Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, Olivier Gaignet vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr



mercredi 3 février 2021

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2583 : "Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis." (A. de Saint-Exupéry)

Très symbolique, cette chronique d'Hervé Gardette, le vendredi 22 janvier à 8h50, sur France-Culture, dont je vous transmets un passage qui m'a interpellé.  Il était question de la façon dont Jo Biden a essayé de donner une place représentative, dans son équipe gouvernementale, à des personnes issues de catégories souvent laissées de côté dans son pays, sinon souvent oubliées :

"Un homosexuel qui s'assume comme tel aux Transports, une mère célibataire de souche amérindienne à l'Intérieur, un ministre de la Sécurité intérieure hispanique, fils de réfugié cubain, une femme noire à la Vice-Présidence, une personne transgenre à la Santé, un général afro-américain au Pentagone, un quadra d'origine asiatique au Commerce, aux côtés, pour chapeauter le tout, d'un homme blanc au seuil du 4° âge, à la Maison Blanche."

Je ne connais rien à la politique des Etats-Unis ; j'ignore si Jo Biden saura répondre ou non aux attentes de ses concitoyens ; mais il faut reconnaître cependant, à travers de tels choix, le souci de faire oeuvrer ensemble, au service du pays, des personnes d'une diversité impressionnante.

Les Cassandre me rétorqueront qu'il ne s'agit là que d'un calcul stratégique, d'une petite cuisine un peu simpliste, qui ne présume en rien de la bonne politique à venir de ce gouvernement.  Il n'empêche que ce président a osé franchir plusieurs barrières non évidentes et poser ainsi un pari sur l'avenir, concernant une Amérique tiraillée en tous sens et divisée.  Peut-on y rester indifférent ?

Je fais sans doute un raccourci rapide, qui va faire friser le nez à plus d'un ; mais en prenant conscience de la diversité de cette équipe, je n'ai pu m'empêcher de penser à Jésus formant son équipe de disciples, avec des personnes extrêmement diverses également.  A ce sujet, je me permets de vous citer un article d'Henri Tincq, paru dans "Le Monde" du 15 avril 2006 et que j'ai retrouvé dans mes archives, ; billet au titre révélateur : "Les 12 apôtres : un groupe bizarre, hétéroclite".

 

"Nous nous représentons le plus souvent les disciples sous l'image d'Epinal du cercle des douze apôtres assemblés autour de Jésus. C'était un groupe bizarre, hétéroclite, où l'on trouve des noms à consonance grecque, comme Philippe et André, et des noms hébreux comme Jacques, Barthélemy, Thaddée ou Simon. De ces douze Galiléens, les noms apparaissent dans les Evangiles dès le début de la vie publique de Jésus. Ils sont tout le contraire d'une élite. Rien ne les qualifiait, d'un point de vue intellectuel ou religieux, pour suivre un prophète itinérant, sinon qu'ils ont rompu pour lui tous leurs liens sociaux, quitté la famille, la maison.

De certains, comme Thaddée, nous ne savons que le nom. D'autres, comme Pierre et Jacques, vont devenir chefs de file de la première génération chrétienne. Pierre - qui, comme Jésus, n'a rien écrit directement - a cédé à Jacques la direction de l'Eglise de Jérusalem pour amorcer en Syrie une mission ouverte aux non-juifs (les païens). Mais le missionnaire par excellence fut Paul, un contemporain de Jésus, mais qui ne fut pas son apôtre. Il fut son persécuteur avant de devenir son propagandiste.

Quant à Judas, son surnom, "l'Iscariote" est énigmatique : signifie-t-il qu'il vient de Karioth, une ville de Judée, ou qu'il faisait partie des sicaires, les hommes au poignard, comme l'historien Flavius Josèphe appelle les zélotes ? Visiblement, Jésus a voulu rassembler des hommes dépareillés, dont le seul point commun était qu'ils faisaient confiance à celui qui les appelait."

 

Et s'il y avait à travers cela un appel pour que, non seulement dans nos sociétés, à la tête de nos nations, mais aussi dans nos églises, dans nos conseils de paroisse..., il y ait une telle diversité, plutôt que de nous limiter à ceux qui pensent comme nous, ou ne vivent que comme nous, ne serait-ce pas un réel pas en avant vers une authentique Fraternité ?

