Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

lundi 9 janvier 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.332 : Dieu intéresse-t-il toujours ?

La question est peut-être mal posée, mais vous comprenez tous ce que je veux dire, et c'est le principal ! De nos jours en effet, parce que la fréquentation des églises n'est plus celle que les anciens ont connue dans leur jeunesse, parce qu'il y a des critiques publiques par rapport à l'institution "Eglise", parce que les jeunes ne conçoivent pas les temps de prière et la manière liturgique de célébrer de la même façon que les personnes plus âgées, nous aurions tendance à conclure que Dieu n'intéresse plus nos contemporains et à nous considérer comme "les derniers des Mohicans" ! Cela me laisse toujours un peu rêveur ! Mais de quelle Eglise rêvons-nous en effet ? Et quel est le Dieu en qui nous avons mis notre foi ? Aurions-nous oublié qu'il est venu dans la nuit, que bien peu de personnes étaient là pour l'accueillir, qu'il a partagé notre existence au milieu des hommes dans l'ombre pendant trente années, qu'on l'a critiqué, insulté, et en finale éliminé ? Désirerions-nous par hasard jouir d'un statut plus tranquille que le sien ? Aurions-nous oublié que "le disciple n'est pas au-dessus du maître" (Matthieu 10/24), et que le projet de vie des chrétiens ne peut être ni plus paisible ni plus simple que celui de Jésus ? Tout en regardant les journaux de la semaine, je suivais d'un oeil, hier soir, le superbe film de Francis Ford Coppola, "Le Parrain", dont les dernières images m'ont horrifié : l'on y voit l'un des chefs de la Mafia, interprété par Al Pacino, participer au baptême de son petit-fils et répondre sans broncher, aux questions du prêtre lui demandant d'exprimer, en tant que "parrain", au nom de l'enfant, comme cela se faisait dans l'ancien rituel du baptême, s'il était prêt à marcher toute sa vie dans la lumière de l'Evangile ; et le chef mafieux de répondre "oui" sans sourciller. Le lendemain même, apprenant que le père de cet enfant, son gendre, l'a trahi, il le fait étrangler, dans une scène hyperviolente, toujours sans sourciller ! A cette époque pourtant, les églises étaient pleines, en Sicile comme en Italie ou en France ; comme quoi !!! La scène se passe dans les années cinquante en effet.
Hier matin aussi, j'allais dire : "encore", l'église saint Jean était remplie de jeunes couples, et des dizaines d'enfants étaient présents pour notre messe mensuelle des familles, toujours très priante et très enjouée. Au cours de celle-ci, deux filles, Clara et Charlotte, ont exprimé devant tous leur désir de recevoir le baptême. Charlotte nous a dit que c'est parce qu'elle aimait Jésus ; Clara, plus âgée, sans papier, a fait devant tous, une véritable profession de foi : "Je veux rentrer dans la famille des chrétiens !" Je lui ai répondu : "Ta famille est là, autour de toi, pour te soutenir et prier pour toi." Et nous les avons applaudies. Elles n'étaient que deux ? Mais Jésus aussi a rencontré et appelé ses disciples un par un, ou deux par deux ! En tout cas, je me suis permis de souligner que ces deux jeunes représentaient bien hier, dans notre église, la preuve que Dieu continue d'intéresser, d'appeler, d'inviter, parmi nos contemporains, jeunes ou plus anciens, tous ceux qui acceptent d'ouvrir leur coeur, comme les rois mages, humblement, à sa lumière !
Vue dans ce sens, l'Eglise-institution intéressse toujours ! Ces jeunes filles l'ont bien compris, qui y reconnaissent leur famille et veulent y entrer ! D'ailleurs, n'est-ce pas l'Eglise qui leur a révélé le vrai visage de Dieu ?

2 commentaires:


Henri Loisance a dit…

Le 21º S sera spirituel ou ne sera pas … cette citation de Malraux, est parfois adaptée, récupérée, en -Le 21º S sera religieux ou ne sera pas, et en - Le 21º S sera mystique ou ne sera pas.

L’important pour répondre à la question du jour, est que cette citation soit fréquente. Cette constatation tendrait à laisser supposer que l’aspiration spirituelle, donc vers le divin, donc vers Dieu, est sinon croissante, du moins constante. Donc OUI, Dieu intéresse toujours.

Que le terme spirituel soit remplacé parfois par religieux ou par mystique, oriente vers le désarroi et le questionnement des religions devant les « temples » qui se vident, et surtout devant la mutation de la demande, devant l’évolution de la nature et de la forme de la recherche de l’Homme vers le divin. Le risque est que l’Homme se construise un jour du spirituel et du divin … sans Dieu ! …

Messieurs le religieux, au travail, pour adapter vos messages … le message … et RV en 2099 !

Dominique de Beaupré a dit…

Décidément... ce blog est un média extra-ordinaire!
Avez-vous vu, lu ou entendu une bonne nouvelle ces derniers temps, sans doute pas. Sauf si, comme moi vous vous connectez au "blog du curé de Fontenay". Des questions graves, des sujets brûlants y sont abordés. Avez-vous remarqué qu'il ne nous donne pas de leçon ou bien une légère "correction fraternelle" souvent méritée ? Sentez-vous ce bon bol d’air frais et revigorant qui entre par ses fenêtres ouvertes sur le monde. Voyez-vous cette lumière, parfois toute discrète, qui éclaire nos impasses, grandes ou petites, et nous pousse vers le chemin de l’autre à la rencontre du Tout-Autre !
Je suis agacé quand on parle de crise de l’Eglise, de la société, de la famille… Je suis agacé par les discours apocalyptiques du type " Le ciel nous tombe sur la tête. Tout est foutu. Il n'y a plus de parents, plus d'enfants, etc ". Pourquoi ? Simplement parce que l'on tient ce discours depuis des milliers d'années. Relisez les satires de Juvenal, né en 65 de notre ère. Il s'y plaint de l'absence de la transmission, du manque d'autorité, du caractère rebelle de nos enfants et de l'état de délabrement de la société. Et en reprenant l’Ancien Testament au livre de l’Exode : " Ah ! qui donc nous donnera de la viande à manger ? Nous nous rappelons encore le poisson que nous mangions pour rien en Égypte, et les concombres, les melons, les poireaux, les oignons et l'ail ! " Exode 16, 3. Relisez saint Augustin et les premiers livres de La Cité de Dieu écrite en 410, après le sac de Rome par les Wisigoths d'Alaric . Vous y trouverez des accents étonnamment modernes, une inquiétude, une atmosphère crépusculaire et des évènements très proches de ce que nous vivons. Le sac de Rome, c'était en quelque sorte le 11 septembre 2001 de l'Empire romain.
Nous sommes les témoins d’un monde en pleine transformation, en pleine mutation et nous n’y pouvons rien sauf l’accompagner positivement la où nous sommes, hic et nunc, avec nos pauvres moyens et nos questions. Ne portons plus le deuil d’un passé révolu. Autrement dit, soyons enfin capables de regarder le passé sans jeter le bébé avec l’eau du bain. Sortons de nos jérémiades, ouvrons nos bras à l’A-Venir.

Dominique de Beaupré