Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

dimanche 9 décembre 2018

Le Blog de l'Arche de Noé 85,n n° 2229 : Jésus et les marchés de Noël

Chaque année, courant décembre, tandis que l'on se rapproche de Noël, je me réjouis de sentir que quelque chose est en train de se passer au coeur de notre humanité. Cette année cependant, l'on pourrait se poser cette question, que j'ai d'ailleurs partagée avec les paroissiens de Longeville lors de mon homélie de ce jour : et si, en 2018, Jésus ne venait pas ? Et s'il en avait marre de nous, et de nos complications sociales à n'en plus finir ? Jésus alors de bouder, et de rester dans son coin de ciel à Noël cette année... C'est le petit satan, le vilain diviseur, ce virus destructeur qui serait content !
Oui mais Jésus, diable, il en a vu d'autres, et des pires ! D'ailleurs, ai-je dit à l'assemblée, même si nous n'avons pas de preuves de sa venue, même si on ne voit pas Jésus arriver au milieu de nous en grande gloire, avec inscrit sur son front : "c'est moi le Sauveur", cela n'empêche pas que l'on peut repérer autour de nous, de façon tout à fait visible, de multiples signes annonçant, présageant, préparant sa venue. Je vous en cite quelques-uns, à partir d'un marché de Noël.
Il y a en ce moment en effet à Longeville une telle manifestation, comme dans nombre d'autres lieux d'ailleurs. J'en ai arpenté les allées, vendredi et ce matin ; j'ai regardé ce qui se vivait, j'ai écouté les enfants s'exprimer ; et qu'est-ce que j'ai vu et entendu, même s'il est impossible de tout rapporter ?  J'ai croisé des enfants aux yeux éblouis, devant des guirlandes et des lumières qui ont quelque chose à voir avec la grande lumière de la nuit de Noël à Bethléem. J'ai échangé avec des commerçants, des exposants, de toute la France, y compris de la Corse (!), des personnes à l'amabilité sans pareil. J'ai été invité au bar, sous les halles, où j'ai partagé un vin chaud avec l'animateur du marché, qui m'a donné la parole au micro en tant que prêtre, me permettant d'annoncer le "message"... Un animateur fier de me dire qu'il avait coupé sa sono pendant la messe pour ne pas gêner ! J'ai aussi vu des parents invitant leurs enfants à entrer dans l'église, placée au milieu du marché, pour y allumer une petite veilleuse et "faire un voeu", comme j'ai entendu une maman le dire, devant la jolie crèche déjà installée. J'ai remarqué un stand tenu par des responsable de l'Ehpad local, présentant de très jolis objets fabriqués par les résidents. Et pendant ce temps, les équipes du Secours catholique étaient présentes, proposant à la vente bougies et gâteaux ; cela dans le cadre d'une opération au titre fort évocateur : l'opération "10 millions d'étoiles" ; cette action ayant pour but de financer l'arbre de Noël autour duquel seront réunis familles et enfants le 22 décembre à Talmont.
Pour la petite histoire, chose qui ne m'était jamais arrivée : l'on m'a demandé ce matin le texte de mon homélie donnée l'an passé à Longeville, à l'occasion du précédent marché de Noël en ce même lieu ; un an après ! Une vraie histoire de Père Noël !
A ce propos, j'ai bien aimé la façon dont le Père Noël local m'a expliqué son rôle, auprès des adultes et enfants : être attentif à chacun, donner du rêve et de la lumière, servir la joie de tous, faire passer l'esprit de Noël ! Je l'ai conforté en lui disant que, pour moi, le Père Noël, c'était le petit frère de l'Enfant Jésus, sa façon intelligente de se situer s'inspirant directement de l'amour de Jésus pour tous ses enfants de la terre.
Ayant demandé à l'animateur comment il entrevoyait son rôle, j'ai également apprécié la réponse de celui-ci : "je suis là pour mettre du lien, pour valoriser ce que présentent les divers exposants et pour mettre de la joie et de la fête au coeur des visiteurs."
A travers tout cela, j'ai bien cru deviner Jésus cheminant auprès de chacun et en chacun, en ce marché de Noël si fraternel !

mardi 4 décembre 2018

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2228 : "Il se prononcera en faveur des humbles."

