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...Alors, en réponse à vos attentes, Olivier Gaignet vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr



samedi 7 novembre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2494 : Les religions unies pour la Paix, à Nice, en Vendée et ailleurs

Il n'est pas certain aujourd'hui que nos concitoyens s'intéressent à l'action commune des religions pour la paix, tout ce qui est religieux, pour beaucoup, étant considéré comme porteur de risque, sinon dépassé.  Tant pis !  Les deux associations-soeurs "Dialogue pour la Paix", du pays Yonnais et du Pays des Olonnes, ont quand même tenu à inviter leurs croyants, ainsi que l'ensemble de la société, à vivre davantage dans un esprit de Fraternité. Je vous renvoie au bel exemple donné par les musulmans à Nice ; voir mon billet de jeudi dernier. 

D'autre part, je rappelle l'importance de l'engagement pour la Paix de tant d'ami(e)s qui ne partagent pas nos croyances, mais ont une foi active et immense en l'Homme et en la Fraternité, nous donnant même de fort belles leçons très souvent.

 

Communiqué de Dialogue pour la paix/Pays yonnais et Pays des Olonnes, 29 octobre 2020

 

Il y a 19 ans, naissait en réaction aux attentats du 11 septembre 2001 un petit groupe, Dialogue pour la paix devenu depuis une association. Elle regroupe des personnes de différentes religions et spiritualités et s’ouvre à tous ceux désireux de mieux comprendre la différence de l’autre.

Notre pays, particulièrement éprouvé en ces temps reflète la situation de notre monde qui souffre, pour une part d’un déficit évident de solidarité au sein de notre famille humaine.

         Notre nation est  fondée sur des valeurs résumées dans notre devise républicaine bien connue : « Liberté, Egalité, Fraternité » ; cette triple devise est appelée à se vivre dans le cadre de la laïcité, une règle pour notre vivre ensemble : elle prend en compte une manière de vivre la liberté à plusieurs facettes à cause de  la diversité qui nous rassemble,  citoyens d’une même nation.

        Notre devise républicaine nous incite à vivre sa triple dimension : aucune ne peut se concevoir inséparablement des autres, de manière absolue, essentialiste. Il apparait que la notion de fraternité n’est pas suffisamment prise en compte. Or, c’est cette attitude-là qui nous permet de lutter en profondeur avec le plus d’efficacité contre les entreprises de sape de notre vivre ensemble.

        En effet, nous dénonçons avec force les terroristes qui dénaturent la religion dont ils se réclament,  porteurs de haine et de mort.           

        L’expérience que nous vivons dans notre association, au contraire de tous les comportements 

suscitant haine et division nous invite à la rencontre de l’autre différent, rencontre qui permet le 

dialogue : mieux nous connaitre nous donne  de mieux nous comprendre.

         La connaissance permet la reconnaissance, elle change notre regard et construit l’amitié, clé de nos relations mutuelles.

En outre, nous tenons à rappeler et à témoigner qu’il existe une valeur spirituelle commune à toutes nos traditions religieuses : l’Amour ; il est le remède contre la haine, le coeur battant de la paix et le terreau du vivant.   Nos traditions y sont engagées.

Nous souhaitons que les médias contribuent, de par leur rôle particulier, à soutenir les initiatives au service de ce bien commun, en termes de construction de la fraternité. Nous remercions ceux qui sont déjà engagés dans cette voie.

 

         Christiane Noel, présidente de Dialogue pour la paix/pays yonnais

         Ali Bensaada, aumônier musulman des maisons d’arrêt de Vendée,

         Roland Zana, membre de Dialogue pour la paix et de l’Amitié judeochrétienne,

         Cécile de Maillard, Jean-Marie Pogu, H’nya Sbihi, membres de Dialogue pour la paix,

        Abbé Olivier Gaignet, président de Dialogue pour la paix/pays des Olonnes

       Lama jigméThrinlé Gyatso, membre de Dialogue pour la paix, moine et aumônier bouddhiste, président de Drukpa Vendée

 

 

vendredi 6 novembre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2493 : Homélie de Gaston Vinet pour la "Fête des Saints"

 Ayant eu des échos de la qualité de l'homélie de Gaston pour la fête de la Toussaint, à Angles, j'ai le plaisir de vous la partager.

