Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

dimanche 26 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.380 : "Je vais t'aider, mon Dieu !"

Très souvent, j'entends des personnes en grande souffrance me faire part de leur douleur de se sentir laissées à elles-mêmes, oubliées des autres et abandonnées par Dieu ; au point que certains, confrontés à une douleur trop forte, perdent alors totalement la foi. Expérience terrible ! Appel au secours déchirant ! Quand cela est possible, il m'arrive alors de faire partager à ces personnes l'expérience de cette jeune juive Etty Hillesum, morte à Auschwitz en 1943. Voici ce qu'elle écrivait en 1942 : "Ce qui est en jeu, c'est notre perte et notre extermination (...) Mais, si Dieu cesse de m'aider, ce sera à moi d'aider Dieu. Je vais t'aider, mon Dieu, à ne pas t'éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d'avance. Une chose cependant m'apparaît de plus en plus claire : ce n'est pas toi qui peut nous aider, mais nous qui pouvons t'aider - et ce faisant, nous nous aidons nous-mêmes. C'est tout ce qu'il est possible de sauver en cette époque et c'est la seule chose qui compte, un peu de toi en nous mon Dieu (...) Il m'apparaît de plus en plus clairement, presqu'à chaque pulsation de mon coeur, que tu ne peux nous aider, mais que c'est à nous de t'aider et de défendre, jusqu'au bout, la demeure qui t'abrite en nous."
Dans l'homélie que je vais donner tout à l'heure à l'église d'Auzay, je donnerai alors cet exemple de quelqu'un qui n'a cherché ni à aider Dieu, ni à s'aider lui-même, ni à rendre grâce pour le soutien de ses frères. C'était un monsieur qui, pourtant, se croyait très proche de Dieu, et avait une grande confiance en lui, mais... Dans le village où il demeurait, l'on apprit un jour qu'il allait falloir quitter les lieux, car, en raison d'un véritable déluge, les eaux du fleuve tout proche allaient bientôt tout submerger. Tout le monde décida de partir, sauf cet homme ! Une dernière voiture s'arrêta devant sa maison pour lui proposer de l'emmener ; "Non, déclara-t-il, j'ai une grande confiance en Dieu ; je suis sûr qu'il va me sauver." Et pourtant, l'eau recouvrait déjà le sol du rez-de-chaussée. Un peu plus tard, passe une barque de pompiers, à la recherche de dernières personnes qui auraient pu être encore retenues dans leurs maisons ; l'eau avait déjà atteint le 1° étage, mais, là encore, le monsieur répondit qu'il n'avait rien à craindre, car Dieu le protégerait sûrement. Ne pouvant l'entraîner de force, pressés par les urgences, les pompiers repartirent. Le temps passa... Arrive alors un gros hélico, dans un bruit d'enfer, un super puma ; les secouristes l'aperçoivent, alors que cet homme est réfugié sur le toit de sa maison, accroché à une cheminée ; ils lui lancent une corde, mais celui-ci refuse de la saisir. A l'aide d'un porte-voix, les hommes de la sécurité lui intiment l'ordre de saisir le filin, mais sans résultat... Arrive alors ce qui devait arriver : l'homme est emporté par les flots déchaînés, et périt noyé.
Arrivant au ciel, furax, il ne trouve rien de mieux à faire, rouge de colère, que d'apostropher Dieu : "J'avais confiance en toi ! Jamais je n'avais douté de ton soutien ! Je t'ai attendu jusqu'au bout comme un sauveur, et tu m'as trompé, tu m'as trahi, tu n'es pas venu à mon secours ! Ah ! C'est bien fini ! Désormais, je ne crois plus en toi ! J'ai perdu la foi ! Arrête de te dire Dieu, tu n'existes pas !"
"Mon pauvre ami, lui répond Dieu ! Faut-il que tu sois sourd et aveugle ! A trois reprises, je suis venu vers toi ! D'abord, je t'ai envoyé une voiture ; mais, avec dédain, tu as refusé l'aide que je t'offrais ! Puis, j'ai signalé aux pompiers ta position, mais tu n'as pas voulu te laisser embarquer.. . Alors, finalement, en désespoir de cause, j'ai pris les grands moyens ; c'est du ciel même que j'ai voulu te sauver des eaux ; je t'ai envoyé un super puma, rien que pour toi, et tu m'as, là encore tourné le dos. Que pouvais-je faire de plus, si tu ne sais pas reconnaître l'action de ton Sauveur à travers la main que tes frères t'ont tendue et offerte pour te sauver ?"
Prenons-en de la graine ! De la même façon que les eaux du fleuve ou du Déluge, la vie actuelle cherche à nous engloutir nous aussi et, trop souvent, nous nous laissons submerger ! Profitons de ce temps de Carême pour sauter ensemble dans la barque du salut et nous laisser conduire à bon port, tranquillement, mais en ramant un peu quand même, vers le grand soleil de Pâques !

P-S : Pour éviter "l'addiction", je fais le jeûne du blog jusqu'à dimanche prochain. Merci de votre compréhension, et joyeux Carême, dans la barque (= l'Arche de Noé !) ou le super puma de Dieu !

samedi 25 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.379 : "Je remercie mes parents"

Nous étions nombreux hier, dans le cadre très ouvert et sympathique de la médiathèque de Fontenay-le-Comte, pour accompagner Jean-Sébastien, cet artiste de chez nous auquel les responsables culturels de la municipalité, ainsi que ceux de la médiathèque ont fait confiance, en lui donnant la possibilité d'exposer ses oeuvres.
Histoire assez extraordinaire et très significative que celle de ce jeune artiste qui, après avoir beaucoup cheminé et tâtonné, est en train de voir son travail à présent reconnu et apprécié : "J'étais loin d'imaginer le grand voyage que j'allais accomplir", nous a-t-il avoué, le coeur plein d'émotion. "Je cherchais un signe que mon regard ne trouvait pas ; j'ai dû faire d'incessants va et vient..."
Passionné d'art abstrait, Jean-Sébastien a finalement choisi de travailler "à partir d'un support original et imprégné de sens à ses yeux", ainsi que l'explique "Ouest-France" dans son édition de ce vendredi : "les filets de pommes de terre" ! Surprenant, non ? Il faut aller voir ça ! Ainsi qu'il le précise d'ailleurs, "ce sont les filets qui m'ont choisi !" Tout en ajoutant avec humour, et surtout, beaucoup d'à propos : "Aujourd'hui, j'ai la patate !"
Heureux en effet, fier de présenter le fruit de son travail, à travers cette superbe expo, Jean-Sébastien rayonnait de voir ses efforts reconnus et appréciés. Mais ce qui a aussi beaucoup touché l'assistance, c'est l'hommage profond qu'il a rendu à ses parents, Jean-Christian et Marie-Jo, pour leur grande compréhension à son égard et la qualité de leur accompagnement. Quand un jeune part en effet à la recherche de sa propre vie, en zig-zag parfois, sur des chemins qui peuvent surprendre, quel bonheur de savoir que vos parents, eux, ne doutent pas de vous, mais qu'ils sont prêts à vous accompagner, à vous épauler, tout en respectant vos choix, même s'ils ont différents !
Hommage également au service culturel de la mairie, qui a su reconnaître le talent de ce jeune, ainsi qu'au directeur de la médiathèque, à Amélie, Fabienne, qui ont été d'un grand appui pour ce jeune artiste.
Cela valait la peine de l'entendre nous partager sa vision du monde et de l'art, au plus profond de sa vie : "il n'y a que ça qui me passionne dans la vie, la contemplation, la réflexion, la création..." Bravo, Jean-Sébastien ! Merci de nous avoir aidés à comprendre que le rôle de l'art est de nous aider à découvrir l'invisible, la face cachée des choses, afin de nous en révéler le sens mystérieux et inouï !

