mardi 9 février 2010
Le Blog du Curé n° 625 : "Compère, qu'as-tu vu ?"
C’est avec cette question d’une comptine de notre enfance que j’ouvre ce billet ; et cette interrogation est loin d’être aussi banale qu’elle ne le semble ! En effet, je réalise chaque jour davantage combien il nous est difficile de voir clair, et, sur cette terre, de bien discerner notre chemin.
Hier avançait devant moi, dans une rue de Fontenay, une personne au pas hésitant et fragile. Tandis que je m’apprêtais à la doubler, en rouspétant un peu en mon for intérieur car elle occupait le milieu du trottoir, je reconnus une paroissienne, que je saluai. Celle-ci de me dire alors, en semblant vouloir s’excuser : « vous savez, c’est triste ! Je vois de moins en moins. C’est foudroyant. Je ne peux plus conduire ma voiture, je rate les marches d’escalier, je n’arrive plus à honorer mes divers engagements. » Et savez-vous où allait cette personne ? Visiter une dame âgée, isolée et incapable de se déplacer.
Au moment même, je me suis dit : « je vois Dieu en action ! » Puisque le philosophe juif Emmanuel Lévinas donnait la définition suivante : « Dieu, c’est quand une personne en aide une autre. »
Puis, j’ai rencontré un couple, au visage ouvert et rayonnant. Le mari m’a expliqué combien il avait été marqué par cet éducateur qui lui avait dit dans sa jeunesse : « dans la vie, on ne peut pas se contenter de tâtonner, de louvoyer, d’hésiter, sur ce qu’on doit croire ou faire ; un jour, il faut décider de son chemin et de son avenir.. » A ce moment-là, j’ai vu Jésus disant : « que ton oui soit oui ! » (Matthieu 5/37). "Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent." (Marc 1/19)
Ensuite, c’est une personne remplie d’amertume, très négative, qui s’est présentée à moi. Elle, par contre, avait de bons yeux, mais son cœur me semblait obscurci. J’aurais aimé la conduire vers la lumière, mais le mal était trop profond. Et la bonté de Dieu comme ligotée au plus profond de son être. Je n’ai pu que faire cette prière au Dieu de lumière : « Seigneur, guéris cette personne de sa haine pour l’humanité ! »
Y a-t-il quelque chose de plus triste sur terre, en effet, qu’une personne qui ne sait utiliser ses yeux que pour voir le mal et ce qui ne va pas ici-bas ?
Chers amis, que faites-vous de vos yeux ? Parlez-nous des belles personnes que vous rencontrez, des belles choses que vous voyez, des belles actions dont vous êtes les acteurs ou les témoins. N’hésitez pas à écrire des commentaires positifs en ce sens. Dans nos journaux en effet ou à la télé, trop souvent, seul le mal a droit de cité ; mais où sont les honnêtes gens ? Et que font-ils ? Comme aime à la répéter Jean-Claude Guillebaud, et il le redira sans doute lors de sa conférence jeudi soir à La Roche-sur-Yon, en reprenant les mots du psalmiste : "il ne faut pas laisser le monde aux mains des méchants !" (psaume 82)
Quand nous arriverons « là-haut », sans doute le Père nous demandera-t-il : « Compère, qu’as-tu vu ? » Qu’aurons-nous à répondre alors ? Il faut nous y préparer.
Rappelez-vous ce merveilleux passage du « Petit Prince » de Saint-Exupéry : « Adieu, dit le Renard, voici mon secret, il est très simple, on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ! »
Hier avançait devant moi, dans une rue de Fontenay, une personne au pas hésitant et fragile. Tandis que je m’apprêtais à la doubler, en rouspétant un peu en mon for intérieur car elle occupait le milieu du trottoir, je reconnus une paroissienne, que je saluai. Celle-ci de me dire alors, en semblant vouloir s’excuser : « vous savez, c’est triste ! Je vois de moins en moins. C’est foudroyant. Je ne peux plus conduire ma voiture, je rate les marches d’escalier, je n’arrive plus à honorer mes divers engagements. » Et savez-vous où allait cette personne ? Visiter une dame âgée, isolée et incapable de se déplacer.
