Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

lundi 27 février 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.044 : Les élections, une vraie Tour de Babel

L'idée de ce billet m'est venue à la suite d'une réflexion entendue récemment : "Ces élections, c'est une vraie Tour de Babel !  On n'y comprend rien !  Chacun se dit le meilleur, et veut monter sur la tête des autres. Chacun veut décrocher la lune, et ils se fichent bien de nous !"  Réflexion un peu sévère, j'en conviens, mais qui n'est pas sans rappeler cet épisode biblique qui nous a été proposé par la liturgie vendredi il y a 8 jours.
Qu'est-ce qui ressort de ce fait ?  L'orgueil de l'homme, qui veut construire la cité parfaite, si extraordinaire que Dieu n'a qu'à bien se tenir !  En effet, avec nos merveilleux projets (électoraux), on va bientôt faire mieux que lui, dont la Création a été un peu ratée !
Il s'agit en effet de construire une société qui nous sauve du déluge et de la désintégration.  Je vous rappelle le texte du projet de ces constructeurs qu'évoque le Livre de la Genèse (11/4) : "Allons !  Bâtissons une ville avec une tour dont le sommet soit dans les cieux."  Avec aussitôt cette remarque étonnante : "Ainsi, nous travaillerons à notre renommée !"
L'objectif est clair !  On y voit l'orgueil démesuré de l'homme, et cette tentation permanente de prétendre savoir comment imposer sa pensée et ses projets à tous, d'en haut ; de façon un peu prétentieuse, plutôt autoritaire, et parfois presque totalitaire, en déconsidérant ou en éliminant, sans vergogne, tout opposant ou concurrent.
Et voici que, pêle-mêle, ces soit-disant beaux projets font l'impasse sur les souffrances des agriculteurs, sur la douleur des Syriens, sur le respect de la justice, sur l'attention aux laissés pour compte dans notre société, sur l'urgence d'aider nos concitoyens à mûrir leur pensée et à viser d'abord la recherche de solutions ouvertes et fraternelles...
Dans sa finale, le récit biblique propose une certaine signification du nom de "Babel" qui, en hébreu, se prête au jeu de mot avec un autre mot qui lui ressemble : "balal", "mélanger, "embrouiller".  Avec des termes de ce genre, on comprend combien la situation actuelle représente un danger pour notre "humanité", c'est-à-dire, notre façon d'être homme, et de construire notre avenir...
Noyés dans ces embrouilles, notre esprit est "mélangé", et nous ne savons plus à quel saint (candidat) nous vouer !
Mais voici qu'apparaît Dieu, celui que l'on avait cru éliminer une bonne fois de nos calculs terrestres, électoraux ou autres : "Le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que que les hommes avaient bâties."  Cela nous renvoie à la situation que nous vivons, dont Dieu, malgré les apparences, est loin d'être absent.  Aujourd'hui encore, Dieu descend chez nous ; il regarde ce qui se passe et, à travers de multiples signes qu'il nous faut repérer, il agit au coeur de notre monde, par l'intermédiaire de ceux qui mettent toute leur confiance en lui : mais aussi, chez des non-croyants qui essayent d'être fidèles à leur conscience, et oeuvrent de tout coeur, non pas pour "leur renommée", mais pour le bonheur de leurs frères, de tous leurs frères, et soeurs, de France comme du monde entier.
Puissent notre prière et notre action fraternelle faire monter jusqu'au ciel la belle tour de la fraternité, dans laquelle tous, ici-bas, auront la même belle place, celle d'hommes et de femmes "universels" et d'enfants de Dieu !

dimanche 26 février 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.043 : Discours à l'Assemblée nationale

Qui a prononcé ce discours ?
Je vous propose de le lire, et de vous réserver de n'en découvrir l'auteur qu'en finale.

"La grande erreur de notre temps a été de pencher, je dis plus, de courber l'esprit des hommes vers la recherche du bien matériel, et de les détourner par conséquent du bien-être religieux et du bien-être intellectuel.  La faute est d'autant plus grande que le bien-être matériel, quoiqu'on fasse, quand même tous les progrès qu'on rêve et que je rêve aussi, moi, seraient réalisés, le bien-être matériel ne peut et ne pourra jamais être que le partage de quelques-uns, tandis que le bien-être religieux, c'est-à-dire la croyance, le bien-être intellectuel, c'est-à-dire l'éducation, peuvent être donnés à tous.

Il importe, messieurs, de remédier au mal, il faut redresser, pour ainsi dire, l'esprit de l'homme ;  il faut, et c'est là la grande mission spéciale du ministère de l'instruction publique, il faut relever l'esprit de l'homme, le tourner vers Dieu, vers la conscience, vers le beau, vers le juste et le vrai, vers le désintéressé et le grand.  C'est là, et là seulement, que vous trouverez la paix de l'homme avec lui-même, et par conséquent la paix de l'homme avec la société.