vendredi 24 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.378 : "Dieu est humour"

L'idée de ce billet m'est venue d'une discussion que j'ai eue hier avec des personnes me partageant leur étonnement de constater que certains, peu nombreux Dieu merci, soient allergiques à l'humour : quelqu'un leur raconte un fait rigolo, ils restent de marbre, imperturbables, comme s'ils ne condescendaient pas à desserrer enfin un peu les dents, pour une fois, et à s'humaniser un peu. D'où cela vient-il ? Atrabilaires ? Malades ? Complexés ? Jaloux ? Allez donc savoir ! Leur aurait-on donné un malencontreux coup de pied là où je pense, quand ils étaient petits, chaque fois qu'ils esquissaient un sourire ? Par contre, ce sont souvent les mêmes qui, par devant ou par derrière, s'excitent sur les autres pour les vilipender ou les remettre en place. Ainsi qu'aimait le répéter le célèbre humoriste Francis Blanche : "Il y a des gens qui sont chauves au-dedans de la tête : ce sont ceux qui n'ont pas le sens de l'humour."
Une petite blague avant de poursuivre ce billet : savez-vous que, si Adam et Eve avaient été chinois, le péché originel n'aurait pas existé ? Pourquoi ? Parce qu'Adam aurait mangé le serpent. Je ne sais pas si cette histoire vous fait rire, mais les chrétiens de Chine, d'où elle nous provient, se plient en quatre en vous la racontant !
Le talentueux comédien Michel Serrault proclamait : ""J'ai deux passions : faire rire et m'occuper de Dieu. Dieu est humour. Pour Dieu, l'amour et l'humour, c'est un ensemble." D'ailleurs, comme le disait Eugène Ionesco, cet écrivain renommé qui a tant souffert du manque d'amour de son père : "Où il n'y a pas d'humour, il n'y a pas d'humanité." Connaissez-vous "Les petites béatitudes chrétiennes", écrites par Mgr Alfred Ancel ? Voici celle que je préfère : "Bienheureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes : ils n'ont pas fini de s'amuser !" Si quelqu'un manque d'humour, il est sans doute bien loin, et des autres, et de Dieu !
Et si nous méditions sur l'humour dont fit preuve Jésus ? On imagine son petit air malicieux quand il parlait de ceux qui filtrent le moustique (les "pharisiens", ceux qui vous cherchent bêtement des poux dans la tête), mais avalent le chameau ; quand il demandait, l'air de rien, aux disciples qui venaient de se quereller, de quoi ils conversaient ; au moment de la résurrection, quand il se présenta à Marie-Madeleine comme le jardinier qui aurait emporté le corps hors de son tombeau, ou quand il écoutait les disciples, sur la route d'Emmaüs, lui raconter comment il était mort...
Seigneur Jésus, déride nos visages, adoucis nos coeurs ! Apprends-nous enfin l'humour : c'est une si belle façon d'aimer, comme tu as aimé !
Et c'est une si belle piste, en ce temps de Carême, sur le chemin de la sainteté !

jeudi 23 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.377 : Tashi Delek

C'était hier, mercredi 22 février, le jour du Losar, le nouvel an tibétain. Le même jour que le mercredi des Cendres. La veille, Denise, une amie Bouddhiste, membre fondatrice il y a quelques années du groupe interreligieux des Sables d'Olonne, me faisait parvenir le message suivant : "Pour le nouvel an tibétain, je vous présente, chers amis, mes meilleurs souhaits, Tashi Delek, que tout soit auspicieux pour vous et pour tous les êtres." Ce message s'adresse donc aussi à vous, chers lecteurs de ce blog ; voilà pourquoi il m'a semblé important de vous le transmettre. Il y a assez de gens, pauvres en humanité, boîteux dans leur tête, qui s'envoient des messages haineux à travers la planète, pour que l'on ne frémisse pas de bonheur en recevant de tels signes de fraternité ! Nos amis bouddhistes, Tibétains ou autres, entrent en ces jours dans l'année du Dragon ; puisse ce Dragon exterminer la haine et détruire la bêtise humaine jusqu'à sa racine la plus profonde !
Pour cette année 2.139, voici les souhaits que Denise nous transmet : "Puisse cette nouvelle année être une année de paix, de joie, de sagesse, de compassion, de bien-être et d'amour ! Puissent tous vos souhaits se réaliser, avec les bénédictions de Bouddha !"
Dans le contexte actuel, au Tibet même, beaucoup ont fait le choix, face à la répression chinoise, de ne pas célébrer cette fête du nouvel an. Soyons en communion avec eux, et ne manquons aucune occasion de faire entendre notre indignation face à l'attitude inacceptable de la Chine : telle ou telle commune de Vendée n'a-t-elle pas ainsi, un temps, hissé le drapeau tibétain devant sa mairie ?
Mais revenons au Losar. A cette occasion, ainsi que nous l'expliquait Denise aux Sables d'Olonne, les cérémonies rituelles évoquent l'abandon de ce qui est ancien et/ou mauvais, le renouveau et la quête du sens de la vie, tandis que chacun invoque Bouddha. Cette période est alors propice à la purification des voiles de l'esprit et à l'accompagnement spirituel.
En repensant à tout cela,, je ne pouvais m'empêcher de faire le parallèle entre cette attitude spirituelle des Bouddhistes tibétains à l'occasion du Losar, et ce que nous, catholiques, essayons de vivre au moment de l'entrée en Carême : Losar, Carême, même combat ! Les catholiques ne sont pas les seuls au monde a essayer de rejoindre l'infini de l'amour.
Quelques mots du Dalaï-Lama pour nourir notre méditation et notre action en ces temps qui sont les nôtres : "Aujourd'hui, nous dépendons tellement les uns des autres que, sans un sens aigu de la responsabilité universelle et de la fraternité, sans la compréhension que nous nous devons mutuellement et la conviction que nous appartenons à une grande et même famille humaine, nous ne saurions espérer surmonter les dangers qui menacent notre existence, ni à plus forte raison établir la paix et le bonheur."
C'est aussi à tous les humains que sont destinées ces paroles de St Paul, tirées de la deuxième lecture de la messe du mercredi des Cendres : "Au moment favorable, je t'ai exaucé, au jour du salut, je suis venu à ton secours (que tu sois bouddhiste, musulman ou chrétien). Or, c'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut." (2 Corinthiens 6/2)

mercredi 22 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.376 : Honneur à tous les "Glaiseux" !

