Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

vendredi 11 novembre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.008 : Parole de Poilus pour 2016 : "Ne hais pas les Boches !"

Vous allez me demander : "Mais qu'est-ce que des Poilus, avec leur histoire vieille de plus d'un siècle, peuvent avoir à nous dire d'intéressant aujourd'hui ?"
On les a enterrés, c'est vrai !  Et pourtant, si ces jeunes hommes, qui ont vécu la Grande Guerre à travers le sang et les larmes, avaient un message à nous communiquer ? Je voudrais, par ce blog, donner la parole à deux d'entre eux, et faire résonner en nos coeurs comment ces jeunes soldats, que tout aurait pu faire douter de l'homme et de Dieu, ont su démontrer que, même dans leur enfer, le mal n'a pas eu le dernier mot.
Tout d'abord, un extrait de la lettre à son épouse d'un soldat breton du nom de Le Dénen : "Chère petite aimée, toi qui as du coeur, je suis surpris de t'entendre parler comme tu le fais au sujet des Prussiens.  Certes, ils ne sont pas tous bons, et il y en a qui sont de vrais bandits ; mais ne dis pas qu'ils sont tous mauvais. Ils sont forcés à faire le mal par des chefs, qui sont maudits par leurs hommes et par nous-mêmes.
Souvent, ce sont de pauvres pères de famille. Nous en avons fait prisonnier un l'autre jour, qui a huit enfants en bas âge. Et ces jeunes Allemands que l'on envoie sur les champs de bataille, ils ne sont pas tous mauvais ; ces jeunes maris ont laissé une femme aimée au pays. Leur mère a peiné poutr les élever.  Le bon Dieu ne les aime-t-il pas tous autant que nous ?  Il ne nous a pas créés de race inférieure à l'autre, et nous sommes tous aussi chers à son coeur.
Aussi, si, par moments, en voyant tout le mal qu'ils font, je me révolte, j'entends aussitôt une voix intérieure qui me dit : "Comprends ce qui se passe, et ne te laisse pas entraîner à maudire tous les Allemands.  Mon aimée, ne hais pas les Boches, prie pour eux."
Voici un extrait d'une seconde lettre, d'un certain Gaston Biron à sa mère : "Ma chère mère, pense donc, récemment, nous sommes montés 1.200 au combat, et redescendus 300.  Nous ne pensions pas qu'il fut possible de se tirer d'une pareille fournaise.  Car, à la souffrance morale de penser que la mort peut nous surprendre à chaque instant, sont venues s'ajouter les souffrances physiques de longues nuits sans dormir ; huit jours sans boire et presque sans manger, huit jours à vivre au milieu d'un charnier humain, couchant à côté des cadavres, marchant sur nos camarades tombés la veille...
Ma chère mère, tu as raison de prier pour moi ; nous avons tous besoin que quelqu'un prie pour nous."
Voici donc le témoignage de deux jeunes hommes qui, au plus profond de l'Enfer, au lieu de marcher dans l'ombre de Caïn, sont restés pleinement hommes, n'ont pas cessé d'espérer, ont tourné le dos au mal, ont  continué à croire que l'ennemi pouvait être un frère (ne hais pas les Boches !), ont tenu bon dans l'adversité et, malgré tout, ont cru en Dieu.
En présentant ces deux exemples ce matin, lors de l'homélie de la messe du 11 novembre à Mortagne, je faisais cette prière au Dieu de la Paix : puisse notre communauté humaine de Mortagne, puissent notre pays, notre humanité, savoir puiser, dans la façon dont ces jeunes soldats ont su affronter le mal, la force d'âme nécessaire pour faire face aux graves défis qui nous attendent aujourd'hui.
Cela pour inscrire en lettres d'or, au coeur de notre réel, ce que prophétisait André Malraux : "L'homme moderne appartient à ceux qui vont tenter de le créer ensemble !"

P-S :  Navré d'avoir été silencieux tous ces jours ! Mais, quoique l'on puisse penser de l'emploi du temps des prêtres, je n'ai pas eu une minute à moi tous ces jours... Merci de votre compréhension !

0 commentaires: