Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, Olivier Gaignet vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr



dimanche 21 mai 2023

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2838 : "On veut une Eglise normale !"

 Je ne voudrais pas vous décourager, mais nous sommes obligés de constater que notre Eglise, et pas seulement en Vendée ou en France, vit une situation profondément navrante, aux antipodes de l'Evangile.  On dirait qu'elle est en fin de vie !  D'après une enquête de l'institut Ipsos, il ne reste plus que 1,8% de Français déclarant se rendre à la messe le dimanche ! Et combien de jeunes parmi eux ?  Mais qui s'inquiète des raisons profondes de cette désaffection ? Fait-on un véritable examen de conscience par rapport au tragique de la situation ?  Non, pas du tout ! Tournant le dos à l'exemple de simplicité de Jésus, les évêques continuent de porter une mitre, les prêtres persistent à vouloir tout régenter dans leurs paroisses, quitte à exclure ceux qui osent leur tenir tête, on importe même des prêtres de pays étrangers où leur nombre est pourtant insuffisant, afin de boucher nos trous, on interdit aux filles d'être servantes de l'autel, les conseils de paroisse ne fonctionnent plus, soutanes et surplis se multiplient, on transforme la religion en une suite d'exercices de piété, sans prise sur ce qui marque en profondeur la vie des hommes et des femmes d'aujourd'hui... Et il ne semble poser aucun problème que les enfants arrêtent quasiment tous de pratiquer au terme de leur caté !!!  Tandis qu'on laisse officier de vieux prêtres comme moi, pleins de zèle, mais dont la présence et "l'utilisation" risque de retarder et d'empêcher des évolutions pastorales, en liens avec le laïcat, sur le terrain.

Le lundi 3 août 2020, il y a près de 3 ans, j'avais publié un billet sous le titre : "On voudrait un prêtre normal". C'était le n° 2436, vous pouvez vous y référer.  La situation ne s'est guère améliorée depuis !!! Et la problématique est sensiblement la même !

Mais qu'est-ce donc qu'une Eglise "normale" ?  C'est une Eglise qui se donne des priorités de type évangélique : accueil de tous, en particulier des plus pauvres, coresponsabilité entre prêtres et laïcs, donner aux laïcs, y compris aux femmes, un rôle essentiel, revaloriser les conseils de paroisse, écouter les besoins des gens, tourner le dos aux signes du passé, ouvrir grand les bras à tous les rejetés ou défavorisés, donner une place importante au dialogue interreligieux, être plus proches que jamais des humanistes de tout bord, qui se battent en faveur de la fraternité universelle...

A quoi nous invite le pape François ?  Par exemple à travers le Synode qu'il vient d'impulser : il souhaite mettre tous les catholiques en situation de responsabilité ; l'objectif étant de passer d'une Eglise de fidèles passifs, obéissant à un curé, à une Eglise où chacun soit témoin de l'Evangile.  Le temps de la monarchie absolue, c'est fini !

Une Eglise normale, ce serait une Eglise dont la prière et les célébrations s'enracinent dans une action solide et permanente au service de l'humanité.  Aidons l'Eglise à ne pas sombrer dans le religieux, mais à savoir affronter et accueillir le grand vent du monde, le grand vent de l'Esprit !

jeudi 18 mai 2023

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2837 : Hommage à Malika, entrée dans le monde des immortels !

 Il y a 25 ans environ, lorsque j'étais curé des Sables d'Olonne, nous avons lancé un  groupe interreligieux, dont l'un des membres-fondateurs, Malika Pondevie, de culture musulmane, vient de nous quitter.  Cette femme exceptionnelle, d'origine berbère, intellectuelle de haut niveau, nous a énormément aidés à réfléchir en profondeur et à agir au service de l'unité du monde et de la fraternité. Avec sa famille, nous avons organisé un hommage à sa mémoire au cours duquel, mardi, dans une salle de la paroisse des Sables, sont intervenus des juifs, Hélène et Roland, un moine bouddhiste, Thrinlé, mais aussi, des membres de la famille et de nombreux amis de Malika, le tout animé par Christian, protestant.  De l'aveu de nombreux participants, l'on n'avait jamais vu un tel type de célébration !  En finale de celle-ci, voici le mot que j'ai prononcé.

