Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

samedi 13 janvier 2018

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 3020 : L'Afrique a-t-elle encore une place sur notre planète ?

Savez-vous qu'il existe une fête annuelle des Eglises d'Afrique, célébrée au sein de l'Eglise catholique, c'est-à-dire, dans les églises du monde entier, chaque année, le jour de la fête de l'Epiphanie ? Si oui, bravo à vous : vous méritez le titre de frère universel, et de véritable fils de l'Eglise universelle !
Si vous n'étiez pas au courant, ce n'est peut-être pas de votre faute ; et pourtant, les médias chrétiens en ont parlé, quoique bien trop timidement. En tout cas, dans les deux paroisses auxquelles je suis rattaché, j'ai eu l'heureuse surprise de constater qu'une intention de la prière universelle était réservée à l'Afrique, et que la quête, impérée (obligatoire), pour soutenir les Eglises africaines, était bien annoncée sur les feuilles de messe. Bravo à l'équipe liturgique chargée de la préparation de cette messe, ainsi qu'à notre curé !
Pour info, comme je l'ai expliqué lors de la messe paroissiale à Bourgenay dimanche dernier, cette fête a été instituée au XIX° siècle sur proposition du Cardinal Lavigerie, alors archevêque d'Alger depuis 1867. L'objectif était de mobiliser les chrétiens de l'époque pour lutter contre l'esclavage qui faisait des ravages sur le continent africain ; esclavage malheureusement toujours en cours sur ce continent-martyr, en Libye et ailleurs.
Malheureusement, je sais par expérience que, dans un trop grand nombre de paroisses françaises, l'on passe totalement à pieds joints sur cette info. On fête l'Epiphanie le nez dans les nuages (d'encens parfois), mais sans daigner prêter la moindre attention à nos frères et soeurs Africains, sans la moindre allusion à leur existence, à leurs combats et à leurs souffrances. Cela, je n'arrive pas à l'accepter !
Je vais être provoquant : est-ce que c'est parce qu'on en a un peu marre d' "aider" les Africains, avec la désagréable impression de remplir un gouffre sans fond ? Et donc, qu'on n'a pas confiance en eux ?  Niveau fraternité ecclésiale, c'est très proche de zéro !
Et pourtant, nous sommes informés ; trois exemples seulement :
-  le dimanche 31 décembre, en R-D Congo, des milliers de catholiques ont manifesté en faveur de la démocratie ; huit morts, des centaines d'arrestations, dont même des enfants de choeur.
-  dans la nuit du 31 déc. au 1° janvier, 14 fidèles ont été tués alors qu'ils venaient de participer à une messe de minuit à Port-Harcourt au Nigeria.
-  info parue dans "Ouest-France" hier vendredi (quelques brèves lignes en bas de la 2° page, mais c'est déjà ça...) : 48 Maliens noyés en Méditerranée le week-end dernier ; on en a moins parlé que de l'aéroport de ND des Landes ou de France Gall !  "Selon que vous serez puissant ou misérable..."
Cela me fait un penser aux réactions de Trump qui, ce jeudi, lors d'une réunion à propos de l'immigration, s'est exclamé : "Pourquoi toutes ces personnes issues de pays de m..., comme certaines nations africaines, Haïti ou le Salvador, viennent ici ?"  Trump n'a pas démenti ; il a juste essayé de minorer ce qu'il avait dit.  Niveau fraternité humaine, c'est très proche de zéro également.  Je n'arrive pas à accepter cela, et surtout, les Africains non plus évidemment, dont les 54 nations viennent de réagir ensemble avec colère, amertume, mais aussi dignité, à ces propos extrêmement offensants.
Je laisse le mot de la fin à Georges Simenon, bien connu aux Sables d'Olonne, où j'avais appris, lors d'un Festival Simenon, de la bouche de Didier Gallot, qu'il avait rédigé un reportage dont le titre était : "L'Afrique vous parle, elle vous dit m..., et c'est bien fait !"  Il présentait, entre autres, le travail de construction de la voie ferrée du "Congo-Océan", qui a entraîné 17.000 morts pour 140 kms, tant les conditions étaient épouvantables.
Toujours des morts en Afrique, rien n'a changé ; et on en parle toujours bien peu, non seulement dans les médias, mais aussi dans nos églises !
Ah m... alors !  Et l'Evangile là-dedans ???

vendredi 12 janvier 2018

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 3019 : "Auprès de mon arbre, je vivais heureux..."

