Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

samedi 20 octobre 2018

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2220 : "Un crime qui génère de profondes blessures" (pape François)

Dans mon précédent billet, je vous parlais d'une rencontre de réflexion en ce samedi 20 octobre, à la Roche-sur-Yon, autour de la récente Lettre du pape François au Peuple de Dieu ; c'était une proposition du groupe SEL 85 (Solidarité - Eglise - Liberté en Vendée). La réunion fut ouverte par Jean, président de SEL 85.  Eh bien, j'en arrive. J'écrivais mercredi qu'il y aurait peut-être de l'inattendu, et ce fut le cas. Quand je lançai le tour de table en vue de faire les présentations, donnant la parole en premier à mon voisin, que je ne connaissais pas, surprise : il nous partagea sa souffrance d'avoir été abusé au petit séminaire de Chavagnes, et nous fit savoir qu'il était heureux de trouver un groupe de chrétiens accueillants, afin de pouvoir partager cette "atrocité", pour reprendre l'un des termes utilisés par le pape. Il nous précisa que pour cette raison, il a demandé à être "débaptisé" il y a déjà quelques années ; "j'ai apostasié", nous a-t-il déclaré.  Le ton était donné ! Nous venions pour faire nôtre l'appel du pape, comme il l'écrit, "à relever le défi, en tant que peuple de Dieu, d'assumer la douleur de nos frères blessés dans leur chair et leur esprit." Et voici que notre groupe se trouvait, d'entrée de jeu, confronté à ce cri qui montait vers le ciel !
Puis, au fur à mesure que l'on avançait dans les présentations, deux autres hommes nous firent savoir qu'ils avaient eux aussi été victimes de telles agressions, ainsi qu'une femme de notre groupe. L'un de ces hommes m'a d'ailleurs dit être en 6° à Chavagnes tandis que je me trouvais en 4°. Tous, nous pensions peut-être venir discuter de cet appel du pape en théorie, et voici que quatre personnes, en chair et en os, atteintes par ces blessures immenses, se trouvaient au milieu de nous. Alors, éclairés par l'expérience de ces quatre victimes, nous avons relu la Lettre du pape autrement.
"Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui."  Ces paroles de St Paul ont alors résonné très fort en nos coeurs. Nous étions tous saisis et sidérés ; car, écrit encore le pape, "la douleur des victimes est aussi notre douleur."
En fait, un certain nombre de personnes (lesquelles ? d'autres profs ?) étaient, semble-t-il, plus ou moins au courant de ces pratiques ; cependant, les victimes, nous ont dit nos quatre amis, dans leur environnement, leur entourage, ne ressentaient que le silence. Mais, continue le pape, "leur cri a été plus fort, un cri qui fut entendu par le Seigneur." Cet après-midi en tout cas, ce cri nous a été lancé en plein coeur ; avec force, mais sans ressentiment cependant, sans agressivité, douloureusement seulement.
J-Pierre nous a fait remarquer que le pape, dans sa Lettre, cite trois types d'abus : sexuels, de pouvoirs, et spirituels, les trois s'enchaînant d'ailleurs les uns les autres, surtout lorsque l'on se prévaut d'un pouvoir spirituel pour vous obliger à accepter, "Satan lui-même se déguisant en ange de lumière", comme le souligne le pape en citant 2 Co 11/14.
Tout au long de l'échange, nous nous sommes demandé comment arrêter une telle spirale. Francine a fait savoir qu'au Canada, l'on apprend aux enfants à dire non, face à ce type de sollicitation diabolique. Michel a dit de la même façon que, face à de telles agressions, existe une possibilité de non-violence active : manifester un refus net, et dès le départ ; car sinon, ensuite, quand les choses dérapent, il est beaucoup plus difficile de les éviter ! Paul a souligné que le pape souhaitait "que les victimes puissent trouver une main tendue qui les protège et les sauve de leur douleur."  En tout cas, nous avons fait savoir que notre groupe voulait rester mobilisé en vue d'un vrai soutien de nos quatre amis. Une piste a été lancée : pourquoi pas une cellule d'écoute sur ce sujet dans notre diocèse, et pas seulement à l'échelon régional ?
Ceci dit, nous avons aussi beaucoup parlé du cléricalisme, le 2° grand thème de cette Lettre, d'ailleurs très lié au 1°. La place me manque pour rendre compte de la richesse de notre échange, mais, sur proposition de Jean, nous reviendrons sur cette question lors d'une prochaine rencontre ; une date a été prise pour le samedi 8 décembre, à 14h30 à la Roche (lieu à préciser). Ce sera, comme aujourd'hui, ouvert à tous, y compris à des personnes n'ayant pas participé à cet après-midi du 20 octobre. Selon un souhait d'André, nous partagerons des expériences en cours permettant de combattre le cléricalisme chez nous, et nous essayerons de faire des propositions ; en nous aidant peut-être, comme l'a suggéré Joseph, des "10 pistes contre le cléricalisme" présentées par le journal "La Croix" daté du 30 août. En relisant également les n° 10 et 32 du texte de Vatican II : "Lumière des nations". Cela est urgent car, comme l'écrit encore le pape, "sans la participation active de tous les membres de l'Eglise, celle-ci ne réussira pas à créer les dynamiques nécessaires pour obtenir une saine et effective transformation." Et nous reviendrons bien sûr sur ce douloureux dossier des abus sexuels au sein de l'Eglise catholique et en particulier dans notre diocèse.
Nous nous sommes quittés sur un dernier appel du pape, "à repartir de la contemplation du Christ (...) et à apprendre à regarder dans la même direction que le Seigneur", pour pouvoir poursuivre notre réflexion et notre action dans la lumière de l'Esprit-Saint.