C'était en 1976. Je venais juste d'arriver au Mali. Je ne savais pas encore que j'allais y vivre neuf ans. J'arrive dans un village. On va au dispensaire. Dans la bureau de l'infirmier, deux enfants. J'ai dû donner l'impression que je pensais qu'ils étaient sales : la figure, les vêtements, les pieds... Voyant mon expression, l'infirmier me dit alors : "Mais non, ils ne sont pas sales ! Ce n'est pas de la saleté, c'est de la poussière. Ils ont beaucoup marché pour venir ici. C'est de la poussière de terre. Ici, en Afrique, on ne fait qu'un avec la terre. Et la terre, ce n'est pas sale !"
Depuis ce jour, et tout particulièrement en ce mercredi des Cendres, je relis autrement cette phrase que le prêtre prononce en déposant les cendres sur le front ou la tête des baptisés : "Tu es poussière, et tu retourneras en poussière." Auparavant, je trouvais cette formule vieillotte : parler de poussière, cela me semblait réduire l'homme à moins que rien. Mais cette parole nous rappelle notre finitude. Cependant, si nos péchés, nos faiblesses, sont des choses regrettables, des saletés, aux yeux de Dieu, comme pour l'infirmier malien, nous ne sommes pas sales à jamais. Simplement, nous sommes de la terre, issus de la terre ! Péguy avait cette magnifique prière : "Seigneur, vous qui les avez pétris de la terre, ne soyez pas surpris de les trouver terreux !"
Lorsque je suis arrivé à Paris, où j'avais été nommé en 1988, j'avais été scandalisé par cette réflexion étrange d'un prêtre parisien : il m'avait demandé quelle était la profession de mon père ; je lui avais répondu que celui-ci était agriculteur. Ce prêtre avait alors déclaré : "Ah bon ? Votre père était un glaiseux ?" Cela m'avait fait bondir : "Oui, mon père était un glaiseux, et j'en suis fier !" Et je me disais en moi-même : "Ce type a le cerveau gros comme un petit pois !"
Qui d'entre nous, pourtant, oserait dire qu'il n'est pas un "glaiseux" ? Avec le recul du temps, je regrette de ne pas avoir fait remarquer, avec humour, à ce prêtre : "Mais vous-même, n'êtes-vous pas aussi un glaiseux, né de la terre et destiné à retourner à la terre ?" D'ailleurs, on pourrait paraphraser ainsi ce qu'a écrit Péguy : "Lorsque vous regardez votre voisin, les personnes auxquelles vous avez à faire, ceux avec lesquels vous avez des différends, ne soyez pas surpris de les trouver terreux, glaiseux !"
Je lisais dans "Le Monde" l'interview d'un prix Nobel de littérature, allemand, Günter Grass, déclarant : "Assez de cendres sur les têtes, cela suffit maintenant." Eh bien non, monsieur Grass ! Aujourd'hui encore, l'homme doit accepter de reconnaître qu'il est poussière, reconnaître ses erreurs et ne pas tourner le dos à son histoire. Quant à recevoir les cendres, c'est prendre conscience qu'il nous faut entrer humblement dans un chemin de conversion. Le symbole des cendres rapelle que notre corps ne pèse pas lourd, qu'il n'est que poussière ; mais que c'est une poussière qui est destinée à la Résurrection !
Bon et joyeux Carême à toutes et à tous !

P - S : Pour les personnes qui auraient la curiosité d'aller relire le billet n° 1.370, daté du jeudi 16 février, je vous signale que je l'ai mis à jour et amélioré.

mardi 21 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.375 : "Elle a vu ses parents faire..."

Alors que je me réjouissais de constater qu'une jeune était très engagée au service des autres, quelqu'un m'a fait remarquer : "Elle a vu ses parents faire !" Et nous avons poursuivi notre échange en constatant combien, de fait, l'influence de parents, à la fois très croyants, très ouverts, sans cesse enthousiastes malgré les difficultés, très disponibles aux autres, avait pu façonner la façon de vivre et de réagir de leur fille.
Vous allez m'objecter : "Mais, on connaît plein de parents qui, eux aussi, font tout ce qu'ils peuvent, sans que pour cela, leurs enfants suivent leurs traces." C'est vrai, et il n'y a pas de recette-miracle ! Cependant, cela ne dispense pas les parents de continuer à témoigner de leur engagement. En acceptant par avance que leurs enfants puissent prendre une autre voie ; en leur laissant le temps, à eux aussi, de découvrir leur propre chemin, leur propre façon de servir et d'aimer.
"Elle a vu ses parents faire !" Presqu'aussitôt m'est venu à l'esprit le titre de ce livre de spiritualité qui a marqué tant de générations de chrétiens depuis des siècles : "L'imitation de Jésus-Christ". Regarder le Christ, s'imprègner de sa façon d'être, de sa façon d'aimer, de sa façon d'agir : rien de tel pour arriver à lui ressembler !
Si des enfants regardent leurs parents, si des élèves regardent leurs éducateurs, si des citoyens regardent leurs élus, si des soldats regardent leurs chefs, si des paroissiens regardent leurs prêtres,... et s'ils découvrent en eux foi au Christ, souci d'un engagement vrai et désintéressé, attention aux autres, sens de l'Eglise, respect des différences..., il n'est pas possible que cela ne déteigne pas sur eux, au moins un petit peu.
Et même si l'on n'a pas pu transmettre notre foi comme nous l'aurions aimé, si au moins, nous avons appris aux autres à savoir s'interroger, se poser des questions, ouvrir les yeux sur les réalités du monde et de l'esprit, restons sereins, laissons le Seigneur continuer le travail et soyons assez humbles pour ne pas nous décourager !
En tout cas, notre responsabilité à tous est immense : "Vous êtes la lumière du monde", nous a dit Jésus. (Matthieu 5/14)

lundi 20 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.374 : "Voici que je fais un monde nouveau !"

