mais à présent, à l’appel du prêtre, ou du diacre : « Allez dans la paix du Christ », nous sommes invités à nous disperser, à passer de ce sanctuaire de pierres qu’est l’église, pour nous répandre dans cet autre sanctuaire qu’est l’univers.
Nous avions formé une communauté de louange à l’église, nous allons à présent faire retentir cette louange dans nos quartiers, dans nos familles et sur toute la terre, par notre façon de nous comporter, de servir. En d’autres termes, lorsque nous avons quitté l’église, nous avons quitté le Christ sous la forme de la Parole, de l’Hostie, pour le chercher, le trouver autrement dans la vie quotidienne, et le servir à travers les autres.
Je vais vous poser une devinette : « Savez-vous quelle est la différence entre une messe et un match de foot » ? Au foot, on s’entraîne pendant toute la semaine pour ne jouer le dimanche que 90 minutes et rentrer des buts. Mais chez les chrétiens, le dimanche, à la messe, on s’entraîne à rencontrer le Christ pendant 60 à 70 minutes, pour jouer ensuite sur le grand terrain du Royaume de Dieu, et rentrer des buts de fraternité pendant tout le reste de la semaine ; soit 1 heure d’entraînement pour mieux vivre les 167 autres heures de la semaine.
En conclusion de ce premier point, 4 précisions :
·          Les annonces, ou plutôt, la vie de la paroisse, ne donnent pas que les heures de temps de prières dans le sanctuaire, elles nous invitent à nous bouger pendant la semaine qui suit, à mettre en pratique ce que nous avons découvert lors de l’eucharistie du dimanche. Par exemple, comme cela nous a été proposé ce matin à la messe, cette semaine, à nous demander à qui autour de nous, nous pourrions proposer de recevoir le sacrement des malades… En un mot, nous sommes invités à ne pas garder le Christ pour nous.
·          « Le Seigneur soit avec vous ». Formule banale, à laquelle on peut répondre sans réfléchir. 4 fois pendant la messe elle est utilisée, elle exprime le mystère même de Jésus, dont le prêtre vous souhaite qu’il vous accompagne, afin que vous ne demeuriez pas seuls à vous débattre face à vos difficultés. L’Emmanuel, Dieu avec nous jusqu’à la fin des temps.
·          « Que Dieu tout puissant vous bénisse… ». Au moment de quitter cette terre au jour de l’Ascension, avant d’envoyer ses disciples en mission, l’évangéliste nous dit que Jésus, levant les mains, les bénit. Ce n’est pas le prêtre qui bénit ; mais il demande au Seigneur de bénir les chrétiens présents, et il les marque de la croix de Jésus.
·          « Allez dans la paix du Christ ».

2 - Á quoi nous sommes envoyés ? Á qui ?

A servir Dieu parmi les plus démunis.
Renouvelés, réconfortés, ressuscités, libérés, par cette action transformante du Christ  expérimentée au cours de la messe, pourquoi ne lutterions-nous pas pour travailler à libérer nos frères ?
Là, il nous faut faire mentir ces remarques terribles selon lesquelles, pour Nietzsche par exemple, « au sortir des messes, les chrétiens n’ont pas des têtes de ressuscités », mais plutôt parfois, comme le regrette le pape François, « des têtes de piment au vinaigre ».  Ou ce dicton horrible selon lequel : « Ouais, ils vont à la messe, mais ils ne sont pas meilleurs que les autres » !
Car la mission qui nous est confiée commence dès la façon dont les paroissiens se situent les uns par rapport aux autres, lors des fins de messe. Avec cette façon d’éviter telle personne car on est en désaccord avec elle, de ne pas saluer telle autre qui passe près de votre groupe, ou de dénigrer dans la liturgie telle façon de faire, telle attitude du prêtre, d’un lecteur, de la chorale, qui nous a déplu…
Préférons le type d’échange suivant : un dimanche après la messe un couple en lien avec des Syriens a été invité à déjeuner chez des amis non pratiquants. Ce couple qui sortait de la messe a partagé son souci de voir que Youssouf, malgré ses démarches à Pôle Emploi, ne trouvait pas de travail. Leur ami dit alors : « Comment cela se fait-il ? Je cherche un manœuvre depuis 2 mois et Pôle Emploi ne m’a pas signalé cette demande, pourquoi » ? Dès le lendemain, le lundi, Youssouf, accompagné de ses soutiens du Secours Catholique, est repassé à Pôle Emploi, où il a fallu insister, mais il a eu enfin l’accord pour accéder à ce travail. En servant Youssouf, ce couple croyant, mais aussi leur ami non croyant, ont ensemble servi le Christ présent dans ce migrant.
J’ai cité ce geste car le conseil du sanctuaire a souhaité que j’insiste sur le fait que la liturgie de l’envoi, à la fin de la messe, invite bien les chrétiens à porter le souci, hors de l’église, de rencontrer Jésus, présent dans chaque personne, particulièrement dans celles que le monde délaisse : les pauvres, les réfugiés, les personnes qui vivent dans la solitude, les malades. C’est le Père Joseph Wrésinsky, fondateur d’ATD-Quart Monde, qui déclarait : « D’emblée, il faut faire la jonction entre le Christ et les pauvres, car ils ne font qu’un ».
Certains vont peut-être s’exclamer : « Mais là, on est loin de la messe, de la liturgie dont il devait être question »… Ce serait oublier le lien fondamental entre l’acte liturgique de l’eucharistie, et l’acte liturgique du lavement des pieds au cœur de la liturgie du jeudi saint. Et ce à quoi le chrétien est appelé, c’est à vivre une existence eucharistique à travers toute sa vie. La place de l’Église en effet, la place du chrétien, c’est d’être à genoux aux pieds du monde, et particulièrement devant les plus pauvres, qui sont comme les icônes du Christ.
Dans le journal « La Croix » du 30 mars, un supérieur de séminaire du Sri Lanka déclarait : « Je constate que la nouvelle génération de prêtres vient chercher une vie facile et confortable, au milieu d’un peuple pauvre et éprouvé, alors que, ajoute-t-il, nous devons prendre des risques, et nous confronter aux dangers du monde. »
Le diocèse de Rennes vient de lancer un synode avec 4 axes principaux, dont la place à donner aux plus pauvres, à tous ceux qu’on ne voit pas dans nos églises : les réfugiés, les homosexuels, les isolés, etc… En reprenant cet appel du prophète Isaïe : « Tu partageras ton pain avec celui qui a faim (épicerie solidaire), tu accueilleras chez toi les pauvres sans abri (migrants), tu vêtiras celui que tu vois nu, tu ne te déroberas pas à ton semblable, car il est ta propre chair » (Isaïe 58,7).
« Tu vêtiras celui qui est nu ». Le Père de Montfort, avant d’être prêtre, lorsqu’il faisait ses études, fit une quête dans sa classe pour que l’on puisse fournir un costume à un jeune de la classe dont les habits étaient en loques.
Pour illustrer ce qui est demandé au sortir de la messe, dans une attention particulière aux plus démunis, pas de meilleur exemple que la façon dont se comportait le Père de Montfort, dont toute la vie a consisté à se soucier des plus démunis. Ce n’était pas là pour lui un choix politique, mais un choix évangélique. En eux, il reconnaissait et honorait le Christ. Et il y avait, dans sa spiritualité, un grand équilibre, une belle complémentarité entre la messe et la vie.
L’on s’attriste parfois de ne pas voir nos églises pleines lors des eucharisties. Mais ne perdons pas nos énergies à nous lamenter, avec des « têtes de piment au vinaigre ». Rendons plutôt grâce à Dieu pour tous ces chrétiens qui mènent une existence eucharistique à travers toute leur vie, c’est-à-dire, une existence imprégnée du mystère sauveur de Jésus.
  Je pourrais citer de nombreux exemples de la façon dont chez nous, des chrétiens se mettent à genoux devant les plus démunis comme devant le Christ en lui :
·        L’hospitalité montfortaine,
·        Les visites des malades et des personnes âgées à l’EHPAD Sagesse, à la maison de retraite Montfort, à l’hôpital Saint-Alexandre, dans les quartiers…
·        Le transport solidaire,
·        L’alphabétisation,
·        L’action de l’ACAT,
·        L’épicerie solidaire
·        L’accueil d’un enfant handicapé dans l’école Saint-Léger,
·        Les invitations à des repas (Noël, fêtes…)
Cette révélation, selon laquelle Dieu est présent dans les plus petits, les plus pauvres, qui court à travers tout l’Évangile, elle va, il est vrai, à contre-courant de notre inclination à aller vers ce qui brille, ce qui est riche et puissant ; c’est une vérité contrariante pour certaines figures en politique, mais aussi, pour nous chrétiens.
Or, si l’on souhaite vraiment trouver le Christ, c’est bien le plus exclu, le plus rejeté, le pauvre Lazare de l’Évangile que personne ne songe à visiter ou à inviter, qu’il faut rechercher.
D’ailleurs je vais vous faire une confidence : s’occuper des autres, c’est s’occuper de soi, ou plus exactement, permettre au Seigneur de se révéler en soi et, à travers notre petite personne, de faire rayonner sa lumière. Comme si c’était Dieu en personne qui agissait alors, à travers les hommes et les femmes de bonne volonté.
Oui, je viens de parler des hommes et des femmes de bonne volonté, et pas seulement des chrétiens. Car l’un des miracles de l’eucharistie, c’est que, à travers le salut célébré, c’est non seulement nous, mais le monde entier qui est transfiguré. Si bien qu’il ne faut pas s’étonner de voir de nombreux non pratiquants très actifs dans le Secours Catholique, par exemple.
Ne nous plaignons pas qu’ils ne soient pas à la messe, mais c’est grâce à notre propre participation à la messe, à notre prière, faite en leur nom, qu’ils trouvent peut-être la force de servir le plus petit comme le ferait Jésus. Chacun devenant alors comme le disait Isaïe « lumière de midi » : « Si tu partages ton bien, ta lumière alors se lèvera dans les ténèbres, et tes nuits deviendront lumière de midi » (Isaïe 58, 9-10).
Pratique cultuelle, pratique évangélique : les deux temps de la respiration du chrétien.
Et puisqu’on est en période de réflexion par rapport aux grands choix à prendre pour l’avenir de notre pays, de l’Europe et du monde, donnons-nous toujours plus de temps pour prier, pour contempler l’action du Christ lavant les pieds de ses disciples, et puisons dans son exemple la route à suivre, les choix à faire, pour que le sacrifice eucharistique porte en nous de beaux fruits tout au long de la semaine qui suit.



