Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, Olivier Gaignet vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

mardi 30 avril 2019

Blog suspendu

Bonjour à vous !

Comme je l'explique sur le billet ci-dessous, en 2° partie, je me vois dans l'obligation de suspendre, momentanément je l'espère, jusqu'à l'été au moins, la parution de billets sur ce blog.
Ceci sur les conseils de mon ophtalmo, pour des problèmes de vue.
Depuis l'opération sur la rétine, qui avait subi 8 déchirures, en août dernier, je dois laisser reposer davantage mon oeil gauche.
Et donc, passer beaucoup moins de temps sur internet et devant les écrans...
Ceci en prévision d'une opération de la dernière chance, cet été.
Je suis navré de ce contre-temps, et vous remercie de votre compréhension !
Olivier

mercredi 17 avril 2019

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2277 : "La voici, l'Eglise éternelle !" (Olivier Messiaen)

Mardi soir, en découvrant avec effarement l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, beaucoup sans doute ont pensé que ceci était le signe public annonciateur de l'effondrement total de l'Eglise désormais, faisant suite au reflux massif de la pratique dominicale, aux scandales terribles de la pédocriminalité, à l'égoïsme incompréhensible de trop de "bons" catholiques face aux migrants, au fait que se sentaient rejetés et incompris les homosexuels, les non baptisés, les divorcés-remariés, les contestataires de "l'Institution", etc., etc.
Premier sentiment donc,  celui d'une descente aux enfers, telle que la décrit Dante dans sa "Divine Comédie" : quand, au début des temps, Lucifer se rebella contre Dieu, qui le précipita alors sur la terre, où sa chute créa un lieu infernal et destructeur du monde créé ; avec des flammes immenses et un feu impossible à maîtriser.
Puis, ensuite, très vite, dès le lendemain matin, voici que, contre toute attente, les choses ont pris une autre tournure..., comme si, à entendre les uns et les autres, le drame entraîné par ce désastre était en train de refaire le lien entre tous ; provoquant comme un appel immense à ne pas laisser le feu brûler ni détruire ce qui fait notre espérance, ni ce qu'il y a de plus fort et de plus vrai au fond du coeur de chaque humain, croyant ou non.
Et si ce maudit incendie provoquait, au sein de notre société ainsi qu'au coeur de notre Eglise, comme un électrochoc salutaire, nous invitant tous à nous élever au-dessus de ce qui peut être facteur de division, de haine, de scandale ?  Au-dessus de tout ce qui n'est que rancoeurs, amertume, jugements mauvais, erreurs trop graves, petitesses, ressentiment...
Pour rejoindre au-delà quelque chose de plus fondamental et d'essentiel, incarné par la splendeur de Notre-Dame de Paris : solidité, beauté, harmonie, espérance, légende des siècles, alliance entre la terre et le ciel, émotion, ouverture, pardon, reconstruction, peuple du monde uni et fraternel, éternité...
Qu'on arrête enfin de ne parler que de ce qui ne va pas dans l'Eglise et dans le monde. Alimenter sans cesse le mur des lamentations, alimenter bêtement le feu de nos échecs, ça nous mène à quoi ?
Le mercredi matin, lorsque j'ai allumé la radio à mon lever, qu'est-ce que j'ai entendu annoncer par un présentateur, sur France-Culture ?  "Vous allez pouvoir écouter un extrait d'un merveilleux morceau d'orgue d'Olivier Messiaen : "L'Apparition de l'Eglise éternelle" !!!  (1932)
Et si cet incendie n'était pas un hasard ?
Comment ne pas y lire, pour notre époque, pour notre Eglise, un symbole étonnant et appelant du passage de la mort (à plein de choses ratées, à dépasser) à une formidable Résurrection?
A toutes et tous, que ce symbole renouvelle nos existences au plus profond !

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J'avance comme un âne !


