Nous étions 120 hier, dont plusieurs Fontenaisiens, venus de tous les coins de la Vendée pour réfléchir autour du thème de la spiritualité musulmane. A une époque en effet où l'ensemble de la population est plus portée à ne voir en l'islam qu'une source d'extrémisme, et chez les musulmans, des fanatiques seulement, il n'était pas superflu de consacrer une journée à essayer d'y voir plus clair. Aux côtés des catholiques et des protestants, des musulmans aussi avaient répondu à l'appel, venus de La Roche-sur-Yon, Fontenay-le-Comte...
Tout d'abord, avec intérêt, nous avons pris connaissance du message adressé aux catholiques de France, engagés dans la rencontre avec les musulmans, par le Cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue entre les religions, le 27 janvier dernier : "Il m'est agréable de vous faire parvenir l'expression de ma reconnaissance (...) pour le temps que vous consacrez à ce dialogue interreligieux, avec l'unique ambition de progresser dans la rencontre mutuelle et dans l'élimination des préjugés qui affaiblissent encore trop souvent la qualité de nos rencontres. Sachez que vous n'êtes pas seuls ! Nous sommes dans la main de Dieu. L'Eglise qui vous envoie vous "équipe" pour la route : l'Eucharistie et l'exemple de tant de témoins d'hier et d'aujourd'hui. (...) Il est important que, dans un monde pluriel et précaire comme le nôtre, nos concitoyens puissent constater que le dialogue interreligieux est une richesse pour nos sociétés humaines : des croyants qui, dans le respect de leurs différences, sont capables de s'écouter, d'apprécier ce qu'il y a de bon et de bien chez l'autre, sont des prophètes de l'espérance. Ils disent qu'il est possible de vivre ensemble parce que la personne humaine est beaucoup plus que ce qu'elle montre ou produit !"
Nous avions besoin d'entendre de telles paroles, qui nous ont confirmé dans le fait que, lorsque nous allons à la rencontre de nos frères musulmans, nous sommes bien en mission d'Eglise ! Thème de cette journée annuelle de formation organisée par le service diocésain pour le dialogue interreligieux sur la Vendée : la spiritualité musulmane. Belle occasion de découvrir comment la foi musulmane a fait naître, chez d'innombrables croyants, depuis toujours, une authentique rencontre avec Dieu. Une multitude de textes, de prières, de témoignages, sont à notre disposition, qui nous permettent de découvrir le cheminement de tant d'hommes et de femmes qui, à partir du Coran, ont fait l'expérience d'un chemin spirituel et mystique vers Dieu.
En ce qui concerne le groupe oecuménique fontenaisien de rencontre entre chrétiens et musulmans, c'est lors de chaque rencontre que, en écoutant nos frères de religion musulmane, nous les entendons ainsi nous révéler combien est grande et belle, chez eux aussi, autant que chez nous, leur foi en Dieu.
Juste une réflexion, en terminant, de Mgr Maroun Lahham, archevêque de Tunis, qui vient d'être nommé à Amman, en Jordanie, pour nous aider à faire la différence entre les musulmans authentiques et ceux qui, sous couvert de l'islam, poursuivent des objectifs qui n'ont rien à voir avec la religion : "Un religieux (un croyant authentique), c'est quelqu'un qui sert Dieu ; un fanatique, c'est quelqu'un qui se sert de Dieu."
En ce qui nous concerne, veillons à ne pas faire un amalgame injuste et erroné entre les deux !
P-S : Je voudrais vous mettre en garde contre un message pourri qui circule largement sur le Net et présente deux photos insoutenables censées montrer des cadavres de chrétiens brûlés par des musulmans au Nigéria. Une fois de plus, il s'agit d'un faux : ces photos auraient en fait été prises après l'explosion d'un camion-citerne d'essence en République démocratique du Congo. Source : le site HoaxBuster, spécialisé dans la vérification des fausses rumeurs sur Internet, et le journal "La Croix" de ce vendredi 3 février.
