Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

dimanche 31 janvier 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.919 : Merci au Père Efrem !

Depuis 3 ans 1/2, le Père Efrem Assolari, originaire de Bergame en Italie, est présent au milieu de nous, à St Laurent-sur-Sèvre, et depuis 2 ans, comme Recteur de la Basilique St Louis-Marie Grignion de Montfort. Arrivé au terme de sa mission, il rejoindra demain la communauté Montfortaine de Pontchâteau. Ce dimanche matin, nous avons rendu grâce au Seigneur pour tout ce que nous avons reçu de lui.
Ce même dimanche également s'est vécue, toujours sur St Laurent-sur-Sèvre, la journée diocésaine de clôture de l'année de la Vie consacrée. Je voudrais, à travers ce billet consacré au Père Efrem, lui-même religieux Montfortain, apporter une petite pierre à la richesse de ce que tous ces "Consacrés" partagent avec l'ensemble du Peuple de Dieu, au travers de leur bel engagement.
L'apport du Père Efrem, donc, a été très fort, vis-à-vis du Sanctuaire par exemple, qu'il a su embellir, harmoniser, ouvrir, aménager ! Il a donné chez nous, où il avait tout à découvrir, le meilleur de lui-même, avec un coeur plein de bonté et d'humanité. Il a su mettre en place un certain nombre de choses, au niveau de la Basilique, des activités du Sanctuaire et de son rayonnement. Ce matin, après le Vicaire général, le P. Jacques Gomart, Louis-Marin, au nom des Amis du Sanctuaire comme de l'ensemble des paroissiens, a su être très vrai et très pertinent par rapport à l'hommage qu'il a rendu au Père Efrem, en notre nom à tous. Un certain nombre de paroissiens m'ont fait part de leur tristesse, à la sortie de la messe, devant le départ de celui qui a été pour eux "un vrai Missionnaire". Le P. Efrem sut être parmi nous, à sa façon, un pasteur selon le coeur de Dieu, un disciple authentique du Père de Montfort.
Voici le très beau message, plein de symboles très riches, qu'il nous a laissé, avec sa profonde reconnaissance, au terme de cette belle célébration, qui a réjoui le coeur de tous, et particulièrement le sien :

*** Ce n’est pas un hasard, ce changement qui arrive aujourd’hui : j’ai été frappé, en me préparant à la liturgie de ce jour, par le titre que “Prions en Eglise” propose pour ce dimanche : “Une parole qui pousse ailleurs”. Ailleurs !

*** En plus, ce 31 janvier, c’est le jour de la naissance de St. Louis-Marie de Montfort.

*** J’ai été pendant deux ans à Montfort ; ensuite, trois ans et demi ici à St. Laurent. Maintenant, je vais à Pontchâteau.

 *** Qu’est ce que peux-je dire ?  Merci !  Je n’oublierai jamais, jamais, ce que j’ai vécu ici à St. Laurent.  J'ai vécu de très belles choses, de très grands moments ici, près du tombeau de Montfort et de Marie-Louise. Je n’oublierai jamais les personnes rencontrées ici : confrères, collaborateurs, curé et prêtres du diocèse, diacres, paroissiens, religieux et religieuses, pèlerins…

*** J’ai reçu beaucoup. J’ai cherché aussi de donner beaucoup.

*** Merci, et à nous revoir, au Calvaire de Pontchâteau !
 
Père Efrem, encore merci pour tout !
Et belle Mission à toi !
 
 

 

jeudi 28 janvier 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.918 : Journée d'un prêtre qui va sur ses 74 ans, mais toujours en activité maximun

