Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

lundi 30 septembre 2013

Le Blog de l'Arche de Noé 85 n° 1.709 : Deux nouveaux diacres : un cadeau pour la paroisse et pour l'humanité !

Journée exceptionnelle, hier, avec l'ordination, en la Basilique paroissiale de Saint Laurent-sur-Sèvre, de trois diacres, trois pères de famille dont, en plus d'Hervé, de Landeronde, deux pour notre seule paroisse Montfort-sur-Sèvre, Noël et Thierry, ce qui est n'est pas banal. Si je peux me permettre de donner mon sentiment, sans vouloir mettre les diacres au-dessus des prêtres pas plus que vice-versa, il se trouve que je suis toujours plus impressionné par les ordinations diaconales que par celles de frères prêtres, et cela pour trois raisons.
D'abord, il y a la présence de leurs épouses et de leurs enfants au premier rang ; c'était d'ailleurs encore plus marquant lorsque, il y a quelques années, c'était l'épouse qui apportait l'aube que devait revêtir son mari. Et lorsque chaque épouse, en réponse à l'appel de l'évêque, exprime son accord avec le choix fait avec le mari et les enfants, et qu'elle exprime ce qu'elle ressent, on entendrait une mouche voler !
Le deuxième moment, pour moi le plus significatif de cet engagement et le plus émouvant, c'est lorsque chaque ordinand s'étend de tout son long sur le sol, tandis que descend alors alors sur eux, avec la grâce d''En-haut, la prière de toute l'assemblée.
Enfin, aussitôt après le moment même de l'ordination, quand tous leurs frères diacres viennent un par un saluer chacun de leurs jeunes frères dans le diaconat, là encore, également, je me sens profondément ému.
De tels moments d'ordination représentent des pages d'Eglise tout à fait exceptionnelles, tandis que chaque nouveau diacre met ses mains, sa vie, son ministère, et tous ceux et celles qui sont dans sa vie et qu'il accompagne au jour le jour, entre les mains du Christ. Hier, Noël, Hervé et Thierry ont rejojnt de façon visible le ministère diaconal du Christ-Serviteur du peuple de Dieu que représente l'humanité entière, depuis leur famille, leur milieu professionnel, jusqu'aux "périphéries" de notre monde. A l'exemple et sur les pas du pape François, ils vont oeuvrer désormais à rendre plus visible l'Evangile du Christ aux yeux de tous, particulièrement de ceux dont l'Église est loin.
Noël, Hervé, Thierry, la paroisse, l'Église, hier, ont manifesté clairement leur bonheur, face à votre engagement. Merci d'avoir dit "oui" !  Vous pouvez compter sur notre amitié et notre prière.  Et merci enfin aux deux équipes qui vous ont accompagnés toutes ces années, ainsi qu'au soutien si important des paroissiens !

dimanche 29 septembre 2013

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1708 : Une parabole du pauvre Lazare et du mauvais riche pour aujourd'hui

Ce matin, tout à fait par hasard, je méditais une prière de l'abbé Michel Quoist intitulée : Voici l'autre devant moi", quand je m'aperçus qu'elle faisait très bien écho à la parabole que nous offre la liturgie de ce dimanche, et sur laquelle j'ai prêché hier soir, comme je le ferai tout à l'heure encore à Mortagne.
En écho également à ce que je viens de lire à l'instant, dans le journal "La Croix" de vendredi ; d'après une interview de Michel Rocard et Pierre Larrouturou : cette année, 85% des contrats de travail sont des CDD ; il y a 5.780.000 inscrits à Pôle emploi, et nous allons passer le cap des 10 millions de gens qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté : humainement, c'est dramatique !

