Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, Olivier Gaignet vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr



mercredi 23 septembre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2458 : Quelques belles figures de l'Evangile

Aujourd'hui, si l'on reste enfermé dans des préjugés dépassés par rapport à la pertinence des religions, on pourrait se faire croire que, face à  ce que l'on suppose être la modernité, l'Evangile aurait perdu la partie ; tandis que, devant tant d'obstacles, de paisibles croyants se sentiraient déconcertés, sinon découragés : n'y aurait-il plus d'avenir pour la Bonne Nouvelle annoncée par Jésus ?

C'est alors le moment de relire et méditer les encourageantes paroles de l'apôtre Paul : "Ne soyez pas abattus comme ceux qui n'ont pas d'espérance ! (...)  Réconfortez-vous les uns les autres par cet enseignement. (...) Vous, frères, vous n'êtes pas dans les ténèbres. (...) Vous êtes fils de la lumière, fils du jour. (...) Nous qui sommes du jour, soyons pleins de retenue, revêtus de la cuirasse de la foi et de l'amour, avec le casque de l'espérance du salut."  (1° lettre aux chrétiens de Thessalonique, 4/13 à 5/8)

 Pas question pour nous donc d'être abattus ! Surtout si l'on prend conscience de l'impact mondial du message évangélique au coeur de notre société, par rapport à l'écologie par exemple, comme le soulignait le billet de samedi dernier, à travers le n° 2456.  Pour nous conforter en ce sens, quatre exemples, parmi bien d'autres, pour faire ressortir combien l'on peut être à la fois moderne et croyant.

Olivier Giroud

Qui ne connait ce champion, vainqueur de la Coupe du monde de football à Moscou en 2018, et dont la foi chrétienne est immense ?  Voici quelques extraits de l'une de ses interviews : "La foi, on ne la reçoit pas une fois pour toutes, elle se construit. Je me suis fait tatouer sur l'avant-bras le verset du psaume 23 : "le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien."  Si on est choisi par Dieu, c'est pour représenter le Seigneur et en parler.  Ne perdez pas espoir. Par les temps qui courent, nous devons sauver l'espérance, garder la foi et "toujours y croire". (ce qui est le titre de son livre paru chez Plon)

Damien et Noémie

J'ai eu le bonheur de présider la célébration de leur mariage en l'église de Talmont samedi dernier. Noémie est infirmière à domicile, tandis que Damien est pilote de ligne sur Vueling. Ils habitent Bourgenay. "Dieu est une force vive pour nous. On en parle beaucoup entre nous. Ce que nous attendons, pour vivre encore plus à fond notre vie de couple, c'est la bénédiction de Dieu. On se retrouve dans la spiritualité de Jésus ; c'est pour cela que l'on tenait à se marier à l'église. L'Eglise nous aide à construire quelque chose de solide, sur des bases assurées, autour de valeurs de partage et de cohésion."

Agnès Chow

A 23 ans, Agnès, souvent surnommée "la déesse de la démocratie", est une des figures marquantes du mouvement à Hong-Kong. Son inspiration : "Je suis convaincue que mon engagement dans les mouvements sociaux est profondément motivé par ma foi et mon éducation catholique. Nous devons prendre soin et défendre ceux qui sont opprimés. De nombreux chrétiens et catholiques à Hong-Kong sont soucieux du bien-être de la société. Nous avons chanté "Alléluia au Seigneur" durant les manifestations, lorsque la police nous encerclait. Il ne fait aucun doute que nous plaçons notre foi au coeur de notre protestation. Nous mettons en pratique tout ce que notre religion, et la Bible, nous a appris.Cela nous donne du courage pour nous battre pour la liberté et les droits des Hongkongais."

Modernes et croyants, c'est possible, évidemment !