Au moment même, je me suis dit : « je vois Dieu en action ! » Puisque le philosophe juif Emmanuel Lévinas donnait la définition suivante : « Dieu, c’est quand une personne en aide une autre. »
Puis, j’ai rencontré un couple, au visage ouvert et rayonnant. Le mari m’a expliqué combien il avait été marqué par cet éducateur qui lui avait dit dans sa jeunesse : « dans la vie, on ne peut pas se contenter de tâtonner, de louvoyer, d’hésiter, sur ce qu’on doit croire ou faire ; un jour, il faut décider de son chemin et de son avenir.. » A ce moment-là, j’ai vu Jésus disant : « que ton oui soit oui ! » (Matthieu 5/37). "Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent." (Marc 1/19)
Ensuite, c’est une personne remplie d’amertume, très négative, qui s’est présentée à moi. Elle, par contre, avait de bons yeux, mais son cœur me semblait obscurci. J’aurais aimé la conduire vers la lumière, mais le mal était trop profond. Et la bonté de Dieu comme ligotée au plus profond de son être. Je n’ai pu que faire cette prière au Dieu de lumière : « Seigneur, guéris cette personne de sa haine pour l’humanité ! »
Y a-t-il quelque chose de plus triste sur terre, en effet, qu’une personne qui ne sait utiliser ses yeux que pour voir le mal et ce qui ne va pas ici-bas ?
Chers amis, que faites-vous de vos yeux ? Parlez-nous des belles personnes que vous rencontrez, des belles choses que vous voyez, des belles actions dont vous êtes les acteurs ou les témoins. N’hésitez pas à écrire des commentaires positifs en ce sens. Dans nos journaux en effet ou à la télé, trop souvent, seul le mal a droit de cité ; mais où sont les honnêtes gens ? Et que font-ils ? Comme aime à la répéter Jean-Claude Guillebaud, et il le redira sans doute lors de sa conférence jeudi soir à La Roche-sur-Yon, en reprenant les mots du psalmiste : "il ne faut pas laisser le monde aux mains des méchants !" (psaume 82)
Quand nous arriverons « là-haut », sans doute le Père nous demandera-t-il : « Compère, qu’as-tu vu ? » Qu’aurons-nous à répondre alors ? Il faut nous y préparer.
Rappelez-vous ce merveilleux passage du « Petit Prince » de Saint-Exupéry : « Adieu, dit le Renard, voici mon secret, il est très simple, on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ! »
lundi 8 février 2010
Le Blog du Curé n° 624 : "Le Paradis, c'est les autres !"
Hier dimanche, à la sortie de la messe, ce sont des parents en plein désarroi qui sont venus se confier ; en effet, leurs enfants ne veulent plus les voir. Face à une telle situation, ils se ressentent comme les plus malheureux du monde, et ils le sont… Et pourtant, ce qu’ils vivent, c’est ce qui se passe dans trop de familles, à savoir, une histoire de division entre parents et enfants, quant cela n’est pas entre les enfants eux-mêmes.
Impossible de traiter à fond la question sur le seuil de l’église ; nous convenons donc d’un rendez-vous pour en rediscuter, mais déjà, cela leur a fait du bien que de pouvoir en parler un peu : « Oh ! Tous les torts ne sont sans doute pas de leur côté ! Est-ce qu’on a su les aimer comme il fallait ? Avons-nous toujours eu les bonnes attitudes ou les bons réflexes ? En tout cas, merci de nous avoir écoutés.»
Quelle douleur pour des parents que de s’entendre dire : « On n’a pas besoin de vous ! On se débrouille très bien tout seuls. » Faut-il que le fossé soit grand ! Cela me fait penser à cette chanson de Johnny Halliday que vous connaissez sans doute :
« Je n’ai besoin de personne
de personne, non, pour m’aider, non
je peux pleurer si je veux
jamais penser à quelqu’un. »
Johnny a beau être un de mes chanteurs préférés, j’avoue avoir de la peine à entrer dans de telles paroles, sinon pour essayer de communier à la douleur qui doit être la sienne, d’un vécu déchiré ; mais n’est-ce pas ce dont il a souffert dans son propre milieu familial ?
Comment aider de telles familles à se retrouver et à se reconstruire ? Avez-vous surmonté de telles difficultés ? Grâce à qui et à quoi ?
