- Lors de notre passage à Tabgha, au nord-ouest du lac de Tibériade, nous avons pu entrevoir l'église de la Multiplication des pains, inabordable pour le moment, car elle a été incendiée, sans doute par des adolescents juifs vivant dans des colonies de Cisjordanie. En 6 ans, il s'agit de la 43° attaque perpétrée par des Juifs fondamentalistes contre des lieux saints chrétiens ou musulmans en Israël. Nous avons vu les tags en hébreu signifiant par exemple : "Les idolâtres doivent être éradiqués." Un certain nombre de Juifs, choqués, se sont rendus sur place en solidarité. Le rabbin Alon Goshen-Gottstein, directeur de l'Institut Elijah Interfaith, a lancé une collecte de fonds pour contribuer à la restauration de cette église. Le président de la Knesset, Yuli Edelstein, a fait don du premier chèque.
- Des "Rabbins pour la paix" manifestent chaque samedi à Sheikh Jarrah, dans le quartier arabe de Jérusalem, pour protester contre les expulsions de Palestiniens.
- L'ONG "Rabbins des Droits de l'Homme" (RHR), fondée en 1988, compte 120 rabbins, coutumiers des postes de police, et même des tribunaux, dans le box des accusés ou de la défense. Ils apportent une protection, en tant que boucliers humains, contre les intimidations des colons, pour que les fermiers Palestiniens puissent faire leurs récoltes en sécurité. Ils sont animés par le "Tikkun Olam" (= "réparer le monde"), vieux concept judaïque selon lequel "nous sommes alliés à Dieu pour réparer le monde et le compléter".
Ces rabbins sont issus de tous les courants du judaïsme, orthodoxe, massorti et réformé. Il y même parmi eux un ancien Grand rabbin consistorial. Leur but est de faire mieux respecter les droits et de montrer que tous les Juifs religieux ne sont pas prêts à tout au nom d'une vision nationaliste ou religieuse. On a tellement l'habitude d'associer "religieux" et extrémisme, nationalisme ou militantisme des implantations sauvages et à tout prix, que les "Rabbins pour les Droits de l'Homme" montrent qu'une autre vision du judaïsme existe également.
- Plus de 400 rabbins un peu partout dans le monde (notamment en Israël et Grande-Bretagne) ont demandé à Benjamin Netanyahu d'arrêter la démolition des maisons palestiniennes.
- Dans un autre ordre, mais qui a aussi quelque chose à voir avec la paix, en Terre sainte, nous avons partagé l'info suivante, qui offre des perspectives inouïes : un groupe de 25 rabbins, de 7 pays différents, orthodoxes, c'est-à-dire, de la branche la plus traditionnelle du judaïsme, a publié, le 3 décembre 2015, une déclaration "acceptant la main qui nous est tendue par nos frères et soeurs chrétiens." Ils reconnaissent que "depuis le concile Vatican II, les enseignements officiels de l'Eglise catholique sur le judaïsme ont changé fondamentalement et irrévocablement." Ils affirment que "le christianisme n'est ni un accident, ni une erreur, mais le résultat de la volonté divine et un don pour les nations." Ils assurent que les juifs et les chrétiens ont une mission commune d'alliance pour parfaire le monde sous la souveraineté du Tout-Puissant."
- Un dernier fait, mais on pourrait en citer bien d'autres : toujours le 3 décembre 2015, plus de 1.000 rabbins américains ont signé une lettre ouverte en faveur de l'accueil des réfugiés aux Etats-Unis, lettre adressée aux élus du Congrès américain, en pleine polémique sur le sujet. Ils rappelaient, entre autres, l'épisode du St Louis, un navire parti de Hambourg pour Cuba en mai 1939 avec, à son bord, 937 passagers juifs. Une poignée seulement ayant été autorisée à débarquer à Cuba, le navire avait tenté sans succès de débarquer aux Etats-Unis, avant d'être contraint de retourner en Europe. 254 passagers ont alors été victimes de la politique d'extermination nazie.