Voici l'autre devant moi

Voici l'autre devant moi, Seigneur.
Je dois le regarder, "lui",
au-delà de ma sympathie ou de mon antipathie,
au-delà de mes idées et de ses idées,
de mon comportement et de son comportement.
Je dois "lui" permettre d'exister devant moi,
tel qu'il est en son être profond
et non pas l'obliger à l'attaque,
à la défensive, à la comédie.
Je dois le respecter, autre que moi,
et non pas le saisir pour moi,
le gagner à mes idées,
l'entraîner à ma suite.
Je dois être pauvre devant "lui",
ne pas l'écraser ou l'humilier,
ni l'obliger à la reconnaissance.
Car il est unique, Seigneur,
et donc riche
d'une richesse que je ne possède pas,
et c'est moi le pauvre
qui me tiens à sa porte, nu, dépouillé,
pour apercevoir, au fond de son coeur,
ton visage
O Christ ressuscité,
qui m'invite et me sourit.

vendredi 27 septembre 2013

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.707 : Une Basilique pleine de jeunes de Saint Gab' et de St Michel !

Image impressionnante ce matin : près de 600 jeunes de Saint Gabriel et Saint Michel remplissant la Basilique de Saint-Laurent-sur-Sèvre, avec leurs enseignants et des parents, pour un temps de prière eucharistique, à l'occasion de la rentrée et pour la fête patronale, en proximité avec la fête des Saints Archanges, le 29 septembre. Un sacré coup de jeune en tout cas, pour la vénérable Basilique : le Saint Père de Montfort, qui y repose, a dû s'en retourner de bonheur, en compagnie des vénérables Archanges, au plus haut du ciel. Toute cette jeunesse vivant un tel temps fort spirituel au moment d'entamer l'année, c'est aussi l'un des beaux fruits de son dynamisme missionnaire et de celui de ses disciples, dans notre région !
J'ai été particulièrement marqué par le sérieux de ces jeunes pendant la cérémonie, fort bien animée par une formidables équipe d'élèves, chanteurs et instrumentistes, tous très talentueux, faisant partie de l'IMV. Il est vrai que seuls les élèves volontaires participaient à ce temps de prière, mais quand même... L'on sentait derrière ce fait la qualité d'une équipe de direction et d'enseignants de grande valeur, avec un projet pastoral clair : permettre à chacun de faire l'expérience de grands temps forts spirituels collectifs, capables d'entraîner l'adhésion des jeunes ; et cela, grâce au travail permanent d'une équipe pastorale ne ménageant ni sa peine ni ses efforts. En tout cas, si demain il y a encore parmi nous des jeunes à l'aise avec le message du Christ, c'est bien à ces responsables que nous le devrons.
Entre autres moments forts, grande émotion, très sensible, au moment du mémento des défunts, lorsque Noël, qui va être ordonné diacre dimanche, a égrené la longue liste des défunts proches des uns et des autres (élèves, enseignants, personnels de service, parents...), pour l'année écoulée : Saint Gabriel -Saint Michel, c'est vraiment une grande famille.
Évidemment, dans nos assemblées du dimanche en paroisse, les quelques jeunes présents se sentent parfois un peu esseulés, au milieu de nombreuses têtes blanches. Voilà pourquoi il est si important que les responsables de Saint Gab' et St Michel leur permettent de vivre des eucharisties où ils se retrouvent nombreux et à l'aise, dans une atmosphère correspondant à leur culture et à leur attente ! Merci à eux !

mercredi 25 septembre 2013

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.706 : "Il y avait plus de monde dehors que dedans !"