C'était au matin qui suivit la forte tempête qui, récemment, fit un certain nombre de dégâts dans notre région. Dès les aurores, je sortis voir en quel état se trouvaient les lieux de mon"ermitage" temporaire : le sol de la propriété, en lisière de forêt, abritant de nombreux pins, était jonché de branches cassées, dont certaines vraiment très grosses, heureusement tombées ni sur la maison ni sur ma voiture. : une satanée purge dans les hauteurs de tous ces grands pins !
Puis, devant rejoindre Talmont, toujours sur Bourgenay, auprès d'un rond-point, j'aperçus l'un de mes amis à terre, comme terrassé, gisant tristement sur le sol. Ce superbe pin parasol que j'admirais lors de chacun de mes passages. Cela me fit quelque chose de le voir ainsi abattu ; tandis que son frère jumeau, tout proche de lui, ayant échappé à la tempête, semblait veiller tristement son malheureux "alter ego", vaincu par les forces du ciel en furie.
Me revint alors en tête la célèbre ballade du poète Georges Brassens : "Auprès de mon arbre, que j'étais heureux..."  Oui, c'est vrai, j'étais heureux de rencontrer régulièrement cet ami arbre. Ca paraît bébête, mais, lors de chacun de mes passages, je lui disais bonjour, ainsi qu'à son frère jumeau. Ils me semblaient très sympas tous les deux. Deux belles images de cette superbe région de Bourgenay, à l'image de toute cette côte admirable du Talmondais.
J'aime bien les gens du Pays de Talmont et de Jard, avec lesquels je fais connaissance peu à peu, mais ces deux arbres, comme la mer, certains rochers plus caractéristiques, mais aussi de beaux endroits de la plaine et des marais sont devenus également mes amis. Pour paraphraser la chanson de Brassens, conscient de la beauté de tous ces éléments de notre soeur nature, "je ne devrais jamais les quitter des yeux !"
Mais finalement, dire que les arbres sont mes frères, ainsi que les rochers, et que la mer est ma soeur, ce n'est peut-être pas aussi bébête que cela, si j'en crois les premières lignes de la lettre écrite par le pape François, "Loué sois-tu" : "Loué sois-tu, mon Seigneur," chantait saint François d'Assise. Dans ce beau cantique, il nous rappelait que notre maison commune est aussi comme une soeur, avec laquelle nous partageons l'existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts. "Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l'herbe." (François d'Assise, Cantique des Créatures)
Bonne nouvelle : on a pris soin du frère arbre en deuil ; les jardiniers de la commune ont placé autour de lui trois étais qui lui permettront de tenir bon face aux prochains assauts du dieu Eole !

jeudi 11 janvier 2018

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 3018 : Ca ne tiendrait plus dans une 2 CV !