Je rappelle que Gaston Vinet est un ancien curé-doyen de Talmont-St Hilaire, la paroisse dans laquelle je suis inséré. Entre autres activités, il accompagne la Mission de la Mer, aux Sables d'Olonne.

Fête de la Toussaint. Fête des Saints.

Au dire de l'apôtre Jean,  ils sont une foule immense. Il y a bien sûr ceux que l'Église a reconnus depuis la Vierge Marie, à la tendresse maternelle, patronne de cette église, en passant par Sainte Thérèse, aux paroles d’espérance avant de mourir : « je ne meurs pas, j’entre dans la vie ! », Saint François, que notre pape affectionne, jusqu’à Charles de Foucauld, cher à mon cœur, Jean XXIII, Jean Paul II, et combien d’autres.

Ces saints sont pour nous ce que des phares sont pour les navigateurs, des points de repères sur la route. C’est merveilleux de lire leur vie, pour nous en inspirer. C’est précieux de leur demander de prier pour nous.

Mais à coté de ces figures célèbres, n’oublions pas d’autres  saints,  ceux et celles qui ont vécu tout simplement  le message évangélique des béatitudes, ces hommes, ces femmes de chez nous dont on n’a retenu à leur mort que les qualités. Du sacristain Vincent, victime de l’attentat de Nice, on dit : «  c’était un brave homme, gentil, ouvert, dynamique, toujours au service ». Quant à Simone Barreto, brésilienne, autre victime : « elle était toujours là, aimant tout le monde, très croyante, toujours souriante. » Ses dernières paroles avant de mourir : « dites à mes 3 enfants que je les aime. »

Parmi les saints qui s’en sont allés chez Dieu, signalons encore et pourquoi pas, ceux au passé douloureux, blessés dans leur chair, dans leur cœur, les accidentés de l’amour. Ils avaient bien dans leur cœur une petite lumière d’amour qui brillait. Comment l’amour de Dieu n’aurait-elle pas anéanti leurs imperfections ?

Ainsi, ce sont tous les  saints, célèbres ou anonymes, que l'Église nous invite à célébrer aujourd’hui. Au détour des allées dans le cimetière, nous les évoquons, ces parents, ces grands-parents, ces époux, ces frères, ces sœurs, ces voisins qui nous ont précédés. « Bienheureux, bienheureux » sont-ils.

« On dit que vous êtes une sainte, qu’en pensez vous ?" demanda un jour un journaliste à Mère Teresa. Il s’attendait à des protestations d’humilité. Eh bien non ! Pas du tout. «  Bien sûr, je le suis ! répondit-elle, et vous aussi ! ».

Elle soulignait ainsi  que nous sommes déjà des saints ou tout au moins que nous marchons vers la sainteté dans la mesure  où nous empruntons le chemin de Jésus, chemin du bonheur enseigné par Jésus dans les béatitudes.

«  Bienheureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. » « Bienheureux si l’on vous persécute à cause de moi car, votre récompense sera grande dans les cieux. »

Ces 2 béatitudes résonnent particulièrement en nous sous le choc encore des attentats islamistes de ces derniers jours.

 Toi qui dis « non » à l’esprit de vengeance mais en même temps, toi qui reconnais sans naïveté qu’il est important de combattre l’islamisme ; laissant aux autorités publiques la tâche de réprimer la violence fanatique, tu contribues à faire  ton bonheur ici bas et dans le ciel.

Toi qui refuses d’identifier les musulmans à cette barbarie,  persuadé que  le Dieu qui demande de tuer n’existe pas, tu contribues à faire  ton bonheur ici-bas et dans le ciel.

 Toi qui réponds à l’appel à l’unité, ne  cédant pas  à l’esprit de division que les auteurs d’attentats cherche à répandre, tu contribues à faire  ton bonheur ici bas et dans le ciel.

 Toi qui réponds  à l’appel du Pape François en sa dernière encyclique, appel à la fraternité universelle et respectueuse de nos diversités, tu contribues à faire  ton bonheur ici bas et dans le ciel.

