Voici un texte publié par le Service national de l'Eglise catholique de France pour les relations avec le Judaïsme.
C’est en pleine célébration de Pessah à Jérusalem que Jésus a vécu sa
Passion.
Tous les évangiles sans exception le notent.
Il est toutefois difficile de s’appuyer sur les témoignages évangéliques pour
établir la chronologie exacte des événements, d’autant plus que les précisions
apportées par les évangiles synoptiques ne cadrent pas avec celles que donne
l’évangile de Jean.
D’autre part, les sources juives (notamment la Mishna) aussi bien que
l’historien Flavius Josèphe révèlent que, dans l’empire romain, aucun juif ne
pouvait être traduit devant un tribunal une veille de shabbat ou une veille de
fête, ce qui semble contredire les récits du Nouveau Testament.
Il faut donc reconnaître qu’on ne sait pas exactement quand le procès de Jésus
eut lieu, qu’il s’agisse de sa comparution devant le Grand Prêtre ou de sa
confrontation à Pilate. De même, le jour de sa crucifixion et de sa mort reste
incertain.
À l’heure actuelle pourtant, personne ne conteste l’historicité des faits : Jésus, présent à Jérusalem pour la Pâque, a été condamné à mort à l’instigation des autorités religieuses juives et crucifié comme le voulait la loi romaine alors en vigueur. On sait combien les Pharisiens, qui faisaient partie du proche entourage de Jésus, attachaient d’importance aux questions de datation.
Or, la fête de Pessah et, par conséquent, le seder ou repas pascal, tombant le 14 Nissan, jour de la nouvelle lune de printemps, on ne saurait s’étonner que les évangélistes (qui, rappelons-le, écrivaient plusieurs décennies après la mort et la résurrection du Christ) aient tenu à situer l’arrestation de Jésus à cette date, au moment où l’on apportait au Temple les animaux destinés à être sacrifiés, et à faire coïncider son dernier repas avec le seder pascal.
S’il ne peut être attesté avec exactitude, ce rapprochement est parfaitement conforme à la pensée de Jésus lui-même et au sens qu’il donnait à sa dernière Pâque. Il l’expliquera d’ailleurs plus tard aux pèlerins d’Emmaüs : “Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela et entrât dans sa gloire ?” (Lc 24, 26)
Aujourd’hui, l’Église reconnaît en Jésus, pour reprendre l’expression du Baptiste (Jn 1, 29), le véritable “agneau de Dieu” qui a fait librement l’offrande de sa vie.
Elle croit que c’est ce même Jésus que Dieu a fait Christ en le ressuscitant d’entre les morts et que, en lui, Dieu a réalisé ce que préfiguraient la sortie d’Égypte et la traversée de la mer Rouge : la libération définitive de toute l’humanité du mal et de la mort. Et c’est ce qu’elle célèbre à Pâques.
Ainsi apparaît clairement l’enracinement de la Pâque chrétienne dans la
Pâque juive.
En occident, dans le rite romain, on lit d’ailleurs le récit de l’Exode au
cours de la nuit pascale. Si l’Église primitive a légèrement déplacé la date de
Pâques, en la fixant au premier dimanche suivant la nouvelle lune de printemps,
c’est pour honorer le dimanche, jour de la Résurrection du Christ.
“Faites cela en mémoire de moi”, demande Jésus (Lc 20, 19).
En répétant les gestes accomplis par Jésus lors du dernier repas qu’il a
partagé avec ses disciples, les chrétiens actualisent son offrande.
En recevant son corps, ils font mémoire du Christ, Fils de Dieu et Sauveur du
monde.
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