"Il se prononcera en faveur des humbles." Mais de qui parle-t-on ?  Qui enfin aurait l'audace de se prononcer en faveur des plus défavorisés ? Ce n'est pas une façon de faire habituelle, dans notre société, surtout de la part de nos gouvernants ; en général, ce sont ceux d'en haut qui parlent ; d'ailleurs, ils savent tout d'avance, et ils se prononcent plutôt en fonction de leurs propres intérêts...
Souvent, en relisant la Parole de Dieu, je me demande qui la lit ?  Et si moi-même je la lis bien : est-ce que moi aussi, je me laisse entamer par la force du verbe biblique, de ses interpellations ?
Nos gouvernants ont bien de la peine en ce moment à se faire entendre. Or, si vous lisez les textes de la liturgie de ce mardi, que remarquons-nous ? Vous allez me trouver un peu naïf ; mais il me semble que toutes les solutions pour une fin de crise s'y trouvent présentées.
Voici quelques expressions utilisées par le prophète Isaïe (11/1-10) : "esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance (...)  Il ne jugera pas sur l'apparence, il ne se prononcera pas sur des rumeurs. Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays ; la justice est la ceinture de ses hanches..."  J'arrête là ce petit florilège, qui est d'ailleurs un tableau de ce que sera la façon de "gouverner" du Sauveur, d'après la prophétie d'Isaïe.  Mais on imagine ce que cela produirait si nos dirigeants s'inspiraient d'un tel message ! Il n'y a pas que le Messie en effet qui doit se prononcer en faveur des humbles, et descendre de son ciel, de son "statut divin", pour ne pas dire "jupitérien", pour enfin être attentif aux plus petits !
Ensuite, si l'on en arrive à l'évangile (Luc 10/21-24), on  nous en remet une couche, si je puis m'exprimer ainsi : "Père, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits." Si ce qu'exprime ainsi Jésus n'est pas clair !!!  N'est-ce pas en effet ce dont nous sommes témoins depuis trois semaines ? Des sages, des puissants, des hommes et des femmes de pouvoir, des conseillers de haut niveau, des énarques..., viennent de se révéler comme n'ayant rien compris à la vie et aux souffrances de tant de personnes qu'ils étaient chargés de "diriger" !
Or, cette parole de Jésus a été prononcée alors qu'ils venait de parcourir toute une région pour voir, entendre, écouter avec attention la vie de ses concitoyens, de tous ceux et celles qui vivaient loin de Jérusalem et des lieux de pouvoir. Mais aussi pour les aider à guérir, à retrouver leur dignité, à reprendre courage et à retrouver l'espérance.
Bien entendu, par "petits" au sens de l'Evangile, je n'entends pas les casseurs, ni sans doute les personnes qui profitent de la situation pour bloquer notre société. Je pense que nous sommes tous capables de saisir la différence. Et il serait dommage que notre ressentiment éventuel face à la situation nous empêche de repérer les "petits" chers au coeur du Bon Pasteur, au milieu de nous.
Ah ! Si les grands de ce monde méditaient l'exemple du Bon Berger, le responsable qui prend soin de ses brebis, et en premier lieu, des plus égarées... Mais rappelons-nous que cette mission revient aussi à chacun d'entre nous, car nous sommes toujours les grands de quelqu'un !

dimanche 2 décembre 2018

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2227 : Prier avec le journal

Je m'excuse, mais j'ai été hyper pris ces derniers temps, ce qui est drôle pour un retraité ! D'où l'absence de billets... Merci de votre compréhension !

