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Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

samedi 12 octobre 2013

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.716 : Raser une église ? Quelques préalables...

Le 4 juillet dernier, le conseil municipal de Mortagne-sur-Sèvre a voté la démolition de l'église Saint Hilaire de Mortagne, à 14 voix contre 9 pour la rénovation totale et 1 pour la rénovation partielle. Monsieur le maire, quant à lui, s'est prononcé pour le maintien de l'édifice.
Mais, a-t-on pris les choses dans le bon sens ?  En effet, une commune ne peut pas décréter comme comme ça qu'une église va être détruite. Il y a, avant de prendre une décision de ce genre, quelques préalables à respecter.
Tout d'abord, il y a un volet juridique à prendre en compte : avant toute chose, ainsi que la loi l'indique, il importe d'avoir l'avis de l'évêque. D'après le décret du 17 mars 1970, "la désaffectation d'une église est prononcée par arrêt préfectoral à la demande du conseil municipal lorsque la personne physique ou morale ayant qualité pour représenter le culte affectataire (en l'occurrence, l'évêque) aura donné par écrit son consentement à la désaffectation."  Or, à Mortagne, malgré les interventions du vicaire général lors de rencontres avec la mairie, à ce jour, ce préalable n'a pas été suivi. Voici aussi un extrait du courrier envoyé par le diocèse à monsieur le maire avant le vote, le 24 juin dernier :  "Nous sommes conscients que le coût de restauration de l'église Saint Hilaire est une charge importante pour la commune, mais ce patrimoine historique et religieux mérite que l'on s'y intéresse, et il doit rester un atout majeur dans le rayonnement de la commune de Mortagne-sur-Sèvre."
Il y a aussi, par rapport à ce type de question, un volet humain à considérer : une église, dans une commune, c'est un message ; c'est un élément constitutif de l'histoire d'un lieu ; c'est autour d'elle que le quartier s'est constitué. Régis Debray, qui n'est pas un pilier de sacristie, a coutume d'alarmer nos contemporains sur le risque d'amnésie en matière religieuse ; d'après lui, la société sécularisée doit veiller à ne pas se couper de ses racines religieuses.
André Malraux, quant à lui, voit s'établir, comme il l'explique dans "Le Musée imaginaire", "un parallèle entre la faculté de l'homme d'accéder à un stade supérieur de la conscience individuelle et le développement du lieu cultuel". Impossible de mieux définir la place éminente d'une église dans la cité !
Le volet ecclésial d'un édifice religieux n'est pas toujours bien compris non plus !  On objecte souvent la baisse du nombre des pratiquants aux messes dominicales. Mais "l'utilité" d'une église peut-elle être jugée sur cette seule approche, quantitative et utilitaire ?  Il n'y a pas que la messe du dimanche ! Il y a la célébration des grands moments de la vie (baptêmes, mariages, sépultures). L'église, c'est aussi un lieu de silence et de prière. Les enfants s'y retrouvent pour des rassemblements de catéchèse. Également, l'église favorise la vie du quartier, où elle est toujours un point de reconnaissance, un lieu qui favorise l'identification. A-t-on suffisamment analysé tout cela ? Mais il est vrai que, si la vie ecclésiale s'étiole sur le quartier, l'on comprend qu'une commune y réfléchisse à deux fois avant de retaper une église peu utilisée et peu habitée !
Parlons enfin du volet financier : construite entre 1903 et 1904, grâce à l'argent et aux sacrifices des paroissiens, à peine achevée, cette église a été confisquée en 1905. Les communes, de Saint Hilaire de Mortagne d'abord, puis de Mortagne, en sont devenues propriétaires ; mais, depuis 108 ans, l'église a été fort peu entretenue. N'y a-t-il pas là un oubli fâcheux, sinon une grande injustice ?  N'était-il pas du devoir de la commune, en tant que propriétaire, de se soucier de l'entretien de l'église Saint Hilaire ?  C'est en tout cas le rappel qui a été lancé par le diocèse à monsieur le maire dans un courrier faisant suite au vote du 4 juillet : "Nous avons appris par voie de presse la décision de votre conseil municipal relative à l'avenir de l'église Saint Hilaire. Cette décision ne correspond pas aux souhaits exprimés par Mgr Castet, comme nous avons déjà pu vous le dire et vous l'écrire. Mgr Castet se permet donc de vous rappeler qu'il reste favorable à la rénovation partielle de cet édifice religieux."  Ceci dit, s'il l'on comprend la position de notre évêque, jusqu'où est-elle réaliste ?
L'on a pu douter de la capacité financière de la commune à faire face au financement de la rénovation de l'église ; mais, lors de la réunion publique du 13 mars 2013 et lors du conseil municipal du 4 juillet 2013, monsieur le maire a eu la franchise d'expliquer que la commune disposait des moyens nécessaires pour y parvenir sans augmenter les impôts ni l'endettement.. Comme l'exprime un paroissien pleinement au courant de ces questions : "Le coût estimatif des travaux est tout à fait à la portée de la capacité financière annuelle de la commune à investir. La réalisation de cet investissement ne se fera pas au détriment d'autres investissements. En ayant attendu plus de cent ans pour procéder à des travaux d'envergure, l'église Saint Hilaire a laissé la priorité à beaucoup d'autres investissements communaux. Combien  d'autres bâtiments communaux auraient pu attendre aussi longtemps sans craindre la ruine bien avant ? La réalisation des travaux de restauration de l'église Saint Hilaire provoquerait tout au plus un léger décalage d'autres investissements qui ne mettraient pas en péril le devenir d'autres bâtiments ni leurs usages."
En conclusion, une association, "Mortagne Patrimoine de Vendée" s'est mise en place et milite pour faire avancer les choses désormais. Cela peut s'expliquer ; mais, localement, les chrétiens auront-ils la force, la volonté, les capacités, ensuite, de faire vivre leur église et d'en assurer les services : fournir sacristains, fleuristes, balayeurs, animateurs en nombre suffisant ? C'est une question que l'on ne peut mettre de côté, si l'on veut vraiment préparer l'avenir.  Et en ne perdant jamais de vue qu'il ne s'agit pas d'abord de rénover un bâtiment, mais, au coeur de notre commune, de bâtir l'Église avec un grand "E", dans une proximité profonde avec le Christ, prié chaque jour ?  C'est surtout cela qui est à souhaiter, à vérifier et à rénover !











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