Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

mardi 23 avril 2013

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.664 : L'Espérance pour tous !

Ce mardi 23 avril, après sept mois de débats intenses, le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe a été adopté par l'Assemblée nationale par 331 voix contre 225.  Face à cette évolution (révolution), certains se réjouissent, tandis que d'autres pleurent : rien d'étonnant ! Cependant, ce qui me surprend, de la part de chrétiens convaincus surtout, c'est le grand sentiment de peur qui s'est emparé d'eux, tous ces derniers mois, face à cette loi Taubira.
Bien sûr, je comprends que les uns soutiennent cette loi, et ils ont leurs raisons ; je comprends aussi que cette nouvelle loi puisse en plonger d'autres dans un abîme d'incertitude face à l'avenir. Mais ce que j'ai de la peine à saisir, c'est cette crainte immense de 55% des catholiques (mais que valent ces sondages ?) vis-à-vis des conséquences, fussent-elles incalculables, de cette loi. J'ai comme l'impression que tout un pan de l'Église en est resté au vendredi-saint, en oubliant que Jésus est ressuscité, et qu'il nous répète à peu près chaque dimanche, comme jadis à ses apôtres : "La paix soit avec vous !" Mais où est-elle donc, cette paix profonde qui fait que, face aux contradictions ou aux obstacles rencontrés, l'on peut cependant demeurer pleins d'espérance.
L'on cite et l'on recite sans cesse, dans l'Église, et parfois au-delà, le fameux appel de Jean-Paul II, repris lui-même de la Bible : "N'ayez pas peur !"  Mais l'on ne cesse d'agiter devant nous le spectre d'une déchéance de l'humanité, témoin cette réflexion entendue fréquemment : "Si l'on veut déchristianiser notre pays, le mariage pour tous, il n'y a pas mieux." Encore la peur ! Mais est-ce que ce qui se passe en Syrie n'est pas en train de tuer notre humanité, et de façon bien plus dramatique encore ? Et que penser des homosexuels qui se font tabasser ?  D'abord, comment sont-ils reçus dans nos familles et nos églises ?  Dans un tout autre contexte, que deviennent les familles déplacées pour cause de guerre ou de famine, au Congo ou au Soudan et en avons-nous le souci au point de faire une manif pour tous en leur faveur ?  Etc., etc.
Plus grave, je me demande parfois : combien d'années faudra-t-il à présent, en France, pour restaurer l'image de l'Evangile, sans parler de la confiance en l'Église, dans la tête d'un certain nombre de nos concitoyens, qui auront retenu - à tort, je l'espère - l'image d'une communauté chrétienne voulant imposer à l'ensemble de notre pays ses fois et son dogme ?  Or, soyons réalistes : le temps de l'empereur catholique Constantin est bien dépassé, et il ne faut plus attendre que les lois civiles défendent forcément notre conception de l'homme.
Face à ce qui ne nous convient pas, l'intransigeance, le manque d'empathie, la peur de l'attitude de l'autre, le pessimisme, le déni, de quelque bord que ce soit, est-ce que ce sont des qualités évangéliques ?  Notre attitude, que l'on soit d'accord ou non avec le mariage pour tous, tout en exprimant nos convictions et en les fondant, va-t-elle permettre à l'autre, différent de moi, de se sentir écouté, compris, respecté, aimé, et du Christ et des autres ?
Par contre, et je l'ai déjà expliqué sur ce blog, le plus grand service que les catholiques puissent rendre à la société française, c'est bien de lui présenter au jour le jour, dans chaque ville, quartier, village ou famille, le visage de couples qui se battent pour rester unis, de mariages homme-femme qui donnent envie de vivre le même bonheur : le témoignage, humble et modeste de la joie de vivre un amour inspiré de l'Evangile.
Faisons un grand travail sur nous-mêmes d'abord, et arrêtons de donner l'image d'un "catholicisme intransigeant", pour reprendre la formule de Mgr Dagens utilisée dans "La Croix" de ce lundi 22 avril. Comme il l'explique en effet, "certains, qui se méfient des religions, doivent se réjouir en sourdine de voir la figure du catholicisme aujourd'hui se confondre avec ce courant offensif (... Or) ce n'est plus de calculs politiques que nous avons besoin, c'est du courage d'être nous-mêmes, des disciples et des témoins de Celui qui est venu pour "chercher et sauver ce qui était perdu" (Luc 19/10) et aussi pour "réunir les enfants de Dieu dispersés" (Jean11/52), et non pour les combattre ou s'opposer à eux !
Et si l'on entamait enfin le grand combat de l'Espérance pour tous ?  Et si l'on entamait une mobilisation plus forte encore en faveur de la fraternité pour tous, de l'espérance pour tous, du respect de tous ?  Sous le regard bienveillant du Bon Pasteur qui chérit tous ses enfants pareillement, y compris ceux qui pensent le contraire de nous et de ce que pense "l'Eglise" ?
En tout cas, et c'est ma conviction profonde de pasteur responsable de tous, des pour comme des contre, tant que l'Eglise sera perçue comme cherchant à contrôler la société, à faire passer ses conceptions, si bonnes soient-elles, c'est sûr, le message de l'Evangile, lui, ne passera pas. Et alors, combien de temps faudra-t-il pour rattraper cela ??? 
Je nous en souhaite !
Frères et soeurs, Paix à vous !

