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Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
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...Alors, en réponse à vos attentes, Olivier Gaignet vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr



lundi 12 décembre 2022

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2798 : Quoi de nouveau avec Jésus, par rapport au judaïsme ? (4)

 

La nouveauté de Jésus, qui fut un véritable « Rabbi » juif 

Ceci n'est qu'un trop bref résumé, faute de place et de temps...

Tout d'abord, soulignons que Jésus n’a pas eu le projet de fonder une nouvelle religion ;  il est resté fidèle à la religion juive jusqu’au bout.  Mais il a invité le peuple juif à ne pas en rester à une religion superficielle, extérieure ou trop légaliste.  Il a combattu l’hypocrisie et souhaité que l’on aille jusqu’au bout des exigences et des appels de la Loi ; et Jésus le montre en diverses occasions, comme avec la scène du bon Samaritain (Luc 10/29), ou par rapport à la femme pécheresse (Jean 8/1).

En effet, Jésus a invité le judaïsme à une purification profonde, refusé la figure du messie guerrier, et mis en valeur au contraire les images du messie prêtre offrant sa propre vie, du messie roi apportant avec lui un royaume d’amour (le lavement des pieds, Jean 13/2) ; et celle du messie prophète annonçant une bonne nouvelle et une libération pour tous ; et cela, avec l’esprit d’un sage (cf les Béatitudes, Matthieu 5), et aussi l’enseignement des paraboles : la paille et la poutre (Luc 6/37), la maison sur le roc (Matthieu 7/21),...

En outre, en s’incarnant parmi les hommes, Jésus a donné à voir le visage proche du Dieu unique, ce qui a été difficile à comprendre pour nombre de Juifs, bien que Jésus ait sans cesse essayé de faire saisir ceci : « Mon Père et moi, nous sommes un ». (Jean 10/30)  Mais, poursuit Jean (10/31) : « Les Juifs, à nouveau, ramassèrent des pierres pour lapider Jésus… 

Mais quand Jésus parle d’ « alliance nouvelle », il ne s’agit pas d’une 2° annonce, comme si la première avec Abraham était nulle et caduque ;  il s’agit en réalité d’une alliance « renouvelée », en la personne de Jésus, au moment de la Cène particulièrement, entre Dieu et son peuple :

.  Exode 24/8 : Moïse prit le sang des jeunes taureaux offerts en sacrifice, puis il dit : « Voici le sang de l’Alliance que Yahvé a conclue avec vous. »

.  Jérémie 31/31 :  « Voici que des jours viennent où je ferai avec la maison d’Israël une Alliance nouvelle. »

.  Luc 22/20 : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang versé pour vous. »

 Tout cela se situe bien dans une même continuité, ce qui unit encore aujourd'hui comme des frères, malgré leurs différences, et pourtant de la façon la plus profonde, juifs et chrétiens.

dimanche 11 décembre 2022

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2797 : Jésus était-il juif, ou chrétien ? (3)


Jésus est né juif, et il est toujours resté fidèle au judaïsme

Jésus est né dans une famille juive depuis toujours.   Il est de la descendance d’Abraham (Matthieu 1).  Il a vu le jour sur la terre de ses origines, à Bethléem, le pays du roi David son ancêtre.  Il a bu le lait de sa mère juive.  Il a été circoncis le 8° jour (Luc 2/21), le jour où on lui a donné alors un nom juif : « Jésus ».  Il a été présenté au temple selon la coutume, par ses parents ((Luc 2/22).  Il a reçu une culture religieuse juive, comme le montre le fait qu’à 12 ans, au moment de sa « bar mitsva », il s’est trouvé en capacité de discuter avec les docteurs de la Loi au temple (Luc 2/46).  C’était un juif pratiquant.  Il a célébré le shabbat.  Il a observé la loi.  Il a porté le « talith », le châle de prière avec des franges. (Matthieu 9/20).  Il a enseigné dans les synagogues.  Il a commencé son ministère pastoral en citant Isaïe 61/20 : « L’Esprit du Seigneur est sur moi… »  Lors de la transfiguration, il était entouré de Moïse (la Loi) et Elie (les prophètes).  Il a donné sa lecture de la Torah (la Loi) dans l’esprit de Moïse et d’Elie.   On disait qu’il était un « Rabbi ».  Il a célébré les fêtes juives.  Il est mort dans la foi juive, en citant le psaume 22/2 : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » 

 Il n’a détourné personne de la foi juive.  Il a aimé le peuple juif plus que tout, il a guéri de nombreux malades, soulagé beaucoup de souffrances, pardonné nombre de fautes, donné tant d’espérance, etc.   

