Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

samedi 29 octobre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.005 : Souvenirs d'enfance : les enterrements

A ma grande surprise, le billet n° 2.003, publié ce jeudi 27 et relatant quelques souvenirs d'avant les ouvertures de Vatican II, a crevé tous les plafonds de lecture, si j'en crois les courbes, statistiques et paramètres divers auxquels j'ai accès sur mon compte blogger. Je vais donc faire part, dans ce billet et d'autres qui vont suivre, de quelques autres événements qui ont marqué mon enfance, concernant la religion.
Je n'ai pas eu de remarques à ce sujet, mais je voudrais cependant faire une mise au clair. Je ne livre pas ces souvenirs, qui peuvent sembler négatifs, pour démolir l'Eglise ! Je l'admire au contraire d'avoir su, depuis le Concile Vatican II, trop peu connu de nos jours, revenir à l'Evangile. Mon but est plutôt d'apporter un témoignage, parmi d'autres, pour que l'on comprenne mieux d'où l'on vient, et à quoi a su échapper notre Eglise d'aujourd'hui.  Cette fois-ci, à propos des enterrements, dans ce que j'ai pu en connaître entre les années 1950 et 1953, date de mon entrée au séminaire de Chavagnes-en-Paillers, et du commencement d'une autre histoire !
A partir de 1949-1950 donc, étant enfant de choeur, j'ai souvent participé à des sépultures dans l'église de mon village, au Gué de Velluire. Personne ne nous en parlait, mais nous avions bien repéré, avec les autres servants, que les sépultures ne se ressemblaient pas. Pour les unes, l'on installait sur les piliers de l'église de grandes tentures noires, et pas pour d'autres ; certaines sépultures étaient chantées, d'autres pas. C'est ce que l'on appelait les classes !  Nous, on n'y comprenait rien, mais ça nous semblait quand même bizarre. En fait, un jour, quelqu'un (je ne sais plus qui) m'a expliqué qu'il y avait trois classes d'enterrement, suivant le montant du denier du culte. Là, j'avoue que ça m'avait choqué !
Et donc, pour ceux qui avaient les moyens, l'on chantait ; par exemple, "Dies Irae", et tout le monde trouvait cela très beau. Mais que pensaient ceux qui avaient un missel quand ils lisaient sur leur page, dans la colonne de droite, la traduction en français de ce cantique, dont voici un extrait : "Jour de colère que ce jour-là, quelle terreur nous saisira, lorsque le Juge apparaîtra pour tout juger avec rigueur" ?  Après cela, et bien d'autres aspects semblables dans la religion d'alors, comment s'étonner de ce que tant de gens, aujourd'hui encore, aient dans la tête l'image d'un Dieu juge et méchant ?
En tout cas, à mon souvenir, pas un mot à propos de la vie du défunt, que ce soit à l'entrée ou pendant la cérémonie. Les lectures étaient en latin, et je n'ai jamais su ce que ça voulait dire ; dans les sermons, le curé disait toujours la même chose et les chants étaient en latin ; tout cela, je m'en souviens très bien. Avec ça...!!!  Où cela pouvait-il conduire les gens ?  Et nous, les enfants de choeur, de plus, on voyait bien que lorsque c'était une 3° classe, ça ne traînait pas, et l'on était vite de retour à l'école !  Ah, l'on ne s'en faisait pas, à l'époque !
Aux enterrements, parmi les proches du défunt, les hommes avaient un brassard noir, et les femmes un grand voile noir qui leur cachait le visage ; cela me paraissait étrange, et je n'osais pas regarder !  Et tout le monde restait habillé en noir un très long temps ; on avait le sentiment profond que la mort, c'était bien la fin !!!
A 65 ans environ de distance, mes souvenirs d'enfant : tristesse, noirceur, peur, jugement, résignation....
Dieu merci, même si la mort est aussi douloureuse à vivre de nos jours, les sépultures sont préparées et vécues bien autrement aujourd'hui. Rappelons-nous aussi ce mot de l'Abbé Pierre, l'un des grands fils de Vatican II : "La mort, c'est la rencontre prodigieuse, éblouissante, de l'Infini, de l'Eternel, de l'Amour."

vendredi 28 octobre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.004 : Café-Théo sur l'avenir du Christianisme

