Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, Olivier Gaignet vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr



mercredi 14 octobre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2473 : "Ma France" (Jean Ferrat)

 Jean Ferrat fut un chanteur populaire d'un immense talent.  Son père était russe, de confession juive, immigré en France en 1905. 

Jean Ferrat fut fidèle sa vie durant à ses idéaux communistes ; cela ne l'empêcha pas, au contraire, de chanter cette véritable déclaration d'amour à son pays d'adoption, la France, ainsi qu'au peuple qui a fait son histoire, et a exporté à travers le monde le flambeau de la liberté.  Même si cette lumière a été assombrie par les actes désastreux d'u Robespierre comme par le racisme ou l'antisémitisme en France encore aujourd'hui.


De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saison
 De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine 
Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson 
Ma France

Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l'histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu'elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France

lundi 12 octobre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2472 : Ah, le bon vieux temps !

Voici ce que je viens de recevoir d'une amie religieuse au pays de Fontenay, Soeur Gaby.

Merci à elle !

 

Un jeune homme demande à son grand-père  : 

"Grand-Père, comment as-tu pu vivre avant...

 - sans technologie
 - sans internet
 - sans ordinateur
 - sans drones
 - sans bon coin
 - sans téléphones portables
 - sans face-book ?"

 

Le Grand-Père répondit :

"Ta génération vit aujourd'hui...
 - sans humanité
 - sans dignité
 - sans compassion
 - sans honte
 - sans honneur
 - sans respect
 - sans personnalité
 - sans caractère
 - sans amour
 - sans modestie


 Nous, aujourd'hui quand vous nous appelez "vieux", nous avons été bénis, notre vie en est la preuve...

-  A vélo nous n'avons jamais utilisé le casque.
 
-  Après l'école, nous avons fait nos devoirs nous-mêmes et nous sommes toujours allés jouer dans les prés jusqu'au coucher du soleil.

-  Nous avons joué avec de vrais amis, pas avec des amis sur internet.

-  Si jamais nous avions soif, nous avons bu de l'eau de la fontaine, pas de l'eau en bouteille.

-  Nous n'avons jamais été malades pour avoir utilisé le même verre que nos amis.

-  Nous ne sommes pas devenus obèses en mangeant souvent du pain et des pâtes.

-  Nous avons créé de nos mains nos jouets et joué avec eux.

-  Nos parents n'étaient pas riches mais ils nous ont donné de l'amour.

-  Nous n'avons jamais eu de téléphone à la maison, ni de téléphones portables, de télévision, DVD, Play-station, Xbox, jeux vidéo, ordinateurs personnels, internet... 

 

Mais nous avons eu de vrais amis !

-  Nous avons visité la maison de nos amis sans avoir été invités et nous avons apprécié avec eux du pain-beurre avec une barre de chocolat pour le goûter.

-  Les membres adultes de la famille vivaient à proximité pour profiter du temps.

-  Nous sommes une génération unique et plus compréhensive, car nous sommes la dernière génération qui a écouté leurs parents... 

-  Et aussi la première qui a dû écouter ses enfants !"

 

Nous sommes une édition limitée,

              à tirage maintenant très limité !"

 

dimanche 11 octobre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2471 : Savoir repérer les belles nouvelles

 Lorsque je publie un billet, je ne sais pas du tout s'il va être apprécié ou non, et heureusement ! Parfois cependant, lorsque je consulte mon compteur personnel sur ce blog, je suis surpris des résultats. Par exemple, l'un des billets les moins lus ces derniers temps, c'est celui du 23 septembre dernier, le n° 2458, où j'avais présenté quatre belles figures de chrétiens, jeunes et modernes : Olivier Giroud, puis deux jeunes dont je venais de présider le sacrement de mariage le jour même, et enfin Agnès Chow, militante de la liberté à Hong-Kong. 

Cela a donc beaucoup moins accroché l'attention que des billets plus "polémiques", bien plus lus, comme ceux concernant certaines caricatures. Mais, en termes de communication, on sait bien que, pour faire le buzz, il vaut mieux parler de ce qui est sordide et provoquant que de ce qui parle de beauté et de fraternité... Mais il faut de tout, et je sais que vous appréciez la diversité des sujets abordés.

Certains d'entre vous me rappellent régulièrement qu'ils attendent surtout de mes billets une aide, un encouragement à vivre cette époque difficile dans la lumière de l'Espérance ; avec une préférence pour les bonnes nouvelles qui font honneur à la grandeur de l'homme et à la fraternité.  Mais souvent, ils ajoutent aussitôt : "C'est difficile à vivre, car les médias ne nous racontent que des souffrances et des drames, rien d'encourageant."