Hier soir, lors d'une rencontre des responsables de la préparation au baptême sur la paroisse, une femme, encore assez jeune, me disait sa surprise de devoir très souvent réagir lorsqu'elle entend des personnes, à mille lieues de la vie de la paroisse évidemment et de ses évolutions, se poser des questions sur ces prêtres qui ne font plus le caté, n'assurent pas tous les enterrements et ne visitent plus les gens systématiquement, "comme autrefois". Et celle-ci d'ajouter : "Je leur dis : "Vous avez vu l'agenda d'un prêtre ?  Vous avez parlé avec lui ? Savez-vous que notre curé a des réunions tous les soirs, souvent jusque vers 23h ?  Et êtes-vous au courant de la multitude des choses sur lesquelles il doit veiller ?"
Tous les ans à peu près, au fil des billets de ce blog, je reviens sur cette question.  Alors, pourquoi ne pas en reparler à nouveau ? Quoique je sais bien que c'est jusqu'à la fin des temps que des gens se plaindront des prêtres, et que se répéteront, sans fin, des questions de ce type.
Comme journée-type, j'ai choisi ce mardi 26 janvier. Après une réunion la veille, qui s'est terminée vers 23h, lever à 6h, comme chaque matin. Je vais vous faire une confidence : à près de 74 ans, chaque fois que sonne mon réveil, je me dis, un peu égoïstement : "Vivement la retraite (à 75 ans), que je puisse enfin dormir tout mon soûl !
Mais tout de suite, il faut y aller. Comme durant la journée, je n'aurai plus une minute de libre, même, la plupart du temps pour faire une sieste reposante, c'est le moment de la prière. Celle du Bréviaire me demande au minimum 30 minutes par jour.  Et suit le moment de l'oraison-méditation (15 à 30 minutes).
Petit déjeuner en dégustant les nouvelles. Puis, une heure pour la messe à 9h, avec arrivée 1/4 d'heure à l'avance, puis, échange avec les personnes présentes, la sacriste ou autres, 1/4 d'heure après.
Arrivée au bureau à 9h45 : deux personnes déjà attendent à ma porte ; je les accueille, mais j'ai dans l'esprit le 1° rendez-vous de la journée, à 10h, avec la dame qui fait le recensement. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai retenu la journée de mardi pour illustrer ce billet. En effet, je venais à peine de l'accueillir que le téléphone s'est mis à sonner ; et l'on frappait en même temps à ma porte ! C'est cette femme chargée du recensement qui est allée ouvrir, à la grande surprise du paroissien qui cherchait à me rencontrer ! Puis, tandis qu'on remplissait le questionnaire, j'avais l'impression qu'elle était bluffée par ce qu'elle découvrait : "Vous vivez seul dans cette grande maison ?" "Seul ? Voyez vous-même : il y quatre personnes en attente dans le couloir, deux en discussion avec la dame qui tient la permanence au presbytère le mardi matin, une en train d'assurer mon repassage à l'étage, etc..." Ca en fait du monde ! Et c'est souvent comme ça : cette maison est très habitée (!)"
"Quel âge avez-vous ? Vous êtes bénévole ?" Je n'ai pas retenu toutes les questions, mais cela me faisait sourire, tant je lui ai semblé un cas atypique, et tandis que le téléphone continuait de sonner (3 fois durant sa courte présence dans mon bureau). Je crois que, l'un des fruits du recensement, c'est qu'il y aura au moins une personne qui aura pu découvrir que le rôle d'un prêtre, ce n'était pas seulement dire des messes ou faire des enterrements !
A ce sujet, je tiens à remercier les paroissiens habituels qui, eux, ont compris depuis longtemps, même si certains peuvent regretter "l'ancien temps", que le rôle du prêtre, ce n'était plus "comme autrefois" (je ne parle pas de l'autrefois de l'Evangile bien sûr !).
Afin de ne pas être trop long, je suis au regret de passer trop vite sur une multitude de petits faits, visites, coups de fil, mails, sms, qui ont largement émaillé la journée ; ce qui est dommage, car dans cette multitude de choses que l'on peut prendre pour des "détails" que se manifeste la vitalité d'une paroisse. Et particulièrement autour du départ tout proche du Recteur de la Basilique, le Père Efrem.
Deux faits seulement pour terminer : rencontre de deux heures avec un couple qui se prépare au mariage. Puis, en veillée, préparation de la cérémonie du mercredi des Cendres, rencontre que j'ai dû préparer à l'avance pendant près d'une heure, pour chercher comment arriver à renouveler notre façon de faire.  Ensuite, après la prière des Complies, vers 23h30, enfin, extinction des feux !
En enlevant le temps des 3 repas (2h30), en mettant le curseur à partir de 7h, cela donne 14 h sur le pont !  Merci, Seigneur, de m'avoir donné la santé pour cela !
Quand je pense que certains voudraient que le curé fasse les sépultures, assure le caté à leurs enfants !  A 74 ans !  Si vous voulez tuer vos prêtres, dites-le tout de suite !
Depuis Vatican II, le rôle du prêtre a bougé, question d'âge ou non !  Qu'a voulu nous faire comprendre Jésus quand, en son nom, il a envoyé ses 72 disciples en mission ?  Vous vous doutez bien que, déjà, beaucoup auraient préféré que ce soit Jésus lui-même qui vienne à leur rencontre... Mais Jésus en a voulu autrement !  Ne revenons pas là-dessus en 2016 !
L'histoire se renouvelle sans cesse et, si l'on n'a pas médité suffisamment cet épisode de l'Evangile, en Luc, ch. 10, on ne pourra jamais comprendre ce projet de Jésus, déjà si bien mis en oeuvre dans la plupart des Eglises du monde, comme je l'ai vérifié au Mali et ailleurs !

lundi 25 janvier 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.917 : "Si vous ne devenez comme des petits-enfants... " (Matthieu (18/3)

