Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

mardi 20 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.070 : "Mourir, ce n'est pas finir..."

Il est des moments où nous, les curés, on reçoit quand même un sacré coup de main pour notre ministère de la part des gens ; sans forcément que ceux-ci s'en rendent compte d'ailleurs !  Je prends un exemple : hier, sépulture d'un papa encore relativement jeune, décédé, comme trop souvent, d'un irrémédiable cancer.
1° acte : tandis que je sors saluer son épouse dans la rue avant la cérémonie, celle-ci me glisse : "Surtout, que ce ne soit pas triste, ni pesant ! Mon mari était quelqu'un de gai..."  Et autres paroles m'invitant clairement à veiller à la tonalité de la célébration.  Cela m'a bien aidé à trouver les mots tandis que j'accueillais alors parents et proches rassemblés autour du corps, devant l'église ; puis, ensuite, durant l'ensemble de la célébration.
2° acte : la famille, pourtant profondément éprouvée, avait choisi pour l'entrée un chant particulièrement dynamique et entraînant : "Chantez, priez, célébrez le Seigneur..." A ce moment-là aussi, j'ai pu préciser à l'assemblée que la famille avait tenu à ne pas choisir des "chants d'enterrement", tristes et lugubres. Plus facile alors pour tous d'entrer, naturellement, dans l'espérance et dans une certaine sérénité.
3° acte : lors de la prière universelle, j'entendis la parole suivante : "mourir, ce n'est pas finir ; c'est continuer à vivre autrement..."  Je n'en suis pas revenu !  Cela me facilitait drôlement la tâche, que ce soit des personnes affrontées à une mort pouvant paraître destructrice, qui illustrent d'elles-mêmes ce que nous avions entendu lors de la 1° lecture, tirée de Saint Jean, à savoir que "nous passons de la mort à la vie." En effet, lors de telles sépultures, il n'est jamais simple, pour le curé ou le laïc qui préside, d'essayer de faire saisir, par l'assistance, que la mort n'est pas la fin de tout !
4° acte : le moment de l'au-revoir. Plusieurs superbes témoignages, brefs et profonds, exprimant et la foi en la vie qui continue, et la perspective que l'on se retrouvera un jour, etc.  Impressionnant !
5° acte : échangeant avec la fille du défunt, celle-ci, tout en pleurant son papa, me fit cette confidence : "Il était formidable, il nous a donné la vie."  Et j'ai exprimé qu'il pouvait sans doute continuer encore à la donner, cette vie.
6° acte : au cimetière, même recommandation de l'épouse aux laïcs devant assurer une dernière prière devant la tombe : "Surtout, que ce ne soit pas triste !"
7° acte : le tout se terminant autour d'un verre de l'amitié, dans le bonheur d'être ensemble, forts d'avoir vécu un riche moment de lâcher-prise, dans cette église de Mortagne comble et fraternelle.

lundi 19 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.069 : "En marche" vers un meilleur accompagnement de nos frères et soeurs réfugiés ???

Non, je rêve ! Vraiment, on aurait pensé aux réfugiés pendant cette interminable campagne électorale ? Ce lundi matin encore, je viens de relire les professions de foi de nos candidats à la députation.  Tenons-nous en aux deux rescapés qui viennent de s'affronter lors du 2° tour sur le Nord-Vendée : aucune allusion bien sûr à la question des réfugiés.  Sans parler même d'une petite demi-ligne à propos de l'immense misère du monde, au-delà de nos petites frontières locales ou nationales.
Cela tombe mal : demain 20 juin, c'est la journée mondiale annuelle des réfugiés ; date choisie par les Nations Unies pour faire que les populations soient sensibilisées à cette terrible question.
Bien entendu, on compte sur les nouveaux élus d'En Marche et autres pour profiter de leur nouveau costume afin de mettre le doigt là où il le faudrait, là où, en priorité auprès des plus défavorisés, on les attendrait...
Ah mais, j'oubliais, on aura bien d'autres choses importantes à régler ce 20 juin... Entre les commentaires sur cette si belle élection, le contenu de la mallette accordée à chaque nouveau député, les cris de joie et d'allégresse qui leur échappent et tout et tout... Pensez donc : il y a un an, personne ne nous connaissait... Et on est passés devant !
Et je ne parle pas de nos "immenses" problèmes de malheureux Français !
Chers frères et soeurs réfugiés, attendez donc encore un peu !  Pour le moment, on n'a pas le temps ! Mais, on vous le promet, bientôt, on va s'occuper de vous ; et bien mieux que ne l'ont fait les Hollande, Sarkozy et consorts. Nous, c'est une nouvelle façon de faire de la politique, au plus près des besoins des gens. Alors, soyez-en certains, avec nous, tout va changer !
Les vieux politiciens qui nous ont précédés ont laissé à l'abandon dans les rues de Nice, de Paris ou de Calais des personnes et des familles, en espérant que cela en dissuaderait d'autres de les rejoindre. On a laissé les associations, comme le Secours catholique ou autres, livrées à elles-mêmes, quand on ne les a pas montrées du doigt ou harcelées.
Etes-vous au courant, chers nouveaux élus, des atteintes aux droits fondamentaux dont sont témoins les journalistes et membres d'associations (privation d'eau, conditions d'hygiène déplorables, interdiction de se rendre à des distributions de vivres...) ?  Au cas où vous ne seriez pas au parfum, dépêchez-vous de vous informer !
Rappelez-vous ce chiffre : plus de 10.000 étrangers sont morts en mer depuis 3 ans !
Et croyez-vous qu'il soit digne de la France, cette grande puissance mondiale dont vous êtes les élus, de fermer ainsi la porte au nez à des frères et soeurs en détresse, quand d'autres nations, bien plus défavorisées, et avec bien moins de moyens, bien que (?) composées parfois pourtant (?) presque totalement de musulmans (?), savent les recevoir mille fois mieux que nous ?  La Turquie avec 2,5 millions de réfugiés, le Pakistan pour 1,6 million, le "petit" Liban pour 1,1 million, l'Iran pour 980.000  personnes, l'Ethiopie pour 735.000 et la Jordanie pour 664.000 !
Question : comment la nouvelle majorité va-t-elle veiller à ce que le droit d'asile soit enfin respecté en France, tel que le demande la Convention de Genève que nous avons signée ?
Hier, à l'occasion de la fête du Corps et du Sang du Christ, nous avons peut-être chanté, un peu partout en France comme dans les églises de notre paroisse : "Nous formons un même corps, nous qui avons part au même Pain". Mais quand est-ce que cela deviendra enfin une réalité ?

P-S  :  Quasiment tous les jours, je reçois par mail des réactions par rapport aux billets
de ce blog. En général, je ne les publie pas, et j'ai peut-être tort ?  Aujourd'hui cependant, je ne résiste pas au fait de vous citer ce que je viens de recevoir, tout en gardant l'anonymat de la personne.  Cela illustre fort bien ce que je voulais signifier.

 Merci Olivier pour le blog de ce jour.

 L'attitude de la France me révolte! Quand elle accueille quelques réfugiés comme chez nous, elle leur crée un tas de difficultés avec de la paperasserie...
 Simplifions toutes les procédures administratives et accueillons vraiment, pas seulement avec des bénévoles...
 A St Laurent, rue de la Jouvence, dans la maison des frères de St Gabriel, il y a maintenant une comorienne, un congolais, une famille albanaise avec un enfant de 5 ans.
 Tous en attente de régularisation de papiers . Une association inter communale St Malo, St Laurent, Mallièvre et Treize-Vents s'en occupe.
 Vive les bénévoles, ce n'est pourtant pas simple du tout ! Le Secours Catholique est actif auprès d'eux aussi pour la nourriture, les vêtements et autres besoins matériels (une télé par exemple!).
 Bien cordialement, M.

 

samedi 17 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.068 : Le drame du divorce !

Attention !  A travers ce billet, il n'est pas question pour moi de "juger", et encore moins, de condamner celles et ceux qui vivent une situation de divorce. La séparation dont ils souffrent, c'est déjà assez dur comme ça... Mais ce n'est pas une situation facile à  vivre !  Je pense à la réaction de cette jeune femme de passage hier au presbytère avec le plus jeune de ses enfants. Nous étions en train de parler caté lorsque cet enfant, au milieu de notre conversation, nous a arrêtés en me disant à moi, en me regardant dans les yeux  -  et c'était sans rapport avec notre échange sur la catéchèse  :  "Mon papa, il est parti habiter dans une autre maison" !!! La maman a alors fondu en larmes : "Jusqu'au bout, je ne me suis rendu compte de rien.  C'est vrai que, depuis quelques mois, il me disait : "C'est pas que je ne t'aime plus, mais je n'éprouve plus de sentiments pour toi."  Cette réflexion m'a glacé jusqu'au sang !
Cela m'a rappelé cette autre paroissienne me demandant si je ne pourrais pas écrire sur mon blog un billet sur le divorce.  Elle-même souffre de voir son fils séparé de son épouse ; leur petit-fils, auparavant tout mignon, n'est plus comme avant ; il est vraiment perturbé à présent : "Papa et maman ne s'aiment plus..." Cette mamy évoquait à ce propos l'article paru sur le divorce dans le journal "Ouest-France" du 9 juin sous le titre : "Couples à la retraite : pas toujours facile". L'auteur explique que les divorces de seniors ont triplé en vingt ans. Et cette paroissienne de me dire : "Comment aider nos jeunes à rester fidèles à leur engagement, alors que les seniors eux-mêmes, dont on serait en droit d'attendre une certaine exemplarité, en arrivent à ne plus pouvoir vivre ensemble ?  Le problème, c'est qu'on n'est plus dans une société de l'engagement..."
Ce que j'ai apprécié dans ce qu'elle m'a partagé, c'est la façon dont, avec son époux, ils essayent de se situer !  "On essaye de garder le contact avec notre belle-fille. De Lourdes, on lui a envoyé une carte, sans savoir s'il y aurait une suite ; mais aussitôt, on a reçu un texto : "Merci pour votre gentille carte." Pour les enfants, on fait tout pour garder le lien.  On ne s'attend pas à une réconciliation dans l'immédiat, mais on ne sait jamais. Si cela pouvait arriver, on veut pouvoir y contribuer. Même si, pour l'instant, il nous faut accepter l'incompréhensible.
Quelques citations de la récente Lettre-encyclique du pape François sur "La Joie de l'Amour" :
-  "C'est bon de se donner toujours un baiser le matin, se bénir toutes les nuits, attendre l'autre et le recevoir quand il arrive, faire des sorties ensemble, partager les tâches domestiques." (n° 226)
-  "Nous ne pouvons pas nous promettre d'avoir les mêmes sentiments toute la vie. En revanche, oui, nous pouvons avoir un projet commun stable, nous engager à nous aimer et à vivre unis jusqu'à ce que la mort nous sépare et à vivre toujours une riche intimité." (n° 164)
-  "On ne peut pas exiger du conjoint qu'il soit parfait ; le mariage est un projet à construire ensemble, avec patience, générosité." (n° 218)
-  Pour résoudre des conflits, "L'amour est artisanal, grandit, apprend à négocier, comme mélange d'offrandes réciproques et de renoncements." (n° 220)
C'est toute cette Lettre du pape François que je vous invite à lire et à méditer, à la lumière de l'hymne à l'amour de la 1° Lettre aux Corinthiens !

jeudi 15 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.067 : "Est-ce que tu es content de ton caté ?"