 

 

dimanche 20 septembre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2457 : A propos du diaconat

Voici une contribution très éclairante que vient de me faire parvenir Jean-Pierre, diacre dans le diocèse de Nantes, qui est déjà ainsi intervenu plusieurs fois sur ce blog.  Il nous transmet un éclairage intéressant par rapport au diaconat, en écho à un propos de Christophe Donnet, intitulé "Cléricalisme dans l'Eglise...et les diacres ?" qui a été publié dans le journal "La Croix" du 14 septembre dernier.

 

Un chaleureux merci à mon frère diacre Christophe Donnet. Son propos nous resitue le diaconat permanent dans sa réalité historique. Il nous montre ainsi que ce ministère, bien que balisé théologiquement, n’est pas gravé dans le marbre. L’ancien évêque de Nantes, le père Soubrier, aimait parler d’un « ministère en voie d’apparition ». Le nombre de diacres permanents continue d’augmenter. Dans mon diocèse, nous sommes 70 et une dizaine de « cheminants » sont en formation. Tous les ans, 2 à 4 nouveaux intègrent le groupe.


Ce ministère reste tiraillé entre la nécessité qui fait loi : la diminution du nombre de prêtres et sa définition dans le code de droit canonique de 2009 (référence donnée par C. Donnet). Elle oblige certains d’entre nous à consacrer beaucoup de temps à préparer, célébrer les sacrements de baptême, mariages et à présider des sépultures. Situation qui les éloigne du « service de tous ». Ce service du frère n’est pas une exclusivité du diacre, mais bien dans la mission de tout baptisé, prêtre, prophète et roi. Le diacre, par son ordination et la grâce du sacrement est, me semble-t-il, là pour être un veilleur, un éveilleur et un acteur. Un veilleur pour rester en état de vigilance à l’égard des plus pauvres, des nouvelles formes de pauvreté qui pointent ou qui sont consciemment ou inconsciemment ignorées. Un éveilleur pour être « poil à gratter » auprès des autres ministres ordonnés : évêques, prêtres et  membres de la communauté chrétienne. Un acteur, car il doit lui-même participer à des actions sociales. La mission confiée par son évêque ou les sollicitations liturgiques doivent lui laisser du temps pour être présent hors de l’Eglise dans les actions sociales, caritatives, culturelles, sportives…

Mais ce ministère peut aussi être menacé par le cléricalisme. Celui qui confère aux ministres ordonnés certains « privilèges ». Ainsi, y a-t-il un fondement théologique à considérer que par exemple le service de la distribution de la communion doit être assuré par les ministres ordonnés présents lors d’une célébration eucharistique. Les laïcs ne l’assurant alors que par défaut ? Cette pratique existe dans certaines paroisses.

Le risque de voir des diacres « se cléricaliser » existe, tout comme il existe des laïcs en responsabilité qui ont parfois de attitudes plus cléricales que les ministres ordonnés. Pour éviter ce risque, l’Eglise n’aurait-elle pas à creuser dans plusieurs directions : la synodalité, la gouvernance partagée, l’évaluation et la correction fraternelle. Et enfin, pour éviter que certains ou certaines deviennent « propriétaires » d’un service d’Eglise, de mettre en vigueur des mandats : 3, 6, 9 ans y compris pour les missions des diacres.

L’Eglise ne se gère pas comme une entreprise ou une association, mais elle gagnerait à associer des laïcs qui ont une expérience dans tous ces domaines.

Les diacres, par leur enracinement sur un territoire paroissial, là où ils demeurent en général vivent une autre dimension du terme « permanent ». Ils peuvent rester de leur ordination jusqu’à leur mort sur le même territoire. Et ils voient les prêtres qui passent alors qu’eux restent et ils peuvent, consciemment ou inconsciemment, prendre une place et parfois un pouvoir qui ne sont pas sans poser question.

Il est heureux que le ministère de diacre permanent ne soit pas figé, c’est sans doute sa chance pour répondre aux nombreux défis que l’Eglise doit relever et pour répondre aux appels du Pape François.

J.P. Biraud  Loire Atlantique

vendredi 4 septembre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2455 : Pour une République fraternelle, "pour ne pas mourir idiots" ! (M L King) !