Une nouvelle à présent à propos de l'avenir de ce blog, que j'ai laissé en jachère pendant une douzaine de jours. Je vous dois des explications.  J'ai été très pris il est vrai ces derniers temps. Beaucoup trop, d'après ce que m'a fait remarquer récemment mon ophtalmo. Après l'opération des 8 déchirures de ma rétine de l'oeil gauche le 15 août dernier, l'ophtalmo m'avait dit : si vous voulez retrouver une partie de l'usage de votre oeil, il va falloir adapter votre rythme de vie : pas de surcharge de travail, pas de stress, pas trop de voiture, diminuer vos activités, pas trop d'ordinateur ; il faut que votre oeil puisse se reposer ! Mais, en moi-même, je me suis dit : jamais je ne pourrai respecter un tel programme !  Et j'ai continué mes activités comme si de rien n'était : j'ai fait des milliers de kms en voiture, j'ai passé des centaines d'heures sur l'ordinateur, j'ai multiplié les activités, répondu à toute sorte de sollicitations. Je ne devrais pas m'en vanter, car ce fut une attitude irresponsable...  Résultat, à la révision des 8 mois, il s'est avéré que la situation de mon oeil, depuis l'opération du 15 août, ne s'est absolument pas améliorée. Et l'oeil droit s'est fatigué, tandis que mon cerveau a mal vécu tout cela, ce qui a entraîné une certaine fatigue que je ressens aujourd'hui.
Il n'y a pas que la cathédrale qui brûle ! Vous voyez le rapport avec le billet ci-dessus. Je ne dois pas continuer à laisser se dégrader mes forces oculaires. Une nouvelle opération de mon oeil sera tentée cet été, sur ma cataracte à 100%. Pour qu'un certain résultat puisse être obtenu, je vais réellement changer de rythme de vie. Je vous en préviens afin que vous ne soyez pas surpris :
je suspens, jusqu'à cet été, la rédaction de billets sur ce blog. 
-  je vais suspendre aussi ma participation aux divers associations dont je suis adhérent.
-  je vais limiter au maximum mes déplacements en voiture hors du secteur Talmont-Les Sables. 
Tout cela avec regret, mais cela me semble plus sage !
Par contre, je continuerai à servir de mon mieux le doyenné et les paroisses de Talmont, dans la modération également bien sûr.

Cela fait 12 ans que j'assure ce blog. Mais il faut accepter qu'il y ait un temps pour tout. Et j'ai la chance inouïe de ne pas partir sur un échec, puisqu'il y a toujours des centaines de personnes qui se connectent quotidiennement à ce blog. En outre, d'après mon compteur, le billet précédent, plus apprécié que d'autres,  a fait un véritable tabac ! En tout cas, je ne remercierai jamais assez tous ceux et celles d'entre vous qui ont rejoint, à l'occasion ou fidèlement, cette petite arche de Noé. Avec une mention spéciale au fidèle Bernard qui, depuis des années, corrige avec soin les fautes repérées ! Si j'ai pu blesser certaines personnes ; je leur en demande pardon. A présent, nous allons continuer la route, les yeux fixés sur le Ressuscité. Lui le Bon Pasteur saura guider notre chemin.
Quant à moi désormais, si je n'écris plus, cela ne m'empêchera pas de vous porter dans ma prière, quotidiennement, vous toutes et tous que le Christ a mis sur mon chemin par l'intermédiaire d'internet.
Merci à Dieu, merci à vous !


frère âne, Olivier

jeudi 4 avril 2019

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2276 : Monseigneur, Père, Pasteur NON : frère !