P-S : en final de cette rencontre, tous se réjouissent de cette proposition de Jean, le président de SEL 85 : faire savoir à notre évêque que nous apprécions son appel, lancé le 15 octobre, à tous les diocésains pour ouvrir partout le dialogue à propos de cette Lettre du Peuple de Dieu, et que, par l'intermédiaire de SEL 85, nous avons pris "les devants", sans attendre les décisions de la hiérarchie. Lui sera partagé un peu de la richesse de ce que nous avons pu vivre, échanger, souhaiter, lors de notre réunion de ce 20 octobre.

A été évoqué également le courrier reçu il y a deux jours de notre évêque, donnant ses trois décisions :
-  diffusion la plus large possible de la Lettre du pape
-  journée de jeûne et de prière le 7 décembre
-  conférence le 16 janvier en soirée à la Roche, avec la responsable de la cellule des évêques de France contre la pédophilie
Cela commence à bouger, tant mieux !

mercredi 17 octobre 2018

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2219 : Rendre sa pleine stature au Peuple de Dieu : venez en discuter samedi !

Vous savez que, le 20 août dernier, le pape François a envoyé une "Lettre au Peuple de Dieu" dans laquelle il souligne ceci : "Il est nécessaire que chaque baptisé se sente engagé dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin."
Reste à savoir si cette Lettre a été communiquée à tous les baptisés, et si le peuple ainsi convoqué va s'y intéresser et tenter d'y répondre...
Sur les paroisses de Talmont et de Jard-sur-Mer en tout cas, cette Lettre a été glissée dans tous les bulletins d'octobre ; et personnellement, je me baserai sur elle pour mes homélies le week-end prochain.
Ce billet pour vous inviter à participer à la réflexion ouverte à tous qui est organisée sur ce sujet par le SEL 85 (Solidarité - Eglise - Liberté en Vendée)

ce samedi 20 octobre, de 14h30 à 17h30, salle église Ste Thérèse, place Renoir, à la Roche s/Yon

J'animerai une lecture commune de cette Lettre, lecture qui se fera de façon très participative, autour du thème suivant :  comment donner la possibilité aux laïcs, femmes et hommes, en communion avec les prêtres et non sous leur autorité, de retrouver leur vraie place, au sein du Peuple de Dieu ?  Et cela, dans une relation juste, équilibrée, entre le sacerdoce ministériel et le sacerdoce baptismal.
Tranquillisez-vous ! Ce sont des grands mots, mais notre échange sera tout simple :

-  d'abord, chacun, s'il le souhaite, pourra exprimer - assez brièvement - pourquoi il est venu, ce qu'il attend d'un tel échange, quelle est sa motivation essentielle.