C'est en ce moment l'heure des bilans, avec le mois de juin, dans les groupes de caté.  Sur la paroisse, dans les groupes de caté, les enfants ont été invités à s'exprimer par écrit sur les deux points suivants :
-  es-tu content de ton année de caté ?
-  qu'as-tu aimé, ou moins aimé ?
Voici quelques réponses, émanant d'un seul petit groupe de quelques enfants.

1  -  Es-tu content de ton année de caté ?

-  oui, parce que j'ai compris pourquoi j'ai donné mon coeur à Jésus.  Pour moi, Jésus, c'est un frère. Il m'attendra toujours, et moi aussi, en ce moment, je l'attends.  Je crois en toi !
-  oui, très très content.  Chère catéchiste, cette année de caté avec toi était géniale ; je ne t'oublierai jamais !
-  chère catéchiste, merci de ta gentillesse, de tout ce que tu nous as donné ; et pour ton temps libre que tu nous accordes.  Avec toi, je me sens bien.
-  merci, merci pour cette super année.  J'ai adoré.  Merci, merci, du fond du coeur.
Les autres réponses répètent la même chose ; ainsi que le résume l'un de ces enfants : "C'était trop bien !"

2  -  Qu'as-tu aimé, ou moins aimé ?

-  j'ai aimé tout ce qu'on a fait.
-  j'ai aimé connaître la vie de Jésus.  Je n'ai rien détesté.
-  j'ai préféré la prière, les chants et la sainteté de Dieu.
-  j'ai aimé prier ; et aussi, Jésus sauveur, Dieu aime avec tendresse, Dieu appelle.
-  j'ai aimé le livret sur Jésus sauveur.
-  la messe des familles.
Aucune réponse par rapport à des choses qui n'auraient pas été appréciées.

Lorsque, il y a deux jours, les catéchistes de la paroisse se sont retrouvés, le partage de cette riche année s'est prolongé par un long temps d'action de grâce, devant des réflexions telles que celles-ci :
-  avant, je ne croyais pas que Jésus est ressuscité ; maintenant, j'y crois.
-  grâce à toi (la catéchiste), j'ai changé.
-  c'est grâce à vous si j'ai fait ma profession de foi.
-  ma meilleure journée, pour moi, c'est le mardi, à cause du caté.
-  grâce au caté, plus personne ne se moque de L...

Certains enfants sont assez mûrs pour exprimer des choses fortes. Ainsi, un garçon en CE2, E..., a dit : "une nuit où je ne dormais pas, j'ai pensé que Dieu était toujours avec nous ; mais alors, quand on meurt,
pourquoi il ne serait pas avec nous ?"
Les enfants suivis par l'une des catéchistes sont ressortis enchantés d'une messe des familles, alors que certains n'étaient jamais entrés dans une église !
Nombre de ces enfants en effet n'entendent parler de Dieu nulle part ailleurs...
Chers catéchistes, merci !

lundi 12 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.066 : "Pauvres" paroissiens !

Chaque année, vers les mois d'avril-mai, l'on entend  circuler à travers le diocèse toutes sortes de murmures ou rumeurs, à propos d'éventuels changements de curés ou coopérateurs ici ou là, au bout de 3 ou 6 ans : "Oh, chez nous, on sent que ça se rapproche ! Qu'est-ce qui va nous arriver ? Pourvu que ce ne soit pas un col romain..."  "Il ne faudrait pas que ce soit un tel : il ne travaille pas avec les laïcs et fait tout tout seul !"  "L'autre, si c'est lui, on va souffrir !  Ca ne se passe pas très bien là où il est !"  "Celui qui va venir, comment seront ses messes ?  Est-il ouvert ?  A-t-il de l'expérience ?"  "Moi, ce que j'aimerais, c'est un prêtre qui s'occupe des jeunes, et qui sache écouter." "Si c'est celui auquel je pense, il va vouloir tout changer ; chaque fois qu'il arrive quelque part, on dirait que ce qui se faisait avant, ça n'a aucune valeur."  "Je connais des prêtres qui veulent tout reprendre en main de ce que faisaient les laïcs : plus besoin d'équipes liturgiques, ni de conseil de paroisse, les diacres ne prêchent plus, les laïcs ne conduisent plus les sépultures, d'ailleurs qui sont à présent souvent célébrées avec la messe..."  Etc.
Je vous promets que j'ai entendu ici ou là toutes ces réflexions, à diverses occasions de déplacements à travers le diocèse. Ca me rappelle ce que l'on m'avait demandé lors de mon arrivée à Mortagne, si je jouais aux cartes !  Mais cela s'apparentait plus à quelque chose de sympathique et de convivial ! 
Quant à nous, sur Mortagne-St Laurent, nous n'avons plus ce genre d'anxiété depuis que nous savons que c'est l'abbé Jean Borderon qui arrive, un prêtre "conciliaire" !
Ce que je veux souligner à travers ces réflexions, c'est cet état d'esprit plein d'appréhension que l'on rencontre à présent en permanence, à tort ou à raison d'ailleurs. D'où le titre, sans doute trop négatif, de ce billet ; mais il est question de quelque chose de bien réel, pourtant.
Car les prêtres passent, mais les paroissiens restent ; et, tous les 3, 5 ou 7 ans, il leur faut se réaccoutumer à une figure nouvelle, souvent fort différente de celle qui l'a précédée. Et je te change ceci, et je te renouvelle cela !  Adieu parfois à des priorités qui avaient fait leurs preuves ; oubliées des décisions qui avaient pourtant été mûrement réfléchies en conseil de paroisse ou dans d'autres instances. Mais qu'y faire ?  "Le curé, c'est le chef !" comme on l'entend dire parfois.
Et maintenant qu'on a dit ça, qu'est-ce qu'on fait ?  Certains paroissiens font parfois de la déprime : "Si c'est comme ça, j'arrête tout !"  Mais est-ce la solution ?  Souvent, quand j'entends de telles réflexions, ou lorsque des personnes expriment leur déception vis-à-vis de "l'Eglise" ou du diocèse, je me remémore tel ou tel des innombrables passages du Premier Testament qui montrent Dieu véritablement aux prises avec les chefs du Peuple élu, trop souvent à côté de la plaque ; et de voir Dieu dans la panade, cela me remonte le moral !  Et je me redis : "Mais enfin, malgré toutes ces insuffisances, du Peuple de Dieu a quand même surgi un Sauveur !  Et je ne parle pas des amis de Yavhé qui lui sont restés fidèles jusqu'au bout, à l'exemple des Prophètes, de Marie ; et je ne cite que les plus grands...
Remettons l'avenir de nos paroisses et du diocèse entre les mains du bon Berger ; prions l'Esprit-Saint pour nos pasteurs et pour les membres de notre Eglise ; laissons Dieu nous façonner de l'intérieur, pour que nulle embûche ne nous arrête !
Notre Eglise, "les portes de l'enfer ne pourront rien contre elle !" (Matthieu 16/18)  D'ailleurs, comme aimait le répéter un de nos savoureux profs de grand Séminaire, que l'on surnommait "mon bon monsieur" : "Si l'Eglise n'était pas divine, il y a longtemps que les curés l'auraient tuée." Mais justement, aucun curé n'y est arrivé ! Et si, comme il le disait également, "La barque de Pierre est conduite à coups de gaffes", cela ne l'a pas empêchée d'être malgré tout vivante et aimante par tout l'univers !
Non, les paroissiens ne sont pas "pauvres" !  Il sont riches de leur espérance, puisée à la source de l'Esprit !

vendredi 9 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.065 : Lancement d'un groupe de dialogue interreligieux à Mortagne

Hier jeudi, suite à nos rencontres sur la paroisse avec des musulmans, un pasteur protestant et un moine bouddhiste, une quinzaine de personnes se sont retrouvées pour jeter les bases d'un groupe de réflexion et de dialogue avec des membres d'autres religions.
On peut situer cela en fidélité à cette apostrophe célèbre de Sr Emmanuelle, que j'ai déjà citée sur ce blog à diverses reprises : "Celui qui reste cloué sur sa religion et sur sa culture est un imbécile !"

Tout d'abord, chacun a fait part de ses motivations par rapport à un tel souhait.  en voici quelques-unes :
-  de la part de deux jeunes mamans-catéchistes : "Les enfants posent beaucoup de questions sur les autres religions ; par exemple : "Jésus était juif et nous on est chrétiens, pourquoi ?" Cette question des autres religions intéresse les enfants ; et il faut qu'on les aide à s'accepter entre religions différentes. Pour cela, on a besoin d'une formation !"
-  "C'est important de savoir qui sont les autres."
-  "Je me sens ignorante vis-à-vis des autres religions. Or, dans notre société, on sent bien que les préjugés sont les enfants de l'ignorance !"
-  "J'ai besoin d'ouverture, de connaissance.  Je crois que partout, il y a du beau, du bon. Un de mes fils a épousé une musulmane ; il faut apprendre à découvrir les richesses des autres."
-  "J'ai des petits enfants Ethiopiens. Il est bon de chercher à s'informer ."
-  "Les catholiques n'ont pas toute la vérité ! Les enseignements de Lao-Tseu, de Mahomet, d'autres encore et même de Platon nous apportent une richesse."

