Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

vendredi 30 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.075 : "Dieu ne m'a pas donné ce que je lui demandais !"

'"Mais enfin, qu'est-ce que c'est que ce Dieu ?  Je l'ai prié pendant des mois, j'ai fait dire des messes, j'ai mis des cierges et tout... Et pourtant, malgré tout ce que j'ai fait, le mal dont souffrait mon épouse a empiré, et elle est décédée ! Je suis abattu !  Comment est-ce que je peux encore croire en Dieu ?  Il m'a trop déçu !"
Ceci est un dialogue imaginaire !  Mais nous avons tous entendu des paroles de ce genre, face auxquelles tout essai de réponse semble impossible et ne peut être que rejeté.
C'est un peu la logique du mérite : j'ai prié ; donc, en échange, Dieu doit me donner ce que je mérite, sinon, ce n'est pas juste ; c'est comme une arnaque !
Et la réaction est souvent la suivante : "Dieu ne me donne pas le bonheur, il ne m'accorde pas ce que je lui ai demandé, alors, il n'est pas crédible, et je le quitte !"  En effet, si Dieu ne répond pas à nos désirs, il n'est pas "aimable" ! Voilà une des raisons pour lesquelles on "divorce" beaucoup de Dieu de nos jours ! Mais la prière serait-elle un commerce ? Je commande à Dieu ce que je veux, je le paye avec mes prières et mes cierges, et, après avoir ainsi passé à la caisse, je repars avec exactement ce que j'ai demandé, et que j'ai largement payé !
On sent bien que, dans ce calcul, il y a quelque chose qui cloche !  C'est pour cela que Descartes disait : "ce sont les "âmes faibles" qui n'aiment qu'à la condition d'en retirer un bénéfice, tandis que les "grandes âmes" aiment sans condition, de façon purement désintéressées."  Mais je n'aime pas trop cette façon de parler des gens en difficulté !
Il est vrai que Jésus nous dit dans l'Evangile : "Demandez, et vous recevrez."(Matthieu 7/7). Il dit aussi : "Tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l'avez reçu, et cela vous sera accordé." (Marc 12/24)
Mais nous faisons sans doute trop souvent erreur sur la motivation profonde de la prière et son vrai sens. Plutôt que les réflexions de Descartes, méditons plutôt ce mot de St Augustin : ""Nous ne prions pas Dieu pour l'instruire, mais pour nous construire." C'est-à-dire, pour nous mettre en condition d'accepter les événements que nous sommes appelés à vivre, les souffrances qu'il nous faut traverser.
Il faut le dire et le redire en effet : la prière n'a pas pour but de changer Dieu, comme s'il cessait parfois de vouloir notre bien !  C'est notre coeur qu'elle a pour but de transformer.
Pour que ce soit clair, il faudrait abandonner tous ces refrains de prière universelle ou autres qui demandent à Dieu de nous écouter ; comme s'il ne nous écoutait pas, comme s'il tournait le dos à nos misères, comme s'il était sourd à nos appels : mais n'est-on pas là aux limites d'un certain manque de foi?
Préférons des prières, ou des refrains, du style :"Donne-nous ton Esprit... Fais de nous des ouvriers de paix..."
La vraie prière chrétienne ne doute pas de l'écoute de Dieu, mais lui demande son aide pour changer nos coeurs.  Prier en effet, c'est faire barrage en nous contre la désespérance, face à un grand malheur par exemple. C'est laisser Dieu entrer en nous, et lutter en nous, à travers nous, contre toute souffrance et toute mort. En priant, l'on n'est plus seul au monde face à nos problèmes en effet : on ouvre alors à Dieu la porte de ce monde, la porte de notre vie, et il peut venir y oeuvrer.
Redisons souvent cette merveilleuse prière du P. de Foucauld, que vous avez déjà sans doute en votre possession : "Mon Père, je m'abandonne à toi, fais de moi ce qu'il te plaira..."
Le secret de la vraie prière, il est là !

jeudi 29 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.074 : Prêtre, un "métier" formidable !



Les paroissiens de la Gaubretière, les Landes et Tiffauges qui ont préparé le bulletin du doyenné pour le mois de juillet ont demandé aux trois prêtres de ce même doyenné qui, arrivant à 75 ans, vont quitter leur paroisse cet été, de donner brièvement leur témoignage. A l'attention des lecteurs de ce blog qui vivent en d'autres lieux, je vous partage ci-dessous ma petite contribution sous le titre : "Prêtre, un "métier" formidable !"
La publication d'un tel billet en ce jour n'est pas due au hasard, puisque j'ai été ordonné prêtre en la cathédrale de Luçon, par Mgr Paty, il y a tout juste 50 ans aujourd'hui, le 29 juin 1967.  En la fête de ces "colonnes de l'Eglise", St Pierre et St Paul qui, bien que grands pécheurs, furent appelés par le Christ à témoigner de sa Bonne Nouvelle jusqu'aux extrémités de la terre !

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Même si, être prêtre, ce n’est pas à proprement parler un « métier », pour l’exemple, je me retrouve tout à fait dans cette déclaration du grand footballeur Raymond Kopa qui nous a quittés en mars dernier : « En entrant sur le terrain, chaque fois, je me disais : « Raymond, t’es un sacré veinard !  Tu fais un métier formidable ! » Eh bien, durant toutes ces années vécues sur Mortagne et St Laurent, c’est ce même sentiment que j’ai ressenti !

Merci à tous !

Vous voulez savoir ce qui m’a rendu heureux dans ma vie de prêtre ?
C’est le visage ouvert et chaleureux des gens rencontrés et salués aussi bien dans la rue qu’avant et après les eucharisties par exemple ; j'y ai reconnu le visage du Christ !  Ou encore, lorsque j’entends des enfants me dire : « Celui/celle qui me fait le caté est formidable ! »  Que du bonheur aussi quant aux réflexions faites à propos des quatre diacres de notre paroisse : « Ce sont des hommes remarquables !  Et leur témoignage de vie, en lien fort avec leurs épouses, est magnifique ! »
Joie profonde également quand des membres de familles endeuillées soulignent que « les sépultures conduites par des laïcs sont de grande qualité», bien que je comprenne et souffre moi-même de ce qu'un prêtre ou un diacre ne puisse toutes les assister en un tel moment. Même allégresse lorsque les paroissiens sortent rayonnants des messes dominicales comme des messes des familles, de 1° Communion ou autres… Je ne rendrai jamais assez hommage à tous ceux et celles qui, dans l’ombre, préparent et animent nos célébrations (organistes, chorale, animateurs, servants d'autel, fleuristes, sacristains...), ainsi que la vie de la paroisse !