-  puis, dans un 2° tour de table, chacun aura de nouveau la parole pour exprimer le point qui l'a le plus marqué dans cette Lettre (que l'on peut se procurer sur internet).

-  ensuite commencera le débat, autour des points les plus marquants qui seront ressortis de notre tour de table. Pas de grand topo, mais un échange interactif : nous comptons sur l'investissement et la capacité de réflexion et d'invention de chacun.

Et enfin, nous garderons un temps, en finale, pour retenir quelques points essentiels que nous souhaiterions faire avancer dans nos milieux de vie, communautés, paroisses, mouvements, ainsi qu'aux niveaux diocésain et au-delà.
J'ignore si la rencontre se déroulera comme prévu ci-dessus ; en effet, place sera laissée à l'inattendu au besoin. Mais il faut que les baptisés se donnent les moyens de retrouver leur vraie place au sein du Peuple de Dieu et, comme nous y invite le pape François dans cette Lettre, de "dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme."

Un petit fait en terminant, tiré de l'excellent dossier de "La Vie" du 11 octobre sur ce même sujet : "Un jour, au moment de l'installation par Mgr Eychenne, évêque de Pamiers dans l'Ariège, d'un nouveau curé, une personne laïque a dit à ce dernier pour l'accueillir : "Prenez la responsabilité de la communauté et on sera là, disponibles pour vous aider."  L'évêque a alors pris la parole en disant : "On vous envoie un prêtre, non pas pour que vous l'aidiez, mais pour que lui vous aide par rapport à cette responsabilité, qui est d'abord celle de votre communauté, et non la sienne propre."

A samedi peut-être, pour reparler de tout cela !

dimanche 14 octobre 2018

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2218 : La Parole de Dieu, ce n'est pas de la guimauve !

Si vous avez pu participer à l'eucharistie en ce week-end, vous aurez pu remarquer que la Parole de Dieu de ce dimanche était particulièrement percutante. La semaine qui vient de s'écouler, tandis que je mijotais dans mon coeur et dans ma tête les textes proposés, je me disais : "Diable ! Il y a là de quoi réveiller un mort !"

-  pensez donc ! Ce brave jeune homme riche, parfait sous tous rapports, qui croyait peut-être avoir obtenu son passeport pour le ciel car il avait observé les commandements, voilà que Jésus l'interpelle, en lui demandant rien moins que de vendre tous ses biens ! Oh la la ! Le pôvre ! Il n'a pas supporté... Relisez Marc 10/17-27.

-  juste auparavant déjà, dans la 1° lecture, tirée du Livre de la Sagesse (7/7-11), il nous était dit que, "en face de la sagesse, l'argent sera regardé comme de la boue"  !!!

-  et la 2° lecture d'enfoncer profondément le clou : "Frères, elle est vivante, la Parole de Dieu, énergique et plus coupante qu'une épée à deux tranchants." Je  vous laisse aller relire la suite : rien d'une homélie à l'eau de rose, de la part de l'auteur de la Lettre aux Hébreux (4/12-13).