C’est là l’un des grands défis de notre vivre-ensemble ! En effet, si l’on n’arrive pas à y voir clair dans notre propre famille, comment pourrons-nous être des artisans d’harmonie au sein de notre société ? Nous avons tous pu constater que les personnes les plus agressives dans la vie en société sont celles qui n'ont pas eu le bonheur de vivre une situation familiale apaisée ; il faut les comprendre !
Sartre, déçu, assurait que « l’enfer, c’est les autres. » Je préfère la réaction bien plus saine de Sœur Emmanuelle répliquant : « l’enfer, c’est soi ; le paradis, c’est avec les autres ! »
Et si, en plus des conseillers conjugaux ou familiaux de tous ordres, l’on confiait cela à Dieu ? Méditons l’évangile de ce jour : « Les malades et les infirmes suppliaient de leur laisser toucher ne serait-ce que la frange du manteau de Jésus. Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés ! » (Marc 6/56)
Impossible de traiter à fond la question sur le seuil de l’église ; nous convenons donc d’un rendez-vous pour en rediscuter, mais déjà, cela leur a fait du bien que de pouvoir en parler un peu : « Oh ! Tous les torts ne sont sans doute pas de leur côté ! Est-ce qu’on a su les aimer comme il fallait ? Avons-nous toujours eu les bonnes attitudes ou les bons réflexes ? En tout cas, merci de nous avoir écoutés.»
Quelle douleur pour des parents que de s’entendre dire : « On n’a pas besoin de vous ! On se débrouille très bien tout seuls. » Faut-il que le fossé soit grand ! Cela me fait penser à cette chanson de Johnny Halliday que vous connaissez sans doute :
« Je n’ai besoin de personne
de personne, non, pour m’aider, non
je peux pleurer si je veux
jamais penser à quelqu’un. »
Johnny a beau être un de mes chanteurs préférés, j’avoue avoir de la peine à entrer dans de telles paroles, sinon pour essayer de communier à la douleur qui doit être la sienne, d’un vécu déchiré ; mais n’est-ce pas ce dont il a souffert dans son propre milieu familial ?
Comment aider de telles familles à se retrouver et à se reconstruire ? Avez-vous surmonté de telles difficultés ? Grâce à qui et à quoi ?
C’est là l’un des grands défis de notre vivre-ensemble ! En effet, si l’on n’arrive pas à y voir clair dans notre propre famille, comment pourrons-nous être des artisans d’harmonie au sein de notre société ? Nous avons tous pu constater que les personnes les plus agressives dans la vie en société sont celles qui n'ont pas eu le bonheur de vivre une situation familiale apaisée ; il faut les comprendre !
Sartre, déçu, assurait que « l’enfer, c’est les autres. » Je préfère la réaction bien plus saine de Sœur Emmanuelle répliquant : « l’enfer, c’est soi ; le paradis, c’est avec les autres ! »
Et si, en plus des conseillers conjugaux ou familiaux de tous ordres, l’on confiait cela à Dieu ? Méditons l’évangile de ce jour : « Les malades et les infirmes suppliaient de leur laisser toucher ne serait-ce que la frange du manteau de Jésus. Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés ! » (Marc 6/56)
dimanche 7 février 2010
Le Blog du Curé n° 623 : Faut-il avoir peur des Musulmans ?
Magnifique rencontre hier à La Roche-sur-Yon, à l’initiative du Service chrétien pour le dialogue interreligieux, à propos de l’Islam. Avec pour objectif : mieux connaître l’Islam pour mieux vivre ensemble. Sous la houlette de Christiane Noël pour les catholiques et de Maryse Viaud pour l’Eglise réformée, soutenues par une très belle équipe.
Une jeune théologienne musulmane, Madame Mouna Mohamed Cherif, chargée de mission depuis trois ans à l’association des Orphelins-Apprentis d’Auteuil, a bien posé le problème en faisant remarquer qu’avant, en Algérie par exemple, du temps de la colonisation, il y avait bien un certain « vivre-ensemble », mais qu’à présent, il nous faut aller plus loin : jusqu’à un vivre-ensemble qui permette de se connaître et de s’ajuster en profondeur les uns aux autres.
Or, cela n’est pas facile car, pour de multiples raisons, l’on a peur les uns des autres et l’on a vite fait de condamner l’autre, si différent de nous.