Ce matin, en la chapelle de Bourgenay, à l'occasion du 1° dimanche de l'Avent, j'ai proposé, au cours d'une partie de l'homélie, de faire un exercice de prière à partir du journal. En effet, alors que l'on se prépare à accueillir "Celui qui vient", je crois que cela consiste aussi à repérer des signes de sa venue parmi nous, et déjà, de son action de Sauveur.
J'ai tout simplement ouvert au pupitre le "Ouest-France" d'hier samedi. Dès l'édito en 1° page, est évoqué le fait marquant concernant cette jeune femme pakistanaise, Asia Bibi, accusée de blasphème et d'avoir souillé l'eau d'un puits parce que, chrétienne, elle y avait bu ; en raison de quoi, elle a été condamnée à mort. Cependant, courageux, les juges de la Cour suprême, musulmans, l'ont acquittée. Mais à leur tour, ils sont menacés de mort. L'on dispose ici de tous les éléments pour entamer une belle prière : pour Asia, qui vit cachée ; pour les juges, prêts à donner leur vie pour la sauver, et qui, quoique musulmans, ou plutôt, parce que vrais musulmans, ont agi dans la droite ligne de ce qu'il y a de plus vrai dans leur foi musulmane et dans le Coran ; n'est-ce pas là ici l'Evangile en actes ? Prière aussi pour nos frères et soeurs musulmans, qui sont loin d'être tous des fanatiques, comme on les en accuse trop souvent.
Page 2, la COP 24 : près de 200 pays qui se réunissent en Pologne pour essayer d'étudier comment sauver notre planète : cela n'a-t-il pas quelque chose à voir, et avec l'unité de toutes les nations tant souhaitée par Dieu, et avec l'avenir de nos enfants ?
Tant dans la COP 24 que dans le G 20, page 3, l'on peut saisir un signe de la venue de Jésus, à l'action concrètement à travers tous ceux qui oeuvrent à construire un monde nouveau. Et nous comment soutenons-nous leurs efforts, par notre prière et nos propres engagements ? Et l'on nous dit que Trump devait dîner hier soir avec le président chinois Xi Jinping : cela aussi n'est-il pas à repérer comme un petit signe d'espoir sur le chemin du salut ?
Page 4, le journal donne l'explication du sens de l'Avent ; Seigneur, merci pour les journalistes qui ont eu cette bonne idée !
Page 5 : les gilets jaunes ! Là, j'ai senti que l'assemblée m'attendait au virage : qu'est-ce que j'allais bien trouver là comme rapport avec la venue du Messie ? J'ai posé cette question : Jésus a-t-il quelque chose à nous dire à partir de cet événement ?  Il est sûr en tout cas que le Sauveur n'est pas présent dans certains faits, et absent d'autres moments de notre vie. En fait, ces gilets jaunes, et je ne parle pas ici précisément des casseurs, sont eux aussi en état d' "avent", si je peux dire ; c'est-à-dire, dans une attente profonde, d'être écoutés, d'être accompagnés, d'être compris, d'être soulagés dans leurs difficultés. Ils attendent réellement un salut ! Lequel ? C'est à nous aussi, et pas seulement au président, d'être très attentifs à toutes ces personnes en souffrance autour de nous : tel commerçant en difficulté, tel agriculteur en détresse, telle personne isolée, mise de côté, telle maman-célibataire qui n'arrive pas à boucler ses fins de mois avec ses enfants...
Page 6 : "Pédophilie, l'Eglise de Vendée invite à la prière." Là encore, l'invitation à la prière passe par les médias ! N'est-ce pas un signe d'espoir ? Nous essayerons d'y répondre à travers le temps de partage prévu sur notre doyenné, au Centre Henri Dorie de Talmont, ce vendredi à 18h, suivi d'un moment de prière à 19h, puis d'un concert au profit des activités du Secours Catholique à Longeville à 20h30.
J'arrête là cette lecture du journal. Mais nous sommes tous invités à poursuivre cette recherche des signes de la venue et de l'action du Sauveur, dans la presse, à la télé, à travers nos rencontres et notre vie de tous les jours, d'ici Noël.
Belle recherche, belle prière, bel engagement d'Avent à toutes et tous !

dimanche 18 novembre 2018

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2226 : "Le cléricalisme, voilà l'ennemi !"