Dans un deuxième temps, nous nous sommes donnés une série de moyens à creuser ou développer ; les voici, en vrac :
-  contacter les musulmans de Mortagne.
-  les inviter à venir expliquer leur religion au sein de notre groupe.
-  leur faire passer le message adressé par le Vatican à tous les musulmans, à l'occasion du Ramadan ; ou sinon, un message de soutien de la part de la communauté chrétienne de la paroisse.
-  pour une autre année, on verra si l'on peut faire plus à l'occasion du Ramadan ; par exemple, lors de la rupture du jeûne en finale de ce mois.
-  contacter l'imam de Cholet, en vue d'organiser une visite de la mosquée de Cholet avec notre groupe.
-  faire suivre à tous, dès qu'ils seront connus, les renseignements sur la journée annuelle de formation sur l'islam organisée à la Roche-sur-Yon, et dont la date est fixée au dimanche 4 février 2018.
-  le 2 juillet, contacter les Juifs des Sables d'Olonne qui viendront à Mortagne, pour envisager de les rencontrer.
-  visiter, à Monsireigne, le musée protestant de Bois-Tiffrais, qui retrace l'histoire du protestantisme en Vendée.
-  donner des titres de petits ouvrages simples sur les autres religions.

Date de la prochaine rencontre de ce groupe, auquel tous ceux qui le désirent pourront se joindre (date qui sera publiée sur le bulletin) : le lundi 11 septembre, de 18h à 19h30, salles paroissiales de Mortagne.

Et puisque nous sommes à la veille de la grande fête de la Trinité, il n'est peut-être pas inutile de rappeler, comme l'explique Mgr Fitzgerald, que "la Trinité, c'est un modèle d'unité qui inclut la différence, par distinction des Personnes divines, mais qui est en même temps communion entre ces mêmes personnes.  Par conséquent, l'unité du genre humain ne se fera pas par la réduction des différences ou par une unification monoculturelle, mais en maintenant ces différences dans une tension créatrice. Cette unité est devant nous, dans la participation à la vie divine, à savoir ce destin commun que Dieu a préparé pour toute l'humanité. Mais cette unité se réalise déjà dans la Personne de Jésus-Christ, le Verbe de Dieu incarné."

mercredi 7 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.064 : Quelques dates de l'histoire de la paroisse Montfort-sur-Sèvre

A l'occasion du 700° anniversaire de notre diocèse, fêté magnifiquement dimanche dernier au Vendéspace, voici quelques dates, parmi bien d'autres, retenues pas nos historiens locaux, qui ont marqué la vie des communautés chrétiennes sur Mortagne et St Laurent s/ Sèvre.

-  vers le milieu du IV° siècle, début de la christianisation.

depuis les années 900 environ, présence de moines bénédictins au prieuré St Pierre de Mortagne.

-  vers 1070, construction d'une église romane à St Laurent, dotée d'une relique de St Laurent, ainsi que d'un prieuré, avec plusieurs moines, pour accueillir les pèlerins.

-  au XII° s., construction de l'église actuelle de Mortagne.

-  en 1583, la ville de Mortagne est prise par les Huguenots, avec Agrippa d'Aubigné ;  l'église, le prieuré et la cure sont incendiés.

-  il est signalé, vers 1700, que depuis des siècles, Mortagne disposait d'une "Aumônerie" (aumônes !) où les indigents pouvait être hébergés et soignés, et dont le financement était assuré par le seigneur local et les Mortagnais.

-  avril 1716 : mission du P. de Montfort à St Laurent, où il décède ; son tombeau se trouve à la basilique.

-  lors de la Révolution, refus des prêtres locaux de prêter serment. Un curé constitutionnel est chassé par les Mortagnais en 1792. 8 prêtres clandestins passent desservir la paroisse entre 1793 et 1802.

-  1794 : l'église et la cure de Mortagne sont incendiées lors des combats.

-  1834 : le conseil municipal de Mortagne décide d'allouer une somme de 300 f  aux indigents.

-  1885 : début de ce qui va devenir, avec les Frères, le pensionnat St Gabriel.

-  3-6 juin 1888, fête à St Laurent de la béatification du P. de Montfort, et en septembre, début de la construction de l'actuelle basilique.

-  12-14 septembre 1947, fête à St Laurent de la canonisation du P. de Montfort.

-  17-18 novembre 1947, puis 17 juillet 1950, visite à St Laurent de Mgr Roncalli, nonce apostolique, futur pape Jean XXIII.

-  23 avril 1950, grand rassemblement à St Laurent en faveur de l'Enseignement catholique : Mgr Cazaux prône la grève de l'impôt.

-  24-25 août 1963, consécration de l'église de St Laurent, élevée au rang de basilique mineure.

-  23 mai 1993, fête à St Laurent de la béatification de Sr Marie-Louise Trichet.

-  19 septembre 1996, pèlerinage à St Laurent du pape Jean-Paul II.

-  28 avril 2016, fête du tricentenaire de la mort du P. de Montfort.

Quel dommage de ne pouvoir citer tous les moments forts de la riche histoire de la paroisse Montfort-sur-Sèvre, la bien nommée !
Mais de quoi pouvoir déjà largement rendre grâce pour la foi vivante de tous ceux qui nous ont précédés et nous ont transmis le message de l'Evangile.
A nous à présent de continuer et d'enrichir cette belle histoire !

lundi 5 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.063 : Un moine bouddhiste à Mortagne

Récemment, en lien avec la municipalité, la paroisse a invité un moine bouddhiste à venir donner son témoignage à Mortagne.  A plusieurs reprises déjà, en lien avec M. le Maire, et pour faire face aux crispations que l'on ressent au sein de notre société, il nous a paru important de réagir et de proposer à nos concitoyens, comme aux paroissiens, de faire un travail de découverte par rapport aux autres religions. D'ailleurs, nous avons déjà pu dialoguer avec des musulmans, puis un pasteur protestant. Chaque fois, la réponse a été très forte : 130 personnes à propos de l'islam, 60 avec le pasteur et une centaine pour le bouddhisme : des personnes bien loin d'être toutes liées à l'Eglise catholique !  Comme quoi, ce type d'initiative répond bien à un vrai besoin !  Il est vrai que, chaque fois, "Ouest-France", très motivé, a fait une pub forte pour annoncer ce type de rencontre.
Nous avons donc eu la joie d'accueillir Thrinlé. Un moine bouddhiste en plein Nord-Vendée : une grande première, et qui, de l'avis de tous, fut très réussie ! Thrinlé et moi, nous nous connaissons depuis plus de quinze ans ; nous sommes déjà intervenus ensemble à plusieurs reprises, dont en juin 2016, lors d'un congrès aux Sables d'Olonne, devant 250 personnes.
Impossible de résumer ici, dans un cadre aussi limité, la richesse de son enseignement. Je dirai seulement que Thrinlé - dont le nom signifie "l'actif", ou "l'éveillé" - a su nous présenter l'essentiel de l'enseignement du Bouddha, dont l'objectif fut de donner à ses disciples un chemin leur permettant de ne pas se laisser dominer par la souffrance, la mort ou les mauvais sentiments. Cette voie les invite, à travers le "véhicule" de l'amour et de la compassion, à se libérer de tout ce qui les conditionne ; ceci afin d'atteindre "l'éveil", à travers des moyens tels que la méditation, des rites particuliers, des postures également.
Inutile de dire que les questions n'ont pas manqué ?  Pour le bouddhisme, qu'y a-t-il après la mort ?  Qu'est-ce que le nirvana ?  Que faut-il penser de la réincarnation ? Peut-on être à la fois bouddhiste et chrétien ? De quoi vivent les moines ?  Pour vous, quelle est l'origine de la vie ?  Comment le monde existe-t-il ?  Y a-t-il un Dieu pour les bouddhistes ?  Le bouddhisme est-il une religion ?
Un exemple de réponse apportée, par rapport à cette dernière question : "Je ne pense pas que l'on puisse être bouddhiste et chrétien en même temps.  En effet, être bouddhiste, c'est "prendre refuge" dans le Bouddha, se nourrir pleinement et prioritairement de son enseignement, et enfin, faire partie de la Sangha (la communauté spirituelle bouddhiste). Or, si on "prend refuge" dans le Bouddha, on ne peut pas prendre refuge dans un Dieu créateur ; il faut choisir." Que des réponses très éclairantes dans ce style, pour la satisfaction de tous !

Pour ceux qui voudraient en savoir davantage, je vous invite à taper sur google : "Thrinlé et Olivier Gaignet", et vous tomberez sur une vidéo que vous pourrez consulter.

Je vous renvoie également à l'excellent article d'une paroissienne, Marie-Luce, paru dans "L'Echo de l'Ouest" du 26 mai, en lien avec Etienne Sengegera. 

dimanche 4 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.062 : Les signes de l'Esprit

A l'occasion de cette fête de la Pentecôte, il est bon, au coeur de ce monde difficile, de prendre le temps de découvrir comment, de façon humble, peu évidente souvent, mais certaine, l'Esprit-Saint est véritablement à l'action au milieu de nous.
Je me permets de vous proposer certains de ces signes, à propos desquels j'ai essayé de rendre grâce au cours de cette fête de la Pentecôte. Mais il s'agit là de mon ressenti personnel seulement... Le mieux sera donc, pour que vous puissiez faire une action de grâce qui vous convienne, que vous fassiez vous-mêmes la même recherche, si vous le jugez bon !
-  j'entends à la télévision un témoin de l'attentat qui vient d'avoir lieu au coeur de Londres ce samedi soir, nous expliquer qu'une femme a bloqué, de toutes ses forces, la porte d'un bar, pour empêcher les assaillants d'entrer, permettant ainsi à une vingtaine de clients de s'échapper par une autre porte. Mais elle n'a pu les retenir totalement, et a été blessée d'un coup de couteau. Son courage a ému les Britanniques et le monde entier !  En elle, j'ai lu l'action de l'Esprit de courage et de force, à l'action contre les forces de destruction du monde.
-  samedi matin, à la fin d'un mariage en l'église de Mortagne, tandis que l'on chantait "Main, main, main dans la main", voici que tout à coup, sans que ni l'animatrice ni moi n'aient fait le moindre signe, d'eux-mêmes, les participants se sont donné la main, à travers l'allée centrale et, presque sous la forme d'une danse, comme un genre de farandole ou de ola,  de façon rythmée, mais très digne, ont accompagné ce chant de façon très belle, communiant ainsi à la joie des époux, d'ailleurs pratiquants réguliers de cette église. Quelle belle image de communion dans l'Esprit !
-  rassemblement de nombreux diocésains ce dimanche, au Vendéspace, pour fêter le 700° anniversaire de notre diocèse. Depuis des siècles, chez nous, l'Esprit-Saint est à l'action ; sinon, cette fête n'aurait pas eu lieu, et je ne n'écrirais pas ce blog en son honneur aujourd'hui, car rien ne se serait passé !
-  suite au refus de Donald Trump de permettre aux USA de soutenir l'accord de Paris, d'innombrables hommes et femmes, politiques, artistes, entrepreneurs, citoyens lambdas, se sont levés pour assurer que, à leur niveau, ils vont tout faire pour que les Etats-Unis restent présents et actifs dans le combat pour le respect de l'homme et de l'environnement. Comme nous l'avons chanté lors de la fête de la Pentecôte : "O Seigneur, envoie ton Esprit, qui renouvelle la face de la terre." (psaume 103)
-  comme je le disais dans mon précédent billet, lors des célébrations autour des enfants ces dernières semaines, tous ont été marqués par la présence de très nombreux jeunes couples, des parents qu'on ne voit que rarement à l'église. Or, un certain nombre ont participé aux préparations de ces cérémonies ; ils ont accompagné leurs enfants dans la découverte de Dieu, de la foi et de l'Eglise. Eux-mêmes ont cheminé à cette occasion et ont su le dire. Oh, il est vrai, par la suite, ils ne seront peut-être pas présents à la messe tous les matins ; mais ne jouons pas les grincheux et ne gâchons pas notre bonheur : en eux, l'Esprit-Saint, au-delà du visible, est présent et agissant ! Il nous faut avoir l'humilité de faire cet acte de foi.
A vous à présent, si vous ne l'avez déjà fait, de faire votre repérage personnel des innombrables signes, autour de nous, de l'action vivifiante de l'Esprit-Saint !