Et dire que ces parole sont pour nous aujourd'hui !  En effet, le jeune homme riche, c'est chacun de nous à présent. Cette scène d'évangile en effet n'est pas à lire au passé : c'est notre histoire et c'est notre présent.
A chacun de nous, Jésus demande : "Va, vends tout ce que tu as, et donne-le aux pauvres." Impossible donc de laisser ces paroles couler sur nous, au cours de la messe, comme sur les plumes d'un canard...
Avec Jésus, il ne suffit plus de se croire un bon paroissien, ou un bon prêtre, qui mène comme il faut sa petite vie de chrétien. Mais alors, vendre tous ses biens, qu'est-ce que cela veut dire ?  On n'ose l'imaginer... Cela bouleverserait trop notre vie... "Seigneur, je veux bien te suivre, ; mais laisse-moi continuer ma petite vie tranquille. On m'a bien proposé d'entrer dans une équipe liturgique, ou au Secours catholique ou dans une autre association d'entraide, ou encore, de faire de la catéchèse, mais il faudrait que je lâche tel loisir, que je sois plus disponible aux autres. En un mot, que je vende une partie de mes biens, de ma tranquillité, de mon petit bonheur..."
La clé pour y voir plus clair, elle figure dans l'évangile de ce dimanche justement : "Les disciples se demandaient entre eux : "Mais alors, qui peut -être sauvé ?" Jésus les regarde et dit : "Pour les hommes, c'est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu." (Marc 10/27) Cela demande donc que chacun de nous se remette totalement en face de Dieu, qu'il se laisse regarder et remplir de sa force, en le laissant d'abord nous vider de nos fausses richesses.
Aux messes d'hier à St Vincent-sur-Jard et de ce matin à Talmont, j'ai cité l'exemple de Mgr Romero, cet évêque du Salvador qui avait placé les plus pauvres au coeur de sa pastorale et qui l'a payé de sa vie, assassiné d'un coup de fusil en pleine poitrine le 24 mars 1980, alors qu'il célébrait l'eucharistie. Le pape François vient de le canoniser à Rome ce matin, en même temps que le pape Paul VI.
Voici donc l'exemple de quelqu'un qui a vendu tout ce qu'il avait pour le donner aux pauvres. "La Parole de Dieu est plus coupante qu'une épée à deux tranchants ; elle va jusqu'au point de partage de l'âme et de l'esprit, des jointures et des moelles..." Et voici tout à coup que ce vieux texte des Hébreux, que l'on a peut-être écouté distraitement, prends chair et vie sous nos yeux aujourd'hui !
Sans doute, nous ne sommes pas appelés à un témoignage aussi profond ! Et pourtant  !!! Pouvons-nous avancer un peu, mettre davantage les plus pauvres au coeur de notre projet de vie de baptisés ?  Et notre pays riche, la France, peut-il essayer lui aussi de mettre les plus pauvres de ses enfants au coeur de ses objectifs financier, humains, politiques et sociaux ? Saint Oscar Romero, aide-nous à ne pas traiter la Parole de Dieu comme de la guimauve ! Et Saint Paul VI aussi bien sûr, ce pape que j'ai beaucoup aimé, et que j'avais eu le bonheur de rencontrer le 15 août 1966, de passage en stop, sac à dos, à Castelgandolfo !  Amen !

mercredi 10 octobre 2018

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2217 : "Nous sommes entrés dans une ère féminine" (Denise, bouddhiste)

Une grande première hier soir, sur le Pays des Olonnes, et sans doute sur la Vendée !  A l'initiative de "Dialogue pour la Paix", le groupe interreligieux et interculturel du Pays des Olonnes, six femmes, venant de six traditions religieuses différentes, ont partagé, devant une assemblée très attentive de 70 personnes, leur ressenti, leurs questions, leurs espérances par rapport à la place de la femme dans les religions
Au cours de cette soirée, chacune n'a eu que 10 minutes pour exprimer ce qui lui paraissait essentiel ; mais cela leur a suffi pour accrocher et passionner l'assistance, très réactive à leur message. En voici seulement quelques échos :

Denise, bouddhiste : "au départ, les femmes étaient tenues à l'écart ; être née femme entraînait une infériorité de statut (cuisine, ménage...). Mais elles ont fait valoir leurs droits. En France par exemple, il n'y a pas de discrimination. Nous sommes entrés dans une ère féminine. Le Dalaï-Lama a ouvert aux femmes les "doctorats". Les monastères de femmes ont plus d'autonomie. Elles ont accès aux initiations et enseignements. Les femmes ont autant de possibilités d' "éveil" que les hommes. Et il y a toujours eu des femmes qui étaient de "grands maîtres" spirituels."