Merci, chers frères Rabbins, pour ces magnifiques témoignages, qui témoignent de votre immense fidélité à la grande tradition biblique, et sont un exemple pour nous !
lundi 30 mai 2016
Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.951 : Des Rabbins pour la paix
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Olivier Gaignet
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09:02
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dimanche 29 mai 2016
Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.950 : A l'écoute d'un frère Rabbin, Jacquot Grunewald
Ce fut une grande joie pour nous d'accueillir au sein de notre groupe monsieur le Rabbin Grunewald, lors de notre séjour à Jérusalem. Occasion unique pour la plupart d'entre nous de découvrir un Rabbin en chair et en os, et de nous mettre humblement à son écoute. Nous avions tout à apprendre en effet : par exemple, un Rabbin a-t-il le droit de se marier ? Oui bien sûr ! Lui-même a d'ailleurs 20 petits-enfants. Est-il consacré ? Non, c'est un croyant comme un autre. Et on n'a pas besoin de lui pour le culte, sauf pour les mariages. En Israël, ils sont plusieurs milliers ; certains sont pris en charge par leur communauté, d'autres exercent une profession, quelques-uns sont payés par l'Etat, comme en Alsace-Lorraine. On ne dit pas, en Israël : "je veux être Rabbin". On est appelé ! Je m'arrête là ; il est impossible de résumer la richesse d'un tel échange dans le cadre réduit de ce billet...
Il nous a félicités d'être venus en Israël, quand tant d'autres ont peur, et nous a remerciés de n'être pas venus pour polémiquer, sachant nos questions par rapport au mur ; "hideux", nous a-t-il concédé, "mais nécessaire, la preuve étant que le nombre d'attentats en Israël a nettement baissé depuis son érection." Nous étions gênés d'entendre justifier ainsi l'emprise des Juifs sur leurs frères Palestiniens, mais nous avons évité de tomber dans le piège consistant à faire des reproches à ce religieux Juif, qui avait le courage de nous exprimer avec franchise ses opinions. D'ailleurs, comme il nous l'a fait remarquer, nous aurions bien été maladroits et illogiques de reprocher aux Juifs d'élever un mur, si l'on se souvient de la façon dont nous avons traité les Juifs en France pendant 20 siècles, et si l'on considère les murs que nous continuons d'élever chez nous, à Calais par exemple, comme entre catégories sociales ou même au sein de nos propres familles parfois ! Il nous a d'ailleurs félécités en ces termes : "Vous n'êtes pas venus pour polémiquer." En effet, nous lui avions dit être venus en Terre biblique d'abord pour écouter et essayer de comprendre, et non pour juger ni condamner, dans une démarche humble et en tant que chercheurs de paix.
Intéressante enfin, sa réflexion par rapport au christianisme : "Il y a en Israël une véritable ouverture vis-à-vis de Jésus, qu'on n'aurait pas pu imaginer par le passé, quand le judaïsme était critiqué au nom du Christ. Il n'était pas possible d'aimer Jésus quand on était victimes, martyrisés par les chrétiens.. Aujourd'hui, beaucoup de progrès sont réalisés au plan théologique, Et par rapport à Paul, il y a une petite évolution."
Au retour de Terre sainte, je viens de terminer son livre, publié en 2.000 chez Albin Michel : "Chalom Jésus ! lettre d'un Rabbin d'aujourd'hui au Rabbi de Nazareth". Epoustouflant et décapant : nous avons encore énormément à apprendre de nos "Pères dans la foi" et de nos "Frères aînés" dans la tradition abrahamique, à laquelle, selon lui, malheureusement, les chrétiens ne sont pas restés fidèles en vérité ni en totalité...
Au terme de cet échange, en guise de prière commune, le Rabbin nous a lu le psaume 133 : "Oh qu'il est bon pour des frères de se trouver ensemble !" Et enfin, moment unique, il nous a bénis, en reprenant la formule bien connue du livre des Nombres (6/22-27), lorsque "Yahvé dit à Moïse : "Voici comment vous bénirez les fils d'Israël : "Que Dieu vous bénisse et vous garde ! Qu'il fasse briller sur vous son visage, et qu'il vous donne la paix."
Cher frère Rabbin, merci d'être venu à notre rencontre, et merci de nous avoir ainsi "évangélisés" !