C’est notre vie qui nourrit notre prière eucharistique et vice-versa :
·        Quand on se rassemble à l’église, c’est un appel à vivre davantage dans une belle relation entre nous hors de l’église.
·        Quand on se reconnait pécheur, il ne s’agit pas seulement de chanter un beau cantique de pardon, ni d’accomplir un rite formel : on reconnait telle faiblesse précise commise dans la semaine.
·        Chanter « Gloire à Dieu », c’est s’habituer à chanter « Gloire à Dieu » aussi dans la semaine pour tout ce que l’on voit de beau autour de nous.
·        Écouter une lecture, comme le lavement des pieds, c’est trouver en Jésus la force ensuite de laver les pieds, de servir comme lui.
·        L’offertoire : un temps mort ? Un moment où l’on chante un beau chant ? Attention, n’oublions pas le sens de l’offertoire : apporter notre vie, la vie du monde, les présenter au Seigneur.
·        La prière eucharistique : on se rappelle chaque fois que ce n’est pas la mort qui a le dernier mot ; c’est utile pour notre propre vie, pour aider les familles endeuillées ; par rapport aux élections, notre pays ne court pas vers sa mort. C’est l’Amour qui aura le dernier mot !

Tout cela c’est la respiration de l’Église ; à la messe, on aspire la force de Dieu, on s’y remplit les poumons de sa présence et de son amour ; puis, par nos attitudes et nos paroles , dans notre vie ensuite, l’on peut répandre ensuite ce souffle mystérieux et plein de l’oxygène du ciel, autour de nous.
Et le dernier mot de la messe, ce n’est pas « Amen », car cette respiration ne s’arrête jamais, si on se laisse sans cesse oxygéner et ventiler le cœur par le Seigneur.

Père Olivier GAIGNET,
                                                                                              Curé de Montfort-sur-Sèvre

dimanche 2 avril 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.050 : La France au fond du tombeau ?

Tout d'abord, je vous prie de m'excuser de ce long silence : je n'ai pas eu la possibilité matérielle d'écrire des billets ces derniers temps, et j'en suis navré !
Je reviens sur ce sentiment étrange que nous partageons tous, vis-à-vis de l'importante élection qui nous attend. Beaucoup ne savent à quel saint se vouer... Si d'ailleurs "saint" il y a !  Alors, les uns de se replier sur eux-mêmes, d'autres de sauter dans le char de celui qui fait le plus de bruit, d'autres encore de souffrir en silence, en essayant de n'en rien laisser paraître...Tandis que quelques-uns s'accrochent désespérément aux basques de tel ou tel candidat pourtant déjà largué et de loin.
En ce 5° dimanche de carême, la liturgie propose à notre méditation la scène de la résurrection de Lazare (Jean 11/1-45). Dans cette histoire, comme aujourd'hui, il y a un mort, mais Jésus n'est pas là, bien que le défunt soit l'un de ses amis très chers.  La famille, les proches, sont laissés à eux-mêmes.  Le temps passe, aucune solution en vue... Le décès semble bien définitif. D'ailleurs, Marthe, l'une des soeurs de Lazare, dira à Jésus, lorsque celui-ci, enfin arrivé, demandera que l'on ouvre le tombeau : "Seigneur, il sent déjà ; c'est le quatrième jour qu'il est là..."
Adaptons à notre situation : il semblerait qu'il y ait un mort aussi chez nous, en France : c'est l'esprit d'espérance et de fraternité. Collectivement, nous sommes en train de l'enterrer. D'ailleurs, il y a foule aux obsèques ; et tout le monde a les larmes aux yeux et de la peine au coeur. Il est certain que, face à une situation aussi grave, l'on aurait bien besoin d'un homme providentiel, autrement dit, d'un sauveur.  Malheureusement, celui-ci ne semble pas être là. De Gaulle est lui-même mort depuis longtemps, et Jésus n'est plus en Galilée... Alors, laissée à elle-même, la famille "France" crie, pleure, trépigne, s'indigne et désespère : "Ah ! S'il y avait un sauveur (un bon dieu) !"  Malheureusement, comme disait Marthe, "ça sent déjà", et ça sent le pourri...  En un mot, ça sent la mort !
Dès lors, que peut-il se passer ?  Il est sûr que Jésus pleure sur notre pays, comme jadis à Béthanie ; mais en même temps, malgré les apparences, il ne reste pas inactif : non seulement il est saisi d'émotion, mais il accompagne la famille France, appelé au secours par notre foi et notre prière (si tel est le cas !). En même temps, lui-même lève les yeux au ciel et prie le Père, en le remerciant par avance pour la résurrection de Lazare qui va advenir. Et alors, Lazare, pieds et mains liés par des bandelettes, est enfin sorti vivant du tombeau.
Eh bien, aux messes d'hier soir à Evrunes comme à Mortagne ce matin, j'ai vu de mes yeux cette résurrection en cours, à travers ces deux messes à l'occasion de la journée nationale du CCFD : de très beaux témoignages, de l'ACAT (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture, d'une enfant du caté racontant ce que sa mamy lui avait dit d'une innovation avec des enfants Roms en Slovaquie, d'une action avec des femmes aux Philippines et d'un combat avec des ouvrières au Cambodge.
Nicolas Hulot : "Le monde associatif en France mobilise plus de 13 millions de personnes. Ce sont des personnes altruistes, mais qui ne font pas beaucoup de bruit. C'est une sorte de majorité silencieuse qui aide la société à ternir et à laquelle nous demandons aujourd'hui de se compter en répondant "présent".  Pour peser dans le sens de la solidarité sur le débat politique ouvert par la présidentielle, mais aussi bien au-delà."
Non, la France n'est pas morte !  Et la Terre est toujours vivante, tant qu'à la base, des hommes, des femmes, des enfants, avec le CCFD comme en lien avec tant d'autres personnes ou associations et engagés politiques, se battront pour faire émerger un monde plus juste, qui sente bon l'espérance et la fraternité !
"Marthe, quiconque vit et croit ne mourra jamais.  Crois-tu cela ?"  A chacun de se laisser interpeller et réveiller, et même ressusciter, par cette question de Jésus !

dimanche 19 mars 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.049 : Débat politique actuel : et si on relisait la Bible ?

Je viens de prier avec l'Office des lectures que l'Eglise propose aux Prêtres, dans le bréviaire, pour ce 3° dimanche de Carême, et je ne résiste pas au plaisir de vous partager quelques extraits du livre de l'Exode (22, 20 - 23,9) : des passages qui peuvent nous stimuler, au coeur du débat politique que nous vivons !

Tu n'exploiteras ni opprimeras l'émigré, car vous avez été des émigrés au pays d'Egypte.

Vous ne maltraiterez aucune veuve ni aucun orphelin.  Si tu le maltraites et s'il crie vers moi, j'entendrai son cri, ma colère s'enflammera.

Si tu prêtes de l'argent à mon peuple, au malheureux qui est avec toi, tu n'agiras pas avec lui comme un usurier.

Tu ne maudiras pas celui qui a une responsabilité dans ton peuple.