Bien annoncé par un article de "Ouest-France" daté de mardi dernier, notre Café-Théo du mercredi 26 octobre a été fort apprécié. Cette 4° édition, contrairement aux 3 précédentes (sur les réfugiés, l'environnement, le mur de la honte en Israël-Palestine), ne portait pas sur un sujet de société, mais invitait à une réflexion de fond quant à la situation de l'Eglise catholique dans notre pays.  Voici quelques réflexions perçues après cette belle soirée  :
-  Jean (j'ai changé les prénoms) : "J'étais un peu déçu de l'Eglise, mais ce Café-Théo m'a remonté le moral !"  Il est vrai que les échanges, vraiment profonds, ont mis en valeur un nouveau visage d'Eglise, ouverte, proche des gens, pleine de compassion !  Sans se focaliser tellement sur les problèmes de retour en arrière au sein de l'institution.
-  Martine : "Ne soyons pas inquiets si tout le monde n'est pas dans les églises : si les valeurs de l'Evangile ont pénétré notre société en profondeur, est-ce que ce n'est pas déjà le signe de la vitalité du Royaume de Dieu au milieu de nous ?"  L'on parlait par exemple des 20 millions de Français qui font du bénévolat, des dons importants aux associations humanitaires, des multiples gestes d'entraide en tous milieux, etc...
-  Louis  :  "Ce qui pollue beaucoup les choses, ce sont toutes les questions de statistiques, où l'on souligne qu'il y a moins de pratiquants. Mais ces chiffres ne veulent rien dire ! Pratiquants de quoi ?  Ce qu'il faudrait plutôt voir, c'est le nombre immense des hommes et des femmes qui, pratiquants ou non, sont en recherche de sens et se mettent au service des autres, dans l'esprit de l'Evangile."
-  Jocelyne : "Quelle chance de pouvoir parler publiquement de notre foi ; cela complète largement nos rassemblements à l'église, où il n'est pas  aisément possible de s'exprimer..."
-  Michèle : "Dans un café, c'est plus convivial ; et c'est intéressant, pour ceux qui ne font pas partie d'un mouvement, de pouvoir ainsi se retrouver et échanger."
-  Jacques : "Dans mon accompagnement des fiancés se préparant au mariage, et qui en général ne fréquentent pas les églises, je suis frappé de voir combien ils recherchent un sens à leur vie."  Il est souvent revenu, durant la rencontre, le fait que la religion permet de répondre à la quête de sens qui anime les personnes.
- Jérôme  :  "Quand on prépare une sépulture, c'est ce que les gens attendent, pouvoir donner un sens à ce qui arrive alors."
-  Pierre : "Moi, je suis infirmier, et tout à fait d'accord avec cela.  D'autre part, j'ai quitté l'Eglise depuis longtemps, mais je reste très intéressé par cette question de donner un sens à tout ce que nous vivons."
-  deux jeunes femmes : "Nous avons abandonné l'Eglise un certain temps ; mais à présent, nous redécouvrons la richesse de l'Evangile ; et on se sent plus à l'aise avec le visage actuel du christianisme."
-  Anna :  "Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi certains jeunes couples d'aujourd'hui veulent retrouver les rites et les façons de faire du passé ; cela me semble inexplicable".
-  Marc  :  "C'est peut-être qu'ils recherchent une sécurité ?"
-  Viviane : "Autrefois, la foi se transmettait de génération en génération, machinalement ; il y avait de la routine, des traditions... Mais aujourd'hui, il y a plus de conviction, de recherche du sens de la vie. L'Eglise met davantage l'accent sur notre manière de vivre l'Evangile en société : aller vers les petits, les sans voix, les opprimés, les malades, les mal aimés, les réfugiés... C'est plus contraignant, plus engageant que de se contenter d'une simple pratique cultuelle. En cela, le christianisme a évolué, et nous fait prendre conscience que c'est chaque jour que notre mission de baptisés doit se vivre, avec sa famille d'abord, mais aussi, les voisins, tous les gens rencontrés..."
-  Paul  :  "Le christianisme n'est intéressant que s'il est au service de l'homme, interreligieux, ouvert, humble ; l'Evangile, c'est une école d'humanité !"
-  François : "Quand nous voyons des athées nous donner des leçons de charité, nous devons savoir reconnaître que le Royaume de Dieu est là !"
Je m'arrête !  Et pourtant, tant d'autres choses merveilleuses ont été exprimées, pendant et après la rencontre...Mais vous trouverez un compte-rendu de ce Café-Théo dans le journal "L'Echo de l'Ouest" à paraître le vendredi 4 novembre.
Un immense merci à tous les participants !

jeudi 27 octobre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.003 : Souvenirs d'enfance, avant Vatican II

