Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, Olivier Gaignet vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr



vendredi 8 décembre 2023

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2894 : Israël est-il le seul, le vrai coupable ?

 Actuellement, dans toute discussion à propos de ce qui se passe en Israël-Palestine, que ce soit entre amis, au café du commerce ou entre chefs d'Etat, parmi ce qui se dit, après un bref moment d'émotion, vite contenu, autour de la cruauté du Hamas le 7 octobre, il se trouve toujours quelqu'un pour dire, en prenant des pincettes s'il le faut, que si tout s'est dégradé par la suite, c'est de la faute d'Israël qui, à travers sa volonté d'éradiquer le Hamas, plonge dans d'immenses souffrances le peuple palestinien.

Dans les faits, c'est une triste réalité en effet.  Une question cependant : et si les véritables responsables, c'était nous, les Européens, ou les Occidentaux en général ?  Je voudrais vous citer à ce propos ce qu'écrit Alain Decout dans le journal "La Croix" du 6 décembre.  C'est une pensée qui est aussi la mienne depuis bien longtemps :

"Les Palestiniens ont le droit de vivre en paix, pas d'approuver des actes terroristes ; et les Israéliens ont le droit de se défendre contre le terrorisme, pas de s'approprier de force certains lieux (par la colonisation).  Mais si l'on remonte un peu en arrière, la réponse est claire: les responsables, ce ne sont ni les Palestiniens, ni les Israéliens, ni les juifs ni les musulmans, mais nous ; nous, les Occidentaux, qui avons cru (ou fait semblant de croire) suffisant, pour répondre à la nostalgie des Juifs dispersés dans le monde, de les laisser revenir sur la terre de leurs ancêtres, dans le berceau de leur religion.  Et cela, sans se préoccuper qu'il y avait des habitants sur ces terres ; et sans s'assurer préalablement que les conditions étaient réunies pour la coexistence pacifique de deux populations très différentes.  L'essai d'internationalisation de Jérusalem et de partage en deux Etats a fait long feu, nous nous en sommes lavés les mains et, maintenant, nous pouvons nous en mordre les doigts !"

La vraie question historique et la plus profonde est la suivante : comment se fait-il que les Juifs ne se sont plus sentis en sécurité, rejetés qu'ils étaient, chassés, condamnés, déportés, brûlés, par millions, au coeur de notre Europe chrétienne ?  Allez expliquer cela à leurs descendants !  Qui aujourd'hui encore, chez nous, vivent dans la peur, car ils savent que les actes antisémites sont plus nombreux que jamais dans notre pays dit des droits de l'homme.  Pourquoi n'avons-nous pas su les garder parmi nous, en France, en Europe ?

Les peuples de France et d'Europe auraient sans doute grand intérêt à faire enfin la vérité quant à leur histoire, à la façon dont ils ont exercé "l'enseignement du mépris" par rapport aux Juifs pendant 2000 ans, et à leur incapacité à soutenir fermement les processus de paix en Israël-Palestine, avant d'aller accuser qui que ce soit !

Evitons de condamner tout Israël "en général", et de mettre tous les Palestiniens dans le même sac du Hamas.  Notre monde a besoin d'Israéliens, de Palestiniens et d'Occidentaux ou d'habitants de la planète qui soient, bien plus qu'aujourd'hui, de vrais acteurs de Paix !

jeudi 7 décembre 2023

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2893 : La fête Juive de Hanoukka

 

Voici un message du Père Christophe Le Sourt, responsable des relations avec le Judaïsme au sein de l'Eglise de France, à l'occasion de la fête de Hanoukka, qui se déroule de ce jeudi 7 au vendredi 15 décembre.

« Hanoukka, la nuit traversée »

En partageant ses réflexions sur les solennités du judaïsme, Yeshayahou Leibowitz, évoquant Hanoukka, souligne combien « le réalisme du monde de la Torah et des préceptes s’intéresse au monde tel qu’il est et non à un monde utopique ». Voilà des propos importants à méditer au moment où, dans le monde entier, nos frères juifs s’apprêtent à célébrer la fête des Lumières. Fête rappelant le miracle de la fiole d’huile du temple qui brûla miraculeusement huit jours au sommet du candélabre. Or, ce miracle ne se réalisa qu’après la victoire sur les envahisseurs. Ces fêtes vont se dérouler dans le contexte douloureux d’un déferlement de violences généralisées, suite aux attaques terroristes du Hamas du 7 octobre dernier et des prises d’otages.