Il suffit que mon blog s'arrête pendant 3 jours, et je reçois mails et appels s'inquiétant de ce qu'il se passe ! C'est vraiment sympa de votre part !  Mais, vous l'avez sans doute deviné, si l'ermite est devenu muet momentanément, c'est en raison de son déménagement. Depuis mon ordination, je suis rendu au 13° !  Je commence donc à avoir l'habitude, mais c'est toujours, à chaque fois, outre l'arrachement aux personnes et réalités dans lesquelles l'on s'était inséré, un énorme travail de déplacement, d'inventaire, de "dérangements" et de rangement.
En tout cas, rien à voir avec mon 1° déménagement lorsque, après un temps très heureux de ministère à St Jean de Monts, j'ai rejoint ma 2° paroisse, à Luçon : ce jour-là, tout ce que j'avais tenait dans ma vieille 2 CV, même si c'était un peu tassé.
Puis, les postes se sont succédés, et un jour, j'ai embarqué pour le Mali, avec une valise de 18 kgs seulement. Et pourtant, miracle, pendant mes 9 années passées sous le soleil de l'Afrique, rien ne m'a manqué.  J'ai souvent expliqué cela aux candidats à la mission hors hexagone, lorsque j'avais en charge, à Paris, la formation des futurs missionnaires. En effet, étant passé par là, je pouvais me permettre de décourager tous ceux et celles qui voulaient emporter là-bas des cantines entières de bouquins, de cours de grand séminaire ou du noviciat, et des charretées de vêtements !
Devant habiter une petite maison à Bourgenay, avant de quitter Mortagne, j'ai exposé dans l'église des centaines de livres, que je n'aurais pu caser à Bourgenay ; à ma grande surprise, l'initiative a joué son rôle, les livres ont été appréciés, et je préférais que les paroissiens profitent de mes bouquins plutôt que des les voir mis au pilon. Avant mon départ, j'ai aussi jeté des caisses de papiers, documents et objets inutiles. Et pourtant, j'en ai encore trop conservé.
Malgré des meubles offerts par une paroissienne de Mortagne, et six petits meubles que je me suis procuré pour 20 ou 30 euros à Emmaüs à Vairé, voici que je n'ai encore pas la place nécessaire pour tout ranger. Je fais donc à présent une nouvelle opération-déchetterie, de tant de choses dont il faut savoir se séparer. De toute façon, on n'emportera pas tout cela au paradis, et il vaut mieux se débarrasser des choses plutôt que de laisser ce travail à faire à nos héritiers !
D'ailleurs, quand sera venu le jour où il nous faudra quitter ce monde, une 2 CV suffira largement pour nous emmener vers notre dernière demeure.  Et il n'y aura pas, accrochée derrière, une remorque trimballant nos notes, nos homélies, ce blog, nos décorations, pas plus qu'un coffre-fort ! 
Le sas de plus de quatre mois de vie d'ermite m'a d'ailleurs préparé à me détacher un peu de tant de choses inutiles, auxquelles on s'accroche pourtant désespérément ; et pourquoi donc ?
Un autre bienfait ressenti : j'ai donc la télé à présent, après en avoir été sevré ces mois derniers. Mais, conséquence à laquelle je ne m'attendais pas, contrairement à ce que je pensais, je ne peux plus la regarder ! Tout me paraît surfait, superficiel !  Et pourtant, j'ai toujours apprécié les médias ; mais je crois que je ne vais plus la regarder comme avant. J'ai appris à me satisfaire de la presse et de la radio, et cela m'a comblé !
J'oubliais : un immense merci à la performante équipe de Mortagnais qui m'a accompagné dans ce travail toute la journée de mardi, ainsi que d'efficaces personnes de Bourgenay, en lien avec la communauté locale des Soeurs de Mormaison.
A présent, c'est pas tout ça : il faut continuer à trier, ranger, classer.
Mais le plus important, je le sens, c'est de trier ce qu'il y a dans ma tête et dans mon coeur, afin Dieu et les autres prennent vraiment la 1° place dans nos vies !

P-S : avec mes excuses aux très nombreuses personnes qui m'ont envoyé leurs voeux, et auxquelles il ne m'est pas possible de répondre dans l'immédiat à cause de ce" fichu" déménagement.  Merci de votre compréhension !

lundi 8 janvier 2018

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 3017 : Quasi "ermite" pendant plus de 4 mois !

"Ermite" ?  Il en faut peut-être pas exagérer ! Mais quand même... Depuis début septembre, je vis un grand écart, pour la première fois de ma vie. En attente d'un domicile fixe, dans une maison heureusement mise à ma disposition par de généreux paroissiens de Mortagne, tout au fond d'une impasse, dans un chemin de terre, sans voisins immédiats, en bordure de forêt, à Bourgenay, avec la seule compagnie d'écureuils et de quelques oiseaux, sans télévision, sans sonneries de téléphone (sauf sur mon portable), sans connexion internet jusque peu avant Noël (sauf sur mon smartphone), ne connaissant encore que peu de monde localement, détaché de toute responsabilité pastorale, seul face au ciel immense à l'océan tout proche.  Jonglant entre mes caisses de bouquins et de vêtements toujours pas déballées. C'est juste si les corbeaux ne m'apportaient pas à manger !
Mais cette situation ne manque pas de charme !  Je m'en faisais encore la réflexion pas plus tard que ce matin lorsque, au seuil même de la maison, au milieu des pins, j'ai pris longuement le temps de contempler notre soeur la lune, veillant sur notre terre et l'éclairant de sa beauté.
Bien sûr, je ne suis pas dans une inactivité totale ! Hier, j'ai célébré l'eucharistie pour la paroisse ; on vient de me faire appel pour une sépulture ; des familles m'invitent à passer les voir, des malades à les visiter, tandis que je travaille à la relance du groupe inter-religieux sur le Pays des Olonnes, etc...  Mais, tout cela à un rythme plus paisible, sans avoir la responsabilité d'organiser ni de gérer toute une vie paroissiale aux multiples activités ; avec du temps pour réfléchir et prier, en quasi ermite que je suis devenu.
Le temps de remercier le Seigneur pour la richesse de ce que j'ai eu le bonheur de vivre durant toute mon existence ; de lui rendre grâce d'abord pour ces innombrables personnes qu'il a mises sur ma route, dont vous,  pour m'accompagner sur le chemin du Salut et de la fraternité.
Le temps de laisser défiler les visages et les événements, de remettre chacun  et chacune dans la main du Seigneur.
Peut-il y avoir un bonheur plus grand ?
A présent cependant, et je vous en donne la nouvelle suite aux inquiétudes et questions de certains d'entre vous, je vais changer un peu de statut puisque demain, après le déménagement précédent début-septembre, de Mortagne jusqu'à mon lieu d'ermitage temporaire, je déménage une seconde fois ce mardi, pour gagner enfin mon logement définitif, au 452 avenue Notre-Dame, à Bourgenay, tout près du Centre spirituel tenu par les Soeurs de Mormaison. Enfin fini le temps des cartons parmi lesquels je ne trouvais jamais ce que je cherchais ! Et le plaisir de trouver à présent quelque chose de fixe ; en un lieu où j'aurai la joie de vous accueillir si toutefois votre route vous conduit jusqu'à Bourgenay.