Certains dimanches, les enfants sont relativement présents à nos messes dominicales. Par exemple, chaque 1°dimanche du mois à Mortagne, depuis 3 ou 4 ans ; ou lors des temps forts de préparation aux sacrements.  C'était encore le cas hier, où la Basilique de St Laurent-sur-Sèvre a eu le bonheur d'accueillir, sous un magnifique soleil emplissant l'espace religieux, une belle soixantaine de CE 2, accompagnés de leurs catéchistes, parents et petits frères et soeurs également.
Sans parler d'Anaïs, si heureuse de vivre, à l'autel, sa 2° étape de prépa au baptême, entourée de ses ami(e)s.
"Une belle surprise", comme me l'ont fait remarquer, à l'issue de la messe, l'équipe de Scouts d'Europe qui ont fait halte au cours de leur marche matinale pour venir prier avec nous. Mais cela ne s'est pas arrêté là !  Les enfants ont véritablement donné le ton à notre célébration. Depuis 9h20 le matin, par petites équipes, ils ont mené une réflexion autour du sens de la Parole de Dieu, et ils savaient que j'allais leur proposer de dire ce qu'ils en pensaient, après l'Evangile.
Alors, je n'ai pas tourné autour du pot !  Sitôt la fin de la proclamation du texte de St Luc, je me suis jeté à l'eau, en leur demandant pourquoi, à leur avis, la Parole de Dieu était importante.
A plusieurs reprises, lorsque j'ai lancé de telles questions à des adultes, dans l'une ou l'autre de nos célébrations aux cheveux blancs, les personnes ont souvent tardé à s'exprimer : "Oh, moi , je n'ai pas fait d'études, et je ne suis pas très qualifié pour répondre !"  Ou encore : "Je pourrais peut-être dire quelque chose, mais ça me gêne de me mettre en avant..."  Il y a aussi le désagrément de se sentir pris de court. Quoique, depuis quelque temps, il me semble déceler un glissement, comme si la Parole de Dieu, peu à peu, avec de telles interpellations, revenait enfin aussi aux baptisés laïcs, au lieu de rester dans le choeur, l'espace sacré, domaine et propriété du clergé seulement.  Il est vrai que cela fait des siècles que c'est comme ça !
Ma 1° question donc : "Pourquoi la Parole de Dieu est-elle importante ?" Même pas une seconde d'attente que plusieurs doigts se sont levés, au coeur de cette Basilique pourtant si impressionnante, et qu'une réponse forte a jailli, du coeur de L... : "Parce que, la Parole de Dieu, cela nous donne de l'espérance".  Après la messe, sa mère m'a dit : "Je ne pensais pas qu'il allait prendre la parole ; il est plutôt réservé ! Et j'avais comme l'impression qu'il voulait me faire comprendre que c'est moi qui devais parler."
D'autres questions et réponses ont fusé, sans relâche ni temps morts. Mais le plus important, c'est ce qui a suivi. On avait demandé à des paroissiens de réfléchir autour de l'évangile du jour, et trois personnes ont pris la parole, de façon remarquable et qui a accroché l'assistance : les enfants en effet en ont reparlé durant leur temps de reprise de la messe, entre eux, jusqu'à midi.
-  "Le Seigneur m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres" : deux témoignages du Secours catholique ont illustré cet appel de Jésus.
-  "Annoncer aux captifs la libération" : un membre local de l'ACAT (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture) a expliqué comment leur action répondait à ce précepte de Jésus.
-  "Faire savoir aux aveugles qu'ils retrouveront la vue" : la maman d'un lycéen a exprimé son bonheur de constater que la semaine qu'ils venaient de vivre, à St Gab', par rapport à l'attention aux sourds et aux aveugles, à l'exemple des Frères de St Gab et des Filles de la Sagesse, avait marqué son fils et l'ensemble des jeunes du Lycée.
Au terme de cet échange, j'ai clôturé évidemment avec cette réflexion fascinante de Jésus : "Aujourd'hui s'accomplit ce passage de l'Ecriture que vous venez d'entendre !" (Luc 4/21)
Et cela, grâce à vous, chers amis, enfants et cheveux blancs (que j'aime bien, et j'en suis !)

mercredi 20 janvier 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.916 : Goliath n'aura pas le dernier mot !

L'idée de ce billet m'est venue à la fois d'une réunion d'ACO (Action Catholique Ouvrière) de ce jour, ainsi que du texte de la 1° lecture de la liturgie de ce mercredi.
Echange très riche, comme toujours, en équipe ACO, autour de nos responsabilités par rapport à un développement durable et intégral. Après avoir fait un constat parfois très rude des difficultés rencontrées, chez nous comme sur tous les continents : déforestation, tri des déchets, travail des enfants, pollution des mers, etc..., nous avons reconnu malgré tout un certain nombre d'avancées en faveur du respect de la création, ainsi qu'une conscientisation qui avance malgré tout, grâce à des mouvements comme le CCFD par exemple.
Et cependant, notre inquiétude reste grande, car notre planète est loin d'être tirée d'affaire !
Mais c'est là que l'histoire de David et Goliath devient très éclairante. De quoi s'agit-il ? Il vaut la peine de relire le chapitre 17 du 1° livre de Samuel : "En ces jours-là, le Philistin Goliath venait tous les jours défier l'armée d'Israël."  Traduction : "en ces jours-là, le mal géant qui réchauffe la planète, étouffe les paysans en Amérique latine, écrase les nations pauvres sous des contraintes inhumaines, etc..., venait tous les jours narguer ceux qui souhaitaient se débarrasser de lui."
"David dit alors au roi Saül : "Que personne ne perde courage à cause de ce Philistin. Moi, j'irai me battre avec lui. Saül répondit : "Tu ne peux pas, tu n'es qu'un enfant..." David insista. Saül lui dit : "va, et que le Seigneur soit avec toi."  Traduction : "Quelques personnes courageuses décidèrent d'engager le combat pour la sauvegarde de l'humanité ainsi que de la planète. Mais des personnes importantes (des rois, des présidents) leur dirent : "Comment pourrez-vous lutter contre ces géants du mal ? Vous n'êtes rien..."
Mais ils partirent cependant au combat, en comptant sur la force de Dieu et de leur solidarité fraternelle.
"David prit cinq petit cailloux, et s'avança contre le Philistin."  Traduction : A travers l'humanité entière, une foule de petits David, "de petits colibris", dirait-on chez les Améridiens, en Amérique latine, s'avancèrent alors, dans toutes les nations, vers ce géant aux tentacules immenses que l'on appelle le Mal.
Aux dernières nouvelles, le combat est en cours. Déjà, comme l'a écrit un correspondant de presse, Jean-François Bouthors, témoin de ce grand combat, dans "Ouest-France" du 15 janvier dernier, "dans ce sombre paysage, l'unanimité finale de la Cop 21 ressemble au scintillement d'une étoile dans l'obscurité, même si la tâche est immense. En cette année 2016, il va falloir tenir, chevillée au corps, la conscience que le Mal n'a jamais le dernier mot.  Que même s'il ne nous épargne pas, il finit toujours par s'épuiser !"
A nous de faire advenir, solidairement, et avec l'aide de Dieu, la victoire de David sur le géant qui veut nous écraser !

mardi 19 janvier 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.915 : Ne pas lire à l'envers l'histoire du monde !