dimanche 5 février 2012
Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.359 : Le Vatican et la rencontre entre chrétiens et musulmans
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Olivier Gaignet
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07:33
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samedi 4 février 2012
Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.358 : Le sacrement du "Passage"
Souvent, l'on considère que le Sacrement des malades, c'est celui que l'on donne à une personne qui va mourir. Cela vient de ce que, il y a peu de temps encore, l'on dénommait ce Sacrement : "Extrême-Onction". Souvent d'ailleurs, le malade était déjà inconscient ; mais l'on pensait que cette onction, donnée en dernière extrémité, pouvait lui éviter la mort éternelle ; ou du moins, accélérer son entrée au paradis. Je sais, je caricature ; mais n'y avait-il pas un peu de cela ? Lorsque j'étais jeune prêtre - il y a de cela bien longtemps ! - je revois encore le visage effaré des malades me voyant arriver pour leur "donner" l'Extrême-Onction ; je sentais qu'ils se disaient alors en eux-mêmes : si le curé est là, c'est que je n'en ai vraiment plus pour longtemps !
Quelle différence avec ce que j'ai eu le bonheur de vivre à la Maison de retraite de l'Union Chrétienne hier, avec cette belle cérémonie du Sacrement des malades, qui a été offert à 22 résidents, dont plusieurs religieuses de l'Union Chrétienne, en présence de leurs familles et de membres du personnel, et en même temps, au vaillant aumônier de cette résidence, le Père Jacques Belliveaud, 87 ans. Jojo Vion, diacre de la paroisse, avec son équipe, avait préparé ce temps fort avec beaucoup de soin. Il fallait voir le visage rayonnant de ces personnes qui, bien que malades, handicapées, âgées, n'avaient pas du tout l'air effaré ni effrayé de recevoir ce Sacrement. Quelle belle évolution, depuis le Concile Vatican II, dans notre Eglise, sur ce point comme sur tant d'autres !
Voici la formule de ce Sacrement : "X..., par cette onction sainte, que le Seigneur, dans sa grande bonté, vous réconforte par la grâce de l'Esprit-Saint." Tandis que je lui fais alors une onction d'huile sur le front, la personne, très participante, ainsi que toute l'assemblée, répond : "Amen".
Et je poursuis ainsi, tout en faisant alors une onction sur la paume de chacune des deux mains : "Ainsi, vous ayant libéré de tout péché, qu'il vous sauve et vous relève." "Amen". "X..., désormais, la force de Dieu agit dans votre faiblesse."
Ainsi, portée par la communauté des chrétiens, la personne qui a reçu ce Sacrement peut vivre de façon plus sereine ce temps de passage, parfois difficile, par le handicap, la souffrance, le grand âge et la maladie, en union intime avec le Christ, qui est lui-même passé par la souffrance et par la mort. Comme le dit le rituel de ce Sacrement en citant la lettre aux Hébreux (2/18) : "Puisque le Christ a souffert lui-même, il est en mesure de venir en aide à ceux qui sont éprouvés."
Et tous alors de chanter en action de grâce et de confiance : "Alléluia. Le Seigneur resssuscité est apparu à ses disciples, il leur a donné sa paix. Alléluia."
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Olivier Gaignet
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vendredi 3 février 2012
Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.357 : Avec les bénévoles de la maraude
Il y a deux jours, Jean-Claude, des Restos du Coeur, qui assure la maraude chaque jeudi soir depuis des années sur Fontenay-le-Comte, m'a invité à participer à leur action au service des gens de la rue et des sans abri. Ce jeudi soir, nous voici donc partis pour une longue recherche à travers les rues de Fontenay-le-Comte et de ses abords, en compagnie de Laurent, de la Croix-Rouge, ainsi que de François et Patrick, d'Emmaüs : une belle équipe, solidaire, motivée, déterminée.
L'on circule lentement, dans la ville, attentifs plus particulièrement aux recoins sombres, bosquets, arrière-cours, tous les endroits où il y a des petits recoins susceptibles de fournir un abri à la fois contre les regards et la mauvaise température.
