Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

vendredi 21 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.087 : "Gaignet, tu seras notre porte-parole !"

Jamais je n'oublierai cette injonction de Mgr Luc Sangaré, archevêque de Bamako, à la fin du mot qu'il prononça à l'occasion de mon retour définitif vers la France, au terme des 9 belles années que j'avais vécues sur son diocèse, au Mali.
A l'époque - c'était il y a une trentaine d'années, en 1986 - le Mali n'était guère connu ; en France, l'on se faisait beaucoup de fausses idées sur l'Afrique, et il était important de remettre les pendules à l'heure sur de nombreux points. Sur le départ, à Bamako, devant tous, je promis alors à l'évêque de m'y engager.  Voici, un peu en vrac, quelques-unes des idées reçues à propos desquelles, durant les 30 années passées, je n'ai cessé de m'élever.
-  le soit-disant sous-développement dont on accuse le continent africain, par exemple, n'a rien à envier à notre propre sous-développement occidental, que l'on cache soigneusement sous le tapis : l'incapacité des familles, pour de multiples raisons, à prendre en charge leurs anciens, la difficulté à respecter la nature, le manque de communication entre les personnes, la tristesse des célébrations, le nombre de déprimes et de suicides bien plus important qu'en Afrique malgré un niveau de vie bien plus élevé, etc...
-  chez nous, l'on constate une grande ignorance par rapport à la religion musulmane, considérée en Europe comme mauvaise, dangereuse, sinon démoniaque.  Combien de fois ai-je dû expliquer que, vivant dans un pays quasi totalement musulman, j'ai été totalement respecté dans ma propre religion ! En tout cas, la foi des musulmans qui m'entouraient de toute part, leur souci de la prière, leur sens de la miséricorde divine ont été pour moi d'un grand témoignage !
- également, rien à voir au Mali dans l'accueil de l'étranger avec ce que l'on fait subir aux Maliens lors de leur arrivée en France ! Il peut y avoir des raisons, mais quand même ! Selon le dicton africain, "L'étranger est un cadeau de Dieu !" A ce niveau-là encore, notre Occident soit-disant chrétien se comporte réellement d'une façon qui n'a rien à voir avec l'accueil de l'étranger tel qu'il est prôné par l'Evangile !
-  quant à la place du laïcat dans l'Eglise, nombre de pays africains ont 20 ou 30 ans d'avance sur l'Europe ! Nous, l'on pleure s'il n'y a pas de prêtre à notre service dans un rayon de 5 ou 10 kilomètres, alors qu'au Mali, les communautés chrétiennes n'attendent pas qu'un prêtre soit disponible pour organiser des temps de prière, le dimanche par exemple. Il y a longtemps, bien avant que je n'arrive au Mali, que les catéchistes, formés pour cela, assurent les prédications et la conduite des célébrations, alors que pour nous, cela semble une nouveauté absolue que de voir des chrétiens conduire une sépulture par exemple.  Ce qui d'ailleurs est encore assez mal vu par certains membres de nos communautés paroissiales en Europe. Là encore, quel retard par rapport à la prise de conscience de la responsabilité du Peuple de Dieu en Afrique !  Péché de riches !
-  par rapport aux célébrations, je crois, par contre, qu'en France, l'on a bien perçu le retard immense des grandes Eglises en Europe par rapport à la dynamique des cérémonies en Afrique. Je ne parle pas cependant des Eglises dites "évangéliques" qui, chez nous, dans les villes surtout, et justement par ce qu'elles sont largement composées d'Africains ou d'Antillais, Indiens ou autres, offrent un visage autrement plus vivant et chantant !  J'aurai passé ces 30 années à essayer de faire bouger les lignes, de donner la parole aux paroissiens, de faire que nos messes soient animées, joyeuses, en prise sur la vie et sur l'actualité ; mais quel chantier difficile à faire progresser !
Et il y aurait tant d'autres points encore à signaler...  En tout cas, ces quelques lignes pourront aider les uns et les autres à mieux comprendre certaines de mes réactions, en faveur du respect de l'étranger et des musulmans ou de la "défense" du laïcat par exemple ; ou par rapport à mes "exigences" en faveur de messes moins figées et plus vivantes.
Tout cela en effet, ce n'était pas des lubies de ma part, mais des souhaits en fidélité au dynamisme reçu jadis de l'Eglise de l'Afrique et du Mali, où il faut reconnaître que l'Evangile est parfois mieux vécu que dans nos Eglises européennes plus formelles et plus âgées !
Merci cher Mali !  Merci l'Afrique ! Merci à toi Seigneur, le Dieu des nations !

mercredi 19 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.086 : "C'est vous qui avez vidé les églises !"

