Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, Olivier Gaignet vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr



vendredi 3 avril 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2323 : Chemin de croix sur le Net, avec Jésus, aujourd'hui

                Introduction

En cet avant-dernier vendredi de Carême, quelques pistes pour cheminer avec Jésus et nos frères et soeurs du monde entier, qui portent leur croix avec douleur, mais aussi dans la solidarité, la prière et déjà l'espérance de Pâques.

Un chemin de croix vraiment à partir de ce que nous vivons, un peu dans le genre de celui que l'on a vécu en septembre dernier au camp de réfugiés d'Aïda, en Palestine, où sont confinés depuis environ 70 ans 4000 Palestiniens, derrière grands murs et barbelés. Ceux qui étaient avec moi là-bas comprendront.

Proposition très sobre !  Ce sera à chacun de vous de l'illustrer, à chaque station, avec des exemples que vous pourrez rechercher alors dans votre vie et dans ce que vous entendez dire (famille, amis, médias).
Puis, parler quelques instants au Christ, avec vos mots à vous !

Lors de chaque station, il est proposé de porter dans notre prière telle ou telle catégorie ou partie du peuple que nous formons.

Entre chaque station, outre un bref moment d'arrêt et de méditation, vous pourrez chanter dans votre coeur un cantique ou un psaume que vous aimez, ou tout simplement ce refrain :
        "Victoire, tu règneras, ô Croix, tu nous sauveras"

On peut faire ce chemin de croix n'importe quand, en marchant (à moins d'un km !), dans votre jardin ou votre maison.

1° station  :  Jésus est condamné à mort

Jésus dérangeait, on a voulu le faire taire, et se débarrasser de lui.
Médecins et soignants dérangent, quand ils crient leur besoin de se sentir soutenus, de disposer de moyens de protection suffisants.  En haut, on aimerait qu'ils se taisent ; on leur dit que ce n'est pas le moment de polémiquer...
En Chine, le Dr Li, le 1° à avoir donné l'alerte au coronavirus, a été condamné et sanctionné par la police, accusé de propager des rumeurs sur internet. Il est ensuite décédé du Covid-19.  Ainsi que le chantait Guy Béart : "le témoin a dit la vérité, il doit être exécuté." De trop nombreux soignants, un peu partout aussi, ont succombé au virus.
Jésus, toi que l'on a condamné à mort, donne à tous ceux qui servent leurs frères et soeurs, en dépit des entraves, de ne pas se décourager.

2° station  :  Jésus est chargé de sa croix

Jésus a reçu sur ses épaules la lourde charge de sauver le monde.
Prions pour nos chefs d'Etat, pour tous ceux et celles qui ont en charge la santé, la vie, le bonheur de leurs peuples.
Souvent, ils se sentent dépourvus, dépassés, impuissants ; ils ont de la peine à anticiper, à reconnaître leurs erreurs, à écouter, à mettre au centre de leur politique les plus vulnérables de nos concitoyens.  Nous les critiquons ; mais il nous faut les soutenir eux aussi de notre prière.
Jésus, donne ton Esprit de lumière, de sagesse, d'anticipation et de décision à celles et ceux qui doivent savoir anticiper, accompagner l'avancée de leurs peuples.

3° station  :  Jésus tombe sous le poids de sa croix 

Sous le poids du mal, Jésus ne peut tenir ; il tombe d'épuisement.
Aujourd'hui, des pays entiers tombent et s'écroulent, comme l'Italie, l'Espagne et trop d'autres encore.
Les nations sont effrayées, le virus avance, mettant même les nations riches à genoux ; on ne voit pas d'issue.
Jésus, ne laisse pas tomber ton peuple : toutes ces nations qui forment ton Royaume !