Yasmine, musulmane : "contrairement à ce que l'on peut penser, beaucoup de femmes, chez nous, sont très libres ; beaucoup étudient, sont intelligentes et cultivées ; ouvertes aux autres également. Malheureusement, de mauvaises interprétations font que l'on réduit la femme à ce qu'elle n'est pas, en mélangeant religion et traditions. Beaucoup, par ignorance, interprètent mal ce que le Coran dit des femmes, par exemple dans la sourate 4 sur les femmes, qui donne de justes conseils ; il faut trouver un équilibre entre la place de l'homme et de la femme au sein de la société. Sourate 2/228 : "Les femmes ont des droits équivalents à leurs obligations." Ceci a été écrit alors qu'en Occident, certains se demandaient si la femme avait une âme !"

Hélène, juive : "le judaïsme ne serait rien sans les femmes. Une femme juive est une femme en majuscules. Dans le judaïsme, la complémentarité entre l'homme et la femme est absolue. Il n'y a de bénédiction dans une maison que grâce à la femme. Avant l'ère chrétienne déjà, comme on peut le lire dans les textes de la Torah, l'on pensait aux droits des femmes. La maison de l'homme, c'est la femme. La femme, dans la Torah, c'est le temple de l'homme. Elle est au centre de la vie de l'homme. Chaque génération sera sauvée par la femme. De nombreuses femmes, dans la Bible, sont présentées comme jouant un  rôle majeur dans la vie du peuple juif."

Maryvonne, catholique :  "J'aime beaucoup le regard de Jésus sur les femmes : il les rend importantes. D'ailleurs, les évangiles nous montrent que les femmes portent l'intuition de Dieu ; il n'y a qu'à voir avec la Samaritaine... ; ce sont elles aussi qui furent les premières au tombeau. Malheureusement, l'Eglise n'a pas su leur donner leur place suffisamment ; dans ma jeunesse, la seule qui était active à l'église, c'était la chaisière, qui passait pour ramasser l'argent ! Souvent, les prêtres ont donné un rôle tout à fait mineur aux femmes, qu'ils mettaient à leur service. Mais actuellement, nombre de femmes se forment, y compris théologiquement, ce qui leur permet d'être crédibles et de prendre toute leur place dans la marche de l'Eglise."

Françoise, protestante  :  "Dès le départ, le protestantisme a été novateur ; il a aidé à ce que les filles soient instruites. Au 18°, des femmes sont reconnues comme "prophétesses". Mais déjà, Luther avait déclaré : "Il est nécessaire que les hommes prêchent ; mais quand il n'y a pas d'hommes, les femmes peuvent prêcher." L'on préférait auparavant des femmes veuves ou célibataires ; mais cela a évolué ; en 1966 par exemple, en France, le Synode a donné aux femmes pasteurs les mêmes droits qu'aux hommes. Des théologiennes tiennent une place importante. Actuellement, c'est une femme qui est à la tête de l'Eglise Protestante Unie en France. Les femmes sont libérées par Christ, pour son service !"

Marie-Noëlle, baptiste  :  "Une femme m'a parlé du Dieu vivant, de l'oeuvre rédemptrice de Dieu, et m'a donné une Bible. La parole de Dieu correspondait à mes attentes, ce qui m'a permis de trouver toute ma place de femme au sein de l'Eglise baptiste évangélique sur le Pays des Olonnes.  Pour pouvoir être au service de la mission, j'ai commencé par apprendre à jouer de la flûte, pour accompagner la prière de louange de l'Eglise. Puis, par cet intermédiaire, l'on m'a confié la possibilité de présider le culte de louange,ainsi que la sainte cène. J'assure aussi l'enseignement de la Bible auprès des enfants. Dans notre Eglise, il y a de plus en plus de femmes pasteurs en responsabilité de servir le Seigneur."