Tu ne rapporteras pas de rumeur sans fondement.

Ne prends pas le parti d'un coupable par un faux témoignage.

Tu ne suivras pas une majorité qui veut le mal.

Tu te tiendras éloigné d'une cause mensongère.

Tu n'accepteras pas de cadeau, car le cadeau aveugle les clairvoyants et compromet la cause des justes.

Problèmes d'aujourd'hui et de toujours !  "Rien de nouveau sous le soleil", disait déjà l'Ecclésiaste (1/9)... Et si l'on prenait enfin tous au sérieux, tant les électeurs que les élus, l'appel biblique à construire un monde plus juste ?  A méditer !


mardi 14 mars 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.048 : Le complexe du coq

Lors de l'homélie au cours de la messe de ce mardi matin à Mortagne, j'ai commenté cette phrase de l'évangile du jour où Jésus déclare : "Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués." (Matthieu 23/1-12)
Cela m'a fait penser à ce que j'ai entendu jadis lorsque j'étais en mission au Mali, à propos d'un défaut particulièrement développé chez les Français, et que l'on nomme là-bas "le complexe du coq".   Vous savez, ce besoin que l'on éprouve d'être mis en valeur, d'être remarqués, que l'on fasse attention à nous, d'être au centre des regards ; en un mot, d'écarter tout rival pour être enfin le premier...
Valls ou Macron ?  Hamon ou Mélenchon ?  Sarko ou Fillon ?
Les Maliens, mais aussi les missionnaires d'autres nationalités aimaient nous chatouiller avec cette histoire du coq gaulois qui, même quand il a les pattes dans le fumier, ne manque pas de chanter "cocorico" en toute circonstance, d'un air supérieur et tout en se rengorgeant.
Ne retombons pas sur le dos de ces pauvres politiques, lesquels, plus que de critiques, ont bien besoin de notre compréhension !  Cependant, il serait bon que ceux-ci arrêtent de se prendre tous plus ou moins pour le coq de la basse-cour qui a la plus belle voix !
D'ailleurs, ce complexe du coq est loin d'être réservé aux seuls politiciens !  Qui ne connaît tel ou tel président d'association qui se prend vraiment pour le meilleur, et n'envisage pas un instant de laisser sa place ou son rang ?  Qui n'a jamais eu à faire avec ces personnes qui tiennent leur responsabilité à bras le corps, mordicus, envers et contre tout, comme si cela était leur propriété personnelle ?...
Le complexe du coq : tout faire pour être reconnu !  L'inverse de ce que l'on attend d'un authentique serviteur ... Mais que nous dit donc Jésus sur la question ? Relisons l'évangile de ce mardi : "Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.  Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé."
Il nous arrive parfois de souffrir que personne ne fasse attention à ce que l'on fait ; c'est humain, mais on ne peut en rester là, ni, à cause de cela accuser les autres de ne pas tenir compte de nous et de nous mépriser. Jésus en effet, si l'on a un vrai contact avec lui, nous invite au contraire à quelque chose de beaucoup plus grand que ce désir d'être remarqué par les gens.
Tournons donc joyeusement le dos aux vaines gloires : là ne peut être le fondement de notre existence. Rappelons-nous que Jésus nous conduit vers la source de la vraie vie ; suivons-le avec une totale confiance.
Pour conclure, savez-vous à quel signe, parmi d'autres, l'on reconnaît que quelqu'un est adulte ?  C'est lorsqu'il ou elle est capable de servir les autres dans la joie, même si personne ne s'en aperçoit, et gratuitement !

P-S :  Je vous fais part d'une prière de Sainte Louise de Marillac que nous fêtons en ce mercredi 15 mars :
"Jésus, qui avez voulu vous unir étroitement à nous par amour, j'ai pleine confiance que partout où il vous plaira de m'appeler, pourvu que je me laisse conduire, votre dessein sera accompli pour la plus grande gloire de Dieu."

lundi 13 mars 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.047 : "C'est maintenant le jour du salut !"

Ce n'est plus hier, nul ne sait ce qu'il en sera demain, mais l'Ecriture nous l'affirme, en 2 Corinthiens 6/2 : "C'est maintenant le moment favorable ; c'est maintenant le jour du salut." Nous connaissons bien ces paroles de Paul, reprises du prophète Isaïe (49/8) ; mais, alors que vient de débuter le Carême, il est important de contempler l'action libératrice du Sauveur, en chacun de nous, dans l'Eglise, et même au sein de notre société.  Quelques faits vécus sur la paroisse, pour en témoigner :
-  l'un des malheureux disparus d'Orvault, le fils, était étudiant en BTS à Saint Gab'. La semaine dernière, un temps de méditation et de prière a été organisé à sa mémoire, dans l'établissement. C'était important. Ce fut l'occasion pour les participants de se laisser interpeller, bousculer, réconforter, en s'appuyant sur la Parole de Dieu ; et en particulier à travers ce passage de l'évangile où Jésus s'exclame : "Père, pardonne-leur ; ils ne savent pas ce qu'ils font !" (Luc 23/34)
-  une paroissienne est gravement malade ; tous autour d'elle sont inquiets ; mais elle, de son côté, se soucie de ce que devient chacun, et ne demande rien. On sent une vie donnée, dans une foi immense et sans réserve en son Libérateur.  Elle fait l'admiration de tous, car on a l'impression que pour elle, malgré sa souffrance, le Salut est déjà là !
-  il y a 8 jours, lors de la messe des familles à Mortagne, les CE 1, qui étaient au coeur de cette messe, ont porté un témoignage très fort auprès des paroissiens. Avec leurs mots tout simples, ils leur ont fait part de leur expérience de partage, à l'école et partout : "en classe, on a parlé de Jésus, qui a partagé le pain et les poissons."  "On a aussi parlé de Mère Teresa, qui a donné sa vie pour aider les enfants." "On peut partager des jouets, de la joie, du temps." "Plus on partage, plus Dieu nous aime." Déjà, le Salut est à l'oeuvre au coeur des ces enfants !
-  jeudi dernier, soirée pain-pomme, à St Laurent-sur-Sèvre, avec le CCFD, pour partager à propos des gens qui sont victimes de la torture dans trop de pays. Ce n'est pas que leur problème, c'est aussi le nôtre, car ils sont nos frères. Penser à eux, les défendre, prier pour eux, c'est déjà faire avancer leur Salut !
-  chaque jeudi de carême, à Mortagne et à St Laurent, il y un temps de prière sur un quartier ; par exemple, jeudi prochain, à Evrunes : occasion de présenter au Seigneur la vie, les soucis et les joies de toute la population de ce quartier, en proximité. N'est-ce pas cela, la mission du chrétien ?
-  hier, à la fin de la messe, dans l'église de Mortagne, grosse discussion dans un groupe, suite à la belle homélie du diacre Michel : "Quelle chance d'avoir ces messes, d'entendre la Parole du Seigneur, de pouvoir chanter ensemble ! A la fin des cérémonies, si on a bien écouté ce qui s'est dit, si on a laissé Dieu agir en nous, on repart apaisé, fortifié, transfiguré !"  On avait entendu en effet l'évangile de la Transfiguration.  Merci Seigneur pour ces paroissiens qui se laissent transfigurer dans ta lumière, et repartent ensuite chez eux porteurs de lumière et de paix !
-  un dernier fait, parmi tant d'autres auxquels vous pensez sans doute, chers amis blogueurs. En ce moment favorable qu'est le Carême, et si la société elle-même se mobilisait en faveur du Salut ?  Je pense par exemple à cette initiative du "Transport solidaire", qui permet à des personnes seules, isolées, d'être prises en charge par toute une équipe de bénévoles solidaires.
Isaïe 49/8 : "Ainsi parle Yahvé : au temps favorable, je t'ai écouté, au jour du salut, je t'ai porté secours." C'est bien en effet, ce que nous vivons chez nous !  Merci Seigneur, merci à tous !

dimanche 12 mars 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.046 : Le candidat parfait existe-t-il ?