Père
Mais d'où vient donc cette coutume étrange, qui se développe de plus en plus, d'appeler les prêtres "Père" ? Et cela, depuis les temps les plus antiques ; n'a-t-on pas parlé très tôt des "Pères de l'Eglise" ? Bien sûr, on peut comprendre le sens spirituel du mot "Père" : celui qui engendre dans la foi, celui dont nous sommes des fils spirituels comme on dit. Mais l'objection est puissante, et tous les prêtres l'ont entendue : "N'appelez personne sur la terre votre "Père" ; car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est aux cieux."  Dixit Jésus lui-même, en Matthieu 23/9.
Question : pourquoi, depuis près de 2000 ans, l'Eglise n'a-t-elle pas tenu compte de cet appel évangélique de Jésus ? Les conséquences, nous en prenons conscience plus que jamais en ces temps difficiles !  En effet, la tentation a été forte, pour nous les prêtres, de nous considérer alors comme au-dessus des autres baptisés ; et même, d'abuser de ce titre plaçant les prêtres comme en surplomb ; cela les conduisant à se sentir, en tant que "Pères", maîtres des âmes, et parfois aussi des corps, de leurs "dirigés, des âmes fragiles, de leurs paroissiens... Ce titre de Père pouvant entraîner un sentiment de pouvoir et d'influence, et faire, de certains soit-disant Pères, des gourous, cela s'est vu ! Alors que, continue Jésus, "le plus grand parmi vous sera votre serviteur." (Mt 23/12)
La leçon est claire, et qui ne l'entendrait ?  Le ministère du prêtre doit apparaître en d'autres termes que celui d'une paternité, Dieu seul étant Père ; et d'abord, comme un service.  Sans doute, tout ministre sera jugé par Dieu selon qu'il aura ou non cultivé l'humilité et la modestie attendues de lui : "quiconque s'élève sera abaissé." (Mt 23/12)  Quiconque voudra être au-dessus, être Père au mauvais sens du mot, quiconque ainsi contribuera à développer le cléricalisme, sera disqualifié !

Monseigneur
Encore un titre qui n'a vraiment rien d'évangélique ! Pardon si je vous scandalise !  Parce qu'en contradiction profonde avec le message de Jésus. Là encore, relisons l'Evangile ; qu'est-ce que Jésus répond aux fils de Zébédée lui demandant de siéger à sa droite et à sa gauche dans sa gloire ? "Ceux qu'on regarde comme les chefs des nations les tiennent sous leur pouvoir et les grands sous leur domination. Il n'en est pas ainsi parmi vous (...) Si quelqu'un veut être le premier parmi vous, qu'il soit l'esclave de tous. Car le Fils de l'homme est venu non pour être servi, mais pour servir." (Marc 10/42-45)
A la lumière de telles déclarations, peut-on imaginer Jésus avec le titre de "monseigneur", une mitre sur la tête ? "Monseigneur Jésus" ?  Nous serions scandalisés ! Bizarrement accoutré, comme une sorte de préfet clérical, copié-collé avec la tenue d'un ministre de l'empereur Constantin...
En conséquence, logiquement, comment un homme, aujourd'hui, s'il médite vraiment l'exemple de Jésus, peut-il accepter ce titre ecclésiastique, qui ne procède pas d'une source évangélique ?  Il s'agit, historiquement, d'une appellation qui distinguait jadis l'aristocratie : le "seigneur"...  Serait-ce si difficile d'abandonner ce terme ? Mais le titre de "Monseigneur" fait de la résistance... On appelle bien le pape par son prénom : François. Pourquoi ne pas dire : "Tiens, voici François, évêque de Luçon", ou "Daniel, prêtre à Talmont"... Il faut d'urgence nous "déconstantiniser" !

Pasteur
Là encore, en utilisant ce titre, et même en se l'appropriant sans en connaître le sens biblique, l'on se trouve dans l'erreur par rapport à l'Ecriture !  François, notre évêque, lors de la réco des prêtres du diocèse (voir mon billet n° 2265, du 18 mars), a bien insisté sur ce point en nous rappelant que le titre de "Pasteur" concerne exclusivement le Christ, seul Pasteur.  L' "unique pasteur" annoncé (en Ezéchiel 34/23), "c'est moi", dit Jésus (Jean 10/11).  Sr Martine, de Bourgenay, m'a expliqué que le "Je suis le bon pasteur" de Jésus, c'est le "Je suis" qui désigne uniquement Yahvé (Exode 3/14, le buisson ardent, lu le dimanche 24 mars dernier). Et dans tout le Nouveau Testament, même pas dans les Evangiles, le seul moment où le titre de "Pasteur" est donné aux disciples, c'est en Ephésiens 4/11 ; et encore, ce mot est cité de façon très sobre !  De plus,  notre évêque nous a expliqué que quand Pierre écrit : "Faites paître le troupeau de Dieu qui se trouve chez vous" (1 Pierre 5/2), cela ne signifie pas "dirigez-le", mais "paissez-le", c'est-à-dire : "donnez lui à manger"Attention donc, là encore, à ne pas s'identifier trop vite au Christ-Pasteur. Lui, c'est le chef des bergers, et ceux qui se disent "Pasteurs" ne sont en fait que de petits bergers, des esclaves, des serviteurs, et non des maîtres ou des dirigeants.