En ce 4 septembre où la République française fête ses 150 ans, je me permets, en ouverture de ce billet, avec un petit air de déjà vu par rapport à mes deux billets précédents, de vous citer quelques trop brefs extraits de l'entretien de Jean-Louis Debré, auquel je vous renvoie, en page 4 du "Ouest-France" de ce jour :

-  comment définiriez-vous la République ?
"La République, c'est avant tout une exigence de liberté et de respect de l'autre."

-  qu'est-ce qui menace la République aujourd'hui ?
"La montée de l'intolérance et des extrémismes, les intégrismes politiques et religieux."

Comment préserver la liberté ?
"D'abord, en faisant respecter la loi et la justice.  La liberté de chacun s'arrête là où commence celle des autres et vice-versa.  Il n'y a pas de liberté sans sécurité ni règles."

                                                                *****

Pour info : on me demande souvent d'où je sors toutes les citations que je vous partage. C'est tout simple !  Depuis le temps du séminaire, c'est-à-dire, depuis une soixantaine d'années, j'ai l'habitude de recueillir toutes les citations de sagesse qui me parlent, et je les classe par thème.  Pour ces trois billets par exemple, autour des caricatures de "Charlie Hebdo", je n'ai eu qu'à "piocher" dans mon dossier "Fraternité."  Je continue donc aujourd'hui à vous partager les plus intéressantes de mes découvertes à ce sujet. Vous remarquerez qu'il ne s'agit pas de citations de l'Eglise catholique, mais tirées de cette grande sagesse de l'Humanité dont nous sommes tous si fiers !

                                                                 oooooo

Un jour, et le plus tôt possible, il va bien falloir maîtriser nos colères et nos ressentiments, sinon...
Martin Luther King  :  "Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon, nous allons mourir tous ensemble comme des idiots !"

Si l'on se moque gravement de l'autre parce que ses idées, sa non-religion, sa religion ou autres ne nous reviennent pas, si on se fiche de sa g..., quelles vont être les conséquences au plus profond de nous-mêmes ?"
Kant  :  "L'inhumanité infligée à l'autre détruit l'humanité en moi."

Est-ce que cela signifie qu'il faut être opposé à tout échange et à tout débat, en souhaitant que tout le monde pense la même chose, ou pense comme moi ?  Certainement pas !  La liberté, dans la diversité des opinions, est un absolu. Mais à une condition : par exemple, que je ne m'amuse pas inutilement à agiter le chiffon rouge de la haine face à près de deux milliards de musulmans. Personnellement, j'ai été élu il y a deux ans et demi président du groupe interreligieux du Pays des Olonnes, où se retrouvent des croyants de six traditions religieuses ou de sagesse différentes, ainsi que des non croyants. Question religion, nous ne sommes d'accord sur rien, sauf sur la nécessité de mieux nous connaître et de nous respecter !
Antoine de Saint-Exupéry  :  "Si tu diffères de moi mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis."

Une liberté vraie peut-elle exister sans une fraternité authentique ?
Marc-Aurèle  :  "C'est le propre de l'homme d'aimer même ceux qui l'ont offensé. L'hostilité des hommes entre eux est contre nature. La douceur est invincible !"

On entend dire parfois : "quand on n'est pas d'accord avec quelqu'un, ou avec une situation, cela fait du bien de pousser une "gueulante" !
Martin Luther King  :  "L'obscurité ne peut pas chasser l'obscurité ; seule la lumière le peut.  La haine ne peut pas chasser la haine ; seul l'amour le peut."
Léon Tolstoï : "La vérité doit s'imposer sans violence."

Face à un désaccord, la colère est-elle le seul moyen de réagir et de faire réfléchir autrui ?
Cicéron  :  "Jamais le sage ne se met en colère."
Confucius  :  "Plutôt que de maudire les ténèbres, allume donc une bougie dans la nuit."
Voltaire : "La gentillesse, c'est la première qualité de l'intelligence."