Pour arriver à ce but, messieurs, que faudrait-il faire ?  Précisément tout le contraire de ce qu'ont fait les précédents gouvernements.  Outre l'enseignement religieux, qui tient le premier rang dans les institutions libérales, il faudrait multiplier les écoles, les chaires, les bibliothèques, les musées, les théâtres, les librairies ;  il faudrait multiplier les maisons d'études, pour les enfants, les maisons de lecture pour les hommes ; tous les établissements où l'on médite, où l'on s'instruit, où l'on se recueille, où l'on apprend quelque chose, où l'on devient meilleur.  En un mot, il faudrait faire pénétrer de toutes parts la lumière dans l'esprit du peuple, car c'est par les ténèbres qu'on le perd.

Ce résultat, vous l'aurez quand vous voudrez ; quand vous le voudrez, vous aurez en France un magnifique mouvement intellectuel.  Ce mouvement, vous l'avez déjà ; il ne s'agit que de l'utiliser et de le diriger ;  il ne ne s'agit que de bien cultiver le sol.  La question de l'intelligence, j'appelle sur ce point l'attention de l'Assemblée, la question de l'intelligence est identiquement la même que la question de l'agriculture."

Extraits d'un discours mémorable de Victor Hugo, député, à l'Assemblée Nationale, le 11 novembre 1848.  Bien sûr, un certain nombre d'éléments sont datés (rapport au religieux, non place des femmes,...) ; mais cet appel de Victor Hugo, dans sa visée profonde, ne mériterait-il pas d'être entendu encore chez nous aujourd'hui ? Et d'ailleurs pas seulement par ceux qui nous gouvernent ou cherchent à nous diriger ; mais par tous les citoyens de notre pays qui aspirent à une société plus mûre, plus réfléchie et plus fraternelle... 
Dans le style de la maison bâtie sur le roc (Matthieu 7/21-29) !

jeudi 23 février 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.042 : Le monde va-t-il vraiment de plus en plus mal ?

Je reste toujours un peu perplexe lorsque j'entends quelqu'un m'assurer que "tout allait mieux avant" !  C'est vrai que l'on entend parler en permanence de difficultés terribles qui écrasent les hommes et abîment notre planète. Je n'en ferai pas la liste : vous connaissez les mauvaises nouvelles mieux que moi ! Avec ce qu'on voit à la télé... Et chacun de tomber à bras raccourcis sur le dos des médias !  Mais attention : on a les médias que l'on mérite !!!
Et si l'on était un peu plus attentifs à ce que les médias nous montrent de positif ?  Par exemple, au bilan donné par l'ONU concernant un certain nombre d'avancées marquantes dont nous avons été témoins depuis seulement 15 ans, entre 1990 et 2015  :
-  la part de la population des pays en développement en situation d'extrême pauvreté était de 47% en 1990, et de 14% en 2015.
-  dans ces mêmes pays, le taux de scolarisation dans le primaire était de 80% en 1990, et de 91% en 2015.
-  nombre de filles scolarisées en primaire pour 100 garçons en Asie du Sud : 74 en 1990, 103 en 2015.
-  taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans, pour 1000 naissances : 90 en 1990, 43 en 2015.
-  mortalité liée au paludisme en baisse de 58% entre 1990 et 2015.
-  nouvelles infections par le VIH en baisse de 40% sur ces mêmes dates.
-  part de la population mondiale ayant un accès à une source d'eau potable :  76% en 1990, 91% en 2015.
-  aide publique au développement, en milliards de dollars, passée de 81 m. à 135 m., sur cette même période.
Pour éviter de vous lasser, je m'arrête ; mais je pourrais continuer à l'infini, tant la multitude des choses qui progressent est immense, et dans tant de domaines !  Du moins pour ceux qui ne restent pas les yeux fixés uniquement sur ce qui s'écroule... Ce qui est bien dommage !
Allez, un petit extrait d'un ouvrage de l'académicien Michel Serres ("Darwin, Bonaparte et le Samaritain"), pour terminer : "En Europe occidentale, en sept siècles, le nombre d'homicides a été divisé par cent.  Nous vivons plus en paix que, drogués, nous le croyons.  Nous venons de vivre 70 années de paix, laps de temps pacifique inconnu en Europe depuis la guerre de Troie. Les fabricants de cigarettes nous exposent à mourir des milliers de fois plus que les terroristes.  La vie perd toujours, mais, douce et têtue, elle renaît sans arrêt.  Si le Mal fait signe, c'est sur un fond uni de bonté. Même en économie, les philanthropes l'emportent en nombre sur ceux qui s'occupent de rivalités, de guerre, mais aussi de politique.  La somme des dons, en effet, apparaît comme la septième puissance financière mondiale..."  etc..., etc...
Dans le sillage des merveilles qu'a su nous révéler le film "Demain", sachons compiler, au jour le jour, avec attention et patience, joie et fébrilité, les multiples raisons d'espérer !  C'est à cette nouvelle vision du monde que Jésus appelait déjà ses disciples, lors de son échange avec la femme de Samarie : "Ouvrez les yeux et regardez les champs : déjà, ils blanchissent, et ce sera bientôt la moisson !"  (Jean 4/35) 