dimanche 7 janvier 2018

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 3016 : L'Epiphanie, un résumé du projet de Dieu pour l'humanité

Mais qu'est-ce l'Evangile a voulu nous faire comprendre à travers la magnifique image de ces trois personnages mystérieux venus, d'on ne sait où, adorer Jésus, "lui, la vraie lumière" (Jean 1/9) ?
La tradition chrétienne, pleine d'intelligence, a donné des prénoms et des origines à ces "mages" :
-  Melchior, roi des Perses, représentant la religion de Zoroastre, religion fort importante à l'époque de Jésus, sensible au feu et à la lumière. Un responsable d'une religion axée sur la lumière venant s'incliner devant Jésus, lumière de l'univers, quel symbole parlant !  J'en profite pour signaler que le mot "mage" était le titre que l'on donnait aux responsables religieux zoroastriens.
-  Balthazar, que la tradition donne comme venant de l'Afrique, qui représentait, au temps de Jésus, les extrémités du monde ; ce mage est évoqué comme étant de couleur noire. Façon, pour la tradition chrétienne, de faire comprendre aux baptisés que Jésus n'est pas le Dieu d'un seul pays, mais de toute la terre ; et qu'il n'est pas le Dieu des Blancs seulement.
-  Gaspard, lui, est dit venir peut-être de l'Arabie, c'est-à-dire, de la terre d'où germera l'Islam, 7 siècles plus tard.  Signification prophétique là encore : même l'Arabie, même les terres dites de l'Islam, sont appelées à se tourner vers le Christ, dans un avenir connu de Dieu seul, comme la démarche de Gaspard l'a anticipé.
Bien sûr, tout cela, ce sont les "on dit" des antiques traditions chrétiennes ; mais elles n'en sont pas moins éclairantes pour notre réflexion.
Car cette évocation montre que, déjà, autour de la crèche, s'est réalisé, prophétiquement, un début du rassemblement de l'humanité auquel celle-ci est appelée : trois étrangers - en recherche - plus ou moins païens - ou croyant autrement - accueillis au sein d'une famille de religion juive - autour de Jésus, le rassembleur, le réconciliateur de tous les hommes, de toutes les religions, de toutes les couleurs, de tous les peuples et de tous les temps. Nous avons là, qui nous est dessiné, le résumé du projet de Dieu sur l'humanité.
Car ce qui intéresse Dieu, ce ne sont pas simplement les Juifs, pas seulement les bergers, pas uniquement les chrétiens, ni bien sûr que les personnes parfaites moralement et sous tous rapports !  Mais tous les humains sans exception, de Bethléem à Cuba, de Rome à Shanghai, des fins fonds de l'Amazonie à Madagascar et au-delà !
Un rappel salutaire du fait que nous avons un Dieu "sans frontières" ! D'où cet appel, pour nous, à travailler à ce que ce rassemblement de tous autour de l'Enfant de Noël puisse commencer à se réaliser déjà aujourd'hui. Puissent notre prière et nos engagements humains, réellement, y contribuer !