Depuis quelques jours, pour préparer les deux eucharisties que j'ai célébrées hier, à Saint Michel le Cloucq et à Pissotte, j'ai lu et relu la 1° lecture de ce dimanche, tirée du prophète Isaïe (43/18-22) : "Voici que je fais un monde nouveau : il germe déjà, ne le voyez-vous pas ? Oui, je vais faire passer une route dans le désert, des fleuves dans les lieux arides."
Cependant, il n'est pas sûr que nous soyons persuadés que ce monde nouveau soit en train de se mettre en place chez nous, en France. On a beaucoup parlé du récent sondage BVA-Gallup réalisé pour "Le Parisien" ; cette étude, qui a été faite auprès de plus de 60.000 personnes, dans 53 pays, révèle que les citoyens français font partie des plus pessimistes du monde. Notre pays se situe même dans le top 5 des pessimistes, avant l'Afghanistan et l'Irak ! Incorrigibles Français, si prompts à se lamenter ! Sur eux-mêmes, bien sûr ; pas sur les autres ! J'en ai fait le thème de mes homélies de ce dimanche. En effet, Isaïe, lui, nous invite à jeter un autre regard sur la réalité qui est la nôtre. Ah ! Si nous passions autant de temps à repérer les gestes de fraternité, les initiatives multiples en faveur du vivre-ensemble, le travail extraordinaire de tant d'associations au service de la collectivité, l'engagement désintéressé de nombre d'élus ou responsables en tout genre, la quantité de sourires et de belles paroles échangés dans les familles, entre voisins ou autres, que nous mettons d'énergie à regarder ou à lire tant de faits qui ne sont que des mauvaises nouvelles pour l'homme et l'humanité...
Le Carême va commencer mercredi (Mercredi des Cendres). Fil rouge sur la paroisse cette année : "Un Carême sous le signe de la fraternité". Profitons de cette période pour faire émerger, avec le Seigneur et en communion avec nos frères, ce monde nouveau promis par Dieu lui-même en Isaïe, mais qu'il ne réalisera pas sans nous !
Alors, elle sera véridique, cette antique prophétie d'Isaïe, de la part de Yahvé : "Oui, je vais faire passer une route dans le désert, des fleuves dans les lieux arides."

dimanche 19 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.373 : J'ai enterré un Ange gardien

Enterrer un ange ! Mais comment cela est-il possible ? Pourtant, c'était hier, dans la chapelle archicomble de Sion sur l'Océan, l'église de Saint Hilaire de Riez, en trop mauvais état, étant fermée au culte depuis quelque temps. Daniel, un proche de la famille, était surnommé "l'Ange gardien" lorsqu'il jouait au foot avec le SCO d'Angers. Et tandis que je voyais de nombreux jeunes envahir la chapelle avec leurs superbes gerbes de fleurs, je me disais que, sur le terrain du ciel, les anges devaient sans doute eux aussi organiser un bel accueil céleste à celui qui avait été l'un des leurs ici-bas, avac tant de talent. Et cela d'autant plus que Daniel, outre les inoffensifs ballons en caoutchouc, n'a pas cessé, tout au long de sa trop courte existence, d'arrêter également, avec autant de détermination, tous les mauvais ballons de l'histoire, sur le grand terrain de la fraternité.
Quand j'ai demandé à sa belle-fille, Manuella, en pleine cérémonie, ce qu'elle retenait de plus fort, par rapport à l'exemple de vie de son beau-père, celle-ci m'a répondu immédiatement : "son amour pour les autres, sa générosité". C'est bien de cela, justement, dont notre société d'ajourd'hui, tristounette et divisée, a le plus besoin !
L'assistance était massivement, comme souvent désormais, composée de non pratiquants, sinon de non croyants. Mais je pense que ces termes ne veulent pas forcément dire grand chose, quand il s'agit de l'avenir de l'homme et de son destin. Quand j'ai demandé à Manuella, que j'ai eu la joie d'accompagner pour son mariage avec Frank, et dont je viens de baptiser la petite Manon, pourquoi, eux qui ne sont pas pratiquants, tiennent ainsi à l'Eglise, elle m'a répondu ceci : "C'est vrai, nous n'allons pas à la messe, mais nous sommes croyants ; et pour nous, dans la famille, baptêmes, mariages, sépultures, doivent être fêtés, vécus, célébrés religieusement. Et nous sommes vraiment heureux, en plus, d'avoir un prêtre dans la famille pour cela. Vous êtes le prêtre de notre famille, et c'est très important pour nous."
En tout cas, il faut voir avec quel soin Manuella, entourée et épaulée par Frank et toute la famille, ont préparé cette sépulture. Je vois là une compréhension très profonde de ce que représentent ces grands moments de toute histoire humaine : le baptême, le moment où l'on reconnaît que l'enfant vient de plus loin que nous, qu'il a un Créateur, et qu'il faut le remettre entre ses mains ; le mariage, lorsque deux jeunes décident de faire ensemble le grand pas dans l'amour qui ne finit pas ; et la sépulture, quand il s'agit de signifier que l'on croit que la vie n'a pas pour finalité de disparaître dans le fond d'un tombeau.
Si les gens se tournent alors vers l'Eglise, ainsi qu'a voulu me le dire Manuella, c'est parce que ces moments de grands passages sont en fait des temps iniatiques, de ces instants qui vous bouleversent, vous invitent à vous élever au-dessus de vous-même ; des temps qui ont quelque chose à voir avec l'éternité.
En tout cas, Daniel, dont le couple, avec sa belle Léone, était si profondément uni, dont la table du restaurant qu'ils tenaient était si largement ouverte, nous a laissé un formidable témoignage, que je qualifierais volontiers d'évangélique, de convivialité, de partage, d'ouverture, comme de foi en la vie et en l'amour. Le cancer qui l'a emporté trop rapidement a cru avoir raison de lui ; mais il n'en est rien. En effet, jamais la mort ne pourra détruire, ni effacer, ni jeter dans l'oubli cette formidable richesse de vie qui émanait de lui. L'Ange gardien arrête les buts du désespoir, et nous renvoie la balle, pour le grand match de l'espérance et de la fraternité, sur tous les terrains de la vie désormais !

samedi 18 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.372 : "Approches de la vie intérieure"

Récemment, Catherine, membre du conseil de paroisse de Saint Hilaire de Fontenay, nous faisait passer le texte suivant, extrait du livre "Approches de la vie intérieure", paru en 1962 aux éditions Denoël. Son auteur : Lanza del Vasto (1901 - 1981) ; disciple de Gandhi, celui-ci propose une expérience de conversion qui peut s'inscrire dans toute tradition religieuse.

