Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, Olivier Gaignet vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr



vendredi 24 avril 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2349 : Etty Hillesum, confinée dans un camp de concentration

Depuis le début de la période de confinement, nous savons que pas mal de personnes, âgées principalement, dans les Ehpad par exemple, mais aussi ailleurs, et même des plus jeunes, vivent assez mal leur solitude, et on les comprend. En plus, suite au fait que le Président a laissé entendre que pour les personnes fragiles, le confinement pourrait se prolonger durablement, là, j'ai entendu plaintes et lamentations. C'est ce qui m'a donné l'idée du billet de ce jour !

Je vais donc proposer que nous nous mettions à l'école d'une jeune femme juive, d'origine hollandaise, Etty Hillesum.  Comme tant d'autres Juifs, elle a vécu en camp de concentration un confinement qui, vous le devinez, n'avait rien à voir avec ce que nous subissons en ce printemps 2020. Etty Hillesum est morte à Auschwitz le 30 novembre 1943, après avoir subi toutes les humiliations et privations infligées aux Juifs.  Elle n'avait que 29 ans, mais un formidable appétit de vivre, et des projets à foison, dont celui de combattre le mal et la désespérance, et de soutenir les autres détenus dans ce camp de la mort.
Voici, en vrac, quelques-uns de ses propres mots dont l'on a pu garder le souvenir : vous y trouverez le secret de sa force d'âme et de son courage.  Puisse cela nous guider encore aujourd'hui !

"Dieu, le ciel, l'enfer, la terre, la vie, la mort, les siècles : nous avons tout cela en nous. Mais il faut connaître les motifs de la lutte qu'on mène, et commencer par se réformer soi-même, et recommencer chaque jour."

"Nous avons le droit de souffrir, mas non de succomber à la souffrance. Et si nous survivons à cette époque de corps et d'âme, d'âme surtout,sans amertume, sans haine, nous aurons aussi note mot à dire après la guerre."

"Je suis prête à tout accepter, tout lieu de la terre où il plaira à Dieu de m'envoyer, prête aussi à témoigner à travers toutes les situations et jusqu'à la mort, de la beauté et du sens de cette vie : si elle est devenue ce qu'elle est, ce n'est pas le fait de Dieu, mais le nôtre.  Nous avons reçu en partage toutes les possibilités d'épanouissement, mais n'avons pas encore appris à exploiter ces possibilités."

"L'essentiel, la vraie vie est ailleurs: en Dieu, c'est-à-dire au plus intime de moi-même.  Il y a en moi un puits très profond, et dans ce puits, il y a Dieu."

"La terreur s'accroît de jour en jour.  J'élève la prière autour de moi comme un mur protecteur plein d'ombre propice, je me retire dans la prière comme dans la cellule d'un couvent, et j'en ressors plus concentrée, plus forte."

"Michel-Ange et Léonard de Vinci, Dostoïevski, Tolstoï, Rilke, Saint Augustin et les Evangélistes sont entrés dans ma vie, ils peuplent ma vie. Je suis en excellente compagnie."

"Je ne mesauve devant rien, je cherche à comprendre, j'essaie toujours de retrouver la trace de l'homme, enseve,i parmi les ruines monstrueuses de ses actes absurdes.(...) Et je m'entête à louer ta création, mon Dieu, en dépit de tout."

"Toute la journée, je vais me tenir dans un coin de cette grande salle de silence qui est en moi.Je reste immobile, un peu lasse, dans un coin de mon silence.  Chaque jour, je dis adieu."

"Notre fin, probablement lamentable, je l'ai regardée en face et lui ai fait une place dans le sentiment de ma vie. Je ne suis ni amère, ni révoltée, j'ai triomphé de mon abattement.  (...)  Même dans la souffrance, on peut puiser de la force."

"Tout l'amour, toute la confiance en Dieu que l'on possède, on doit les tenir en réserce pour tous ceux que l'on croise sur son chemin et qui en ont besoin."

Pour ne pas être trop long, j'arrête là ce florilège de citations ; il y en aurait eu bien d'autres...
Si Hetty Hillesum a pu traverser ainsi son temps de confinement, pourtant mortel, je pense que vous avez découvert par vous-mêmes quel était son secret !
Puisse cet exemple si riche nous éclairer quant à la façon dont nous pouvons vivre et assumer notre propre confinement !

2 commentaires:


Danielle a dit…

Bonjour, Merci pour ce beau témoignage. J'avais déjà entendu parler de cette femme qui force le respect.
Merci pour tous ces beaux témoignages qui nous aident à mieux chercher la lumière où elle est vraiment.
Que Dieu nous garde tous en son Amour !

Jennifer d’Angles a dit…

Quelle émotion.... La grandeur de l’être humain, de pouvoir penser comme cette femme, de réagir comme elle, au milieu de cette horreur qu’elle a vécu... je vais imprimer ce billet, pour le relire tous les jours de ce confinement, pour le partager aussi. Merci, Olivier, de nous trouver de si extraordinaires sources de sagesse et de lumière. Merci.