Le bonheur d’aller aux périphéries

Je suis marqué par la joie des personnes qui ont le souci de visiter les malades, dans leur quartier ou les Ehpad. Et aussi par l’action collective qui se vit au sein du Secours Catholique, dans l’accompagnement des personnes en détresse ou des réfugiés.  De même que par la réponse massive d’un grand nombre de personnes intéressées par les Cafés-Théo dans un bar, le Cercle de silence sur la Syrie qui a rassemblé 100 personnes dans la rue, ou lors des soirées avec des musulmans, ou un pasteur protestant ou un moine bouddhiste, très largement suivies.
Une Eglise ouverte et inventive, donnant « le goût de Dieu », composée de personnes et de pasteurs qui ont toujours besoin du pardon du Seigneur, mais qui rayonnent de la joie du Christ ressuscité, voilà ce qui m’a rendu heureux sur ce Nord-Vendée, et plein d’espérance pour l’avenir !

Il y aurait bien sûr mille autres choses à partager, mais le don de Dieu est sans fin !

mercredi 28 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.073 : En vacances, vivre autrement !

Le temps des vacances est tout proche désormais, du moins pour ceux qui ont la chance de pouvoir en vivre... Et le désir de ces chanceux, c'est de pouvoir les vivre à fond !  Première chose à faire, donc : remercier le Seigneur des temps libres, parce que c'est de lui que nous tenons le temps, la santé, les moyens et autres pour pouvoir nous extraire d'une vie parfois lourde, et nous refaire à fond.
En ce qui me concerne, plus j'avance en âge, plus je me rends compte du cadeau merveilleux qui nous est fait à travers cette période où l'on peut enfin respirer, prier, souffler, aimer, en un mot, exister à fond, devant les autres et devant Dieu.
Quatre pistes, parmi d'autres sans doute, mais qu'il sera à vous de rechercher, pour changer de vie, pour vivre "autrement".

ADMIRER
Qu'elle est belle cette création où tu nous as placés, Seigneur !  Le ciel, le soleil, les arbres, les vallonnements, les fleurs, la mer, les animaux, l'horizon infini : toute cette beauté nous est offerte ; savons-nous prendre le temps de la contempler ?  C'est aussi la demeure de Dieu !

ECOUTER
Recette pour réussir de bonnes vacances, comme me le disait une ancienne paroissienne de l'Ile d'Olonne : "dans la cocotte familiale, mettre une bonne dose de temps libre, une autre de communication, ajouter un zeste d'humour, couvrir de patience, laisser cuire au feu doux de la tolérance et de l'affection."   Et cela, en étant toujours disponible à écouter et entendre tous ceux et celles qui ont besoin de pouvoir se livrer en pleine confiance.


FAIRE LA FETE, SERVIR
La fête, c'est un facteur d'équilibre, pour chacun. Cet été, nous aurons l'occasion de vivre des moments festifs, en famille, en société, en Eglise, dans nos associations.  Faire la fête, cela nous met en union avec les autres et nous permet de rompre avec le quotidien des mois de travail et de responsabilités. La fête, c'est à la fois le partage, la liberté, la fantaisie enfin, le jeu, les choses simples, la paix et la joie !

SE RESSOURCER, PRIER
Seigneur, si je dispose d'un peu plus de temps, où, quand m'invites-tu à te rencontrer ?  
Et si je m'arrêtais, seul, ou avec d'autres, ou en famille, face à la mer, tout simplement, ou en tout autre lieu de paix, pour relire, pour partager la Parole de Dieu, avec les textes ou le psaume du jour, en réfléchissant à ce que nous disent ces paroles sacrées.

A chacun de voir, de préparer peut-être, ce qu'il lui est possible de faire pour vivre "autrement" ces jours de paix que Dieu nous offre gratuitement cet été !

P-S : une idée de Thierry, diacre sur la paroisse : avant de partir, en famille, faire la liste de personnes isolées, ou ne pouvant prendre des congés, auxquelles nous pourrions envoyer une petite carte amicale ; pourquoi pas ?



lundi 26 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.072 : 50 années de sacerdoce heureux

J'arrive du Centre spirituel de Chaillé-les-Marais, où je viens de vivre une journée exceptionnelle avec  les amis prêtres vendéens ordonnés comme moi il y a tout juste 50 ans.
Journée d'évocation, de relecture, d'action de grâce, d'émerveillement, à l'écoute de ce que chacun a vécu de beau, de profond, de grand, d'enthousiasmant, dans cette mission d'Eglise reçue il y a déjà un demi-siècle !!!
D'ailleurs, nous n'en revenions pas d'avoir traversé tout ce temps, ainsi que bien des embûches et difficultés, et de nous retrouver là, ensemble, toujours actifs et vivants, unis et décidés comme au jour de notre ordination.
Le bonheur d'être prêtre, cela existe : nous l'avons expérimenté !
A travers nos échanges, ce qui est ressorti en premier, c'est la conscience de l'immense soutien reçu de la part des hommes, des femmes, des jeunes et des enfants innombrables que nous avons eu la chance de rencontrer ; et cela, en permanence, quel que soit le lieu ou la mission effectuée.  Nous n'aurons jamais assez du restant de nos jours pour en remercier le Seigneur !  Déjà, depuis quelque temps, lorsque je pense à ce que je ferai lors de ma semi-retraite, et cela même si l'on m'a nommé prêtre auxiliaire au service de deux paroisses, ce sera, en priorité, de confier sans cesse au Seigneur toutes les personnes rencontrées durant ces 50 années.
Autre point marquant : le fait d'avoir vécu ces années dans le grand souffle du Concile, qui a eu le mérite de dépoussiérer notre Eglise.  Une Eglise que nous avons vu s'ouvrir de plus en plus, une Eglise se libérant peu à peu de toute sorte de pratiques un peu désuètes, une Eglise que nous avons eu plaisir à servir.  Et chacun d'apporter alors une multitude faits : impossible de tout citer... Depuis le prêtre-ouvrier (une mission reconnue après le Concile) jusqu'au prêtre enseignant en université, partageant sa foi sacerdotale avec de grands étudiants, en passant par un ancien vicaire général, 2 anciens vicaires épiscopaux, un supérieur de congrégation, trois anciens aumôniers nationaux, deux d'entre nous qui ont été missionnaires en Afrique ou à Madagascar, tous d'ailleurs - quelle chance ! - ayant vécu une partie de leur vie de prêtre hors de Vendée, dans un autre diocèse, à Paris ou à l'étranger.
Et chacun de répéter :" nous avons eu la chance d'avoir de bons maîtres, de bons conseillers" ; ou encore : "j'ai toujours été très heureux dans tous les postes qui m'ont été confiés" ; ou : "même si nous n'avons pas toujours été au top, ni du goût de tout le monde probablement, avec le recul, on ne regrette rien de cet engagement !"
Et si c'était à refaire, on repartirait !  Fiers de ce beau Peuple de Dieu qui, malgré ses insuffisances, continue de cheminer, modestement, mais fermement, dans le sillage et à la lumière de l'Evangile du Christ.
Etre prêtre, pour nous, cela a vraiment été une passion !  Et nous n'avons pas peur de l'avenir, car, comme le dit si bien le philosophe protestant danois Kierkegaard : "Dieu s'occupe bien des affaires de Dieu !"
Notre expérience nous a au moins appris une chose : douter de l'avenir de l'Eglise, face aux difficultés qu'elle traverse, c'est douter de Dieu !
Une belle eucharistie nous a permis de remettre tout cela dans les mains du Seigneur !