Les possibilités de squats sont nombreuses en effet ! Maisons vides, abandonnées, isolées, friches industrielles fort étendues, coins perdus parmi les arbres, dans les broussailles avec, ici ou là, des signes de passages récents : canettes de bières, portes plus ou moins entrouvertes, traces diverses... A moins 5° dehors, sous le froid glacial de cette nuit de février, malgré un superbe clair de lune, cela semble terrifiant. Et, c'est dans cet univers que se cachent des hommes et des femmes, jeunes assez souvent, pour essayer de survivre. Ils ont peur les uns des autres, ils ont peur de tout le monde, ils changent sans cesse de lieu de refuge ! Cependant, les seuls en qui ils ont confiance, ce sont ces bénévoles qui partagent avec eux le froid dans la nuit, et qui ne cherchent ni à les poursuivre, ni à les chasser, ni à leur faire la morale, mais seulement à leur demander s'ils ont besoin de quelque chose et à les écouter. L'excellente soupe de potiron préparée par les compagnons d'Emmaüs - délicieuse, je l'ai savourée - ainsi que le café, sont les bienvenus ! Des jeunes sont heureux aussi de se voir offrir un repas. Manger, boire, se cacher, dormir, sont devenus des besoins essentiels ! Jean-Claude me rappelle qu'il y a 140.000 personnes qui vivent ainsi dans la rue en France, dont 24% dans le grand Ouest, et 16.000 mineurs qui, évidemment, ne peuvent bénéficier du RSA...
En tout cas, marcher en silence dans les broussailles à la lisière de la ville, à la recherche de personnes dans le besoin, c'est une expérience décapante ! Impression d'entrer tout à coup dans un monde parallèle, dans une autre dimension, dans une sorte d'enfer glacial, dont les habitants essayent de survivre en fouillant dans les poubelles des restaurants ou des grandes surfaces, sans savoir ce que, demain, ils deviendront.
Cette nuit, nous avons fait 45 kms en voiture, sur les 144 kms de rues que comporte Fontenay-le-Comte, et aussi marché à pied. Tout du long m'est revenue à l'esprit, de façon lancinante, cette question de Dieu, en Genèse 4/9, que l'on peut traduire de ces deux façons : "Qu'as-tu fait de ton frère ?" ou bien : "Où est ton frère ?" J'avoue qu'en rentrant me coucher, au milieu de la nuit, j'ai eu de la peine à m'endormir ! Et en même temps, je rendais grâce à Dieu pour ces bénévoles qui, toutes associations réunies, se relaient, la nuit, tels des anges gardiens, pour permettre aux gens de la rue d'entrevoir un petit coin de ciel étoilé, un peu plus lumineux, au coeur de leur enfer !
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Olivier Gaignet
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07:59
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jeudi 2 février 2012
Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.356 : Le métier de parents
De nos jours, un gros accent est mis sur la formation, dans tous les domaines : scolaire, professionnel, sportif, ecclésial et autres, et je crois qu'il faut s'en réjouir ! Mieux vaut en effet entrer dans la vie, exercer une fonction ou jouer un rôle dans la société en sachant où l'on met les pieds ! Je suis d'autant plus surpris de constater que, pour la vie de couple ou le métier de parents, il n'y a pas grand chose de prévu ; ou alors, ce n'est guère suivi. Prenons par exemple la construction d'un foyer ; pour ceux qui se marient à la mairie seulement, qu'est-ce qui existe comme possibilité de se préparer à vivre dans la fidélité avec le même conjoint durant peut-être soixante ans et plus ? Alors que, pour avoir le droit de conduire une voiture, l'on va exiger du candidat des heures et des heures de préparation, étalées sur de longs mois !
Quant à l'éducation des enfants, n'en parlons pas ! Combien de parents tâtonnent, hésitent, le coeur rempli d'inquiétude en découvrant parfois, avec effroi, l'ampleur de la responsabilité qui est la leur face à leur progéniture, qui ne correspond pas vraiment à ce qu'ils en attendraient !
Des associations, de parents d'élèves ou autres, proposent une aide, des lieux de partage, des moyens de formation ; mais avec bien peu de répondant ! Comme si l'on ne comprenait pas bien que le métier de parents, lui aussi, cela s'apprend ! Il n'y a pas de honte en effet à reconnaître que l'on ne sait pas bien faire : tout le monde est passé par là ! Le plus grave serait de fermer les yeux, de faire comme s'il n'y avait pas de problème et de laisser filer les choses jusqu'à ce qu'il soit trop tard ! L'on ne s'improvise pas parents en effet et, dans ce domaine plus que dans d'autres sans doute, il faut accepter de se faire aider ; ou du moins, de partager avec d'autres nos façons de faire et de procéder.
