Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, Olivier Gaignet vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

dimanche 24 mars 2019

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2271 : Il reste toujours des prêtres "serviteurs" !

J'ai eu le bonheur de participer aujourd'hui à la fête du 50ème anniversaire de l'ordination de Bernard Daviaud en la magnifique église de St Hilaire de Riez, dans la paroisse où il est en mission pastorale à titre d'auxiliaire.

Il y a quelque temps, des responsables laïcs de cette paroisse lui ont fait cette remarque : "il n'y a pas quelque chose à fêter bientôt, fin mars ?" Par je ne sais quelle source, ils avaient appris que Bernard avait été ordonné le 22 mars 1969 et, aimant bien leur prêtre, ils s'étaient donné le projet de marquer le coup de façon festive avec lui. Ce dernier ne souhaitait pas forcément se mettre en avant, mais donna son accord et une date fut fixée, quitte aux paroissiens à prendre en charge l'organisation et le déroulement de cette journée.

Tout le monde alors de se mettre en mouvement : recherche d'une liturgie adaptée, préparation des chants par la chorale, fleurissement de l'église, mise dans le coup des enfants de l'école toute proche dont Bernard est un habitué, préparation du verre de l'amitié, tables et matériel offerts par la municipalité, lancement d'une cagnotte de remerciement, choix de cadeaux adaptés, buffet campagnard, etc.

Et un résultat à la mesure des espérances : dans cette église superbe, dont l'intérieur vient d'être très bien rénové, avec ses trois très beaux retables et les magnifiques tableaux du peintre Henry Simon, un enfant du pays, sans parler des vitraux, une célébration à la fois très simple et très vraie.

En ces jours où l'image des prêtres est un peu chahutée, il n'était pas inintéressant de constater l'affection de toutes ces personnes présentes vis-à-vis de ce prêtre, très proche, très modeste, en proximité avec chacun.
En fait, durant son homélie, de 5 mns à peine, il nous a livré ce qui a toujours été le fondement de sa mission pastorale. Un jour, un prêtre missionnaire lui a dit, alors qu'il venait d'être envoyé comme prêtre "Fidei donum" au service de l'Eglise du Cameroun  : "Les gens vers qui tu vas, aime-les." Par la suite, c'est bien ainsi qu'il a essayé de vivre son rôle de "serviteur" de l'Eglise et de l'humanité. Et cela, dans les différentes missions qui lui ont été confiées, d'ailleurs très variées : tant en Vendée qu'au Cameroun, en Nouvelle-Calédonie que dans le diocèse de Nevers.

Quelques trop brefs échos de son homélie, griffonnés au vol discrètement, tandis que Bernard s'exprimait : "50 ans de sacerdoce : il ne s'agit pas de gonfler la poitrine ! Mais au terme de toutes ces années, je ne peux que remercier Dieu ; mais aussi, toutes ces personnes qui ont traversé ma route et m'ont accompagné... J'ai eu la chance de vivre au sein d'une famille unie et aimante, ce qui m'a aidé à croire que l'amour était possible... Jésus, c'est celui qui rend libre... L'Eglise, c'est un don de Dieu ; l'Eglise, ce n'est pas moi qui la dirige, selon mes désirs ou mes envies...Le travail du prêtre, c'est vivre de Dieu et faire vivre de Dieu !..."

Enfin, faisant référence à l'évangile du jour (le figuier qui ne donne pas de fruit... pour l'instant), Bernard nous a invités à imiter la patience de Dieu : Dieu nous laisse le temps d'évoluer, de grandir !  Si nous restons patients et fidèles, il y aura beaucoup de fruits !  A l'image de ces très nombreux enfants (70 ?) qui, accompagné de leurs instits, ont offert chacun à Bernard une belle fleur  -  Bernard n'était pas au courant  -  ainsi qu'une feuille sur laquelle ils avaient noté et illustré leurs souhaits et voeux à ce prêtre "serviteur", témoin du Dieu vivant.

samedi 23 mars 2019

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2270 : Aux pays des lumières

Vous avez remarqué que j'ai mis un pluriel dans mon titre. Or, lorsque l'on utilise cette expression "pays des lumières", c'est évidemment à ce pays qu'est la France que l'on fait référence. Et il est vrai que nous pouvons être fiers de ce que la France représente, aux yeux d'un certain nombre de nations qui sont encore sous le joug d'un terrible obscurantisme !  Cependant, peu à peu, les choses évoluent ; et il est bon de constater que bien des nations peuvent prétendre aujourd'hui, avec le même mérite que nous et parfois mieux, au titre envié de "pays des lumières". En voici quelques exemples.