FRERE
Mais alors, me direz-vous, comment faut-il vous appeler ?   Personnellement, j'ai l'habitude de répondre : "ma mère m'a appelé Olivier ; vous pouvez m'appeler ainsi !"  Quand j'étais prêtre aux Sables d'Olonne, j'ai gardé le souvenir ému d'un jeune, qui avait plein de difficultés psy. Chaque fois qu'il me voyait, il s'écriait : "Ah ! Frère Olivier, comment ça va ?"  Il était le seul à m'appeler ainsi. Et pourtant, n'est-ce pas le plus beau titre ?  Chaque prêtre, ou évêque, n'est-il pas d'abord "frère" des autres baptisés, même s'il a une charge au sein de ce peuple de Dieu ?  Une charge de serviteur, bien entendu.  Car dans le service du peuple des amis de Jésus, personne n'est au-dessus de quiconque. Mais tous, y compris les évêques, dépendent de la communauté au service de laquelle ils sont confiés.  Comme l'a dit récemment Pascal Wintzer, évêque de Poitiers : "il faut casser l'image du prêtre [et de l'évêque !] perçu comme un homme en-dehors et au-dessus de l'humanité."  Et bien sûr envisager une place des femmes à la hauteur de leurs charismes, au sein du Peuple de Dieu.
En résumé, excusez l'expression, mais comme l'écrit le bibliste Claude Tassin, "à la lumière de l'Ecriture, la titulature ecclésiastique mériterait peut-être un coup de torchon périodique !"  En ce moment, la période et les événements sembleraient s'y prêter...
2 citations, parmi bien d'autres, illustrant comment Jésus nous considère tous comme des frères (et pas des Pères,... ni des Monseigneurs !)
"Qui est ma mère, qui sont mes frères ?" Montrant ses disciples, il dit : "Voici ma mère et mes frères ; quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, c'est lui mon frère, ma soeur, ma mère." (Matthieu 12/48-50)
-  "Jésus est l'aîné d'une multitude de frères." (Romains 8/29)


lundi 1 avril 2019

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2275 : "Je vais créer une terre nouvelle." (Isaïe 65/17)

Assez souvent, l'on entend des personnes déclarer qu'elles ne lisent plus les nouvelles et ne suivent plus les infos à la télé, découragées qu'elles sont par des informations qu'elles jugent attristantes et démoralisantes. Oh, comme je les comprends ! La vie sur cette terre en effet n'est pas rose pour beaucoup ; on peut même, trop souvent, la comparer comme à un "antichambre de l'enfer" !  C'est d'ailleurs de ce qualificatif terrible que l'on affuble le Territoire de Gaza... Le pire, c'est quand des gens accusent les journalistes d'en rajouter, comme si c'était eux les responsables des malheurs annoncés !  Et pourtant, et pourtant, c'est chaque jour sans exception, que ce soit dans la presse, à la radio ou aux infos télévisées que, personnellement, je me régale à constater qu'en même temps, comme le prophétisait Isaïe, Dieu crée "une terre nouvelle". Voilà pourquoi je ne manque jamais d'aller acheter la presse à la Trinquette, à Bourgenay. Quelques exemples, tous tirés des infos-médias de ce lundi :

-  Yann Arthus-Bertrand proclamant : ""Quand j'ai lu la Lettre du pape François sur l'environnement intitulée   "Loué sois-tu", je me suis senti chrétien... bien que non croyant !"