 

Albert Camus, le compatriote algérien de Malika, écrivait ceci, dans sa pièce de théâtre intitulée « Les Justes » : « Nous voilà condamnés à être plus grands que nous-mêmes ! »

Eh bien, n’est-ce pas à cela que, sans cesse, Malika, nous a invités ?  Et devant un tel projet, ni  la mort ni le destin ne pourront avoir le dernier mot !

En effet, la vie, l’action, l’espérance, les engagements de Malika, tels qu’ils viennent de nous être rappelés, continueront d’être, pour chacun de nous, une semence féconde, nous invitant sans cesse à aller de l’avant, à son exemple ; à aller au-delà de nos petitesses, et à être plus grands que nous-mêmes ; et cela, quels que soient les obstacles et les difficultés.

Nous arrivons au terme de cet hommage, bien conscients que tant d’autres éléments auraient pu, auraient dû être évoqués. Mais la vie de Malika fut si riche qu’aucune de nos paroles ne saurait suffire à en en rendre compte !  Merci de votre compréhension !

Au terme de cette série de témoignages, je vous propose, pour terminer, trois chantiers possibles, parmi bien d’autres, à partir desquels l’on peut penser que Malika nous invite à nous dépasser.

Le premier, c’est celui de l’ouverture universelle !  Ne nous laissons jamais enfermer dans une case seulement : « moi, je suis catholique, toi tu es non croyant, ou autre … »  D’ailleurs, pourquoi sommes-nous ici, plutôt que dans une église, ou en lien avec une mosquée ?  C’est justement pour symboliser cette ouverture immense qui a caractérisé la vie de Malika.  A l’exemple de ce qu’a vécu Gandhi, qui avait coutume de dire, tout en demeurant d’ailleurs fondamentalement fidèle à sa religion d’origine : « Je suis hindou, je suis chrétien, je suis bouddhiste, je suis musulman, je suis juif. » C’est à une telle ouverture que Malika a su œuvrer, en nous invitant à entrer pleinement dans la compréhension de l’autre, quel qu’il soit !

Un deuxième point sur lequel Malika nous invite sans doute à progresser, c’est qu’il nous faut sans cesse continuer à travailler intellectuellement. Au cœur d’une société qui se laisse balloter en tout sens à travers de multiples préjugés, qui aura le courage, comme Malika, d’aller au fond des choses, de s’informer et de se former en profondeur ?  De la formation, Malika a su nous donner le goût.  Depuis près de 25 ans, dans le cadre du groupe interreligieux du Pays des Olonnes, dont elle est l’un des membres-fondateurs, Malika a su nous tirer vers le haut. Avec cette date-clef, du 10 décembre 1999, lors de cette 1° intervention avant tant d’autres, qui avait rassemblé, à la salle de conférences du Musée des Sables d’Olonne, plus de 150 personnes sur le thème : « Mieux connaître l’islam aujourd’hui. » Malika nous a appris à travailler avec intelligence ; il nous faut continuer à poursuivre ce type de réflexion !

Enfin, 3° chantier, apprendre à tout donner ; à l’exemple de Malika, qui a sans cesse donné le meilleur d’elle-même pour l’avancée de la connaissance et de la fraternité entre les personnes, les peuples et les religions.  Toute sa vie, elle a donné largement de son temps, mais aussi, son espérance, sa confiance, sa santé, sa culture, sa simpliciyté, son humilité, la totalité de son cœur, et cela jusqu’au bout, puisqu’elle avait encore en tête nombre de beaux projets.

Malika, mille mercis à vous ! Rejoignez à présent le monde des immortels, avec Avicenne et Albert Camus, Gandhi et Ibn Arabî, Martin-Luther King, Sr Emmanuelle, Moïse le libérateur, Nagarjouna, ce grand philosophe du 1° siècle, en Inde, que Malika connaissait, ainsi que tant d’autres grands prophètes de l’humanité.

Malika, dans ce monde infini et profond que symbolise si bien ce superbe tableau réalisé par vos soins et exposé sous nos yeux, vous avez été une lumière pour nous, et vous le resterez.

C’est ce qui va être symbolisé par le geste, voulu par votre époux Jean-Claude et vos deux enfants, Sandra et Rostan, ce geste collectif que nous allons accomplir à présent, en déposant des petites lumières autour de votre belle photo-souvenir.

