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Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

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Depuis novembre 2007, Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr



mercredi 19 juillet 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.086 : "C'est vous qui avez vidé les églises !"

Cela fait maintenant quelques années que, dans l'Eglise de France, des voix de plus en plus nombreuses n'hésitent plus à nous dire en face, à notre génération de prêtres qui a suivi le Concile : "S'il y a nettement moins de monde dans les églises, c'est de votre faute ! Avant vous, les églises étaient encore pleines ; les gens se confessaient régulièrement, les jeunes étaient nombreux aux messes, les prêtres faisaient le caté aux enfants, ils assuraient les sépultures. D'autre part, ils n'hésitaient pas  à rappeler sans cesse la loi de l'Eglise, et les gens connaissaient les dix commandements, ainsi que la différence entre le péché véniel et le péché mortel. Les prêtres alors savaient jouer leur rôle, et les laïcs restaient à leur place. L'on faisait des génuflexions en passant devant l'autel, et l'on avait davantage le sens du sacré. Les chants en latin avaient quand même davantage d'allure que ces chansonnettes que l'on nous a ensuite imposées. Quant à la messe face au peuple, cela permet à présent aux curés de regarder les filles et les femmes tout en célébrant."
Croyez-moi ou non, mais je vous certifie que j'ai entendu personnellement toutes ces remarques, y compris la dernière, et cela un certain nombre de fois ; surtout ces dernières années.
Je veux bien reconnaître que notre génération sacerdotale n'a pas été parfaite ; mais il faut sans doute être plus sérieux lorsque l'on parle des causes de l'évolution de la situation de l'Eglise en France depuis 50 ans.
Par exemple, lorsque les gens ont eu l'impression que ce n'était plus un péché mortel que de ne pas aller à la messe le dimanche, ça n'a pas traîné : les églises pleines se vidèrent presque instantanément. Depuis des siècles, l'Eglise faisait peser sur les baptisés une loi très forte, en brandissant la peur de l'enfer.  Or, avec l'évolution de la société, nombre de "pratiquants", peu à peu, ont pris leur autonomie ; et - je l'ai vécu - les gens, alors, plus conscients, se sont sauvés hors de cette institution qui voulait régir leur vie sur cette terre et dans l'au-delà, et imposer comme jadis ses lois morales à toute la société..
Certains vont avancer : "Mais pourquoi l'Eglise n'a-t-elle pas fait davantage pression sur les baptisés pour qu'ils restent plus fidèles à leur baptême ?" La réponse nous a été donnée par le pape Jean-Paul II, dans sa lettre-encyclique intitulée "La Mission du Rédempteur", parue en 1990 et dans laquelle il écrivait, au n° 39 : "L'Eglise s'adresse à l'homme dans l'entier respect de sa liberté : la mission ne restreint pas la liberté, mais elle la favorise. L'Eglise propose, elle n'impose rien ; elle respecte les personnes et les cultures, et elle s'arrête devant l'autel de la conscience."
Parmi tous ces gens qui auparavant remplissaient les églises, il y avait ceux qui avaient peur, en n'y venant pas, de commettre un méché mortel les conduisant directement à l'enfer. Et ceux qui venaient pour rendre un culte à Dieu afin de se concilier ses faveurs.  D'autres parce que, tout le monde, dans le village, y venait, parce que leurs parents y venaient et que, à cette époque, il était normal de faire comme les parents. Il y avait aussi, heureusement, ceux qui se rendaient à l'église pour nourrir et célébrer leur foi, qui était vive. D'autres encore venaient à la messe parce qu'ils n'imaginaient même pas, dans une société se considérant alors comme globalement chrétienne, de faire bande à part, et parce qu'il était mal vu de ne pas y aller.
Aujourd'hui, c'est vrai, ne vient plus à la messe qu'une seule de ces catégories, celle des gens qui viennent pour partager et célébrer une foi qui se veut vivante, ainsi que l'explique fort bien Olivier Le Gendre dans son livre "Les confessions du Cardinal". Tous les autres sont partis, et cela en fait beaucoup ! "Vous autres chrétiens, vous ne vous êtes jamais rendu compte que vos églises avaient été remplies anormalement, artificiellement. Et vous êtes tout surpris qu'elles se soient vidées aujourd'hui. Vous avez bénéficié dans le passé de conjonctions exceptionnelles qui ne se reproduiront pas de sitôt.(...) Tandis que la société occidentale n'est plus sous l'influence prégnante de l'Eglise ; et il y a fort à parier que les autres sociétés suivront le même chemin."
Vous allez dire que je suis décourageant !  Pas du tout, car il nous reste l'Evangile, par lequel tout a commencé. A condition que nous ne l'obscurcissions pas par des pratiques, des regrets, des nostalgies, des diktats, des costumes, des restaurations ne permettant pas à l'homme libre d'aujourd'hui de retrouver le goût de l'Evangile.
Telle est la mission formidable qui attend désormais les générations à venir. Puisse la génération actuelle des jeunes prêtres rester humble et en être suffisamment consciente !  Puissent-ils ne pas insulter le passé récent, comme notre génération plus ancienne n'a pas envie d'insulter l'avenir !

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