mercredi 22 février 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.041 : Hommage de "Ouest-France" aux prêtres

De nos jours, les prêtres n'ont pas forcément bonne presse !  Aisément, et c'est amplifié par les problèmes graves qui touchent quelques-uns d'entre eux, on leur trouve nombre de défauts : on se demande ce qu'ils font, on ne les voit jamais, ils ne vont plus visiter les gens, leurs messes sont tristes, ils sont vieux, ils ne sont pas là quand on a besoin d'eux, ils se font souvent remplacer par des laïcs, etc..
Je repense alors à cette remarque sublime d'une ancienne paroissienne, d'Olonne s/Mer, répondant à une voisine qui n'arrêtait pas de déblatérer sur les curés : "Dépêchez-vous de les critiquer car bientôt, il n'y en aura plus !"
Mieux intentionnée que cette voisine un peu revêche, la rédaction de "Ouest-France", la semaine dernière, vient de consacrer deux grandes dernières pages (parmi les plus lues), à des témoignages de prêtres.
Jeudi 16 février, portrait haut en couleurs du Père Zacharie, prêtre Béninois curé de 34 communes dans le Calvados. Bien inséré, très à l'aise au milieu des gens, attentif à chacun, très profond spirituellement.  Quel beau visage !  Au pays du bon fromage, à Livarot et au-delà, ce prêtre fait honneur à l'Evangile.  Heureux,  ces paroissiens qui l'ont adopté de tout leur coeur. Le journaliste pose la question : "Ce pasteur des âmes serait-il un superman des campagnes oubliées ?"  Et lui de répondre : "Je suis d'abord un homme fragile avec ses goûts, ses sentiments, ses désirs, ses rêves.  Comme tout le monde..."  Bravo, Père Zacharie !
Et puis, seulement deux jours après, rebelote : encore une grande dernière page consacrée à un prêtre, l'Abbé Marc, vicaire à Saint Tropez, dans le Var. Une belle figure lui aussi, rugbyman amateur très apprécié dans sa région.   Ainsi que le note celui qui l'interviewe : "Atypique s'il en est, l'Abbé de Saint-Tropez dénote, mais n'en reste pas moins pasteur.  "Je joue au rugby parce que ça me fait du bien et que j'aime ça. Mais je reste un prêtre. C'est ma mission d'entraîner les gens vers le Bon Dieu, même si, parfois, je le fais de façon originale en étant sur un terrain de rugby."  Faut l'faire !
Un profond merci au journal "Ouest-France" de communiquer ainsi à la population le coeur de ce en quoi consiste notre ministère de prêtre.  Bien sûr, nous ne sommes pas tous chargés de 34 clochers, ni champions de rugby.  Mais notre mission à tous est la même ; chaque prêtre essaye de l'accomplir du mieux qu'il peut, avec son tempérament et les possibilités qu'il a reçues de Dieu.
Un immense merci aussi aux innombrables paroissiens, mais aussi, aux personnes aux marges de l'Eglise qui continuent de faire confiance aux prêtres et de les accompagner dans la conduite de leur ministère.
Personnellement, quand je me mets à repenser à tous ceux qui m'ont soutenu depuis 50 ans, de multiples visages défilent devant mes yeux, et j'en ressens une grande émotion. Je peux bien avouer que, si j'ai toujours été profondément heureux d'être prêtre, c'est grâce à vous tous, qui m'avez accepté tel que j'étais, malgré mes faiblesses et avec mes espérances.
Merci à vous !  Merci Seigneur !

dimanche 19 février 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.040 : Peut-on tout pardonner ?