"Remémorez une de vos journées. Le réveil sonne, il est 6h30. Vous ouvrez l'oeil et vous pensez : "Ah ! Aujourd'hui mercredi : il ne faut pas que j'oublie le rendez-vous que j'ai au café du Progrès à 4h de l'après-midi avec celui-là..." Vous n'avez pas encore ouvert le second oeil et vous vous trouvez déjà projeté à l'autre bout de la ville et dix heures en avant, avec celui-là ! Mais revenons à nous : vite au bain. Le petit déjeuner : le journal pour savoir ce qui se passe en Cochinchine ou au Nicaragua. 7h20, j'allais oublier l'heure ! Un regard à l'entour avant de quitter la chambre. Je n'ai rien oublié ? Le portefeuille ? La cravate ? Les clefs ? Non, rien. Si. Quoi ? - Toi-même. Mais l'important, c'est de ne pas perdre l'autobus. Je l'attrape de justesse. J'arrive au bureau, je dépêche le courrier, je réponds au téléphone. Je reçois deux visites. Je signe un contrat. Midi, je rentre. Je déjeune. Je repars, le courrier, le téléphone, le contrat, la visite. Enfin, le soir vient. Je tombe de fatigue : allons au cinéma voir les galopades dans les montagnes Rocheuses, courons endosser plusieurs vies à la place de la nôtre. Je rentre tard, je me couche, j'éteins. Cette fois, je suis seul avec moi-même ou du moins j'ai failli l'être pour un instant, mais à l'instant je me suis endormi...
Voilà l'enchaînement : la chaîne des devoirs, des travaux, des tracas, des habitudes, des nécessités, des vanités qui nous attachent dehors, à l'Autre. Mais comment en sortir ? Oui, comment sortir de l'extérieur ? Tu me le demandes ? C'est pourtant simple : en te retournant. Cet acte simple et décisif s'appelle en esprit "conversion". La Conversion, c'est se libérer et se détacher du monde et diriger l'intelligence, le coeur, les goûts, les forces vers le Dedans (...).
L'attitude dominante, en ce monde, c'est l'ignorance de soi, c'est-à-dire des choses de l'âme, l'oubli, la distraction, l'indifférence constante à l'égard des choses de l'âme, conséquence d'une inversion de l'intelligence vers le profit, vers l'appropriation et domination du monde extérieur, choses et gens (...).
La Conversion consiste à sortir du Monde, à "sortir de l'extérieur", à rentrer en soi. A y porter d'abord attention. L'âme, de vaporeuse et vague qu'elle était, se fait dense et vivante par l'effet de cette attention, s'éclaire par le rayon de cette attention et devient consciente, devient source de paroles et d'actes originaux et significatifs. La connaissance de soi est unifiante et rayonnante, à la différence de n'importe quoi d'autre."

A quelques jours de notre entrée dans le temps du Carême, ceci est un chemin qui nous est proposé !

vendredi 17 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.371 : "C'est elle qui m'a guérie !"

Hier, nous avons accompagné en l'église Notre-Dame - "son église", disait-elle - Mademoiselle Germaine, décédée à l'âge de 98 ans, pour son entrée dans la Vie qui ne finit pas. C'est une grande figure fontenaisienne qui vient de disparaître, mais à nos yeux humains seulement. Ainsi que Guy l'a rappelé au début de la cérémonie, elle ne voulait pas se contenter de faire la charité, et elle s'est battue toute sa vie pour faire régner la justice. Parmi de multiples engagements, elle a milité à la Croix d'Or, au service des malades de l'alcool ; elle a aussi été maintes fois élue et réélue conseillère municipale, toujours en tête du nombre des votants, mais sans jamais en tirer le moindre orgueil : bel exemple de l'engagement possible à la fois dans le caritatif et le politique, au service de l'ensemble d'une population.
A la fin de la célébration, une femme, ancienne malade de l'alcool, est venue lui rendre hommage, très sobrement, mais avec beaucoup d'émotion. De ce témoignage, j'ai retenu l'expression suivante : "C'est elle qui m'a guérie !" Puis, à la sortie de l'église, plusieurs personnes m'ont révélé qu'elle avait aidé un tel, une telle et encore un tel à s'en sortir ; quelques-unes de ces personnes, sauvées, étaient là, hier après-midi, comme pour lui donner un ultime merci.
"C'est elle qui m'a guérie !" Hier soir, et ce matin encore, ces quelques mots emplissent mon coeur, ma pensée et mon esprit ; ils nourrissent ma prière également. Existe-t-il quelque chose de plus beau, en effet, que de participer au salut de quelqu'un ? N'est-ce pas là le sommet d'une vie, le signe le plus magnifique de ce que l'homme peut réaliser, à la lumière de sa conscience, et dans l'éclairage des Béatitudes pour ceux qui sont croyants ?
Que dites-vous de votre vie ? Oh, elle ne vaut pas cher ! J'ai fait de nombreuses erreurs, je n'ai pas donné tout ce que j'aurais pu pour l'amour de Dieu et le bonheur de mes frères... Oui, mais tel jour, ou à telle époque, peut-être avez-vous permis, dit Jésus, à l'un de ces frères qui me ressemblent, de relever la tête et de retrouver l'espérance ! Alors, quelle que soit l'ampleur de vos insuffisances, vous n'aurez pas vécu en vain. En effet, comme saint Jacques nous le rappelle dans la première lecture de ce jour (2/24) : "L'homme devient juste à cause de ses actes, et pas seulement par sa foi."
Merci, Mademoiselle Germaine, de nous l'avoir rappelé !

jeudi 16 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.370 : "Vivre ensemble"