Je marche vers mes 75 ans !  Rien de glorieux en cela, sauf que cette relative ancienneté m'a permis de connaître un certain nombre de situations dont la réalité échappe totalement à ceux qui ont vu le jour dans les années 65-70, après le Concile Vatican II !  Voici, en vrac, quelques flashes qui m'ont marqué de façon indélébile.
- je repense encore à cette personne de mon village qui s'était suicidée, et de l'explication que l'on donnait, à voix basse, pour faire comprendre qu'il n'était pas possible qu'il soit enterré à l'église. Sans bien comprendre le raisonnement, je me souviens m'être trouvé plutôt surpris d'une telle décision, mais sans pouvoir alors en penser plus long !  Heureusement, le nouveau Code de droit canonique, rédigé dans l'esprit de Vatican II, mais paru seulement en 1983, ne considère plus les suicidés comme des "pécheurs manifestes" ! Il a fallu quand même attendre bien longtemps, à propos d'un point pourtant évident, si on lit bien l'Evangile  !!!
-  je me revois aussi accompagnant maman à ce que l'on appelait la cérémonie des relevailles. Je me demande d'ailleurs toujours pourquoi elle m'avait emmené à l'église pour ce rituel ! J'étais impressionné, nous étions seuls dans l'église. Alors, le curé de la paroisse est apparu, en soutane et surplis. Maman s'était agenouillée à la Sainte Table, pleine de retenue, la tête humblement baissée, et je revois le prêtre faisant devant elle des prières en termes étranges, dont j'ai su plus tard que c'était du latin ; et la seule chose, en outre, dont je me souvienne, c'est qu'il a pris de l'eau, qu'il lui a versée sur la tête. Je ne comprenais rien ! J'ai su plus tard que c'était de l'eau bénite, pour purifier maman de son impureté, vu ce qu'elle avait dû faire pour avoir un enfant. Papa, par contre, n'avait pas été convoqué !  Rituel supprimé par le Concile Vatican II.
-  tout petit, né à Fontenay-le-Comte, un autre fait qui m'a marqué, c'est, tandis que nous passions à pied devant ce que j'entrevoyais comme une espèce de maison ressemblant à une église, en plus petit, j'exprimai le désir d'aller voir ce bâtiment de plus près ; et l'on me répondit : "Non, ne regarde pas ; c'est des Protestants ; on ne doit pas y aller !"  Qu'est-ce que c'était, des Protestants ?  Je n'en ai pas su davantage alors. Mais, près de 60 ans plus tard, la 1° fois que je pris la parole dans ce Temple Protestant, en tant que curé de Fontenay-le-Comte, à l'invitation fraternelle du Pasteur, je ne pus m'empêcher d'évoquer ce souvenir, et de souligner le chemin parcouru !
- tout jeune, et ensuite pendant des années, j'ai cru comprendre que ne pas aller à la messe, c'était un péché mortel ; ainsi que manger de la viande le vendredi et autres péchés graves, comme avoir un enfant avant le mariage (quelle honte !), mais on mélangeait un peu tout !  Par contre, je me souviens très bien de cette question de mon petit catéchisme : "Quels sont ceux qui vont en enfer ?" "Ceux qui vont en enfer sont ceux qui meurent en état de péché mortel." A l'école, il y avait au mur un grand tableau montrant les damnés se tordant de douleur dans les flammes de l'enfer, tandis que des petits diables, (cela, par contre, nous faisait rire) leur piquaient les fesses avec de grandes fourches pointues. Avec, en haut du tableau, un Dieu juge au visage sombre et méchant, qui vous pesait dans sa balance et pouvait vous balancer sans scrupule dans cet abominable enfer !  Avec ça, on vous tenait toute une population, avons-nous compris ensuite...
Et je pourrais allonger la liste largement ! Ce qui fait que, lorsque j'entends des personnes de 30 à 50 ans regretter l'époque "bénie" où la France soit-disant vivait à fond de ses racines chrétiennes, je ne puis m'empêcher de sourire devant tant de naïveté et d'ignorance de notre histoire profonde.
Je repensais à tout cela, ce matin, en lisant dans le Bréviaire l'extrait d'une homélie de St Athanase proposé pour ce jeudi : "L'Ecclésiaste blâme ainsi les présomptueux : "Ne dis pas : Comment se fait-il que le passé soit meilleur que le présent ?  Ce n'est pas une question inspirée par la sagesse."
Heureusement est arrivé le Concile Vatican II !  Ah, il faut le reconnaître, comme l'on n'a plus dit et répété alors que, manquer la messe, c'était un péché mortel, mais que et que..., les églises se sont vidées, et l'on est passé d'une religion d'obligations à un christianisme de conviction. Mais tout le monde y a gagné en vérité ! Merci Vatican II !  Merci surtout à l'Evangile !

dimanche 16 octobre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.002 : On n'est pas près d'enterrer l'Evangile !

Je suis navré d'avoir moins de temps ces jours-ci pour rédiger des billets, vu la masse des obligations auxquelles je dois répondre, "comme un jeune", à l'aube pourtant de mon entrée dans l'année de mes 75 ans...  En tout cas, cela me gêne d'imaginer que beaucoup se cassent le nez en venant sur ce blog et en découvrant seulement des billets déjà parcourus !
Ce matin, à la sortie de la messe, plusieurs paroissiens m'ont dit : "On espère que vous mettrez votre homélie sur le blog..."  Je m'exécute donc, mais en résumant ce que j'ai dit.
C'était en réponse à la question de Jésus qui clôturait l'évangile de ce dimanche : "Le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?" (Luc 18/8)
Question cruciale que beaucoup se posent, étant donné que leurs enfants ne sont pas à leurs côtés aux eucharisties, ni un certain nombre de leurs voisins ou amis...
En même temps, l'Eglise est toujours là ! L'église de Mortagne était pleine ce matin ; et les chants dynamiques, l'atmosphère festive. A la sortie de la messe, nombre de paroissiens ont poursuivi longuement leurs échanges aux trois portes extérieures de l'église.
Impossible donc de prétendre que l'Eglise est en train de mourir chez nous !  J'ai aussi fait savoir que 265 enfants participaient au caté, dans le primaire, sur la paroisse ; j'ai senti l'étonnement des uns et des autres : "Tant que ça ?  On ne savait pas !"  On ne présente pas suffisamment tout ce qui bouge, on n'explique pas assez ce qui se vit, dans l'ombre parfois, ou dans des circuits comme le caté que tous ne connaissent pas forcément.
Et comme c'était le premier dimanche de la Semaine missionnaire mondiale, j'ai essayé aussi de donner quelques échos de la vitalité des Eglises à travers le monde. Tout d'abord, en parlant des nouveaux cardinaux nommés récemment par le pape François, et d'un type totalement nouveau, comme je vous en ai rendu compte dans mon billet n° 1.999, du dimanche 9 octobre, auquel je vous renvoie.  Autant de nouvelles figures, de belles personnalités  qui font honneur à l'Evangile et démontrent par elles-mêmes combien la foi est toujours vivante et inventive aux quatre coins de l'univers !
J'ai rappelé aussi qu'il y a un million de catéchistes bénévoles à travers le monde.  Mais je me demande s'il n'y en a pas bien plus encore, car quand j'étais au Mali, on ne comptabilisait que les catéchistes "chefs de communautés", et non tous les autres. En tout cas, en France seulement en effet, il y en a déjà 130.000, ce qui n'est pas peu !
J'ai ensuite cité un certain nombre de faits. Par exemple, les sessions régulières de formation des catéchistes en Chine, toujours plus suivies, malgré les tracasseries et obstacles rencontrés. Il y aussi cette déclaration des évêques australiens, jeudi dernier, dénonçant les conditions de rétention des demandeurs d'asile, parqués dans des camps sur des îles au large des côtes de la Papouasie, et non sur le sol même de l'Australie.  Rôle premier également de l'Eglise en Haïti pour soutenir les victimes du cyclone, ou en Colombie, dans le processus de paix.  Etc...
Et l'on pourrait multiplier ainsi les témoignages à propos de l'influence extraordinaire de l'Eglise et de l'Evangile dans de nombreux pays.
En ce moment, si le Christ revenait, au-delà de nos insuffisances bien sûr, voilà d'abord ce qu'il trouverait : une foi profonde, chez des centaines de millions de baptisés, et une vie juste et fraternelle, "évangélique", chez des centaines de millions d'humanistes, d'agnostiques et de membres d'autres religions !
Non Jésus, ne fais pas de déprime ! Un peuple nombreux croit en toi !



