Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

vendredi 3 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.357 : Avec les bénévoles de la maraude

Il y a deux jours, Jean-Claude, des Restos du Coeur, qui assure la maraude chaque jeudi soir depuis des années sur Fontenay-le-Comte, m'a invité à participer à leur action au service des gens de la rue et des sans abri. Ce jeudi soir, nous voici donc partis pour une longue recherche à travers les rues de Fontenay-le-Comte et de ses abords, en compagnie de Laurent, de la Croix-Rouge, ainsi que de François et Patrick, d'Emmaüs : une belle équipe, solidaire, motivée, déterminée.
L'on circule lentement, dans la ville, attentifs plus particulièrement aux recoins sombres, bosquets, arrière-cours, tous les endroits où il y a des petits recoins susceptibles de fournir un abri à la fois contre les regards et la mauvaise température.
Les possibilités de squats sont nombreuses en effet ! Maisons vides, abandonnées, isolées, friches industrielles fort étendues, coins perdus parmi les arbres, dans les broussailles avec, ici ou là, des signes de passages récents : canettes de bières, portes plus ou moins entrouvertes, traces diverses... A moins 5° dehors, sous le froid glacial de cette nuit de février, malgré un superbe clair de lune, cela semble terrifiant. Et, c'est dans cet univers que se cachent des hommes et des femmes, jeunes assez souvent, pour essayer de survivre. Ils ont peur les uns des autres, ils ont peur de tout le monde, ils changent sans cesse de lieu de refuge ! Cependant, les seuls en qui ils ont confiance, ce sont ces bénévoles qui partagent avec eux le froid dans la nuit, et qui ne cherchent ni à les poursuivre, ni à les chasser, ni à leur faire la morale, mais seulement à leur demander s'ils ont besoin de quelque chose et à les écouter. L'excellente soupe de potiron préparée par les compagnons d'Emmaüs - délicieuse, je l'ai savourée - ainsi que le café, sont les bienvenus ! Des jeunes sont heureux aussi de se voir offrir un repas. Manger, boire, se cacher, dormir, sont devenus des besoins essentiels ! Jean-Claude me rappelle qu'il y a 140.000 personnes qui vivent ainsi dans la rue en France, dont 24% dans le grand Ouest, et 16.000 mineurs qui, évidemment, ne peuvent bénéficier du RSA...
En tout cas, marcher en silence dans les broussailles à la lisière de la ville, à la recherche de personnes dans le besoin, c'est une expérience décapante ! Impression d'entrer tout à coup dans un monde parallèle, dans une autre dimension, dans une sorte d'enfer glacial, dont les habitants essayent de survivre en fouillant dans les poubelles des restaurants ou des grandes surfaces, sans savoir ce que, demain, ils deviendront.
Cette nuit, nous avons fait 45 kms en voiture, sur les 144 kms de rues que comporte Fontenay-le-Comte, et aussi marché à pied. Tout du long m'est revenue à l'esprit, de façon lancinante, cette question de Dieu, en Genèse 4/9, que l'on peut traduire de ces deux façons : "Qu'as-tu fait de ton frère ?" ou bien : "Où est ton frère ?" J'avoue qu'en rentrant me coucher, au milieu de la nuit, j'ai eu de la peine à m'endormir ! Et en même temps, je rendais grâce à Dieu pour ces bénévoles qui, toutes associations réunies, se relaient, la nuit, tels des anges gardiens, pour permettre aux gens de la rue d'entrevoir un petit coin de ciel étoilé, un peu plus lumineux, au coeur de leur enfer !

1 commentaires:


Dominique de Beaupré a dit…

1er février 1954 « Mes amis, au secours... Chaque nuit, ils sont plus de deux mille recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu. Devant l’horreur, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez urgent ! »
3 février 2012 : «Jean-Claude me rappelle qu'il y a 140.000 personnes qui vivent ainsi dans la rue en France, dont 24% dans le grand Ouest, et 16.000 mineurs…
Il y a plus de 2000 ans Jésus prophétisait : « Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous… » (Marc 14, 15). Le constat d’aujourd’hui est sans appel ! Non seulement les pauvres, les exclus, les bannis sont toujours là mais, honte à notre système, ils sont de plus en plus nombreux. J’ajoute même avec un cynisme assumé qu’ils sont de plus en plus nombreux ceux qui sont « bien de chez nous ». Dans le même temps, par une sorte de réciprocité scandaleuse, les riches le sont de plus en plus. « Si tu as trop et ton frère pas assez, c'est que tu lui as volé ce qui lui revient de droit! Tout ce qui dépasse les besoins, on le détient par la violence » nous dit saint Ambroise.
Certains de nos responsables politiques ne veulent pas voir et nous dire que nous sommes dans une période de mutation historique où notre modèle de développement est à bout de souffle. Alors il ne suffit pas de s'indigner pour satisfaire notre bonne conscience. Il faut se révolter et agir pour une réelle solidarité qui doit impérativement aboutir à une mondialisation du partage des biens de notre Terre. Bâtir un « vivre ensemble » ne peut pas se faire qu’avec des idées, si bonnes soient elles. Vouloir que les habitants des pays actuellement pauvres n'aient plus envie de venir chez nous et puissent vivre décemment chez eux, s’indigner d’avoir de plus en plus de SDF à nos portes, suppose que nous renoncions à une bonne partie de nos richesses et de nos privilèges. Y sommes-nous prêts? Et si non, que vaut donc notre foi en Christ et la fraternité universelle qu'elle suppose?
Chrétiens entendons et faisons entendre l’avertissement sans concession de Jésus : « Ce que vous faites - ou ne faites pas - au plus petit de mes frères - c'est à moi que vous le faites - ou ne le faites pas. Autrement dit : « Il ne suffit pas de dire : Seigneur, Seigneur pour entrer dans le Royaume des cieux ; mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux. Alors la prière, les bonnes intentions, oui ! mais les pieds dans la boue, les mains dans le cambouis, les manches retroussées. Engageons nous y compris en politique. Face à ceux « qui vivent dans une sorte d'enfer glacial », chassons de nos esprits ce « Tu as besoin de moi » par trop condescendant pour le remplacer par l’intuition fondatrice de l’abbé Pierre : « Viens m’aider à aider.»
Enfin je vous livre un extrait d’un témoignage de Xavier Emmanuelli, ex-communiste pur et dur, fondateur du SAMU social de Paris : «J’ai compris, en voyant de jeunes infirmières penchées sur ces vieilles épaves, ce que signifiait le rituel du lavement des pieds : Je t’offre l’hospitalité, tu peux être tranquille, laisse-moi te toucher. Et tout d’un coup ces personnes, d’ordinaire farouches et repliées sur elles mêmes, s’ouvraient… » http://www.cles.com/dossiers-thematiques/cultures-du-monde/xxieme-siecle-les-visions-de-34/article/xavier-emmanuelli
Dominique