P-S  :  J'en profite pour rappeler que vous êtes tous invités à la Fête de l'Alliance prévue dimanche prochain 2 juillet à Mortagne, à la salle polyvalente.
Au cours de la messe de 10h30, les jubilaires (16 couples,  2 Frères de St Gabriel et moi en tant que prêtre) renouvelleront leur engagement d'alliance.
Puis, pot d'amitié, suivi d'un repas partagé et festif (chansons, diaporama, interventions diverses...)
Chacun, s'il en a la possibilité, peut apporter un plat ou autres.  Tout sera déposé sur une grande table, et on se servira.
Apporter assiette, verre, couverts.
Repas ouvert à tous, sans inscription, et pas seulement aux familles des jubilaires.
A dimanche !

dimanche 25 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.071 : "Vous étiez combien ?"

Je ne sais pas d'où cela vient, mais je remarque que, à la suite d'un Café-Théo par exemple, la question qui vient en premier, c'est : "Vous étiez combien ?"  Alors que l'on pourrait s'attendre à un questionnement d'un autre type, par exemple : comment l'échange s'est-il déroulé ?  Est-ce que les participants se sont bien exprimés ?  Ou encore  : qu'est-ce qu'il en est ressorti ? Souvent aussi, après les messes des familles, des personnes demandent : "Il y avait combien d'enfants ?"  Sous-entendu peut-être, mais je n'ose le croire : s'il n'y en avait que 8 ou 9, cela signifiait pour eux que c'était raté.  Réaction très compréhensible, et bien humaine finalement... Mais il ne faudrait pas que l'on en arrive trop vite à la conclusion suivante : s'il y a si peu d'enfants, cela vaut-il le coup de continuer ?
Le problème, c'est que, aux yeux de Dieu, faire porter l'interrogation de façon trop forte sur le problème du nombre, c'est sans doute une fausse question, ou une question mal placée.  J'aime bien cette réflexion de Mgr Albert Rouet : "Dieu n'aime pas les bilans."  "Le pape, combien de divisions ?" demandait Staline. C'était bien l'exemple type d'une question "in-sensée"...
En effet, peut-on calculer combien de personnes se tournent réellement vers Dieu, ou vers les autres, à tel moment ?  On peut dénombrer des présences, c'est vrai, et ce n'est pas inutile !  On peut étaler des chiffres, établir des listes, mais que cherche-t-on à prouver par là ?  Qu'on a été efficaces, que notre façon de faire était bonne ?  Pourquoi pas ?
Mais alors, attention !  Car il ne faudrait pas que l'on recherche à faire bonne figure, devant l'évêque par exemple, ou face aux personnes qui nous entourent...  Pour les épater !
Toute la vie de Jésus l'atteste en effet : c'est d'abord dans la faiblesse que la grâce de Dieu se déploie.  Et c'est dans le fond des coeurs que Dieu seul peut mesurer la profondeur et la qualité de l'amour.
Comme cela s'est dit la semaine passée lors d'une rencontre entre catéchistes : même s'il n'y a que trois enfants dans un groupe, l'on ne doit pas se lamenter !  Au contraire, réjouissons-nous : il y avait moins de monde que cela au pied de la croix !
Et pour conclure, ce proverbe russe que je cite allègrement depuis des années, et pas seulement pour me consoler : "Dieu plus une personne, cela fait toujours la majorité !"

P-S :  Une belle conclusion aussi que m'a soufflée une paroissienne de St Laurent-sur-Sèvre, en me livrant, le 29 juin 2017, cette parole si juste de Mgr Albert Rouet : "L'heure n'est plus à compter qui vient à l'église, elle est de savoir vers qui va l'Eglise !"

mardi 20 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.070 : "Mourir, ce n'est pas finir..."

Il est des moments où nous, les curés, on reçoit quand même un sacré coup de main pour notre ministère de la part des gens ; sans forcément que ceux-ci s'en rendent compte d'ailleurs !  Je prends un exemple : hier, sépulture d'un papa encore relativement jeune, décédé, comme trop souvent, d'un irrémédiable cancer.
1° acte : tandis que je sors saluer son épouse dans la rue avant la cérémonie, celle-ci me glisse : "Surtout, que ce ne soit pas triste, ni pesant ! Mon mari était quelqu'un de gai..."  Et autres paroles m'invitant clairement à veiller à la tonalité de la célébration.  Cela m'a bien aidé à trouver les mots tandis que j'accueillais alors parents et proches rassemblés autour du corps, devant l'église ; puis, ensuite, durant l'ensemble de la célébration.
2° acte : la famille, pourtant profondément éprouvée, avait choisi pour l'entrée un chant particulièrement dynamique et entraînant : "Chantez, priez, célébrez le Seigneur..." A ce moment-là aussi, j'ai pu préciser à l'assemblée que la famille avait tenu à ne pas choisir des "chants d'enterrement", tristes et lugubres. Plus facile alors pour tous d'entrer, naturellement, dans l'espérance et dans une certaine sérénité.
3° acte : lors de la prière universelle, j'entendis la parole suivante : "mourir, ce n'est pas finir ; c'est continuer à vivre autrement..."  Je n'en suis pas revenu !  Cela me facilitait drôlement la tâche, que ce soit des personnes affrontées à une mort pouvant paraître destructrice, qui illustrent d'elles-mêmes ce que nous avions entendu lors de la 1° lecture, tirée de Saint Jean, à savoir que "nous passons de la mort à la vie." En effet, lors de telles sépultures, il n'est jamais simple, pour le curé ou le laïc qui préside, d'essayer de faire saisir, par l'assistance, que la mort n'est pas la fin de tout !
4° acte : le moment de l'au-revoir. Plusieurs superbes témoignages, brefs et profonds, exprimant et la foi en la vie qui continue, et la perspective que l'on se retrouvera un jour, etc.  Impressionnant !
5° acte : échangeant avec la fille du défunt, celle-ci, tout en pleurant son papa, me fit cette confidence : "Il était formidable, il nous a donné la vie."  Et j'ai exprimé qu'il pouvait sans doute continuer encore à la donner, cette vie.
6° acte : au cimetière, même recommandation de l'épouse aux laïcs devant assurer une dernière prière devant la tombe : "Surtout, que ce ne soit pas triste !"
7° acte : le tout se terminant autour d'un verre de l'amitié, dans le bonheur d'être ensemble, forts d'avoir vécu un riche moment de lâcher-prise, dans cette église de Mortagne comble et fraternelle.

lundi 19 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.069 : "En marche" vers un meilleur accompagnement de nos frères et soeurs réfugiés ???