mardi 11 octobre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.001 : Prière du matin du pape Jean XXIII

Nous célébrons aujourd'hui la fête du pape Jean XXIII, reconnu saint par le pape François le 27 avril 2014.
Jean XXIII (1881-1963), pape de 1958 à 1963, eut l'idée géniale, sous l'inspiration de l'Esprit-Saint, de mettre en route le Concile Vatican II.
Une confidence : je dois en grande partie l'aboutissement de ma vocation à Jean XXIII.  Cet homme étant semblable en de nombreux points au pape François, je me suis dit alors que l'Eglise allait enfin s'ouvrir au grand large, et qu'il valait la peine, avec un tel Père spirituel, de se lancer comme prêtre dans la belle aventure du service de l'Evangile.
Voici une prière du pape Jean XXIII, que l'on a appelée aussi "le Décalogue de la Sérénité".  Elle nous invite à entrer dans dix attitudes évangéliques qui irriguèrent toute la vie et l'action pastorale de celui que nous appelions "le bon pape Jean".


1 . Rien qu'aujourd'hui, j'essaierai de vivre ma journée sans chercher à résoudre les problèmes de toute ma vie.

2 . Rien qu’aujourd’hui, j'accorderai le plus grand soin à mon apparence et à agir de manière courtoise ; je ne critiquerai personne, je ne prétendrai redresser ou régenter qui que ce soit, excepté moi-même.

3 . Rien qu'aujourd'hui, je me plierai aux circonstances, sans prétendre que celles-ci se plient à tous mes désirs.

4 . Rien qu'aujourd'hui, je consacrerai dix minutes à une bonne lecture en me rappelant que, comme la nourriture est nécessaire à la vie du corps, de même, la bonne lecture est nécessaire à la vie de l'âme.

5 . Rien qu'aujourd'hui, je ferai une bonne action et n'en parlerai à personne.

6 . Rien qu'aujourd'hui, j'accomplirai au moins une chose que je n'ai pas envie de faire, et si on m'offense, je n’en dirai rien à personne.

7 . Rien qu'aujourd'hui, je serai heureux, dans la certitude d'avoir été créé pour le bonheur, non seulement dans l'autre monde mais également dans celui-ci.

8 . Rien qu'aujourd'hui, j'établirai un programme détaillé de ma journée. Je ne m'en acquitterai peut-être pas entièrement, mais je le rédigerai. Et je me garderai de deux calamités : la hâte et l'indécision.

9 . Rien qu'aujourd'hui, je croirai fermement – même si les circonstances prouvent le contraire – que la Providence de Dieu s'occupe de moi comme si personne d'autre n'existait au monde.

10 . Rien qu'aujourd'hui, je n’aurai aucune crainte. Et tout particulièrement je n'aurai pas peur d'apprécier ce qui est beau et de croire à la bonté.   Amen !
 
 

lundi 10 octobre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 2.000 : Merci, chers ami(e)s blogueurs, pour ces 2.000 billets !

Impossible d'imaginer, en novembre 2007, lorsque je suis arrivé à Fontenay-le-Comte et que nous avons démarré ce blog avec Vincent et Jean-Paul, et avec l'appui de Soeur Emmanuelle, que 9 ans après, l'on frôlerait les 600.000 connexions !
Qu'est-ce que cela signifie ?  Sans doute que ces billets ont répondu à une réelle attente, un vrai besoin... Sinon, rien ne se serait passé !  Et vous ne seriez pas là à lire encore ce billet aujourd'hui...
Mon premier mot sera donc un immense merci à vous, chers amis blogueurs, qui avez pris le temps de venir surfer sur ce blog ;  les uns parfois, les autres souvent, vous êtes montés à bord de l'Arche de Noé, chacun avec vos raisons, ne serait-ce que l'espace d'un instant !
Qu'en avez-vous retiré ?  Ceci est de l'ordre du mystère de chacun !  Cependant, j'ai reçu assez de confidences, de remerciements, d'encouragements à continuer, pour avoir compris l'aide, toute humble, que ces billets ont pu vous apporter !
Pour vous aider à prier, pour voir plus clair dans tel événement, pour élargir votre regard, pour grandir dans l'espérance ; pour mieux aimer ce monde et tous nos frères et soeurs de la terre, de quelque pays, de quelque religion qu'ils soient ou non.
En tout cas, toutes ces années, j'ai eu plaisir à cheminer avec vous ; et je ressens qu'il s'est établi une communion profonde entre nous tous, autour de mêmes réflexions à travers ces quelques trop rapides notations.
Quand je pense qu'à mon départ de Fontenay-le-Comte, en septembre 2012, j'avais envisagé, comme je vous le disais alors, de suspendre ce blog, qui me prend quand même un peu de temps ; tandis que je prends de l'âge, avec mes 74 ans !
Cependant, suite à de nombreuses réactions de votre part, j'ai compris que je faisais erreur, que l'Arche de Noé ne m'appartenait plus, et que je ne devais pas couler cette barque dans laquelle nous étions installés ensemble !
Et le petit blog a grandi, puisque, de 286.000 connexions en septembre 2012 lorsque j'ai quitté Fontenay-le-Comte, nous en sommes aujourd'hui à plus de 575.000 visites.
Et cela, même si je suis moins régulier dans l'écriture que lorsque je me trouvais sur Fontenay... Je vous prie de me pardonner.  Dans un an, lorsque je serai en retraite et dégagé de mes nombreuses missions actuelles, il se peut que je retrouve une plus grande régularité !  Si Dieu me prête vie, bien sûr !
En tout cas, sachez que vos mails ou réactions orales, téléphoniques, vos commentaires parfois, sont toujours les bienvenus.
Sans vos encouragements constants en effet, sans votre fidélité, il y a longtemps que j'aurais tout arrêté.
Encore un très grand merci à vous, et en route ensemble, au-delà des 2.000 désormais, sous la protection de l'Esprit-Saint, notre lien, notre force et notre lumière !