Juste quelques clefs, toutes simples, pour nous éviter de regarder à l'envers ce qui nous arrive.
Par exemple, il est de coutume d'entendre affirmer que les religions sont sources de conflits, et que les religieux poussent leurs fidèles à s'opposer aux autres religions comme à mépriser ceux qui se détournent de tout sentiment religieux.  Comme si c'était si simple !  Rappelons seulement ce qu'ont été et ce qu'ont fait au service de la planète des hommes de paix tels que Gandhi, le grand mystique musulman Ibn Arabî, Martin-Luther King, le philosophe juif Emmanuel Lévinas, l'abbé Pierre, le Dalaï-Lama, Nelson Mandela et bien d'autres, qui étaient pourtant profondément religieux.
Autre fait : l'on accuse telle religion de mépriser la femme, en oubliant de voir la poutre qui est dans notre oeil.  Il y a quelques jours, il paraît que des demandeurs d'asile ont agressé des femmes à Cologne ; c'est inadmissible en effet. Mais n'oublions pas que Cologne est la ville allemande où se trouve le plus grand établissement de prostitution, Le Pascha, immeuble de sept étages, comportant 130 chambres et autant de femmes prostituées. Chaque jour, celles-ci se soumettent aux désirs de centaines de clients prostituteurs. Car notre société occidentale fait de la femme un objet sexuel soumis légalement aux désirs de l'homme. N'est-ce pas une représentation dégradante de la femme qui est ainsi offerte par l'Occident ? Rappelons quand même qu'il y a chaque année plus de 85.000 viols en France, plus de 200 par jour, loin d'être tous commis par des musulmans !!!  Tandis que l'on compte 650.000 actes de violence contre les femmes, chaqsue année en France ; la faute des islamistes, du Coran ?  Bien sûr, cela n'excuse en rien les récentes agressions à Cologne, mais nous invite à prendre nous aussi, occidentaux, nos responsabilités quant à notre vision de la femme et à l'exploitation qu'en font nos pays, non musulmans, c'est vrai, mais de racines chrétiennes...  Il n'y a pas que le voile !
Un dernier exemple : l'on dit et l'on répète que les jeunes sont moins bien élevés que les anciens, qu'ils sont moins solidaires, plus égoïstes... C'est ne pas tenir compte du fait que ce sont eux qui sont en train de populariser la colocation, le covoiturage, plutôt que le "rouler tout seul dans sa bagnole" ; d'autre part, même s'ils sont loin d'être parfaits, ils sont plutôt ouverts à l'universel, aiment aller prier à Taizé, refusent l'injustice et les faux-semblants, partagent souvent nombre de choses, rejettent les ordres établis figés et sans âme, aiment partir en coopération, etc...
Une autre façon de lire l'histoire du monde existe !  A chacun de nous de s'y atteler !

lundi 18 janvier 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.914 : Que valent les Baptêmes aujourd'hui ?

Je vous transmets l'homélie que j'ai donnée les 9 et 10 janvier derniers, dans les églises d'Evrunes et Mortagne-sur-Sèvre
 

Je voudrais profiter de cette fête du baptême du Seigneur pour mener avec vous une petite réflexion par rapport au  baptême.

Très souvent des parents  - quand ce ne sont pas les grands parents !!!  -  viennent par exemple demander le baptême pour leur fille de deux ans et souhaitent faire baptiser en même temps leur fils de cinq ans. Ils ne connaissent pas le prêtre et ne viennent jamais à l’église. Ils sont sans doute plus « déistes » que croyants, peut-être plus tournés vers le Dieu « d’autrefois » qu’en lien vital avec le Christ Jésus dans nos vies (?)

On leur demande alors pourquoi ils désirent le baptême pour leur enfant. Réponse : « Cela s’est toujours fait dans la famille, ça ne peut pas lui faire de mal. »

Avec l’équipe chargée de la préparation au baptême, on leur pose aussi la question de l’éducation chrétienne de leurs enfants : « plus tard, ils feront ce qu’ils voudront », nous répond-on.   « Ils choisiront… »

Autre question : « Qu’est-ce que c’est pour vous le baptême ? » Réponse : « on verse de l’eau, c’est l’occasion de rassembler la famille. »

L’écart semble considérable entre ce que déclare vouloir célébrer l’Eglise et ce que souhaitent ces parents. Comment réagir ? Faut-il répondre oui à toutes les demandes, pour ne pas éteindre la mèche qui fume encore (pour reprendre la célèbre expression d’Isaïe), ou être exigeant, au risque de rejeter des jeunes couples et de donner une image exécrable de l’Eglise ? 

La réponse, le Pape François nous l’a donnée lorsqu’il a écrit ceci, dans son très beau texte intitulé « la joie de l’Evangile » : « nous nous comportons fréquemment comme des contrôleurs de la grâce, et non comme des facilitateurs. Mais l’Eglise n’est pas une douane ; elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun, avec sa vie difficile ».