samedi 3 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.061 : Les enfants nous tirent vers le Haut

Il est de coutume de penser que ce sont les adultes qui "élèvent" les enfants.  En un sens, c'est vrai, et on peut prétendre le contraire. Mais il ne faudrait pas que cela nous empêche de repérer ce que eux-mêmes nous apportent, et en quoi ils nous font bouger et nous aident nous-mêmes à "grandir" !
Si je repars simplement de ce qui s'est vécu lors de diverses cérémonies récentes sur la paroisse, au coeur desquelles les enfants ont tenu une place essentielle  -  deux 1° Communions, messes des familles, Profession de Foi...  - cela crève les yeux !
Ainsi, chaque fois, l'assistance dans les églises n'avait rien à voir avec nos assemblées dominicales ordinaires, composées en bonne partie de cheveux blancs, si sympathiques et courageux soient-ils.  Lors de ces dimanches de fête, par contre : nombreuses jeunes familles, visages joyeux, présence de véritables grappes de jeunes et d'enfants en rangs serrés, sourires pleins du bonheur d'accompagner le petit frère ou la grande soeur pour un événement offrant aux familles une belle occasion de se retrouver...
Que s'est-il passé alors, si ce n'est que ce sont les enfants à l'honneur ces jours-là qui ont fait que parents, grands frères, parrains-marraines, tontons et autres peu habitués de nos célébrations, tous se sont retrouvés sur les bancs de nos églises, par la grâce de ces enfants. Ils les ont comme tirés vers le Haut !
Et alors, en toutes ces personnes invitées, au plus profond d'elles-mêmes, peut-être, quelque chose a pu changer. Comme cela s'est dit à plusieurs reprises : "la messe était belle", "ça nous a réconciliés avec l'Eglise", "on avait avec nous des amis non croyants, ils ont dit que c'était bien", "même les non croyants ont senti que dans ce qui était exprimé, on les respectait", "quelle belle image ces messes ont donnée !" etc...
Cerise sur le gâteau, au cours des célébrations, la parole a été donnée aux enfants avec, cette année, une nouveauté : ce n'était plus, comme d'autres fois, des interventions un peu figées, préparées par écrit et lues par les enfants ; cette fois-ci, et j'ai commencé chaque fois par prévenir l'assistance, en lui disant que l'on travaillait sans filet, nous nous sommes lancés à donner publiquement la parole aux enfants.  Miracle, les réponses, fraîches, spontanées, directes, ont fortement impressionné chacun. Ce que beaucoup d'adultes n'auraient pu faire, par exemple, répondre à brûle-pourpoint à une question du curé demandant où était Jésus, qui venait de disparaître à la fin du repas avec les disciples d'Emmaüs, ces enfants ont osé le faire ! Lors de chaque questionnement, un certain nombre de doigts se levaient, et les réponses étaient étonnantes. Par exemple : "Jésus, on ne peut plus le voir ; mais on peut lui parler, et il nous entend. "  Ou encore : "Si on reçoit l'hostie, c'est Jésus qui vient en nous ; il nous donne sa force et sa vie." Il aurait fallu pouvoir noter toutes ces magnifiques réflexions !
En cette veille de la Pentecôte, il paraît évident que déjà, l'Esprit-Saint est très présent et agissant en chacun de ces enfants. Et si c'était eux qui, parfois, nous montraient le chemin ?
Vous connaissez ce fameux poème de Khalil Gibran, tiré du recueil intitulé "Le Prophète", et dont voici un extrait : "Vos enfants sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même. Ils ont leurs propres pensées. Leurs âmes résident dans la demeure du lendemain. Vous êtes les arcs grâce auxquels vos enfants, tels des flèches vivantes, sont projetés...sur le sentier de l'infini."

mercredi 31 mai 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.060 : A l'aube d'une nouvelle vie...

Il y a déjà de nombreuses années, ma plus jeune soeur, Agnès, aimait dire avec humour : "Chez nous, parmi les frères et soeurs, il n'y a plus que le petit dernier qui travaille !"
Agnès, la plus jeune de mes frères et soeurs, a pourtant 15 ans de moins que moi ; mais elle est déjà en retraite depuis un certain temps. C'est la situation de mes cinq frères et soeurs, tandis que moi, l'aîné, le "petit dernier" en effet sur ce point, je suis toujours "en service" ; et souvent 12 heures par jour, presque sept jours sur sept.
Je repense encore à la réaction d'un cardiologue de Cholet, incrédule lorsque je lui ai appris que j'étais toujours au travail : "Non,à 73 ans, ce n'est pas possible ! Quelle est au juste votre fonction ? Des petits coups de main de temps en temps, pour ne pas vieillir trop vite ?" Mais lorsque je lui ai dit ce qu'il en était réellement, avec des réunions quasiment tous les soirs, etc..., il s'est presque fâché : "Mais, ce n'est pas normal ! On n'est plus au 19° siècle !  Il ne faut pas vous laisser faire comme ça ! Quand vous serez malade, ce n'est pas votre patron-évêque qui viendra vous border dans votre lit ! Réagissez !  Faut pas vous laisser exploiter !"  J'en suis resté pantois !
Et pourtant, j'ai fait l'expérience que le travail ne tue pas !  Un an après cette 1° visite mémorable chez ce cardiologue, lorsque celui-ci m'a ausculté à nouveau, puis, regardé mes analyses de sang, constaté que je n'avais plus de diabète ni tension, à nouveau tout étonné, me constatant en bonne santé, il m'a gratifié d'un sonore : "Félicitations !" comme je n'en avais jamais entendu de ma vie, du moins de la part d'un médecin !  Comme quoi... Il est vrai que j'avais suivi ses conseils à la lettre, particulièrement concernant l'alimentation ; avec une perte de 8 kgs qui m'a été très profitable !
Venons-en au fait : samedi dernier, j'ai appris officiellement que je quitterais Mortagne et St Laurent en septembre prochain. Ce ne sera pas sans regret bien sûr, car j'ai été profondément heureux sur cette dernière paroisse de mon existence sacerdotale ; comme d'ailleurs dans tous les ministères que j'ai eu le bonheur d'exercer durant 50 ans, en pas moins de 12 endroits différents.
Mais il faut savoir retirer l'échelle et laisser la place à du sang neuf. J'ai toujours trouvé tragique et un peu dérisoire l'attitude de ceux qui ne veulent pas décrocher, alors que nul n'est irremplaçable... En tout cas, je suis enchanté, comme la plupart des paroissiens, de savoir que le curé qui va me succéder est un homme d'ouverture, qui a été comme moi missionnaire en Afrique durant de nombreuses années. C'est un fils de Vatican II, qui a eu des responsabilités diocésaines en monde rural et sait travailler avec des laïcs.
Quant à moi, j'ai la chance de rejoindre la côte et le bord de la mer, en septembre prochain, non loin d'ailleurs de mes nombreux amis des Sables d'Olonne où j'ai passé dix belles années, à Bourgenay.
J'entamerai alors une nouvelle vie, avec au programme : prière, action de grâce, contemplation, rencontres, gratuites, services et engagements divers, mais paisibles et mesurés, au sein de la société et de l'Eglise...
Pour ces cinquante années de vie sacerdotale et pour les innombrables personnes rencontrées, merci Seigneur !
Et pour le temps qui vient également, par avance, merci Seigneur !

dimanche 21 mai 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.059 : 50 ans d'ordination, le 2 juillet

Il y a quelques mois, je vous avais fait part d'un projet de fête pour le 2 juillet prochain.
Malheureusement, il m'est impossible d'envoyer une invitation particulière aux très nombreuses personnes que j'ai eu le bonheur de rencontrer, lors de mes précédents ministères en divers lieux.
Voilà pourquoi, par l'intermédiaire de ce blog, j'envoie une invitation générale à participer à cette fête, si vous le souhaitez.
Ce sera d'autant plus facile qu'il n'y a pas d'inscription. 
Ci-dessous, je vous joins tous les détails pratiques utiles, au cas où...
Vous pouvez faire suivre ce message, de ma part, à des personnes susceptibles d'être intéressées. 

Olivier Gaignet
12, place Hullin    85290    Mortagne-sur-Sèvre
06.87.10.18.87
olivier.gaignet@yahoo.fr

Bonjour à tous et à toutes,


Lorsqu’ils ont appris que j’allais fêter mes 50 ans d’ordination, un certain nombre de membres de ma famille, d’anciens paroissiens et d’amis m’ont fait savoir qu’ils aimeraient être présents. J’en suis profondément touché !  Voilà pourquoi, à la demande de plusieurs, je vous fais parvenir quelques précisions à propos de cette fête, qui aura lieu, tout près de Cholet, à Mortagne-sur-Sèvre, le dimanche 2 juillet prochain.

            Une fête partagée

Au départ, il n’était question que de mes 50 ans d’ordination. Mais nous avons pris conscience qu’il y avait sur la paroisse deux Frères de St Gabriel qui fêtent aussi cette année leurs 50 ans d’engagement religieux. De plus, pas moins de 15 couples de Mortagnais, avec lesquels je suis très lié, ont souhaité fêter en même temps leurs 40, 50, 55 ou 60 années de mariage !  Nous avons appelé cela "la fête de l'Alliance".