Hier, l'église de Velluire était archicomble à l'occasion de la sépulture de ma cousine Madeleine, décédée d'un cancer. Nous avions le même âge. La foule était vraiment importante et, à en juger à l'imposante procession autour du cercueil, ce n'était pas une figure de style que de dire qu'il y avait davantage de monde à l'extérieur que dans l'église même. Les anciens n'avaient pas vu cela depuis plusieurs années et, en voyant défiler tout ce monde, je pensais à la célèbre parole de saint Augustin : "Certains se croient dehors qui sont dedans ; certains se croient dedans qui sont dehors."
L'on aurait pu penser, même si cette réflexion est ridicule, que les chrétiens "authentiques" - mais qu'est-ce que signifie ce qualificatif ? - se trouvaient à l'intérieur des murs de l'église, tandis que "les autres" demeuraient à l'extérieur, à la porte de celle-ci, et non dans "le saint des saints". Heureusement, actuellement, à peu près tout le monde a compris que ce n'est pas ainsi qu'il faut distinguer les choses.
Tout d'abord, il ne faut jamais perdre de vue, comme je le serine sans cesse au risque d'abuser de votre patience, que le peuple des enfants de Dieu, le peuple de Dieu comprend l'ensemble de l'humanité. Nul homme n'est né en-dehors de la volonté créatrice et aimante de Dieu, bien entendu !
L'on a longtemps pensé, prêché, écrit, annoncé, à tort, et en infidélité à l'Evangile, que ne faisaient partie du peuple de Dieu que ceux qui étaient estampillés "catholiques", ceux qui étaient baptisés ; en un mot comme en cent, ceux qui n'étaient ni divorcés, ni homosexuels, ni juifs, et surtout encore moins musulmans évidemment.
Dans le peuple de Dieu, les baptisés ne sont pas supérieurs aux autres ; ils ne sont pas meilleurs ni moins pécheurs qu'eux. Simplement, de par leur baptême, ils reconnaissent, ou peuvent reconnaître, en Dieu, leur créateur et sauveur ; et ils sont invités à témoigner de son amour en aimant leurs frères.
Je crois qu'hier, grâce à la belle préparation et animation des chrétiens de Velluire et de la paroisse, beaucoup, y compris parmi ceux qui n'avaient pu trouver place à l'intérieur de l'église, auront entrevu un peu de ce message d'espérance et d'amour que nous donne notre foi au Dieu vivant !

lundi 23 septembre 2013

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.705 : Quelle chance de connaître le Scoutisme !

Quand j'étais petit, j'aurais rêvé d'être scout ! Mais ce n'était pas facile : il fallait aller à Fontenay-le-Comte, et les moyens manquaient... Je me suis contenté - façon de dire - d'être Coeur Vaillant, ce qui n'était pas mal non plus, mais peut-être moins aventureux...
J'y repensais hier matin, en voyant tous ces jeunes scouts et guides de France et leurs chefs et cheftaines entrant solennellement en procession dans la Basilique de Saint-Laurent-sur-Sèvre, derrière la grande et belle croix qu'ils ont confectionnée.
C'était hier leur journée de rentrée, commencée très tôt, avec dès 9h une animation, puis la messe, le pique-nique dans un grand pré sous un soleil éclatant, et enfin, l'après-midi, une rétrospective des camps, et toutes sortes d'interventions relatives à la vie du groupe Montfort.
Ce qui me frappe toujours quand je les rencontre, c'est le dynamisme incroyable de ces jeunes, et aussi, celui de leurs parents présents : ils ont de qui tenir, avec ces parents qui ont su insuffler au coeur de leurs jeunes cette passion, cet esprit scout qui les arme si bien pour affronter tant leur présent que leur avenir.
Et l'on se disait hier : quel dommage que d'autres jeunes, qui pourraient aimer cet esprit, cette pédagogie, ce style de vie et d'action solidaire, passent à côté d'une telle richesse éducative !  Il y a sûrement à trouver de nouveaux moyens pour faire connaître cette possibilité à tous les jeunes.
A la messe le matin en tout cas, ils ont donné un beau témoignage à l'assemblée, par leur présence en nombre comme par leurs interventions, et surtout, en fin d'eucharistie, à travers le chant émouvant de la superbe Prière Scoute, devant toute l'assistance debout :
                                                                                                                                                      Seigneur Jésus, apprenez-nous
A être généreux,
A vous servir comme Vous le méritez,
A donner sans compter,
A combattre sans souci des blessures,
A travailler sans chercher le repos,
A nous dépenser sans attendre d'autre récompense
Que celle de savoir que nous faisons
Votre sainte volonté.