Pas réaliste, ce Jésus !  Dans l'évangile de ce dimanche, en Matthieu 5/38-48, on l'a entendu nous dire : "Moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant." Et encore : "Moi, je vous dis : aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent."  Cependant, d'après ce que nous vivons les uns et les autres, il semblerait que cela soit tout à fait impossible ! En tout cas, durant les cinquante années de ma vie de prêtre, je ne sais pas s'il s'est passé beaucoup de journées où je n'ai pas entendu des chrétiens en détresse me confier combien, après avoir été blessés, incompris, diffamés ou autres, il leur était impossible de pardonner ;  et chacun de continuer à vivre, douloureusement, dans la situation d'un conflit qui paraît inexorable.
Hier encore, je rencontrais quelqu'un en grande difficulté, que j'ai essayé d'écouter de mon mieux me raconter les conflits dans lesquels il était plongé. Au bout d'un moment, après l'avoir longuement entendu, je lui ai demandé s'il avait lu les lectures de ce dimanche, pour préparer sa messe. "Non !"  En avançant sur des oeufs, j'ouvris alors le missel et l'invitai à lire l'évangile de Matthieu cité plus haut. Lui alors de me répondre : "Oui, je suis d'accord ! Mais dans mon cas, ce n'est pas possible ! C'est impardonnable, ce qu'on m'a fait !"
A ce moment-là, je n'avais pas encore commencé à préparer l'homélie que je devais donner à Evrunes et Mortagne, et je me suis dit : par quel bout prendre les choses, si chacun, en écoutant l'évangile de ce dimanche, pense que, dans son cas, le conseil de Jésus invitant à aimer ses ennemis est totalement inapproprié.
J'ai repensé alors à l'histoire vécue par Francine Cockenpot, l'auteur de superbes refrains tels que "gouttes, gouttelettes de pluie", ou "colchiques dans les prés". Voici ce qui lui est arrivé, alors qu'elle venait de prendre sa retraite dans un petit village du Vaucluse : "C'était la veille de la Toussaint. J'étais seule, regardant la télévision. Soudain, mon petit chien a aboyé... Sur la terrasse se tenait un homme, masqué. Il avait en main une matraque et une bombe de gaz asphyxiant."
L'épouvantable carnage va durer près de 20 minutes. L'homme s'acharne sur elle pour s'emparer de ses faibles richesses.  Il ne la lâchera que lorsqu'il la croira morte, après lui avoir brisé 3 bouteilles sur la tête.  Un éclat de verre fera perdre l'oeil droit à Francine.  Avant de sombrer dans l'inconscience, elle parvient cependant à ramper jusqu'au téléphone, à appeler une amie et la police.
Plus tard, lorsqu'elle sort de l'hôpital, sauvée par la solidité de son crâne de Flamande, malgré sa vue très diminuée, Francine, qui est aussi écrivain, écrit à son agresseur : des lettres qu'elle aimerait lui envoyer, si elle le connaissait.  Dès le début, elle le nomme "frère", et lui demande : "Pourquoi tu as voulu me tuer ?"  Dans le village, dès le lendemain de l'agression, tout le monde s'était armé ; pas elle ensuite !
Dans ses lettres, Francine hésite beaucoup à employer le mot "pardon".  "A l'hôpital, explique-t-elle, le "Notre Père" me tournait dans la tête, mais je ne comprenais pas le "pardonne-nous comme nous pardonnons."  Puis, sa prière devint : "Seigneur, si tu as permis cela, fais-en quelque chose de positif.  Et même si je ne peux pas pardonner à cet agresseur, ne me sauve pas sans le sauver, lui!"  Peu à peu, le Seigneur l'exauce ; grâce à la prière, Francine retrouve, avec le temps, le chemin de la vie.
Ecoutons-la encore : "Moi qui étais contre la violence et la peine de mort, j'aurais pu changer d'avis, en étant devenue une victime.  Mais ce que j'ai vécu a été une épreuve de vérité.  Aujourd'hui, je ne tirerais pas sur quelqu'un pour me défendre ;  je ne veux pas abattre mes ennemis.  car, si on met à mort un criminel, si on se venge, c'est qu'il nous a convertis à ses idées !"
Dans mon homélie, j'ai donc raconté ce fait. En faisant le souhait que les paroissiens pensant que les appels au pardon de Jésus ne peuvent pas les concerner, car leurs blessures sont trop graves, j'ai fait le souhait qu'ils pensent que c'est peut-être possible, puisque quelqu'un, Francine, aussi ou plus blessée qu'eux, a pu pardonner !
Attention !  Il ne s'agissait pas pour Francine d'accepter le mal que lui a fait son agresseur ; mais, par sa prière, elle a demandé au Père, avec patience et persévérance, deux choses : changer son coeur à elle, et lui, de le sauver.
Le message de Francine est le suivant : si l'on se plonge dans la prière, si l'on s'immerge, comme elle l'a fait, dans l'immense Amour du Sauveur, Dieu vient en nous pour, à travers nous, lui-même, pardonner !
Laissons le Christ faire en nous ce qu'il nous est impossible de réaliser !  N'est-ce pas cela, être adulte dans la foi, être chrétien ?  Merci, Francine, de nous l'avoir révélé !