dimanche 9 octobre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.999 : 17 nouveaux cardinaux, "du style François" !

Dans mon billet de vendredi, je vous partageais mon bonheur de constater que le christianisme, actuellement, est tout, sauf en train de mourir.
Le pape vient de nous en donner une preuve éclatante, à travers la nomination de 17 cardinaux d'un style fort différent de ce dont notre Eglise a pu souffrir, enfin !
Je ne peux résister à l'envie de vous faire partager quelques-unes de ces figures, situées à la fois au coeur de l'Evangile et aux fractures du monde.

-  Mgr Nzapalainga, archevêque bien connu de Bangui, à 49 ans le plus jeune des cardinaux, engagé au risque de sa vie dans le combat pour la paix en Centrafrique, aux côtés du pasteur et de l'imam musulman de Bangui.
-  Mgr de Kesel, archevêque de Bruxelles depuis un an, qui avait appelé à la solidarité avec les réfugiés dès sa 1° homélie à Bruxelles.
-  Mgr Cupich, archevêque de Chicago depuis un peu plus d'un an, qui a abandonné son évêché de 14 millions de dollars pour résider dans une maison simple, avec des séminaristes.
-  Mgr Farrel, évêque de Dallas, très critiqué par les milieux conservateurs, réputé pour sa belle capacité à travailler avec les laïcs, nommé à Rome pour cette même mission.
-  Mgr Osoro Sierra, archevêque de Madrid depuis peu, surnommé le "François espagnol", qui a tranché avec  le conservatisme de son prédécesseur.
-  Mgr Aguiar Retes, archevêque à Mexico, connu pour son engagement contre les trafiquants de drogue au Mexique.
-  Mgr Zenari, seul italien nommé (enfin !), "nonce sous les bombes" en Syrie, où il ne craint pas de dénoncer les atteintes aux droits de l'homme.
-  Mgr Cardoso, archevêque au Vénézuela, qui n'a pas ménagé ses critiques contre Hugo Chavez, dénonçant ses dérives "de type fasciste ou nazi".
-  l'abbé Simoni, prisonnier du régime communiste en Albanie durant 18 ans, où il était condamné aux travaux forcés au fond de la mine.
-  et aussi des évêques provenant d'autres périphéries, comme l'île Maurice, la Malaisie, le Lesotho, le Bangladesh, la Papouasie...

Ces "élus de François", quelles images vivantes du dynamisme de l'Eglise et de sa fidélité à l'Evangile !
Est-ce le commencement de la fin des "Princes de l'Eglise" ?
En découvrant avec bonheur ces nominations, je pensais à ce que Yahvé a dit à Moïse, lors de la scène du buisson ardent : "J'ai vu la misère de mon peuple, j'ai entendu ses cris ; je suis donc descendu pour le délivrer... Maintenant donc, je t'envoie vers le Pharaon, pour libérer mon peuple..." (Exode 3/7-10)
Merci Seigneur !  Merci François !

samedi 8 octobre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.998 : Savoir dire merci !

"Dieu est humour", comme aimait le dire le comédien et humoriste Michel Serrault. Et il semblerait qu'il ait de l'humour pour aujourd'hui !   En effet, il se trouve que, dans les lectures de ce dimanche, les deux personnes qu'il nous donne en exemple sont, comme par hasard, deux étrangers, qui n'ont rien de Juif :  le général Naaman, originaire de Syrie, ainsi qu'un lépreux qui vient de Samarie, un hérétique, qui plus est !
Vous imaginez d'ici la tête des bons Juifs pieux de l'époque !  Et notre propre bouille, si ce sont des étrangers maintenant qui viennent nous donner l'exemple, chez nous !!!
D'ailleurs, certains journaux de ce samedi semblent aller dans le même sens, quand le journal "La Croix", en dernière page, revient sur le fait que la majorité des Hongrois qui ont voté au récent référendum se sont prononcés pour la fermeture totale des frontières aux réfugiés : "On pourrait s'étonner qu'un peuple qui, il y a exactement soixante ans, avait connu lui-même un courant d'émigration vers l'ouest, suite au coup de force des Soviétiques, n'éprouve pas plus de solidarité pour des gens vivant aujourd'hui ce que les démocrates hongrois avaient subi hier : la peur et la tragédie de l'exil."
Oui mais, ouf !  Le Portugal sauve l'honneur, comme en témoigne l'article en page 3 de "Ouest-France" de ce samedi intitulé : "La leçon du Portugal à l'Europe égoïste."  Avec une remarquable interview de la ministre de l'intérieur, Constança Urbano de Sousa, donnée à Nantes où elle intervenait jeudi à l'Université ; en voici un bref extrait :
"Nous sommes disposés à accueillir 10.000 réfugiés. La question ne fait pas débat au Portugal. Tous les partis à l'Assemblée ont la même position.  L'accueil n'est pas un choix, mais une obligation juridique, morale, civilisationnelle.  On ne peut pas oublier que le droit international des réfugiés est né pour aider les Européens après la Seconde Guerre mondiale.  Dans les années 1950, 200.000 Hongrois (fuyant le communisme) ont trouvé refuge ailleurs. Eux aussi ont profité de ce devoir humanitaire, valeur fondatrice de l'Europe."
On ne va pas juger ici l'attitude des Hongrois !  Mais il nous faut reconnaître que le Portugais, de leur côté, n'ont  pas oublié qu'ils ont été heureux de trouver asile et travail dans d'autres nations il y a quelques dizaines d'années. Accueillir des réfugiés, c'est pour eux une façon de rendre la pareille, et de dire merci.
A nous de suivre l'exemple que nous donnent ces "étrangers", ces frères, comme jadis l'exemple de Naaman le Syrien et du lépreux étranger et hérétique guéri par Jésus !