(d'après une prière de Saint Ignace de Loyola)

dimanche 22 septembre 2013

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.704 : Servant(e)s d'autel

Nous avons la chance sur la paroisse, tant à Mortagne qu'à St Laurent-sur-Sèvre, d'avoir deux équipes de garçons et filles servants d'autel, sur chacun de ces deux lieux. Et cela, grâce à la ténacité et au suivi de quelques parents tout à fait motivés ; ceux-ci ont bien compris que c'était sans doute doute le meilleur moyen de permettre à leurs enfants de vivre la messe autrement,  plus positivement, et de mettre le pied un peu plus profondément dans l'amitié avec le Christ et un réel service d'Eglise.
Il y a quelque temps, lors d'une sortie-détente à Mervent, ils ont vécu une journée riche et fort bien remplie, sur les pas du Père de Montfort d'ailleurs, et ils en gardent le meilleur souvenir.
Dimanche dernier, la salle paroissiale de Mortagne était remplie de convives, lors du pique-nique annuel rassemblant enfants, parents et accompagnateurs : une belle image de la jeunesse de l'Église ! Occasion intéressante pour les parents de se rencontrer, pour les enfants de se détendre ensemble : leur grande tablée était fort animée !
Joie, foi, fraternité, bonheur, lumière, engagement, service des autres, entraînement mutuel : de quoi emplir positivement l'univers de ces jeunes enfants, dans la rencontre entre eux et avec le Christ vivant.

vendredi 20 septembre 2013

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.703 : "Ca va de mal en pire !"

Hier encore, j'ai entendu cette réaction, et vous aussi peut-être : "Ah vraiment, ça va de mal en pire", ainsi que s'exprimaient déjà, vers le XII° siècle paraît-il, nos augustes grands-pères. C'est vrai, avec la "racaille" qui est dans les rues, les musulmans qui veulent changer nos églises en mosquées, le gouvernement qui promet mais ne fait rien, l'opposition qui critique mais n'a rien fait, l'évêque qui ceci, le curé qui cela, et j'en passe, et des meilleures !
C'est drôle parce que, en fait, quand on regarde bien les choses, on peut voir tout le contraire de ces minables caricatures. Tenez, à l'instant, à la radio, je viens d'entendre que dix imams français doivent se rendre à Rome en ces jours, pour y rencontrer François et lui proposer la mise en place d'une rencontre avec les responsables des diverses religions du monde. Serait-ce donc qu'il nous aurait échappé qu'il reste encore quelques musulmans en France qui soient fréquentables malgré tout ?  Quelle bonne et surprenante nouvelle, quand on sait que plus de 75% des Français, dont de nombreux "bons" catholiques, ont une très mauvaise opinion de la religion musulmane et de ses adhérents.
O, Esprit de Lumière, vient nous éclairer !  Apprends-nous à regarder enfin ce monde avec tes yeux de respect et d'amour. Apprends-nous à repérer, dans le fatras des nouvelles, celle, toute petite, qui peut redonner un peu d'espérance en l'avenir de notre terre. Apprends-nous à discerner, dans cet échange avec telle personne, la phrase qui montre que ce fils ou cette fille de Dieu, au-delà de toutes ses failles que nous percevons beaucoup plus rapidement, est cependant en recherche de justice, d'amour et de vérité. Et, face aux grands événements du monde, donne-nous de deviner, avec ton aide, l'avancée de notre planète, à tous petits pas, vers l'infini de ton Amour !

mercredi 18 septembre 2013

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.702 : "Le corps du Christ est plus étendu qu'on ne le pense." (Charles Péguy)