La France est en déprime !  Les Français se sentent au bord du gouffre... Quand il est question des prochaines élections présidentielles, chacun de présenter un visage abattu et consterné. A la suite de l'actuel quinquennat, beaucoup rêvaient d'un redépart, d'un renouveau et enfin, d'une réelle ouverture. Mais, patatras, aucun candidat ne semble avoir l'étoffe suffisante pour gérer l'avenir de notre pays, ni donner satisfaction à une claire majorité de nos concitoyens.
En fait, cela, il nous faut l'analyser. Vous vouliez avoir une grande figure pour vous guider, un lion invincible, au pelage sans tache ?  Las, on ne nous présente que des renards, disent certains !  Le renard est certes un animal rusé, habile ; mais a-t-il les qualifications nécessaires pour guider l'ensemble du troupeau ? Relisons La Fontaine : le renard, c'est surtout le type même du personnage roublard et bonimenteur qui, à travers ses mimiques et discours, pense seulement à se procurer un savoureux fromage...
A moins que nos compatriotes ne désirent se choisir un saint-bernard ?  Vous savez, ces chiens habiles et compatissants, capables de vous repérer quand vous êtes victimes d'une avalanche, enfoncés sous la neige comme nous le sommes dans la crise qui recouvre tout désormais autour de nous...
Eh oui, il faut s'y résoudre, aucun des candidats ne semble ni assez capable, ni assez charismatique, ni assez propre, ni assez crédible pour s'asseoir sur le siège présidentiel !  Alors, qu'est-ce qu'on fait ?  Mais peut-être notre pays, après des siècles de royauté, est-il toujours en quête d'un souverain idéal, infaillible, très propre sur lui... Alors, si telle est notre attente, c'est fichu ! Le chef idéal n'existe pas, et il nous faut accepter cette tragique constatation.
En fait, comme le disait un sociologue, "le peuple est comme un enfant qui recherche la protection d'un père ; mais cela, tout en aspirant à échapper à l'autorité qui restreint sa liberté."  C'est là notre contradiction !  Pas étonnant que, dans de tels sentiments, l'on n'ait que le genre de "candidats-chefs" que l'on mérite !
L'heure est grave !  Aux Etats-Unis, en Grande Bretagne, en France, le peuple serait-il donc comme un enfant, râleur, turbulent et impatient, qui n'aurait pas atteint sa majorité, et préfèrerait se tourner vers les extrêmes ?  Votant n'importe comment, inconscient des grands enjeux, incapable de se donner des responsables de qualité, se contentant de chercher à donner une bonne leçon aux candidats qui lui déplaisent ?
Et pourtant quand on écoute les gens, quel message envoient-ils ?  Ils attendent de leurs responsables qu'ils fassent montre de charisme, de sincérité, d'honnêteté ; ceux-ci doivent être intelligents, courageux, à l'écoute, bienveillants.  L'important, c'est que ces élus  -  entre parenthèses, comme sait le faire ce vrai chef qu'est le pape François  -  que ces élus nous montrent la voie, donnent du sens, sachent payer de leur personne, être humbles, désintéressés pour eux-mêmes, et se comporter comme de bons et fidèles serviteurs.
Mais cela, des élus ne pourront le réaliser que si le peuple lui-même est suffisamment adulte pour se comporter de façon également désintéressée, honnête et fraternelle !
Paul Valéry disait : "Un chef est un homme qui a besoin des autres."
Et si certains des candidats qui se présentent - le Fn non compris - quoi qu'étant imparfaits, étaient encadrés, portés, contrôlés par un peuple citoyen, intègre et résolu, ce chef imparfait ne pourrait-il pas faire avancer certaines choses ?
Toutes choses égales, Jésus n'a-t-il pas proposé un candidat bien imparfait, en la personne de Pierre, pour gérer son Eglise ?  Et Pierre, qui avait trahi, qui avait pourtant commis des fautes plus graves que celles de Hollande ou de Fillon, parce qu'il a su se remettre en cause et rester humble, parce qu'il a su se faire aider par ses frères, a pu permettre au peuple des chrétiens de surmonter d'immenses obstacles, pour lancer victorieusement l'Eglise sur l'océan des siècles.
Les candidats qui se proposent sont boiteux ; nous-mêmes, ne sommes-nous pas tous des boiteux ? Reprenons-nous, et inventons ensemble des chemins nouveaux.
Chaque jour, avec persévérance, remettons les candidats, ainsi que le peuple appelé à voter, dans la main de Dieu !

dimanche 5 mars 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.045 : Jésus a-t-il réellement rencontré le diable ?

L'évangile de ce 1° dimanche de Carême (Matthieu 4/1-11) présente les trois tentations éprouvées par Jésus au désert, au lendemain de son Baptême. Cette scène est un peu étrange !  Pour preuve, entre autres, le passage suivant : "le diable emmène encore Jésus sur une très haute montagne..." Votre imagination est-elle féconde ?  Alors, vous pouvez voir, dans votre tête bien sûr, un petit diable, cornu et fourchu peut-être ? (Matthieu a oublié de le décrire !) en train de prendre Jésus dans ses bras hideux puis, le serrant fort contre lui pour ne pas le perdre, l'emporter, à tire d'ailes (de dragon) vers des sommets infinis... Là-haut, alors, il dépose délicatement Jésus et, de ce sommet bien plus haut que tous les Himalayas du monde, il lui montre tous les royaumes de la terre : une vue, déjà, à la Thomas Pesquet ! Et, sans complexe, il propose à Jésus d'en devenir le chef absolu, à condition d'abord, bien sûr, de l'adorer, lui, le grand satan !
A diverses reprises, j'ai rencontré des personnes persuadées que tout s'était passé ainsi que le décrit Matthieu !  A savoir, que le diable avait vraiment parachuté Jésus au sommet du Temple, etc... Avec un esprit très littéraliste : "C'est comme ça que c'est présenté dans la Bible !  Or, la Bible, c'est la Parole de Dieu ; donc, c'est comme cela que se sont déroulées les tentations de Jésus !"
Mais en fait, face à une telle histoire, il faut tenir compte de deux choses : d'une part, il faut savoir que les Orientaux, comme les Africains par exemple, adorent s'exprimer de façon imagée.  D'autre part, le but de l'évangéliste n'était pas de présenter la façon exacte dont Jésus avait été tenté, mais de nous communiquer un message. C'est toute la différence entre le récit qu'un journaliste peut faire d'un événement, en décrivant tous les détails d'un fait, et un récit biblique, écrit dans un langage de type symbolique.
Attention !  Cela ne veut pas dire que les tentations de Jésus n'auraient été que symboliques, et qu'il ne se serait peut-être rien passé. Mais le message de Matthieu est le suivant : aussitôt son Baptême, Jésus, vrai homme, fatigué sans doute par un long temps de jeûne et de solitude dans le désert, a pu, comme tout homme, puisqu'il en était vraiment un, a pu être tenté ; c'est-à-dire, attaqué par une force obscure, dont nous n'avons aucune idée ; présentée par exemple, dans la Genèse sous la forme d'un serpent, dangereux et malfaisant.
Mais le problème n'est pas de savoir comment était fait ce démon. L'essentiel, c'est de comprendre que Jésus s'est affronté à une force mystérieuse, qui a essayé de le détourner de sa mission de Fils de Dieu et de Messie, en lui proposant de prendre le pouvoir sur tous les royaumes de la terre, et donc, en corollaire, de chasser les Romains oppresseurs de son pays, de connaître une immense gloire, et d'éviter la croix.
Ce combat spirituel a été violent ! On ne sait si cette force mystérieuse a été intérieure ou extérieure au Christ, et là n'est pas le problème !  Mais comme nous, Jésus a été tenté et, pour notre édification, il a su tourner le dos au mal, à la lumière de la Parole de Dieu.
J'aime bien cette réflexion de St Augustin repérée dans une de ses homélies proposées à notre lecture dans l'office du Bréviaire de ce dimanche : "Le Christ pouvait écarter de lui le diable ; mais s'il n'avait pas été tenté, il ne t'aurait pas enseigné, à toi qui dois être soumis à la tentation, comment on remporte la victoire."
La leçon pour nous est claire : affrontés nous-mêmes quotidiennement à une multitude de tentations, intérieures ou extérieures, laissons, comme Jésus, l'Esprit reçu lors de notre Baptême prendre la direction de notre vie. Et que la Parole de Dieu, méditée et re-méditée, nous permette de répondre, comme le Christ, aux assauts de l'ennemi !

lundi 27 février 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.044 : Les élections, une vraie Tour de Babel