-  malgré de nouveaux échanges de tirs pendant le week-end, Israël a rouvert les deux points de passage vers la bande de Gaza. C'est le signe d'une désescalade .

-  important article présentant l'association "Solidarités Paysans 85", créée il y a plus de 30 ans, en 1988 ; elle intervient auprès des agriculteurs dont l'outil de travail et l'emploi sont menacés par des difficultés économiques et sociales. Nombre d'agriculteurs, et pas seulement en Vendée, lui doivent le salut !

-  les médias ne parlent pas que de ce qui est négatif dans l'Eglise. Ainsi, nous apprenons qu'hier, après les messes, le cardinal-archevêque de Colombo, au Sri-Lanka, qui avait appelé à une grande manifestation contre la forte augmentation du trafic de drogue, a vu la participation du président, du premier ministre et des responsables des différentes religions.

-  Zuzana Caputova, élue présidente de Slovaquie, dont l'un des slogans de campagne contre la corruption était "Fais face au mal", a déclaré : "Cette élection a prouvé que l'on peut gagner sans attaquer ses adversaires. Cherchons ce qui unit, plaçons la coopération au-dessus des intérêts personnels."

-  mobilisation à la Roche-surYon pour la défense d'une famille arménienne bien insérée, menacée d'une obligation de quitter le territoire pour regagner l'Arménie, où pourtant il leur sera difficile de se réinsérer, vu que la maman est Azérie...

-  1° place donnée aux plus pauvres dans l'émission ce soir de "28 minutes" sur Arte où, à l'occasion de la fin de la trêve hivernale, des responsables de la Fondation Abbé Pierre ont pu faire entendre la douleur de ces milliers de locataires qui vont devoir être expulsés, ne pouvant payer la totalité de leur loyer étant donné que le prix de l'immobilier a flambé.

-  le roi du Maroc a déclaré samedi en accueillant le pape : "Les trois religions abrahamiques n'existent pas pour se tolérer, mais pour s'ouvrir les unes aux autres et pour se connaître, dans un concours vaillant à se faire du bien l'une l'autre."

Et il y a encore bien d'autres bonnes nouvelles glanées dans les journaux et à la télé ce lundi, mais la place me manque pour les citer.  Que nous faut-il de plus pour rendre grâce en vérité ?  Isaïe ne nous a pas menti ! Oui, au-delà des douleurs qui nous accablent, ne nous laissons pas écraser par un découragement qui est l'enfant du démon ! "Ainsi parle le Seigneur : Oui, voici : je vais créer un ciel nouveau et une terre nouvelle, on ne se souviendra plus du passé. Soyez plutôt dans la joie !"  Nous savons donc ce qu'il nous reste à faire ! Merci Isaïe de nous l'avoir rappelé, dans la 1° lecture de la liturgie de ce lundi.  Et ce n'était pas un poisson d'avril !

dimanche 31 mars 2019

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2274 : Evêque, fils d'évêque !

Par rapport aux scandales qui nous marquent en ce moment, le manque de connaissance de l'histoire de l'Eglise catholique nous fait penser que tout va de plus en plus mal dans la barque de Pierre. Aurions-nous oublié ce que l'apôtre Paul dénonçait déjà fortement dans plusieurs de ses Lettres ? "Libertinage, impureté, débauche, beuveries, ripailles (...)", au sein des premières communautés chrétiennes ? (Galates 5/19-21) On se souvient aussi d'Alexandre VI, un Borgia, ce pape qui eut plusieurs enfants naturels. Et il serait facile d'allonger la liste de ceux qui ont sali le visage de l'Eglise tout au long des siècles ; et cela, dès les premiers temps !