Vous vous souvenez sans doute de ce fameux discours de Gambetta, à la Chambre des Députés, en mai 1877, intervention qui se terminait par cette formule restée célèbre : "Le cléricalisme, voilà l'ennemi !"
Je ne sais pas si le pape François a eu connaissance de cette prise de parole mémorable, mais en tout cas, dans sa récente "Lettre au Peuple de Dieu", même si les circonstances n'ont rien à voir, François nous invite à prendre garde au cléricalisme également ; en effet, il s'agit là, même si c'est sous une forme qui n'a rien à voir avec ce qui se passait en 1877, d'une façon d'agir qui peut conduire à de graves dérives au sein de l'Eglise.
Et qu'en dit-il donc, le pape François ? Vous savez que son appel a été motivé par les abus sexuels dont l'Eglise prend mieux conscience en ce moment. Je cite le pape : "Dire non aux abus, c'est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme." Et dans cette lettre, à laquelle je vous renvoie, et que l'on trouve aisément sur internet, le pape donne des précisions sur ce qu'il entend par ce terme de "cléricalisme" :
-  "l'agir ecclésial sans la participation active de toutes les composantes du peuple de Dieu."
-  "tenter de supplanter, de faire taire, d'ignorer, de réduire le peuple de Dieu à de petites élites."
-  "cela se manifeste clairement dans une manière déviante de concevoir l'autorité dans l'Eglise."
-  "le cléricalisme, cette attitude qui annule non seulement la personnalité des chrétiens, mais tend également à diminuer et à sous-évaluer la grâce baptismale que l'Esprit-Saint a placée dans le coeur de notre peuple."
-  "le cléricalisme, favorisé par les prêtres eux-mêmes ou par les laïcs, engendre une scission dans le corps ecclésial qui encourage et aide à perpétuer beaucoup de maux que nous dénonçons aujourd'hui."
Je  vous laisse continuer cette réflexion par vous-mêmes en vous référant directement à cette Lettre.
Si vous souhaitez approfondir cette question, je ne peux que vous inviter à une rencontre prévue sur ce thème du cléricalisme, organisée par le groupe SEL 85 (Solidarité - Eglise en Liberté en Vendée), dont je suis moi-même membre.  Elle se tiendra, non pas le 8 décembre, comme annoncé précédemment (je vous renvoie à mon billet n° 2220, daté du 20 octobre), mais :

                                             le samedi 1° décembre, de 14h30 à 17h30
                        à la Roche-sur-Yon, salle de réunion de l'église Ste Thérèse, place Renoir

Dans un premier temps, après les présentations, chacun pourra exprimer ce qu'est pour lui le cléricalisme, comment il le perçoit, de quelle façon il le vit, le subit peut-être...
Puis, nous nous donnerons des pistes d'action pour affronter ce problème ; en expliquant comment, peut-être, sur notre paroisse ou dans tel ou tel groupe d'Eglise auquel nous appartenons, nous avons déjà pu commencer à réagir, à prendre, avec d'autres, ce problème à bras le corps.
Tous, quels qu'ils soient, seront les bienvenus.
Nous comptons sur la présence de nombre de personnes intéressées. Il en va de l'avenir de notre Eglise !
Merci au besoin de réfléchir à l'avance à cette question.
Je cite encore le pape François : "sans la participation active de tous les membres de l'Eglise, celle-ci ne réussira pas à créer les dynamismes nécessaires pour obtenir une saine et effective transformation."
Nous pourrons aussi nous exprimer sur ce que nous apprend notre relation avec le Christ, quant à la façon évangélique de servir nos frères comme lui nous l'a enseigné.

dimanche 11 novembre 2018

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2225 : Honneur aux Poilus, plutôt qu'aux maréchaux !

