Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

mercredi 22 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.376 : Honneur à tous les "Glaiseux" !

C'était en 1976. Je venais juste d'arriver au Mali. Je ne savais pas encore que j'allais y vivre neuf ans. J'arrive dans un village. On va au dispensaire. Dans la bureau de l'infirmier, deux enfants. J'ai dû donner l'impression que je pensais qu'ils étaient sales : la figure, les vêtements, les pieds... Voyant mon expression, l'infirmier me dit alors : "Mais non, ils ne sont pas sales ! Ce n'est pas de la saleté, c'est de la poussière. Ils ont beaucoup marché pour venir ici. C'est de la poussière de terre. Ici, en Afrique, on ne fait qu'un avec la terre. Et la terre, ce n'est pas sale !"
Depuis ce jour, et tout particulièrement en ce mercredi des Cendres, je relis autrement cette phrase que le prêtre prononce en déposant les cendres sur le front ou la tête des baptisés : "Tu es poussière, et tu retourneras en poussière." Auparavant, je trouvais cette formule vieillotte : parler de poussière, cela me semblait réduire l'homme à moins que rien. Mais cette parole nous rappelle notre finitude. Cependant, si nos péchés, nos faiblesses, sont des choses regrettables, des saletés, aux yeux de Dieu, comme pour l'infirmier malien, nous ne sommes pas sales à jamais. Simplement, nous sommes de la terre, issus de la terre ! Péguy avait cette magnifique prière : "Seigneur, vous qui les avez pétris de la terre, ne soyez pas surpris de les trouver terreux !"
Lorsque je suis arrivé à Paris, où j'avais été nommé en 1988, j'avais été scandalisé par cette réflexion étrange d'un prêtre parisien : il m'avait demandé quelle était la profession de mon père ; je lui avais répondu que celui-ci était agriculteur. Ce prêtre avait alors déclaré : "Ah bon ? Votre père était un glaiseux ?" Cela m'avait fait bondir : "Oui, mon père était un glaiseux, et j'en suis fier !" Et je me disais en moi-même : "Ce type a le cerveau gros comme un petit pois !"
Qui d'entre nous, pourtant, oserait dire qu'il n'est pas un "glaiseux" ? Avec le recul du temps, je regrette de ne pas avoir fait remarquer, avec humour, à ce prêtre : "Mais vous-même, n'êtes-vous pas aussi un glaiseux, né de la terre et destiné à retourner à la terre ?" D'ailleurs, on pourrait paraphraser ainsi ce qu'a écrit Péguy : "Lorsque vous regardez votre voisin, les personnes auxquelles vous avez à faire, ceux avec lesquels vous avez des différends, ne soyez pas surpris de les trouver terreux, glaiseux !"
Je lisais dans "Le Monde" l'interview d'un prix Nobel de littérature, allemand, Günter Grass, déclarant : "Assez de cendres sur les têtes, cela suffit maintenant." Eh bien non, monsieur Grass ! Aujourd'hui encore, l'homme doit accepter de reconnaître qu'il est poussière, reconnaître ses erreurs et ne pas tourner le dos à son histoire. Quant à recevoir les cendres, c'est prendre conscience qu'il nous faut entrer humblement dans un chemin de conversion. Le symbole des cendres rapelle que notre corps ne pèse pas lourd, qu'il n'est que poussière ; mais que c'est une poussière qui est destinée à la Résurrection !
Bon et joyeux Carême à toutes et à tous !

P - S : Pour les personnes qui auraient la curiosité d'aller relire le billet n° 1.370, daté du jeudi 16 février, je vous signale que je l'ai mis à jour et amélioré.

1 commentaires:


Henri Loisance a dit…

Il faut croire que nous sommes vraiment issus de la terre. Yahvé prit de la terre et de l’eau et il façonna l’homme. Jésus prit de la terre la mouilla, et l’appliquas sur les yeux de l’aveugle qui recouvra la vue. Remarquons tout de même que quand le même Yahvé parle aux hommes, il ne le fait pas sur la terre, mais sur du roc, une montagne, un mont … il y a moins de poussière ! Olivier évoque 2 interprétation du glaiseux, l’une religieuse, la créature, et l’autre sociale, le paysan.

Certes le message de notre curé est parfaitement compréhensible tel qu’il est formulé. Il faut cependant noter 3 notions différentes. La glaise, la poussière, et la cendre. Or la glaise, la terre, est un support de vie, tandis que la cendre est un substrat mort. La poussière, celle des chemins, n’est jamais que de la terre desséchée, qui redevient porteuse de vie par adjonction de l’eau.

Un autre clin d’œil. Il y a le ciel et la terre. La séparation entre les deux est au niveau du gazon ... le ciel descend des étoiles jusqu’au sol. Quand l’humain, ce glaiseux de conception, marche sur la terre dont il est issu, il marche dans le ciel et il a la tête près des étoiles. Et j’entends déjà Hubert Reeves nous affirmer que: Nous sommes tous des poussières d’étoiles.