Les chrétiens, quant à eux, ont aussi la possibilité, par-dessus le marché ou avant tout, comme nous y invite la fête de ce jour, qui est celle de la Présentation de Jésus au Temple, de présenter à Dieu leur enfant, de le remettre entre ses mains, et de lui demander de pénétrer en lui et en nous, par sa lumière et son Esprit !
"Et une femme qui tenait un bébé contre son sein dit : "parlez-nous des enfants."
Et il dit : "Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à la Vie (...) Vous êtes les arcs desquels vos enfants sont propulsés, tels des flèches vivantes. L'archer vise la cible sur le chemin de l'infini, et il vous tend de sa puissance afin que ses flèches volent vite et loin (...)." Khalil Gibran : "Le Prophète"
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Olivier Gaignet
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07:42
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mercredi 1 février 2012
Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.355 : Oser la politique
La politique n'a pas forcément bonne presse en ce moment. En raison de la crise, elle se trouve projetée sur le devant de la scène, où elle se trouve plutôt mise à mal, incapable qu'elle semble de proposer des pistes de solution. Dans la tourmente, elle subit les événements plus qu'elle ne les conduit, tandis que, trop souvent, ceux qui devraient susciter l'espoir ne sont pas dignes de la confiance que l'on pourrait mettre en eux. Question : la fonction politique est-elle honorable aujourd'hui ? Un chrétien ne risque-t-il pas de se salir en s'y engageant ?
Les chrétiens semblant saisis par le doute, face à cette "vision dépressive de la politique", pour reprendre une expression de Jacques Arènes, la paroisse Saint Hilaire de Fontenay-le-Comte proposait hier une soirée de réflexion sur ce thème, avec l'éclairage du Père Jean-Marie Bounolleau, curé-doyen de Chantonnay, ancien responsable de la formation permanente sur le diocèse.
Celui-ci nous a mis en garde contre la tentation qui guette les chrétiens, face à cette impuissance apparente du politique, de se retirer dans leur "niche", selon le mot du Père jésuite Christoph Theobald dans la revue "Etudes" de janvier (il faut lire tout son article, p. 67 sq) : "les "niches" de vie privée que leur laisse la société." Puisque tout est compliqué au plan politique, on s'investit là où cela semble plus simple : sur le plan caritatif, associatif, ecclésial... C'est plus facile en effet d'aider son voisin que de s'engager en politique ! Mais alors, que devient l'investissement des chrétiens dans le champ politique ? Ne risque-t-on pas de laisser la place à d'autres ? Il semble qu'il n'y ait pas assez de catholiques qui s'engagent ! Et ensuite, on se plaindra... Or, la vocation des chrétiens, n'est-ce pas d'être présents et actifs au service du bien commun ?
Pourquoi s'engager en politique en effet ? Avant tout, par souci de cohérence avec le message évangélique. C'est une façon de se mettre à la suite du Christ, et pour faire en sorte que les grandes décisions soient prises en fidélité aux hommes et à leurs vrais besoins. A ce sujet, les chrétiens ont quelque chose de spécifique à dire et à faire ; ils sont attendus dans le domaine politique ; la lecture de la Bible en effet peut nourrir, non seulement la vie privée, ou la vie ecclésiale des chrétiens, mais aussi, le vivre-ensemble en société.
Bien sûr, les chrétiens n'ont pas des solutions que les autres n'auraient pas ; mais ils doivent être au coude à coude avec tous les autres humanistes, croyants ou non, pour avancer des propositions, mettre en avant des perspectives, travailler à élaborer de nouveaux projets et à inventer de nouveaux modes de vie. Leur rôle, c'est de contribuer à introduire, à faire valoir, dans le monde économique et politique et au coeur de notre société, un discernement inspiré de l'Evangile. La lecture de l'Ecriture, en effet, doit pouvoir inspirer notre vie ensemble, y compris dans sa dimension politique. Cela aura été l'honneur de cette soirée de nous y avoir un peu plus sensibilisés !
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Olivier Gaignet
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