Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, Olivier Gaignet vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr



mardi 30 janvier 2024

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2912 : Le secret des prêtres

 

Le chroniqueur Michel Cool, dans le cadre de "Aleteia" que je remercie, rend hommage à de vieux prêtres de son diocèse qui ont tenu bon, dans la tempête, et qui ont su demeurer jeunes, toujours tournés vers l’avenir, reliés par leur fraternité dans le Christ.
Je le rejoins dans son analyse, ayant le bonheur moi aussi de faire partie d'une petite Fraternité de prêtres du Père de Foucauld en Vendée.
 

La joie de ma semaine : avoir partagé deux petits jours de réflexion avec une quinzaine de prêtres de mon diocèse. Ils provenaient de différents secteurs ruraux, urbains ou maritimes. Ils étaient pour la plupart déjà avancés en âge. Mais toujours bon pied bon œil, en dépit des vicissitudes corporelles et temporelles. Les regardant en face, les écoutant avec attention, je me sentais loin des commentaires caricaturaux circulant souvent sur eux. Je pensais à leur indéniable courage. À leur admirable persévérance, pour être exact.

Jeunes, ils avaient espéré un printemps avec le fr.aleteia.org/tag/vatican/">Vatican II »>concile Vatican II. Et ils récoltèrent la tempête. Beaucoup de leurs collègues prirent leurs cliques et leurs claques et rejoignirent la vie civile. Eux, ils sont restés dans leurs paroisses. Ils ont duré. Ils ont servi du mieux qu’ils pouvaient. Quand ils s’entendent reprocher d’avoir « tout bazardé » et « vidé » les églises, ils font le gros dos. Ils bougonnent. Mais leur cœur saigne. L’ingratitude est une raclée meurtrière. Oui, ces hommes-là méritent mieux que ces avanies. Car ils ont porté, soulagé, donné plus qu’il ne fallait alors qu’un profil d’Église et de société s’écroulait autour d’eux. Même quand l’ouragan ou le diable cherchait à s’engouffrer par leur fenêtre, ils ont tenu bon. Ils ont su tenir leur petite lumière allumée.

Des jardiniers

Je pensais à cela pendant le tour de table où chacun exprimait les raisons de son enthousiasme personnel. Pour le nonagénaire de la bande, « rompu d’épreuves » si l’on peut dire, c’était son arrivée dans un foyer-logement : il appréciait son nouveau voisinage et se réjouissait d’avoir plus de temps à consacrer à l’écoute et à la connaissance des jeunes prêtres. Bel enthousiasme de 90 ans ! Un autre, plus jeune et curé de paroisse, témoigna du « feu de Dieu » que lui procurait parfois le sentiment d’être le simple instrument de « Quelqu’un qui nous veut du bien ». C’était non seulement joliment dit, mais son cri du cœur exprimait — c’était presque palpable — une énorme sympathie pour le monde et une formidable humilité spirituelle. Ce tour de table fut exempt de toute lamentation nostalgique. Au contraire, j’eus l’impression d’entendre des jardiniers — auxquels d’ailleurs se compara l’un d’eux — qui me parlaient de leurs préparations de semis en vue du printemps à venir.

Ces prêtres possèderaient-ils un secret de jouvence ? Je ne sais pas. Je connais en revanche leur trait d’union. Ils sont tous membres de la Fraternité sacerdotale Charles de Foucauld.   Née en France en 1951, elle propose à des prêtres diocésains de vivre leur ministère à la lumière du Frère Charles, proclamé saint en 2022. Ils se retrouvent régulièrement dans leurs diocèses, en petites fraternités, pour un temps de partage de vie, de réflexion et de prière commune. Le témoignage de Charles de Foucauld, « ermite missionnaire » dans le désert du Hoggar, les inspire à mener une vie simple orientée par leur désir de proximité avec des personnes marginalisées dans la société ou dans l’Église. Et par cet autre désir de proximité spirituelle avec le Christ entretenue par l’adoration eucharistique et la récitation de la prière d’abandon du « Frère universel ».