Non, je rêve ! Vraiment, on aurait pensé aux réfugiés pendant cette interminable campagne électorale ? Ce lundi matin encore, je viens de relire les professions de foi de nos candidats à la députation.  Tenons-nous en aux deux rescapés qui viennent de s'affronter lors du 2° tour sur le Nord-Vendée : aucune allusion bien sûr à la question des réfugiés.  Sans parler même d'une petite demi-ligne à propos de l'immense misère du monde, au-delà de nos petites frontières locales ou nationales.
Cela tombe mal : demain 20 juin, c'est la journée mondiale annuelle des réfugiés ; date choisie par les Nations Unies pour faire que les populations soient sensibilisées à cette terrible question.
Bien entendu, on compte sur les nouveaux élus d'En Marche et autres pour profiter de leur nouveau costume afin de mettre le doigt là où il le faudrait, là où, en priorité auprès des plus défavorisés, on les attendrait...
Ah mais, j'oubliais, on aura bien d'autres choses importantes à régler ce 20 juin... Entre les commentaires sur cette si belle élection, le contenu de la mallette accordée à chaque nouveau député, les cris de joie et d'allégresse qui leur échappent et tout et tout... Pensez donc : il y a un an, personne ne nous connaissait... Et on est passés devant !
Et je ne parle pas de nos "immenses" problèmes de malheureux Français !
Chers frères et soeurs réfugiés, attendez donc encore un peu !  Pour le moment, on n'a pas le temps ! Mais, on vous le promet, bientôt, on va s'occuper de vous ; et bien mieux que ne l'ont fait les Hollande, Sarkozy et consorts. Nous, c'est une nouvelle façon de faire de la politique, au plus près des besoins des gens. Alors, soyez-en certains, avec nous, tout va changer !
Les vieux politiciens qui nous ont précédés ont laissé à l'abandon dans les rues de Nice, de Paris ou de Calais des personnes et des familles, en espérant que cela en dissuaderait d'autres de les rejoindre. On a laissé les associations, comme le Secours catholique ou autres, livrées à elles-mêmes, quand on ne les a pas montrées du doigt ou harcelées.
Etes-vous au courant, chers nouveaux élus, des atteintes aux droits fondamentaux dont sont témoins les journalistes et membres d'associations (privation d'eau, conditions d'hygiène déplorables, interdiction de se rendre à des distributions de vivres...) ?  Au cas où vous ne seriez pas au parfum, dépêchez-vous de vous informer !
Rappelez-vous ce chiffre : plus de 10.000 étrangers sont morts en mer depuis 3 ans !
Et croyez-vous qu'il soit digne de la France, cette grande puissance mondiale dont vous êtes les élus, de fermer ainsi la porte au nez à des frères et soeurs en détresse, quand d'autres nations, bien plus défavorisées, et avec bien moins de moyens, bien que (?) composées parfois pourtant (?) presque totalement de musulmans (?), savent les recevoir mille fois mieux que nous ?  La Turquie avec 2,5 millions de réfugiés, le Pakistan pour 1,6 million, le "petit" Liban pour 1,1 million, l'Iran pour 980.000  personnes, l'Ethiopie pour 735.000 et la Jordanie pour 664.000 !
Question : comment la nouvelle majorité va-t-elle veiller à ce que le droit d'asile soit enfin respecté en France, tel que le demande la Convention de Genève que nous avons signée ?
Hier, à l'occasion de la fête du Corps et du Sang du Christ, nous avons peut-être chanté, un peu partout en France comme dans les églises de notre paroisse : "Nous formons un même corps, nous qui avons part au même Pain". Mais quand est-ce que cela deviendra enfin une réalité ?

P-S  :  Quasiment tous les jours, je reçois par mail des réactions par rapport aux billets
de ce blog. En général, je ne les publie pas, et j'ai peut-être tort ?  Aujourd'hui cependant, je ne résiste pas au fait de vous citer ce que je viens de recevoir, tout en gardant l'anonymat de la personne.  Cela illustre fort bien ce que je voulais signifier.

 Merci Olivier pour le blog de ce jour.

 L'attitude de la France me révolte! Quand elle accueille quelques réfugiés comme chez nous, elle leur crée un tas de difficultés avec de la paperasserie...
 Simplifions toutes les procédures administratives et accueillons vraiment, pas seulement avec des bénévoles...
 A St Laurent, rue de la Jouvence, dans la maison des frères de St Gabriel, il y a maintenant une comorienne, un congolais, une famille albanaise avec un enfant de 5 ans.
 Tous en attente de régularisation de papiers . Une association inter communale St Malo, St Laurent, Mallièvre et Treize-Vents s'en occupe.
 Vive les bénévoles, ce n'est pourtant pas simple du tout ! Le Secours Catholique est actif auprès d'eux aussi pour la nourriture, les vêtements et autres besoins matériels (une télé par exemple!).
 Bien cordialement, M.

 

samedi 17 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.068 : Le drame du divorce !