4° station  :  Jésus rencontre sa mère

Contemplons le regard entre Jésus et sa mère, regard qui va aider le Sauveur à aller jusqu'au bout du don.
Les malades du Covid-19 qui, confinés, ne peuvent plus voir leurs proches : douleur extrême !
Ils semblent abandonnés !  Mais non, leurs soignants sont là qui les accompagnent ; à travers eux, c'est le regard de Jésus qui les réconforte !
Jésus, fais que chacun puisse voir se porter sur lui, jusqu'au dernier moment, un regard de compassion et d'amour !

5° station  :  Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

Simon n'a peut-être pas choisi d'aider Jésus !  L'évangile nous dit en effet qu'il a été  "réquisitionné" par les soldats.  Et pourtant, bon gré mal gré, il a fait le job, il a servi Jésus...
N'est-ce pas dans cette situation difficile de service que se sont trouvés tant d'hommes et de femmes, réquisitionnés eux aussi si l'on peut dire ? Dans une multitude de professions de service : ceux qui nettoient les chambres et les salles d'opération, préparent et installent le matériel, les chambres et les lits ; mais aussi, hors les lieux de soins, livreurs, boulangers, éboueurs, routiers, caissières des grandes surfaces, facteurs, maraîchers, sans parler des maires et autres... Je vous laisse continuer la liste des innombrables Simon de Cyrène "invisibles", qui portent la croix des autres !  Sans oublier les "visibles" : gendarmes, policiers, pompiers.
Jésus, rends-nous disponibles pour aider celles et ceux qui sont écrasés par la souffrance à porter leur croix !

6° station  :  Véronique essuie le visage de Jésus

L'on nous montre parfois à la télé des soignants qui épongent le visage épuisé d'un de ces malades ...
Service extraordinaire accompli par l'ensemble des infirmiers-ères et des soignants, brancardiers, etc...
Manquant souvent de la protection élémentaire, oeuvrant jour et nuit, essuyant la douleur de chacun !
Des milliers et des milliers de Véronique s'activent un peu partout dans le monde, sauvant l'honneur de l'humanité blessée.
Jésus, apprends-nous à savoir, comme Véronique, essuyer ton visage dans le visage des malades, des exclus et des défavorisés de la vie !

7° station  : Jésus tombe pour la 2° fois

Jésus est tombé une 1° fois en Chine, en Europe, aux USA.
Il risque maintenant de tomber une 2° fois, mais peut-être plus durement encore, dans les nations plus défavorisées, disposant de bien peu de moyens sanitaires.
Que va-t-il se passer ?  Comment nos pays aux économies plus solides vont-ils se positionner alors ?
Jésus, c'est toi qui descend encore plus bas, encore plus profond au coeur des enfers de notre monde.
Aide-nous à te suivre sur le chemin de croix de nos frères et soeurs en détresse.

8° station  :  Jésus console les femmes

Jésus voit les femmes pleurer sur lui.
Chaque soir, à 20h, toute la population, nous ouvrons nos fenêtres, ou sortons sur le pas de nos maisons, pour consoler par nos applaudissements tous ceux et celles qui se trouvent crucifiés sur le lieu de leur service.
Des mots de merci surgissent partout; vis-vis aussi des éboueurs, des facteurs, des commerçants qui demeurent ouverts, etc..
.Jésus, aide-nous à nous soutenir toujours mieux les uns les autres, dans l'exercice de nos divers services ou responsabilités !

9  -  Jésus tombe pour la 3° fois

En Italie, de très nombreux prêtres sont morts, victimes du Covid-19.  Il y a 8 jours, ils étaient 67 ; combien aujourd'hui ?
Plus qu'ailleurs, ils sont restés très proches, jusqu'au bout, des malades et de leurs familles, au risque de leur vie. Inconscience ?  En Italie au moins, on ne pourra pas dire que l'Eglise s'est planquée, comme l'a souligné le pape François dans son homélie du samedi 28 mars, "en laissant les docteurs et infirmières aller seuls au  front !" En France, Mgr de Sinety, vicaire général de Paris, s'étonnant des décisions prises par le gouvernement, a écrit au "Figaro" pour protester et demander que les aumôniers d'hôpitaux puissent partout visiter les malades qui le souhaitent. Des prêtres étaient volontaires, mais... ???
A travers ces prêtres, italiens ou autres, quel bel exemple pour nous :  par leur sacrifice, Jésus est tombé au plus bas, au plus profond de la douleur de ses frères et soeurs de la terre.
Jésus, apprend-nous comment aller jusqu'au bout de notre mission de baptisés, à ta suite, avec toi !