Que veut dire ce "droit au blasphème" ?
Mona Ouzouf (historienne et philosophe)  :  "Nous sommes les héritiers de la radicalité révolutionnaire.  Nous avons collectivement besoin d'une éducation à la patience, à la tolérance, à la nuance."

Pas de liberté sans fraternité !
Lao-Tseu  (fondateur du Taoïsme)  :  "L'homme bon, je le traite avec bonté, et celui qui n'est pas bon, je le traite aussi avec bonté ; ainsi, j'obtiens bonté."

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Puissent ces quelques maximes de sagesse nous aider à bien nous situer, face aux mots comme aux dessins qui tuent, comme à l'égard de ceux qui veulent tuer la Fraternité !

jeudi 3 septembre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2454 : Charlie, "le propre de l'homme, c'est d'aimer !" (Marc Aurèle)

L'épisode de la publication des caricatures de "Charlie Hebdo" ayant en son temps posé question à nombre de nos concitoyens, je propose, vu les enjeux, que l'on poursuive la réflexion déjà entamée à travers le billet précédent.

Nous ferons appel à l'éclairage de divers maîtres de sagesse, qui nous aideront à faire le choix entre le soutien de la republication des sombres caricatures du prophète de l'Islam d'une part, et d'autre part, l'option en faveur d'une relation lumineuse et fraternelle entre tous les hommes et femmes de l'univers, tous frères et soeurs en humanité.

-  "Charlie Hebdo"  se fait en général un plaisir de caricaturer Mohammed, mais aussi, Jésus, le pape et consorts ; en proférant à leur égard, à travers ses "dessins", de profonds reproches, par rapport au mal qu'ils auraient amené sur cette terre..
Bouddha : "Celui qui méprise les religions creuse un fossé autour de lui-même. Ce n'est pas avec le mal, mais avec le bien qu'on arrête le mal."

-  "Charlie" explique qu'il avait tout à fait le droit de publier ces caricatures, au nom de la liberté d'expression.
Nicolas Hulot expliquait ce jeudi soir, sur Arte : "La liberté, c'est la loi qu'on s'applique à soi-même pour ne pas faire n'importe quoi."

-  suite à la publication des caricatures, 12 personnes ont été tuées à la rédaction du journal satirique ; des églises ont été brûlées au Niger, et des chrétiens massacrés là-bas en représailles...
Le prophète Osée (8/7)  :  "Qui sème le vent récolte la tempête."
Jean-Christophe Grangé (l'auteur du roman "Les rivières pourpres", qui passe en ce moment en série télévisée sur France 2)  :  "Qui sème la haine récolte la violence, la vengeance, la mort."

-  fallait-il vraiment récidiver, publier à nouveau ces caricatures ?
Le philosophe Vladimir Jankélévitch (1903-1985) dans son ouvrage "le Traité des Vertus"  :  "L'entêtement inexplicable, la récidive déconcertante, l'aveuglement diabolique... La méchanceté amplifie et multiplie le mal."
Cicéron  :  C'est le propre de l'être humain de se tromper ; seul l'insensé persiste dans son erreur."
Errare humanum est ; perseverare diabolicum.

-  pour "Charlie", afin d'extirper Dieu et les religions de la tête des gens, la meilleure méthode est celle du "rentrer dedans". Mais pourquoi ne pas respecter la liberté d'autrui d'être religieux ou non ?
Le pape François et le Grand Imam d'Al-Azhar (au Caire), plutôt que de s'eng... ou de s'envoyer des caricatures à la figure, ont signé ensemble une déclaration sur "La fraternité humaine" en février 2019  :  "Al-Azhar et l'Eglise catholique déclarent adopter la culture du dialogue comme chemin, la collaboration commune comme conduite, la connaissance réciproque comme méthode et critère. Ils dénoncent et renvoient dos à dos le tourbillon de l'extrémisme athée et l'intégrisme religieux, ainsi que le fondamentalisme aveugle. (...)"