Après en avoir parlé en famille, nous nous sommes dit : plutôt que d’en rester à la fête d’un seul, pourquoi ne pas en faire une fête plus large, solidaire et fraternelle ?  Tout en laissant leur place à la famille, aux amis ainsi qu'aux anciens paroissiens !

Pour que la fête soit belle, venez avec des souvenirs forts que nous avons en commun, qui pourraient être partagés à tous. Je vous fais savoir qu’il y aura une sono et un grand écran. Et pas de frais à envisager, ceux-ci étant pris en charge généreusement par l’ensemble des jubilaires.

            Le lieu

Comme ce sera une fête « ouverte », un peu atypique, la messe se déroulera non dans une église, mais, ainsi que tout le reste de la journée, à la salle polyvalente de Mortagne, qui est très vaste et dispose d’un grand parking.

 Pour rejoindre ce « complexe municipal Stéphane Traineau », bien fléché, lorsque vous êtes arrivé à Mortagne, prendre la route de Poitiers (c’est le nom de la rue). Aux seuls feux qui existent dans cette rue, prendre à droite l’avenue des Madeleines ; à 100 m, au rond-point, prendre à gauche l’allée des Peupliers, jusqu’au bout (c’est sans issue, et il y a un stade au-delà). Alors, le parking est à gauche et la salle à droite. Voici l'adresse GPS au besoin  :  46.9885 et -0.94538.

            Le planning de la journée

.  8h30      :  des paroissiens prépareront la salle et accueilleront les personnes au fur et à mesure
.  10h30    :  messe festive
.  11h45     :  apéro
.  vers 13h :  repas partagé, avec diverses animations, interventions, chansons, évocation de souvenirs ou autres, de la part de tous ceux qui le souhaiteront : jubilaires, famille, amis de partout, paroissiens de Montfort-sur-Sèvre y compris
.  puis, en début d’après-midi, suite de ces manifestations diverses, diaporama, et tout ce que les uns ou les autres auront envie de partager.
.  bien sûr, on arrive quand on veut, et on repart quand on veut. Et à 18h au plus tard, nettoyage et remise en ordre de la salle par les amis Mortagnais.

            L’apéro et le « repas-partage »

.  l’apéritif et la boisson sont offerts par la paroisse, et des « amuse-gueule » auront été préparés.
.  pour le repas, chacun des couples jubilaires apportera un plat et un dessert collectifs, pain et boisson ;  le tout sera disposé sur une grande table dans la salle.
.  même chose pour les membres de ma famille, les anciens paroissiens et amis divers.
.  les Mortagnais et Saint Laurentais qui voudront se joindre à l’ensemble de la journée pourront apporter eux aussi un plat et un dessert partagé.
.  ainsi, il devrait y avoir largement assez pour ceux qui viendront de loin, cela leur évitant une charge supplémentaire.
.  le repas partagé, c’est une manière de vivre ce moment avec plus de convivialité.
.  les uns ou les autres pourront aussi apporter seulement leur panier et leurs boissons : tout sera possible !
.  le café sera fourni sur place.
.  tous ceux qui le peuvent sont invités à venir avec leurs assiettes, verres et couverts. On en aura aussi en supplément au besoin.
.  enfin, pendant le repas, s’ils le désirent, les personnes du Pays des Olonnes, de ma famille, de la région de Fontenay-le-Comte ou d'ailleurs pourront se regrouper autour de mêmes tables, dans la salle, pour pouvoir échanger, s’exprimer… Ou bien se mélanger avec d’autres, librement !
 
                        Je crois vous avoir résumé l’ensemble du projet.  Je reste à votre disposition pour tout renseignement supplémentaire.
                         Surtout, s’il ne vous est pas possible de venir, ne vous faites pas de souci !  Nous serons quand même unis de cœur, et c’est l’essentiel.


==================================================================
            INSCRIPTION

 Il n’y en a pas !  Mais, sans obligation, si vous comptez venir, vous pouvez me le confirmer, par courrier ou par mail, à mon adresse ci-dessus, pour le mardi 20 juin ;  cela nous donnera une idée de la participation.

NOM…………………………………Prénom………………………………………………..

Nombre de personnes :  adultes…………..  jeunes…………  enfants……………………..

Peut faire part d’un souvenir…….. d’une chanson…….. ou quoi d’autre ?.......................

Toutes les initiatives seront les bienvenues !  Vous pourrez aussi me faire savoir le jour même si vous souhaitez exprimer quelque chose ou autre.

                                                             Au plaisir de nous revoir !

                                                             Avec toutes mes amitiés !

                                                                                                          Merci !

                                                                                                                 Olivier Gaignet




                                                                                                                                 Merci !




                                                                                 

jeudi 18 mai 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.058 : La vraie jeunesse...

En des jours bien chargés, je n'ai guère le temps de tenir ce blog, et je le regrette profondément.
Cependant, je vous fais passer un message reçu hier d'une paroissienne, que vous connaissez sans doute déjà : il s'agit de la célèbre déclaration du Général Mac Arthur par rapport à ce qu'est la véritable "jeunesse".
Bonne réflexion !


« La jeunesse n'est pas une période de la vie, elle est un état d'esprit, un effet de la volonté, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l'aventure sur l'amour du confort.

L'on ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années. L'on devient vieux parce que l'on déserte son Idéal. Les années rident la peau ; renoncer à son Idéal ride l'âme.

Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont des ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.

Jeune est celui qui s'étonne et qui s'émerveille. Il demande, comme l'enfant insatiable : "Et après ?"

Il défie les événements et trouve la Joie au Jeu et à la Vie.

Vous êtes aussi jeunes que votre Foi dans la Vie. Vous êtes aussi vieux que votre doute. Aussi jeunes que votre confiance en vous-mêmes, aussi jeunes que votre espoir, mais aussi vieux que votre abattement.

Vous resterez jeunes aussi longtemps que vous resterez réceptifs. Réceptifs à ce qui est beau, bon et grand. Réceptifs aux messages de la Nature, des femmes, des hommes et de l'Infini.

Si, un jour, votre cœur allait être mordu par le pessimisme, rongé par le cynisme…, eh bien, que Dieu ait pitié de votre âme de vieillard ! »

dimanche 7 mai 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.057 : "Ce n'est pas un Sacrement pour les vieux !"

Belle remarque faite il y a quelque temps, alors que nous préparions, avec les membres du SEM (Service Evangélique des Malades) les deux célébrations du Sacrement de l'onction des malades de ce mois de mai sur la paroisse, à Mortagne ce 7 mai, puis à St Laurent le dimanche 21 mai.
La preuve que "ce n'est pas un Sacrement pour les vieux", c'est qu'on peut le recevoir à tout âge !  Et nous avons évoqué ces jeunes, gravement atteints par la maladie, et qui ont souhaité recevoir l'onction des malades.
16 personnes en ce jour, bien entourées par la communauté paroissiale, et au cours d'une messe des familles, avec présence d'un certain nombre d'enfants, ont reçu ce Sacrement de force, de courage et de guérison.
Non, ce n'était ni des vieux ni des vieilles qui étaient là ! Mais des hommes et des femmes jeunes dans leur tête, ayant fait le choix de se remettre pleinement dans la main de Jésus le bon berger, le guérisseur plein d'amour, sur lequel ils ont désiré s'appuyer pour continuer le chemin.
Très représentatif, le témoignage lumineux apporté par Jeannette, au nom des 16 personnes en question.  Elle était interrogée par Elise, une enfant :

Elise : Pourquoi vous demandez le Sacrement des malades ?
Jeannette : Comme tu vois, je ne suis pas malade.  Je suis debout.
Mais, quand on avance en âge, on sent nos forces diminuer, on pense à la mort inévitable.  La fin de vie se fait plus proche.
D'autre part, on voit autour de nous des personnes dépendantes, qui ont besoin des autres pour se déplacer ou pour manger, des personnes qui souffrent physiquement ou moralement.
Je viens chercher ici du courage et des forces pour continuer la route.

Elise : A quoi ça sert, le Sacrement des malades ?
Tu vois, je suis très sensible à la parole de Jésus : "Venez à moi, vous qui peinez sous le poids du fardeau et je vous soulagerai."
Quand on a des difficultés, le Seigneur est encore plus proche de nous.
Il nous soutient avec tendresse.
Je veux rester confiante dans le Tout-Puissant.
J'espère que ce Sacrement m'aidera à vivre certaines périodes plus difficiles de ma vie.
Le Christ vient à mon aide et m'envoie son Esprit.
Il me donnera le courage de supporter les épreuves.
Il m'aidera à rester proche et ouverte aux autres, pour répondre à leur attente.
Il m'accordera une paix intérieure et une vie sereine.

A toutes les personnes en souffrance, je voudrais dire ceci : si notre corps nous lâche et nous trahit, c'est alors que nous sommes le plus proches de Dieu.
Car il n'y a pas plus proche de Dieu que ce qui est fragile, vulnérable, fatigué ou blessé. C'est par ces blessures en effet, par nos failles, que Dieu peut enfin totalement pénétrer en nous.
A 100  ans, Sr Emmanuelle disait : "Vieillir, être malade, c'est diminuer.  Mais diminuer, s'effacer, c'est sans doute la meilleure façon de laisser Dieu grandir en nous."
Une sympathique réflexion du chanteur Félix Leclerc pour clore ce billet : "Ce n'est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne de vieilles pommes."
Courage !  A tout âge, nous avons un avenir infini devant nous !

mardi 2 mai 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.056 : "Si le sel s'affadit..."