Il y a un peu plus d'un an, après enquête et consultation, l'équipe de rédaction de ce qui allait devenir le premier journal du doyenné de Fontenay-le-Comte avait retenu comme titre, pour ce nouveau petit média : "Vivre ensemble". L'objectif était de permettre aux catholiques des six paroisses du doyenné d'apprendre, peu à peu, à regarder au-dessus des murs de leur communauté paroissiale, afin de s'intéresser à ce qui se faisait et se vivait, autrement, à quelques kilomètres seulement de chez eux.
Après un peu plus d'un an d'existence, cet objectif a-t-il été atteint ? Il serait tout à fait prétentieux de le prétendre ! En tout cas, depuis le début, chaque mois, des personnes venant des six paroisses se sont retrouvées régulièrement, ont appris à se connaître, à travailler ensemble et ont commencé à construire ce petit journal. Apprendre à travailler avec des gens qu'on ne connaît pas, n'est-ce pas cela justement, l'enjeu du "vivre ensemble" ? En tout cas, des lecteurs, peu à peu, ont su découvrir, mois après mois, à travers tel ou tel article, la diversité et l'ampleur de la vie de l'Eglise sur notre doyenné. Par exemple, quand Alain, de Saint Hilaire des Loges, nous parle du CMR (Chrétiens dans le Monde Rural), cela apporte du neuf sur Fontenay-le-Comte, où ce mouvement, en milieu urbain, n'est guère connu. Ou lorsque Annie nous présente le site internet, très riche, créé par Jean-Paul, sur la paroisse de Benet (6 617 connexions en mars 2011 !). Ou quand Laure, une jeune de Fontaines, nous parle des JMJ de Madrid auxquelles elle vient de participer... Et il en est de même pour des articles venant des trois autres paroisses !
Bien sûr, si chacun ne s'intéresse qu'à lui-même et à sa famille proche, il va être déçu ! Mais demeure l'appel à voir plus grand et plus loin ! L'apprentissage du "vivre ensemble" ne se fait pas en un jour !
En tout cas, je repensais à tout cela en ouvrant le journal "La Croix" daté d'hier. En titre énorme sur la première page justement, les mots "Vivre ensemble". Ceci est d'ailleurs une formule que l'on retrouve de plus en plus, tant dans les discussions entre citoyens que dans les discours des politiques ou à travers les médias. Ces deux mots, directement inspirés de la Bible, sont au coeur même de tout projet de société et d'Eglise. Ainsi que nous le rappelle le psaume 133/1 : "Quel bonheur, quelle douceur pour des frères de vivre ensemble !"
C'était déjà d'ailleurs le thème et l'objectif du précédent bulletin "Alliance", dont l'équipe avait de la même façon le souci d'ouvrir les coeurs et les esprits au sens de l'ouverture et du grand large !
De notre isolement, délivre-nous Seigneur ! Du fait de n'avoir nul besoin des autres, délivre-nous Seigneur !
Parce que l'autre est là, de l'autre côté, si loin, et pourtant si proche de nous, merci Seigneur ! Parce que l'autre peut m'apprendre à m'ouvrir au-delà de mes horizons limités, merci Seigneur ! Parce que, avec l'autre, qui est différent de moi, que je ne comprends pas bien, et dont je crois ne pas avoir besoin, nous pouvons construire une Eglise plus large, plus belle, capable de mutualiser ses richesses humaines et spirituelles, merci Seigneur !

mercredi 15 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.369 : Vieillir vivant

Nous rencontrons chaque jour, autour de nous, des personnes qui vivent fort mal leur vieillissement ; ils ont l'impression en effet d'entrer dans une période pénible et négative de leur vie, et ils abordent avec d'autant plus d'angoisse ce temps de leur existence. Certains cherchent à nier et à fuir la réalité de ce vieillissement. Alors que je déclarais, avec un peu d'humour, à une personne qui a 80 ans, moi qui vais en avoir 70 et ne me sens plus jeune du tout depuis bien longtemps, que nous étions des vieux à présent, le monsieur de me répondre, l'air réellement choqué : "Ah non ! Moi, je ne me sens pas vieux !" Je n'ai rien rajouté !!!... Il est vrai que certains continuent à faire, souvent à grands frais, comme s'ils étaient toujours jeunes ! Mais cela ne peut empêcher que nous ne pourrons plus jamais faire ce que nous avons vécu jadis, il faut savoir l'accepter.
Cependant, je ne suis pas d'accord avec Simone de Beauvoir, qui considérait la vieilllesse comme une "survie". Au contraire, la vieillesse est et demeure une vie, même si c'est sous une forme différente de ce que nous avons pu connaître dans notre mode de vie antérieur. Vieillir vivant, c'est ce qu'il peut nous arriver de mieux en effet ! Mais, il est vrai, pour vieillir vivant, il faut tout à la fois se sentir vivant et se voir vivant jusqu'à la mort, dans le regard des autres principalement, y compris lorsque l'on se sent diminué, ou quand Alzheimer nous guette au détour du chemin. En échangeant avec les uns et les autres à ce propos, je pense qu'il y a de multiples façons de rester bien vivant, tout en acceptant inéluctablement de vieillir :
- accepter de faire notre deuil de ce qui n'est plus, renoncer à certaines responsabilités ou activités, savoir se désinvestir, paisiblement. Ne pas chercher à se mêler de ce qu'essayent de réaliser les personnes encore en activité.
- prendre le temps de relire sa vie, de regarder en face ce qui a pu échouer, se recentrer sur l'essentiel ; savoir rendre grâce pour les riches moments vécus, pour toutes les amitiés qui nous ont permis de grandir, pour toutes les aides reçues et partagées.
- entrer en paix avec soi-même, mais aussi, avec tous et toutes autour de nous (conjoint, proches, entourage multiple...). Recevoir la force de pardonner, de comprendre, d'aimer.
- ne pas soupirer sans cesse après le temps passé ou le temps perdu, jadis, de façon futile trop souvent.
- faire des projets, ne jamais cesser de faire des projets
- remettre chaque jour notre existence entre les mains de Dieu, dire sans cesse oui à Dieu, oui aux autres, oui à la fraternité, oui à l'avenir, quel qu'il soit.
Facile à dire ? A vous donc de compléter au besoin, selon ce que vous ressentez !
Vieillir vivant : peut-être cela s'apprend-il ? Si donc, il faut nous y mettre, dès à présent !

mardi 14 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.368 : La "saint Valentin"

Il y a quelques jours, en faisant une recherche sur Internet, je suis tombé par hasard sur "Les dix commandements d'une saint Valentin réussie". Je me suis dit en moi-même : "Moïse n'a plus qu'à bien se tenir, et à essayer de remettre un peu au goût du jour ses anciens vieux commandements, pourtant écrits jadis par Dieu lui-même, en lettres de feu, sur le Mont Horeb !"
Je vous en livre deux ou trois, de ces commandements nouveaux, même s'ils sentent un peu la guimauve :
- "Le jour de la saint Valentin, le petit déjeuner au lit, tu lui apporteras !" (trop tard pour ce matin...)
- "Par un changement de look, aujourd'hui, tu l'épateras !"
- "Ce jour-là, un bon repas tu prépareras !" etc...
Tout cela peut paraître puéril, et un peu superficiel ! Et pourtant, n'est-ce pas dans les petits détails de la vie de tous les jours que l'on mesure la qualité d'une affection ? Dans les couples il est vrai, au fur et à mesure que les années passent, l'ardeur des sentiments peut décliner, s'étioler parfois ! Le plus grand ennemi, dans un couple en effet, c'est peut-être l'habitude, et l'accoutumance, au mauvais sens du mot. Voilà pourquoi tel commandement de la saint Valentin n'est peut-être pas si ridicule que ça, même si l'on peut en sourire : "Le petit déjeuner au lit tu lui apporteras..." Eh oui ! Cela peut être un beau signe d'affection, un samedi ou un dimanche matin, au milieu de la vie trépidante dans laquelle nous sommes plongés. Et cela, même si l'on a déjà plus de cinquante ans de vie commune.
Aristote, le célèbre disciple de Platon, écrivait : "Aimer, c'est vouloir le bien de l'autre." Plusieurs siècles avant le Christ, ce philosophe donnait ainsi la plus belle définition de l'amour. Jésus est venu, quant à lui, nous révéler la source profonde de l'amour, qui trouve son origine et sa richesse en un Dieu qui lui-même n'est qu'Amour.
C'est tout cela que je partagerai cet après-midi à ce couple qui a choisi le jour de la saint Valentin pour s'engager pleinement dans le mariage. Puisse le Dieu Amour, en cette fête de saint Valentin, les garder toujours unis, ainsi que tous les couples du monde, unis dans l'Amour qui n'a pas de fin !