De plus, nombre des enseignements de Jésus sont émaillés de citations ou d’allusions tirées de l’ancien testament. D’ailleurs, dans l’ensemble du nouveau testament, il y a pas moins de 295 citations tirées de multiples livres de l’ancien testament. Et si l’on inclut les allusions manifestes à des textes de l’ancien testament, l’on trouve 613 exemples dans les textes du nouveau testament !

Le « Notre Père » par exemple, qui représente le sommet de la prière pour les chrétiens, il ne faut pas oublier que c'est une prière entièrement rabbinique, aux origines totalement juives.  Elle est un fruit merveilleux de la foi et de la prière juives de Jésus.

Quant au cantique de Marie, le « Magnificat » (Luc 1/46-55), il compte 102 mots, dont 62 sont empruntés à l’ancien testament : le cantique d’Anne en 1 Samuel 2/1-10, mais aussi Isaïe, Michée, et 5 psaumes…

 Impossible donc de gommer la judéité de Jésus, ni l’authenticité de son insertion au sein du peuple juif.

Et totalement ridicule de faire de Jésus le premier chrétien ! 

samedi 10 décembre 2022

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2796 : La naissance de Jésus au coeur du peuple juif (2)

 

Voici une 2° partie, la suite de ce qui a été présenté sur le billet n° 2794  :

 

Il n'y a que deux textes des évangiles qui parlent de la naissance de Jésus !  Et pourtant...

.  Matthieu 1/25, en une phrase seulement : « …elle mit au monde un fils, et Joseph lui donna le nom de Jésus ».  Joseph agit ainsi suite à ce que l’ange lui a dit en songe, à travers une citation d’Isaïe 7/14.  Le nom de Jésus signifie : « Dieu sauve », en hébreu : tout un programme !

Quant à l’épisode des mages, il est imprégné de références bibliques : le songe de Joseph, l’étoile qui se déplace, les nations païennes qui sont invitées à rejoindre le Dieu fait homme, le tout illustré par une citation de Michée 5/1, déjà présentée ci-dessus, comme celle d'Isaïe 7/14.  Ce qui montre bien le lien et la continuité entre les prophéties de l'ancien testament et la réalité de la naissance de Jésus.

.  Luc 2/1-20 appuie sur le fait que Jésus est bien d’origine juive, et même royale, en faisant référence à la figure de David dans son annonce aux bergers, qui symbolisent le peuple juif de base : « Aujourd’hui, dans la ville de David (à Bethléem), vous est né un Sauveur ; c’est le Messie, le Seigneur » (Luc 2/11)  Ainsi que cela est signalé en Luc 2/4 : « Joseph était de la descendance de David. »

Dans ces deux récits, les éléments merveilleux (le songe de Joseph, la présence des anges, la lumière, l’étoile qui se déplace…) sont une façon de suggérer, d’évoquer ce qui est ineffable, ce que l’on ne peut pas expliquer.  Cela nous permet d’entrer dans une réalité qu’aucun autre mode d’expression ne peut faire surgir.  Et ceci pour témoigner, dès la naissance de Jésus, de la victoire de la lumière sur les ténèbres, comme cela était déjà annoncé :

.  en Isaïe 9/1 : "Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière.  Sur ceux qui habitaient dans l'ombre de la mort, une lumière a resplendi."  (1° lecture dans la nuit de Noël)

.  et aussi en Isaïe 60/1-4 : « Alors que les peuples sont dans le brouillard,…les nations marchent vers ta lumière. ».   

Le merveilleux, comme cadre des interventions de Yahvé, c’est tout à fait commun dans la culture juive d’alors.

         à suivre...

 

 


vendredi 9 décembre 2022

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2795 : "Frères évêques, écoutez vos prêtres !"