10  -  Jésus est dépouillé de ses vêtements  

D'innombrables personnes défavorisées sont en train de tout perdre, en Inde comme en Afrique, et dans certains quartiers de France également : plus de repères, tout est bouleversé ; dans les Ehpad, les anciens sont dépouillés de toute visite. Sans parler des commerçants et artisans ou des entreprises qui risquent de boire la tasse, d'être totalement dépouillés...
Jésus, comment accompagner cette pauvreté radicale ?  C'est toi qui en eux est bafoué, dépouillé, oublié.
Comment avec chacun travailler à ce qu'il soit revêtu de confiance, d'espoir et de dignité ?

11  -  Jésus est cloué sur la croix

Aujourd'hui, avec cette pandémie, c'est le monde entier qui est cloué sur la croix.
Nous vivons quasiment une mort à l'échelle de la planète, qui est comme atteinte d'un terrible AVC.
La nature est malade, les animaux s'en ressentent, et tout le corps des humains, leur vie sociale, leurs activités, tout est paralysé.
Jésus, ce monde que tu aimes est cloué en croix.
Envoie sur nous ton Esprit, afin que nous ne restions pas prisonniers des liens de la mort !

12  -  Jésus meurt sur la croix

Pendant 3h, Jésus est pendu à la croix.  Il peut à peine respirer. Il se tait !
"Dieu est mort, disait Nietzsche ; Dieu reste mort !  Et c'est nous qui l'avons tué !  Comment nous consoler, nous les meurtriers ?  Ce que le monde a possédé jusqu'à présent de plus sacré a perdu son sang sous notre couteau.  Avec quelle eau pourrons-nous nous purifier ?"
Nous avons manqué de respect envers les plus vulnérables dans notre société.
Nous sommes en train d'exterminer nos frères les animaux ; le virus est là pour les venger.
Nous détruisons notre soeur la terre.
A travers tout cela, c'est le Christ qui meurt au milieu de nous.
Jésus, que cette mort que nous vivons nous permette de retrouver le bon sens, avec toi !

13  -  Jésus est descendu de la croix

Tous les trois, Joseph d'Arimathie, Nicodème et Jean, ont descendu le corps de Jésus de la croix.
Ils ont déposé son corps martyrisé sur les genoux de Marie.
Qui peut croire que cet homme mort peut donner vie ?
Qui peut croire que les crucifiés du monde peuvent nous donner vie.
Ceux et celles qui auront donné toute leur vie, et même seulement un peu de leur vie, au cours de cette crise, ce sont ceux qui permettront que notre planète ne sombre pas dans un enfer sans fin.
Avec Marie, nous le croyons !  Avec Marie, contre tout espoir, nous espérons !

14  -  Jésus est mis au tombeau

La pierre scelle le tombeau : tout est fini !
A l'exemple alors de Pierre et des apôtres, aujourd'hui, face à cette peur et cette mort qui nous entourent et nous guettent, nous sommes dans le désarroi et la confusion.
Et pourtant, déjà, au milieu de nous, se lèvent des semeurs d'espérance.
Des hommes et des femmes qui relèvent la tête, des nations qui s'épaulent, des scientifiques en recherche, des malades qui guérissent, un pape qui sait nous motiver, un esprit nouveau qui commence à régner, etc...
Lorsque tout paraît fini, l'espérance demeure.
Jésus, fais de nous des éveilleurs d'espérance, et soutiens-nous dans ton projet de Résurrection de notre terre.  Amen !

             "Victoire, tu règneras, ô Croix, tu nous sauveras !"