C'est toujours avec surprise que j'entends des gens se plaindre que le nombre des chrétiens diminue, qu'il n'y a plus beaucoup de jeunes à nos assemblées, qu'on n'était pas nombreux à telle manifestation religieuse, qu'il y a moins de prêtres... Comme si le peuple de Dieu était en train de s'effondrer, comme si tout était presque perdu pour l'Evangile. Aussi, une phrase décisive comme celle de Péguy, que je vous partage en ce jour, représente une parole profondément prophétique, nous invitant à regarder bien au-delà des chiffres, des nombres, des quantités, des impressions et des peurs qui nous fatiguent et risquent même de nous épuiser.
Mais enfin, semble nous dire Charles Péguy : le corps du Christ peut-il se décomposer comme ça ?  D'abord, se limite-t-il à l'étroitesse de nos églises ?  Et ce n'est pas parce que des municipalités votent la déconstruction de diverses églises, en Anjou, à Mortagne ou dans d'autres coins de France et du monde, que cela veut dire que le corps du Christ va disparaître !  Aurions-nous oublié que les milliards d'êtres humains qui peuplent notre planète ont tous été créés à l'image de Dieu ? Que le nom de chacun d'eux est écrit avec précision sur la paume de la main du Seigneur, ainsi que l'assure si bellement le prophète Isaïe (49/16) ?
Si le corps du Christ n'était constitué que des chrétiens (et de quels chrétiens ?), quel dommage, quelle déception en effet, quelle étroitesse, quel échec de notre Dieu !  Mais quand l'on prend conscience que chaque personne humaine, et cela depuis la nuit des temps, a été créée, voulue, aimée par le Sauveur, et que tous, quelles que soient leur origine, leur religion ou non religion, leur condition, font partie de son corps, de quoi, "de qui aurais-je crainte ?" (psaume 27)
Et que savons-nous de ce qui se passe au fond du coeur de chacun, croyant ou non ? Puisque, comme le disait Saint Jérôme : "Tout homme naît avec l'Esprit-Saint. Le nom du Seigneur n'a pas été enfermé dans Israël !" !

dimanche 15 septembre 2013

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.701 : "Mon père m'a dit que je m'en sortais pas mal."

Cela m'a fait plaisir d'entendre ce jeune  me signaler, avec une vraie joie, l'intérêt que son père avait pris à son travail. J'ai parfois l'impression en effet que l'on ne prend pas suffisamment le temps ni la peine de souligner les avancées, les réussites, les richesses, les talents, même tout petits, de ceux et celles avec lesquels nous vivons ou que nous rencontrons. Or, jeunes, et même moins jeunes, ont un besoin vital de se sentir reconnus, appréciés, aimés, soutenus, encouragés. Combien de jeunes, d'adultes, ont progressé, ont réussi à émerger, parce que quelqu'un, auprès d'eux, avait cru en leurs possibilités !
Finalement, une de nos missions les plus importantes sur cette terre, la meilleure façon peut-être de nous rendre utiles, est-ce que ce ne serait pas, sans cesse, et avec tous, de repérer, de féliciter, de soutenir quiconque, autour de nous, dans ce qu'ils sont, dans ce qu'ils vivent et dans ce qu'ils font  ?  Et d'amener chacun à en faire autant.
Quelle merveille, en effet, que de créer un monde où chacun se sentirait compris, accepté, tel qu'il est, avec ses richesses comme avec ses pauvretés ?  "I have a dream", "je fais un rêve", pour paraphraser le mot célèbre et plein d'espoir du pasteur Martin-Luther King.
Valoriser ses frères, et bâtir ainsi, dès à présent, l'humanité nouvelle dont nous rêvons, ne serait-ce pas une des meilleures façons d'entrer dans le grand projet créateur de Dieu ?  Chaque fois que nous mettons en valeur l'un des plus petits de nos frères, c'est le visage du Christ vivant que nous contribuons à révéler, à la face du monde entier !

dimanche 8 septembre 2013

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.700 : "Et si on essayait l'Evangile ?"