Mais si l’on commence par accuser l’autre de tous les maux, jamais nous ne pourrons arriver à bâtir un monde fraternel. Notre premier devoir est donc d’écouter l’autre, de le prendre tel qu’il est, d’essayer de le comprendre, mais surtout, de l’aimer.
Le Père Roger Michel, ancien missionnaire au Niger, en nous faisant partager sa riche expérience, nous a beaucoup aidés à mieux nous situer en nous rappelant des choses élémentaires, à savoir, par exemple, que l’objectif de l’immense majorité des musulmans qui vivent en France n’est pas d’islamiser l’Europe, mais d’avoir le droit d’exister, de vivre tout simplement leur religion chez nous. D’ailleurs, qui suis-je pour croire que ma vision du monde est la meilleure ? Et que seule ma religion peut avoir droit de cité ? Un jeune Tchadien vivant aux Herbiers, Moussa, nous a martelé, dans son témoignage très beau et très simple, que, je le cite : « on ne peut pas dire que l’Islam est contre les chrétiens. »
Il nous a aidés à comprendre aussi que la présence musulmane ne doit pas être présentée ni vue d’abord et seulement comme une source de problèmes, même si tout n’est pas simple.
Peut-être certains voudraient-ils créer en Occident une sorte de « contre-société » musulmane » ; mais ce serait une grave erreur que d’identifier à ces gens-là l’ensemble du monde musulman ! Que dirions-nous en effet si des Juifs identifiaient l’ensemble des chrétiens aux partisans de Mgr Lefebvre ou Mgr Williamson ?
Dans sa conclusion, Mgr Castet a bien souligné également ceci : « il ne faut pas avoir peur de l’autre ; d’ailleurs, si l’on est bien dans sa foi, on a moins peur. Il nous faut découvrir l’autre comme étant sous le regard de Dieu. »
D’où l’urgence du dialogue et de la rencontre ; même si, comme l’a dit Roger Michel et l’a confirmé Mouna, « la rencontre est souvent une épreuve, car l’autre vient à moi comme un hôte, mais aussi comme un intrus ; voilà pourquoi un long chemin d’apprivoisement s’avère nécessaire ; mais l’Européen est souvent trop pressé ; il voudrait tout de suite que les musulmans agissent comme nous, s’organisent comme nous, réagissent come nous ; mais n’est-ce pas une façon de continuer à regarder l’autre « d’en haut », comme si l’autre n’était pas « moderne » ?
Laissons aux musulmans le temps de découvrir l’importance du dialogue, en commençant par avancer avec eux sur le chemin de la rencontre, dans le quotidien.
C’est ce que, pour notre part, sur Fontenay-le-Comte, nous allons essayer de faire, dans le cadre de la 4° soirée organisée par le groupe islamo-chrétien, vendredi prochain 12 février, à 20h30, 34, rue du Bédouard, à l’aumônerie de l’enseignement public, sur le thème de la Prière dans nos deux traditions religieuses. Rencontre largement ouvert à toutes et tous évidemment.
Contrairement à ce que certains, mal informés sans doute, pourraient penser, nous avons la pleine bénédiction de Benoît XVI ; celui-ci n’a-t-il pas déclaré aux représentants de la communauté musulmane qu’il recevait à Cologne le 20 août 2005 : « Nous ne devons pas céder à la peur ni au pessimisme. Nous devons plutôt cultiver l’optimisme et l’espérance. Le dialogue interreligieux et interculturel entre chrétiens et musulmans ne peut pas se réduire à un choix passager. C’est en réalité une nécessité vitale dont dépend en grande partie notre avenir. »
Une jeune théologienne musulmane, Madame Mouna Mohamed Cherif, chargée de mission depuis trois ans à l’association des Orphelins-Apprentis d’Auteuil, a bien posé le problème en faisant remarquer qu’avant, en Algérie par exemple, du temps de la colonisation, il y avait bien un certain « vivre-ensemble », mais qu’à présent, il nous faut aller plus loin : jusqu’à un vivre-ensemble qui permette de se connaître et de s’ajuster en profondeur les uns aux autres.
Or, cela n’est pas facile car, pour de multiples raisons, l’on a peur les uns des autres et l’on a vite fait de condamner l’autre, si différent de nous.
Mais si l’on commence par accuser l’autre de tous les maux, jamais nous ne pourrons arriver à bâtir un monde fraternel. Notre premier devoir est donc d’écouter l’autre, de le prendre tel qu’il est, d’essayer de le comprendre, mais surtout, de l’aimer.