Cela fait maintenant quelques années que, dans l'Eglise de France, des voix de plus en plus nombreuses n'hésitent plus à nous dire en face, à notre génération de prêtres qui a suivi le Concile : "S'il y a nettement moins de monde dans les églises, c'est de votre faute ! Avant vous, les églises étaient encore pleines ; les gens se confessaient régulièrement, les jeunes étaient nombreux aux messes, les prêtres faisaient le caté aux enfants, ils assuraient les sépultures. D'autre part, ils n'hésitaient pas  à rappeler sans cesse la loi de l'Eglise, et les gens connaissaient les dix commandements, ainsi que la différence entre le péché véniel et le péché mortel. Les prêtres alors savaient jouer leur rôle, et les laïcs restaient à leur place. L'on faisait des génuflexions en passant devant l'autel, et l'on avait davantage le sens du sacré. Les chants en latin avaient quand même davantage d'allure que ces chansonnettes que l'on nous a ensuite imposées. Quant à la messe face au peuple, cela permet à présent aux curés de regarder les filles et les femmes tout en célébrant."
Croyez-moi ou non, mais je vous certifie que j'ai entendu personnellement toutes ces remarques, y compris la dernière, et cela un certain nombre de fois ; surtout ces dernières années.
Je veux bien reconnaître que notre génération sacerdotale n'a pas été parfaite ; mais il faut sans doute être plus sérieux lorsque l'on parle des causes de l'évolution de la situation de l'Eglise en France depuis 50 ans.
Par exemple, lorsque les gens ont eu l'impression que ce n'était plus un péché mortel que de ne pas aller à la messe le dimanche, ça n'a pas traîné : les églises pleines se vidèrent presque instantanément. Depuis des siècles, l'Eglise faisait peser sur les baptisés une loi très forte, en brandissant la peur de l'enfer.  Or, avec l'évolution de la société, nombre de "pratiquants", peu à peu, ont pris leur autonomie ; et - je l'ai vécu - les gens, alors, plus conscients, se sont sauvés hors de cette institution qui voulait régir leur vie sur cette terre et dans l'au-delà, et imposer comme jadis ses lois morales à toute la société..
Certains vont avancer : "Mais pourquoi l'Eglise n'a-t-elle pas fait davantage pression sur les baptisés pour qu'ils restent plus fidèles à leur baptême ?" La réponse nous a été donnée par le pape Jean-Paul II, dans sa lettre-encyclique intitulée "La Mission du Rédempteur", parue en 1990 et dans laquelle il écrivait, au n° 39 : "L'Eglise s'adresse à l'homme dans l'entier respect de sa liberté : la mission ne restreint pas la liberté, mais elle la favorise. L'Eglise propose, elle n'impose rien ; elle respecte les personnes et les cultures, et elle s'arrête devant l'autel de la conscience."
Parmi tous ces gens qui auparavant remplissaient les églises, il y avait ceux qui avaient peur, en n'y venant pas, de commettre un méché mortel les conduisant directement à l'enfer. Et ceux qui venaient pour rendre un culte à Dieu afin de se concilier ses faveurs.  D'autres parce que, tout le monde, dans le village, y venait, parce que leurs parents y venaient et que, à cette époque, il était normal de faire comme les parents. Il y avait aussi, heureusement, ceux qui se rendaient à l'église pour nourrir et célébrer leur foi, qui était vive. D'autres encore venaient à la messe parce qu'ils n'imaginaient même pas, dans une société se considérant alors comme globalement chrétienne, de faire bande à part, et parce qu'il était mal vu de ne pas y aller.
Aujourd'hui, c'est vrai, ne vient plus à la messe qu'une seule de ces catégories, celle des gens qui viennent pour partager et célébrer une foi qui se veut vivante, ainsi que l'explique fort bien Olivier Le Gendre dans son livre "Les confessions du Cardinal". Tous les autres sont partis, et cela en fait beaucoup ! "Vous autres chrétiens, vous ne vous êtes jamais rendu compte que vos églises avaient été remplies anormalement, artificiellement. Et vous êtes tout surpris qu'elles se soient vidées aujourd'hui. Vous avez bénéficié dans le passé de conjonctions exceptionnelles qui ne se reproduiront pas de sitôt.(...) Tandis que la société occidentale n'est plus sous l'influence prégnante de l'Eglise ; et il y a fort à parier que les autres sociétés suivront le même chemin."
Vous allez dire que je suis décourageant !  Pas du tout, car il nous reste l'Evangile, par lequel tout a commencé. A condition que nous ne l'obscurcissions pas par des pratiques, des regrets, des nostalgies, des diktats, des costumes, des restaurations ne permettant pas à l'homme libre d'aujourd'hui de retrouver le goût de l'Evangile.
Telle est la mission formidable qui attend désormais les générations à venir. Puisse la génération actuelle des jeunes prêtres rester humble et en être suffisamment consciente !  Puissent-ils ne pas insulter le passé récent, comme notre génération plus ancienne n'a pas envie d'insulter l'avenir !