En tout cas, ces cérémonies de baptêmes,  qui voient passer dans nos églises, en fin de messe, des jeunes couples aux visages rayonnants, ne sont  pas sans valeur. Elles sont  l’occasion d’un contact vrai avec notre communauté chrétienne, et vos applaudissements, chaque fois que des jeunes couples présentent leurs enfants, remplissent leurs cœurs de bonheur ; car ils se sentent attendus, accueillis, appréciés, aimés. Quelle belle image alors, de notre foi, de vie en Eglise, de bonheur, nous leur donnons !

D’autre part quand ces jeunes familles demandent le baptême, il faut d’abord apprécier leur courage, de passer au presbytère. Entre parenthèses, merci aux personnes bénévoles qui tiennent les permanences dans les presbytères et savent les recevoir.

La démarche de ces couples a d’ailleurs un sens profond : elle exprime quelque chose de la recherche de ces parents, qui souhaitent placer leurs enfants sous une bonne étoile. Traduisons : « sous l’étoile du Salut. »

Derrière leur démarche, il y a aussi une adhésion, plus profonde que les apparences ne pourraient le laisser supposer, au projet de Dieu sur l’humanité, un projet d’amour universel ; une promesse de bonheur, une certaine ouverture à l’absolu, à quelque chose de plus grand qu’eux.

La preuve, c’est le soin qu’ils donnent à la préparation de la célébration du baptême : le choix d’un bel évangile, de chants qui leur plaisent, et ils mettent dans le coup  des parrains et marraines, souvent eux-mêmes bien peu habitués des églises, mais qui se trouvent à y prendre la parole, à y faire une lecture, à découvrir et apprécier le message de Jésus…

Vous me direz : « Oui mais, après, on ne les voit plus à l’église.» Et on sent une certaine amertume, alors, chez les grands parents, chez les paroissiens… C’est compréhensible ! Et  pourtant cette attitude, marquée par la déception, ce n’est pas l’attitude que Jésus attend de nous.

Témoin ce que nous explique encore le pape François : « La communauté ecclésiale doit savoir faire preuve d’une grande patience. Qu’elle ne reste pas dans l’anxiété à cause de l’ivraie. » (c’est-à-dire, à cause de ce qui ne va pas, à cause de ce qui n’évolue pas comme on le voudrait). Et le pape de poursuivre : «  N’ayons pas de réactions plaintives ou alarmistes. Car il est certain que,  dans l’obscurité, commence toujours à germer quelque chose de nouveau, qui, tôt ou tard, produira du fruit. »

Dernière question, celle de ces enfants que leurs parents négligent de faire baptiser. Alors, là encore, on s’alarme : « Que vont-ils devenir ? »  Je laisse la réponse à ce grand théologien qu’est St Thomas d’Aquin : «Dieu est un Père, qui saura toujours trouver les moyens qu’il faut, même en-dehors du baptême, pour sauver ses enfants ! »

Et rappelons-nous toujours (comme l’apôtre Paul l’explique à Tite dans la deuxième lecture) que Dieu nous a tous sauvés, nous les pratiquants, mais aussi, toutes ces jeunes familles en recherche, non pas à cause de nos propres actes, mais par sa miséricorde, qui est infinie !

lundi 11 janvier 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.913 : Opération "Portes Ouvertes" !

Aujourd'hui, un nouveau document, émanant de la Mission de France, que viennent de me transmettre des paroissiens de St Laurent s/Sèvre, Auguste et Marie-Odile, que je remercie en votre nom.
Car il s'agit là d'une belle interpellation, tant à notre Eglise qu'à nous tous, comme à l'ensemble de notre société.
Tout à fait dans la ligne de cette ouverture des Portes de la Miséricorde préconisée en cette année par le pape François.


Ouvrons-la quand on a voté avec la trouille et fermé le droit de devenir frère

Ouvrons-la quand on a manipulé l’image et détourné l’information

Ouvrons-la quand on a bloqué l’ascenseur social et fermé la porte à l’espérance

Ouvrons-la quand on a préféré le travail de l’argent au travail des salariés

Ouvrons-la quand un fond de pension a fermé l’usine, l’école et la maternité

Ouvrons-la quand on a quantifié les gestes des soignants et ignoré le prix d’une parole

Ouvrons-la quand on a fermé sa gueule et claqué la porte au sans logis

Ouvrons-la quand on a fouillé dans nos poubelles de quoi manger un peu

Ouvrons-la quand a libéralisé le crédit et joué sur la dette des petits

Ouvrons-la quand on s’est indigné du voile et voilé la face sur les cités en dérive

Ouvrons-la pour choisir le courage politique du bien commun

Ouvrons-la pour préférer se faire violence plutôt que faire violence

Ouvrons-la pour chanter que le soleil et la pluie sont pour tous

Ouvrons-la pour travailler une terre pour les générations futures

Ouvrons-la pour comprendre comment renoncer au pillage des ressources

Ouvrons-la pour apprendre à servir plutôt que se servir.

Ouvrons-la pour voyager solidaire plutôt que solitaire

Ouvrons-la pour une place en crèche à l’enfant et sa famille venus de loin

Ouvrons-la parce que Dieu n’appartient à personne et que nous pouvons être à Lui

Ouvrons-la pour se laisser transformer par la joie d’accueillir qui vient d’ailleurs

Ouvrons-la pour partager la parole que Dieu nous donne

Arnaud Favart

Vicaire général de la Mission de France





 

 

 

samedi 9 janvier 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.912 : Serait-ce le commencement de la fin de l'obscurantisme anti-religieux ?