Attention !  A travers ce billet, il n'est pas question pour moi de "juger", et encore moins, de condamner celles et ceux qui vivent une situation de divorce. La séparation dont ils souffrent, c'est déjà assez dur comme ça... Mais ce n'est pas une situation facile à  vivre !  Je pense à la réaction de cette jeune femme de passage hier au presbytère avec le plus jeune de ses enfants. Nous étions en train de parler caté lorsque cet enfant, au milieu de notre conversation, nous a arrêtés en me disant à moi, en me regardant dans les yeux  -  et c'était sans rapport avec notre échange sur la catéchèse  :  "Mon papa, il est parti habiter dans une autre maison" !!! La maman a alors fondu en larmes : "Jusqu'au bout, je ne me suis rendu compte de rien.  C'est vrai que, depuis quelques mois, il me disait : "C'est pas que je ne t'aime plus, mais je n'éprouve plus de sentiments pour toi."  Cette réflexion m'a glacé jusqu'au sang !
Cela m'a rappelé cette autre paroissienne me demandant si je ne pourrais pas écrire sur mon blog un billet sur le divorce.  Elle-même souffre de voir son fils séparé de son épouse ; leur petit-fils, auparavant tout mignon, n'est plus comme avant ; il est vraiment perturbé à présent : "Papa et maman ne s'aiment plus..." Cette mamy évoquait à ce propos l'article paru sur le divorce dans le journal "Ouest-France" du 9 juin sous le titre : "Couples à la retraite : pas toujours facile". L'auteur explique que les divorces de seniors ont triplé en vingt ans. Et cette paroissienne de me dire : "Comment aider nos jeunes à rester fidèles à leur engagement, alors que les seniors eux-mêmes, dont on serait en droit d'attendre une certaine exemplarité, en arrivent à ne plus pouvoir vivre ensemble ?  Le problème, c'est qu'on n'est plus dans une société de l'engagement..."
Ce que j'ai apprécié dans ce qu'elle m'a partagé, c'est la façon dont, avec son époux, ils essayent de se situer !  "On essaye de garder le contact avec notre belle-fille. De Lourdes, on lui a envoyé une carte, sans savoir s'il y aurait une suite ; mais aussitôt, on a reçu un texto : "Merci pour votre gentille carte." Pour les enfants, on fait tout pour garder le lien.  On ne s'attend pas à une réconciliation dans l'immédiat, mais on ne sait jamais. Si cela pouvait arriver, on veut pouvoir y contribuer. Même si, pour l'instant, il nous faut accepter l'incompréhensible.
Quelques citations de la récente Lettre-encyclique du pape François sur "La Joie de l'Amour" :
-  "C'est bon de se donner toujours un baiser le matin, se bénir toutes les nuits, attendre l'autre et le recevoir quand il arrive, faire des sorties ensemble, partager les tâches domestiques." (n° 226)
-  "Nous ne pouvons pas nous promettre d'avoir les mêmes sentiments toute la vie. En revanche, oui, nous pouvons avoir un projet commun stable, nous engager à nous aimer et à vivre unis jusqu'à ce que la mort nous sépare et à vivre toujours une riche intimité." (n° 164)
-  "On ne peut pas exiger du conjoint qu'il soit parfait ; le mariage est un projet à construire ensemble, avec patience, générosité." (n° 218)
-  Pour résoudre des conflits, "L'amour est artisanal, grandit, apprend à négocier, comme mélange d'offrandes réciproques et de renoncements." (n° 220)
C'est toute cette Lettre du pape François que je vous invite à lire et à méditer, à la lumière de l'hymne à l'amour de la 1° Lettre aux Corinthiens !

jeudi 15 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.067 : "Est-ce que tu es content de ton caté ?"

C'est en ce moment l'heure des bilans, avec le mois de juin, dans les groupes de caté.  Sur la paroisse, dans les groupes de caté, les enfants ont été invités à s'exprimer par écrit sur les deux points suivants :
-  es-tu content de ton année de caté ?
-  qu'as-tu aimé, ou moins aimé ?
Voici quelques réponses, émanant d'un seul petit groupe de quelques enfants.

1  -  Es-tu content de ton année de caté ?

-  oui, parce que j'ai compris pourquoi j'ai donné mon coeur à Jésus.  Pour moi, Jésus, c'est un frère. Il m'attendra toujours, et moi aussi, en ce moment, je l'attends.  Je crois en toi !
-  oui, très très content.  Chère catéchiste, cette année de caté avec toi était géniale ; je ne t'oublierai jamais !
-  chère catéchiste, merci de ta gentillesse, de tout ce que tu nous as donné ; et pour ton temps libre que tu nous accordes.  Avec toi, je me sens bien.
-  merci, merci pour cette super année.  J'ai adoré.  Merci, merci, du fond du coeur.
Les autres réponses répètent la même chose ; ainsi que le résume l'un de ces enfants : "C'était trop bien !"

2  -  Qu'as-tu aimé, ou moins aimé ?

-  j'ai aimé tout ce qu'on a fait.
-  j'ai aimé connaître la vie de Jésus.  Je n'ai rien détesté.
-  j'ai préféré la prière, les chants et la sainteté de Dieu.
-  j'ai aimé prier ; et aussi, Jésus sauveur, Dieu aime avec tendresse, Dieu appelle.
-  j'ai aimé le livret sur Jésus sauveur.
-  la messe des familles.
Aucune réponse par rapport à des choses qui n'auraient pas été appréciées.

Lorsque, il y a deux jours, les catéchistes de la paroisse se sont retrouvés, le partage de cette riche année s'est prolongé par un long temps d'action de grâce, devant des réflexions telles que celles-ci :
-  avant, je ne croyais pas que Jésus est ressuscité ; maintenant, j'y crois.
-  grâce à toi (la catéchiste), j'ai changé.
-  c'est grâce à vous si j'ai fait ma profession de foi.
-  ma meilleure journée, pour moi, c'est le mardi, à cause du caté.
-  grâce au caté, plus personne ne se moque de L...

Certains enfants sont assez mûrs pour exprimer des choses fortes. Ainsi, un garçon en CE2, E..., a dit : "une nuit où je ne dormais pas, j'ai pensé que Dieu était toujours avec nous ; mais alors, quand on meurt,
pourquoi il ne serait pas avec nous ?"
Les enfants suivis par l'une des catéchistes sont ressortis enchantés d'une messe des familles, alors que certains n'étaient jamais entrés dans une église !
Nombre de ces enfants en effet n'entendent parler de Dieu nulle part ailleurs...
Chers catéchistes, merci !

lundi 12 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.066 : "Pauvres" paroissiens !