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vendredi 12 mai 2023

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2836 : "Je te rendrai grâce parmi les peuples, Seigneur." (psaume 56 (57), 10)

 Toute cette journée a résonné en moi ce verset du psaume de la messe de ce vendredi. Cela m'a rappelé une foule de souvenirs ! Pas sûr que cela vous intéresse, mais je vais évoquer à ce sujet seulement quelques-uns d'entre eux . Oui Seigneur, je te remercie de m'avoir offert la possibilité de te célébrer et de te louer au milieu de diverses nations, selon l'invitation du psalmiste.

-  ayant été envoyé en mission pastorale au Mali, chaque jour, pendant des années, au coeur d'un pays quasi totalement musulman, j'ai eu ce bonheur de louer Dieu, porté par la foi et la prière de ce peuple qui m'a aidé peu à peu à grandir dans ma foi et à élargir ma louange bien au-delà du seul monde dit chrétien.

-  traversant jadis l'Iran immense, sac à dos, avec mon ami André, alors que nous étions invités quasiment chaque soir pour être hébergés dans une famille, que de fois alors nous avons rendu grâce au Seigneur pour la bonté de ses enfants en Iran !

-  au coeur de la Palestine opprimée, lors de plusieurs "routes bibliques", nous avons perçu l'action de Dieu, à travers ces Palestiniens gardant malgré tout courage et espérance, tout en éveillant leur peuple à la non violence.

-  nous avons pu aussi constater la foi d'Israël, et percevoir l'action du Seigneur à travers les multiples associations luttant pour faire avancer la fraternité en Israël-Palestine.

-  ayant eu la grâce de pouvoir vivre quelque temps au milieu des Pygmées, en Centrafrique, quel bonheur de voir comment ils se sont retrouvés dans la dynamique de l'Evangile, les invitant à sauver leur dignité.

-  de passage à Moscou, lors de l'un de mes retours du Mali vers la France, quelle joie de sentir la relation avec le peuple russe, et des amitiés possibles ; même avant la chute du rideau de fer.

-  aux Antilles, découverte d'une Eglise chaleureuse et vivante, et d'un Evangile invitant la population, victime auparavant d'un terrible esclavage, à retrouver peu à peu espérance et dignité.

-  au Maroc, bonheur de découvrir comment une population musulmane a été capable de créer une architecture sans pareille, d'avoir une cuisine extraordinaire, une musique de grande qualité, une très belle finesse culturelle, un mode de vie remarquable.

Je n'en dirai pas plus faute de place, mais dans les multiples pays où la vie m'a conduit, j'ai essayé, même si ce fut trop peu, de rendre grâce au Seigneur pour toutes ces merveilles qu'il a fait naître et grandir, et qui sont l'espérance de l'Humanité.

Et vous, en ce qui vous concerne, qu'en a-t-il été ?  La même grâce vous a sans doute été donnée !

mardi 9 mai 2023

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2835 : La vie est-elle moins belle si on est vieux et malade ?

 Une paroissienne me confie qu'elle est atteinte de la terrible maladie de Horton, qui ne pardonne guère. Une autre souffre d'un cancer du pancréas. Un ami vient de faire une chute qui l'a blessé gravement. Je pourrais continuer la liste... Chacune de ces personnes a un point commun : elles refusent de se plaindre, et disent en choeur qu'il y a plus malheureux qu'elles. De telles personnes m'impressionnent profondément. J'entends l'un ou l'une me dire : "Je dis merci à Dieu chaque matin en début de journée, car je suis encore vivante !"

Je commence à écouter avec attention ce genre de personnes, car elles disent des choses essentielles pour l'avenir de notre société, tout en refusant de s'agenouiller devant la souffrance, la maladie ou même la mort.  Quels messages nous partagent-elles ?  Voici quelques échos que j'ai pu entendre : "Le ciel est beau ce matin."  "J'aime bien la pluie, on en a besoin."  "Le café de ce petit déjeuner m'a vraiment fait du bien."  "Les soignants sont très attentifs, malgré leur charge de travail." "Des amis sont passés me voir."  "De ma fenêtre, j'observe les oiseaux, trop rares, qui traversent le ciel." "Que c'est beau, un rayon de soleil !" "Je n'ai pas été parfaite pendant ma vie, j'ai sans doute été une mauvaise chrétienne, je me sens comme une femme infidèle, mais je sais que Dieu, lui, m'est toujours resté fidèle, et qu'il me prend telle que je suis."