Je suis sans doute un mauvais coucheur, mais je n'apprécie pas du tout les hommages louangeurs rendus aux maréchaux en ces jours, et un peu plus aussi, à Pétain !  Ce dimanche matin, alors que j'accueillais les paroissiens pour la messe de 11h à Talmont, j'ai été particulièrement ému par ce grand monsieur, d'un certain âge, que je ne connaissais pas, et qui, en larmes, m'a dit, un peu à l'écart à l'entrée, combien il était triste en pensant à ce qu'ont subi ses deux grands-pères, plongés dans l'horrible fournaise de cette guerre insensée.
Je pensais également à mes deux grands pères, et nombre de personnes m'ont dit penser fortement aussi aux leurs. Eux qui se donnaient le surnom de "rats des tranchées", qui ont pataugé pendant des mois, des années, dans la mélasse gluante, la crasse collée au corps, courbant la tête sous la mitraille !
Et cela, tandis que des maréchaux, des généraux, trop souvent pleins de morgue, soucieux de leur gloire, sourds aux appels désespérés du pape Benoit XV en faveur de la paix, les envoyaient par milliers vers une mort certaine, le coeur léger... J'ai d'ailleurs cité le fait de ce général anglais qui, à la veille d'une grande offensive, donna ordre à son aumônier de préparer un sermon bien sanguinaire, avec des textes guerriers de l'ancien testament, en précisant bien qu'il ne voulait aucun texte du nouveau testament. "Père, pardonne-leur ! Ils ne savent pas ce qu'ils font !"
Ce matin donc, ce sont deux poilus qui, par procuration, ont fait l'homélie. Je ne me sentais pas la force de proclamer des considérations pieuses en faveur de la paix. Je crois en effet qu'en une telle circonstance, seuls ceux qui ont vécu l'horreur des tranchées pouvaient avoir droit à la parole. Faute de place, je ne vous donne qu'un seul de ces deux témoignages.
J'ai donc partagé un extrait d'une lettre à son épouse d'un soldat breton du nom de Le Dénen : "Chère petite aimée, toi qui as du coeur, je suis surpris de t'entendre parler comme tu le fais au sujet des Prussiens. Certes, ils ne sont pas tous bons, et il y en a qui sont de vrais bandits. Mais ne dis pas qu'ils sont tous mauvais. Ils sont forcés à faire le mal par des chefs terribles, qui sont maudits par leurs hommes et par nous-mêmes. D'ailleurs, ce sont de pauvres et malheureux pères de famille. Nous en avons fait prisonnier un l'autre jour, qui a huit enfants en bas âge. Et ces jeunes Allemands que l'on envoie sur les champs de bataille, ils ne sont pas tous mauvais. Ces jeunes maris ont laissé une femme au pays. Leur mère a peiné pour les élever. Le bon Dieu, qui est bon, ne les aime-t-il pas tous autant que nous ? Il ne nous a pas créés de race inférieure à l'autre, et nous sommes tous aussi chers à son coeur.  Aussi, si par moments, en voyant tout le mal qu'ils font, je me révolte, j'entends aussitôt une voix intérieure qui me dit : "Comprends ce qui se passe, et ne te laisse pas entraîner à maudire tous les Allemands. Mon aimée, ne hais pas les Boches, prie pour eux."
Nous disposons d'un certain nombre de témoignages semblables, tant du côté allemand que français ou autres. Sont-ils assez mis en avant ? En tout cas, honneur à vous, chers Poilus, qui avez su nous montrer que, même dans l'enfer où vous étiez plongés, le mal, la haine, n'ont pas toujours eu le dernier mot !

P-S : Ce billet a été écrit hier soir 11 novembre. A l'instant, ce 12 novembre au soir, désirant faire une correction, je clique sur le compteur et découvre que plus de 2.000 personnes ont lu ce billet aujourd'hui ! C'est six fois plus que je n'ai eu d'auditeurs lors de mon homélie hier matin ! Et moi qui me demande de temps en temps si cela vaut la peine de continuer ce blog ??? Merci à vous, chers internautes !