Ce pape François nous étonnera toujours ! A Ajaccio, lors de son homélie pendant la messe qui a eu lieu l'après-midi, il a déclaré ceci, suite à ses pérégrinations depuis le matin dans les rues de la ville : "J'ai vu beaucoup d'enfants, et deux petits chiens seulement. Je n'avais jamais vu autant d'enfants que partout ailleurs lors de mes voyages, sauf peut-être à Timor-Est !" C'est vrai que les enfants étaient très présents !
Un commentateur a d'ailleurs fait cette remarque sur l'une des chaînes de télé : "François a révolutionné le métier de pape." Ceci est peut-être trop dire, mais la façon du pape d'aborder le peuple corse a été exemplaire : son sourire permanent, sa joie évidente de saluer la foule, l'émotion qu'il a su faire naître dans le coeur des Corses, la ferveur populaire manifestée, les paroles d'espérance qu'il a prononcées..., François a su gagner le coeur de l'ensemble de la population.
Un signe qui ne trompe pas, l'association des Marocains en Corse, composée évidemment de musulmans, a fait don de 10.000 € pour aider au financement du voyage du pape. Par ailleurs, très belle réflexion du Ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, qui a été présent toute la journée : "La visite du pape en Corse est une forme d'affection pour la France." Il fallait que cela soit dit !
A ce propos, de la part d'esprits chagrins bien sûr, il a failli y avoir une polémique par rapport au fait que le pape n'était pas allé à Notre-Dame de Paris il y a huit jours. Mais le pape va où il veut et quand il veut. Et nous savons depuis longtemps que, dans ce domaine entre autres, il a en effet révolutionné le métier de pape. Nous le savons, il aime aller visiter en priorité ceux qui sont les plus loin, les plus oubliés, et surtout, ceux qui ne sont pas censés accueillir un pape... C'était justement le cas de la Corse !
Par contre, les messages qu'il a délivrés, s'ils étaient adressés aux Corses, concernaient, bien plus largement, les Français bien sûr, mais aussi les hommes et les femmes du monde entier. Par rapport à la religion populaire par exemple, dont il a clos un colloque qui s'est tenu à Ajaccio ce week-end, François a souligné fortement que le fait d'allumer des cierges, de faire dire des messes, de prier le Rosaire, de participer à des processions, de souhaiter des bénédictions diverses, etc., ce n'était pas forcément désuet ni folklorique ; car les pratiques de la religion populaire, cela attire les gens, mais il faut y voir une façon d'exprimer la foi avec des gestes simples, et permettre, à partir de ces éléments, d'aller plus au fond des choses, par l'écoute et l'évangélisation. "Il faut mettre en valeur une théologie qui part de l'homme, de ses aspirations et de ses besoins" a-t-il souligné. Le cardinal Bastillo a renchéri avec cette expression : "Il nous faut redonner sa place à Dieu au milieu des hommes !"
La laïcité a été très largement évoquée tout au long de la journée. Le pape a présenté ce que devait être "une saine laïcité, dans un dialogue ouvert entre la société et les religions." Justement, la façon très saine dont se vit la laïcité en Corse pourrait servir d'exemple pour l'ensemble de notre pays. Le pape a aussi montré son respect par rapport à ceux qui ne partagent pas notre foi : "Les non croyants ne sont pas éloignés de la justice et de la vérité ; ils y contribuent pleinement !"
En fin de matinée, à la cathédrale, l'intervention de François auprès des prêtres, des consacrés et des diacres a été très interpellante. En voici de trop brefs échos : "J'exhorte les pasteurs à rester proches du peuple et proches de Dieu ; et de garder les mains ouvertes pour partager. Nous devons garder notre coeur centré sur le Christ. Ce n'est pas moi qui suis au centre, c'est le Seigneur. Le Seigneur est un chef qui travaille plus que nous, ne l'oublions pas ! A chaque instant, il faut réécouter la voix du Seigneur. Prenez soin de vous et des autres ; le Seigneur est au milieu de nous quand on prend soin des autres."
Au moment de son départ, à la fin de la grand-messe, le pape a fait cette confidence étonnante : "Au milieu de vous, je me suis senti comme à la maison !" Cela voulait tout dire, et les Corses ont apprécié unanimement !
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