 Mardi, en rencontre du MCR (Mouvement Chrétien des Retraités) du doyenné, à Longeville-sur-Mer, l'une des responsables de ce mouvement, Martine, nous a communiqué l'article ci-dessous qu'elle avait repéré dans le journal "Le Monde" daté du 21 novembre dernier.

Article rédigé par Jean L'Hour, prêtre des MEP, (Missions Etrangères de Paris), exégète, ancien professeur dans un grand séminaire en Malaisie.


 "Chers frères évêques de l'Eglise de France, votre parole n'est plus audible, écoutez vos prêtres !

 « Vous aurez beau entendre, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder,
vous ne verrez pas. Car le cœur de ce peuple s’est épaissi : ils sont devenus durs
d’oreille, ils se sont bouché les yeux, pour ne pas voir de leurs yeux, pour ne pas
entendre de leurs oreilles, ne pas comprendre avec leur cœur, et pour ne pas se
convertir. »
(Evangile de Matthieu, 14-15)

 
Chers frères évêques de l’Eglise de France, c’est avec colère et indignation, mais
aussi avec affection, que moi, prêtre, je vous adresse cette lettre. Voilà des mois,
des années, que vos silences et le seul souci de votre honorabilité couvrent
d’innombrables turpitudes au cœur même de notre communauté chrétienne, et
jusque chez nos plus hauts responsables. Réveillez-vous, je vous en prie, ouvrez
les yeux et voyez, tendez l’oreille et entendez ! La communauté dont vous avez la
charge est comme un troupeau sans pasteur. Votre parole n’est plus audible.

 
Parmi vos brebis, il en est qui tristement s’éloignent, d’autres qui cherchent à se
réfugier dans un passé révolu. Et, pendant ce temps, l’Evangile de Jésus-Christ
n’est pas proclamé, la bonne nouvelle de Dieu pour le monde n’est plus
entendue ! Nombreux encore, heureusement, sont les témoins de Jésus qui, dans
la discrétion de leur vie quotidienne, maintiennent le flambeau. Je vous en prie,
ne les découragez pas !

 
Comme Jean-Baptiste, commencez par vous dépouiller de tous vos oripeaux, ces
reliques d’un temps pas si lointain où l’Eglise faisait peser son pouvoir sur nos
sociétés. L’image encore toute récente de votre assemblée à Lourdes, avec vos
mitres, vos chasubles, vos bagues, vos crosses, est par elle-même un contre-
témoignage qui fait injure à la pauvreté de Jésus aussi bien qu’à sa préférence
pour les pauvres.

 La même image, sans laïcs et surtout sans femmes, est aussi une
injure faite à toute la communauté chrétienne. Vous la dominez, vous prétendez
parler en son nom, mais vous ne la représentez pas. Et pourtant, sans ces
bataillons d’hommes et de femmes que vous maintenez en bas de l’autel, que
serait notre Eglise aujourd’hui ?

Il ne suffit plus, chers frères évêques, de vous rouler dans la cendre en demandant
pardon, de prendre des mesures canoniques supposées adéquates aux maux que
vous voulez guérir. Il ne suffit plus de nous dire une fois encore que désormais les
choses vont changer radicalement, que votre parole sera transparente. Il ne suffit
plus de faire appel à des experts, psychologues, thérapeutes, conseillers en
communication, juristes...

 Il ne suffit même plus de prier. Tout cela, il fallait le
faire, et c’est déjà un pas important, mais c’est encore gravement insuffisant, car
vous ne vous attaquez là qu’aux symptômes du mal, non à ses causes profondes.
Moyennant quoi vos remèdes ne sont que des cataplasmes sur un corps qui reste
gravement malade.

 Le mal « systémique » bien diagnostiqué par le rapport Sauvé [2021], dont souffre
notre Eglise, est profond, en effet. N’a-t-il pas sa source dans la sacralisation du
sacerdoce qui place évêques et prêtres au-dessus du peuple ? N’a-t-il pas sa source
dans le renvoi des femmes à l’étage du dessous, relégation héritée des sociétés
patriarcales ? N’a-t-il pas aussi sa source dans une peur viscérale de la sexualité
perçue comme un danger dont il faut surtout se garder en tenant les femmes à
distance ?

