Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

mardi 22 janvier 2013

Le Blog de l'Arche de Noé 85, n° 1.611 : Les Allemands sont nos frères

Parmi mes souvenirs les plus anciens, je me revois, assis sur les genoux de ce prisonnier allemand qui avait été "alloué" à papa pour travailler à la ferme comme ouvrier agricole, après la guerre de 39-45. Je n'avais pas du tout conscience, à l'époque, que cet homme blond, si délicat, avait pu être un ennemi. Et personne, dans la famille, alors, ne me l'a expliqué, ni ne m'a dit de me méfier de lui. Ce n'est que plus tard, bien sûr, que j'ai réalisé ce qui s'était passé !  En tout cas, il déjeunait à table avec nous, et j'avais l'impression que mon père et lui s'entendaient bien. Mon père m'a avoué, plus tard, s'être méfié de lui, mais ne l'avoir jamais laissé paraître ; puis, peu à peu, une certaine confiance s'est établie. Ce prisonnier était lui-même un paysan dans son pays, ce qui a facilité le rapprochement. Le samedi après-midi, moment de repos pour les prisonniers présents sur les fermes de la commune, ils allaient se laver dans la Vendée toute proche, tout nus ; nous les enfants, nous les regardions faire avec étonnement, jusqu'à ce que les mamans viennent nous tirer par la main en nous disant qu'il ne fallait pas regarder !
Je repense à cela à l'occasion de l'anniversaire de la signature du traité d'amitié signé le 22 janvier 1963 entre la France et l'Allemagne. Moins de quinze ans après, je me souviens encore de cet échange avec des universitaires maliens me demandant de leur expliquer comment se passait notre relation entre missionnaires français et allemands au Mali. Je vivais en effet avec plusieurs Pères Blancs allemands. "Comment vous faites pour les supporter, après tout ce qu'ils vous ont fait subir pendant la dernière guerre ?"  Ou encore : "Vous êtes forcé d'habiter avec eux ? Ca ne vous dégoûte pas ?" Autre question : "Vous ont-ils au moins demandé pardon pour tout ce qu'ils vous ont fait ?" Mais l'essentiel était résumé par ce constat : "On a l'impression que vous vous entendez bien. On ne comprend pas bien ; mais si on pouvait en faire autant entre nous au Mali ! Ca nous sert un peu d'exemple..."  (Traduisez : avec les Touaregs du Nord du pays par exemple, ou les Songhaï...)
Quant à moi, je remercie mes parents de ne m'avoir jamais rien dit de négatif, en 45-46, sur les Allemands, et les Pères Blancs de m'avoir donné la chance de vivre la vie missionnaire au coude à coude avec des Allemands !

1 commentaires:


Père Gaignet a dit…


Votre histoire de ce matin me fait repenser à un souvenir personnel, c'était aussi pendant la guerre, année 42 ou 43, les allemands occupaient Cholet, bien sûr, et je traversais la place Travot avec une camarade; nous nous rendions à l'école, nous avons croisé deux soldats allemands et l'un d'eux en passant m'a caresser (gentiment) la joue en disant quelque chose. J'avais presque eu peur et je lui en voulais, mais plus tard, en y repensant, j'ai changé d'avis en me disant que ce soldat avait peut-être en allemagne à plus de 1000 km une petite fille de mon age et, qui sait, qui me ressemblait un peu. Mais les allemands étaient nos ennemis !

Tout ça me fait repenser aussi aux premières rencontres franco-allemandes dans le cadre du jumelage avec Aumühle auxquelles nous participions en 1971 et qui ont été tout de suite formidables dans une ambiance de fraternité alors que l'on ne se connaissait pas et qu'il y avait la barrière de la langue, et ce qui est merveilleux c'est que ces échanges sont toujours extraordinaires même si ce ne sont plus les mêmes participants. Il en reste encore quelques uns de cette époque dans l'association ... moi, par exemple !

Par contre, j'ai connu 2 anciens prisonniers, dont 1 de ma famille, qui avaient beaucoup souffert pendant leur captivité et ils n'avaient pas oublié.
Janine M.