EVÊQUES, SORTEZ LE LOUP FRONTISTE DE LA BERGERIE CATHOLIQUE !
Paru dans "Le Monde"  29/4/2017
Les évêques doivent sortir de leur ambivalence face au FN et dire que les valeurs portées par Marine Le Pen s'opposent au message de fraternité des Evangiles, soutient le journaliste Jean-François Bouthors
Les évêques de France vont-ils être les Pilate paresseux et désillusionnés du second tour de l'élection présidentielle ? Le communiqué de la Conférence épiscopale publié lundi 24 avril dans le quotidien La Croix, qui se contente d'un vague appel au discernement sans appeler un chat un chat, indique que l'Eglise de France est sur la voie d'ajouter au désastre moral qu'a constitué sa manière de faire face à la pédophilie dans ses rangs l'ignominie de ne pas appeler les catholiques à rejeter catégoriquement le Front national. Comment pourraient-ils seulement laisser croire qu'il serait possible de se réfugier dans l'abstention ou le vote nul ou blanc qui sont une manière de dire que Marine Le Pen et Emmanuel Macron ce serait blanc bonnet et bonnet blanc.
Certes, d'ordinaire, il ne revient pas à l'Eglise de donner des consignes de vote. Nous ne sommes pas, Dieu merci, dans une république théocratique. Mais les circonstances présentes ne sont pas ordinaires. Il en va de valeurs éthiques fondamentales, dans une campagne où il est déjà visible que le Front national est déterminé à tous les maquillages, à tous les amalgames, à toutes les contrevérités, puisque cela a si bien réussi à Donald Trump. Quoi que l'on pense d'Emmanuel Macron et de son programme, ce que propose le Front national est insoutenable, même si Marine Le Pen se drape aujourd'hui dans un gaullisme de circonstance – alors que le clan Le Pen a toujours combattu de Gaulle et ses successeurs – et dans la posture proprement stupéfiante d'une Européenne -convaincue. Tout sera bon pour elle pour semer la confusion dont elle fait ensuite son miel. Vous ne pouvez pas, Messeigneurs les évêques, vous laver les mains de la banalisation d'un projet qui piétine toutes les valeurs évangéliques, alors même que le pape François ne cesse de rappeler ces valeurs et son inquiétude quant à la montée de l'extrême droite et de la -xénophobie en Europe.
On voit bien pourquoi vous hésitez à vous engager : vous n'êtes pas d'accord sur l'attitude à tenir, et vous préférez le consensus mou et le flou à la vérité. Vous pensez qu'il vaut mieux préserver l'unité de votre cénacle. Vous êtes prêts à sacrifier la France sur l'autel d'une unité de façade. Que ceux qui en ont le courage sortent de l'ambiguïté ! Que les masques tombent ! L'unité répétée comme un mantra est un mensonge. Ayez la force de ne pas être les complices tacites d'une catastrophe politique. Soyez les porteurs d'une parole droite et non les compagnons de route d'une parole perverse.
parler clair, haut et fort
Ne croyez pas que de toute façon Marine Le Pen sera battue. Les exemples américain et britannique – la victoire de Donald Trump et celle du Brexit – nous ont montré ce qu'il en est de ce genre de conviction. La réalité, c'est que le mensonge systématique et organisé est terriblement efficace, s'il n'est pas aussi systématiquement combattu et dénoncé. Or vous ne le faites pas ou si peu. Et si elle est battue, ne croyez pas que tout ira pour le mieux. Tant s'en faut. Si sa défaite n'est pas totale, le venin de la propagande frontiste continuera à pervertir la société française. Il n'est pas supportable de laisser une partie des catholiques s'égarer de ce côté-là.
Vous portez déjà une vraie responsabilité quant à la confusion des esprits qui règne parmi les catholiques. Parce que vous n'avez pas pris la mesure de l'instrumentalisation du débat sur le mariage pour tous par la frange réactionnaire du catholicisme français, et que vous avez laissé s'installer un flou sur des questions essentielles.
Si vous hésitez, Messeigneurs, à vous engager clairement, c'est, il faut le dire, parce que le loup est déjà dans la bergerie, et que vous craignez de l'affronter, pour l'en faire sortir. Il est temps de vous reprendre et de parler clair, haut, et fort, pour dire que tout ce qui peut d'une manière ou d'une autre conforter Marine Le Pen et affaiblir le camp des partisans d'une France démocratique, humaniste et capable de jouer un rôle décisif dans le renouvellement du projet européen n'est pas acceptable. Pour l'amour du père Hamel, assassiné à Saint-Etienne-du-Rouvray, honorez sa mémoire en osant prendre le risque d'une parole courageuse, vraie.
Si vous ne le faites pas, vous verrez s'accomplir cette parole de l'évangile : " Si le sel perd sa saveur, avec quoi le salera-t-on ? Il n'est plus bon à rien, sinon à être jeté et piétiné par les hommes. "
Jean-François Bouthors
© Le Monde
 · 



lundi 1 mai 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.055 : Poème de G. Apollinaire : MAI




De temps en temps, on a bien le droit de s'offrir un petit plaisir, n'est-ce pas ?
Oh ! Bien sûr, en cette fête de St Joseph artisan, il aurait pu être plus sage de vous proposer une prière à ce cher St Joseph ; mais que cela ne vous empêche pas de l'invoquer : notre pays en a bien besoin !
J'aurais pu aussi vous faire un énième commentaire par rapport à la difficile campagne électorale que nous vivons...
Foin de tout cela !  Voici un poème peu connu de l'un de mes auteurs préférés, que j'ai cité plusieurs fois déjà sur ce blog : le si talentueux Guillaume Apollinaire.
Laissons-le nous emporter paisiblement au fil des eaux du Rhin !  

MAI
 
Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?

Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée
Les pétales flétris sont comme ses paupières

Sur le chemin du bord du fleuve lentement
Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte traînée par un âne
Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes
Sur un fifre lointain un air de régiment

Le mai le joli mai a paré les ruines
De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

dimanche 30 avril 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.054 : "On est chez nous ! On est chez nous !""

S'il y a une vision que je ne supporte pas, et pas seulement pendant cette période électorale, c'est le spectacle affligeant de militants du FN scandant à tue-tête le slogan : "On est chez nous !  On est chez nous !" Or, inlassablement, et depuis de nombreuses années, les partisans du FN reprennent à tout bout de champ ce slogan-phare du logiciel frontiste, lors des meetings ou des réunions du parti.  Avec, en corollaires immédiats d'ailleurs, l'affirmation de la préférence nationale, ainsi que le rejet massif de l'islam et des adeptes de cette religion dans notre pays.
Aux critiques de tous bords sur une telle attitude, Marine Le Pen de répondre, comme à Clairvaux-les-Lacs, dans le Jura, en février, mais aussi ailleurs : "Mais non, ce n'est pas un cri de xénophobie ; c'est un cri du coeur, un cri d'amour pour ce qui nous appartient : notre pays. Oui, vous êtes chez vous !" a-t-elle ainsi affirmé, avec une profonde assurance.
Sans se rendre compte d'ailleurs qu'elle se situe ainsi en contradiction totale avec ce que nous enseigne la grande tradition biblique. Il y aurait tant de textes à citer...  en voici deux seulement, à titre de témoignage :
-  Lévitique 25/23 : "La terre ne vous appartient pas !  Elle appartient à Dieu !"
-  Deutéronome 27/19 : "Qu'il soit maudit, celui qui ne respecte pas les droits d'un étranger installé chez vous !  Et tout le peuple répondra : "Nous sommes d'accord !"
Comme l'a exprimé la députée européenne Sylvie Goulard cette semaine lors de l'émission "Face aux chrétiens" sur RCF : "Le programme de Marine Le Pen ne va pas franchement dans le sens de l'Evangile. Quand on fait des différences sur les origines des personnes, on est très loin de l'Epître aux Galates (3/28) : "Vous êtes tous fils de Dieu (...).  Là, il n'y a plus de distinctions : il n'y a plus ni juif ni grec, il n'y a plus ni esclave ni homme libre (...). Tous, vous êtes devenus un dans le Christ."
Personnellement, durant plus de 9 ans, j'ai vécu cette condition d'étranger en Afrique, et c'était dans un pays massivement de religion musulmane, au Mali. Mais jamais je n'ai ressenti un quelconque sentiment de rejet de la part de ces populations musulmanes.  J'organisais pourtant alors des temps de formation, des rencontres, des camps, des sorties, des activités scolaires, sportives ou autres avec une majorité de jeunes musulmans. On aurait pu me le reprocher, et pour cela, m'écarter, me maudire ou m'exclure : ce ne fut pas le cas ! Les Africains seraient-ils d'un esprit plus ouvert que les adeptes du Front National ?  Je ne suis pas loin d'en être persuadé !  Il est vrai que, pour tout vrai musulman, comme me le répétait souvent un imam de mes amis : "d'après le Coran, "l'étranger est un cadeau de Dieu !" 
Ah ! J'oubliais... D'après le sondage Pélerin/Ifop, "seuls" 15% des pratiquants réguliers ont voté pour Marine Le Pen ; contre 25% il est vrai aux élections régionales en 2015. Cette baisse est à souligner ! Mais il y a sans doute à redire sans se lasser qu'il y a des valeurs de l'Evangile à ne pas oublier !

jeudi 27 avril 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.053 : "Je souffre sans haine"

Il nous arrive souvent de critiquer les médias, qui ont plutôt tendance à nous présenter la face sombre des personnes et des événements.  Et pourtant, nous devons beaucoup à ces mêmes médias qui, de temps à autre, mais quotidiennement pourtant, savent aussi nous offrir de réelles paroles de paix et de beaux gestes de lumière.
La Résurrection au jour le jour, cela existe en effet, à qui sait regarder, à qui sait aimer.
Nombre de nos contemporains doutent de la Résurrection de Jésus ; il est vrai que, hors la foi, il n'est pas évident d'y adhérer. Et pourtant, cela n'empêche pas le Christ de répandre sur chaque humain et sur tout l'univers la force de sa victoire sur la haine et la mort.
Il serait possible de partager une foule d'exemples à ce sujet ; je m'en tiendrai à un fait : l'émouvant hommage rendu par son compagnon au capitaine Xavier Jugelé, ce policier tué récemment sur les Champs-Elysées. Lors de l'hommage national rendu le mercredi 26 avril à la préfecture de police de Paris, retransmis sur toutes les télés, Etienne Cardiles, entre autres, a déclaré ceci : "Je suis rentré le soir, sans toi, avec une douleur extrême et profonde qui s'apaisera peut-être un jour, je l'ignore. Je souffre sans haine. J'emprunte cette formule à Antoine Leiris, cette leçon de vie qui m'a tant fait grandir qu'elle me protège aujourd'hui : "Vous n'aurez pas ma haine."  Cette haine, Xavier, je ne l'ai pas, parce qu'elle ne te ressemble pas. Parce que la tolérance, le dialogue et la tempérance étaient tes meilleurs armes (...)."
A titre de rappel, Antoine Leiris est un journaliste dont la femme a été assassinée le 13 novembre 2015, au Bataclan. Le 20 novembre, il a publié une lettre aux tueurs intitulée : "Vous n'aurez pas ma haine !"
En entendant les paroles d'Etienne, je me suis dit : devant un tel courage, une telle force de coeur, impossible de douter de la grandeur de l'homme ni de l'avenir de l'humanité !  Je pensais à ces deux citations recueillies il y a quelques jours seulement :
-  Maxime Gorki : "Un homme, ça sonne fier !"
-  Jean Jaurès : "La fidélité aux morts, ce n'est pas de porter leurs cendres, c'est de brandir leurs flambeaux."
Et voici que, tout à coup, la spirale de la violence et de la mort sont interrompues par un Antoine Leiris, qui entraîne ensuite Etienne Cardiles, et pourquoi pas, bien d'autres, hors des affres et des griffes du ressentiment sans fin, de la soif de la vengeance et de la haine qui n'en finit pas.
Pourquoi ne pas faire alors cette prière au plus profonde de notre coeur : "Victoire, tu régneras, ô Croix, tu nous sauveras."
Imperceptiblement, au coeur de notre société, le Ressuscité est présent.
Comme nous a appris à le chanter le psalmiste, avec foi et espérance : "La terre entière, Seigneur, est remplie de ton amour ! " (psaume 33/5)

dimanche 16 avril 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.052 : A la santé du Christ ressuscité !