Allez lire cette lettre dans le "courrier des lecteurs" de ce jour sur "Ouest-France : "...Que serait une société homogène, uniforme, dont tous les membres se ressembleraient au point d'avoir une pensée unique ?... La pluralité, au contraire, est source de vie, d'ouverture d'esprit, d'enrichissement spirituel... Partager ce qu'il y a de meilleur chez les autres, c'est faire progresser l'humanité."

Pour nourrir votre méditation de ce jour, je vous propose le formidable hymne pour la paix composé par par le québecois Raymond Lévesque en 1956, interprété de concert, en 1974 par Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois : une magnifique chanson encore bien d'actualité  :

https://youtu.be/cZfDRQ_kKOw


2 commentaires:


Elodie a dit…

Merci pour cette invitation à la réflexion, Olivier, de ce qui peut faire et de ceux qui peuvent faire notre Humanité, faites de tant de couleurs et de vies, d'Hommes et de Femmes, d'Enfants, si proches et si différents.
Je comprends que l'on puisse se méfier un peu des politiques lorsqu'ils viennent "sortir du placards" des minorités si peu représentées mais bien présentes. Je comprends aussi que l'on puisse garder l'espoir que les choses bougent aussi et évoluent dans le bon sens.
L'avenir nous dira sur quel chemin Jo Biden décide d'avancer et d'emmener un peu avec lui tant de ses concitoyens américains...


Ton billet de ce jour me fait penser à une chanson de Joan Manuel Serrat, un auteur et chanteur espagnol qui écrit un poème que je me souviens avoir étudié au lycée.
Je vous le traduis, et je mettrai en second commentaire les paroles en VO (espagnol) pour que les éventuels bilingues ou hispanophones puissent en faire leur propre traduction.
Le poème-chanson s'intitule "que cela te plaise ou non"

"Il se peut que cela te plaise ou non
Mais le fait est que nous avons beaucoup en commun.
Sous un même ciel, plus ou moins bleu,
Nous partageons l'air
Et adorons le soleil.

Nous avons tous les deux la même peur de mourir,
Une fragilité identique,
Un coeur,
Deux yeux et un sexe similaire
Et les mêmes désirs d'aimer
Et que quelqu'un nous aime en retour.

Il se peut que cela te plaise ou non
Mais par chance nous sommes aussi distincts.
J'ai une épouse, tu as un harem,
Tu cultives la vallée
Je navigue sur la mer.

Tu nies en swahili et moi en catalan
Moi je suis blanc, et toi couleur bitume
Et, figure-toi
Je ne sais pas si ce que j'aime le plus chez toi
C'est ce qui te différencie de moi
Ou ce que nous avons en commun.

Que cela te plaie ou non,
Je t'aime pour les deux
Ce que l'on a en commun me réconforte
Ce qui nous distingue me stimule

Nous avons tous les deux la même peur de mourir,
Une fragilité identique,
Un coeur,
Deux yeux et un sexe similaire
Et les mêmes désirs d'aimer
Et que quelqu'un nous aime en retour.

Que cela te plaise ou non "

Elodie a dit…

Voici donc la version originale de la chanson de Joan Manuel Serrat qui est en espagnol :

" Puede que a ti te guste o puede que no
Pero el caso es que tenemos mucho en común.
Bajo un mismo cielo, más o menos azul,
Compartimos el aire
Y adoramos al sol.

Los dos tenemos el mismo miedo a morir,
Idéntica fragilidad,
Un corazón,
Dos ojos y un sexo similar
Y los mismos deseos de amar
Y de que alguien nos ame a su vez.

Puede que a ti te guste o puede que no
Pero por suerte somos distintos también.
Yo tengo una esposa, tú tienes un harén,
Tú cultivas el valle
Yo navego la mar.

Tú reniegas en swajili y yo en catalán...
Yo blanco y tú como el betún
Y, fíjate,
No sé si me gusta más de ti
Lo que te diferencia de mí
O lo que tenemos en común.

Te guste o no
Me caes bien por ambas cosas.
Lo común me reconforta,
Lo distinto me estimula.

Los dos tenemos el mismo miedo a morir,
Idéntica fragilidad,
Un corazón,
Dos ojos y un sexo similar
Y los mismos deseos de amar
Y de que alguien nos ame a su vez.

Te guste o no."

Ainsi que le lien de la chanson pour ceux qui souhaiteraient l'écouter : https://www.youtube.com/watch?v=C4cN6n5P33M