Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

samedi 17 novembre 2012

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.565 : Le mariage pour tous et les enfants

J'ai reçu le mail suivant : "Ce soir, lors d'un reportage aux infos de 20 h sur le mariage gay, notre fille (qui a 5 ans) nous dit : "Regardez, c'est deux hommes qui se marient, et là, deux femmes." Nous lui avons dit que ce n'était pas normal ; le mariage, c'est un papa et une maman, dans l'église de Jésus. Que pouvons-nous répondre à nos enfants pour qu'ils ne soient pas perdus sur ce qu'ils voient ou entendent ? Merci pour vos lumières."
Cette réaction montre que l'ensemble des enfants sont plus bousculés, étonnés qu'on ne le croit par ce débat de société. De nombreuses questions se posent, et pas seulement dans l'air du temps, mais aussi au sein de chaque famille. Les parents sont-ils suffisamment outillés, préparés, pour accompagner la réflexion de leurs enfants sur un tel sujet ?  D'abord, sont-ils au clair eux-mêmes par rapport à une telle question ?
Il s'agit d'aider les enfants à comprendre les différences. Les faits sont têtus et, de toute façon, on ne peut se voiler la face devant le fait que, dans toutes nos familles, des personnes se découvrent ou se révèlent de tendance homosexuelle. Que l'on soit d'accord ou pas n'y change rien, mais il faut savoir expliquer loyalement ce sentiment à nos enfants, en leur apprenant à ne pas juger ni condamner.
Mais la meilleure façon d'expliquer les choses en vérité, c'est encore que les parents vivent eux-mêmes un amour qui soit vrai, fort, fidèle, heureux et équilibré. Si les couples homme-femme vivaient leur mariage, même avec des hauts et des bas, de façon rayonnante, les questions des enfants ne se poseraient pas de la même façon. La question du mariage gay renvoie les couples hétéro-sexuels à la qualité et au contenu profond de leur propre mariage, qu'ils soient passés par l'église ou non d'ailleurs.
Quant aux droits à l'enfant, qu'est-ce que cela veut dire ? Avoir un enfant est en général une joie ; il peut être l'objet d'un désir, sûrement pas un droit : on ne possède pas un enfant ! D'ailleurs, le président du BICE (Bureau International Catholique de l'Enfance), qui a un statut consultatif auprès du Conseil des Droits de l'Homme et des Droits de l'Enfant à l'ONU, vient de mettre en garde contre l'absence des enfants dans la discussion actuelle sur l'ouverture du mariage aux personnes de même sexe : "Les enfants sont jusqu'ici les grands absents de cette discussion. C'est un débat où il est uniquement question des adultes." Ceux-ci ne leur demandant leur avis que pour aller dans le sens de leur propre point de vue. Une évolution de la loi risquerait d'aboutir au brouillage de l'identité des enfants adoptés par des couples homosexuels.Parmi les droits essentiels de l'enfant, à respecter sous peine d'inhumanité, celui d'avoir un père et une mère, c'est évident !
Toutes ces questions sont trop complexes pour pouvoir être traitées à fond de le cadre de ce bref billet. Mais à chacun de faire part de son sentiment en commentaire au besoin !

2 commentaires:


Père Gaignet a dit…



Annick

Voici mon commentaire :

Pour penser le chacun, faut-il nier le tout ? Pour penser le tout, faut-il nier le chacun ? Ne faudrait-il pas revenir à une réflexion qui saurait penser une sorte de dialectique entre l’individu et la société, où l’on verrait que certaines contraintes de la société sur l’individu, devenues illégitimes, insupportables, ont des effets constructeurs sur cet individu ?

Les lois devraient exprimer un certain nombre de décisions concernant le sens que nous donnons, ensemble, à l’humanité. Ces valeurs, ces décisions ou options sur l’humanité caractérisent toujours il me semble, une civilisation. Ou plutôt elles expriment la manière pour une culture d’accéder au niveau de la civilisation. Mais les valeurs sont plus que des lois. Reconnaître cette supériorité nous sortirait du juridisme qui commence à tuer le vrai sens de nos lois. Ce n’est pas la loi qui fonde la valeur, c’est l’inverse. On est porté à tout demander au droit, et celui-ci prolifère sans jamais réussir à combler le vide contre lequel on fait appel aux lois. La sphère du droit doit s’adosser à la sphère des valeurs, et en définitive à celle d’une morale commune. Le droit n’est jamais neutre sur le plan anthropologique. Il n’est pas neutre, il comporte des orientations sur la conception de l’homme.

Je crains que l’éducation, avec les riches héritages culturels dont elle est porteuse, pourrait devenir impossible. Le meilleur de notre monde commun n’a pas toujours existé et les progrés dans la conquête de l’ humanité ne sont pas irréversibles. Mon hypothèse est que la barbarie ne surgit pas forcément à travers des bouleversements tout de suite évidents. Tout aussi préoccupant pour moi, ces phénomènes silencieux d’érosion dans nos manières d’être au monde. Ceux-ci ont pour effet la remise en cause de notre socle commun pouvant conduire à terme à son effondrement. C’est pourquoi une claire vision de l’homme, m’ apparaît plus jamais nécessaire pour assurer la pérennité de l’ontologie morale. ( La fragilité du lien social conséquence de la crise économique, l’impossibilité de se loger à proximité de son lieu de travail, les temps partiels non choisis, la précarité de l’emploi qui conduit à pratiquer le célibat géographique …. destructurent la famille . La barbarie peut abattre la civilisation vers l’abîme ignoré à l’avance. Comme j’aimerais aussi, entendre nos évêques , prêtres, mettrent autant d’énergie dans leurs interventions sur la situation socio-économique que pour » la manif pour tous. »)

Il me paraît évident que ces nouvelles lois éthiques en projet, celles que l’on peut jugées anodines, réversibles, peuvent être évitées, et qu’à les méconnaître on prépare de grands bouleversements.

Ayons chacun(e), une espérance liée à la conscience d’une responsabilité face à l’avenir, une espérance sans collusion avec l’utopie, mais lucide, tournée vers l’action. L’histoire est à faire, puisque le futur n’est pas connu d’avance, il vaut la peine d’oeuvrer ; une espérance, socle d’une nouvelle culture de l’engagement dont l’objectif est de contribuer modestement à l’améliorer !






Denise Bodin a dit…

Il me semble que le droit de l'enfant consiste en particulier à lui donner une famille où il aura un maximum de chances de se construire. J'espère que les messages de l'Eglise, les manifestations pacifiques... amèneront chacun(e) à réfléchir sur le sens ou la qualité du mariage et l'importance du lien de filiation.
Merci à tous ceux qui élargissent le débat tout en cherchant des solutions qui fassent évoluer le droit à la demande de reconnaissance des personnes homosexuelles, sans pour autant porter atteinte aux fondements de la société et à l'intérêt de l'enfant.