Je vous cite de mémoire cette réflexion de Gandhi, dont je n'ai pu retrouver l'origine exacte : "Et si on essayait l'Evangile ?"  Par rapport aux projets de frappes aériennes en Syrie, autant je ne suis pas surpris que des dirigeants non croyants ne comprennent que la force pour faire plier un dictateur, autant je suis stupéfait de voir des dirigeants, ou même de simples citoyens, se déclarant de tradition chrétienne, leur emboîter le pas !  Notre foi chrétienne, l'exemple du Christ, ne nous auraient-ils donc rien appris ?
J'en reviens à Gandhi, qui écrivait : "Il me semble que le christianisme reste encore à réaliser. En effet, bien que nous chantions : "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur terre", il n'y a aujourd'hui ni gloire à Dieu ni paix sur la terre. Aussi longtemps que cela reste une faim encore inassouvie, et tant que nous n'aurons pas déraciné la violence de notre civilisation, le Christ n'est pas encore né. Quand la paix réelle sera établie, nous n'aurons plus besoin de démonstration : cela resplendira dans nos vies non seulement individuelles, mais collectives."
En ce moment cependant, peut-être l'Evangile commence-t-il à être mieux perçu par un certain nombre de chrétiens, si l'on en croit l'impact des déclarations de François. Je pense aussi au retentissement mondial de son appel au jeûne et à la prière pour que, "dans notre société déchirée par les divisions et les conflits, explose la paix", pour reprendre son appel solennel du 1° septembre.
Et si les chrétiens écoutaient les multiples appels des responsables religieux à travers le monde en faveur d'une solution qui évite d'ajouter la guerre à la guerre ?  L'appel des chrétiens de Syrie en premier lieu, celui des 70 patriarches, évêques et responsables d'Eglises chrétiennes de l'Irak, du Liban, de Jordanie et autres pays lancé cette semaine à Amman, celui des évêques des Etats-Unis, des évêques de France, l'appel de nos frères protestants français, ... Une sorte d'unanimité qui va dans le sens de recherche de solutions en accord avec l'Evangile.
Si le Christ était visiblement parmi nous, imagine-t-on qu'il pourrait tolérer des frappes sur un pays ? A-t-on réellement épuisé les autres solutions ? Les a-t-on seulement cherchées ?  Quant à nous, avons-nous seulement essayé l'Evangile ?  La prière et le jeûne forment les seules "divisions du Vatican", pour reprendre l'ironique boutade de Staline. A nous, chrétiens, d'utiliser ces armes, sans modération !

mercredi 4 septembre 2013

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.699 : "Plus jamais la guerre !"

Les plus anciens d'entre vous se rappellent sans doute ce fantastique appel de Paul VI aux Nations Unies, le 4 octobre 1965 : "Plus jamais la guerre !" Au Grand Séminaire de Luçon, ce cri de Paul VI nous avait marqués, et je nous revois encore devant la télé, subjugués, en train de l'écouter, à ce que l'on appelait la "salle des exercices" ! Quel bonheur de réentendre ce cri d'humanité dans la bouche du Pape François, lors de l'Angélus du dimanche 1° septembre dernier : "Plus jamais la guerre !"
Malheureusement, sera-t-il écouté ?  En effet, pour reprendre les phrases de Cécile Klinguer (la femme de Jean-Noël, je crois), dans le Courrier des lecteurs du journal "La Croix" de ce lundi 2 septembre, "des centaines de milliers de personnes sont capables de descendre dans la rue pour défendre les valeurs de la famille...Mais pourquoi les rues restent-elles désespéreément vides lorsqu'il s'agit de défendre la vie, celle de milliers d'innocents qui meurent dans la plus totale indifférence, en Syrie, en Egypte, au Liban et dans tant d'autres pays déchirés par la guerre ?"
Sur la paroisse, dimanche prochain, à toutes les messes, nous inviterons les paroissiens à venir, l'après-midi, passer un moment de méditation et de prière à la Basilique de St Laurent-sur-Sèvre, entre 14h30 et 17h, pour répondre à l'appel de François, qui invite à une journée de jeûne et de prière pour la paix.
Vous pourrez trouver facilement le bel appel de François dans les médias. Mais je me plais aujourd'hui à vous communiquer un superbe appel à la paix, de la part de deux sages musulmans maliens, considérés quasiment comme des saints, lorsque je vivais au Mali : éclairant !