Quand je le peux, le dimanche matin, avant d'aller célébrer, j'aime bien suivre les émissions religieuses sur France-Culture. Ce matin, l'émission "orthodoxie" a fait allusion à Saint Grégoire de Naziance qui, en son temps, s'est fortement opposé aux turpitudes qui marquaient déjà l'Eglise, dès le IV° siècle. Je suis allé faire une recherche sur internet et, à l'article à son nom sur Wikipédia, dans les notes, en liens externes, j'ai trouvé, dans le "Discours sur le sacerdoce" de St Grégoire, des passages révélateurs que je vous cite à présent :

n° 69 - Nous connaissons les règles que l'apôtre Paul donnait aux évêques et aux prêtres ; il leur imposait le devoir d'être sobres, chastes, tempérants, d'une conduite si sainte et si irréprochable que les méchants même ne puissent les attaquer. Et cependant, il y en a qui sont bien éloignés de la perfection qu'ils exigent des autres.
n° 70 - Ce qui m'épouvante, ce sont les reproches que le Sauveur adresse aux scribes et aux pharisiens. Et nous, à qui le Seigneur a imposé le devoir de les surpasser en vertus et mérites, quelle ne sera pas notre honte si nous sommes trouvés plus vicieux encore, et si l'on peut nous appliquer tous les autres traits qui caractérisent les mauvais pasteurs.  On peut nous appeler comme eux, à juste titre, des serpents, des races de vipères, des guides aveugles, des hypocrites, des vases embellis du dehors, mais au-dedans pleins de corruption.
n° 71 - Ces tristes pensées m'affligent et le jour et la nuit ; elles glacent mon coeur d'effroi et portent la terreur jusque dans la moelle de mes os ; elles abattent mon courage. Trop heureux si je puis, non pas corriger les autres - cette noble tâche exige une surabondance de vertu que je ne possède pas - mais éviter moi-même le poids de la colère de Dieu qui nous menace, et préserver mon âme de la contagion du vice.
n° 74 - Malheureux esclaves du péché, comment s'élever jusqu'aux choses éternelles et invisibles quand on est assujetti à la matière et aux sens ?

 J'ai fortement résumé, vous vous en doutez, les paroles très claires de Grégoire. S'il a dit tout cela, c'est que ça devait déjà aller bien mal ! Pas besoin de faire de dessins...  Si ces paroles  sont si fortes, c'est qu'il fallait dénoncer le vice, déjà largement présent, au sein de la caste des évêques et des prêtres, dès le 4° siècle de notre ère. A l'époque où l'Eglise venait juste de trouver le droit de cité, grâce à l'intervention de l'empereur Constantin.  Le désordre dans l'Eglise ne date pas d'aujourd'hui !

Pour la petite histoire, Grégoire (329-390), né en Cappadoce (au centre de la Turquie actuelle), était le fils d'un évêque.  Il fut ordonné prêtre par son père (ce qui simplifiait les choses !). Consacré ensuite lui-même évêque - contre son gré - mais ne pouvant rejoindre l'évêché de Sasimes où il avait été affecté, à cause de l'opposition locale des Ariens, il resta auprès de son père - évêque - devenant ainsi le premier évêque auxiliaire de l'histoire de l'Eglise ! Plus tard, l'empereur Théodose 1° l'imposa comme évêque de Constantinople, car il avait reconnu en lui quelqu'un de droit et de clair, contrairement à tant d'autres...    (pour la suite, consulter Wikipédia !  La vie de ce saint ressemble à une vrai roman d'aventures). 

Un dernier exemple en terminant : en 381, Grégoire, toujours aussi interpellant quant aux déviations de la caste des évêques, écrit un discours virulent contre les membres du concile de Constantinople par rapport à l'importance qu'ils accordent aux "apparences" :

« J'ignorais qu'il fallût rivaliser avec les consuls, les préfets et les généraux... J'ignorais qu'il me fallût prendre le bien des pauvres pour vivre dans le luxe et la bonne chère... et porter aux autels l'odeur des festins. J'ignorais qu'il fallût me montrer sur les chars... promener par la ville un grand train et forcer la foule craintive à se ranger des deux côtés de ma route, comme elle le fait au passage des bêtes !"
Ainsi va l'histoire... de l'Eglise et du monde, jusqu'à aujourd'hui ; et ce n'est pas fini !
Comme nous le répétait souvent un professeur du grand séminaire de Luçon : "La barque de Pierre est conduite à coups de "gaffes" ; mais elle nous entraîne tout de même à Bon Port !"