Nous allons donc aujourd'hui essayer de jeter un autre regard, plus positif, plus constructif, sur l'actualité ; et cela, dans une sorte de travail pratique, à partir du "Dimanche Ouest-France" de ce 11 octobre, et en réponse à la souffrance exprimée par Line Renaud en page 7 : "Quand je regarde les chaînes d'info, je suis forcément pessimiste."  Examinons donc de plus près ce qui nous est proposé sur ce journal.

-  page 2 : Frédéric Delohen, maire d'une commune de 1 343 h dans la Somme, a baissé son indemnité d'élu de 600 € pour pouvoir embaucher à plein temps un jeune employé au service entretien de sa commune.

-  p. 10 : Pascal Sancho, secouriste en montagne, déclare : "Pour s'engager dans cette voie, il faut d'abord avoir la volonté de tendre la main. Le secourisme en montagne s'accompagne d'une prise de risque. Cette activité a un sens qui consiste à sauver des vies. Donc, il vaut mieux aider son prochain, c'est sûr..."

-  p. 11  :  Depuis le début des années 60, il est de bon ton de répéter que le pape Pie XII n'a rien fait pour sauver les Juifs pendant le Seconde Guerre mondiale. Les historiens qui disaient le contraire n'étaient pas entendus. Mais le 2 mars dernier, le pape François a ouvert les archives du Vatican. Les documents d'époque, qui ont tous été conservés, soulignent largement l'immense action menée par le pape, au plan diplomatique, caritatif et autres, dans le secret souvent, en faveur des Juifs. Des documents inconnus jusqu'à ce jour, qui infirment complètement les infos données par erreur par exemple dans le triste film "Amen" de Costa-Gavras, qui a contribué, parmi d'autres, à donner une image faussée de la réalité. (1)

-  p. 12-13  : Le 18 décembre 2008, pendant le Vendée-Globe, le skipper Yann Eliès a subi une terrible blessure en effectuant une réparation sur son voilier ; son pronostic vital était de 72 h seulement. Il put cependant  lancer un appel au secours. Aussitôt, toute une chaîne de solidarité se mit en place, du PC course à Paris et aux Sables d'Olonne jusqu'au centre de sauvetage de Canberra en Australie, en passant par le skipper en course le plus proche, le breton Marc Guillemot, qui n'hésita pas une minute à mettre le cap sur le voilier et qui fit tout pour sortir Eliès de sa torpeur en attendant les sauveteurs. Yann Eliès écrira : "Marc ne m'aura pas porté assistance ni n'aura procédé au moindre sauvetage. Il m'aura simplement sauvé la vie."

Dans tout journal ou presque, qu'il soit de papier, radiodiffusé ou télévisé, il y a de quoi repérer au minimum une belle nouvelle. Il y va de la qualité de notre espérance, que de pouvoir la repérer, pour retrouver du courage et rendre grâce à Dieu, acteur avec nous et en nous de ces "beaux faits" !


(1)  comme le rappelle d'ailleurs fort à propos le journal "La Vie" du 24 septembre dernier, cet artiste soucieux de vérité qu'était Michael Lonsdale avait catégoriquement refusé d'être le pape d' "Amen" de Costa-Gavras, en raison de la vision faussée et contraire aux faits, quant au rôle de Pie XII que le cinéaste proposait dans ce film.

samedi 10 octobre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2470 : Colonisation : et si quelqu'un venait s'installer chez moi ?

Les "bienfaits" de la colonisation !  Et si quelqu'un venait s'installer chez moi, pour soit-disant me civiliser, tout en me volant mes terres, restant là pendant 150 ans, me battant dès que j'ose élever une protestation, est-ce que je continuerais à prétendre que la colonisation a tout de même eu de bons côtés ?

 

 Nombre de téléspectateurs ayant suivi, mardi soir 6 octobre, sur France 2, le documentaire intitulé "Décolonisations, du sang et des larmes", malgré l'ampleur et la complexité du problème, je me suis résolu à faire un billet à ce sujet, qui sera forcément très incomplet. Cette soirée exceptionnelle, qui s'est terminée après minuit, avait pour but de "lever le dernier grand tabou de l'histoire en France : les décolonisations françaises en Asie et en Afrique".