Algérie  :  vous suivez ce qui se passe dans ce pays. Des manifestations monstres se déroulent un peu partout sur le territoire algérien. Vous avez remarqué une chose : ni désordre, ni casse, et on ramasse tout ce qui traîne après chaque manif. Et pourtant, nos frères et soeurs algériens ont autant, sinon plus de raisons que nous de se révolter, et de vouloir se faire entendre. Merci à eux pour cette lumière qui brille à travers leurs yeux et leurs espoirs.

Pérou  :  face à la dengue, au zika et au chikunguya, devant les risques graves d'épidémie, dans certaines régions, les prêtres se mobilisent pour contribuer à éduquer les familles et lancer des campagnes de fumigation. Ils sont formés pour transmettre, pendant les messes - voir "La Croix du 20 mars - les gestes et conseils qui sauvent. Les prêtres au service de la nation : quel lumineux service, et quelle belle image donnée par ces prêtres-serviteurs !

-  Suède  :  là-bas, on ne badine pas avec la morale ! Vous avez certainement entendu parler de ces ministres qui ont dû démissionner sur le champ pour avoir, par exemple, réglé quelques courses, dont une barre chocolatée, avec une carte de crédit de fonction. Chez nous, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique vient d'être prise en flagrant délit d'excès de vitesse ; mais pas de démission en vue pour l'instant !  Transparence, souci d'exemplarité : et si la lumière pouvait aussi nous venir d'ailleurs ?

Etats-Unis  :  merci aux médias d'avoir fait savoir qu'après la tuerie qui avait fait 11 morts et un certain nombre de blessés dans une synagogue de Pittsburgh, deux groupes de musulmans américains ont collecté 150 000 € pour les familles de ces victimes, de religion juive.

accueil des personnes réfugiées  :  84% des 25 millions de personnes réfugiées vivent dans des pays du Sud, souvent un pays voisin du leur.
 Les six principaux pays d'accueil sont, dans l'ordre : la Turquie, la Jordanie, le Pakistan, le Liban, l'Iran et l'Ouganda. Ce ne sont pas des nations aux racines chrétiennes qui figurent  dans le peloton de tête.  La France occupe la 15° place. Aurions-nous éteint les lumières ?  et pourquoi ?

Nouvelle-Zélande  :  soutien massif de la population à la communauté musulmane durement éprouvée : 50 fidèles tués dans deux mosquées, alors qu'ils étaient en prière.  Attitude inimaginable en France, la première ministre n'a pas hésité à se couvrir la tête d'un foulard noir, en compassion avec cette communauté blessée ; et elle a été imitée par nombre de ses compatriotes femmes. Et si la lumière d'une vraie solidarité, au-delà des différences de cultures, nous venait aussi de l'autre bout du monde ?

Merci, chers pays, d'éclairer de vos gestes citoyens et fraternels notre vieille nation aux idéaux un peu fatigués et obscurcis parfois :  vous nous donnez la Vie !

Antoine de Saint-Exupéry  :  "Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis !"

vendredi 22 mars 2019

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2269 : Le Peuple de Dieu répondra-t-il à l'appel du pape ?

Nous le constatons chaque jour en permanence, que ce soit dans nos relations, en paroisse, en famille ou autres, revient souvent dans les échanges la tragique question de ce qui marque notre Eglise catholique depuis quelque temps.  Nombreux sont ceux qui se lamentent, quand ils n'expriment pas, ce qui est bien compréhensible, des sentiments de colère, de révolte et de déception. Une question se pose alors : comment on va se sortir de tout cela ?  Et personne n'y voit très clair...