« Nous nous sommes éloignés de Dieu »
Tierno Bokar
Mali

Alors qu’Amadou Hampaté Bâ lui demande ce qu’il pensait des luttes qui étaient ordonnées au nom de la religion, Tierno Bokar répondit :

« Personnellement, je ne m’enthousiasme que pour la lutte qui a pour objet de vaincre en nous nos propres défauts. Cette lutte n’a rien à voir, hélas avec la guerre que se font les fils d’Adam au nom d’un Dieu qu’ils déclarent aimer beaucoup, mais qu’ils aiment mal puisqu’ils détruisent une partie de son œuvre.
En Dieu, frères de toutes les religions, abaissons les frontières qui nous séparent. À bas toutes les créations artificielles qui opposent les humains les uns aux autres !
Nous nous sommes éloignés de Dieu, nous nous sommes fourvoyés dans les labyrinthes de notre sinistre édifice bâti de briques du mensonge et du mortier de la calomnie. Vite, sortons des pièces si malencontreusement disposées par notre orgueil et notre égoïsme, par la lassitude de nos mœurs et la dureté de nos cœurs. Volons comme un aigle aux ailes puissantes vers l’union des cœurs, vers la religion qui ne tendra pas à l’exclusion des autres « credo » mais à l’union universelle des croyants libres de leur personne et moralement libérés des appétits de ce monde.
Du haut d’un ciel d’amour, en commun nous attesterons pieusement l’Unicité de Dieu : Source de Vie qui répand la lumière et que l’on ne peut enfermer dans une définition humaine.
La Religion, celle que veut Jésus et qu’aime Mohammed est celle qui, comme l’air pur, est en contact permanent avec le soleil de Vérité et de Justice, dans l’Amour du Bien et de la Charité pour tous.
Quand donc l’homme comprendra-t-il que les chevaux de bataille haletants et les armes qui font jaillir un feu de mort et de destruction ne peuvent détruire que l’homme matériel, jamais le principe même du mal qui habite l’esprit méchant dépourvu de charité. Le mal est comme un souffle mystérieux. Lorsque l’on tue par la violence ou par les armes un homme animé par le mal, le principe du mal bondit du cadavre qu’il ne peut plus habiter et pénètre dans le meurtrier par ses narines dilatées. Il prend en lui une racine nouvelle et devient plus tenace encore en redoublant de forces. Le mal doit être combattu par les armes du Bien et de l’Amour. Quand c’est l’Amour qui détruit le mal, ce mal est tué pour toujours.
La force brutale ne fait qu’enterrer provisoirement le mal qu’elle veut combattre et détruire. Or le mal est une semence tenace. Une fois enterrée, elle se développe en secret, germe, réapparaît plus vigoureuse encore ».  
Amadou Hampaté Bâ - Vie et enseignement de Tierno Bokar - Le sage de Bandiagara,

Editions du Seuil, Paris, 1980, pp. 158-160

Tierno Bokar, sage malien maître de la confrérie Tidjani, né en 1875 à Ségou et mort en 1940 à Bandiagara. La vie et l’enseignement de celui qu’il appelle le sage de Bandiagara sont rapportés par son disciple Amadou Hampaté Bâ.