A l’heure où les réseaux sociaux ne permettent pas le développement des raisonnements mais, à l’inverse, hystérisent les situations et conduisent à « la montée aux extrêmes par mimétisme », il est précieux de pouvoir rejoindre la pensée du Grand rabbin Jonathan Sacks. Dans son ultime ouvrage, « Dieu n’a jamais voulu ça » il explique que « les crimes de la religion ont en commun une chose : ils supposent qu’on fasse Dieu à notre image au lieu de le laisser nous remodeler à son image. La vérité suprême ne saurait servir d’excuse à nos instincts les plus bas, la soif de pouvoir, le besoin de conquête, le recours à un vocabulaire religieux pour donner des airs de sainteté à des crimes ignobles. Tout cela ne relève pas de la foi mais de l’impérialisme. Le terrorisme est la forme la plus exacerbée de l’idolâtrie ».

Alors que débutent les fêtes de Hanoukka et que les chrétiens vivent le temps de l’Avent, soyons, collectivement, des veilleurs et des éveilleurs en étant particulièrement vigilants face à la montée de l’antisémitisme et du racisme.

« Aujourd’hui, conclut le Grand rabbin Sacks, Dieu nous lance un appel à nous tous, juifs, chrétiens et musulmans, pour que nous nous défassions de la haine et que nous vivions enfin tous ensemble (…) que nous fassions honneur au nom de Dieu en faisant honneur à son image, l’humanité. »

Père Christophe Le Sourt

 

Quelques mots de la théologienne Juive Colette Kessler



Dans une lettre que Colette Kessler adressait à ses amis chrétiens en 2005, pour leur souhaiter un joyeux Noël, elle écrivait :  [1] Avec le Shamash, la bougie serviteur, qui symbolise cette petite fiole d’huile bien cachée dans le Temple et qui a duré huit jours, on se souvient de cette victoire des faibles sur les forts, de cette pérennité de la Tora de génération en génération, avec ou sans le second Temple …

Le miracle de Hanouka, c’est le miracle de la permanence juive au service de la Tora malgré la profanation ou la destruction du Temple, malgré la dispersion, malgré les persécutions.

Le Ness, le miracle, c’est cette coïncidence dans le temps et l’espace entre le don de Dieu, la Présence permanente de Dieu pour le salut des hommes, et l’homme qui s’éveille et répond  à cette offre de Dieu. 

[1] KESSLER Colette, Dieu caché, Dieu révélé, Essais sur le Judaïsme, Lethielleux, 2011, p. 53-54

 

 

 Message envoyé aux ami(e)s de la synagogue des Sables d'Olonne


Nous entrons de coeur avec vous dans une période de fête et de prière de 8 jours, avec l'allumage des bougies de Hanoukka.
Vous allez refaire ce geste, symbole du combat pour la survie du peuple Juif face à toutes les dominations.
Puisse ces petites lumières éclairer notre monde, plongé dans la nuit, de leurs flammes vacillantes !
Mais, grâce à vous, toujours présentes et vivantes !
Unis dans une même prière pour la Justice et la Paix !
Olivier

 












mardi 5 décembre 2023

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2892 : Message du pape à l'occasion de l'inauguration du pavillon de la Foi à Dubai

 

3 décembre 2023

Chers frères et sœurs !

Je vous salue cordialement et je regrette de ne pouvoir être parmi vous. Je confie au Cardinal Parolin les mots que j'aurais voulu vous adresser. Je voudrais vous dire “merci” : merci parce que vous avez réalisé, pour la première fois, un pavillon religieux au sein d’une COP. Et merci parce que cela témoigne de la volonté de travailler ensemble. Aujourd’hui, le monde a besoin d’alliances qui ne soient pas contre quelqu’un, mais en faveur de tous. Il est urgent que les religions, sans tomber dans le piège du syncrétisme, donnent le bon exemple en travaillant ensemble : non pas pour leurs propres intérêts ou ceux d’une partie, mais pour les intérêts de notre monde. Parmi ceux-ci, les plus importants aujourd’hui sont la paix et le climat.

Donnons l’exemple, en tant que représentants religieux, pour montrer qu’un changement est possible, pour témoigner de modes de vie respectueux et durables, et demandons d’une voix forte aux dirigeants des nations que la maison commune soit préservée. Cela nous est demandé en particulier par les petits et les pauvres, dont les prières parviennent au trône du Très-Haut. Pour leur avenir et l’avenir de tous, préservons la création et protégeons la maison commune ; vivons en paix et promouvons la paix ! Merci.

dimanche 3 décembre 2023

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2891 : Jacob, seul, a lutté toute la nuit...