Au fond, le secret de jouvence des prêtres que j’ai fréquentés une poignée d’heures dans une abbaye nichée dans la vallée de la Canche, dans le Pas-de-Calais, c’est peut-être ce qu’on appelle la fraternité : le simple coude-à-coude de personnes reliées entre elles par la Présence ineffable de « Quelqu’un qui nous veut du bien ». Une Présence qui allège de tous les fardeaux. Une Présence qui aide à soulever les montagnes. Une Présence qui peut faire des miracles… 


dimanche 28 janvier 2024

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2911 : Le Père Noël a rejoint les Cieux infinis !

 Depuis une dizaine d'années, Marc était une des figures de l'équipe du Secours Catholique du secteur de Talmont. Il était d'abord venu vers le Secours Catholique car il était dans le besoin ; mais, intéressé, il avait intégré l'équipe animatrice depuis plusieurs années. Il était très fidèle aux rencontres. Tout le monde l'aimait bien, même si Marc, eurasien, préservait le mystère de son existence, un peu fracassée et cabossée apparemment. En tout cas, lors du récent passage de l'évêque à Talmont, il avait affirmé ceci devant lui : "le Secours Catholique, c'est ma famille !"

Aussi, quelle n'a pas été notre stupeur lorsque, il y a quelques jours, nous avons appris qu'il avait été trouvé sans vie chez lui, décédé depuis déjà une quinzaine de jours.  Lui qui ne faisait pas de bruit, qui ne parlait jamais pour ne rien dire, voici qu'il est parti discrètement... Nous n'en saurons pas plus.

Par contre alors, toute l'équipe du Secours Catholique s'est mobilisée, et un temps d'hommage a été organisé en son honneur, car rien n'était prévu pour ses funérailles.  C'est ainsi que, ce dimanche matin, plus d'une trentaine de personnes se sont retrouvées pour faire à Marc un bel au-revoir : bénévoles, mais aussi plusieurs personnes accompagnées..  Non, Marc n'est pas parti seul ! Nous étions là ce matin, autour de lui, représenté par des photos diverses, l'une apportée par Christine déposée sur la table de prière, dans la salle de l'Orangerie de Bourgenay, offerte par les Soeurs qui étaient parmi nous.

Deux très beaux chants ont rythmé notre rencontre, particulièrement le "Alleluia" de Léonard Cohen :

Pourquoi rêver d'un paradis

C'est maintenant et c'est ici

Qu'il faut unir nos espoirs et nos joies..."

Marc était croyant !  Avec lui, nous avons redis aussi notre foi en ce monde nouveau auquel nous croyons. L'évangile du Bon Samaritain nous a rappelé que notre mission est bien d'abord d'être attentifs à celles et ceux qui sont laissés sur le bord de la route, par nous-mêmes et par notre société.

Au cours de la messe, plusieurs ont pu s'exprimer par rapport à ce qu'ils ont retenu de Marc.  En voici quelques trop brefs échos :

-  "On était sa famille !  Il va nous manquer !"

-  "Certes, nous étions sa famille, mais il nous le rendait bien."

-  "Je garde de lui une image d'une personne agréable, courtoise et respectueuse de nous tous."

-  "Notre Père Noël s'en est allé ! Il nous faudra faire sans lui..., mais il ne sera pas possible de l'oublier."

-  "Je constate que nous faisons tous preuve de bienveillance et d'empathie les uns envers les autres !  C'est comme une colle forte qui nous soutient en cas de besoin et qui fait de nous une belle équipe."

-  "Je retiens de lui sa gentillesse et son grand coeur."

L'image la plus forte que nous retiendrons peut-être de Marc, c'est celle du Père Noël, qu'il représentait avec beaucoup de talent lors de chaque soirée annuelle autour de l'Arbre de Noël du Secours Catholique. Il savait si bien présenter les cadeaux aux enfants des familles défavorisées ; il savait faire naître la joie sur les visages et dans les coeurs.

Désormais, c'est du haut du Ciel que Marc continuera de faire pleuvoir Joie et Paix au milieu de nous.  