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Olivier Gaignet
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21:13
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vendredi 27 mai 2016
Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.949 : "Construire des ponts plutôt que des murs !"
J'ai tiré le titre de ce billet d'une réflexion de Joël, lors du Café-Théo qui s'est tenu au Central-Bar, à Mortagne, ce mercredi 25 mai, sur le thème du Mur. 80 participants, dont beaucoup se sont exprimé, dans une atmosphère à la fois très conviviale et pleine d'attention.
Pour notre échange, nous sommes repartis de l'expérience vécue par un certain nombre de paroissiens, lors de notre récente Route biblique en Israël-Palestine. De l'avis de tous, ce qui a sans doute été le plus marquant, au cours de ce périple, c'est la découverte de ce mur "hideux", pour reprendre la qualificatif du Rabbin Grunewald. Erigé depuis 2002 comme "barrière de sécurité", prévu pour faire 700 kms de long, haut de 8 à 12 mètres, construit à 80% en territoire palestinien, bien au-delà de la Ligne verte (ligne d'armistice de 1949 entre Israël et ses voisins), ce mur est souvent considéré comme un instrument de la colonisation israélienne. En 2004, la Cour internationale de justice l'a jugé illégal et exigé son démantèlement, mais sans succès jusqu'ici.
Lorsqu'a été annoncée la visite du pape, les réfugiés du camp d'Aïda ont prévu une représentation théâtrale avec le mur comme fond de scène ; mais il n'a pas été possible au pape de venir : devant toutes les télés du monde, cela aurait fait "mauvais effet" !
Tandis que de nombreux touristes et même pèlerins, nous a-t-on dit, franchissent le mur sans en être vraiment conscients, assis confortablement dans le car qui les conduit de Jérusalem à Bethléem, nous avons pu voir ces longues files de voitures, faisant la queue indéfiniment avant de pouvoir passer "de l'autre côté".
Le 10 janvier dernier, l'armée israélienne a empêché les évêques de la Coordination Terre sainte de se rendre là où un nouveau tronçon du mur devait être érigé, près de Bethléem, dans la vallée de Crémisan, sous prétexte que ce chantier était "militairement stratégique". En avril 2015, la Cour suprême d'Israël avait rejeté les tracés proposés par l'armée dans cette vallée, les jugeant "nuisibles à la population locale". Mais, en juillet 2015, la Cour décide finalement qu'un mur se dressera bien à Crémisan. Certains ont vu dans ce revirement une forme de représailles après la signature d'un accord, le 26 juin 2015, entre le Vatican et l' "Etat de Palestine", ainsi donc reconnu comme tel !
Nous avons évoqué aussi les trop nombreux murs construits un peu partout à travers le monde :
- la muraille de Chine, dont les 1° tronçons datent du 8° siècle avant notre ère (plus de 6.000 kms)
- le mur de séparation de 3.200 kms érigé depuis 1986 par l'Inde tout au long de sa frontière avec le Bangladesh, où une personne est tuée tous les cinq jours
- le mur qui persiste à Belfast en Irlande du Nord
- le mur qui divise en deux l'île de Chypre, et qui commence à s'entrouvrir
- le mur entre les deux Corée
- celui qui sépare la Californie du Mexique
- le mur de Calais chez nous
- l'Autriche a entamé le 12 avril la construction d'une barrière anti-migrants au col du Brenner, point névralgique entre le nord et le sud de l'Europe sur sa frontière italienne, et je le cite pas tous...
Victor Hugo a déclaré : "Dieu n'a pas construit de murs..."
Lorsque nous avons célébré l'eucharistie dans la basilique de la Résurrection (jadis appelée (le St Sépulcre), nous avons lu et médité ce texte tiré de la Lettre aux chrétiens d'Ephèse (2/11-22) : "Le Christ est notre paix. Il a détruit le mur de séparation, la haine, et les deux mondes (juifs et païens alors, pourquoi pas juif et palestinien aujourd'hui) sont devenus un seul... Par la croix, le Christ a tué la haine ; il a réconcilié avec Dieu les deux peuples, devenus un seul corps..."