mardi 18 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.085 : Le témoignage d'une patronne de bar

Je suis heureux de vous partager un beau témoignage !  Au cours de mes pérégrinations ces derniers jours, alors que je prenais un verre avec des amis à la terrasse d'un café, en allant régler les consommations, j'ai aperçu, sur une table, à côté de "Ouest-France", du "Parisien" et autres, chose rare je pense, bel et bien le journal "La Croix".
Un peu curieux, je demandai alors à la jeune patronne : "Vous êtes abonnée ?"  Celle-ci me répondit : "J'achète tous les jours "La Croix", car je trouve que c'est un journal très profond, bien plus que les autres journaux, comme "Le Parisien" ou autres, que je mets pourtant aussi, vu la demande, à la disposition des clients.  Mais je vois bien que "La Croix" n'est pas le journal le plus recherché ; c'est bien dommage !  Cependant, quand tous les autres journaux sont pris, je dis : "Lisez "La Croix !  Ce n'est pas que du catho ; il y a aussi de très bonnes analyses."  Je trouve que ce journal va au-delà de la simple politique, où on décrit des choses vite fait, et c'est tout.  C'est un journal qui n'est pas partisan.  Il aide à réfléchir ; ça aide à prendre du recul !"
Je lui ai répondu alors que j'étais moi-même abonné à "La Croix", et d'accord avec ses propos.  Je l'ai félicitée : "C'est un beau témoignage, tout simple, que vous portez, le genre d'action évangélique et missionnaire à la portée de tous, en un lieu qui n'a rien d'une église ou d'une institution étiquetée catholique.  Bravo pour votre ténacité : cela porte sûrement du fruit !"
Cela m'a renforcé dans cette idée qu'il faut vraiment faire confiance aux baptisés : sous le souffle de l'Esprit, ils savent prendre de belles initiatives, trouver la juste attitude, au coeur même de leur travail, de leurs relations, de leur vie, pour mettre l'Evangile à la portée de tous !
Sur le champ, j'ai pris note de ce bref dialogue, unique et si vivifiant, pour vous en faire part.
Et quand je repense à ce bar, je me plais à y imaginer Dieu présent, enchanté de l'initiative remarquable de sa fille : une patronne de bar, tout à fait charmante et délurée au demeurant, donnant à ses clients le beau visage d'une chrétienne fière de sa foi, pétrie de l'Evangile et apôtre cent pour cent là où Dieu l'a semée et envoyée !

lundi 17 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.084 : Souvenirs : le jour de mon ordination