 Toi qui pleures avec ceux qui pleurent, compatis avec ceux qui souffrent, toi qui espères malgré tout,  à l'exemple de la sœur du Père Hamel, qui reconnaît que la blessure est profonde mais porte cependant  le témoignage de la paix et du pardon, tu contribues à faire  ton bonheur ici bas et dans le ciel.

 Toi qui es stimulé par les valeurs évangéliques de ceux qui veillent quotidiennement sur notre sécurité et notre santé, les militaires,  le personnel du monde de la santé, tu contribues à faire  ton bonheur ici bas et dans le ciel.

 Toi qui pries pour les victimes et leurs familles et pour nous, pour que  nous ne cédions pas aux sentiments de colère, mais agissions afin que l’amour l’emporte sur la haine, le pardon sur l’offense, la paix sur la discorde, l’espérance sur le doute, tu contribues à faire  ton bonheur ici bas et dans le ciel.

 « Bienheureux les artisans de paix, leur récompense sera grande dans les cieux. »

 

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jeudi 5 novembre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2492 : "Aujourd'hui, je suis chrétien !" (un imam de Nice)

  "Cette idéologie du fanatisme fait beaucoup de mal. (...) Peut-être faudrait-il que davantage encore de musulmans, dans notre pays et ailleurs, puissent le dire fermement."  Je suis très triste de voir une telle affirmation, surtout dans la bouche du président de la Conférence des évêques de France, Eric de Moulins-Beaufort, dans le journal "La Croix" du 2 novembre. Mais, bon sang, qu'attend-il pour donner la parole aux musulmans de bonne volonté ?  Il avait une occasion unique, cette semaine, pendant laquelle se tient l'Assemblée plénière des évêques de France, en visioconférence, du 3 au 8 novembre : on imagine l'impact qu'aurait pu avoir sur l'opinion le fait que tous les évêques de notre pays accueillent et écoutent un groupe de musulmans (imams, laïcs, théologiens, éducateurs, sociologues, dont des femmes...).  Merci aux médias, dont "Nice-Matin", puis le journal "La Vie", qui eux, ont su prendre une telle initiative !

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      "Aujourd'hui, je suis chrétien !"  a déclaré un imam de Nice au quotidien "Nice-Matin"

Au lendemain de l'attentat perpétré à la basilique Notre-Dame de l'Assomption, le recteur de la mosquée ar-Rahma (La Miséricorde), la plus grande mosquée de Nice, Otmane Aïssaoui, président de l'Union des musulmans des Alpes Maritimes, principale organisation musulmane du département, a répondu aux questions du journal "La Vie".


Pourquoi avez-vous tenu à dire « Je suis chrétien » après l’attentat du 29 octobre ?

Ce qui s’est passé jeudi dernier est inacceptable. Comme porteurs de foi, nous prêchons la vie, et non la mort. Quand j’ai appris la nouvelle, je n’en ai pas cru mes oreilles. Puis, lorsque l’identité du terroriste a été donnée, je me suis exclamé : « Dieu merci, il n’est pas de Nice ! » En ce Jeudi noir, je me suis alors senti vraiment frère de foi des chrétiens. Ces trois personnes sont mortes alors qu’elles priaient Dieu ! Je suis sûr que leurs âmes sont montées vers le Seigneur. Il fallait oublier sur le moment toutes les différences de foi et de doctrine. J’ai donc eu cette parole, comme croyant et comme imam, pour offrir aux chrétiens ce sentiment de foi. En tant que musulman, adorateur du Dieu unique, je suis déjà un partisan de Jésus !

Les chrétiens confessent que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Qui est Jésus pour vous ?