Le Père Roger Michel, ancien missionnaire au Niger, en nous faisant partager sa riche expérience, nous a beaucoup aidés à mieux nous situer en nous rappelant des choses élémentaires, à savoir, par exemple, que l’objectif de l’immense majorité des musulmans qui vivent en France n’est pas d’islamiser l’Europe, mais d’avoir le droit d’exister, de vivre tout simplement leur religion chez nous. D’ailleurs, qui suis-je pour croire que ma vision du monde est la meilleure ? Et que seule ma religion peut avoir droit de cité ? Un jeune Tchadien vivant aux Herbiers, Moussa, nous a martelé, dans son témoignage très beau et très simple, que, je le cite : « on ne peut pas dire que l’Islam est contre les chrétiens. »
Il nous a aidés à comprendre aussi que la présence musulmane ne doit pas être présentée ni vue d’abord et seulement comme une source de problèmes, même si tout n’est pas simple.
Peut-être certains voudraient-ils créer en Occident une sorte de « contre-société » musulmane » ; mais ce serait une grave erreur que d’identifier à ces gens-là l’ensemble du monde musulman ! Que dirions-nous en effet si des Juifs identifiaient l’ensemble des chrétiens aux partisans de Mgr Lefebvre ou Mgr Williamson ?
Dans sa conclusion, Mgr Castet a bien souligné également ceci : « il ne faut pas avoir peur de l’autre ; d’ailleurs, si l’on est bien dans sa foi, on a moins peur. Il nous faut découvrir l’autre comme étant sous le regard de Dieu. »
D’où l’urgence du dialogue et de la rencontre ; même si, comme l’a dit Roger Michel et l’a confirmé Mouna, « la rencontre est souvent une épreuve, car l’autre vient à moi comme un hôte, mais aussi comme un intrus ; voilà pourquoi un long chemin d’apprivoisement s’avère nécessaire ; mais l’Européen est souvent trop pressé ; il voudrait tout de suite que les musulmans agissent comme nous, s’organisent comme nous, réagissent come nous ; mais n’est-ce pas une façon de continuer à regarder l’autre « d’en haut », comme si l’autre n’était pas « moderne » ?
Laissons aux musulmans le temps de découvrir l’importance du dialogue, en commençant par avancer avec eux sur le chemin de la rencontre, dans le quotidien.
C’est ce que, pour notre part, sur Fontenay-le-Comte, nous allons essayer de faire, dans le cadre de la 4° soirée organisée par le groupe islamo-chrétien, vendredi prochain 12 février, à 20h30, 34, rue du Bédouard, à l’aumônerie de l’enseignement public, sur le thème de la Prière dans nos deux traditions religieuses. Rencontre largement ouvert à toutes et tous évidemment.
Contrairement à ce que certains, mal informés sans doute, pourraient penser, nous avons la pleine bénédiction de Benoît XVI ; celui-ci n’a-t-il pas déclaré aux représentants de la communauté musulmane qu’il recevait à Cologne le 20 août 2005 : « Nous ne devons pas céder à la peur ni au pessimisme. Nous devons plutôt cultiver l’optimisme et l’espérance. Le dialogue interreligieux et interculturel entre chrétiens et musulmans ne peut pas se réduire à un choix passager. C’est en réalité une nécessité vitale dont dépend en grande partie notre avenir. »
samedi 6 février 2010
Le Blog du Curé n° 622 : La farandole des amis
L’une des choses les plus enrichissantes sur cette terre, tant pour les femmes que pour les hommes, il me semble que c’est tout simplement l’amitié, la fidélité de l’amitié.
Au cœur de la vie actuelle, où c’est souvent la course contre le temps et l’oubli, quelques exemples pour en témoigner, à partir de ce que je viens de vivre ces deux derniers jours grâce à la rencontre avec d’anciens paroissiens.
Jeudi, l’ancien maire d’une commune dont j’ai été le curé débarque à Fontenay avec sa femme et quelques amis et m’invite à déjeuner. Après tant d’années, et même si nous avons toujours gardé quelques contacts, cela m’a paru très fort !