L'idée de ce billet m'est venue à la suite d'une réflexion entendue récemment : "Ces élections, c'est une vraie Tour de Babel !  On n'y comprend rien !  Chacun se dit le meilleur, et veut monter sur la tête des autres. Chacun veut décrocher la lune, et ils se fichent bien de nous !"  Réflexion un peu sévère, j'en conviens, mais qui n'est pas sans rappeler cet épisode biblique qui nous a été proposé par la liturgie vendredi il y a 8 jours.
Qu'est-ce qui ressort de ce fait ?  L'orgueil de l'homme, qui veut construire la cité parfaite, si extraordinaire que Dieu n'a qu'à bien se tenir !  En effet, avec nos merveilleux projets (électoraux), on va bientôt faire mieux que lui, dont la Création a été un peu ratée !
Il s'agit en effet de construire une société qui nous sauve du déluge et de la désintégration.  Je vous rappelle le texte du projet de ces constructeurs qu'évoque le Livre de la Genèse (11/4) : "Allons !  Bâtissons une ville avec une tour dont le sommet soit dans les cieux."  Avec aussitôt cette remarque étonnante : "Ainsi, nous travaillerons à notre renommée !"
L'objectif est clair !  On y voit l'orgueil démesuré de l'homme, et cette tentation permanente de prétendre savoir comment imposer sa pensée et ses projets à tous, d'en haut ; de façon un peu prétentieuse, plutôt autoritaire, et parfois presque totalitaire, en déconsidérant ou en éliminant, sans vergogne, tout opposant ou concurrent.
Et voici que, pêle-mêle, ces soit-disant beaux projets font l'impasse sur les souffrances des agriculteurs, sur la douleur des Syriens, sur le respect de la justice, sur l'attention aux laissés pour compte dans notre société, sur l'urgence d'aider nos concitoyens à mûrir leur pensée et à viser d'abord la recherche de solutions ouvertes et fraternelles...
Dans sa finale, le récit biblique propose une certaine signification du nom de "Babel" qui, en hébreu, se prête au jeu de mot avec un autre mot qui lui ressemble : "balal", "mélanger, "embrouiller".  Avec des termes de ce genre, on comprend combien la situation actuelle représente un danger pour notre "humanité", c'est-à-dire, notre façon d'être homme, et de construire notre avenir...
Noyés dans ces embrouilles, notre esprit est "mélangé", et nous ne savons plus à quel saint (candidat) nous vouer !
Mais voici qu'apparaît Dieu, celui que l'on avait cru éliminer une bonne fois de nos calculs terrestres, électoraux ou autres : "Le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que que les hommes avaient bâties."  Cela nous renvoie à la situation que nous vivons, dont Dieu, malgré les apparences, est loin d'être absent.  Aujourd'hui encore, Dieu descend chez nous ; il regarde ce qui se passe et, à travers de multiples signes qu'il nous faut repérer, il agit au coeur de notre monde, par l'intermédiaire de ceux qui mettent toute leur confiance en lui : mais aussi, chez des non-croyants qui essayent d'être fidèles à leur conscience, et oeuvrent de tout coeur, non pas pour "leur renommée", mais pour le bonheur de leurs frères, de tous leurs frères, et soeurs, de France comme du monde entier.
Puissent notre prière et notre action fraternelle faire monter jusqu'au ciel la belle tour de la fraternité, dans laquelle tous, ici-bas, auront la même belle place, celle d'hommes et de femmes "universels" et d'enfants de Dieu !

dimanche 26 février 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.043 : Discours à l'Assemblée nationale

Qui a prononcé ce discours ?
Je vous propose de le lire, et de vous réserver de n'en découvrir l'auteur qu'en finale.

"La grande erreur de notre temps a été de pencher, je dis plus, de courber l'esprit des hommes vers la recherche du bien matériel, et de les détourner par conséquent du bien-être religieux et du bien-être intellectuel.  La faute est d'autant plus grande que le bien-être matériel, quoiqu'on fasse, quand même tous les progrès qu'on rêve et que je rêve aussi, moi, seraient réalisés, le bien-être matériel ne peut et ne pourra jamais être que le partage de quelques-uns, tandis que le bien-être religieux, c'est-à-dire la croyance, le bien-être intellectuel, c'est-à-dire l'éducation, peuvent être donnés à tous.

Il importe, messieurs, de remédier au mal, il faut redresser, pour ainsi dire, l'esprit de l'homme ;  il faut, et c'est là la grande mission spéciale du ministère de l'instruction publique, il faut relever l'esprit de l'homme, le tourner vers Dieu, vers la conscience, vers le beau, vers le juste et le vrai, vers le désintéressé et le grand.  C'est là, et là seulement, que vous trouverez la paix de l'homme avec lui-même, et par conséquent la paix de l'homme avec la société.

Pour arriver à ce but, messieurs, que faudrait-il faire ?  Précisément tout le contraire de ce qu'ont fait les précédents gouvernements.  Outre l'enseignement religieux, qui tient le premier rang dans les institutions libérales, il faudrait multiplier les écoles, les chaires, les bibliothèques, les musées, les théâtres, les librairies ;  il faudrait multiplier les maisons d'études, pour les enfants, les maisons de lecture pour les hommes ; tous les établissements où l'on médite, où l'on s'instruit, où l'on se recueille, où l'on apprend quelque chose, où l'on devient meilleur.  En un mot, il faudrait faire pénétrer de toutes parts la lumière dans l'esprit du peuple, car c'est par les ténèbres qu'on le perd.

Ce résultat, vous l'aurez quand vous voudrez ; quand vous le voudrez, vous aurez en France un magnifique mouvement intellectuel.  Ce mouvement, vous l'avez déjà ; il ne s'agit que de l'utiliser et de le diriger ;  il ne ne s'agit que de bien cultiver le sol.  La question de l'intelligence, j'appelle sur ce point l'attention de l'Assemblée, la question de l'intelligence est identiquement la même que la question de l'agriculture."

Extraits d'un discours mémorable de Victor Hugo, député, à l'Assemblée Nationale, le 11 novembre 1848.  Bien sûr, un certain nombre d'éléments sont datés (rapport au religieux, non place des femmes,...) ; mais cet appel de Victor Hugo, dans sa visée profonde, ne mériterait-il pas d'être entendu encore chez nous aujourd'hui ? Et d'ailleurs pas seulement par ceux qui nous gouvernent ou cherchent à nous diriger ; mais par tous les citoyens de notre pays qui aspirent à une société plus mûre, plus réfléchie et plus fraternelle... 
Dans le style de la maison bâtie sur le roc (Matthieu 7/21-29) !

jeudi 23 février 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.042 : Le monde va-t-il vraiment de plus en plus mal ?

Je reste toujours un peu perplexe lorsque j'entends quelqu'un m'assurer que "tout allait mieux avant" !  C'est vrai que l'on entend parler en permanence de difficultés terribles qui écrasent les hommes et abîment notre planète. Je n'en ferai pas la liste : vous connaissez les mauvaises nouvelles mieux que moi ! Avec ce qu'on voit à la télé... Et chacun de tomber à bras raccourcis sur le dos des médias !  Mais attention : on a les médias que l'on mérite !!!
Et si l'on était un peu plus attentifs à ce que les médias nous montrent de positif ?  Par exemple, au bilan donné par l'ONU concernant un certain nombre d'avancées marquantes dont nous avons été témoins depuis seulement 15 ans, entre 1990 et 2015  :
-  la part de la population des pays en développement en situation d'extrême pauvreté était de 47% en 1990, et de 14% en 2015.
-  dans ces mêmes pays, le taux de scolarisation dans le primaire était de 80% en 1990, et de 91% en 2015.
-  nombre de filles scolarisées en primaire pour 100 garçons en Asie du Sud : 74 en 1990, 103 en 2015.
-  taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans, pour 1000 naissances : 90 en 1990, 43 en 2015.
-  mortalité liée au paludisme en baisse de 58% entre 1990 et 2015.
-  nouvelles infections par le VIH en baisse de 40% sur ces mêmes dates.
-  part de la population mondiale ayant un accès à une source d'eau potable :  76% en 1990, 91% en 2015.
-  aide publique au développement, en milliards de dollars, passée de 81 m. à 135 m., sur cette même période.
Pour éviter de vous lasser, je m'arrête ; mais je pourrais continuer à l'infini, tant la multitude des choses qui progressent est immense, et dans tant de domaines !  Du moins pour ceux qui ne restent pas les yeux fixés uniquement sur ce qui s'écroule... Ce qui est bien dommage !
Allez, un petit extrait d'un ouvrage de l'académicien Michel Serres ("Darwin, Bonaparte et le Samaritain"), pour terminer : "En Europe occidentale, en sept siècles, le nombre d'homicides a été divisé par cent.  Nous vivons plus en paix que, drogués, nous le croyons.  Nous venons de vivre 70 années de paix, laps de temps pacifique inconnu en Europe depuis la guerre de Troie. Les fabricants de cigarettes nous exposent à mourir des milliers de fois plus que les terroristes.  La vie perd toujours, mais, douce et têtue, elle renaît sans arrêt.  Si le Mal fait signe, c'est sur un fond uni de bonté. Même en économie, les philanthropes l'emportent en nombre sur ceux qui s'occupent de rivalités, de guerre, mais aussi de politique.  La somme des dons, en effet, apparaît comme la septième puissance financière mondiale..."  etc..., etc...
Dans le sillage des merveilles qu'a su nous révéler le film "Demain", sachons compiler, au jour le jour, avec attention et patience, joie et fébrilité, les multiples raisons d'espérer !  C'est à cette nouvelle vision du monde que Jésus appelait déjà ses disciples, lors de son échange avec la femme de Samarie : "Ouvrez les yeux et regardez les champs : déjà, ils blanchissent, et ce sera bientôt la moisson !"  (Jean 4/35) 

mercredi 22 février 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.041 : Hommage de "Ouest-France" aux prêtres