Au risque de vous lasser, à l'occasion de mes 50 ans d'ordination, je reviens encore sur des souvenirs.  Mais est-ce anormal ?  On n'a pas tous les jours 50 ans !... Et en ce moment, 50 ans, c'est un nombre que je savoure passionnément !  Lors de notre récente rencontre entre ordonnés de 1967, nous n'en revenions pas, d'être "encore là" !
Mais au risque de vous surprendre, la 1° chose que j'ai envie d'exprimer, c'est que je me suis senti nettement mieux dans ma peau le jour de mon Jubilé, le 2 juillet, et certainement plus en forme que le 29 juin 1967, il y a 50 ans.
L'image qui me vient à l'esprit, c'est celle d'un plongeur, un peu stressé avant de sauter, du haut de son plongeoir, lorsque celui-ci se trouve très élevé. Mais ensuite, lorsque le saut a été effectué, et qu'il fait alors des ronds dans l'eau en savourant sa "performance", il se sent nettement soulagé, ou, plus exactement, apaisé.
                                                                                                                                                                De la même façon, la traversée de ces 50 années a été rude, le saut souvent risqué et difficile, un peu dangereux même parfois (et pas seulement à cause des serpents, comme j'en ai fait l'expérience au Mali !).  Voilà pourquoi, à présent, une fois le grand saut réalisé, je me sens plus serein.
Pour bien comprendre cela, il faut se mettre dans la peau d'un jeune séminariste de 24 ans et des poussières, qui croit bien sûr à la grâce de Dieu, à travers le sacrement de l'Ordre, mais qui n'en reste pas moins inquiet par rapport à la mission qui va lui être confiée : ai-je bien fait un choix raisonnable ?  Est-ce que je ne suis pas en train de préjuger de mes forces ?  Comment vais-je arriver à m'en sortir ? Suis-je capable d'assurer un ministère paroissial ou autre ? Comment ça va se passer avec les gens ?  Est-ce que je serai compétent ?  Aurai-je la santé ?  Quelle vie est-ce que je vais avoir ?  Autant de questions, et bien d'autres, qui résonnaient alors dans ma tête, et me stressaient, car je n'en avais nullement la réponse alors !
D'autre part, c'était une autre culture, en 1967 : quand les séminaristes traversaient les rues de Luçon, il n'était pas rare que les jeunes rigolent de nous et nous croassent, surtout quand on était en soutane. Le 29 juin 1967, je repensais à tout cela avec inquiétude tandis que, partis du grand séminaire, nous avancions en procession solennelle, en habits liturgiques, jusqu'à la cathédrale, dans les rues de Luçon.
Et on chantait des chants en latin !  Moi qui n'ai jamais aimé ce type de chants, qui m'ont toujours semblé surannés, ce n'était pas fait pour me mettre à l'aise. Les soutanes, le latin, l'encens, les mains jointes. Pour moi qui, deux ans auparavant, travaillais encore comme agent des services hospitaliers à l'hôpital de Grenoble, syndiqué CGT, tout cela me semblait surréaliste, hors de la vie ordinaire, hors du temps : c'était du décorum, qui me paraissait bien loin de "L'Essentiel" : la mission au coeur de la vie des gens, à la suite du Christ, qui n'avait pas les mains jointes, mais grandes ouvertes, vers le Père et vers ses frères...
Vais-je vous scandaliser ?  Je ne me souviens absolument pas de ce qu'a pu nous dire l'évêque, dans son homélie !  Par contre, je me rappelle très bien l'attitude de Papa. A la fin du pique-nique familial dans une salle du séminaire, Papa a voulu aller se dégourdir les jambes dans le grand jardin. Tout de suite, en bon jardinier amoureux des arbres, il nous a fait remarquer qu'un certains nombre d'arbres fruitiers avaient été greffés, et que le résultat était excellent.  J'ai le clair souvenir de m'être dit alors - mais je n'en ai pas soufflé mot : "C'est ça : il faut que l'on se greffe sur le Christ, sans peur, clairement ! Alors, comme ces arbres greffés, nous, les jeunes prêtres, nous porterons beaucoup de fruits !"
Merci Seigneur, pour ces 50 années !

vendredi 14 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.083 : Liu Xiaobo est mort ? Connais pas ! Allons à la plage !