Un tabou solide en effet ! Car dans notre pays, oser remettre en cause les bienfaits de la colonisation, tels que ceux-ci nous ont été enseignés dans les écoles de la République depuis un siècle et au-delà, cela est considéré comme une attaque directe du nationalisme français, un combat perfide contre la France.

Cependant, l'objectif de ce documentaire n'était en rien de dénigrer sans raison notre pays, mais tout simplement d'avoir le courage de regarder ce passé, de l'affronter, de ne pas se voiler la face sur cette période de notre histoire. A quoi bon remuer tout cela, pensent certains ?  Parce qu'il est de l'honneur d'un pays de savoir reconnaître ses erreurs, même si on ne peut pas corriger le passé.  Et parce que, comme l'a dit le leader antillais Aimé Césaire : "une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde." Alors que la France a voulu préserver l'universalisme des Lumières (!), et ne montrer que ce qui valorisait son histoire coloniale, tout en en cachant soigneusement les échecs et les ratés.

Or, ce n'est pas mentir, ni exprimer des choses inexactes que de souligner des faits historiquement vérifiés, même s'ils nous ont été longtemps cachés. Le documentaire a rappelé par exemple que la construction de la voie ferrée "Congo-Océan", par le travail forcé, a fait 20.000 victimes. Durant les deux guerres mondiales, de très nombreux Africains ou Asiatiques ont eu le droit de venir se battre pour la France, mais ils n'avaient pas le droit de voter. A Thiaroye, près de Dakar, quand les tirailleurs sénégalais, à leur retour du front, en 1944, ont réclamé leur solde, la troupe leur a tiré dessus sans sommations, faisant plus de 50 mort et condamnant les survivants à la prison. En Indochine, on a utilisé le napalm, de même que sur les villages au Cameroun, lors d'une terrible guerre qui fut éclipsée par celle d'Algérie, à la fin des années 50, alors qu'elle a fait des dizaines de milliers de morts. Et la place me manque pour évoquer les "Oradours malgaches", tandis que les prisonniers malgaches étaient jetés vivants du haut des avions sur les villages rebelles : plusieurs dizaines de milliers de morts. Je ne reviendrai pas sur les guerres en Indochine et en Algérie, encore bien plus terribles, mais mieux connues, quoique... Aux Antilles aussi, en mai 67, les gendarmes ont tiré sur les Guadeloupéens, faisant plus de 60 morts ; mais cela également a été occulté !  Etc.

Vous allez me dire : mais enfin, grâce à la colonisation, tous ces pays ont pu profiter d'un certain développement, de l'éducation, etc... Quelle hypocrisie !  8% seulement des enfants de l'Empire ont pu aller à l'école : "on nous a appris à avoir honte de notre culture, de nos rites religieux, pour adopter le langage et la culture du colonisateur."  Quant aux infrastructures, réalisées, rappelons-le, par le travail forcé, elles n'avaient pour but que de faciliter l'exploitation économique du pays, au profit de la métropole. 40 territoires étaient sous domination française ; on les a exploités plutôt qu'on les a mis en valeur. Et pour être certain que nul n'échapperait au travail forcé, on marquait les hommes au visage avec une lame de rasoir. A la fin de la guerre d'Algérie, le gouvernement français ayant interdit d'accueillir les harkis en France, des dizaines de milliers furent assassinés !

Et pendant ce temps, dans les années 47-48, tandis que l'on massacrait les Malgaches par dizaines de milliers, la France se gargarisait en se considérant comme une actrice essentielle de la Déclaration universelle des Droits de l'homme signée à Paris, au Palais de Chaillot ; or, le pays des Droits de l'homme était un pays qui, un peu partout, réprimait la liberté ! Mais peu à peu, alors que la France ne voulait rien lâcher, l'Empire s'est effondré. En Algérie, aucune rébellion ne devait être tolérée, et les colons n'imaginaient pas que les Arables puissent être indépendants, tandis que la torture entachait l'image de la France.  Quant on pense à qu'il a été envoyé en Algérie plus d'un million et demi de jeunes Français, faire une guerre qui n'était pas la leur... ; avec tous les traumatismes que cela a entraîné, et qui ne sont toujours pas réglés ! Dans tous les territoires, les autorités françaises, incapables de gérer la crise autrement que par la force et la violence, ont tout fait pour décapiter les chefs indépendantistes.  Mais comme l'Empire se disloquait peu à peu et se fissurait de toute part, la France n'a eu d'autre choix que d'accepter les indépendances, à son corps défendant.