lundi 13 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.367 : "Il n'y a qu'une seule race sur la terre..."

Ainsi que le pape Jean-Paul II l'affirmait avec vigueur et conviction : "Il n'y a qu'une seule race sur la terre, la race des fils de Dieu !" Il n'est peut-être pas inutile de le rappeler, en ces temps où la tentation pourrait être grande de comparer les humains, ou d'opposer entre elles cultures et religions. Ayant beaucoup circulé à l'étranger et vécu neuf ans en Afrique, je voudrais illustrer à ma façon cette déclaration du pape Jean-Paul II.
- juillet 1966 : Yves, Vital et moi, nous nous présentons à un poste-frontière pour entrer en Syrie. Nous nous trouvons non loin d'Ugarit, cité qui fut habitée 6.000 ans avant notre ère, et fut le siège d'une civilisation très brillante. Le douanier nous fait la remarque suivante : "Bienvenue en Syrie ! Mais ne faites pas comme vos compatriotes qui ont pris et pillé chez nous tant de vestiges millénaires pour les exposer au Musée du Louvre à Paris ! On vous fait confiance pour respecter notre pays." Leçon un peu amère, mais sans doute méritée !
- août 1970, en Iran : que ce soit à Chiraz, Téhéran, Ispahan ou ailleurs, chaque jour, durant notre périple, André et moi, nous sommes invités à déjeuner, dîner ou loger dans des familles ; à y rester le temps que nous voulons aussi ! Etonnement permanent devant la qualité de cet accueil, désintéressé, si fraternel. Même accueil permanent en Turquie, au Pakistan ou ailleurs. Peut-être à cause de notre façon de voyager et de notre sac à dos ? Là encore, quelle leçon d'humanité : ce sont des civilisations vraiment ouvertes à l'autre !
- octobre 1977, au Mali : je suis arrivé à Bamako il y a un mois. Un policier me demande si j'ai été bien accueilli ; il insiste pour me faire répéter combien j'ai été bien reçu et me fait remarquer alors : "J'aimerais que nos frères Maliens soient accueillis aussi fraternellement lorsqu'ils arrivent en France ; mais je m'aperçois que chez vous, en général, ce n'est pas ainsi que l'on agit."
- août 1983, à Moscou : Laurent et moi, nous empruntons le métro. Surprise : les gens règlent en balançant une pièce dans un grand récipient, et tout le monde paye ! Ce n'est pas à Paris qu'on verrait ça ! Nous entrons dans un wagon, qui est bondé. Aussitôt, ayant repéré sans doute que nous étions des étrangers, au moins vingt passagers se lèvent pour nous permettre de nous asseoir ! C'est vraiment une autre civilisation en effet !
- janvier 1992, en République Centrafricaine : envoyé rencontrer les missionnaires français en RCA, je passe plusieurs jours à Monasao, au milieu des Pygmées. Ceux-ci racontent leur souffrance d'être méprisés de tous. Un exemple entre mille : on a envoyé certains d'entre eux présenter un spectacle au Zénith. Comme ils ne voulaient pas monter en avion, on les a soûlés et encadrés par la force. Quelle honte ! "Vous, les Blancs, vous nous avez apporté la "syphilisation" !"
Et il y aurait tant d'autres faits semblables à partager... Mais l'espace limité de ce billet ne me permet pas de poursuivre ici ce catalogue de l'appel au respect des cultures !
Ah ! La différence des cultures ! Très instructif, vraiment !

dimanche 12 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.366 : Méditation avec les malades

Voici ce que recommandait à ses prêtres Mgr Pierre Veuillot, archevêque de Paris (où il fut le prédécesseur de Mgr Marty), peu avant sa mort, alors qu'il se trouvait en grande souffrance : "Devant un souffrant, de grâce, sachez vous taire ; vous ne savez pas le mal que vous pouvez faire !" Aujourd'hui, en ce Dimanche de la Santé, je vais donc laisser la parole à des malades ou à des personnes très en lien avec eux :

"Seigneur, tu as mis en moi le goût de vivre, la passion d'exister.
Quand rien ne va plus, et que je me dis : "A quoi ça sert de se battre ?"
Je peux encore me tourner vers toi, te prier, et te demander de m'aider.
Tu m'as choisi pour faire triompher la vie, tu ne peux me laisser tomber.
Seigneur, sois mon réconfort !
Apporte-moi cette bouffée d'espérance qui me soutiendra toute la journée.
Tu es mon compagnon d'attente des jours meilleurs.
Avec toi, je reprendrai la route de la vie, et sans fin, je proclamerai ton amour !"

"Seigneur Jésus, comment pourrais-je bien prier quand le mal m'écrase et que j'en n'en puis plus ?
Toi qui as connu le creux de la souffrance, toi qui es passé par là,
Aujourd'hui, sois très fort avec moi !
Toi qui as fait face jusqu'au bout, aide-moi à tenir bon !
Toi qui es vivant, viens prier en moi par ton Esprit-Saint.
Et, pendant que je continue ta Passion,
Fais passer en moi le souffle de la Résurrection." (Pierre Lyonnet)

Voici à présent la prière proposée dans le livret de préparation de ce Dimanche de la Santé :
"Seigneur, tu es la lumière et la vie ; mais comment aller vers toi quand on est en survie ?
Ils sont toujours là, ces exclus, ces demi-morts, ceux dont la route est sans aurore.
Tu veux qu'ils se lèvent, marchent, relèvent la face,
Mais comment et pour qui veux-tu qu'ils le fassent ?
Il suffit de peu de chose pourtant pour redonner coeur à ces frères souffrants :
Le regard d'un passant, la prévenance d'un soignant.
Du voisin qui, simplement, dit bonjour, au travailleur social qui revient, jour après jour.
Ils sont légion à être reliés par l'amour !
Ils puisent aux sources de la vie et ensemble, cheminent avec tes enfants meurtris.
Seigneur, donne à tous tes serviteurs d'avancer en frères et soeurs,
Sur ta route, vers le bonheur !" (Hubert Renard)

samedi 11 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.365 : Florilège musulman