__________

 En terminant, un peu de Bach, offert par une paroissienne, pour finir notre prière  :
                 

https://youtu.be/4nV8NakYNfs

N'hésitez pas à partager en commentaire comment vous avez vécu votre chemin de croix "anti-virus" ! 

jeudi 2 avril 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2322 : L'honneur du journalisme, à travers Henri Tincq, passionné de l'Evangile



Gilles Bély, journaliste retraité à « Ouest-France », habite avec son épouse Françoise à la Ferrière, près de la Roche-sur-Yon en Vendée. Nous sommes amis depuis de longues années. Hier mercredi, fidèle lecteur de ce blog, Gilles m’a appelé pour me suggérer de faire écho à la belle figure d’Henri Tincq, qui nous a quittés le 29 mars, fauché lui aussi par ce maudit virus. Cet homme droit, que nombre de lecteurs de l’Arche de Noé connaissent sans doute, a fait partie de la grande élite des journalistes français ; pendant plusieurs décennies, il s’est battu avec talent contre tous les virus qu’il sentait ronger à la fois l’Eglise et la société. Nous étions nombreux à suivre fidèlement ses articles, toujours très percutants. Dans le monde de la presse, il ne cachait pas sa foi ! Bien sûr, comme me l'a souligné Gilles : "on peut être un excellent journaliste sans être croyant, et heureusement ; mais Henri Tincq avait aussi cet enracinement là."
Gilles Bély livre ici l’hommage d’un journaliste à un autre journaliste, dont il partage le regard, les convictions et la foi. A chacun de se laisser interpeller par une telle figure !  Là encore, vos commentaires et appréciations seront les bienvenus.  Merci !


"Henri Tincq, journaliste à "La Croix" puis chroniqueur religieux au "Monde" " est décédé à l'âge de 75 ans, victime du Covid-19. Il était l'un de ces hommes de parole et d'espérance attentifs à un message vieux de deux millénaires et en même temps d'une étonnante modernité.
Il était de ces chrétiens sociaux, nourris de l'esprit du Concile Vatican II. Mais pas seulement. Il s'est intéressé à d'autres spiritualités, chrétiennes ou non, le protestantisme, l'orthodoxie, le judaïsme l'islam, le bouddhisme. La rubrique du "Monde " s'est ainsi intitulée "Religions" au lieu de "Religion".
En 2018, il avait publié "La Grande Peur des catholiques de France". Il y exprimait son désarroi, tout en reconnaissant n'avoir pas vu à temps la triple crise qui ébranlait l'Eglise: crise morale, doctrinale et de gouvernance. A l'exception courageuse de quelques-uns, les évêques de France n'avaient guère manifesté d'humeur devant l'accession éventuelle de l'extrême-droite au pouvoir. "Aujourd'hui, j'ai honte d'être catholique", avait-il écrit à l'époque.
Henri Tincq avait été un inconditionnel de Jean Paul II. Il voyait en lui "un curé du monde qui avait contribué à la chute du communisme, œuvré à la réunification de l'Europe, défendu la liberté et les droits de l'homme". Un enthousiasme douché plus tard par le scandale des abus sexuels et "la glaciation de l'Eglise sur le plan disciplinaire, doctrinal et moral qui l'a rendue peu apte à affronter les tumultes d'aujourd'hui".
C'était un journaliste complet. Il abordait avec talent tous les sujets, le politique, le social, le sport. Son regard sur l'Eglise et les religions se nourrissait nécessairement de ce monde immense dont il scrutait tous les jours les mouvements.
Henri Tincq a sûrement semé l'espérance autour de lui.  Nombreux sont ceux qui le portent aujourd'hui dans cette espérance, dans la gratitude et dans la prière."