Pour nous, Jésus est un noble des nobles prophètes ! Il est un miracle par sa création (l’islam professe la conception virginale de Jésus, mais pas sa divinité, n.d.l.r), et par son message de paix et de compassion. Nous vénérons également sa mère, la sainte Marie. A mon niveau de spiritualité, je me considère comme apôtre de Jésus. Nous l’aimons, et Marie aussi ! Or, celui qui ne croit pas en Jésus, et qui rejettent ceux qui y croient se met hors de l’islam. Nous lisons dans la sourate Al-Baqarah, dite « La Vache » du Coran, au verset 285 : « Le Messager a cru en ce qu’on a fait descendre vers lui venant de son Seigneur, et aussi les croyants tous ont cru en Allah, en Ses anges, en Ses livres et en Ses messagers; (en disant): “Nous ne faisons aucune distinction entre Ses messagers”. » Les musulmans ne doivent donc pas dissocier les prophètes annonciateurs d’Allah. L’attaque d’une église et le meurtre de chrétiens, c’est un blasphème contre Jésus et Marie, et contre Dieu ! Seul Dieu a le droit de prendre la vie. Qui es-tu, pour prendre la vie d’un autre ?

Comment manifestez-vous votre solidarité avec les chrétiens de Nice ?

L’autre soir, j’ai pu prier devant la basilique avec Gil Florini, un prêtre très connu à Nice. Depuis des années, nous travaillons avec les Juifs et les chrétiens, au sein d’Alpes-Maritimes Fraternité, une instance municipale crée en 2007 qui regroupe les cultes présents dans la ville de Nice et dans le département. Nous sommes en train de préparer un hommage commun avec l’évêque, André Marceau, et avec les Juifs. J’espère que cela se fera en début de semaine prochaine, car il faut faire bloc ! Il faut rendre au mal par le bien. Le sang qui a coulé à la basilique ne doit pas être vain. Je le dis : c’est un pacte de sang qui me lie avec la basilique. J’attends à présent que les intellectuels de France se lèvent pour nous aider à déconstruire toute forme de haine : où sont les Molière, les Victor Hugo ? Nous ne pouvons répondre à la haine que par la force de l’union.

Quels sont vos sentiments au sujet des caricatures de Mahomet ?

Depuis le premier jour, lorsque ces dessins ont été publiés par les Danois, je pense qu'on ne peut que respecter les caricatures, dans le sens de la liberté d'expression et de l'ouverture d'esprit. Mais je pense que l'approche du président Jacques Chirac, à l'époque, était juste : la liberté d'expression doit respecter l'intime conviction des personnes, pour ne pas heurter et construire la fraternité. Il y a une limite à tout. Honnêtement, est-ce qu'il y a un seul de ces dessins qui valait la vie de Samuel Paty ? Non. Le dessinateur devrait se poser des questions... Si je devais résumer, je dirais oui à la caricature, mais non au blasphème !

Quelle différence faites-vous entre caricature et blasphème ?

Le blasphème, c'est se moquer de tout ce qui touche à la croyance profonde. De Dieu, de Mahomet, de Jésus, de Noé même... Mais dessiner avec humour des barbus, des voilées, des porteurs de croix et de kippas, cela ne me gêne pas.

Le sang qui a coulé à la basilique ne doit pas être vain.

Ce soir, Emmanuel Macron s'est exprimé sur la chaîne qatarie Al-Jazeera, pour répondre à la colère antifrançaise qui s'exprime dans les pays musulmans au sujet des caricatures. Que pensez-vous de cette situation ?

J'apprécie sa manière de faire: il s'est adressé aux peuples arabes, sans passer par leurs gouvernements, tout en restant ferme sur ses principes. Je suis d'origine algérienne, mais mon pays, aujourd'hui, c'est la France. Les Marocains, Algériens et Tunisiens aiment la France : si la frontière s'ouvrait, ils viendraient tous ici ! Ils ne vont pas lui faire la guerre pour ces histoires de caricatures. Les pays arabes sont trop dans les sentiments, il faut garder son sang-froid. Il faudra du temps et des actes pour que les choses s'apaisent. Nous sommes ensemble dans le même bateau, il ne faut pas revivre les guerres de religion. 

Les auteurs des attentats se réclament de l’islam. Comment contester leur discours sur le plan théologique ?