Marc, merci pour tout, et "bon Ciel !"

vendredi 26 janvier 2024

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2910 : Merci chers amis prêtres !

 Hier jeudi, très belle initiative sur notre diocèse, avec proposition d'une rencontre à la Roche-sur-Yon, à 20h30, pour remercier les prêtres.  Ne pouvant y participer, avec les religieuses de Bourgenay, nous avons proposé de vivre ce merci au cours de la messe de ce jeudi matin à 9h.  L'eucharistie a été célébrée en action de grâce pour les prêtres et, après l'évangile, la parole a été donnée aux personnes présentes pour leur permettre d'exprimer leur merci.

Un certain nombre ont pu partager combien des prêtres les ont aidés, de façons très diverses ; dans de multiples circonstances, ils ont été présents ; voici quelques points dont j'ai souvenir; et j'en ai ajouté quelques autres, suite à diverses réflexions qui m'ont été faites récemment sur ce même sujet !

-  "Un prêtre m'a accompagné depuis mon enfance jusqu'à mon mariage ; j'ai beaucoup reçu de lui !"

-  "Merci aux prêtres qui nous ont nourris de la Parole de Dieu."

-  "J'ai parfois eu quelques problèmes avec certains prêtres, mais la plupart m'ont vraiment guidé vers le Christ."

-  "Les prêtres ont beaucoup compté dans ma vie, comme de beaux exemples, des amis, des frères, compréhensifs, miséricordieux."

-  "Parfois, les prêtres nous ont remonté les bretelles, mais cela nous faisait du bien de nous sentir relancés."

-  "Dans les moments de découragement, j'ai pu trouver appui sur des prêtres, qui ont eu la patience de m'écouter et de me conseiller, du mieux qu'ils pouvaient !"

-  "Les prêtres n'étaient pas des "pères" pour moi ; je n'aimais pas ce mot ; mais des "frères", des grands frères qui comprenaient ce qu'on vivait."

-  "Par leur engagement, nombre de prêtres ont forcé mon admiration ; tandis que j'étais au séminaire, c'est grâce à l'exemple de leur vie que je me suis décidé à suivre le chemin du sacerdoce."

-  "Je ne sais pas si les prêtres savent à quel point ils nous ont aidés.  Mais je pense que l'on n'a sans pas assez pris le temps ni la peine de les en remercier !"

L'on pourrait dire tant d'autres choses à propos de ce que les prêtres nous ont fait découvrir !  A chacun de réfléchir à ce que les prêtres lui ont apporté dans sa propre vie.  Mais ne manquons aucune occasion de manifester à nos prêtres combien leur présence, leur exemple, leur foi ont été pour nous quelque chose d'essentiel ! Et comment cela nous a construit, en tant que femmes ou hommes, et en tant que croyants !

MERCI  A  VOUS,  CHERS  AMIS  PRÊTRES  !

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Ce serait pas mal qu'une telle initiative soir reprise pour dire merci également aux diacres, mais aussi, aux Frères, aux religieuses bien sûr également;

L'Eglise leur doit tant !

mercredi 24 janvier 2024

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2909 : Merci, chers frères et soeurs Protestants !

A vrai dire, c'est ancien, mais j'y repense encore aujourd'hui, au coeur de cette semaine de prière pour l'Unité des chrétiens, ma relation avec les Protestants avait bien mal commencé !  J'avais alors 8 ou 9 ans ; circulant à pied dans les rues de Fontenay-le-Comte avec des membres de ma famille, tandis que nous passions devant ce qui ressemblait à une église, je fis cette proposition : "Est-ce qu'on peut y entrer ?"  La réponse est tombée alors comme un couperet : "Ah non, pas là ; on ne doit pas y entrer."  Cette réaction m'a surpris, mais, trop jeune, sans en saisir la raison, j'ai compris qu'il ne fallait pas insister ! 

A cette époque en effet, et ce n'est pas si ancien que cela, c'était au début des années 50, les Protestants, je l'ai compris plus tard, étaient loin d'être perçus comme des frères aux yeux de catholiques ; tandis que les Temples étaient des lieux un peu perçus comme sous l'emprise du démon, les Protestants étant des hérétiques... Les guerres de religion n'étaient pas loin !