Tout à l'heure, en revenant de la messe que je venais de célébrer à Evrunes, j'ai ouvert la télé sur Bfm/Tv, et j'ai eu la chance de tomber sur la cérémonie de commémoration de l'attentat à l'Hyper Cacher juif : c'était profondément ouvert, oecuménique, lumineux, émouvant.
Tout d'abord, le Grand Rabbin de France, qui me fait l'honneur d'être son ami depuis une douzaine d'années, Haïm Korsia, a allumé une première bougie à la mémoire des personnes assassinées. Puis, le Cardinal Vingt-Trois, J-C Cambadélis, le dirigeant du Conseil français du culte musulman,  Anouar Kbibech, un responsable protestant, Anne Hidalgo, Valéry Pécresse, puis Lassana Bathily, le héros malien de l'Hyper Cacher, musulman pratiquant, N. Sarkozy et d'autres encore reprirent ce geste, le dernier étant Manuel Valls : une vingtaine de bougies en tout.
Ensuite, Roger Cukiermann, président du Conseil représentatif des institutions juives de France, a pris la parole pour souligner cette unité profonde de toutes les composantes de la nation, en un tel moment.  Le genre de célébration qui fait oublier et le parti-pris des caricatures, et les volontés d'exclure le religieux de notre sphère sociale ou, à tout le moins, de le ranger dans un angle mort de l'histoire.
Victoire enfin de la tolérance au meilleur sens du terme ; c'est-à-dire, de ce sentiment qui consiste non pas à "tolérer" l'autre, faute de mieux, mais à l'inclure et à lui donner toute sa place.
Ah ! Que notre société serait belle et fraternelle si, enfin, croyants et athées acceptaient de se regarder comme des frères, au lieu de se combattre, de s'exclure ou pire encore, de se caricaturer !
Depuis quelque temps, je me demande si ce n'est pas le commencement de la fin de l'intégrisme anti-religieux ! Suite à cette commémoration fraternelle comprenant des croyants et des non croyants, j'ai apprécié, toujours sur Bfm/Tv, le reportage sur l'opération "mosquées ouvertes" en ce week-end ; enfin, l'on a donné vraiment la parole à des musulmans, en prenant le temps de les laisser s'expliquer, présenter leurs mosquées, expliquer leur façon de prier. A travers cet exemple, et d'autres semblables, il me semble que nous voyons le modèle républicain classique se transformer : les musulmans acquièrent enfin visibilité et reconnaissance dans l'espace public ! Et l'on met enfin en valeur le sens profond du mot "laïcité", dans sa dimension d'ouverture et d'appel au respect de chacun, croyant ou non !
Il est important de souligner que, mardi, F. Hollande a exprimé son refus "que la belle notion de laïcité soit instrumentalisée par certains, en vue de combattre l'expression publique d'un culte ou pour stigmatiser tel ou tel groupe de croyants."  Tiens ?  N'est-ce pas un message clair ?  C'est un signe fort, face aux tentations d'obscurantisme, que cette attention donnée par le président Hollande à l'importance du fait religieux: mardi dernier donc, lors de la cérémonie des voeux, mardi dernier, à l'attention des responsables religieux de notre pays, le président a tenu à exprimer "de la gratitude" pour le rôle positif que les autorités religieuses ont joué au cours d'une année marquée par les attentats. "Vous avez su, conformément à vos traditions et à vos rites, trouver les mots et les gestes pour exprimer votre compassion à l'égard de toutes les victimes, de leurs familles et de leurs proches." Et d'ajouter : "Nous sommes chacun à notre place mais, tout en ayant des démarches différentes, nous participons au même objectif : unir notre pays et concourir à la paix."
Il est malheureux qu'il faille des attentats pour que la France lâche ses vieux démons et se mette enfin à se regarder autrement et à bouger !
Permettre à chacun, croyant ou non, de trouver sa place, de prendre toute sa place, quel beau défi, au service de la fraternité !

vendredi 8 janvier 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.911 : Charlie, mon Frère !

J'imagine que plusieurs vont lever les bras au ciel en découvrant le titre que j'ai donné à ce billet ! "Mais enfin, comment peut-on dire que Charlie est un frère, après tout ce qu'il nous a fait ?"  Et chacun de se remémorer les dessins, plutôt bébêtes d'ailleurs, et faisant preuve d'une grande pauvreté intellectuelle, montrant par exemple le pape Benoît XVI en train de forniquer avec des cardinaux. Et on en remet une couche avec la couverture du dernier numéro, faite pour heurter les croyants.
Oui mais voilà, se laisser aller à la colère, si ce n'est à une certaine violence, vis-à-vis de ce "journal", ne me paraît pas la meilleure attitude à avoir.  En effet, qu'aurait fait, qu'aurait dit le Christ en de telles occasions ?  Nous avons tous en mémoire ses fortes paroles, du type : "Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est au cieux, car il fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants, etc." (Matthieu 5/43-48)  Et je ne parle pas du célèbre : "Père, pardonne-leur ! Ils ne savent pas ce qu'ils font." (Luc 23/34)
Mais je ne voudrais pas en rester à des réflexions "cathos". J'invite donc les dessinateurs de ce journal à sortir de leur bureau pour méditer sur ce qu'ont exprimé de grands penseurs de l'humanité :
-  Bouddha : "Celui qui méprise les autres religions creuse un fossé autour de lui-même."
-  Albert Camus : "L'honnêteté consiste à juger une doctrine par ses sommets, non ses sous-produits."
-  Sr Emmanuelle : "Celui qui reste cloué sur sa religion et sur sa culture est un imbécile."
-  Freud : "Je crois que tous les hommes de bien sont de la même paroisse !"
-  Gandhi : "Je suis musulman, donc je suis hindou, donc je suis bouddhiste, donc je suis juif, donc je suis chrétien."
Et ce magnifique témoignage d'Antoine Leiris, dont la femme a été assassinée le 13 novembre lors des attentats de Paris. Antoine est journaliste cinéma à la radio France Bleu, à Paris.  J'ignore s'il est croyant, et cela n'a aucune importance quant à mon propos. Mais j'aurais envie de reprendre ses propres termes face aux assassins de sa femme, par rapport à Charlie-Hebdo, même si la situation n'a rien de comparable : "Vous n'aurez pas ma haine ! Répondre à la haine par la colère, ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes."
Charlie, je ne te hais pas ! Mais je pense que tu es bien mal informé par rapport à ce que vivent les croyants. Sors un peu de ton bureau, de tes théories toutes faites, de tes préjugés. Demeure profondément non croyant, c'est ton droit le plus grand !  Mais respecte ceux qui croient.
En effet, comme l'a dit si justement le pasteur Martin-Luther King (encore un croyant !) : "Apprenons à vivre comme des frères ; sinon, nous mourrons tous ensemble comme des idiots."
Tel est le message que j'ai laissé aux nombreux participants à la soirée-voeux ouverte par la paroisse à toute la population de Mortagne et de St Laurent, pas plus tard que hier soir.