Un moyen pourtant nous a été offert, et pas par n'importe qui ; mais je suis étonné que l'on n'y fasse pas plus référence !  Il s'agit de la "Lettre du pape François au Peuple de Dieu", en date du 20 août 2018, dont je vous ai déjà parlé à de multiples reprises. Cependant, il semble que ce message n'ait pas été très ventilé, et encore moins débattu, ni dans notre diocèse, ni dans les paroisses ou mouvements d'Eglise. Le pape y exprimait pourtant que, face à la situation terrible de l'Eglise, qui a encore empiré depuis cette date, "il est impossible d'imaginer une conversion de l'agir ecclésial sans la participation active de toutes les composantes du peuple de Dieu." Avec cette constatation désolante que "le cléricalisme annule non seulement la personnalité des chrétiens, mais tend également à diminuer, ou à sous-évaluer la grâce baptismale" dans le laïcat.

A ma connaissance, sur le diocèse de Luçon, comme initiatives en réponse à cet appel du pape, je discerne seulement un "frémissement", même s'il est encore bien léger : 4 rencontres au niveau de la Vendée organisées par le SEL 85 (Solidarité, Eglise en Liberté en Vendée), regroupant de 30 à 50 personnes. Ces rendez-vous, dont le premier a eu lieu dès octobre, ont été assez fructueux et viennent de trouver un premier aboutissement à travers une rencontre, avant-hier mercredi, de trois délégués du SEL 85 avec notre évêque, le père Jacolin. Nous en aurons sans doute des échos.

Sur le doyenné de St Gilles, un groupe de 20 personnes, dont 14 laïcs, vient de produire une très intéressante réponse à la Lettre du pape ; bravo à eux !  D'autre part, sur la Roche-sur-Yon, la paroisse Jean XXIII a le projet d'organiser une rencontre autour de cette même Lettre ; c'est encourageant ! Mais ailleurs ?  Silence-radio ! Question : le Peuple de Dieu est-il vraiment prêt à débattre ?  Mais surtout, l'y aide-t-on ??? Car il ne faudrait pas que le pape se sente trop seul et peu écouté ! En gros, on regarde le train passer, en attendant que Rome ou les évêques nous apportent sur un plateau toutes les solutions ; alors qu'il faut que les laïcs prennent leur part dans la recherche des solutions. Et on se contente de faire tourner la paroisse vaille que vaille, en attendant des jours meilleurs...

Par contre hier soir jeudi, sur le doyenné de Talmont-Les Moutiers, comme je l'ai expliqué dans un billet précédent, à l'initiative du MCR (Mouvement Chrétien des Retraités), 41 personnes très motivées, dont trois prêtres et un diacre, se sont retrouvées pour un échange très participatif et très riche à propos de cette fameuse Lettre, que tous avaient en main. Le trésorier diocésain du MCR, Jacky, a introduit la rencontre en nous plongeant d'emblée dans cette Lettre. Un autre responsable, Maurice, nous a fait un historique fort intéressant quant aux difficultés de l'Eglise depuis les premiers siècles sur cette question. Puis, l'échange a été assez approfondi, tant dans le constat des faits que concernant l'étude des causes et la recherche de propositions pouvant permettre à notre Eglise de se relever et de repartir dans l'Espérance. Deux secrétaires, Jennifer et Maryse, ont pris des notes, dont je vous rendrai compte quand le compte-rendu sera fait. L'assemblée était d'autant plus motivée qu'il a été précisé que nos réactions et propositions seraient communiquées au pape, à notre évêque, aux prêtres ainsi qu'aux chrétiens du doyenné, et bien sûr au MCR diocésain. La prière a également eu sa place, et il a été dit et redit que, comme nous y invite le pape, un "retour à la Source" et "la contemplation du Christ" pourront nous permettre de nous relever en vérité !

