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Depuis novembre 2007, Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr



mercredi 16 décembre 2015

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.903 : "Tomber" dans la miséricorde de Dieu !

Plusieurs ayant souhaité avoir le texte de l'homélie que j'ai donnée à Evrunes et Mortagne le week-end dernier, je me permets de la mettre à la disposition de tous.

Homélie du 3ème Dimanche de l’Avent                                                                                     ( 12 - 13 décembre 2015)

Traditionnellement, le 3ème dimanche de l’Avent est présenté, dans le temps de l’attente un peu austère de Noël, comme le dimanche de la joie. Mais, me direz-vous, avec toutes les difficultés que nous vivons, a-t-on encore le droit de se réjouir ?  Alors là, quelque soient nos sentiments, c’est la parole du Christ qui nous répond. Laissons résonner en nous ces mots du prophète Sophonie dans la 1° lecture : « Ne crains pas, ne te laisse pas défaillir ; le Seigneur est en toi, le héros qui apporte le salut. »

Et Saint Paul de confirmer ainsi cet appel de à la joie profonde : « Le Seigneur est proche, ne soyez inquiets de rien, soyez toujours dans la joie. » Avec de tels conseils, l’on ne peut pas sortir de cette église avec « une tête de piment au vinaigre » pour reprendre une formule chère au  pape François !   C’est donc le thème qui a été retenu par l’équipe liturgique pour cette Eucharistie : « Accueillons dans la joie  et l’espérance la miséricorde du Christ. »

Un peu usé, peut-être ce terme de « miséricorde » ? Peu utilisé dans notre culture en tout cas. Et beaucoup n’ont pas bien compris l’objectif du Pape François quand il vient d’enclencher une année de la miséricorde pour l’Eglise universelle.   Or, comme le pape a fait remarquer que, la miséricorde, c’est peut-être ce qui manque le plus à notre société, cela vaut peut-être le coup de s’arrêter sur ce mot.

Deux exemples à ce sujet, tirés des infos entendues à France-Culture ce matin ; d’abord, concernant la Cop 21 : la porte-parole Sud-Africaine du G 77, regroupant 134 pays émergents, a fait remarquer que les pays riches manquent singulièrement d’indulgence par rapport aux nations en difficulté, et qu’il faut sans cesse les pousser pour qu’ils acceptent de donner une aide, bien parcimonieuse généralement.  Autre exemple : le journaliste a fait remarquer que la justice française avait manqué d’indulgence (encore ce mot) vis-à-vis de Jacqueline Sauvage, cette femme, battue pendant 47 ans, dont les filles ont été violées par son mari, qu’elle a fini par abattre, récoltant 10 ans de prison…

Faire preuve d’indulgence, de miséricorde, voilà à quoi nous sommes appelés !  Quand on décortique ce mot, on fait la découverte suivante : « miséricorde », c’est l’association de deux réalités : la misère et le cœur.  Miséricorde signifie avoir un cœur (« cor » en latin), un cœur qui bat pour les pauvres ( « misereor » en latin, « j’ai pitié »).

Mais si on regarde dans  la Bible, ce terme a encore un sens plus précis, puisqu’il désigne le sein maternel, les entrailles d’une femme, l’utérus, et l’on sait bien qu’une mère souffre dans ses entrailles, pour donner la vie. Aimer avec ses entrailles, c’est aimer profondément.                                                                                                                                       Il apparaît treize fois dans la Bible que Dieu souffre avec ses entrailles, comme une mère, par rapport à Jérusalem qui le déçoit, au peuple élu qui est infidèle, face aux souffrances des malheureux ; on sent Dieu comme oppressé, à la façon dont on se dit parfois comme « pris aux tripes ».

Quant à Jésus, il s’est révélé parmi nous comme le visage visible de la miséricorde du Père. Et, nombre de ses attitudes sont guidées par sa miséricorde infinie. Les exemples sont multiples : depuis le père de l’enfant prodigue, jusqu’au berger qui descend dans les ronces chercher la brebis perdue, en passant par son attitude face à la femme adultère que des religieux légalistes veulent punir, ou son action permanente d’attention et de guérison auprès des personnes malades, etc…

Je vous renvoie à l’Evangile de Luc, que nous lirons toute cette année C ; lisez-le avec cette clé de lecture, et vous découvrirez combien la miséricorde, c’est la loi fondamentale,  l’axe, la clé de l’action de Jésus.

A présent l’appel est clair, nous sommes appelés nous-mêmes à rendre visible, à actualiser dans nos vies la miséricorde de Dieu.   « Miséricordieux comme le Père », c’est d’ailleurs la devise de cette année sainte.   Mais comment s’y prendre ?  Cela rejoint la question posée à Jean le Baptiste dans l’évangile de ce jour : « Que devons-nous faire ? »

Le pape appelle nos familles, par exemple, à être « des oasis de miséricorde ». D’ailleurs pourrait-il y avoir une meilleure façon de  se préparer à Noël que de se défaire de nos brouilles et de nos rancoeurs ?  Quel est le plus beau cadeau à offrir, sinon cela  ?

Vous connaissez cette phrase de saint Paul aux Ephésiens : «  Que le soleil ne se couche pas sur notre colère !» Et si on faisait le pas, d’ici Noël, pour pardonner à un conjoint, à un enfant, à un voisin, à un collègue de travail ? Et si on laissait le grand fleuve de la miséricorde divine traverser nos familles, notre société ?

Vous allez me dire : «  Ce n’est pas possible ! Dans notre famille, on ne peut plus se pardonner. » Cela nous appelle à faire silence, à prendre le temps de contempler la miséricorde de Dieu, à en faire notre style de vie. Nous avons un an pour cela.  D’ailleurs, se réconcilier avec chacun, ainsi que le disent les médecins, c’est aussi très bon pour la santé ; nous avons donc tout à y gagner ! Saint Basile, père de l’Eglise, écrivait : « Par la miséricorde envers le prochain, tu ressembles à Dieu. » Apprenons aussi la miséricorde à  nos petits-enfants…

Et engageons-nous aussi dans des œuvres de miséricorde, comme beaucoup le font déjà, à l’exemple de l’ACAT (l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture), qui lutte pour que le jeune blogueur d’Arabie Saoudite, Raëf Badawi, échappe à sa condamnation à 1000 coups de fouet et à dix ans de prison.

Aujourd’hui, dans toutes les cathédrales du monde, est symboliquement ouverte une porte de la Miséricorde ; quel en est le sens ? De même que Jésus est la porte par laquelle il nous faut passer, quiconque va passer la porte Sainte, à Saint Laurent-sur-Sèvre dimanche prochain par exemple, s’engagera par cette démarche à être miséricordieux avec les autres, comme Dieu l’est avec nous.

Enfin si tout cela vous paraît un peu complexe, je vous laisse sur ce conseil de l’écrivain Gustave  Thibon : « Dieu n’est qu’un abîme de tendresse et de miséricorde dans lequel il suffit de se laisser tomber ! »

« Laissons-nous tomber en Dieu ! »

 

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