Pour moi, à partir du moment où des individus commettent ces actes, ils n’ont aucun lien avec aucune religion. C’est pareil pour le catholique qui a assassiné des musulmans en prière dans une mosquée, en Nouvelle-Zélande (*). L’islam n’a jamais appelé à tuer qui que ce soit. Quand le calife Omar ibn al-Khattâb a conquis Jérusalem, en 637, il a refusé l’invitation faite par les chrétiens de prier au Saint-Sépulcre, pour ne pas que l’église soit ensuite transformée en mosquée. Les musulmans doivent connaître leur histoire ! Que les choses soient claires : les 80 000 musulmans habitant les Alpes-Maritimes sont imprégnés par des valeurs de paix, et par le sentiment d’être citoyens français. Il ne faut pas qu’une brebis galeuse casse tout l’édifice.

A Nice, une centaine de jeunes ont rallié les rangs de l’État islamique ces dernières années. Quel discours tenez-vous dans la communauté musulmane pour prévenir ces départs ?

J’ai déjà dénoncé des jeunes perturbateurs qui étaient tentés de partir en Syrie. Je dis aux Français musulmans qu’ils sont Français, ils n’ont rien à voir avec la Syrie ! Comme Français, notre seule position est celle de la France. Nous n’avons pas à participer à un conflit étranger. Je rappelle aux musulmans le verset 195 de la sourate « La Vache » : « Et dépensez (vos biens) dans le chemin d’Allah (donnez-donc aux autres). Et ne vous jetez pas par vos propres mains dans le danger ! Et devenez le meilleur ! Certes Allah aime les bienfaisants. » Théologiquement, le musulman doit d’abord être utile à soi-même et à la société à laquelle il appartient. Le plus grand djihad est envers soi : réussir sa vie familiale, ses études, sa vie professionnelle, voilà le bon travail qui nous incombe !

Le conseiller municipal Philippe Vardon, chef de l’opposition du Rassemblement national, vous accuse d’être lié aux Frères musulmans, et d’avoir diffusé sur la page Facebook de votre mosquée des positions favorables à Mohamed Morsi, le président égyptien de 2012 à 2013, qui était membre des Frères musulmans. Que lui répondez-vous ?

Si Philippe Vardon veut un jour être responsable des 400 000 habitants de Nice, il devrait passer à autre chose… Il a tort de me coller cette étiquette de Frère musulman, bien que des Frères musulmans s’occupent de leurs pays et ont le droit de le faire. Chacun est dans son pays, et le sert comme il veut. Mohamed Morsi a été élu président de l’Egypte, il a été reconnu par la communauté internationale, et il a été renversé par des généraux. Sur Facebook, nous n’avons fait qu’afficher une information internationale, et nous n’avons aucun lien avec les Frères musulmans. Par ailleurs, il nous reproche de nous référer à Youssef al-Qardaoui, qui est une autorité théologique reconnue par des millions de musulmans, même s’il peut prendre des positions politiques que je n’accepte pas.

Ce qui était reproché à Mohamed Morsi était notamment la persécution de la minorité chrétienne en Egypte...

C’est de la mauvaise foi ! Depuis 14 siècles, il y a une coexistence entre musulmans et chrétiens en Egypte. Je connais mille exemples de couples mixtes. Ce n’est pas parce qu’il y a des attentats qu’on doit généraliser. En ce qui me concerne, ma rencontre avec le pape François, lors de l’audience pour les victimes de l’attentat de Nice et leurs familles, le 24 septembre 2016, a été un des plus beaux jours de ma vie. C’était un moment fort ! Je le répète : je suis avec les chrétiens, corps et âme. Cela me coûte parfois, je dois m’en expliquer auprès de certains musulmans. J’ai 50 ans, quatre enfants, je suis sur la dernière pente avant la rencontre avec notre Seigneur, ce n’est pas maintenant que je vais changer. Lorsque les chrétiens ont été chassés d’Irak par Daech, j’ai pris position. Je défendrais bec et ongles le fait que les chrétiens dans les pays arabes puissent vivre leur religion dignement ! 