De nos jours, les prêtres n'ont pas forcément bonne presse !  Aisément, et c'est amplifié par les problèmes graves qui touchent quelques-uns d'entre eux, on leur trouve nombre de défauts : on se demande ce qu'ils font, on ne les voit jamais, ils ne vont plus visiter les gens, leurs messes sont tristes, ils sont vieux, ils ne sont pas là quand on a besoin d'eux, ils se font souvent remplacer par des laïcs, etc..
Je repense alors à cette remarque sublime d'une ancienne paroissienne, d'Olonne s/Mer, répondant à une voisine qui n'arrêtait pas de déblatérer sur les curés : "Dépêchez-vous de les critiquer car bientôt, il n'y en aura plus !"
Mieux intentionnée que cette voisine un peu revêche, la rédaction de "Ouest-France", la semaine dernière, vient de consacrer deux grandes dernières pages (parmi les plus lues), à des témoignages de prêtres.
Jeudi 16 février, portrait haut en couleurs du Père Zacharie, prêtre Béninois curé de 34 communes dans le Calvados. Bien inséré, très à l'aise au milieu des gens, attentif à chacun, très profond spirituellement.  Quel beau visage !  Au pays du bon fromage, à Livarot et au-delà, ce prêtre fait honneur à l'Evangile.  Heureux,  ces paroissiens qui l'ont adopté de tout leur coeur. Le journaliste pose la question : "Ce pasteur des âmes serait-il un superman des campagnes oubliées ?"  Et lui de répondre : "Je suis d'abord un homme fragile avec ses goûts, ses sentiments, ses désirs, ses rêves.  Comme tout le monde..."  Bravo, Père Zacharie !
Et puis, seulement deux jours après, rebelote : encore une grande dernière page consacrée à un prêtre, l'Abbé Marc, vicaire à Saint Tropez, dans le Var. Une belle figure lui aussi, rugbyman amateur très apprécié dans sa région.   Ainsi que le note celui qui l'interviewe : "Atypique s'il en est, l'Abbé de Saint-Tropez dénote, mais n'en reste pas moins pasteur.  "Je joue au rugby parce que ça me fait du bien et que j'aime ça. Mais je reste un prêtre. C'est ma mission d'entraîner les gens vers le Bon Dieu, même si, parfois, je le fais de façon originale en étant sur un terrain de rugby."  Faut l'faire !
Un profond merci au journal "Ouest-France" de communiquer ainsi à la population le coeur de ce en quoi consiste notre ministère de prêtre.  Bien sûr, nous ne sommes pas tous chargés de 34 clochers, ni champions de rugby.  Mais notre mission à tous est la même ; chaque prêtre essaye de l'accomplir du mieux qu'il peut, avec son tempérament et les possibilités qu'il a reçues de Dieu.
Un immense merci aussi aux innombrables paroissiens, mais aussi, aux personnes aux marges de l'Eglise qui continuent de faire confiance aux prêtres et de les accompagner dans la conduite de leur ministère.
Personnellement, quand je me mets à repenser à tous ceux qui m'ont soutenu depuis 50 ans, de multiples visages défilent devant mes yeux, et j'en ressens une grande émotion. Je peux bien avouer que, si j'ai toujours été profondément heureux d'être prêtre, c'est grâce à vous tous, qui m'avez accepté tel que j'étais, malgré mes faiblesses et avec mes espérances.
Merci à vous !  Merci Seigneur !

dimanche 19 février 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.040 : Peut-on tout pardonner ?

Pas réaliste, ce Jésus !  Dans l'évangile de ce dimanche, en Matthieu 5/38-48, on l'a entendu nous dire : "Moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant." Et encore : "Moi, je vous dis : aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent."  Cependant, d'après ce que nous vivons les uns et les autres, il semblerait que cela soit tout à fait impossible ! En tout cas, durant les cinquante années de ma vie de prêtre, je ne sais pas s'il s'est passé beaucoup de journées où je n'ai pas entendu des chrétiens en détresse me confier combien, après avoir été blessés, incompris, diffamés ou autres, il leur était impossible de pardonner ;  et chacun de continuer à vivre, douloureusement, dans la situation d'un conflit qui paraît inexorable.
Hier encore, je rencontrais quelqu'un en grande difficulté, que j'ai essayé d'écouter de mon mieux me raconter les conflits dans lesquels il était plongé. Au bout d'un moment, après l'avoir longuement entendu, je lui ai demandé s'il avait lu les lectures de ce dimanche, pour préparer sa messe. "Non !"  En avançant sur des oeufs, j'ouvris alors le missel et l'invitai à lire l'évangile de Matthieu cité plus haut. Lui alors de me répondre : "Oui, je suis d'accord ! Mais dans mon cas, ce n'est pas possible ! C'est impardonnable, ce qu'on m'a fait !"
A ce moment-là, je n'avais pas encore commencé à préparer l'homélie que je devais donner à Evrunes et Mortagne, et je me suis dit : par quel bout prendre les choses, si chacun, en écoutant l'évangile de ce dimanche, pense que, dans son cas, le conseil de Jésus invitant à aimer ses ennemis est totalement inapproprié.
J'ai repensé alors à l'histoire vécue par Francine Cockenpot, l'auteur de superbes refrains tels que "gouttes, gouttelettes de pluie", ou "colchiques dans les prés". Voici ce qui lui est arrivé, alors qu'elle venait de prendre sa retraite dans un petit village du Vaucluse : "C'était la veille de la Toussaint. J'étais seule, regardant la télévision. Soudain, mon petit chien a aboyé... Sur la terrasse se tenait un homme, masqué. Il avait en main une matraque et une bombe de gaz asphyxiant."
L'épouvantable carnage va durer près de 20 minutes. L'homme s'acharne sur elle pour s'emparer de ses faibles richesses.  Il ne la lâchera que lorsqu'il la croira morte, après lui avoir brisé 3 bouteilles sur la tête.  Un éclat de verre fera perdre l'oeil droit à Francine.  Avant de sombrer dans l'inconscience, elle parvient cependant à ramper jusqu'au téléphone, à appeler une amie et la police.
Plus tard, lorsqu'elle sort de l'hôpital, sauvée par la solidité de son crâne de Flamande, malgré sa vue très diminuée, Francine, qui est aussi écrivain, écrit à son agresseur : des lettres qu'elle aimerait lui envoyer, si elle le connaissait.  Dès le début, elle le nomme "frère", et lui demande : "Pourquoi tu as voulu me tuer ?"  Dans le village, dès le lendemain de l'agression, tout le monde s'était armé ; pas elle ensuite !
Dans ses lettres, Francine hésite beaucoup à employer le mot "pardon".  "A l'hôpital, explique-t-elle, le "Notre Père" me tournait dans la tête, mais je ne comprenais pas le "pardonne-nous comme nous pardonnons."  Puis, sa prière devint : "Seigneur, si tu as permis cela, fais-en quelque chose de positif.  Et même si je ne peux pas pardonner à cet agresseur, ne me sauve pas sans le sauver, lui!"  Peu à peu, le Seigneur l'exauce ; grâce à la prière, Francine retrouve, avec le temps, le chemin de la vie.
Ecoutons-la encore : "Moi qui étais contre la violence et la peine de mort, j'aurais pu changer d'avis, en étant devenue une victime.  Mais ce que j'ai vécu a été une épreuve de vérité.  Aujourd'hui, je ne tirerais pas sur quelqu'un pour me défendre ;  je ne veux pas abattre mes ennemis.  car, si on met à mort un criminel, si on se venge, c'est qu'il nous a convertis à ses idées !"
Dans mon homélie, j'ai donc raconté ce fait. En faisant le souhait que les paroissiens pensant que les appels au pardon de Jésus ne peuvent pas les concerner, car leurs blessures sont trop graves, j'ai fait le souhait qu'ils pensent que c'est peut-être possible, puisque quelqu'un, Francine, aussi ou plus blessée qu'eux, a pu pardonner !
Attention !  Il ne s'agissait pas pour Francine d'accepter le mal que lui a fait son agresseur ; mais, par sa prière, elle a demandé au Père, avec patience et persévérance, deux choses : changer son coeur à elle, et lui, de le sauver.
Le message de Francine est le suivant : si l'on se plonge dans la prière, si l'on s'immerge, comme elle l'a fait, dans l'immense Amour du Sauveur, Dieu vient en nous pour, à travers nous, lui-même, pardonner !
Laissons le Christ faire en nous ce qu'il nous est impossible de réaliser !  N'est-ce pas cela, être adulte dans la foi, être chrétien ?  Merci, Francine, de nous l'avoir révélé !

vendredi 17 février 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.039 : Citoyens fraternels

A travers le billet de ce jour, je vous propose de vous soumettre à un petit test tout simple.
Il vous suffira de répondre par "oui" ou par "non" et, au terme de ce bref temps de réflexion, vous découvrirez par vous-mêmes dans quel sens penche votre coeur, et quelles sont les tendances profondes qui animent votre esprit !