P-S  :  pour info, Maurice nous a présenté deux ouvrages très intéressants :
-  "L'Eglise face aux abus sexuels sur mineurs", de Marie-Jo Thiel  -  Bayard  -  24,90 €
-  "Des prêtres et des scandales", d'Anne Philibert  -  Cerf  -  24 €

jeudi 21 mars 2019

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2268 : Ordonner des hommes mariés ?

L’archevêque de Poitiers souhaite que l’ordination des hommes mariés devienne possible. Il est le premier prélat en France à le dire publiquement.

Monseigneur Pascal Wintzer a ouvert le débat sur RCF (Radio chrétienne francophone) en évoquant la possibilité de faire entrer dans l’Église des hommes qui ont une vie familiale. « Je suis pour l’ordination des hommes mariés », confirme-t-il en s’empressant de préciser : « Je suis contre le mariage des prêtres et pour la fidélité dans les engagements. » Pas question de revenir sur sa parole.
“ La sexualité n’est pas mauvaise en soi ” L’Église ne semble pas prête à rompre ce qui constitue le socle de la disponibilité des hommes d’Église, le célibat. « Elle n’appellera jamais à revenir sur un engagement, au contraire, elle engage à la fidélité », a relayé l’ecclésiastique. L’archevêque de Poitiers (1) est le premier en France à se prononcer publiquement, dans les médias – alors que des coreligionnaires adhèrent, en silence, à cette même idée –, pour accueillir des hommes mariés.
Ce statut marital n’a rien de révolutionnaire dans la communauté catholique. L’annonce repose sur une réalité. C’est un fait. Dans le premier millénaire, « cette situation était assez générale », argumente Monseigneur Wintzer, ajoutant qu’aujourd’hui dans les Églises orientales catholiques (Liban et Syrie) et en Europe (Roumanie), les hommes mariés sont intégrés. Le pape François a levé l’interdiction faite aux Églises orientales catholiques d’ordonner prêtres des hommes mariés en Occident.
Mgr Pascal Wintzer souhaite à travers cette réflexion « casser l’image du prêtre perçu comme un homme en dehors de l’humanité ». La sexualité, dit-il, « n’est pas mauvaise en soi et n’empêchera pas de servir Dieu et l’Église ». Cet effectif supplémentaire présenterait un double avantage, répondre à une demande des chrétiens et mailler le territoire où de trop nombreuses églises n’ouvrent leurs portes que pour les enterrements. « Ces hommes mariés donneraient un peu de leur temps pour présider la prière et la messe », plaide le prélat.
“ Viol […] renforcé par cette aura de sacré qui entoure le prêtre ” Quid de la formation ? Elle existe déjà pour les diacres et penser qu’elle pourrait s’étendre à un enseignement spécifique pour les nouveaux représentants de l’Église ne relève pas de l’utopie.
L’arrivée de cette population venue de la société civile « casserait l’image du prêtre, qui se perçoit en homme sacré et de pouvoir », observe Mgr Pascal Wintzer. Un statut qui pose la question du viol qui serait lié « à des déséquilibres psychologiques renforcés par cette aura de sacré qui entoure le prêtre », analyse l’archevêque.
L’histoire de l’affaire du cardinal Barbarin placerait-elle ces prédateurs au-dessus de tout ? « Les hommes de Dieu doivent obéir à la justice des hommes de leur pays. […] On n’est pas des hommes sacrés au-dessus des lois, nous sommes des citoyens comme les autres, des justiciables comme n’importe qui », rappelle Mgr Wintzer. Le primat des Gaules vient de le vivre dans sa chair en étant condamné à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d’abus sexuels. « Je ne vois pas comment il pourrait gouverner son diocèse », s’interroge l’archevêque de Poitiers.