Quel dommage de n'avoir pu donner que des bribes de ce magnifique temps de partage, qui fut suivi alors d'un temps très riche d'échanges divers, avec, je le signale, intervention de personnes se disant athées, mais ouvertes à ce type de réflexion.  Ce type d'initiative est à renouveler certainement ! Et merci à Yasmine qui, en finale, nous a offert un savoureux thé à la menthe et des crêpes délicieuses pour sceller notre amitié !

dimanche 7 octobre 2018

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2216 : "C'est merveilleux, l'Amour !" (Charles Aznavour)

Ce matin, à Jard-sur-Mer, j'ai terminé mon homélie en citant cette superbe chanson d'Aznavour - paroles de Gilbert Bécaud je crois : "C'est merveilleux, l'amour !"
Cela s'y prêtait, car les lectures de ce dimanche étaient orientées sur la vie du couple.
Bien sûr, je ne me serais pas permis, à partir de ces textes, de donner des leçons aux couples présents par rapport à la façon dont ils doivent gérer leurs relations conjugales.
Je me suis donc appuyé sur des exemples pris parmi les couples que j'ai préparés au mariage cette année.
Pour illustration, l'un d'eux a eu l'idée de proposer à ses proches un temps de réflexion au bord de la mer, avant la cérémonie de leur mariage à l'église. Ce fut un moment très fort. Ils ont expliqué à leurs proches que leur amour se voulait aussi immense que l'océan. S'en est suivi un riche partage, au cours duquel une vingtaine de personnes ont pris la parole, y compris des enfants, pour exprimer combien cet engagement de leurs deux amis les engageait eux-mêmes à vivre en vérité leur propre chemin d'amour.
J'ai cité aussi, entre autres, le magnifique projet de vie rédigé par un autre couple. Le jeune homme avait écrit ceci : "Après quelques années passées ensemble à être les deux moitiés inséparables d'un seul être (tiens, leur avais-je dit alors, cela ressemble à cette parole de Jésus disant : "tous deux ne feront plus qu'un"), à présent, nous décidons de nous aimer fidèlement et éternellement." Tandis que dans son projet à elle, sa future notait, de façon très imagée : "Nous serons les deux jambes d'un seul amour, nous serons les bras  de notre amour, et nous expliquerons, à nos enfants et à tous, le partage, la paix et l'amour."
Un dernier exemple, tout frais, puisqu'il date de ce samedi après-midi : lors de leur entrée solennelle dans la chapelle de Bourgenay, le couple était précédé par ses deux enfants, portant fièrement chacun une pancarte relativement grande, sur laquelle il était écrit, pour Héléna (8 ans) : "Papa, maman, nous vous aimons", et pour Aaron : "Nous voulons nous aimer toujours."
Si j'ai cité aux paroissiens ces trois exemples, c'était pour deux raisons :
-  d'une part, pour les informer de la qualité de réflexion d'un certain nombre de ces jeunes qui aujourd'hui demandent le mariage chrétien, pour des raisons qui n'ont souvent rien de superficiel ; alors que, comme on ne les retrouve pas dans les églises le dimanche suivant, l'on est souvent porté à les considérer, à tort, comme peu religieux et peu dignes de foi.
-  c'était aussi une façon de lancer aux paroissiens une bouffée de jeunesse et d'amour, et comme une invitation à revenir, si besoin était, à ce que fut la beauté de leurs premières rencontres, à la source de leur vie de couple, pour la dépoussiérer au besoin, la réinventer s'il le fallait et en tout cas, pour la renforcer !
Et si ces jeunes couples avaient de belles choses à dire à leurs aînés, de la part du Dieu-Amour ?
St Jean l'avait suggéré, Aznavour et Bécaud l'ont chanté : "C'est merveilleux, c'est merveilleux, l'Amour !"