Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

mercredi 16 mai 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.448 : Vivre avec des "Musulmans" ?

Pour la 17° édition hier soir des Cafés-Théo sur Fontenay-le-Comte, au café "L'Entracte", où nous avons été magnifiquement reçus, ce n'était pas un sujet facile qui avait été retenu, à savoir : "Les événements de Toulouse et Montauban". Nous connaissons les polémiques que ces faits tragiques ont entraînées ! Hier donc, cela a été l'occasion de permettre à chacun d'exprimer à la fois ses craintes, ses questions et ses espoirs.
Parmi les craintes, celle d'une impossibilité de vivre avec des personnes d'origine, de culture ou de religion musulmane ; il était bon que cela soit dit : c'est en effet le ressenti de beaucoup, et cela doit être pris en compte, tout ce qui touche à l'islam représentant en France un point très sensible. En même temps, une fois que l'on a exprimé nos peurs et nos questions, comment avancer ? Au cours de l'échange, les interventions des uns et des autres ont permis de resituer les choses, de voir comment l'on peut éviter de stigmatiser un peu vite tous les musulmans.
D'abord, comment se fait-il que quand quelqu'un, d'origine maghrébine par exemple, commet un acte répréhensible, l'on déclare de suite : "un musulman a commis un méfait" ? Or, lorsqu'une personne de vieille origine vendéenne commet un viol en effet, on ne dit pas : "le violeur est un chrétien"... Pourquoi cette différence de traitement ? Le premier effort à faire serait donc d'arrêter de définir quelqu'un, en l'occurrence, les personnes d'origine musulmane, de par leur religion. En effet, l'on fait trop souvent des amalgames et des raccourcis insensés, en mélangeant alors, allègrement et sans discernement, le culturel, le sociologique, le politique et le religieux.
Quelques jeunes, originaires d'Afrique du Nord, se trouvaient justement dans le café en même temps que nous. Durant le Café-Théo, ils ont dit combien ils souffraient de cet ostracisme. Deux d'entre eux, originaires de l'île de Djerba, en Tunisie, m'ont dit qu'ils avaient toujours vécu en bonne intelligence avec la communauté juive importante qui existe sur l'île depuis plus de 2.000 ans.
Notre espérance, donc : que les uns et les autres puissent se donner la peine de se rencontrer, apprendre à se connaître, éviter les jugements globaux et hâtifs et se donner la main pour construire ensemble un monde où il fasse enfin bon vivre ensemble. L'avenir de l'humanité nous le demande, mais aussi, notre foi au Dieu unique, dont nous sommes tous, également, les enfants.

1 commentaires:


Annick a dit…

Les hommes se ressemblent. Quels que soient leurs origines ethniques, la couleur de leur peau, leur religion, leur statut social, etc., ils ont également froid ou chaud lorsqu'il fait froid ou chaud, ils éprouvent également la faim ou la soif lorsqu'il manque de nourritue ou d'eau, ils sont également sujets à la joie ou à la peine, à la souffrance, et, bien entendu ..., à l'amour.
Ceux qui affichent des comportements ou idées racistes sont, en réalité, des handicapés. Il leur manque une expérience : celle de la rencontre vraie des autres. Celle d'amitiés ou d'amours partagés avec des hommes, des femmes, des enfants issus d'autres horizons etniques ou culturels que les leurs.
Celui (celle) qui aime ne peut pas être raciste. Si, un jour, un Rabah, une Malika, un Koubaté, un N'Guyen ou une Ratana est entré dans votre existence et y a pris une importance telle que vous ne pensiez plus votre vie en dehors de sa présence, il est alors impossible que vous veniez à rejeter les Maghrébins, les Noirs, les Asiatiques. Mieux ! tout ce qui pourra atteindre ces groupes humains vous atteindra aussi. Vous vivrez comme une menace pour vos amours, donc pour vous-même, les actes ou les propos hostiles. Cette expérience-là est au coeur de ma vie. Dès lors, je peux dire, sans rien avoir perdu de mon identité, je suis un peu maghrébine. Et si j'entends de-ci de-là, s'écrier : " Les bougnoules à la mer !", j'enrage, j'ai mal, et je ne puis que me battre pour que ce genre d'expressions n'ait plus cours.
Nous respectons en l'autre la part de différence . Ni lui, ni moi n'avons abdiqué notre être profond, notre culture, notre identité d'origine. Je ne cherche pas à devenir magrhébine, Rabah pas davantage à vouloir paraître européen ; simplement nous nous soucions de mettre ensemble nos ressemblances et d'adapter nos différences, de sorte que l'un et l'autre nous nous enrichissions.
Ensemble nous avons fait le pari de pouvoir marier ce que nous étions chacun séparément ; le pari que de notre vie commune naîtrait une identité commune, celle de notre amour, qui transcenderait nos différences ...
Rabah, aujourd'hui, est plus "d'ici" que d'ailleurs "!
A mon avis, ce qui entraîne,l'acceptation ou le refus de la différence,en vérité, c'est moins le contenu de la différence que le regard qui est porté sur elle. Le Maghrébin ( ou le Noir, ou le Juif, ou l'homosexuel; ou l'handicapé ...) n'est pas " corps étranger " parce que Magrébin : il est VOULU par certains comme étranger, à cause de l'histoire, à cause du besoin de trouver des " boucs émissaires " en périodes de crises, à cause de difficultés à se définir soi-même, etc. Ceux qui, par idéologie criminelle ou par ignorance peureuse, s'obstinent à refuser l'égalité et la fraternité, autant républicaines qu'évangéliques, aux dits " immigrés ", ceux-là sont à contresens de l'histoire et s'excluent de la construction de l'avenir. Ils ne peuvennt rien contre notre amour et contre l'amour de dizaines de milliers d'autres ; ils n'enlèveront pas à nos enfants, et à des dizaines de milliers d'autres enfants de couples appelés " mixtes" la fierté d'avoir les parents qu'ils ont ni la qualité d'enfants de France qui est la leur.

Annick Ghannemi