Chaque année, vers les mois d'avril-mai, l'on entend  circuler à travers le diocèse toutes sortes de murmures ou rumeurs, à propos d'éventuels changements de curés ou coopérateurs ici ou là, au bout de 3 ou 6 ans : "Oh, chez nous, on sent que ça se rapproche ! Qu'est-ce qui va nous arriver ? Pourvu que ce ne soit pas un col romain..."  "Il ne faudrait pas que ce soit un tel : il ne travaille pas avec les laïcs et fait tout tout seul !"  "L'autre, si c'est lui, on va souffrir !  Ca ne se passe pas très bien là où il est !"  "Celui qui va venir, comment seront ses messes ?  Est-il ouvert ?  A-t-il de l'expérience ?"  "Moi, ce que j'aimerais, c'est un prêtre qui s'occupe des jeunes, et qui sache écouter." "Si c'est celui auquel je pense, il va vouloir tout changer ; chaque fois qu'il arrive quelque part, on dirait que ce qui se faisait avant, ça n'a aucune valeur."  "Je connais des prêtres qui veulent tout reprendre en main de ce que faisaient les laïcs : plus besoin d'équipes liturgiques, ni de conseil de paroisse, les diacres ne prêchent plus, les laïcs ne conduisent plus les sépultures, d'ailleurs qui sont à présent souvent célébrées avec la messe..."  Etc.
Je vous promets que j'ai entendu ici ou là toutes ces réflexions, à diverses occasions de déplacements à travers le diocèse. Ca me rappelle ce que l'on m'avait demandé lors de mon arrivée à Mortagne, si je jouais aux cartes !  Mais cela s'apparentait plus à quelque chose de sympathique et de convivial ! 
Quant à nous, sur Mortagne-St Laurent, nous n'avons plus ce genre d'anxiété depuis que nous savons que c'est l'abbé Jean Borderon qui arrive, un prêtre "conciliaire" !
Ce que je veux souligner à travers ces réflexions, c'est cet état d'esprit plein d'appréhension que l'on rencontre à présent en permanence, à tort ou à raison d'ailleurs. D'où le titre, sans doute trop négatif, de ce billet ; mais il est question de quelque chose de bien réel, pourtant.
Car les prêtres passent, mais les paroissiens restent ; et, tous les 3, 5 ou 7 ans, il leur faut se réaccoutumer à une figure nouvelle, souvent fort différente de celle qui l'a précédée. Et je te change ceci, et je te renouvelle cela !  Adieu parfois à des priorités qui avaient fait leurs preuves ; oubliées des décisions qui avaient pourtant été mûrement réfléchies en conseil de paroisse ou dans d'autres instances. Mais qu'y faire ?  "Le curé, c'est le chef !" comme on l'entend dire parfois.
Et maintenant qu'on a dit ça, qu'est-ce qu'on fait ?  Certains paroissiens font parfois de la déprime : "Si c'est comme ça, j'arrête tout !"  Mais est-ce la solution ?  Souvent, quand j'entends de telles réflexions, ou lorsque des personnes expriment leur déception vis-à-vis de "l'Eglise" ou du diocèse, je me remémore tel ou tel des innombrables passages du Premier Testament qui montrent Dieu véritablement aux prises avec les chefs du Peuple élu, trop souvent à côté de la plaque ; et de voir Dieu dans la panade, cela me remonte le moral !  Et je me redis : "Mais enfin, malgré toutes ces insuffisances, du Peuple de Dieu a quand même surgi un Sauveur !  Et je ne parle pas des amis de Yavhé qui lui sont restés fidèles jusqu'au bout, à l'exemple des Prophètes, de Marie ; et je ne cite que les plus grands...
Remettons l'avenir de nos paroisses et du diocèse entre les mains du bon Berger ; prions l'Esprit-Saint pour nos pasteurs et pour les membres de notre Eglise ; laissons Dieu nous façonner de l'intérieur, pour que nulle embûche ne nous arrête !
Notre Eglise, "les portes de l'enfer ne pourront rien contre elle !" (Matthieu 16/18)  D'ailleurs, comme aimait le répéter un de nos savoureux profs de grand Séminaire, que l'on surnommait "mon bon monsieur" : "Si l'Eglise n'était pas divine, il y a longtemps que les curés l'auraient tuée." Mais justement, aucun curé n'y est arrivé ! Et si, comme il le disait également, "La barque de Pierre est conduite à coups de gaffes", cela ne l'a pas empêchée d'être malgré tout vivante et aimante par tout l'univers !
Non, les paroissiens ne sont pas "pauvres" !  Il sont riches de leur espérance, puisée à la source de l'Esprit !

vendredi 9 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.065 : Lancement d'un groupe de dialogue interreligieux à Mortagne

Hier jeudi, suite à nos rencontres sur la paroisse avec des musulmans, un pasteur protestant et un moine bouddhiste, une quinzaine de personnes se sont retrouvées pour jeter les bases d'un groupe de réflexion et de dialogue avec des membres d'autres religions.
On peut situer cela en fidélité à cette apostrophe célèbre de Sr Emmanuelle, que j'ai déjà citée sur ce blog à diverses reprises : "Celui qui reste cloué sur sa religion et sur sa culture est un imbécile !"

Tout d'abord, chacun a fait part de ses motivations par rapport à un tel souhait.  en voici quelques-unes :
-  de la part de deux jeunes mamans-catéchistes : "Les enfants posent beaucoup de questions sur les autres religions ; par exemple : "Jésus était juif et nous on est chrétiens, pourquoi ?" Cette question des autres religions intéresse les enfants ; et il faut qu'on les aide à s'accepter entre religions différentes. Pour cela, on a besoin d'une formation !"
-  "C'est important de savoir qui sont les autres."
-  "Je me sens ignorante vis-à-vis des autres religions. Or, dans notre société, on sent bien que les préjugés sont les enfants de l'ignorance !"
-  "J'ai besoin d'ouverture, de connaissance.  Je crois que partout, il y a du beau, du bon. Un de mes fils a épousé une musulmane ; il faut apprendre à découvrir les richesses des autres."
-  "J'ai des petits enfants Ethiopiens. Il est bon de chercher à s'informer ."
-  "Les catholiques n'ont pas toute la vérité ! Les enseignements de Lao-Tseu, de Mahomet, d'autres encore et même de Platon nous apportent une richesse."

Dans un deuxième temps, nous nous sommes donnés une série de moyens à creuser ou développer ; les voici, en vrac :
-  contacter les musulmans de Mortagne.
-  les inviter à venir expliquer leur religion au sein de notre groupe.
-  leur faire passer le message adressé par le Vatican à tous les musulmans, à l'occasion du Ramadan ; ou sinon, un message de soutien de la part de la communauté chrétienne de la paroisse.
-  pour une autre année, on verra si l'on peut faire plus à l'occasion du Ramadan ; par exemple, lors de la rupture du jeûne en finale de ce mois.
-  contacter l'imam de Cholet, en vue d'organiser une visite de la mosquée de Cholet avec notre groupe.
-  faire suivre à tous, dès qu'ils seront connus, les renseignements sur la journée annuelle de formation sur l'islam organisée à la Roche-sur-Yon, et dont la date est fixée au dimanche 4 février 2018.
-  le 2 juillet, contacter les Juifs des Sables d'Olonne qui viendront à Mortagne, pour envisager de les rencontrer.
-  visiter, à Monsireigne, le musée protestant de Bois-Tiffrais, qui retrace l'histoire du protestantisme en Vendée.
-  donner des titres de petits ouvrages simples sur les autres religions.

Date de la prochaine rencontre de ce groupe, auquel tous ceux qui le désirent pourront se joindre (date qui sera publiée sur le bulletin) : le lundi 11 septembre, de 18h à 19h30, salles paroissiales de Mortagne.

Et puisque nous sommes à la veille de la grande fête de la Trinité, il n'est peut-être pas inutile de rappeler, comme l'explique Mgr Fitzgerald, que "la Trinité, c'est un modèle d'unité qui inclut la différence, par distinction des Personnes divines, mais qui est en même temps communion entre ces mêmes personnes.  Par conséquent, l'unité du genre humain ne se fera pas par la réduction des différences ou par une unification monoculturelle, mais en maintenant ces différences dans une tension créatrice. Cette unité est devant nous, dans la participation à la vie divine, à savoir ce destin commun que Dieu a préparé pour toute l'humanité. Mais cette unité se réalise déjà dans la Personne de Jésus-Christ, le Verbe de Dieu incarné."

mercredi 7 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.064 : Quelques dates de l'histoire de la paroisse Montfort-sur-Sèvre

A l'occasion du 700° anniversaire de notre diocèse, fêté magnifiquement dimanche dernier au Vendéspace, voici quelques dates, parmi bien d'autres, retenues pas nos historiens locaux, qui ont marqué la vie des communautés chrétiennes sur Mortagne et St Laurent s/ Sèvre.