1  -  Les journalistes sont tous des menteurs.

2  -  Beaucoup de responsables politiques sont vraiment pourris.

3  -  Les musulmans nous font peur, car l'Islam est une mauvaise religion.

4  -  Les prostitué(e)s, hommes et femmes, sont des vicieux-ses.

5  -  Les Français dans leur ensemble sont égoïstes.

6  -  Les jeunes, en majorité, sont mal élevés.

7  -  Avec ce qu'on entend, il semblerait que les prêtres sont quasi tous des pédés.

8  -  Il y a trop d'Arabes en France.

9  -  Les chômeurs sont forcément des fainéants.

10 - Les homosexuels vivent dans le péché.

Alors, qu'est-ce que ça donne ?
Si vous avez 7 "oui" ou plus, c'est plutôt mauvais signe !  Et à votre avis, pourquoi ?
Si vous avez 3 ou 4 "oui", prenez garde !  Il est temps de commencer à lire l'Evangile...
Si vous avez 7 ou 8 "non", peut-être êtes-vous en train de devenir un "citoyen fraternel" !

Et s'il en était autrement ?

1  -  "Les médias ont pour rôle de construire, échanger, faire penser, éduquer. En soi, ils sont positifs. Mais, bien entendu, ils sont des pécheurs comme nous tous - nous tous qui les utilisons..." (Pape François, 11 décembre 2016)

2  -  "Nos hommes politiques ne sont peut-être pas très différents de nous, et cherchent à satisfaire leurs propres intérêts. Des figures éminentes (Robert Schuman, Edmond Michelet...) ont montré toute la noblesse du service politique. Il faut aujourd'hui soutenir ceux qui sont prêts à s'engager dans cet esprit." (lettre des évêques de France sur "Le sens du politique", juin 2016)

3  -  Albert Camus : "L'honnêteté consiste à juger une doctrine par ses sommets, non ses sous-produits !"

4  - Matthieu 21/31 (traduction du bibliste juif André Chouraqui) : "Iéshoua leur dit : les putains iront avant vous au royaume d'Elohîms".

5  -  D'après la grande enquête du"Pèlerin" publiée dans son n° 7000, le 27 janvier, 58% des Français ont fait un don récemment à une ou des associations. Entre 2013 et 2016, le nombre des Français engagés dans des associations est passé de 11,7 à 13,1 millions. En 2015, les Français ont déclaré à l'administration fiscale 2,5 milliards d'euros de dons aux associations.

6  -  "Notre jeunesse d'aujourd'hui est mal élevée, elle se moque de l'autorité. Les enfants d'aujourd'hui répondent à leurs parents et bavardent au lieu de travailler."  (Socrate, 420 ans avant Jésus-Christ)

7  -  D'après l'enquête publiée en page 2 du  "Courrier de l'Ouest" de ce jeudi 16 février, en France, neuf clercs sont actuellement écroués pour pédophilie. Neuf, c'est évidemment terriblement trop, et il y a aussi quelques signalements effectués, qui sont à l'étude. Mais je rappelle qu'il y environ 15.000 prêtres dans notre pays.  Neuf, 15.000, à vous de faire votre jugement !

8  -  Lundi dernier, aux Herbiers, quelqu'un m'a fait la réflexion suivante, avec énervement et assurance : "Il y a trop d'Arabes aux Herbiers !"  Dans la salle d'attente où je me trouvais, j'ai failli tomber de ma chaise...
"J'étais un étranger et vous ne m'avez pas recueilli..." (Matthieu 25/43)

9  -  "Ceux qui sont au chômage depuis longtemps ne le sont pas parce qu'ils sont mauvais, stupides ou paresseux, mais parce que les circonstances leur ont été défavorables." (Rowan Williams, archevêque de Cantorbéry)

10  -  Dans l'avion au retour des JMJ de Rio, en juillet 2013, le pape François répondit ainsi à l'interpellation d'un journaliste : "Si une personne est gay, qui suis-je pour la juger ?"

dimanche 12 février 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.038 : "Choisis la vie, et tu vivras !" (Deutéronome 30/19)

Chaque année dans l'Eglise, au plus près du 11 février, anniversaire de la 1° apparition de Marie à Bernadette Soubirous le 11 février 1858, est célébré le dimanche de la santé. Sur St Laurent et Mortagne, l'eucharistie a été préparée par les membres du SEM (Service Evangélique des Malades), en lien avec l'équipe de la messe des familles à Mortagne.

Thème de cette année : "Choisis la vie", tiré du Deutéronome. Quel appel formidable à la confiance et à l'espérance !

Au cours de la messe de ce dimanche à Mortagne, 14 personnes, de tous âges, ont gestué le psaume 116, dans une magnifique interprétation qui n'avait rien de théâtral ; plutôt une vraie prière : "la mort me tenait attaché", ils joignaient les poignets ; "le Seigneur m'écoute quand je crie vers lui", ils levaient le regard et les mains vers le ciel ; "tu as essuyé mes larmes", ils se sont essuyé les yeux ; "tu m'as sauvé de la mort", deux mains qui relèvent, etc...

Justement, en ce moment, au caté, les enfants réfléchissent autour du thème de la souffrance ; le psaume 116 est dans leur livre.  Les catéchistes ont recueilli leurs expressions ; voici un bref écho de ce qui a été livré à l'assemblée ce matin : "la personne qui est malade doit être plus courageuse que les autres. On s'inquiète pour ceux qu'on aime et qui sont malades. Il faut être avec les personnes malades pour leur apporter joie, bonheur et bonne humeur, leur raconter ce qu'on vit. Se battre contre la maladie avec l'aide du personnel médical, du prêtre, de l'entourage. Un enfant a dit aussi, à partir de la réflexion autour de l'attitude de Jésus par rapport aux malades : "il faut regarder vers Jésus et faire comme lui."

Extrait du témoignage donné par une membre du SEM : "La rencontre avec les personnes fragilisées m'a permis d'emprunter le chemin de l'humanité et de l'humilité. Il m'a fait grandir dans la foi, en essayant d'adoucir la souffrance, de consoler et d'aimer mieux. En rendant visite aux malades, j'ai découvert des visages rayonnants malgré le handicap, la maladie et le grand âge. Toutes ces personnes rencontrées, courageuses, dignes, m'ont beaucoup donné ; je les remercie de tout coeur et je les porte dans ma prière."
Deux faits vécus cette semaine : coup de fil de cette maman qui passe chaque matin rendre visite à son grand fils malade. Il est non pratiquant, elle prie pour lui avec confiance. Cette semaine, il lui a dit : "Maman, à ma confirmation, j'avais reçu un petit cadre rouge, avec Marie ; peux-tu me le retrouver ?"  Miracle de la prière de cette maman à Notre-Dame de Lourdes !

Avant-hier vendredi, à l'appel de la famille, je suis allé donner le sacrement des malades à une paroissienne à la polyclinique de Cholet. A l'heure dite, je trouve ses frères et soeurs rassemblés autour de son lit, comme une couronne d'anges. Très affaiblie, cette malade m'accueille pourtant d'un sonore : "Bonjour M. le Curé !" Au cours de l'échange, j'ai eu l'impression de rencontrer une femme qui ne subissait pas sa maladie, mais qui la regardait en face et qui l'assumait. Nous avons parlé de cela, en nous disant que c'était grâce à l'amour de ses proches, à sa grande confiance dans le Christ, et à la force du sacrement (psaume 116 : "tu as essuyé mes larmes, tu m'as empêché de tomber..."). J'ai demandé à cette femme d'où lui venait cette force, et elle m'a répondu : "Ce sont nos parents qui nous ont formés ainsi."  Et les frères et soeurs d'acquiescer !

Allez relire Deutéronome 30/15-20, résumé dans la 1° lecture de ce dimanche : "Regarde, je place devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. Ce que je te demande, c'est d'aimer Dieu, de marcher dans ses voies. Alors, tu vivras... J'ai placé devant toi la vie et la mort, choisis donc la vie pour que tu vives, et ta descendance aussi après toi !  Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, et tu écouteras sa voix..."

samedi 11 février 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.037 : Ce qui permet au pape François de rester serein face aux multiples difficultés

Dans la foulée du billet d'hier, et en écho à un article concernant ce même sujet paru sur "Ouest-France" ce samedi, je vous fais part d'un entretien publié dans le quotidien italien le "Corriere Della Serra", dans lequel le pape François livre quelques conseils anti-stress qu'il suit lui-même pour " être en paix" !