Parmi les nombreuses joies de Pâques dont, en tant que prêtre, je rends grâce en ce jour, il y a cette sympathique invitation, hier soir à l'issue de la Veillée pascale, et ce matin, après la messe, de venir partager le verre de Pâques, de la part de Fifi, mon sympathique voisin, patron populaire du bar tout proche du presbytère.
Hier soir, c'était trop tard ! Ce matin, après la messe, j'ai pu partager un moment de paix avec les clients du bar, dont aucun d'ailleurs n'avait participé à cette messe.
A la santé du Christ ressuscité !  Et nous avons trinqué.
J'avoue avoir eu alors une pensée peut-être un peu osée : et si ce vin blanc partagé avait quelque chose à voir avec le vin de Pâques, le sang du Christ en croix ?
A tous ces gens présents, je n'allais pas faire un discours sur le mystère de la Résurrection, mais, comme pasteur, j'ai fait, au plus profond de mon coeur, une prière au Ressuscité, pour lui confier tous ses enfants, conscients ou non de son sacrifice pour nous sauver du péché.
"Pas trop fatigué, M. le Curé ?" m'a demandé gentiment l'un des habitués de ce lieu de partage, ajoutant : "Surtout avec ces deux sépultures que vous avez faites..."  (C"est ce qui était le plus tangible pour lui, dans ce que j'ai pu faire cette semaine...).
Il est vrai que la semaine a été rude, et que je sens peser sur mes épaules le nombre des années.  Mais je ne suis pas le seul ; nombre de prêtres, souvent plus très jeunes, appréhendent de ne plus pouvoir répondre autant qu'ils l'aimeraient aux appels des paroissiens.
Avant que je quitte le bar, l'épouse de Fifi, Sophie m'a fait cadeau d'une belle poche de succulents chocolats de Pâques ; à partager bien sûr !
Cela me donne l'occasion de dire un immense merci à tous ces hommes et ces femmes, ces enfants, qui ont tout donné durant cette grande semaine pour la beauté de nos cérémonies.  A la sortie de la messe ce matin, comme à la fin de la célébration du Jeudi-Saint, ou de la Veillée pascale, les uns et les autres ont fait part de leur joie.  Je leur ai bien dit que, vu de mon côté, je n'étais pas forcément enchanté de ce que j'avais pu faire ou dire, mais tous alors m'ont arrêté pour me tranquilliser : ils sont trop fraternels !
Il est vrai que, quand je vois le nombre d'enfants présents à la Veillée pascale par exemple, quand je mesure la surprise de voir que, pour la 1° fois en 5 ans de Veillées pascales sur cette paroisse, nous avons enfin réussi à mettre en mouvement la moitié de l'assemblée pour une farandole autour du feu de Pâques, quand l'on compte le nombre de personnes qui se sont mobilisées pour la réussite de cette Veillée, des personnes auxquelles l'on n'avait souvent jamais rien demandé, je mesure les avancées et en remercie le Seigneur !
Un dernier témoignage : hier après-midi, juste avant la Veillée, je prenais connaissance d'un mail d'amis Mortagnais, non pratiquants, m'écrivant ceci :
"Bonjour Olivier ! Nous pensons que tu as bien du travail en cette période de fête, à laquelle s'ajoutent bien d'autres moments émouvants pour certaines familles (allusion aux 2 sépultures de la semaine), même si parfois, un peu de repos te ferait du bien.  C'est un réconfort de pouvoir partager et chercher ensemble les réponses à nos questions. Quant à nous, nous sommes actuellement assez occupés par des soucis de santé. X... commence sa chimio la semaine prochaine (cancer). Mais, en cette période où nous fêtons la résurrection, nous croyons en la vie. Nous mettons tous les moyens pour vivre à plein et "gai-rire".  X... n'est pas démuni : "je me sens très bien entouré et aimé." Nous tenons à te remercier pour la qualité de ton écoute ; elle nous aide à trouver notre chemin, comprendre notre mission et réagir aux événements de la vie.  Bien amicalement "  X... et Y..."
Christ est ressuscité !  Oui, il est vraiment ressuscité !  Alleluia !
Et prions-le surtout pour les personnes qui, en souffrance, n'arrivent pas à voir clair dans leur relations difficiles ni dans leur propre vie !  Seigneur, aide-les à comprendre combien, en dépit, envers et contre tout, tu es venu les libérer, les pacifier et les sauver !

P-S : Avec encore mes excuses pour la rareté de mes billets !  Navré de vous décevoir...  Mais les journées ne  sont-elles pas trop courtes ?

vendredi 14 avril 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.051 : La Messe, et après ?

Je me permets de vous transmettre le texte d'une intervention que j'ai faite dimanche dernier, jour des Rameaux, à la basilique de St Laurent-sur-Sèvre, sur le thème de la liturgie de l'envoi, en fin d'eucharistie.
Je ne comptais pas la faire passer sur ce blog, vu sa longueur ; mais je le fais cependant, suite à la demande d'un certain nombre d'auditeurs.
Pour explication, chaque après-midi de dimanche de Carême avait lieu une intervention du même type, qui avait pour but d'aider à mieux découvrir chacun des temps de la messe.



Les différentes formes de la présence du Christ dans l’Eucharistie.
La liturgie de l’envoi

Bonjour à vous chers amis, et bravo pour votre courage à être présents et priants en cette Basilique alors qu’au dehors s’épanouissent les fleurs de printemps et que le soleil brille de tous ses éclats.
C’est donc à moi qu’il revient, et je remercie le Père Paulin et le conseil du sanctuaire pour leur confiance (mais vous serez peut-être déçus…), c’est donc à moi qu’il revient de clore ce cycle d’enseignement de carême, autour de la présence de Jésus, sous différentes formes, au fil de la liturgie de la messe.
 Aujourd’hui donc, la liturgie de l’envoi. Vous allez penser : « Mais il ne va pas avoir grand-chose à dire : Ite, Missa est, et tout est fini » ! Ça, c’est plus facile à comprendre que le mystère de la transsubstantiation. En un mot, tout est fini, vous pouvez circuler !  Oui mais, attention, ce n’est pas si sûr ! 

1 - Quelle est la signification de la liturgie de l’envoi ?

Reprenons la formule traditionnelle : « Ite, missa est », formule traduite habituellement par « Allez, la messe est dite, la messe est finie ». Je vous mets en garde, il s’agit ici d’un contre-sens. « Missa » est un adjectif féminin qui vient du verbe latin « mittere », qui signifie « envoyer » (et non « terminer »). Littéralement il faut traduire : « Ita : allez », « missa est : elle est envoyée ». « Missa » étant au féminin, on peut dire que cela signifie vraisemblablement : « Missa est », « l’Église est envoyée ». Vous arrivez à suivre ?
Le problème, c’est que le contre-sens dont je viens de parler demeure vivace dans la tête d’un certain nombre de chrétiens pour lesquels, à la fin de la messe, tout est terminé jusqu’au dimanche suivant.
Or, il y a un mouvement très dynamique dans ces quelques mots, tant dans la formule latine « Ite, missa est », « Allez, l’Église est envoyée », que dans la formule actuelle : « Allez dans la paix du Christ ».
« Allez » en effet ne veut pas dire : « retournez tranquillement chez vous, vous avez accompli votre « devoir » dominical, vous êtes en règle avec le Seigneur jusqu’à dimanche prochain ». C’est beaucoup plus que cela ! Lors de la messe, nous avons vécu un temps d’écoute de la parole, un temps de communion avec le Christ et avec tous nos frères et, je vous renvoie aux enseignements précédents, nous avons été regonflés, nourris, transformés. Mais à présent, à l’appel du prêtre, ou du diacre : « Allez dans la paix du Christ », nous sommes invités à nous disperser, à passer de ce sanctuaire de pierres qu’est l’église, pour nous répandre dans cet autre sanctuaire qu’est l’univers.
Nous avions formé une communauté de louange à l’église, nous allons à présent faire retentir cette louange dans nos quartiers, dans nos familles et sur toute la terre, par notre façon de nous comporter, de servir. En d’autres termes, lorsque nous avons quitté l’église, nous avons quitté le Christ sous la forme de la Parole, de l’Hostie, pour le chercher, le trouver autrement dans la vie quotidienne, et le servir à travers les autres.
Je vais vous poser une devinette : « Savez-vous quelle est la différence entre une messe et un match de foot » ? Au foot, on s’entraîne pendant toute la semaine pour ne jouer le dimanche que 90 minutes et rentrer des buts. Mais chez les chrétiens, le dimanche, à la messe, on s’entraîne à rencontrer le Christ pendant 60 à 70 minutes, pour jouer ensuite sur le grand terrain du Royaume de Dieu, et rentrer des buts de fraternité pendant tout le reste de la semaine ; soit 1 heure d’entraînement pour mieux vivre les 167 autres heures de la semaine.
En conclusion de ce premier point, 4 précisions :
·          Les annonces, ou plutôt, la vie de la paroisse, ne donnent pas que les heures de temps de prières dans le sanctuaire, elles nous invitent à nous bouger pendant la semaine qui suit, à mettre en pratique ce que nous avons découvert lors de l’eucharistie du dimanche. Par exemple, comme cela nous a été proposé ce matin à la messe, cette semaine, à nous demander à qui autour de nous, nous pourrions proposer de recevoir le sacrement des malades… En un mot, nous sommes invités à ne pas garder le Christ pour nous.
·          « Le Seigneur soit avec vous ». Formule banale, à laquelle on peut répondre sans réfléchir. 4 fois pendant la messe elle est utilisée, elle exprime le mystère même de Jésus, dont le prêtre vous souhaite qu’il vous accompagne, afin que vous ne demeuriez pas seuls à vous débattre face à vos difficultés. L’Emmanuel, Dieu avec nous jusqu’à la fin des temps.
·          « Que Dieu tout puissant vous bénisse… ». Au moment de quitter cette terre au jour de l’Ascension, avant d’envoyer ses disciples en mission, l’évangéliste nous dit que Jésus, levant les mains, les bénit. Ce n’est pas le prêtre qui bénit ; mais il demande au Seigneur de bénir les chrétiens présents, et il les marque de la croix de Jésus.
·          « Allez dans la paix du Christ ».