 Gilles Bély
 ____________________

A l’occasion de ce témoignage et en échangeant avec Gilles, nous nous sommes dit que le moment était peut-être venu de faire évoluer la provenance des billets ici publiés.
En vous donnant largement la parole, chers « pratiquants » de ce blog.
Cela est possible, si l'on en juge par le blog de la paroisse de Fontenay-le-Comte, « L’Echo des Bénitiers », dans lequel sont publiés régulièrement des billets signés par des laïcs ou des religieuses. Pourquoi ceux qui le souhaitent ne publieraient-ils pas aussi des billets sur ce blog ?  Même courts, sur tel sujet qu'ils aimeraient partager ?
Je vous laisse sur cette réflexion de Gilles : « il y a besoin d’espace(s) pour s’exprimer. »

mercredi 1 avril 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2320 bis : Pourquoi je célèbre la messe tout seul ?

Suite à ce que j'ai écrit ce mardi, en décrivant comment je célèbre la messe tout seul actuellement, j'ai reçu plusieurs réactions manifestant un certain étonnement.

Des commentaires surpris, dont vous pouvez prendre connaissance en annexe de ce billet, mais aussi des questions reçues par mail : "comment se fait-il que vous célébriez seul ? c'est possible, ça ?"   ou encore : "il y a la communauté des religieuses juste à côté de chez vous ; elles ne peuvent pas profiter de votre messe ?"  Et aussi cette interrogation : "ce ne serait pas possible dans votre chapelle ?   Il suffirait que les participants gardent leurs distances..."

Je comprends parfaitement la surprise, alors que tant de gens se sentent un peu abandonnés en ce moment au niveau des messes....  Mais j'ai pensé, à tort, que tout le monde était au courant de la décision de l'évêque de Luçon, parue dans la presse, concernant les prêtres de plus de 75 ans (j'en ai 77 au compteur...).  Voici ce qu'il avait fait savoir :

"Communiqué de Mgr Jacolin  (13 mars)     (bref extrait)

Suite aux recommandations du gouvernement face aux risques sanitaires de l'épidémie du coronavirus, plusieurs décisions ont été prises concernant le diocèse de Luçon.
       
        [suivent alors des recommandations concernant les enfants et les jeunes, les personnes âgées de  70 ans et plus, les offices religieux et les prêtres]

En ce qui concerne les prêtres :
       A partir du lundi 16 mars, je demande aux prêtres de 75 ans et plus de célébrer la messe uniquement en privé."


Fidèle aux recommandations de mon évêque, je célèbre donc la messe hors de tout espace public, y compris une chapelle, mais en privé, chez moi.
En tout cas, soyez persuadés que je préfèrerais largement célébrer "publiquement" !
Et je pense que vous avez tous compris que, par la suite, toutes les messes avec assistance ayant été interdites, ce sont tous les prêtres, même plus jeunes, qui ont été invités à célébrer la messe eux aussi en privé seulement.   Ce qui se passe au "Jour du Seigneur" est une exception.
Merci de votre compréhension.

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2321 : Avons-nous raison d'espérer ?

L'espérance !  Quel défi...  N'est-ce pas une vertu pour gens heureux, épanouis, sans problèmes ?  En effet, lorsque les difficultés sont trop fortes, quand l'avenir semble sombre, si  l'on a le sentiment que la situation n'évoluera jamais, peut-on continuer à espérer en un monde meilleur sans attendre la fin des temps ?  Ou au contraire, un sentiment d'espérance ne nous entraîne-t-il pas à la vaine poursuite d'une illusion ? En tout cas, aujourd'hui, face à ce virus minuscule et invisible qui paralyse toute la planète, l'on n'ose à peine espérer que tout cela se termine bientôt !

Alors, je propose que nous montions aujourd'hui sur les épaules de grands témoins, croyants en Dieu et en l'homme, ou en l'homme seulement ; ceci afin qu'ils nous aident à relever la tête, à ne pas rester prisonniers de nos craintes, de nos faiblesses et de nos peurs.  Voici donc un petit florilège de citations sur l'espérance,
que j'emmagasine à travers des lectures diverses, depuis des années :

Julien Green  :  "Il faut sauver l'espérance ;  c'est le grand problème de notre siècle."

