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Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

vendredi 25 décembre 2015

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.906 : Crèche vivante à Mortagne (cette année, Jésus est Syrien, Afghan, Somalien...)

Depuis ma plus tendre enfance, les crèches vivantes de Noël m'ont toujours fasciné, que ce soit en Vendée, au Mali ou ailleurs.  C'est tellement inspirant, et si évocateur !  Dans telle ou telle paroisse où j'ai eu le bonheur d'exercer, j'ai vu de telles réalisations, et j'en garde un merveilleux souvenir.  Mais je crois que le moment le plus fort pour moi, cela aura été ce que nous sommes en train de vivre, depuis quelques semaines, avec l'arrivée de deux familles de Réfugiés à Mortagne-sur-Sèvre.
Voilà que, tout à coup, la crèche vivante n'est plus seulement une représentation que l'on met en place, si sympathique soit-elle, mais bien la concrétisation d'un réel avec lequel on ne peut pas tricher. Des Réfugiés sont arrivés chez nous, invitant les Mortagnais à se repositionner par rapport à une arrivée que d'autres communes proches, et pas des moindres, ont souhaité ouvertement éviter, soit-disant par peur d'une "invasion" (!)
Hier soir, 800 personnes ont participé à la messe de la nuit de Noël à la salle polyvalente de Mortagne. Les Réfugiés Syriens étaient présents, y compris la famille comprenant un Yézidi et son épouse, une musulmane voilée. Comment, en un tel moment, et sans vouloir profiter de la situation, ne pas rendre hommage à la communauté humaine de Mortagne, devenue, depuis quelques semaines, comme une grande et généreuse crèche vivante ?
A travers ces personnes qui ont dû fuir leur pays, et longtemps, ont séjourné dans des camps, en Jordanie et au Liban, comment ne pas voir l'image aujourd'hui de Jésus errant ?  "Il n'y avait pas de place pour eux dans l'auberge locale." (Luc 2/5)
Au coeur de la nuit de Noël, avec ces Syriens au milieu de notre assemblée, nous avons tous ressenti profondément l'honneur qui nous était fait, d'accueillir le Christ lui-même, sous les traits de ces étrangers, de religion catholique, yézidi ou musulmane.
Personnellement, je n'était pas peu fier de constater que les Mortagnais ont su se montrer à la hauteur de cet appel de Jésus : "J'étais étranger, et vous m'avez recueilli." (Matthieu 25/35)  Et les applaudissements nourris qui ont crépité lorsque les Syriens se sont mis debout pour se présenter, ont témoigné de cette ferveur toute évangélique qui anime notre région.
Après la proclamation de l'évangile de Noël, tous les enfants ont reçu un superbe coeur rouge, contenant des appels à être bons, solidaires, ouverts à tous.
La fraternité, cela s'apprend, en effet !
En même temps, je reste triste, en pensant aux réactions de rejet de trop de nos concitoyens Français, par rapport à cet accueil de l'étranger. Non loin de Mortagne, certains se plaignent déjà de la présence chez eux d'autres Syriens. Je ne veux juger quiconque, mais je me demande si ces personnes, si elles ont participé à la messe de Noël et chanté les beaux cantiques, se sont rendu compte de la contradiction qu'elles cultivaient !
Je laisse la parole à présent au Père Zambito, curé de Lampedusa  :  "Chaque génération oublie d'où elle vient. La France est le pays des droits de l'homme, mais il semble que les droits des peuples y aient été complètement oubliés. L'individualisme est au plus fort ! Or, la venue du Sauveur est un moment où un choix doit être posé : certains l'ont accueilli, d'autres pas. Noël, c'est un appel à prendre ses responsabilités !"  (La Croix du 25/12/15)
Notre pays va-t-il enfin entendre cet appel plus clairement ?
Moment très fort aussi, lorsque les Syriens ont prié le "Notre Père", avec beaucoup d'émotion, mais d'une voix ferme, en arabe évidemment... Sous l'écoute attentive de tous, avant que nous le disions en français.

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