Cela n'est peut-être pas donné à tout le monde, malheureusement, mais que cela fait du bien de rencontrer des personnes, âgées, en mauvaise santé, qui n'en rajoutent pas sur leurs misères, mais qui trouvent la force de se réjouir de choses toutes simples ; et même d'oser penser que la vie peut encore être belle, à tout âge et en toute situation, si on fait le choix, avec l'appui de nos frères et soeurs, et aussi de notre foi, de s'appuyer sur ce qui est beau, solide et motivant autour de nous !

Le grand âge, le temps de la maladie, c'est aussi le temps béni de la contemplation, en route avec le Ressuscité sur le Chemin qui ne finit pas !

mardi 2 mai 2023

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2834 : "Olivier, qu'est-ce qui t'a rendu heureux dans ta vie ?"

 Hier lundi, j'ai eu la joie de recevoir une petite cousine ; nous avons parlé de tout et, au cours de la conversation, elle m'a posé cette question qui a retenu mon attention : "Olivier, dans ta vie, qu'est-ce qui t'a rendu heureux ? Tes voyages, tout ce que tu as fait...?"

Il est vrai que j'ai eu cette chance de beaucoup voyager, dans des dizaines de pays, surtout lorsque j'étais au Mali, ou ensuite en tant que responsable auprès des prêtres Fidei Donum, durant 6 années à Paris. Cependant, tout en rendant grâce pour cette vie un peu aux dimensions du monde, j'ai répondu à ma cousine que ma joie était d'un autre ordre. Mais impossible de citer tout ce qui m'a rendu heureux en tant qu'homme et en tant que prêtre, dans le cadre aussi réduit de ce billet !

Tout d'abord, ce qui m'a donné du bonheur, c'est la vie dans ma famille.  Je me suis senti aimé, soutenu, compris, appelé, fortifié... Je suis un fruit de l'amour de mes parents et de mes proches, très croyants.

En vrac, disons aussi que j'ai éprouvé une joie immense à permettre aux personnes que j'ai rencontrées de se sentir écoutées, appréciées, relancées, valorisées, ...

De grandes satisfactions aussi à tenter de donner une belle image de l'Eglise, à travers des célébrations vivantes, personnalisées, des homélies en lien avec la vie, un refus catégorique d'un ritualisme formel et dépassé. Partager la Bonne Nouvelle du Christ Libérateur, dans des moments forts comme les baptêmes, mariages, sépultures.

Il y a aussi eu le bonheur de travailler à l'unité de la famille humaine, en ne contactant pas que des catholiques pratiquants  -  même si je les aime bien évidemment  -  mais en organisant aussi des temps, des occasions et des lieux de rencontres avec des croyants d'autres religions, ou des personnes en recherche, des humanistes. Tout cela vécu par exemple lors d'innombrables Cafés-Théos mémorables, aux Sables d'Olonne, à Fontenay-le-Comte comme à Mortagne-sur-Sèvre.  Sans parler des 40 "groupes Parole" vécus sur l'Ehpad Ste Marie à Talmont ces dernières années !

Une multitude d'actions m'ont donné une grande joie : les pèlés organisés en Israël-Palestine, les réunions d'équipes de tous ordres, le suivi de la communauté juive sur les Sables d'Olonne depuis plus de 20 ans, l'amitié avec tant de prêtres, diacres, religieux-ses, laïcs jusqu'à ce jour...

Sans trop prolonger, impossible de ne pas faire référence à la beauté de la nature : la campagne, la mer, la montagne chez nous ; mais aussi le désert au Mali, la savane africaine, les splendeurs de l'Asie, la culture africaine, la découverte de multiples cultures et civilisations, de Moscou à Katmandou, du Kenya aux Antilles, du marais poitevin au Mali...

Avec la présence permanente et vivante du Bon Berger, qui m'a sans cesse aidé, même lorsque je me suis trouvé récemment aux quasi portes de la mort :  

"Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien.                                                                                       Sur des près d'herbe fraîche il me fait reposer.                                                                                           Vers les eaux du repos il me mène,                                                                                                                 Pour y refaire mon âme."

Et vous, qu'est-ce qui vous a rendu heureux dans votre vie ?