Comme tous ceux qui essaient de croire en la valeur universelle de la démocratie, aujourd'hui, je suis très triste ! En pensant aux victimes de l'attentat de Nice il y a un an bien sûr !  Mais sans oublier toutes les autres innombrables victimes de la barbarie à travers le monde, anonymes le plus souvent.
Je fais un rêve !  Et si un jour, la fête du 14 juillet devenait la fête de la liberté, de l'égalité et de la fraternité ?  Vous allez m'objecter : mais n'est-ce pas déjà le cas ?  Au risque de vous décevoir, je crois que nous n'en sommes pas encore là.  Au pays dit des Droits de l'Homme, c'est vrai, on se gargarise beaucoup de mots, de belles phrases, de défilés pompeux et de poignées de mains viriles entre chefs d'Etat.  "Beaucoup de bruit pour rien", pour reprendre la formule célèbre de Shakespeare...
Car, pendant ce temps, des gens, je devrais dire "nos frères", meurent en silence, quasiment sous nos yeux, tandis que nous regardons ailleurs ; et cela, tous les jours, un peu au-delà de l'horizon des plages de la Côte d'Azur et de Nice, suite au naufrage de leurs maudites embarcations ; ou comme hier, en Chine, avec le décès de Liu Xiaobo, militant "réèl", lui, des Droits de l'Homme ; Prix Nobel de la Paix en 2010, il était emprisonné depuis des années pour avoir souhaité, pacifiquement, la démocratisation du régime. Malheureusement, honteusement devrais-je écrire, pour ne pas déplaire aux dirigeants chinois, les grands pays dits "libres", dont la France, n'ont pas eu le courage, ni la force, ni l'audace, ni la fierté, ni les tripes à la hauteur pour prendre sa défense !
Liberté, égalité, fraternité, oui, mais pas avec tout le monde... Simplement quand ça nous arrange !  Alors, rangeons humblement notre fier drapeau !!!
C'est vrai, je ne suis pas politicien ; mais je peux donc écrire des choses qui n'ont rien à voir avec la "réal politique", celle qui est fondée sur le calcul des intérêts plus que sur le soutien des défenseurs des Droits de l'Homme ; et cela, que ce soit en Chine, avec l'Arabie Séoudite ou à Calais, où le Secours catholique en fait la dure expérience, sous ce gouvernement.comme sous les précédents !
Realpolitik  :  abandonner ses idéaux pour composer avec la réalité... 
Je vous citais récemment cette réflexion de Jean d'Ormesson assurant que, lors de notre arrivée auprès du Père, nous verrions un athée assis à la droite de Dieu ; par exemple, Simone Veil. Mais on pourrait ajouter Liu Xiaobo qui, pas plus que S. Veil, n'a adhéré au message du Christ. Jugez-en vous-mêmes, à partir de ce que Liu a un jour exprimé : "Il faut qu'on réponde à la haine par l'amour, aux préjugés par la tolérance, à l'arrogance par la modestie, à l'humiliation par la dignité, à la violence fanatique par la raison."
Et les derniers mots dans son ultime déclaration, lors de son procès, face à ses juges, furent ceux-ci : "Je n'ai pas de haine, je n'ai pas d'ennemis."  Ce ne vous rappelle rien ?  Vraiment, "L'Esprit souffle où il veut." (Jean 3/8)
A titre d'illustration, je vous cite également cette prophétie de Vaclav Havel, lui aussi libre penseur, digne également de siéger à la droite de Dieu : "L'amour et la vérité vaincront la haine et le mensonge."
Mais j'en reviens à mon 14 juillet.  Oui, il faut garder cette journée de fête !
Mais pourquoi ne pas faire une minute de silence à la mémoire de ces victimes de notre peur de la Chine ?  Pourquoi ne pas faire de la politique autrement ?  Pourquoi ne pas faire défiler les victimes réfugiées chez nous, les migrants de Calais, les 60 Imams qui viennent d'entreprendre un périple en bus contre le terrorisme, les faiseurs de paix si agissants au sein de multiples associations, et des militaires aussi bien sûr, mais pas qu'eux !  Ainsi que des enseignants, des soignants, ... La liste serait à compléter largement.
Quel beau défilé du 14 juillet ce serait !
Il n'est pas interdit de rêver !
Bon 14 juillet quand même !