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...Alors, en réponse à vos attentes, Olivier Gaignet vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr



vendredi 3 septembre 2021

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2660 : La parabole du vélo

Voici le texte de mon homélie de dimanche dernier 29 août, dans le parc "Stella Maris" à Jard-sur-Mer.

 

Je vais commencer cette homélie en vous racontant une histoire.  Nous sommes encore dans la période des vacances, on peut faire un extra !

 Lorsque j’étais missionnaire au Mali, où j’ai vécu 9 ans, il y avait, parmi les prêtres du diocèse, un vieux missionnaire - je devrais dire, un vrai missionnaire, un Père Blanc ; vous savez, tel qu’on se l’imagine, avec une grande barbe, une gandoura couleur sable, et sa vieille pipe ; mais avec une foi et un dynamisme extraordinaires.  De temps en temps, il partait dans la savane, sur le territoire immense de sa paroisse, rejoindre des villages perdus, où nul Blanc ne s’aventurait jamais, à la rencontre des populations animistes, adeptes de ce que l’on appelle la religion traditionnelle, avec les sorciers, les fétiches et tout le reste….

 Peu de 4x4 à l’époque, du moins chez les missionnaires ; et peu de vraies routes ; surtout de mauvaises pistes, genre « routes de l’impossible, sur lesquelles moi aussi, j’en ai bavé, au volant de la vieille 2 CV que je m’étais procurée ; à bas prix, mais avec déjà 80.000 kms au compteur !  Quant à  notre bon Père, lui, il faisait ses tournées pastorales en vélo, sillonnant les pistes durant plusieurs jours d’affilée ; avec pas mal de rustines et de chambres à air de rechange.

 Il avait équipé son vélo d’énormes sacoches, devant, derrière, et son fusil attaché au cadre : les lions et les hyènes n’étaient pas absents, sans parler des pintades sauvages, très appréciées pour améliorer les menus.  A l’arrière, sur le porte-bagage, il avait installé une grande planche, sur laquelle étaient entassés un tas de bagages : tout son barda, sa valise chapelle, sans oublier sa boîte de nescafé et son tabac.

 Comme il parlait la langue locale, le bambara, à merveille, il avait un très bon contact avec les gens, qu’il finissait par connaître, et auxquels, le moment venu, il parlait de Dieu, et répondait à leurs questions sur la religion catholique.

 Bien entendu, il ne les forçait pas du tout à y adhérer ; mais parfois, les villageois, pris de curiosité, le voyant célébrer tout seul quelque chose d’étrange, s’approchaient de lui, et lui demandaient ce qu’il faisait. Il adaptait donc sa messe à cet auditoire avide de comprendre.  Un détail cependant : en brousse, dans les maisons, il n’y a pas de table. Pour célébrer, ce Père astucieux fixait son vélo droit sur sa fourche et, sur la planche, à l’arrière du vélo, il plaçait son petit calice, la grande hostie, son petit missel, le crucifix tout simplement de son chapelet, une bougie, et c’était parti.

 De village en village, c’était à peu près le même processus. Un jour, un jeune villageois lui demanda s’il pouvait l’accompagner ; et les voilà partis tous les deux, toujours en vélo.  Quelque temps après, voyant que ce jeune était intéressé, le Père lui proposa de venir à Bamako ; peut-être pour commencer avec lui un début de caté. Ce jeune assista alors à la  messe, pour la 1° fois dans un lieu religieux, la petite église de la paroisse.

 A l’issue de la messe, le Père Blanc lui demanda : « Alors, qu’en as-tu pensé ? »  Et le jeune homme de répondre : « C’était pas mal !  Mais pourquoi il n’y avait pas le vélo ? »  Cet exemple pour d’une part, vous présenter un aspect de la vie missionnaire, et d’autre part, pour montrer qu’il n’est pas toujours facile de faire la distinction entre les détails de tous ordres qui accompagnent les rites religieux.

 Aujourd’hui aussi, ne risque-t-on pas de prendre des détails pour l’essentiel. Quant on voit les débats aujourd’hui, dans l’Eglise, au niveau de la liturgie, souvent autour de choses mineures, on peut se le demander… : communier dans la bouche ou dans la main, avoir ou non des enfants de chœur filles, et j’en passe… Quand je pense qu’il y a des paroisses où l’on se crêpe le chignon pour des choses comme ça. Je crois que Dieu, au ciel, doit s’en arracher les cheveux ! Alors que l’essentiel, ce qui est fondamental, ce qui seul devrait retenir notre attention, c’est la prière que l’on fait, la recherche d’une vraie rencontre avec Dieu, la présence du Christ,  le souffle de l’Esprit.

 Jésus déjà, comme nous le rappelait l’évangile, s’est heurté à ce problème, avec les pharisiens qui donnaient tant d’importance à la vaisselle : lavages de coupes, de carafes et de plats, et le fait de devoir s’asperger d’eau avant de prier.  Or, prier, plutôt que tout cela, c’est entrer en cœur à cœur avec Dieu.

 Pardon de vous poser cette question, mais, prions-nous réellement durant les eucharisties ?  Depuis le signe de croix au début de la messe, qui ne doit pas être fait machinalement, jusqu’à la façon de recevoir le corps du Christ, plus précieusement encore que si l’on mettait dans notre main un diamant de 50.000 €.  Prions-nous avec le prêtre, quand celui-ci prononce les oraisons ? Avec la personne qui lit la prière universelle, avec l’organiste, dont la musique a déjà pour but de nous faire goûter le ciel ?

 A l’offertoire, par ex., déposons-nous sur l’autel nos rancunes, colères, amertumes, pour que Dieu les guérisse ?  Toutes ces choses dont Jésus parlait, qui sortent de nous et qui nous rendent impurs.

 Alors, les yeux fixés sur l’essentiel, nous deviendrons, non seulement des pratiquants de la religion et de ses rites, mais des pratiquants de l’Evangile !

 Pour en revenir à mon histoire du début, le jeune paysan au vélo a été baptisé ; il est devenu catéchiste, et il est à présent le chef de la communauté catholique de son village.

 Aux dernières nouvelles, il est toujours aussi passionné de l’Evangile !  Par contre, je n’ai pas de nouvelles du vélo ! 

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Pour info, pas de billet sur ce blog avant la 2° quinzaine de septembre.

Profitez-en pour relire tels billets qui ont davantage retenu votre attention.

Merci de votre fidélité, qui a sensiblement augmenté en ce mois d'août, et au plaisir de nous retrouver ! 

 

1 commentaires:


Unknown a dit…

Oui, Olivier, tout à fait d’accord avec toi! Allons à l’essentiel de “la messe”, de cette Eucharistie à laquelle nous pouvons de nouveau assister en personne. Quand je suis devenue catholique, (j’étais baptisée et confirmée anglicane), la raison principale de cette “conversion” fut justement l’eucharistie: ce qui se passait sur l’autel au moment de la messe. J’étais indifférente au “comment”, et ceci en 1969, ou toute la liturgie était en révolution. Tout ce qui m’intéressait c’était que Jésus était vraiment là, et je le désirais de tout mon cœur, de toute mon intelligence, de toutes mes forces. Le fait d’être au sein de toutes ces révolutions liturgiques m’a forcé à vraiment me concentrer sur le principal, ce qui m’a toujours aidé depuis! Nous sommes à présent de nouveau dans une sorte de révolution liturgique (dans laquelle les gens « se crêpent le chignon » comme tu le dis!), mais si nous prions vraiment avec le Christ, tout se passera bien…  « Il est là ! » Comme le disait le curé d’Ars!