vendredi 7 octobre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.997 : Le Christianisme est-il moribond ?

J'entends parfois des personnes avancer, de façon assez péremptoire, que le christianisme est aujourd'hui une réalité dépassée. Je dois avouer que cela ne m'effraie ni me déstabilise en rien.
Chaque fois, au contraire, je reste étonné de constater que ces personnes ne doivent pas être très attentives à ce qui est pourtant clairement porté par les médias.
Par exemple, je lis dans la presse de ce vendredi 7 octobre que le nouveau secrétaire général de l'ONU, le Portugais Antonio Guterres, choisi à l'unanimité par les cinq membres permanents, ce qui est exceptionnel, est "un fervent catholique".
Parmi ceux dont les noms étaient avancés, les médias citaient aussi Marguerite Barankitse, belle femme du Burundi appelée la "Mère Teresa africaine", qui a sauvé des milliers d'orphelins burundais. Elle révèle "puiser son énergie dans la pratique quotidienne de la prière."
Pendant ce temps, la populaire Anne Roumanoff, qui a reçu le baptême récemment, l'une des humoristes préférées des Français, avoue publiquement son bonheur d'avoir découvert le Christ.
Et je ne parle pas d'Eric-Emmanuel Schmitt, l'un des écrivains Français les plus lus dans le monde, traduit en 35 langues, converti il y a quelques années et bouleversé par la beauté de l'Evangile...
Vous avez peut-être vu aussi à la télé une émission sur Jean-Loup Chrétien, général de brigade aérienne, le premier français dans l'espace déclarant : "parce que Dieu, de toute façon, est au-dessus de tout, comme mon nom l'indique, je suis croyant."  Il tient d'ailleurs de temps en temps les grandes orgues de St Eustache et celles de l'église de la Madeleine, à Paris.
Dans les milieux de la télé, tout le monde sait que Thierry Ardisson, l'homme en noir, est "un catholique qui essaye simplement d'être chrétien."  Et il est loin d'être le seul sur les plateaux.  Même si c'est "sa face cachée".
Et je ne cite ici que quelques personnalités !  L'on pourrait vous donner de multiples autres noms, de tous milieux et de tous pays ; et pas seulement des "people", mais également, une foule d'anonymes qui, clairement, ont fait le choix d'un christianisme de conviction, attirés intensément par le Christ, séduits par le message de l'Evangile.
Il en est d'ailleurs ainsi depuis 2.000 ans, et ce n'est pas demain la veille que cela s'éteindra !
Le christianisme moribond ?  Des formes dépassées d'envisager le christianisme peut-être !  Des façons erronées de se comporter au sein de l'Eglise, il se peut !  Mais, et les quelques témoignages ci-dessus en témoignent, le christianisme, dans ce qu'il a de plus fidèle à l'Evangile, lui, est tout à fait à l'aise au coeur de notre société, et plus moderne, plus attirant que jamais !
Merci Seigneur !

jeudi 6 octobre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.996 : "Moi, ça me fait envie de venir avec toi !"