-  vers le milieu du IV° siècle, début de la christianisation.

depuis les années 900 environ, présence de moines bénédictins au prieuré St Pierre de Mortagne.

-  vers 1070, construction d'une église romane à St Laurent, dotée d'une relique de St Laurent, ainsi que d'un prieuré, avec plusieurs moines, pour accueillir les pèlerins.

-  au XII° s., construction de l'église actuelle de Mortagne.

-  en 1583, la ville de Mortagne est prise par les Huguenots, avec Agrippa d'Aubigné ;  l'église, le prieuré et la cure sont incendiés.

-  il est signalé, vers 1700, que depuis des siècles, Mortagne disposait d'une "Aumônerie" (aumônes !) où les indigents pouvait être hébergés et soignés, et dont le financement était assuré par le seigneur local et les Mortagnais.

-  avril 1716 : mission du P. de Montfort à St Laurent, où il décède ; son tombeau se trouve à la basilique.

-  lors de la Révolution, refus des prêtres locaux de prêter serment. Un curé constitutionnel est chassé par les Mortagnais en 1792. 8 prêtres clandestins passent desservir la paroisse entre 1793 et 1802.

-  1794 : l'église et la cure de Mortagne sont incendiées lors des combats.

-  1834 : le conseil municipal de Mortagne décide d'allouer une somme de 300 f  aux indigents.

-  1885 : début de ce qui va devenir, avec les Frères, le pensionnat St Gabriel.

-  3-6 juin 1888, fête à St Laurent de la béatification du P. de Montfort, et en septembre, début de la construction de l'actuelle basilique.

-  12-14 septembre 1947, fête à St Laurent de la canonisation du P. de Montfort.

-  17-18 novembre 1947, puis 17 juillet 1950, visite à St Laurent de Mgr Roncalli, nonce apostolique, futur pape Jean XXIII.

-  23 avril 1950, grand rassemblement à St Laurent en faveur de l'Enseignement catholique : Mgr Cazaux prône la grève de l'impôt.

-  24-25 août 1963, consécration de l'église de St Laurent, élevée au rang de basilique mineure.

-  23 mai 1993, fête à St Laurent de la béatification de Sr Marie-Louise Trichet.

-  19 septembre 1996, pèlerinage à St Laurent du pape Jean-Paul II.

-  28 avril 2016, fête du tricentenaire de la mort du P. de Montfort.

Quel dommage de ne pouvoir citer tous les moments forts de la riche histoire de la paroisse Montfort-sur-Sèvre, la bien nommée !
Mais de quoi pouvoir déjà largement rendre grâce pour la foi vivante de tous ceux qui nous ont précédés et nous ont transmis le message de l'Evangile.
A nous à présent de continuer et d'enrichir cette belle histoire !

lundi 5 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.063 : Un moine bouddhiste à Mortagne

Récemment, en lien avec la municipalité, la paroisse a invité un moine bouddhiste à venir donner son témoignage à Mortagne.  A plusieurs reprises déjà, en lien avec M. le Maire, et pour faire face aux crispations que l'on ressent au sein de notre société, il nous a paru important de réagir et de proposer à nos concitoyens, comme aux paroissiens, de faire un travail de découverte par rapport aux autres religions. D'ailleurs, nous avons déjà pu dialoguer avec des musulmans, puis un pasteur protestant. Chaque fois, la réponse a été très forte : 130 personnes à propos de l'islam, 60 avec le pasteur et une centaine pour le bouddhisme : des personnes bien loin d'être toutes liées à l'Eglise catholique !  Comme quoi, ce type d'initiative répond bien à un vrai besoin !  Il est vrai que, chaque fois, "Ouest-France", très motivé, a fait une pub forte pour annoncer ce type de rencontre.
Nous avons donc eu la joie d'accueillir Thrinlé. Un moine bouddhiste en plein Nord-Vendée : une grande première, et qui, de l'avis de tous, fut très réussie ! Thrinlé et moi, nous nous connaissons depuis plus de quinze ans ; nous sommes déjà intervenus ensemble à plusieurs reprises, dont en juin 2016, lors d'un congrès aux Sables d'Olonne, devant 250 personnes.
Impossible de résumer ici, dans un cadre aussi limité, la richesse de son enseignement. Je dirai seulement que Thrinlé - dont le nom signifie "l'actif", ou "l'éveillé" - a su nous présenter l'essentiel de l'enseignement du Bouddha, dont l'objectif fut de donner à ses disciples un chemin leur permettant de ne pas se laisser dominer par la souffrance, la mort ou les mauvais sentiments. Cette voie les invite, à travers le "véhicule" de l'amour et de la compassion, à se libérer de tout ce qui les conditionne ; ceci afin d'atteindre "l'éveil", à travers des moyens tels que la méditation, des rites particuliers, des postures également.
Inutile de dire que les questions n'ont pas manqué ?  Pour le bouddhisme, qu'y a-t-il après la mort ?  Qu'est-ce que le nirvana ?  Que faut-il penser de la réincarnation ? Peut-on être à la fois bouddhiste et chrétien ? De quoi vivent les moines ?  Pour vous, quelle est l'origine de la vie ?  Comment le monde existe-t-il ?  Y a-t-il un Dieu pour les bouddhistes ?  Le bouddhisme est-il une religion ?
Un exemple de réponse apportée, par rapport à cette dernière question : "Je ne pense pas que l'on puisse être bouddhiste et chrétien en même temps.  En effet, être bouddhiste, c'est "prendre refuge" dans le Bouddha, se nourrir pleinement et prioritairement de son enseignement, et enfin, faire partie de la Sangha (la communauté spirituelle bouddhiste). Or, si on "prend refuge" dans le Bouddha, on ne peut pas prendre refuge dans un Dieu créateur ; il faut choisir." Que des réponses très éclairantes dans ce style, pour la satisfaction de tous !

Pour ceux qui voudraient en savoir davantage, je vous invite à taper sur google : "Thrinlé et Olivier Gaignet", et vous tomberez sur une vidéo que vous pourrez consulter.