2 commentaires:


Dominique de Beaupré a dit…

Isaïe était-il complètement fou ? Quant il prophétise : « Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau. Le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira.
La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits, même gîte. Le lion, comme le bœuf mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra. Sur le trou de la vipère, le jeune enfant étendra la main. » (Isaïe 11 : 6-8)
N’importe quel psychiatre le fait enfermer immédiatement ! Quant au petit garçon qui a bien appris son catéchisme, après la frayeur de sa maman, il sera sans doute corrigé manu militari !
Et que penser de la santé mentale de Jésus quand il déclare à ses apôtres : « Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. (Matthieu 10:16)
Nous sommes souvent déçus par le monde d’aujourd’hui où les loups sont toujours les plus forts qui dévorent les plus faibles. Le monde dans lequel a été envoyé Jésus était-il une prairie d’herbes fraiches survolée uniquement par des colombes ? Jésus était-il le père Noël descendu du ciel avec dans sa hotte le livre de la Bonne Nouvelle version comtesse de Ségur ? Les hommes qu’il a rencontrés étaient bien entendu tous bons comme l’agneau qui vient de naître et pour cette raison ils n’avaient d’autre choix que de le pendre au bois d’une croix !
Notre humanité à soif d’amour, de paix et de tendresse. Comme chrétiens nous nous devons, nous avons l’obligation de l’amour de l’autre (et c’est la seule pour moi), de tous les autres et surtout pas de ceux qui sont « comme nous ». Parfois avec mon caractère volcanique, y compris face à mon Eglise, j’ai envi de rugir de tout envoyer paître. Alors face à une violence verbale, à une attitude provocatrice ou extrémiste, dans ma famille (eh oui) dans mes relations amicales ou professionnelles, raisonne en moi ces mots : qu’aurait dit ou fait Jésus ? Bien maladroitement, car je suis faible, mais toujours avec humilité (Dieu sait que cela n’est pas facile !) j’essaie de trouver des mots d’apaisements, des paroles, non de conversion (c’est le boulot du Père), mais des paroles qui puissent faire avancer, qui puissent construire un pont pour surmonter l’obstacle.
J’ai été profondément blessé par les radicalisations des uns et des autres. J’ai été scandalisé que l’on parle de « printemps français » en comparaison avec « le printemps arabe ». Honte à nous que de comparer « le mariage pour tous » avec ces révolutions arabes, qui ont fait et font encore de nombreux morts innocents pour le seul tort de réclamer plus de liberté et de démocratie !
L’espérance d’Isaïe n’est pas folle mais possible car Dieu nous a donné Jésus le Christ. C’est en Lui que cette espérance se réalise et c’est par Lui avec l’aide de l’Esprit que nous devons continuer à la faire ad-venir contre vents et marées de nos cœurs et du monde.
A ceux qui sont dessus d’avoir perdus, à ceux qui voudraient tirer une vaine gloire de la victoire, à tous mes frères et sœurs de tous les bords, j’adresse cette prière magnifique attribuée à François d’Assise

Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde, que je mette l’union.
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer, car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.

Dominique

Dumas Primbault a dit…

Qu'il est bon de sentir dans l'esprit d'un homme d"église autant de tolérance comme autant d'espérance.
Henri Dumas Primbault
Auzay par Fontenay-le-Comte