Frédéric Ozanam  :  "Gardez-vous de désespérer de votre siècle."

Michel Serres  :  "Je n'ai pas d'espoir, mais je suis habité par l'espérance."

Antoine de Saint-Exupéry  :  "Nul ne peut se sentir à la fois responsable et désespéré."

Yann-Arthus Bertrand  :  "Il est trop tard pour être pessimiste."

Martin-Luther King  :  "La vie, même vaincue provisoirement, demeure toujours plus forte que la mort."

Marcel Proust  :  "L'espérance est un acte de foi."

André Malraux  :  Un monde sans espoir est irrespirable."

Molière  :  "On désespère, alors qu'on espère toujours."

Confucius  :  "Plutôt que de maudire les ténèbres, allume donc une bougie dans la nuit."

Saint Augustin  :  "Voyez déjà ce monde comme il est beau. Les temps sont mauvais!  Les temps ?  Qu'est-ce que les temps ?  Les temps, c'est vous !  Changez, et les temps seront bons."

Jean Monnet  :  "Face à la crise, je ne suis pas optimiste, je suis déterminé."

Charles Péguy  :  "La foi que je préfère, dit Dieu, c'est l'espérance."

A mâcher, lire et relire, méditer et remâcher !
 Si vous connaissez d'autres citations sur l'espérance, merci de les noter en commentaire ;  sinon, tout simplement, partagez ce que représente pour vous l'espérance, dans la situation que nous vivons actuellement.

______________

Pour clore ce billet, voici le texte de la prière après la communion proposée dans la liturgie de ce mercredi 1° avril ; elle correspond bien à ce que nous vivons !

Prions le Seigneur...
Que cette communion à tes mystères, Seigneur, nous procure la guérison que toi seul peut donner.
Qu'elle arrache de nos coeurs jusqu'aux racines du mal.
Qu'elle nous protège et nous fortifie à jamais.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.
Amen.
 

mardi 31 mars 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2320 : "Comment vous faites, vous les prêtres, pour célébrer la messe ?"

Comment nous, les prêtres, on célèbre la messe, avec ce virus qui traîne partout ?  Voilà bien une question qui nous est posée plusieurs fois par jour, à nous les prêtres, par téléphone ou par mail, depuis le début du confinement.  En fait, les personnes sont avides de savoir comment prient les prêtres, en ce temps si particulier.  Eh bien, cela va paraître trop simple, mais j'ai envie de répondre : "comment on célèbre ?  Mais comme d'habitude !"  Comme d'habitude ?  Qu'est-ce que ça veut dire ?  En fait, pour moi, et sans doute aussi pour bien d'autres prêtres, comme chaque jour habituellement, nous consacrons une demi-heure environ, et je fais cela depuis plus de 50 ans, à revivre le mystère de la mort et de la résurrection du Christ, en Eglise, en lien avec le monde entier.

Sur le fond en effet, rien ne change, que l'on soit ou non confiné. La seule chose qui diffère, c'est que, actuellement, c'est juste la forme extérieure qui n'est plus "classique" : toujours en Eglise bien sûr, mais plus forcément dans une église. Non plus dans un choeur, autour d'un autel, et pas même dans une sacristie aménagée et chauffée pour la circonstance en hiver, mais tout simplement, sur une petite table, ou dans le coin prière, là où nous sommes enfermés.  Mais c'est le même mystère fondamental qui est prié et célébré.

En ce qui me concerne, si je ne célèbre même pas dans une salle avec les soeurs de Bourgenay, mais dans mon bureau, c'est par ce que les prêtres de plus de 75 en Vendée ont reçu obligation de célébrer la messe en privé, et donc même pas avec les religieuses toutes proches. Because le virus... 