Lundi, lorsque Louanne, servante d'autel à Mortagne, a témoigné, devant une soixantaine d'enfants, de sa joie de servir, et a demandé si d'autres enfants aimeraient être servants, un doigt s'est levé, du milieu de l'assemblée !  Une petite fille, de St Laurent, enchantée de ce qu'elle venait d'entendre,  déclara alors : "Moi, ça me fait envie de venir avec toi !"
L'on dit parfois que ce sont les enfants qui évangélisent le mieux les enfants ; en voici une preuve de plus !
Et ce n'est pas la première fois que cela arrive... Chaque année, par exemple, des enfants demandent le baptême après avoir apprécié ce que leur ont dit d'autres enfants. D'autres encore, sans aucun lien avec l'Eglise, peu soutenus par leurs parents, demandent aussi à faire du caté, à l'appel de petits copains-ines.
Tandis que, ces deux derniers dimanches, aux messes de rentrée du caté, à St Laurent, puis à Mortagne, de très nombreux enfants étaient présents, accompagnés de leurs parents.  A la fin de chacune de ces messes, les uns et les autres ont dit : "On a vécu un beau moment, festif, attrayant." Je ne compte pas le nombre d'adultes qui ont dit alors : "Ca donne envie de revenir" !
Des adultes, également, rejoignent une équipe liturgique, la chorale paroissiale, le Secours catholique, tel mouvement ou groupement d'Eglise, appelés par des amis ou des proches. Le pape François, qui s'y connaît en la matière, répète souvent que le chrétien doit être un entraîneur. Et c'est ainsi que, depuis 2.000 ans, l'Eglise se développe sans cesse et avance au large.
Certains diront que tout cela ne représente pas grand chose, et que ces enfants ne reviendront pas forcément à la messe tout les dimanches comme autrefois. Sauf qu'aujourd'hui, si les gens viennent à l'église, ce n'est plus poussés par une réalité sociologique globale, ni pour éviter de faire un péché mortel ; mais parce qu'ils se sentent bien ensemble à aller prier Jésus.
A nous de faire envie !
En sachant bien que cela n'est pas facile, et en restant très humbles...
Pourquoi d'ailleurs aurions-nous plus de succès de Jésus, auquel ses contemporains ont bien souvent tourné le dos, jusqu'à la croix, en son temps.
En tout cas, voilà bien ce qu'il nous faut dire au Christ quotidiennement : "Moi, ça me fait envie de venir avec toi !"
Le Seigneur, lui, nous attire vers lui, respecte nos choix, et nous attend.
Une référence biblique ?  "Ainsi parle le Seigneur : "en ces jours-là, dix hommes de toutes les langues que parlent les nations s'accrocheront à un Juif par le pan de son vêtement en déclarant : "nous voulons aller vec vous, car nous l'avons appris : Dieu est avec vous." (Zacharie 8/23)

mercredi 5 octobre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.995 : Extrême droite, des mouvements chrétiens proposent une réflexion


Inquiètes de la progression de cette mouvance de l'extrême droite, y compris au sein de l’électorat catholique, une dizaine d’associations chrétiennes ont soutenu la publication, ces derniers mois, d’un numéro spécial de la revue jésuite Projet consacrée au sujet.


Cet outil de réflexion, articulé autour des thèmes « écouter, comprendre, agir » sera distribué aux lecteurs de La Croix vendredi 6 octobre en complément du journal.
   Les chiffres sont éloquents : 16 % en 2002, 28 % en 2015… Combien en 2017 ? À chaque scrutin, l’extrême droite ne cesse de gagner du terrain. Interpellés par le phénomène, une dizaine de mouvements chrétiens, partenaires de la revue jésuite Projet, ont soutenu la parution d’un numéro spécial « Extrême droite : écouter, comprendre, agir », dont La Croix a accepté d’être l’un des supports de diffusion.
Notre démarche, qui s’appuie sur le travail de chercheurs et d’associations engagées sur le terrain, invite les lecteurs à réfléchir posément sur ce sujet clivant et passionnel, en misant sur le dialogue et la raison », résume Jean Merckaert, rédacteur en chef de la Revue Projet. « Elle cherche à analyser un phénomène reflétant, à nos yeux, l’état de santé dégradé de notre pays », poursuit-il, préoccupé « par la banalisation, à droite et chez certains responsables socialistes, de discours de plus en plus difficilement différenciables de ceux de l’extrême droite ».


Face à l’extrême droite, réaffirmer des valeurs chrétiennes d’ouverture


C’est le score historique du Front national aux dernières élections régionales qui accélère et entérine le souhait de la rédaction de la Revue Projet de consacrer un numéro exclusif sur le sujet. Elle se fait alors l’écho de l’interrogation, voire de l’incompréhension, de plusieurs de ses associations partenaires. « Nous avons eu l’impression qu’une digue se rompait à ce moment-là », explique Brigitte Navail, déléguée générale de l’Action catholique des milieux indépendants (ACI France). « Une frange de l’électorat catholique, plutôt résistante jusque-là, s’est à son tour portée vers le vote d’extrême droite », renchérit Dominique Quinio, présidente des Semaines sociales de France.

Crise migratoire, protectionnisme, précarité… Le soutien à la publication de ce Projet est un moyen de réaffirmer des valeurs chrétiennes d’ouverture que les associations partenaires jugent incompatibles avec les discours prônés par l’extrême droite. « Nous estimons que l’accueil de l’étranger est l’un des fondamentaux de la foi, de l’Évangile et de la pensée sociale de l’Eglise, et nous voulons diffuser cette parole de fraternité au sein de la communauté chrétienne », argue Bernard Pinaud, délégué général du CCFD-Terre solidaire, pour qui « la solution aux crises actuelles ne réside pas dans un repli derrière nos frontières, mais dans la promotion de la justice sociale, du bien commun et de la solidarité internationale ».

Pour d’autres mouvements, comme le Secours catholique-Caritas, c’est aussi le souci d’agir contre une mouvance qui, si elle accède au pouvoir, pourrait conduire « au durcissement des conditions de vie de personnes déjà précaires », selon Laurent Seux, directeur de l’action France-Europe du Secours catholique, qui guide ce soutien à la revue jésuite.

Jeunes, élus, ruraux… Le large panel associatif partenaire de Projet espère brasser toutes les sphères sociales. « Elle donne matière à réfléchir sur les thèmes de la fraternité mondiale et du vivre-­ensemble, chers à notre mouvement de formation », détaille François Mandil, délégué national de la communication des Scouts et Guides de France. Pour Julien Motte, le secrétaire général de Chrétiens en forum, « elle est aussi un moyen de remettre nos élus locaux chrétiens face à la cohérence de ce qu’ils croient et de ce qu’ils font ».