Je vous renvoie également à l'excellent article d'une paroissienne, Marie-Luce, paru dans "L'Echo de l'Ouest" du 26 mai, en lien avec Etienne Sengegera. 

dimanche 4 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.062 : Les signes de l'Esprit

A l'occasion de cette fête de la Pentecôte, il est bon, au coeur de ce monde difficile, de prendre le temps de découvrir comment, de façon humble, peu évidente souvent, mais certaine, l'Esprit-Saint est véritablement à l'action au milieu de nous.
Je me permets de vous proposer certains de ces signes, à propos desquels j'ai essayé de rendre grâce au cours de cette fête de la Pentecôte. Mais il s'agit là de mon ressenti personnel seulement... Le mieux sera donc, pour que vous puissiez faire une action de grâce qui vous convienne, que vous fassiez vous-mêmes la même recherche, si vous le jugez bon !
-  j'entends à la télévision un témoin de l'attentat qui vient d'avoir lieu au coeur de Londres ce samedi soir, nous expliquer qu'une femme a bloqué, de toutes ses forces, la porte d'un bar, pour empêcher les assaillants d'entrer, permettant ainsi à une vingtaine de clients de s'échapper par une autre porte. Mais elle n'a pu les retenir totalement, et a été blessée d'un coup de couteau. Son courage a ému les Britanniques et le monde entier !  En elle, j'ai lu l'action de l'Esprit de courage et de force, à l'action contre les forces de destruction du monde.
-  samedi matin, à la fin d'un mariage en l'église de Mortagne, tandis que l'on chantait "Main, main, main dans la main", voici que tout à coup, sans que ni l'animatrice ni moi n'aient fait le moindre signe, d'eux-mêmes, les participants se sont donné la main, à travers l'allée centrale et, presque sous la forme d'une danse, comme un genre de farandole ou de ola,  de façon rythmée, mais très digne, ont accompagné ce chant de façon très belle, communiant ainsi à la joie des époux, d'ailleurs pratiquants réguliers de cette église. Quelle belle image de communion dans l'Esprit !
-  rassemblement de nombreux diocésains ce dimanche, au Vendéspace, pour fêter le 700° anniversaire de notre diocèse. Depuis des siècles, chez nous, l'Esprit-Saint est à l'action ; sinon, cette fête n'aurait pas eu lieu, et je ne n'écrirais pas ce blog en son honneur aujourd'hui, car rien ne se serait passé !
-  suite au refus de Donald Trump de permettre aux USA de soutenir l'accord de Paris, d'innombrables hommes et femmes, politiques, artistes, entrepreneurs, citoyens lambdas, se sont levés pour assurer que, à leur niveau, ils vont tout faire pour que les Etats-Unis restent présents et actifs dans le combat pour le respect de l'homme et de l'environnement. Comme nous l'avons chanté lors de la fête de la Pentecôte : "O Seigneur, envoie ton Esprit, qui renouvelle la face de la terre." (psaume 103)
-  comme je le disais dans mon précédent billet, lors des célébrations autour des enfants ces dernières semaines, tous ont été marqués par la présence de très nombreux jeunes couples, des parents qu'on ne voit que rarement à l'église. Or, un certain nombre ont participé aux préparations de ces cérémonies ; ils ont accompagné leurs enfants dans la découverte de Dieu, de la foi et de l'Eglise. Eux-mêmes ont cheminé à cette occasion et ont su le dire. Oh, il est vrai, par la suite, ils ne seront peut-être pas présents à la messe tous les matins ; mais ne jouons pas les grincheux et ne gâchons pas notre bonheur : en eux, l'Esprit-Saint, au-delà du visible, est présent et agissant ! Il nous faut avoir l'humilité de faire cet acte de foi.
A vous à présent, si vous ne l'avez déjà fait, de faire votre repérage personnel des innombrables signes, autour de nous, de l'action vivifiante de l'Esprit-Saint !

samedi 3 juin 2017

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.061 : Les enfants nous tirent vers le Haut

Il est de coutume de penser que ce sont les adultes qui "élèvent" les enfants.  En un sens, c'est vrai, et on peut prétendre le contraire. Mais il ne faudrait pas que cela nous empêche de repérer ce que eux-mêmes nous apportent, et en quoi ils nous font bouger et nous aident nous-mêmes à "grandir" !
Si je repars simplement de ce qui s'est vécu lors de diverses cérémonies récentes sur la paroisse, au coeur desquelles les enfants ont tenu une place essentielle  -  deux 1° Communions, messes des familles, Profession de Foi...  - cela crève les yeux !
Ainsi, chaque fois, l'assistance dans les églises n'avait rien à voir avec nos assemblées dominicales ordinaires, composées en bonne partie de cheveux blancs, si sympathiques et courageux soient-ils.  Lors de ces dimanches de fête, par contre : nombreuses jeunes familles, visages joyeux, présence de véritables grappes de jeunes et d'enfants en rangs serrés, sourires pleins du bonheur d'accompagner le petit frère ou la grande soeur pour un événement offrant aux familles une belle occasion de se retrouver...
Que s'est-il passé alors, si ce n'est que ce sont les enfants à l'honneur ces jours-là qui ont fait que parents, grands frères, parrains-marraines, tontons et autres peu habitués de nos célébrations, tous se sont retrouvés sur les bancs de nos églises, par la grâce de ces enfants. Ils les ont comme tirés vers le Haut !
Et alors, en toutes ces personnes invitées, au plus profond d'elles-mêmes, peut-être, quelque chose a pu changer. Comme cela s'est dit à plusieurs reprises : "la messe était belle", "ça nous a réconciliés avec l'Eglise", "on avait avec nous des amis non croyants, ils ont dit que c'était bien", "même les non croyants ont senti que dans ce qui était exprimé, on les respectait", "quelle belle image ces messes ont donnée !" etc...
Cerise sur le gâteau, au cours des célébrations, la parole a été donnée aux enfants avec, cette année, une nouveauté : ce n'était plus, comme d'autres fois, des interventions un peu figées, préparées par écrit et lues par les enfants ; cette fois-ci, et j'ai commencé chaque fois par prévenir l'assistance, en lui disant que l'on travaillait sans filet, nous nous sommes lancés à donner publiquement la parole aux enfants.  Miracle, les réponses, fraîches, spontanées, directes, ont fortement impressionné chacun. Ce que beaucoup d'adultes n'auraient pu faire, par exemple, répondre à brûle-pourpoint à une question du curé demandant où était Jésus, qui venait de disparaître à la fin du repas avec les disciples d'Emmaüs, ces enfants ont osé le faire ! Lors de chaque questionnement, un certain nombre de doigts se levaient, et les réponses étaient étonnantes. Par exemple : "Jésus, on ne peut plus le voir ; mais on peut lui parler, et il nous entend. "  Ou encore : "Si on reçoit l'hostie, c'est Jésus qui vient en nous ; il nous donne sa force et sa vie." Il aurait fallu pouvoir noter toutes ces magnifiques réflexions !
En cette veille de la Pentecôte, il paraît évident que déjà, l'Esprit-Saint est très présent et agissant en chacun de ces enfants. Et si c'était eux qui, parfois, nous montraient le chemin ?
Vous connaissez ce fameux poème de Khalil Gibran, tiré du recueil intitulé "Le Prophète", et dont voici un extrait : "Vos enfants sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même. Ils ont leurs propres pensées. Leurs âmes résident dans la demeure du lendemain. Vous êtes les arcs grâce auxquels vos enfants, tels des flèches vivantes, sont projetés...sur le sentier de l'infini."