 "... Jacob resta seul. Quelqu'un lutta avec lui jusqu'au lever du jour.  Voyant qu'il ne pouvait dominer Jacob, il le toucha à l'articulation de la hanche, et la hanche de Jacob se démit tandis qu'il luttait avec lui.  L'autre lui dit : "Laisse-moi partir, car le jour se lève."  Mais Jacob répondit : "Je ne te laisserai pas partir avant que tu ne m'aies béni."  L'autre lui dit : "Quel est ton nom ?"  Il répondit : "Jacob".  L'autre lui dit : "On ne t'appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as lutté avec Dieu comme avec des hommes, et tu as triomphé."   (Genèse 32/25-29)

Hier samedi, avec Geneviève, qui vient de reprendre le flambeau de la présidence du groupe interreligieux et interconvictionnel du Pays des Olonnes, "Dialogue pour la Paix", et son mari Michel, membre du Conseil d'administration, nous avons participé à la prière du Shabbat à la synagogue des Sables d'Olonne. Nous y avons d'ailleurs reçu un accueil étonnant, qui nous a touchés au coeur.

A la fin de cette matinée de prière, nous avons partagé l'apéritif avec nos amis Juifs, occasion de revenir sur l'un des textes bibliques qui avait été proclamés.  L'une des femmes Juives présentes nous a fait un petit commentaire à propos de la scène que je vous ai citée ci-dessus. Et c'était intéressant d'entendre ce qu'elle en a dit, faisant, sans le dire tout à fait, un parallèle saisissant avec la situation actuelle en Israël.

On retrouve dans cette évocation tous les éléments de la situation : Jacob est seul.  Il lutte seul. Le combat est long et difficile. Tout se passe dans la nuit. Jacob finit par prendre le dessus, mais il est blessé.  Et il demeurera toujours blessé désormais.  "L'autre" lui donne alors le nom d' "Israël", "celui qui a lutté contre Dieu"...  Israël, c'est celui qui est en lutte, comme ce nom le révèle !

Nous avons tous les trois entendu la référence que cette Juive faisait entre cette scène de la Genèse et la situation de l'Israël d'aujourd'hui.  Rien d'évident ni de simple, vous le devinez !  Mais nos frères et soeurs Juifs essayent de puiser dans la Bible la source de leur vie et de leur combat pour survivre, dans un univers où il n'y a rien de tendre à leur égard ; et où ils doivent combattre pour trouver place, alors qu'ils se sont sentis chassés de l'Europe suite aux horreurs de la 2° guerre mondiale. Qui va les en accuser à présent ?  Si, après tant de siècles d'un antisémitisme, qui est toujours bien vivant, nos nations, aux soit-disant racines chrétiennes, n'ont pas su les aimer ni les retenir, où, hormis en Israël-Palestine, auraient-ils pu trouver refuge ?

Mais, par rapport aux bombardements que subissent les Palestiniens dans la bande de Gaza, que le dilemme est grand !  Dans le combat sans relâche qu'il a mené seul, dans la nuit, Jacob a été blessé.  Aujourd'hui aussi, Israël est blessé.  Quelle aurore faut-il attendre pour que le combat s'arrête ?  Et pour que des artisans de paix, images du Dieu de la Paix, fassent tomber "le mur de la haine" (Ephésiens 2/14) et pour toujours ?

vendredi 1 décembre 2023

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2890 : "Il faut démasculiniser l'Eglise" (pape François)

Suite à une rencontre au sein d'une équipe de couples sur les Sables d'Olonne hier jeudi, à propos du récent Synode à Rome, Rollane nous a fait parvenir l'article ci-dessous  :
L’Église est femme, il faut redonner toute leur place aux femmes dans une Église devenue trop masculine. C’est le sens des paroles que le Pape a prononcées jeudi 30 novembre aux membres de la Commission théologique internationale reçus au Vatican. Le Saint-Père appelle ces théologiens à «démasculiniser l’Église». 

Xavier Sartre – Cité du Vatican

«L’Église est femme». Le Pape François est très clair. Préférant consigner le discours qu’il avait préparé pour cette audience, il a centré ses paroles sur un fait qui ne lui a pas plu: «un, deux, trois, quatre femmes. Les pauvres!», s’est-il écrié en se rendant compte que parmi la trentaine de personnes réunies autour de lui, il n’y avait au total que cinq femmes théologiennes. Bien trop peu aux yeux du Pape pour qui «la femme a une capacité de réflexion théologique différente de celle que nous avons, nous les hommes».

François a donc insisté, notant que «si nous ne savons pas comprendre ce qu’est une femme, ce qu’est la théologie d’une femme, nous ne comprendrons jamais ce qu’est l’Église». «Un des plus grands péchés que nous avons commis est d’avoir “masculinisé” l’Église», a-t-il constaté. Et pour résoudre cet état de fait, il faut bien comprendre que des deux principes, pétrinien et marial, c’est le second qui est «le plus important», «parce qu’il y a l’Église épouse, l’Église femme, sans se masculiniser».

Conséquence pour François de ce constat: il faut augmenter le nombre de femmes membres de la Commission théologique internationale, mais surtout, il faut «réfléchir» sur ce principe d’Église épouse et femme pour «démasculiniser l’Église».  …….