lundi 4 janvier 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1910 : La famille d'après la Bible

Encore une homélie, allez-vous me dire !
Mais plusieurs m'ayant demandé le texte de mon homélie en la Basilique de St Laurent-sur-Sèvre, lors du récent dimanche de la Ste Famille, le 27 décembre, je me permets de vous présenter ce que j'ai alors essayé d'exprimer.

 
Je voudrais profiter  du cadre de cette liturgie de la Sainte Famille pour vous proposer une petite réflexion sur les grands enjeux de la famille et sur le projet de Dieu par rapport à nos familles.

Tout d’abord, la famille qu’est- ce que c’est et à quoi sert-elle ? Le récent synode nous l’a rappelé, la famille c’est le socle, le terreau où, à travers les enfants, se construit l’Homme, la Femme de demain. Car la famille, c’est la cellule de base de la société, ce qui permet à notre société de se construire harmonieusement.

Cet été 2015, à Rome, lors d'une audience générale, voici comment le pape François a défini la famille : « La famille, c’est l’hôpital le plus proche, la première école des enfants, le groupe de référence éducative pour les jeunes, le lieu de l’amour pour un homme et une femme, et la meilleure maison de retraite pour les personnes âgées.» Intéressant non ? Après avoir entendu cela, toute la place Saint Pierre a applaudi à tout rompre.  En outre, la famille, c’est aussi le lieu où l’on apprend à pardonner, à être solidaire, etc…

 

Il est important, en un temps où la famille pourrait sembler ringardisée, ou dépassée, de lui redonner toutes ses lettres de noblesse. Le pape, les curés et les bons cathos ne sont pas les seuls à croire en la famille ; dans la société civile aussi, malgré les apparences, beaucoup croient en elle. François de Singly par exemple, l’un des sociologues les plus crédibles de notre pays, a écrit ceci : « Jamais la famille n’a eu autant d’importance  ; car chacun a besoin de liens familiaux vrais pour l’aider à construire son identité, et à faire émerger les ressources qu’il possède au plus profond de lui-même. »

Ceci dit il ne faut pas être naïf ; on sait bien ce qui se passe dans chacune de nos maisons ! Le pape lui-même a reconnu qu’il n’existe pas de famille modèle; je le cite encore : « Bien sûr, ce que l’on vit, n’est pas l’idéal, ce n’est pas ce qui devrait être, ni ce dont nous rêvons. » Mais on a tellement sublimé, idéalisé, sacralisé la famille que nombre de nos jeunes, de nos contemporains, ne s’y retrouvent plus, et, ne s’y retrouvant plus, ne se marient plus. Car on a fait de la famille un idéal un peu inaccessible.

Alors, pour y voir plus clair, tournons-nous vers la Bible. Or, dès la première page, que remarquons-nous ? Dès les origines, le modèle familial connaît ses premiers ratés. En témoigne la toute première cellule familiale, Adam et Eve et leurs enfants ; elle fut marquée par le meurtre d’Abel et l’exclusion de Caïn. En guise de démarrage, difficile de faire mieux !

Et si l’on déroule les pages, que découvre-t-on ? Sarah qui pousse son mari Abraham dans les bras de sa servante Agar pour lui assurer une descendance, Esaü trompé par son frère Jacob, Joseph vendu par ses frères jaloux.

Et on continue : Moïse abandonné au bord du Nil, puis se comportant de façon turbulente avec sa famille adoptive, sans parler de l’adultère de David avec la femme de l’un de ses généraux, etc… Il y aurait aussi bien d’autres exemples à citer !

Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’est-ce que Dieu veut par là nous signifier, dans cette Histoire, soit disant « sainte » ?

Ce que l’on constate, c’est que, dans la Bible, les histoires de familles sont pour le moins compliquées. La famille biblique, n’est pas vraiment un modèle à imiter. Et toutes ces histoires viennent nous confirmer qu’il n’y a jamais eu d’âge d’or de la famille.

Et le Nouveau Testament non plus n’est pas tendre avec la famille ; d’ailleurs au sein même de la Sainte Famille, les relations ne sont pas simples : l’évangile de ce dimanche le fait ressentir. Et vous connaissez l’épisode au cours duquel Jésus renvoie vertement sa mère et ses frères, quand ceux-ci cherchent à l’empêcher de prêcher.