2 - Á quoi nous sommes envoyés ? Á qui ?

A servir Dieu parmi les plus démunis.
Renouvelés, réconfortés, ressuscités, libérés, par cette action transformante du Christ  expérimentée au cours de la messe, pourquoi ne lutterions-nous pas pour travailler à libérer nos frères ?
Là, il nous faut faire mentir ces remarques terribles selon lesquelles, pour Nietzsche par exemple, « au sortir des messes, les chrétiens n’ont pas des têtes de ressuscités », mais plutôt parfois, comme le regrette le pape François, « des têtes de piment au vinaigre ».  Ou ce dicton horrible selon lequel : « Ouais, ils vont à la messe, mais ils ne sont pas meilleurs que les autres » !
Car la mission qui nous est confiée commence dès la façon dont les paroissiens se situent les uns par rapport aux autres, lors des fins de messe. Avec cette façon d’éviter telle personne car on est en désaccord avec elle, de ne pas saluer telle autre qui passe près de votre groupe, ou de dénigrer dans la liturgie telle façon de faire, telle attitude du prêtre, d’un lecteur, de la chorale, qui nous a déplu…
Préférons le type d’échange suivant : un dimanche après la messe un couple en lien avec des Syriens a été invité à déjeuner chez des amis non pratiquants. Ce couple qui sortait de la messe a partagé son souci de voir que Youssouf, malgré ses démarches à Pôle Emploi, ne trouvait pas de travail. Leur ami dit alors : « Comment cela se fait-il ? Je cherche un manœuvre depuis 2 mois et Pôle Emploi ne m’a pas signalé cette demande, pourquoi » ? Dès le lendemain, le lundi, Youssouf, accompagné de ses soutiens du Secours Catholique, est repassé à Pôle Emploi, où il a fallu insister, mais il a eu enfin l’accord pour accéder à ce travail. En servant Youssouf, ce couple croyant, mais aussi leur ami non croyant, ont ensemble servi le Christ présent dans ce migrant.
J’ai cité ce geste car le conseil du sanctuaire a souhaité que j’insiste sur le fait que la liturgie de l’envoi, à la fin de la messe, invite bien les chrétiens à porter le souci, hors de l’église, de rencontrer Jésus, présent dans chaque personne, particulièrement dans celles que le monde délaisse : les pauvres, les réfugiés, les personnes qui vivent dans la solitude, les malades. C’est le Père Joseph Wrésinsky, fondateur d’ATD-Quart Monde, qui déclarait : « D’emblée, il faut faire la jonction entre le Christ et les pauvres, car ils ne font qu’un ».
Certains vont peut-être s’exclamer : « Mais là, on est loin de la messe, de la liturgie dont il devait être question »… Ce serait oublier le lien fondamental entre l’acte liturgique de l’eucharistie, et l’acte liturgique du lavement des pieds au cœur de la liturgie du jeudi saint. Et ce à quoi le chrétien est appelé, c’est à vivre une existence eucharistique à travers toute sa vie. La place de l’Église en effet, la place du chrétien, c’est d’être à genoux aux pieds du monde, et particulièrement devant les plus pauvres, qui sont comme les icônes du Christ.
Dans le journal « La Croix » du 30 mars, un supérieur de séminaire du Sri Lanka déclarait : « Je constate que la nouvelle génération de prêtres vient chercher une vie facile et confortable, au milieu d’un peuple pauvre et éprouvé, alors que, ajoute-t-il, nous devons prendre des risques, et nous confronter aux dangers du monde. »
Le diocèse de Rennes vient de lancer un synode avec 4 axes principaux, dont la place à donner aux plus pauvres, à tous ceux qu’on ne voit pas dans nos églises : les réfugiés, les homosexuels, les isolés, etc… En reprenant cet appel du prophète Isaïe : « Tu partageras ton pain avec celui qui a faim (épicerie solidaire), tu accueilleras chez toi les pauvres sans abri (migrants), tu vêtiras celui que tu vois nu, tu ne te déroberas pas à ton semblable, car il est ta propre chair » (Isaïe 58,7).
« Tu vêtiras celui qui est nu ». Le Père de Montfort, avant d’être prêtre, lorsqu’il faisait ses études, fit une quête dans sa classe pour que l’on puisse fournir un costume à un jeune de la classe dont les habits étaient en loques.
Pour illustrer ce qui est demandé au sortir de la messe, dans une attention particulière aux plus démunis, pas de meilleur exemple que la façon dont se comportait le Père de Montfort, dont toute la vie a consisté à se soucier des plus démunis. Ce n’était pas là pour lui un choix politique, mais un choix évangélique. En eux, il reconnaissait et honorait le Christ. Et il y avait, dans sa spiritualité, un grand équilibre, une belle complémentarité entre la messe et la vie.
L’on s’attriste parfois de ne pas voir nos églises pleines lors des eucharisties. Mais ne perdons pas nos énergies à nous lamenter, avec des « têtes de piment au vinaigre ». Rendons plutôt grâce à Dieu pour tous ces chrétiens qui mènent une existence eucharistique à travers toute leur vie, c’est-à-dire, une existence imprégnée du mystère sauveur de Jésus.
  Je pourrais citer de nombreux exemples de la façon dont chez nous, des chrétiens se mettent à genoux devant les plus démunis comme devant le Christ en lui :
·        L’hospitalité montfortaine,
·        Les visites des malades et des personnes âgées à l’EHPAD Sagesse, à la maison de retraite Montfort, à l’hôpital Saint-Alexandre, dans les quartiers…
·        Le transport solidaire,
·        L’alphabétisation,
·        L’action de l’ACAT,
·        L’épicerie solidaire
·        L’accueil d’un enfant handicapé dans l’école Saint-Léger,
·        Les invitations à des repas (Noël, fêtes…)
Cette révélation, selon laquelle Dieu est présent dans les plus petits, les plus pauvres, qui court à travers tout l’Évangile, elle va, il est vrai, à contre-courant de notre inclination à aller vers ce qui brille, ce qui est riche et puissant ; c’est une vérité contrariante pour certaines figures en politique, mais aussi, pour nous chrétiens.
Or, si l’on souhaite vraiment trouver le Christ, c’est bien le plus exclu, le plus rejeté, le pauvre Lazare de l’Évangile que personne ne songe à visiter ou à inviter, qu’il faut rechercher.
D’ailleurs je vais vous faire une confidence : s’occuper des autres, c’est s’occuper de soi, ou plus exactement, permettre au Seigneur de se révéler en soi et, à travers notre petite personne, de faire rayonner sa lumière. Comme si c’était Dieu en personne qui agissait alors, à travers les hommes et les femmes de bonne volonté.
Oui, je viens de parler des hommes et des femmes de bonne volonté, et pas seulement des chrétiens. Car l’un des miracles de l’eucharistie, c’est que, à travers le salut célébré, c’est non seulement nous, mais le monde entier qui est transfiguré. Si bien qu’il ne faut pas s’étonner de voir de nombreux non pratiquants très actifs dans le Secours Catholique, par exemple.
Ne nous plaignons pas qu’ils ne soient pas à la messe, mais c’est grâce à notre propre participation à la messe, à notre prière, faite en leur nom, qu’ils trouvent peut-être la force de servir le plus petit comme le ferait Jésus. Chacun devenant alors comme le disait Isaïe « lumière de midi » : « Si tu partages ton bien, ta lumière alors se lèvera dans les ténèbres, et tes nuits deviendront lumière de midi » (Isaïe 58, 9-10).
Pratique cultuelle, pratique évangélique : les deux temps de la respiration du chrétien.
Et puisqu’on est en période de réflexion par rapport aux grands choix à prendre pour l’avenir de notre pays, de l’Europe et du monde, donnons-nous toujours plus de temps pour prier, pour contempler l’action du Christ lavant les pieds de ses disciples, et puisons dans son exemple la route à suivre, les choix à faire, pour que le sacrifice eucharistique porte en nous de beaux fruits tout au long de la semaine qui suit.



C’est notre vie qui nourrit notre prière eucharistique et vice-versa :
·        Quand on se rassemble à l’église, c’est un appel à vivre davantage dans une belle relation entre nous hors de l’église.
·        Quand on se reconnait pécheur, il ne s’agit pas seulement de chanter un beau cantique de pardon, ni d’accomplir un rite formel : on reconnait telle faiblesse précise commise dans la semaine.
·        Chanter « Gloire à Dieu », c’est s’habituer à chanter « Gloire à Dieu » aussi dans la semaine pour tout ce que l’on voit de beau autour de nous.
·        Écouter une lecture, comme le lavement des pieds, c’est trouver en Jésus la force ensuite de laver les pieds, de servir comme lui.
·        L’offertoire : un temps mort ? Un moment où l’on chante un beau chant ? Attention, n’oublions pas le sens de l’offertoire : apporter notre vie, la vie du monde, les présenter au Seigneur.
·        La prière eucharistique : on se rappelle chaque fois que ce n’est pas la mort qui a le dernier mot ; c’est utile pour notre propre vie, pour aider les familles endeuillées ; par rapport aux élections, notre pays ne court pas vers sa mort. C’est l’Amour qui aura le dernier mot !

Tout cela c’est la respiration de l’Église ; à la messe, on aspire la force de Dieu, on s’y remplit les poumons de sa présence et de son amour ; puis, par nos attitudes et nos paroles , dans notre vie ensuite, l’on peut répandre ensuite ce souffle mystérieux et plein de l’oxygène du ciel, autour de nous.
Et le dernier mot de la messe, ce n’est pas « Amen », car cette respiration ne s’arrête jamais, si on se laisse sans cesse oxygéner et ventiler le cœur par le Seigneur.

Père Olivier GAIGNET,
                                                                                              Curé de Montfort-sur-Sèvre