 

lundi 2 septembre 2013

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.698 : Fraternité scoute

Dans le monde si dur dans lequel nous vivons, nous pouvons avoir l'impression parfois que la fraternité est morte, et que c'est le triomphe du chacun pour soi, tandis que trop de nos semblables souffrent dans un isolement total. Mais il nous faut y regarder de plus près avant de tomber dans le pessimisme. J'en ai eu encore la preuve hier après-midi, au cours d'une cérémonie organisée par les Scouts et Guides de France du groupe local Montfort, à St Laurent-sur-Sèvre.
Trois membres du groupe viennent de perdre leur papa ; en l'absence de cérémonie religieuse à cette occasion, les responsables ont souhaité proposer, en alternative, un temps de méditation, tous ayant été très touchés par cet événement et souhaitant manifester leur amitié et leur soutien à cette famille éprouvée. Beaucoup de monde à ce rendez-vous, en la chapelle de la crypte de la Basilique, jeunes et parents. Avec, dès le départ, ce chant d'espérance bien connu des scouts : "Que peut faire la voile sans le vent ?" Mais si le vent de la fraternité souffle largement, tout redevient possible ! Et cette superbe lecture, sur fond de guitare : "Au bout des ténèbres, au bout de la nuit et du brouillard, une étincelle, une lumière, une aurore qui jaillit..."
Chacun apporte alors une petite lumière, au pied de la grande croix scoute, bientôt éclatante de clarté.
L'Evangile alors est proclamé : "Venez à moi, vous tous qui souffrez, et je vous procurerai le repos." Parents, jeunes, se retrouvent alors, à part, dans plusieurs petits groupes de parole, dont j'extrais quelques réflexions, écrites sur de grands panneaux, autour de deux immenses mots-clefs, "Confiance", "Espérance" :
-  oser crier
-  croire en l'avenir
-  faire le chemin ensemble
-  accueillir dans son coeur, avec son coeur
-  la force de la complicité
-  au-delà de tout, Dieu veille et nous garde
-  poursuivre la route ensemble et avec Dieu
-  alors Jésus dit : "Ton fils est vivant"
Apaisement, fraternité, soutien, lumière : merci à vous, chers scouts et guides, d'avoir su avancer ainsi ensemble, contre la mort, sur le Chemin de la Vie qui ne finit pas !

dimanche 1 septembre 2013

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.697 : "Ma fille est malade"

Tous les prêtres vous le diront : ils reçoivent sans cesse, quotidiennement, et souvent, plusieurs fois par jour, des confidences et des appels à l'aide en tout genre. En ce qui me concerne, cette semaine par exemple, à trois reprises, de la part de parents éplorés, j'ai entendu cette souffrance, exprimée quasiment en termes identiques : "Ma fille est malade, et cela semble assez grave".
Aux trois fois, j'ai repensé à cette scène de l'évangile dans laquelle l'un des chefs d'une synagogue, nommé Jaïre, tombe aux pieds de Jésus en le suppliant avec insistance : "Ma fille est près de mourir ; viens lui imposer les mains pour qu'elle soit sauvée et qu'elle vive." (Marc 5/21)
Évidemment, je ne me prends pas pour Jésus ! Mais j'entends alors cet appel et le porte dans ma prière : c'est sans doute là l'un des rôles les plus importants dans ma mission de curé, même s'il n'est pas très visible ; porter dans la prière, comme le dit l'avant-propos du texte conciliaire sur "L'Église dans le monde de ce temps", "les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent." Et cela, continue le texte, parce que, "ce sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur coeur."
Que puis-je faire de plus, si ce n'est, par l'amitié et l'écoute bien sûr, mais surtout, par la prière, soutenir la foi et l'espérance de mes frères. C'est aussi le rôle de tous chrétien, évidemment. Car, comme le dit aussi l'avant-propos cité ci-dessus, il nous faut être "porteurs d'un message de salut pour tous."