(*) Brenton Terrant, l’auteur de l’attentat qui fit 51 morts dans une mosquée de Christchurch, en 2019, ne se réclamait d'aucune Église chrétienne. Dans son manifeste Le Grand remplacement, diffusé sur Internet, le suprémaciste blanc de nationalité australienne s’interroge lui-même sur le fait d’être chrétien : « Compliqué. Quand je le saurais, je vous le dirais ». Une réponse proche de celle d’Anders Breivik, le terroriste norvégien à l’origine des attentats d'Oslo et d'Utøya en 2011 (77 morts), qui déclarait dans son propre manifeste ne pas avoir « de relation personnelle avec Jésus-Christ et Dieu », et décrivait le pape Benoît XVI comme un « pape lâche, incompétent, corrompu et illégitime ». N.d.l.r


mercredi 4 novembre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2491 : "Dieu, ne laisse pas la Bête égorger la Tourterelle !" (psaume 73/19)

 Celles et ceux qui ont la chance de pouvoir lire le Bréviaire, l'Office des Heures, se nourrissent sans cesse ainsi de la Parole de Dieu, qui est souvent très en rapport d'ailleurs avec ce que nous vivons.  Vous pourrez le constater en méditant le psaume 73, qui était offert à notre prière hier mardi, lors de l'office du milieu du jour.  En voici quelques extraits.

 

1.   Pourquoi Dieu nous rejeter sans fin ?   Pourquoi cette colère sur les brebis de ton troupeau ?

2.   Rappelle-toi la communauté que tu acquis dès l'origine, la tribu que tu revendiquas pour héritage, la montagne de Sion où tu fis ta demeure.

4.   Dans le lieu de tes assemblées, l'adversaire a rugi, et là, il a planté ses insignes.

7.   Ils ont profané la demeure de ton nom.

9.   Nos signes, nul ne les voit ;  il n'y a plus de prophètes !  Et pour combien de temps ?  Nul d'entre nous ne le sait !

10.  Dieu, combien de temps blasphèmera l'adversaire ?  L'ennemi en finira-t-il de mépriser ton nom ?  

12.  Pourtant, Dieu, mon roi dès l'origine, vainqueur des combats sur la face de la terre, c'est toi qui fendis la mer par ta puissance, qui fracassas les têtes des dragons sur les eaux.

18.  Rappelle-toi : l'ennemi a méprisé ton nom, un peuple de fous a blasphémé le Seigneur.  

19.  Ne laisse pas la Bête égorger la Tourterelle, n'oublie pas sans fin la vie de tes pauvres.

20.  Regarde vers l'Alliance : la guerre est partout ; on se cache dans les cavernes du pays.

21.  Que l'opprimé échappe à la honte, que le pauvre et le malheureux chantent ton nom !

22.  Lève-toi, Dieu, défends ta cause !  Rappelle-toi ces fous qui blasphèment tout le jour.

23.  N'oublie pas le vacarme que font tes ennemis, la clameur de l'ennemi, qui monte sans fin.

 

Tertullien, que je citais déjà hier, écrivait au 2° siècle : "Presque tous les psaumes contiennent la personne du Christ ; ils nous présentent le Fils qui parle au Père, c'est-à-dire, le Christ qui parle à Dieu."  Jésus lui-même a prié avec les psaumes ; à nous de suivre son exemple aujourd'hui !

mardi 3 novembre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2490 : Nadine, Vincent et Simone, témoins du Christ jusqu'au bout

 Suite de l'homélie de la Toussaint, dont la 1° partie est parue sur ce blog le 1° novembre dernier.

La dernière phrase de la première lecture, tirée du Livre de l'Apocalypse, disait, de façon un peu énigmatique : "Ces gens qui viennent de la grande épreuve, ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l'Agneau."  On reprend parfois ces mots dans l'une des versions du chant de l' "Agneau de Dieu" : "Heureux qui lave son vêtement dans le sang de l'Agneau..." Pour nombre de personnes présentes à nos assemblées, ces paroles peuvent sembler totalement incompréhensibles : l'on peut se dire que l'auteur de ce texte n'a pas dû faire souvent la lessive ; comment peut-on blanchir un vêtement que l'on plonge dans du sang ?  Pour rendre plus blanc un vêtement, l'eau de javel serait plus efficace.  Mais vous allez comprendre tout de suite le sens de ces paroles, car trois de nos frères et soeurs, à Nice, viennent d'entrer, dans la douleur, dans cette foule immense, rassemblée devant l'Agneau de Dieu, le Christ, dans cette scène que nous décrivait l'Apocalypse.