Comprendre le point de vue de l’électeur catholique pratiquant


Tiré à près de 100 000 exemplaires, soit plus de 30 fois sa diffusion habituelle, ce numéro exceptionnel de la revue a pu voir le jour grâce à une vaste campagne de financement participatif en ligne. Celle-ci a notamment permis de récolter, auprès de particuliers, les 40 000 € nécessaires à la distribution, entièrement à ses frais, de la revue à tous les lecteurs abonnés de La Croix.
Sans discours moralisateur, ni attitude culpabilisante, la revue s’est donné pour mot d’ordre d’entendre et d’essayer de comprendre le point de vue de l’électeur catholique pratiquant qui se porte vers l’extrême droite. « Notre initiative n’est surtout pas de fustiger ce choix », assure Brigitte Navail, de l’ACI France. « Ni de personnaliser le Front national, mais bien de considérer tous les partis d’extrême droite », précise Brieuc Guinard, président du Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC). « Nous ne sommes les complices d’aucun parti politique, et les ennemis d’aucun autre, renchérit Catherine Billet, déléguée générale de Pax Christi France. Nous nous risquons à donner des éléments de discernement à la conscience de chacun, mais nous respectons et respecterons son choix, quel qu’il soit. »

Trois volets au sommaire de la revue Projet


Écouter : à travers un reportage et une série d’analyses de chercheurs et d’acteurs associatifs, la revue ouvre des pistes de réflexion pour comprendre pourquoi, auprès de quel public, et où l’extrême droite séduit.

Comprendre : ce chapitre ouvre deux grandes questions : le FN est-il républicain ? Sa conversion sociale est-elle une réalité ? Dans une note fictive au premier ministre, un haut fonctionnaire envisage la victoire de Marine Le Pen en 2017.

Agir : miser sur l’innovation, repenser la protection sociale, redéfinir le rôle de la société civile… Le troisième volet propose des pistes d’actions concrètes pour « redonner espoir à ceux qui se sentent abandonnés ».

      Commentaire du journaliste de "La Croix" Guillaume Goubert, le jeudi 6 oct. :
"Ecouter, comprendre, agir, les mots sont éclairants : il ne s'agit pas de stigmatiser ou de dresser les personnes les unes contre les autres. Il s'agit de s'interroger, de proposer de quoi réfléchir.  Chacun reste libre de ses opinions."
 

samedi 1 octobre 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.994 : Que dirons-nous à nos enfants ?

En général, je suis plutôt de nature optimiste ; mais cependant, en ces temps où l'on nous montre, à longueur de journal télévisé, des réfugiés qui se noient en Méditerranée ("Mare nostrum", "notre" mer !), ou des quartiers d'Alep bombardés jour et nuit, je ressens, et vous aussi sans doute, une angoisse profonde !  Parfois, on se demande si on va pouvoir trouver le sommeil, avec tout ça !
Et cette question qui me trotte sans cesse dans la tête : plus tard, que diront nos enfants, ceux qui nous auront succédé sur cette terre ?  "Etiez-vous au courant de la façon dont notre pays a réagi ?  Non seulement, avez-vous protesté, mais, face à tout cela, qu'avez-vous fait ? Un million de personnes dans les rues, en janvier 2015, à la mémoire de ceux qui ont agressé les musulmans avec leurs caricatures, et combien pour soutenir les réfugiés, ou les habitants d'Alep ?  Matthieu 25, comment l'avez-vous mis en pratique ?"  Je ne voudrais pas être là pour répondre à de telles questions, ni pour affronter la déception dans le regard de tous ceux qui, sans doute, ne comprendront pas notre attitude attentiste et timorée...
Oh bien sûr, l'on pourrait répondre : "Ah mais, on ne pouvait rien faire...Si vous aviez été là, vous auriez bien compris..."  Ou encore : "C'est à l'Etat de s'occuper de tout ça, aux Etats, à l'ONU... ; ils sont élus et payés pour ça, n'est-ce pas ?" "Et puis, on a déjà beaucoup de pauvres chez nous ; on ne peut pas faire plus, vous comprenez ?" "D'abord, tous ces Arabes, ils passent leur temps à se battre entre eux ; ils ne savent faire que cela !  Ce n'est pas à nous de régler leurs problèmes !"  Et autres mauvaises raisons ou lieux communs pouvant poser question...
Quant à moi, je préfère avouer que je n'en fais  pas assez !  Reconnaissons-le franchement une bonne fois !  Et laissons-nous interpeller par cette déclaration du Secours Catholique français en date du 16 septembre : "Des maires, des présidents de région incitent les élus locaux et la population à s'opposer, par tous les moyens, à la création de centres d'accueil pour les réfugiés.  Ils font appel aux sentiments les plus bas pour susciter la peur, le rejet, le repli, le refus de ceux qui fuient la guerre et la violence de leur pays.  Le Secours Catholique exprime son indignation devant ces appels de responsables politiques qui s'opposent au droit et renient les valeurs d'hospitalité et de solidarité, sapant ainsi notre capacité à faire société.
Les drames du Proche-Orient et d'Afrique ont provoqué l'exode de centaines de milliers de réfugiés.  La France en a accueilli une partie bien modeste, comparativement à d'autres Etats, et est parfaitement en mesure de prendre sa part.
Le Secours Catholique appelle son réseau d'acteurs (68.000 bénévoles), les communautés chrétiennes à se mobiliser auprès de leurs élus, pour encourager les mesures de solidarité avec les plus pauvres et pour favoriser un accueil digne des réfugiés, dans un partage chaleureux et citoyen."
Dès 1791, l'une des grandes figures de la Révolution française, l'abbé Grégoire, déclarait : "La religion nous apporte la fraternité, l'égalité, la liberté." Ce n'était pas sans raison qu'il avait mis la fraternité au premier rang ; à nous d'en faire enfin autant aujourd'hui !