Hier, j’ai eu l’occasion de revoir un couple avec lequel j’avais noué des liens très riches lorsque j’étais vicaire à Luçon, il y a plus de quarante ans déjà ; et c’est toujours le même plaisir de se revoir, même si le temps manque…
Hier enfin, dernier exemple, lors de la sépulture de l’abbé Alexandre Naulin au Château d’Olonne, joie de retrouver de nombreuses personnes avec lesquelles j’ai traversé dix années de bonheur, sur la paroisse Sainte Marie des Olonnes.
Heureux en même temps de retrouver hier soir, à mon retour, tous les amis de Fontenay et de la région, fidèles et innombrables.
Je tiens à rendre grâce à Dieu et à le remercier pour cette chance que représentent tous ces visages si fraternels, qui m’accompagnent dans ma vie d’homme et dans mon ministère de prêtre. Ce sont les autres en effet qui nous font ce que nous sommes ; mais, de notre côté, il nous faut les respecter et comprendre ce qu’ils vivent et ce qu’ils espèrent.
Me revient en mémoire la parole formidable de Jésus à ses proches, au moment de son passage par la grande épreuve : « Je vous appelle mes amis. » (Jean 15/15).
Et vous, qu’est-ce que l’amitié représente pour vous ? L’amitié sans calcul, sans idées derrière la tête, est-elle possible ? A quelles conditions ?
Dieu peut-il être notre ami ? Comment le lui manifestons-nous ?
Puissiez-vous faire de belles rencontres aujourd’hui, en amitié avec le Dieu fidèle !
Au cœur de la vie actuelle, où c’est souvent la course contre le temps et l’oubli, quelques exemples pour en témoigner, à partir de ce que je viens de vivre ces deux derniers jours grâce à la rencontre avec d’anciens paroissiens.
Jeudi, l’ancien maire d’une commune dont j’ai été le curé débarque à Fontenay avec sa femme et quelques amis et m’invite à déjeuner. Après tant d’années, et même si nous avons toujours gardé quelques contacts, cela m’a paru très fort !
Hier, j’ai eu l’occasion de revoir un couple avec lequel j’avais noué des liens très riches lorsque j’étais vicaire à Luçon, il y a plus de quarante ans déjà ; et c’est toujours le même plaisir de se revoir, même si le temps manque…
Hier enfin, dernier exemple, lors de la sépulture de l’abbé Alexandre Naulin au Château d’Olonne, joie de retrouver de nombreuses personnes avec lesquelles j’ai traversé dix années de bonheur, sur la paroisse Sainte Marie des Olonnes.
Heureux en même temps de retrouver hier soir, à mon retour, tous les amis de Fontenay et de la région, fidèles et innombrables.
Je tiens à rendre grâce à Dieu et à le remercier pour cette chance que représentent tous ces visages si fraternels, qui m’accompagnent dans ma vie d’homme et dans mon ministère de prêtre. Ce sont les autres en effet qui nous font ce que nous sommes ; mais, de notre côté, il nous faut les respecter et comprendre ce qu’ils vivent et ce qu’ils espèrent.
Me revient en mémoire la parole formidable de Jésus à ses proches, au moment de son passage par la grande épreuve : « Je vous appelle mes amis. » (Jean 15/15).
Et vous, qu’est-ce que l’amitié représente pour vous ? L’amitié sans calcul, sans idées derrière la tête, est-elle possible ? A quelles conditions ?
Dieu peut-il être notre ami ? Comment le lui manifestons-nous ?
Puissiez-vous faire de belles rencontres aujourd’hui, en amitié avec le Dieu fidèle !
vendredi 5 février 2010
Le Blog du Curé n° 621 : Les mamelles des prêtres
En lisant le journal « La Croix » daté du 23 janvier dernier, je suis tombé sur un texte étonnant, extrait de « Sermons au peuple » de Saint Césaire d’Arles (470 – 542), ce primat des Gaules qui lutta contre l’arianisme. Ce texte est à resituer dans un contexte culturel autre, mais je ne résiste pas au plaisir de vous le communiquer ! Vous comprendrez pourquoi avec la deuxième partie de ce billet.