Passés par le sang, Nadine, Vincent et Simone ont revêtu la robe blanche des martyrs ; leur sang s'est mêlé au sang du Christ, ce qui les a lavés de tout péché. Mais, pour être assassinés d'une façon aussi terrible, qu'avaient-ils donc fait ? Ils n'avaient caricaturé personne, ni injurié les musulmans. L'on se gargarise actuellement à propos de la liberté d'expression ; mais eux, justement, ils ont été égorgés parce qu'ils exerçaient la forme la plus haute de cette même liberté d'expression : leur liberté de prier Dieu, de vivre librement leur religion !  Et ceci, tout en servant leurs frères dans leur vie de tous les jours, dans l'esprit des Béatitudes que l'on médite en cette fête dans toutes les églises du monde.

-  Vincent, qui aurait eu 55 ans avant-hier, père de deux filles, sacristain, si serviable, qui ouvrait les portes de la basilique les soirs de grand froid, pour que les Sdf puissent s'y réfugier : "Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde."

-  Nadine, 60 ans, très drôle, d'une gentillesse incroyable ; quelqu'un a dit d'elle à la télé : "Elle  était pleine de douceur."  "Heureux les doux, ils recevront la terre en héritage."

-  Simone, 44 ans, trois enfants, brésilienne d'origine, qui priait avant de rejoindre son service d'auxiliaire de vie ; très belle personne, à la foi joyeuse et rayonnante, bénévole auprès des Sdf : "Heureux les coeurs purs, car ils verront Dieu."

Tous les trois égorgés, décapités, comme le Père Henri Dorie, le saint patron de notre paroisse, originaire de St Hilaire de Talmont, décapité à Séoul, en Corée, en 1866.  Comme aussi l'abbé Maroilleu, originaire lui aussi de St Hilaire de Talmont, guillotiné en 1793 aux Sables d'Olonne, et qui a son vitrail dans cette église. Car, depuis 20 siècles, la liste de ceux qui ont donné leur vie pour le Christ est bien longue en effet.

Je termine.  Demain lundi, parlera-t-on de Vincent, Nadine et Simone lors des débats dans les écoles ? Pas sûr du tout... Et pourtant, eux aussi, comme Samuel Paty, sont des enfants de la République ! Eux aussi ont été égorgés comme Samuel, en abhorration de la liberté d'expression...  

Alors, leur remettra-t-on la légion d'honneur ? Quelle question déplacée !  Ce serait dérisoire, et "pas dans l'air du temps" ; même s'ils mériteraient peut-être ! Mais il est sans doute bien plus juste et bien plus fraternel, le geste de ces commerçants musulmans du quartier de la basilique à Nice, venant, en larmes, déposer une belle gerbe de fleurs blanches sur les marches de ce lieu sacré, à la mémoire de ces trois victimes catholiques.  Et en ce jour, dans toutes les églises de France et au-delà, sans parler du message spécial du pape à leur endroit, nous sommes réunis pour leur rendre de vrais honneurs et les porter dans notre prière, ainsi que leurs familles endeuillées. Leur témoignage tout humble, en tout cas, ne le sentons-nous pas, brille à jamais dans la nuit du monde.

Leur disparition est tragique !  Mais quand on voit l'impact qu'ont encore les moines décapités de Tibhirine ou le Père Hamel, on peut avoir la certitude que leur mort sera tout, sauf un échec.  Comme le disait Tertullien, un Père de l'Eglise, au 2° siècle : "Le sang des martyrs est une semence de chrétiens."

 Alors, frères et soeurs, forts de cet exemple, dans notre petit canoë, sur le fleuve impétueuex de l'existence, continuons de pagayer avec foi et ardeur, en méditant les Béatitudes, et en écoutant seulement les Voix du Ciel.

Debour, en avant !  Amen !