Ceci dit, à travers les histoires qu’elle nous rapporte ainsi, la Bible vient résonner avec nos histoires humaines, avec tout ce qui nous semble bancal dans nos familles. Mais, ce qui est instructif, dans tous ces écrits bibliques de familles un peu désordonnées, c’est de voir comment Dieu vient les aider, les éclairer dans leurs blessures.

Les récits bibliques n’ont pas pour but de légitimer ces conduites de meurtres, d’incestes, ou d’adultères, mais ils nous montrent, et je vous donne une clef de lecture, comment Dieu ne rejette pas les personnes qui ont transgressé ! La Bible nous montre comment Dieu vient investir ces situations pour permettre à Abraham, à David et autres, de ne pas être écrasés par leurs déviations ou échecs, mais de repartir et revivre autrement.

La leçon de tout cela, c’est que tous nos modèles de familles, de la plus ordinaire à la  plus recomposée, ou la plus décomposée ou cassée, tous peuvent bénéficier de la grâce de Dieu, de sa miséricorde, de sa compréhension en même temps que de son appel à repartir d’un pas nouveau.

En effet, comme dit le pape François, « si Dieu n’avait pas un regard de bonté par rapport aux personnes divorcées-remariées, aux mères célibataires, aux enfants nés hors mariage, aux personnes homosexuelles, il ne serait pas Dieu. »

De la même façon, tout cardinal, tout prêtre, tout chrétien qui aurait un regard négatif sur ces personnes,  cesserait sur le champ d’être chrétien. 

En cas de difficultés, n’hésitons pas à rejoindre des groupes de réflexion, des équipes de foyers, des associations familiales diverses, pour voir avec d’autres comment avancer.

Dimanche dernier, en cette Basilique, nous sommes passés par la porte de la Miséricorde. Ce matin, nous venons d’entendre saint Jean nous dire que, malgré nos imperfections, « nous sommes appelés enfants de Dieu ». Laissons-nous guider par l’Enfant de Bethléem, pour qu’il nous aide à gérer notre vie familiale dans sa paix et dans sa lumière !

 

 

 

vendredi 1 janvier 2016

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.909 : Le café du 1° de l'an avec des frères

En cette aube superbe du 1° de l'an, tandis que je sors du presbytère pour rejoindre ma voiture, voici que 8h sonnent "au clocher du village".
Un habitué du café-PMU tout proche s'arrête avant d'y entrer pour venir me saluer et il m'offre ses meilleurs voeux.
J'entre avec lui au Central Bar. Quelques clients sont déjà là, et nous nous souhaitons la bonne année.
Sophie, la patronne : "Monsieur le curé, asseyez-vous, et prenez un café avec nous." Sophie me fait la bise, comme en toutes les grandes occasions. Et nous savourons ensemble le bonheur de vivre ces premiers moments de la nouvelle année dans un climat fraternel d'espérance et de paix.
"Monsieur le curé, vous dites la messe aujourd'hui ?"  "Oui, et je penserai à vous !"
Je me remémore ce que j'entendais ce matin, avec cette interpellation de Jacques Attali sur France-Inter : "Peut-on prévoir l'avenir ? En 2016, le pire du pire est vraisemblable ; mais il est de notre devoir de créer les conditions pour éviter cela."
En écoutant Attali, je repensais à ma petite méditation matinale, qui avait précédé cette écoute, à partir du Livre des Nombres (13/25 à 14/12) : lors de la traversée du désert, Moïse avait envoyé douze hommes (un par tribu) pour reconnaître la terre promise en vue de s'y installer. Ils sont revenus après quarante jours en disant : "Oui, le pays ruisselle de lait et de miel, mais le peuple qui l'habite est "puissant". Cela voulait dire : "en somme, on n'y arrivera pas." Cela déclenche les cris et les plaintes de tout le peuple : "Pourquoi Yahvé nous mène-t-il là pour périr par le glaive ?"
Mais réagir ainsi, n'était-ce pas supposer que si on y arrive, c'est par ses propres moyens et son seul mérite ?  En tombant dans le pessimisme, la plainte et le manque d'espérance, par crainte d'une épreuve dont l'on redoute de ne pas être gagnant, est-ce que l'on ne succombe pas à une certaine prétention, à un certain infantilisme ?  Comme si on adorait, on idolâtrait nos propres capacités ?
A chacun de nous d'adapter cette situation et ces appels à notre réflexion, en ce début d'année, et réécoutons autrement cette promesse de Yahvé, faite aux Hébreux par Josué et Caleb, deux des douze envoyés qui, eux, déclarèrent : "Le pays par où nous sommes passés, et que nous avons exploré est bon ! Yahvé nous veut du bien, il nous mènera vers ce pays et il nous donnera cette terre qui ruisselle de lait et de miel. Mais ne vous révoltez pas contre Yahvé !  N'ayez pas peur (des gens qui peuvent nous sembler dangereux ni des problèmes), car ils nous seront livrés en pâture. Ils n'ont plus rien à espérer, car Dieu est avec nous. N'ayez donc pas peur." (Nombres 14/5-9)
Josué et Caleb étaient minoritaires ; ils n'ont pas forcément été entendus...  Et pourtant !
C'est dans cette grande perspective biblique que j'ai l'honneur et le bonheur de souhaiter, à chacune et chacun d'entre vous, chers amis blogueurs, une bonne et une sainte année 2016 !