Mais l'Etat français n'a pas été beau joueur dans cet effort de décolonisation. La France n'a jamais renoncé totalement à son pouvoir sur ces territoires perdus ; au contraire, elle s'est acharnée à préserver sa domination. Sa tactique : placer des amis de la France à la tête des pays indépendants, tout faire pour que ce soit des leaders politiques qui jouent la carte de la France (Houphouët, Ahidjo,...). On a appelé cela "la françafrique", l'un des grands scandales de la République. L'on peut continuer à piller les richesses... Depuis les origines, nombre des présidents Africains des anciennes colonies sont les gardes-chiourmes des intérêts de la France, qui est d'ailleurs intervenue au moins une vingtaine de fois depuis la décolonisation dans les affaires de divers Etats. Encore aujourd'hui, la France place ses hommes et oeuvre à neutraliser les opposants.

Cela tandis qu'elle gère à présent seulement quelques débris de son Empire, 4% de la population française, répartis en 12 territoires, qu'elle ne veut pas lâcher : des territoires qu'elle a placés sous perfusion, en souhaitant bloquer ainsi les éventuels ou réels désirs d'indépendance ou d'autonomie, dans un néo-colonialisme d'un autre âge. Ainsi, elle a muselé le leader indépendantiste Paul Vergès à la Réunion par exemple. D'ailleurs, la départementalisation  n'a été et n'est encore qu'un leurre.

Tout cela fait partie de notre histoire, même si ce n'est guère enseigné dans nos écoles ; il y a eu un énorme déficit d'information. Et le gâchis est immense ! Emmanuel Macron a lui-même affirmé, lors d'une visite en Algérie, quitte ensuite à faire marche arrière, que "la colonisation a été un crime contre l'humanité."  En tout cas, les blessures demeurent très vives, et il en reste des traces indélébiles dans les coeurs.

Et aujourd'hui, en est-il fini du colonialisme ? Aimé Césaire a déclaré en 1989 : "L'esprit du colonialisme perdure à travers le racisme", toujours très sensible en France. Et il y a un monde entre l'universalisme proclamé haut et fort par la France et ce qui est vécu et ressenti par les "gens de couleur" dans la métropole, aux Antilles ou ailleurs !  Ce que certains appellent "les suites de la domination" ! Quand serons-nous enfin "tous frères" ?  Ceci reste un combat plus actuel que jamais !

vendredi 9 octobre 2020

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2469 : Une prière de Jean Racine

 Molière, Racine, Corneille, que de souvenirs !  Le Cid, Tartuffe, Athalie : des figures inoubliables. Ces trois grands maîtres de l'art dramatiques nous ont aidés à découvrir le meilleur comme le pire de l'âme humaine. Et leurs personnalités étaient à la fois très riches et très complexes. Prenons Racine par exemple ; je viens de relire l'une des prières extraites de ses admirables "Cantiques spirituels" (1694). Cela fait du bien de se redire que ce grand tragédien, Racine, avait une foi profonde. Je vous joins un de ses poèmes, dans lequel l'homme ressemble à un théâtre sur la scène duquel se jouent les aspirations les plus hautes comme les plus terrestres.  En cela, Racine reprend à son compte les propos de St Paul : "Je ne fais pas ce que je veux, mais je fais ce que je hais." (Romains 7/15) Racine en appelle à la grâce divine qui, seule, peut venir à bout de notre faiblesse.  Prier avec les mots de Racine, même si c'est dans le style littéraire du 17° siècle, pourquoi pas ?

 

Plaintes d'un chrétien

 

Mon Dieu, quelle guerre cruelle !  Je trouve deux hommes en moi :

L'un veut que, plein d'amour pour toi, mon coeur te soit toujours fidèle ; 

L'autre, à tes volontés rebelle, me révolte contre ta loi.


L'un, tout esprit et tout céleste, veut qu'au ciel sans cesse attaché,

et des biens éternels touché, je compte pour rien tout le reste ;

Et l'autre, pour son poids funeste, me tient vers la terre penché.


Hélas !  En guerre avec moi-même, où pourrai-je trouver la paix ?

Je veux, et n'accomplis jamais.  Je veux ; mais (ô misère extrême !)

Je ne fais pas le bien que j'aime, et je fais le mal que je hais.


Ô grâce, ô rayon salutaire !  Viens me mettre avec moi d'accord,

Et domptant par un doux effort cet homme qui t'est si contraire,

Fais ton esclave volontaire de cet esclave de la mort.