-  on se demande d'où cela vient que les invectives dessinées de "Charlie Hebdo" soient si méchantes ???  D'où sort cette violence ?
Albert Camus  :  "Le poison est entré en nous.  A force de s'opposer à l'ennemi, on se confond avec lui, on reste son double, faute d'en être désintoxiqué."

             (à suivre)

mercredi 2 septembre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2453 : "Charlie Hebdo", ou le naufrage de la Fraternité !

Suite à la publication par "Charlie Hebdo", en 2006,  de caricatures ridiculisant le prophète de l'Islam, cher à un milliard huit cent millions de croyants musulmans dans le monde, des terroristes ont fait douze morts à la rédaction de ce journal en janvier 2015. Soulignons cependant que les trois terribles attentats, perpétrés du 5 au 7 janvier à Paris et à Montrouge, l'ont été non pas au nom de l'Islam directement, mais sous la mouvance d'une organisation  terroriste, instrumentalisant l'Islam et dénommée "Al Quaïda dans la péninsule arabique".

Mais la soit-disant religion, dévoyée, de ces meurtriers, a-t-elle encore quelque chose à voir avec l'Islam ?  Ecoutons Albert Camus : "L'honnêteté consiste à juger une doctrine par ses sommets, et non par ses sous-produits."

Nombre de personnes ont été surprises par la violence de ces crimes, d'une barbarie inouïe. Et pourtant..., comme l'a bien dit l'écrivain Georges Orwell, l'auteur célèbre de "1984" : "Les conséquences d'un acte sont inclues dans l'acte lui-même."  Autrement dit, face à ces caricatures éhontées, et de plus sans grande valeur artistique et encore moins culturelle, du prophète Mohammed, sauf à être naïf, on ne pouvait être surpris des conséquences tragiques que des dessins aussi offensants risquaient d'entraîner !

Mais un certain nombre de nos concitoyens, y compris les dessinateurs actuels de "Charlie",  ne voient pas les choses ainsi et, nonobstant ce qu'ils ont vécu, récidivent en publiant à nouveau ces diaboliques caricatures, au nom de la liberté d'expression. Ils sont d'ailleurs soutenus par le chef de l'Etat, qui a déclaré : "Sur la critique de la religion, la loi est claire. Nous avons droit au blasphème, à critiquer, à caricaturer les religions. C'est notre trésor. Ce qui est interdit, c'est l'appel à la haine, l'atteinte à la dignité."

Là, j'avoue que je ne comprends plus ! N'a-t-on pas réalisé combien ces dessins, même de mauvaise qualité, à travers une expression empreinte de haine, représentaient une atteinte à la dignité du prophète et de l'ensemble des musulmans ?  N'a-t-on pas compris le message des Kant, de Jean-Jacques Rousseau comme de Jean-Paul Sartre déclarant : "Ma liberté s'arrête là où commence celle des autres" ?  Pourquoi agiter de nouveau le chiffon rouge du mépris et de la haine ?  Pour faire le buzz et s'assurer de bonnes ventes, sous prétexte de défendre la liberté d'expression, qu'est-ce qu'on ne ferait pas ? Si même le chef de l'Etat ne comprend pas cela, qu'en sera-t-il de la construction de la fraternité dans notre pays ?

-  Paul Claudel  :  "Ne pas rajouter de l'ombre à l'ombre qui existe déjà dans le monde."

-  Confucius  :  "L'invective ne déshonore que son auteur."

-  Alphonse Daudet  :  "La haine est la colère des faibles."

Puisse E. Macron relire d'un peu plus près ses classiques, afin d'avancer en sagesse !  Je ne crois pas que le philosophe Paul Ricoeur, dont E. Macron se prétend avoir été le disciple, aurait admis sa conception un peu contradictoire de la liberté citée ci-dessus !!!

Et puissent les journalistes de "Charlie" prendre du temps afin de faire le point sur leur conception de la fraternité ; lucide et percutante, oui ; mais réelle et ouverte, dans notre pays comme dans le monde entier !