Le relativisme italien 

Les Italiens ont donné au Pape un des secrets de sa sérénité : « Pour vivre en paix, il faut une saine dose de je-m'en-foutisme ». L'actuel évêque de Rome reconnaît qu'à Buenos Aires, il était « plus anxieux » et que la vie au Vatican est « une vraie nouvelle expérience » pour lui. Il ajoute qu'il ressent une « sensation de profonde paix depuis qu'[il] a été élu », sans que ce sentiment ne le quitte jamais : « Je vis en paix, je ne peux pas l'expliquer. »

Se tourner vers saint Joseph

« S'il y a un problème, j'écris à saint Joseph », explique François : il glisse alors le morceau de papier avec sa prière sous une statue à l'effigie du saint patron des pères de famille installée dans sa chambre. « Un saint Joseph en train de dormir »… qui se repose aujourd'hui sur « un matelas de notes ! » C'est ainsi, explique le pape, qu'il trouve le sommeil, au moins six heures par nuit : « Je dors bien : c'est une grâce de Dieu. »

Une ascèse à juste dose

François raconte comment, en arrivant chez les jésuites, on lui a donné un cilice – ceinture avec des pointes de fer tournées vers l'intérieur, qui se met autour de la cuisse. Il précise : « Le vrai ascétisme doit rendre libre. Si quelque chose aide, faites-le, même utiliser un cilice ! Mais seulement si cela vous rend plus libre, pas si vous avez besoin de vous prouver que vous êtes fort. »

Pas d'anxiolytiques, ni pour la santé, ni pour la foi

Après avoir souligné que lui-même « ne prenait pas d'anxiolytiques », François a rappelé que « l'Évangile doit être pris sans analgésique ! » Il ajoute qu'il prie beaucoup : « Je prie à ma façon. J'aime le bréviaire et il ne me quitte jamais. La messe, tous les jours. Le rosaire… Quand je prie, je me tourne toujours vers la Bible. Alors la paix en moi grandit. » Presque espiègle, François confie : « Je ne sais pas si c'est un secret… Ma paix est un don de Dieu. J'espère qu'il ne me l'enlèvera pas ! »

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Par rapport au flot de critiques faites au pape François, je trouve très éclairante la réflexion suivante de Jean-Paul Sartre :  "L'important, ce n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on nous a fait."

vendredi 10 février 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.036 : Ce pape qui dérange !


Je vous communique un article de Romilda Ferrauto, à Rome, publié le 07/02/2017 


Indignation, émotion, sourires en coin, interrogations… L’affaire des affiches contestant le pape François ne laisse personne indifférent à Rome. Anonymes, ces affiches ont été placardées par dizaines, dans la nuit de vendredi à samedi, dans les rues du centre-ville. Du jamais vu depuis la fin des États pontificaux. « Où est ta miséricorde ? » : les auteurs du pamphlet interpellent le pape en dialecte romain populaire, dans le style des « Pasquinades », ces placards que les Romains accrochaient jadis au socle de la statue de Pasquin, près du Panthéon. Si la forme surprend, beaucoup reconnaissent tout bas que cela devait arriver tôt ou tard. Car à côté de la fronde anti-François, menée par des membres de la hiérarchie de l’Église, surtout depuis les synodes sur la famille, la grogne n’a cessé de monter ces derniers temps, notamment dans les murs du Vatican, contre un pape qui bénéficie paradoxalement d’une formidable popularité à l’échelon planétaire. 

Les « observateurs bien informés » n’ont d’ailleurs aucun doute : l’attaque vient de l’intérieur, des milieux ecclésiastiques. Des ténors de l’Église italienne ont bien tenté de rejeter la faute sur l’extrême-droite romaine, xénophobe et anti-immigration. Une thèse qui ne convainc pas, car le pamphlet fait clairement référence à des dossiers peu connus du grand public : la grave crise qui touche l’Ordre de Malte et plus encore l’affaire trouble des Franciscains de l’Immaculée… Il fallait être bien informé pour y penser ! Dès le départ, c’est plus particulièrement le clan des « conservateurs » qui est montré du doigt, ces cardinaux, théologiens, membres du clergé ou simples fidèles qui critiquent ouvertement la ligne, les mesures et les options pastorales de ce pontificat : en matière de mariage, d’abord – on pense, bien sûr, aux fameux « Dubia », exprimés par quatre cardinaux sur certains points de son exhortation apostolique Amoris Lætitia – mais pas seulement : sa volonté de dialogue avec l’islam, ses interventions en faveur de l’accueil des migrants, la main tendue aux héritiers de la Réforme, la médiatisation à outrance de la personne du pape, et même sa décision de déserter les appartements pontificaux, sont loin de faire l’unanimité.

L’attaque, raffinée et perfide, semble avoir été bien planifiée. Une attaque politique en règle et dangereuse, qui sous la forme de la dérision, veut ridiculiser le pape et miner son autorité.

Mais on aurait tort de vouloir attribuer aux tenants de la doctrine et de la tradition le monopole de l’opposition au pape François. Celle-ci est plus vaste, sournoise, transversale. On a malheureusement tendance à sous-estimer la capacité de nuisance des mécontents, des « privilégiés » récalcitrants à toute réforme, mais aussi de ceux qui se sentent mal aimés et malmenés par un pape qui ne cesse de sermonner le clergé, et surtout la Curie romaine. Même au niveau des employés du Vatican, le malaise et le ressentiment sont palpables. Dans les couloirs et les bureaux, le climat devient lourd. Sans parler de cette prétendue « liste noire » dont beaucoup parlent mais que personne ne semble avoir vue, dans laquelle seraient fichés tous ceux qui ne sont pas d’accord avec le pontife. « Une calomnie colportée par les ennemis du pape pour lui nuire », dit-on. Sans doute ! Mais cette rumeur, vraie ou fausse, entretient l’incertitude. Du coup, aux échelons moyens ou inférieurs, certains ont adopté une attitude de résistance passive.

Encensé par les uns, dénigré par les autres, ce pape divise et accentue les retranchements. Ces derniers temps, une galaxie de sites et de blogs l’attaquent avec une brutalité surprenante. On l’accuse notamment de mener l’Église à sa perte en déstabilisant l’institution et en désacralisant sa fonction. On l’accuse surtout de cacher sous son apparente bonhomie un tempérament autoritaire, voire tyrannique, comme le prouveraient ses décisions sans appel et ses nominations contestables. On l’accuse encore de démagogie et de populisme. Jésuite, proche du pape, le père Antonio Spadaro, directeur de la Civiltà Cattolica, réagit en affirmant que cela prouve que François agit efficacement et qu’il dérange

En attendant la suite, et avec une célérité et une diligence rare dans la Ville Éternelle, bien connue pour ses lenteurs et sa mauvaise gouvernance, les affiches ont été d’abord recouvertes, puis retirées. Et la redoutable Division des Investigations générales et des Opérations spéciales est entrée en action pour démasquer les coupables. La preuve que si le pape a des ennemis, il peut aussi compter sur des amis efficaces. Le pape qui, dit-on, est serein, même si à l’Angélus, dimanche, il a redit combien les médisances nuisaient à l’Église.

Reste que l’attaque, raffinée et perfide, semble avoir été bien planifiée. Une attaque politique en règle et dangereuse, qui sous la forme de la dérision, veut ridiculiser le pape et miner son autorité. Une affaire à ne pas minimiser.


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Je me permets d'ajouter à cet article un extrait de "La Croix" en date du jeudi 9 février, sous la plume de Nicolas Senèze, le correspondant à Rome :

Les ennemis commencent à s'organiser. Les opposants, dans son troupeau de fidèles, sont plutôt minoritaires, mais ils sont très actifs et ne baissent pas la garde. D'après l'estimation du vaticaniste italien Marco Politi : "20% de la Curie est pro-Berlusconi, 10% totalement contre lui. Les 70% restants, légitimistes, n'en pensent pas beaucoup de bien et attendent le prochain pape."

J'ajoute qu'en France, d'après un fin connaisseur de l'épiscopat, une part non négligeable des évêques, peut-être 50%, serait mal à l'aise avec "l'esprit du pape François". De même, un certain nombre de prêtres et de laïcs, surtout dans les jeunes générations, ressentent la peur de ne pas être compris par lui, d'être abandonnés dans leur lutte contre le "laxisme", la "décadence", "l'islamisme", et se sentent moins soutenus que par Jean-Paul II et Benoît XVI.  Un exemple malheureux :  la réaction, cette semaine, sur RCF, de Marion Maréchal-Le Pen se disant "désarçonnée par les façons de faire du pape François"...

Dieu merci, l'immense majorité du peuple chrétien, mais aussi énormément d'hommes et de femmes, d'autres religions ou sans religion, se retrouvent pleinement dans l'esprit et l'action évangéliques de ce pape qui enfin fait bouger les lignes dans le sens du service de l'homme et de l'Evangile !