« Les prêtres dans l’Eglise ressemblent aux vaches et le peuple chrétien en figure les veaux. (…) Il n’est pas inconvenant, frères très chers, d’assimiler les prêtres à des vaches ; en effet, comme une vache a deux mamelles, avec lesquelles elle nourrit son veau, de même les prêtres aussi de leurs deux mamelles, à savoir l’Ancien et le Nouveau Testament, doivent nourrir le peuple chrétien. (…) Comme les veaux ont coutume de harceler avec une grande impétuosité les mamelles de leur mère, afin de pouvoir extraire de l’intérieur de son corps la nourriture qui leur est nécessaire, de même aussi le peuple chrétien doit sans cesse provoquer ses prêtres, par de très pieuses questions, afin de pouvoir se procurer la nourriture du salut. »
En illustration, voici à présent quelques extraits d’un mail reçu ce matin de paroissiens des Sables d'Olonne à propos du Père Alexandre Naulin, ce prêtre remarquable, originaire du Château d’Olonne, que j'ai bien connu aux Sables pendant dix ans, décédé brutalement mardi dernier suite à une chute accidentelle.
« Son accident nous fait prendre conscience du don irremplaçable qu’il nous faisait chaque samedi matin, en nous proposant le sacrement de la réconciliation. Sa régularité, malgré l’âge, le froid, était admirable. Mais plus admirable encore était son écoute attentive et son enthousiasme joyeux à nous communiquer l’amour du Seigneur. Celui qui s’agenouillait à ses côtés ressortait toujours renouvelé , transporté par une joie profonde tant ses paroles toutes simples creusaient notre âme en nous révélant la vérité et la profondeur de l’amour miséricordieux. Merci, Père Naulin. Vous vous êtes donné, jusqu’à la limite de vos forces, jusqu’à tomber ce samedi matin sur les marches qui conduisaient au confessionnal. Nous étions perdus et vous nous avez pris sur vos épaules. Nous étions malades et vous nous avez soignés. Nous avions faim et vous nous avez nourris. Que le Seigneur vous le rende comme il l’a promis ! Nos prières montent pour nos prêtres, pour ceux que nous avons la chance d’avoir et pour ceux qui nous manquent. Et pour vous aussi, Père Naulin. »
Tout est dit ! Merci !
« Les prêtres dans l’Eglise ressemblent aux vaches et le peuple chrétien en figure les veaux. (…) Il n’est pas inconvenant, frères très chers, d’assimiler les prêtres à des vaches ; en effet, comme une vache a deux mamelles, avec lesquelles elle nourrit son veau, de même les prêtres aussi de leurs deux mamelles, à savoir l’Ancien et le Nouveau Testament, doivent nourrir le peuple chrétien. (…) Comme les veaux ont coutume de harceler avec une grande impétuosité les mamelles de leur mère, afin de pouvoir extraire de l’intérieur de son corps la nourriture qui leur est nécessaire, de même aussi le peuple chrétien doit sans cesse provoquer ses prêtres, par de très pieuses questions, afin de pouvoir se procurer la nourriture du salut. »
En illustration, voici à présent quelques extraits d’un mail reçu ce matin de paroissiens des Sables d'Olonne à propos du Père Alexandre Naulin, ce prêtre remarquable, originaire du Château d’Olonne, que j'ai bien connu aux Sables pendant dix ans, décédé brutalement mardi dernier suite à une chute accidentelle.
« Son accident nous fait prendre conscience du don irremplaçable qu’il nous faisait chaque samedi matin, en nous proposant le sacrement de la réconciliation. Sa régularité, malgré l’âge, le froid, était admirable. Mais plus admirable encore était son écoute attentive et son enthousiasme joyeux à nous communiquer l’amour du Seigneur. Celui qui s’agenouillait à ses côtés ressortait toujours renouvelé , transporté par une joie profonde tant ses paroles toutes simples creusaient notre âme en nous révélant la vérité et la profondeur de l’amour miséricordieux. Merci, Père Naulin. Vous vous êtes donné, jusqu’à la limite de vos forces, jusqu’à tomber ce samedi matin sur les marches qui conduisaient au confessionnal. Nous étions perdus et vous nous avez pris sur vos épaules. Nous étions malades et vous nous avez soignés. Nous avions faim et vous nous avez nourris. Que le Seigneur vous le rende comme il l’a promis ! Nos prières montent pour nos prêtres, pour ceux que nous avons la chance d’avoir et pour ceux qui nous manquent. Et pour vous aussi, Père Naulin. »
Tout est dit ! Merci !
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