Inutile de dire avec quel sentiment jubilatoire j'ai évoqué cette anecdote lorsque, devenu curé-doyen de Fontenay-le-Comte, j'ai été invité par le pasteur de l'époque à assurer une prédication en ce même Temple, lors de la semaine de prière pour l'Unité, 60 ans plus tard, en janvier 2008. Que de chemin parcouru alors !

L'une des grâces principales de mon ministère de prêtre, c'est d'avoir pu rencontrer, dans les différents lieux où j'ai été affecté, des amis protestants qui m'ont ouvert et initié à leur vision de l'Evangile et de l'Eglise.  Et cela, que ce soit au Mali, à Paris, à Montaigu, aux Sables d'Olonne, à Fontenay-le-Comte et ailleurs.

Et cela en commençant par Grenoble, où j'ai travaillé à l'hôpital au moment du Concile Vatican II.  Boosté par cet événement rénovateur, chaque dimanche, en plus de la messe, j'allais au Temple, et je me régalais de la façon dont s'y vivait la liturgie, de façon bien des fois plus ouverte que dans nos églises catholiques restées très fermées et tradis,  un peu comme aujourd'hui en trop d'endroits.

J'ai appris beaucoup de choses des Protestants :

-  en 1° lieu, la place de la Bible au centre de toute vie et de toute action

-  le rôle des laïcs, qui n'est pas vécu comme en dépendance d'un curé tout puissant

-  la coutume de travailler en synode, chaque années, avec des choix pastoraux précis, pouvant être relus, remis en cause, approfondis

-  la place éminente ouverte au femmes dans les ministères

-  l'engagement financier très fort proposé aux paroissiens (10% !)

-  l'absence de dentelles, de formules telles que "mon Père", "monseigneur", de tenues vestimentaires extravagantes (chapes, mitres au-delà du ridicule, calottes, camails, etc.)

-  une conception plus équilibrée par rapport à la place de Marie, la 1° des disciples, et non la reine du ciel, ce que, dans la modestie de son attitude dans les évangiles, elle n'aurait pas apprécié. 

Comment ne pas évoquer aussi ce que nous ont apporté la musique de Bach, le témoignage du pasteur Martin-Luther King, l'exemple du pasteur Bonhoeffer pendu nu par les nazis, le dynamisme des Eglises évangéliques, ce laïc protestant congolais, Denis Mukwege, le gynécologue qui répare les femmes violées, etc ?

Pour tout cela, et pour tant d'autres aspects que la place ne me permet de citer, chers frères et soeurs Protestants, au nom du Christ Sauveur, un immense MERCI !


dimanche 21 janvier 2024

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2908 : Les Français ont tué 400.000 Algériens

Nous sommes tous sidérés par le terrible pogrom du 7 octobre, au cours duquel de nombreux Israéliens ont été enlevés ou ont trouvé la mort dans des conditions horribles. Et nous n'arrivons ni à comprendre ni à accepter ces milliers de morts à présent, en représailles, sur le territoire de Gaza.  Alors, nous réagissons, et c'est heureux, et nous nous élevons contre ce déluge de mort qui défigure et désespère notre humanité.  Les uns d'accuser violemment les Israéliens de piétiner le beau message biblique de fraternité ; mais si nous avions été nous-mêmes victimes du massacre du 7 octobre, comment aurions-nous réagi ?  N'avons-nous pas nous-mêmes un grave examen de conscience à faire, non pas pour aujourd'hui peut-être, mais par rapport à l'Histoire, face à cette terrible situation ?  Même s'il n'est pas confortable pour nous, à l'abri de nos "certitudes", oublieux de notre passé que nous avons refoulé, repliés sur nos bons sentiments, de nous poser de telles questions.