Autre question : "ce ne doit pas être drôle de célébrer tout seul ?"  Ah bon ?  Tout seul ?  Alors, là, voilà bien un sentiment que je n'ai jamais ressenti !  Qu'il n'y ait aucune personne présente ou que l'on célèbre au milieu d'une assemblée paroissiale bien fournie, ou à St Pierre de Rome, c'est toujours la même messe.  Il n'y a pas de messe de 1° classe ou de 3° classe, pas de grande ou de petite messe. En effet, lorsqu'est célébré le salut du monde, chaque fois, par définition, c'est le monde entier qui est présent !

D'ailleurs, les moyens modernes de communication nous y aident bien !  Vous même, lorsque vous participez, tout seul ou à 2 ou 3 dans votre salon, à la messe proposée par le Jour du Seigneur, le dimanche à 11h, avez-vous l'impression d'être seul, marginalisé, isolé, totalement confiné ? Si oui, ce serait vraiment dommage !   Et cela, pour 2 raisons : d'abord, vous êtes loin d'être seul, puisque des centaines de milliers de personnes participent comme vous, unis à vous et au célébrant derrière l'écran, à cette eucharistie cathodique.  La 2° raison, c'est que, quand vous prenez place sur votre chaise à 10h55, ou avant, vous venez avec une foule de visages, connus et inconnus : intérieurement, vous amenez devant le Seigneur les malades du Covid-19 et leurs soignants, les migrants fuyant la guerre en Syrie, le pape François, les membres de votre famille non intéressés par la messe, le président de la République qui doit gérer la crise, celui des Etats-Unis, etc..., etc... C'est donc une foule immense qui est alors convoquée autour du mystère eucharistique, à travers votre prière, dans votre propre maison !  Encore heureux que vous ne soyez pas obligé de leur payer l'apéro à la fin de la messe !!!

Quant à moi, je n'ai pas kto ; mon "autel" se situe donc devant mon ordi, entre mon téléphone et mon imprimante, et aussi deux superbes icônes, avec une petite bougie. Chaque fois, je vais sur google (je l'explique, car on m'a demandé comment faire) ; je tape "messe du pape François du 31 mars sur YouTube", et ça y est, le pape apparaît, en vidéo, dans sa chapelle Ste Marthe, et la messe commence. Quel bonheur de célébrer avec le pape, comme encore  ce 31 mars, tandis qu'à la fenêtre apparaît l'aurore !

 C'est en direct à 7h chaque matin, mais on peut l'avoir ensuite en replay à n'importe quel moment le reste de la journée. Cela ne  remplace pas pleinement la messe "en vrai", quoi que..., avec la communion spirituelle !  Mais c'est déjà si important !   En tout cas, même si c'est "seulement" spirituel, communier an même temps que le pape, c'est quelque chose !  Aussitôt la communion, exposition du St Sacrement ; le pape lit alors une prière, et s'ensuit au moins 15 minutes d'adoration silencieuse, avant l'envoi. Enfin, chaque matin, le pape propose une intention précise de prière ; aujourd'hui, pour les sans abri, avec cette interrogation : comment rester confinés dans un tel cas ?

Si vous souhaitez participer à d'autres types de messes, allez voir sur le site de votre paroisse, ou encore, tapez : "messes sur internet" ; vous aurez un choix infini !  Tout cela en restant unis !

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Je me permets de vous retranscrire la prière dite chaque matin par le pape en ouverture du temps d'adoration, à l'attention de celles et ceux qui suivent sur leurs écrans  :

Mon Jésus,
Je t'adore dans le Saint-Sacrement de ton amour,
désireux de te recevoir dans la pauvre demeure que t'offre mon coeur. 
En attente du bonheur de la communion sacramentelle,
je veux te posséder en esprit.
Viens à moi, ô mon Jésus,
pour que je vienne à toi.
Que ton amour enflamme tout mon être,
pour la vie et pour la mort.
Je crois en toi, j'espère en toi, je t'aime.
Ainsi soit-il. 

C'est le cardinal espagnol Merry del Val (1865-1930), béatifié en 1953, qui a rédigé cette prière, en adaptant une prière de St Alphonse-Marie de Ligori (1696-1787). Ca y est, vous savez tout !