Sacralisé, le prêtre est intouchable pour les personnes vulnérables que sont les
enfants, les handicapés ou, tout bonnement, les simples croyants. Cependant, la
sacralisation de son état, et non seulement de son ministère, emprisonne le
prêtre lui-même, qui demeure avant tout un être humain avec toutes ses facultés,
ses désirs et ses pulsions.

 Chers frères évêques, regardez vos prêtres, écoutez-les,
ayez pitié d’eux, ayez pitié de vous-mêmes et reconnaissons que nous sommes
tous de simples êtres humains. Que l’esprit de Jésus-Christ vous éclaire et vous
donne l’audace d’inventer un nouveau ministère sacerdotal, non plus celui d’une
caste lévitique à part du peuple, mais celui d’un service au sein de ce peuple.

 
Veuillez, chers frères évêques, entendre mon cri qui est aussi celui de beaucoup
d’autres frères et sœurs, je vous le demande au nom de Celui qui est venu nous
libérer afin que nous vivions. Veuillez croire aussi à mon affection et à ma prière
fraternelles.

jeudi 8 décembre 2022

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2794 : L'annonce d'un Sauveur (1)

 Ce jeudi matin, je suis allé rencontrer une soixantaine de futurs professeurs de l'Enseignement catholique de Vendée, à l'Institut l'Aubépine, à la Roche-sur-Yon.  Leurs responsables m'avaient demandé de leur parler de Jésus, le Messie-Sauveur.  Je ne vais pas vous donner aujourd'hui l'ensemble du topo que j'ai présenté, ce serait trop long et imbuvable. Mais je vais vous en partager chacun des points, jour après jour, tout au long de la semaine qui vient.    Ce sera une façon de nous aider à réfléchir au mystère de Noël !

 

Introduction

Jésus est né juif.  Impossible de saisir les origines et la profondeur de son message si l’on ne prend pas en compte ses origines juives. Jésus est le fruit d’une attente et d’une histoire. Voilà pourquoi un chrétien, s’il veut comprendre sa foi, doit se référer à l’héritage de l’ancien testament ; sinon, il risque de passer à côté du sens profond du message de Jésus.  Car c’est des Juifs que nous est venue la connaissance de Dieu.

 

L’annonce d’un Sauveur est présente tout au long de l’histoire du peuple juif

Le mot « messie », qui signifie « celui qui a reçu l’onction », « le béni de Dieu », apparaît une cinquantaine de fois dans les textes de l’ancien testament, dans des correspondances très frappantes :

.  par exemple, en ce qui concerne sa naissance, en Isaïe 7/14 : « Une vierge sera enceinte, elle mettra au monde un fils et l’appellera Emmanuel », ou en Michée 5/1 : « Bethléem, c’est de toi que sortira le chef qui fera paître Israël, mon peuple. »

.  ou encore, pour le présenter dans son rapport avec le peuple, en Zacharie 9/9 : « Réjouis-toi, fille de Jérusalem, voici ton roi qui vient à toi, monté sur un âne… »

.   sa passion est déjà évoquée en Isaïe 53 : « On le maltraitait, mais il n’ouvrait pas la bouche… » (Is 53/7), mais aussi sa mort, dans le psaume 22/17-19 : « Ils ont percé mes mains et mes pieds, ils se partagent mes vêtements… »

 

La Bible présente, dans de nombreux passages, divers visages, d’ailleurs assez différents, du messie attendu :

.  le messie-prêtre : celui qui s’offre en sacrifice et invite à la sainteté, Lévitique 19/2 : « Soyez saints car moi je suis saint. »

. le messie-roi :

. soit le roi-serviteur, le roi-berger,en Isaïe 42 : « Voici mon serviteur.  Il n’élève pas la voix… Il ouvre les yeux des aveugles… » »

. soit le roi-guerrier, en Isaïe 42/13 : Le voici qui lance le cri de guerre et rugit, puis il fond sur ses ennemis. » 

.  le messie-prophète, celui qui annonce les temps nouveaux ; car sont décrits déjà, dans les Ecritures, les temps messianiques espérés, en Isaïe 9/3 : « Le peuple qui marchait dans la nuit a vu une grande lumière » ;  mais aussi, en Isaïe 11/1-10 : « Un rejeton sortira de la souche de Jessé…, le loup habitera avec l’agneau… ».