                 Didier Monteil, 12 mars 2019, "La Nouvelle République du Centre-Ouest"
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P-S :  réaction intéressante de l'écrivain Jean-François Bouthors, dans l'édito de "Ouest-France" du 18 mars dernier :  "Le christianisme n'est pas mort, mais on ne le relèvera pas avec de simples mesures de discipline, ou de formation psychologique des clercs. Ordonner des femmes ou des hommes mariés pourrait être un pas important. Mais si l'on ne retrouve pas la consistance du message chrétien, cela ne sera qu'un emplâtre sur une jambe de bois."


mercredi 20 mars 2019

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2267 : Au sujet de la démission du cardinal Barbarin

Erwan Le Morhedec, avocat et blogueur sous le nom de Koz, explique pourquoi le communiqué du diocèse de Lyon concernant le refus par le pape de la démission cardinal Barbarin invoque « la présomption d’innocence »


Le pape François n’a pas voulu accepter la démission du cardinal Barbarin au nom de « la présomption d’innocence ». Comment comprendre cette mention alors que l’archevêque de Lyon a été condamné le 7 mars à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d’agressions sexuelles ?
Erwan Le Morhedec : Quand une personne condamnée en première instance fait appel, elle se retrouve exactement dans la même situation qu’avant son premier procès. Elle bénéficie donc de la présomption d’innocence, ce principe mentionné à l’article 9 de notre "Déclaration des droits de l’homme et du citoyen" et qui veut que « tout homme (est) présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable ». En l’occurrence, ce sera le rôle du procès en appel que d’examiner à nouveau l’éventuelle culpabilité du cardinal Barbarin. Ce n’est qu’après l’appel que la condamnation devient définitive.


Mais pourquoi alors le pape a-t-il suggéré au cardinal Barbarin de se mettre en retrait de son diocèse de Lyon ?
E. L. M. : Le cardinal Barbarin peut très bien être acquitté en appel. Le pape a sans doute jugé prématuré d’accepter sa démission pour cette raison. Cela ne me semble pas aberrant tant que son sort judiciaire n’a pas été définitivement scellé. Si jamais le pape avait accepté la démission du cardinal et que celui-ci était acquitté, à quoi cela rimerait-il ? Peut-être la note envoyée par les avocats du cardinal Barbarin a-t-elle eu un rôle et le pape François estime-t-il, comme d’autres, que le cardinal "paye pour ses prédécesseurs" ?
Toute la difficulté ici est que trois dimensions sont imbriquées : une dimension judiciaire (le cardinal Barbarin est à nouveau présumé innocent depuis qu’il a fait appel) ; l’opportunité ecclésiale locale (le bien du diocèse de Lyon) ; et le contexte international. Le pape ne peut pas faire abstraction de ce dernier : dans un État de droit comme la France, la procédure est respectée ; mais, dans un pays qui ne le serait pas, il n’est pas compliqué de déstabiliser un évêque avec une procédure judiciaire. Je peux comprendre que François ne souhaite pas envoyer ce signal.


Est-ce en raison de cette imbrication que cette décision est si difficile à comprendre, au point d’« étonner » même le président de la Conférence des évêques de France ?
E. L. M. : Sans doute. Si le cardinal Barbarin avait présenté sa démission au pape avant le verdict le 7 mars, le grand public aurait mieux compris que seul le bien du diocèse était en jeu. Mais là, étant donné le calendrier, qui peut croire que les éléments sont dissociés ?
On sent que le pape a eu aussi le souci du bien du diocèse en « suggérant » à son archevêque de se mettre en retrait, à l’abri de l’exposition médiatique aussi.


Dans quel délai le procès en appel du cardinal Barbarin pourrait-il se tenir ? L’appel du parquet est-il susceptible d’accélérer sa tenue ?
E. L. M. : Non, ce n’est pas certain. L’appel fait par le parquet a une seule incidence : lorsque seul le condamné fait appel, la décision du juge d’appel ne peut être que la même ou plus favorable. Lorsque le parquet aussi fait appel, la décision est entièrement reprise, elle peut éventuellement aussi être défavorable au prévenu. Cet appel du parquet est systématique en cas d’appel du prévenu.


Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner, le 20 mars 2019, pour le journal "La Croix". 
Merci à elle et au journal. 

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P-S  :  L'article ci-dessus est une info, pas forcément mon opinion.
Mais mon opinion perso est sans intérêt !
A chacun de se faire son analyse et son jugement.