Si cela pouvait être vrai aujourd'hui !
Pour conclure, voici une citation du pape Jean-Paul II lors de son passage,n que nous a rappelée notre guide arabe palestinien chrétien, Hussam Salameh : "Le mur ne fait pas de bonnes relations ; il faut construire des ponts !"
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Olivier Gaignet
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09:53
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mardi 24 mai 2016
Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.948 : "Deux nations sont dans ton ventre" (Genèse 25/23)
Je ne sais pas si notre ministre des Affaires Etrangères, Jean-Marc Héraud, et notre Premier Ministre, Manuel Valls, tous deux envoyés successivement en mission en Israël-Palestine en ces jours, pour relancer le processus de paix, ont pu croire qu'ils allaient, que "la France" allait réussir enfin à rapprocher Israéliens et Palestiniens !
J'étais assez surpris d'entendre, hier après-midi, sur France-inter, un journaliste dire que Manuel Valls se trouvait "en Terre sainte" ; assez étonnante, l'utilisation de cette expression dans un tel contexte ! Manuel Valls était-il donc là-bas en pèlerinage, pour implorer Yahvé ou Allah d'exaucer ses voeux et de soutenir son action ?
Trêve de plaisanterie ! Sur cette Terre dite "sainte", cela fait des millénaires que des frères se heurtent et se violentent : depuis Caïn et Abel jusqu'aux Israéliens et Palestiniens, en passant par Isaac et Ismaël, Jacob et Esaü, Joseph condamné par ses frères, etc...
Des frères encore qui se divisent, entre les partisans de Josué et les tribus de Gad et de Ruben (Josué 22), ou avec la déchirure de cette terre entre le royaume du Nord (Ephraïm) et le royaume du Sud (Juda), division à la fois politique et religieuse, d'une gravité extrême, et pour des siècles (1 Rois 12).
A Jérusalem, une fin d'après-midi, à propos du conflit israélo-palestinien, nous avons lu et relu, dans nos diverses traductions, le passage suivant (Genèse 25/21-34) : "Isaac pria Yahvé pour sa femme qui était stérile. Yahvé l'exauca et Rébecca fut enceinte. C'était des jumeaux ! Et comme ils se heurtaient en son sein, Rébecca se demanda : "Mais que m'arrive-t-il ?" Yahvé lui répondit : "Deux nations sont dans ton ventre, et deux peuples s'opposeront dès la sortie de tes entrailles. Un des peuples sera plus fort que l'autre, et le plus grand servira le plus petit."
Rébecca se trouve alors destinataire d'une révélation lourde de conséquence ; et la lutte entre les deux jumeaux, Jacob et Esaü, déjà dans le sein de leur mère, préfigure le destin des peuples auxquels ils donneront naissance : Israël (Jacob), et le royaume d'Edom (Esaü), en lutte ensuite durant des siècles. Combat qui symbolise déjà les oppositions d'aujourd'hui.
Quand nous entendions les Palestiniens dire : "Chez nous, dans les Territoires palestiniens, une armée étrangère décide tout, contrôle tout ! Israël est le plus fort, c'est à lui de s'adoucir", cela nous a fait penser à cette injonction biblique en Genèse 25 : "le plus grand servira le plus petit."
Autre texte significatif, qui a été distribué durant notre route biblique, tiré d'Ezéchiel 37/15-28 : "Toi, fils d'homme, prends un morceau de bois et écris dessus : "A Juda et aux Israélites qui lui sont associés." Puis, prends un autre morceau de bois, et écris dessus : "A Joseph, bois d'Ephraïm, et à toute la maison d'Israël qui lui est associée". Rapproche-les l'un de l'autre, que tu n'aies plus qu'un seul morceau de bois, qu'ils soient unis dans ta main." (C'était un appel imagé du prophète en vue de la réunion des 2 royaumes divisés)
Ah ! Si tous étaient enfin fidèles aux appels bibliques !
Habitants d'Israël et de la Palestine, même origine, même destin !
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Olivier Gaignet
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08:24
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lundi 23 mai 2016
Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.947 : Homélie à l'occasion de la fête de la Trinité
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Olivier Gaignet
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09:08
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