N'est-ce pas l'Europe en effet, c'est-à-dire nous, à travers nos ancêtres, les gens de notre sang, qui a écrasé, rejeté, incompris, crucifié  les Juifs qui habitaient en son sein, et cela pendant 2000 ans, au nom de notre foi catholique le plus souvent ?  N'est-ce pas chez nous, en Europe, que des millions de Juifs ont été exterminés ?  Et ce n'était pas l'oeuvre de musulmans !!!

Comme le dit un historien juif, Shlomo Sand (voir "La Croix" du 15 janvier, page 19) : " Je vais être très brutal : c'est l'Europe qui nous a vomi sur les Arabes de Palestine.  C'est la raison pour laquelle le comportement des Européens, Allemands, Français, Anglais, m'énerve tellement.  Vous êtes responsables des tragédies des Palestiniens à long terme."

J'en arrive au titre de ce billet.  Quand j'entends des Français et autres pousser des hauts cris contre l'horrible destruction de Gaza et le massacre de 25.000 Gazaouis à ce jour, je ne peux que les comprendre. Mais j'aimerais un peu plus de retenue de leur part. Ne faut-il pas un sacré culot en effet, et de graves oubli de notre part, pour que nous puissions nous permettre de porter des jugements et des condamnations sans appel.

Nous qui nous considérons comme des âmes pures, n'avons-nous pas trop vite oublié que, durant la terrible guerre d'Algérie, et alors que là-bas, nous n'étions pas chez nous, contrairement en partie aux Juifs en Israël, nous Français, nous avons tué au moins 400.000 Algériens ? La plupart des sources s'accordent sur ce bilan de 400.000 Algériens morts, civils et combattants, sans compter des centaines de milliers de blessés et handicapés.

Et je ne dis pas dans quelles conditions : l'utilisation forte de la torture, le fait de jeter des prisonniers vivants du haut des avions ; tandis que, pendant cette guerre, outres des destructions de toute sorte, ce sont des centaines de villages qui ont été rasés au napalm, et les villageois brûlés...  Dieu merci, si je puis dire, on n'en est encore pas là à Gaza, même si la situation y est plus qu'effroyable.  La France a fait bien pire en effet, et il n'y a pas si longtemps que cela : vite passé, vite oublié, conscience tranquille !  Par contre, les petits-enfants qui écument nos banlieues, ainsi que les fils et filles de harkis lâchement abandonnés par la France, eux, s'en souviennent !

Dans le même sens, et je ne parlerai pas de ce qui s'est passé dans d'autres colonies, au Vietnam par exemple, avons-nous déjà oublié ce qui s'est passé en 1947 à Madagascar ?  Mais qu'est-ce que nous étions allés faire là-bas ?  Bien pire que les colons israéliens en Cisjordanie.  Suite à la révolte des Malgaches contre la colonisation française, lorsque celle-ci a été "matée", le Haut-Commissaire lui-même a annoncé le chiffre de 100.000 morts ; tandis que du côté des militaires et des colons, on recensait 550 morts.

Question : comment avons-nous pu oublier tout cela ? "Ah, je ne savais pas..." Mais vous savez à présent !  Et qu'est-ce que vous en faites ? N'est-ce pas pour cela que, sous nos yeux naïfs et étonnés, les nations du tiers monde et du grand Sud se tapent sur le ventre et nous regardent de travers, après ce que nous leur avons fait subir, quand nous leurs demandons de respecter les droits de l'Homme ?

Vous allez me dire : pourquoi parler de tout cela ?  Qu'est-ce que cela va faire avancer ?  Je n'en sais rien !  Peut-être cela pourrait-il aider à une prise de conscience plus forte, bien que tardive, de nos propres failles...  Mais en tout cas, cela peut nous inviter à rester humbles, modestes, et plus prudents dans nos analyses des situations comme en ce qui concerne nos jugements.  Quand les droits de l'Homme, nous n'avons pas su les respecter, sommes-nous bien placés pour reprocher à d'autres de les piétiner ?

En un mot, qui sommes-nous pour juger et condamner ?  Sans vouloir cacher la vérité, un peu de pudeur ne nous fera pas de mal par rapport à notre façon de nous exprimer, face aux grands problèmes de ce temps !