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...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

mercredi 7 mars 2018

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2150 : "C'est vous qui avez vidé les églises !"

Hier soir, un ami prêtre, âgé de plus de 80 ans, me disait sa grande souffrance d'avoir entendu un prêtre du diocèse, beaucoup plus jeune, en col romain, lui asséner ce reproche en pleine figure : "De toute façon, ce n'est pas à vous de nous faire la leçon ni de nous dicter ce que nous devrions faire, en suivant cette même pastorale que vous avez mise en place ; car c'est vous qui avez vidé les églises depuis 40 ans !"
Or, et j'en ai été le témoin, ce prêtre s'est battu toute sa vie pour le service de l'Evangile. Ce fut toujours un bel entraîneur. Sportif, dynamique, lumineux, mais surtout, très branché sur le Christ vivant et rayonnant de sa bonté. Quelle douleur pour lui, quelle injustice de se voir ainsi déconsidéré, dévalorisé, mis au rebut ! Même si, disait-il avec humilité : "Je n'ai sans doute pas toujours été à la hauteur de ma mission, et j'ai sûrement, comme tout un chacun, pu décevoir certains."
Je lui ai répondu que, moi aussi, depuis des années déjà, et à diverses reprises, j'ai encouru ce même reproche, et ressenti la même incompréhension. Alors, dans de tels cas, qu'est-ce qu'on fait ? Vouer aux gémonies ceux qui nous insultent ainsi ? Leur rentrer dedans et tomber alors dans le même spirale de violence qu'eux ? Ou faire le gros dos et encaisser, parce qu'on est vieux et dépassé ?
En fait, en ce qui me concerne, ce qui m'a toujours éclairé, c'est de comprendre les mécanismes qui ont fait que, depuis 40 ou 50 ans, la religion catholique en France a changé totalement de forme, de fond et d'image, en corrélation avec l'évolution profonde de notre société, sous tous les angles.
Par exemple, lorsque l'on parle des églises qui se sont vidées depuis plusieurs dizaines d'années, personnellement, vu mon grand âge, je me souviens de la façon dont elles étaient remplies dans les années cinquante : à la "grand messe" de 11h, dans mon village, le sacristain était en soutane, avec un surplis. En l'occurrence, c'était un paroissien remarquable. Il circulait dans l'église, surveillant les gamines dans les bancs de devant, descendant au fond au besoin, pour faire taire les hommes qui discutaient, debout, sous le clocher, de la vente de leurs bestiaux ou autres, tout au long de la célébration, agitant une clochette ou le faisant faire par des enfants de choeur pour signaler qu'il se passait quelque chose d'important à l'autel : le claquoir invitait aussi alors tout le monde à se mettre à genoux. Tandis que le prêtre faisait sa "petite prière personnelle"en latin à l'autel, à laquelle on ne comprenait rien ; et cela, incroyable, de quoi chasser tout le monde aujourd'hui, en nous tournant le dos : tout le contraire de l'attitude de Jésus, face à ses disciples, à la Cène  !!!  Mais pourquoi en était-on arrivé à un tel "détournement" ?
J'ai le souvenir aussi de cantiques aux paroles larmoyantes qu'on reprenait tandis que des personnes avaient leur chapelet à la main pour prier, ce que j'ai fait aussi. Au moment de la communion, personne ne se déplaçait ; on était déjà venu éventuellement à la cérémonie de communion sur la langue le matin vers 7h, afin de respecter le jeûne eucharistique avant de recevoir l'hostie. Et gare, dans la commune, aux impies, aux "rouges" comme on disait, qui s'étaient exclus et éloignés de ces moments de prière à l'église : c'était considéré alors, ne l'oublions pas, comme un péché "mortel" !  Et, tout enfant, je me disais : "Qu'ils sont fous, ces gens, qui savent très bien qu'en ne venant pas à la messe, ils font un péché mortel et iront automatiquement en enfer !"  Quel horreur en effet !
Cela me rappelle cette réflexion d'Olivier Le Gendre : "Vous autres, chrétiens, vous ne vous êtes jamais rendu compte que vos églises avaient été remplies anormalement, artificiellement. Et vous êtes tout surpris qu'elles se soient vidées aujourd'hui. Or, ce soit-disant "âge d'or" n'était pas si doré que cela. Et la société occidentale n'est plus sous l'influence prépondérante de l'Eglise. Jadis, tout le monde venait à l'église, parce qu'il le fallait. Aujourd'hui, ne vient plus qu'une seule catégorie de baptisés : celle des gens qui viennent, d'eux-mêmes, par choix personnel, pour vivre, partager et célébrer une foi qui est vive et personnelle ; tous les autres sont partis."  Mais ce ne sont pas les curés qui les ont chassés...
Par contre, depuis cinquante ans, une redécouverte s'est faite, à savoir, qu'il nous reste l'Evangile, par lequel tout a commencé. Nous ne vivons plus dans un "système chrétien", il est illusoire de revenir aux méthodes erronées du passé pour tenter de re-remplir les églises ; mais l'Eglise, avec l'Evangile, est en train de retrouver une nouvelle place, au coeur de la société, tel un petit grain de sénevé. Avec un autre mode de fonctionnement ; et une grande insistance sur la rencontre de chacun avec le Christ vivant, ainsi qu'avec son prochain..
En effet, et de tout temps, on risque en permanence de l'oublier, la place de l'Eglise est d'être à genoux aux pieds du monde, et non pas sur un trône de puissance. Et sa perte d'influence lui permet de retrouver cette humble position qu'elle n'aurait jamais dû quitter. D'où son combat au service des plus pauvres, des réfugiés, des malades, des prisonniers, des enfants, etc... Petitement, simplement, évangéliquement.
En évitant tout repliement amer sur un passé désuet et recroquevillé sur lui-même.
Il ne s'agit pas d'abord de remplir les églises en effet, mais de remplir d'un peu de l'amour divin le monde dans lequel nous vivons !  Ne nous trompons pas d'objectif !

P-S  :  Ce n'est pas dans mes habitudes, mais je vous livre ce mail reçu alors que je venais à peine de publier le billet ci-dessus :


7 mars à 20:01


Bonsoir Olivier,
Je viens de lire votre billet de ce jour et je suis d'accord avec vous, les messes d'autrefois c'était vraiment ça; les gens étaient tristes, ils ne se regardaient même pas on aurait dit qu'à l'église ils ne se connaissaient plus et quand vous parlez des cantiques, en effet !  tout à fait cela également.
Bonne continuation Olivier, on les apprécie vos billets
Janine.



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