Nous avons vécu hier soir notre 12° rencontre du groupe fontenaisien d'amitié entre chrétiens et musulmans, fidèles en ceci à l'appel de Benoît XVI déclarant : "J'apprécie la croissance du dialogue entre musulmans et chrétiens, au niveau à la fois local et international (...). Nos efforts pour nous rencontrer et favoriser le dialogue sont une contribution grandement utile pour construire la paix sur de solides fondations (...). C'est pourquoi il est impératif de nous engager dans un dialogue authentique et sincère."
La fois précédente, les chrétiens, catholiques et protestants, avaient exprimé ce que représentait pour eux l'amour du prochain, à partir des textes bibliques et de l'exemple de Jésus. Cette fois-ci, nous nous sommes mis à l'écoute de nos amis musulmans, qui nous ont partagé un certain nombre de versets du Coran invitant à l'amour de Dieu et du prochain. A titre d'illustration, je me permets de vous en citer quelques-uns.
- Sourate 2/177 : "La piété ne consiste pas à tourner votre face vers l'Orient ou l'Occident. L'homme pieux est celui qui croit en Dieu, au dernier Jour, aux anges, au Livre et aux prophètes. Celui qui, pour l'amour de Dieu, donne de son bien à ses proches, aux orphelins, aux pauvres, au voyageur, aux mendiants et pour le rachat des captifs."
- Sourate 4/36 : "Adorez Dieu ! Ne lui associez rien ! Vous devez user de bonté envers vos parents, vos proches, les orphelins, les pauvres, le client qui est votre allié et celui qui vous est étranger ; le compagnon qui est proche de vous, le voyageur et vos esclaves."
Sourate 4/135 : "O vous qui croyez, pratiquez avec constance la justice en témoignage de fidélité envers Dieu, et même à votre propre détriment, ou au détriment de vos père et mère et de vos proches, qu'il s'agisse d'un riche ou d'un pauvre, car Dieu a la priorité sur eux deux."
- Sourate 61/2-3 : "O vous les croyants ! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ? Dire ce que vous ne faites pas est grandement haïssable auprès de Dieu."
L'on pourrait citer de nombreux autres passage du Coran invitant à avoir le souci du prochain. Nos amis nous ont expliqué que la véritable générosité consiste à préférer les autres à soi, et Dieu à tout. Il faut en quelque sorte voir dans le prochain un invité, comme un hôte dans notre maison, et toujours chercher l'excellence dans nos contacts avec les autres, comme avec Dieu : l'on se doit d'être attentif au prochain, qu'il soit croyant ou non, qu'il le mérite ou non.
Question : mais, tout cela n'est-il pas irréel ? Les musulmans mettent-ils en pratique ces enseignements du Coran ? Pas tous, malheureusement... Mais tous les chrétiens mettent-ils eux-mêmes en pratique de façon parfaite les commandements de Dieu et les appels de Jésus à aimer leur prochain ? Cela se saurait ! Et ce n'est pas parce que des chrétiens sont infidèles à l'Evangile qu'il faut disqualifier Jésus ou le christianisme... Il en est de même par rapport au Coran.
Heureusement, nous connaissons tous des musulmans qui mènent une vie droite, pieuse et fraternelle. Il était bon de connaître quelques-uns des textes grâce auxquels tant de musulmans, à travers les siècles et aujourd'hui encore, ont compris qu'ils étaient appelés à aimer et servir Dieu et leurs frères !

vendredi 10 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.364 : Réhabilitation possible du monde politique

C'est une grande souffrance que d'entendre beaucoup de gens se plaindre des hommes et des femmes politiques dans notre pays. Sans doute sont-ils imparfaits ! Mais nous-mêmes, sommes-nous des exemples de pureté, de probité, de désintéressement et d'engagement ? Vous me direz : "Oui mais, nous au moins, on n'a pas le culot de se présenter aux élections." Le problème, c'est que les élus sont à l'image des électeurs ! Ce qui fait que notre responsabilité est pleinement en cause dans les faiblesses et les insuffisances de nos élus. Ce que saint Augustin disait des chrétiens et de leurs pasteurs est valable aussi pour le reste de la société : "Ce sont les bonnes brebis qui font les bons pasteurs."
Est-il donc impossible de trouver des hommes politiques à la fois intègres, désintéressés, compétents, capables de faire une certaine unanimité, au service de projets de qualité ? Allons voir du côté de l'Italie. Vous avez entendu parler du nouveau président du conseil italien : Mario Monti, "il Professore", qui a succédé fin novembre à Silvio Berlusconi, "il Cavaliere". Cet homme affiche un mélange de sobriété, de rigueur publique et de bonnes manières qui n'en finit pas d'étonner ses compatriotes. Quand il va au Parlement, il écoute et prend des notes, tandis que son prédécesseur ne faisait qu'y passer une tête au moment des scrutins. Avant son investiture, à Rome, il passait la nuit dans un hôtel à 140 euros. Aux puissantes voitures allemandes dans lesquelles son prédécesseur aimait se faire transporter, Mario Monti préfère une très italienne Lancia Thesis. A travers la qualité de son action, même si tout ne sera pas simple pour lui non plus, il est en train de ramener l'Italie au premier plan en Europe. Il fait exploser les rentes et les privilèges qui sclérosent l'Italie. Un sondage de l'institut Demos publié dans le quotidien "La Repubblica" créditait récemment son équipe de 78,6% d'opinions positives. Lui-même en obtient 83,8%... Du jamais vu ! Même si cet état de grâce ne sera peut-être que provisoire. En tout cas, cela montre qu'il est possible, pour un homme politique, s'il est crédible, de gagner la confiance de ses concitoyens.
Dans un article sur le style de Mario Monti, le journal "Le Monde" n'a pas trouvé déplacé ni superflu de signaler que, avec sa femme Elsa, Mario Monti se rend à la messe le dimanche matin de bonne heure. Il y trouve sans doute nourriture, courage et espérance. Dans son édition du 1° décembre dernier, le journal "La Vie" posait la question suivante : "Peut-on concilier obligations politiques et exigences évangéliques ?" Réponse du Père jésuite Henri Madelin : "Ce n'est pas facile, car l'Evangile est exigeant et n'est pas un manuel sur le modèle du "Petit Livre rouge" de Mao Zedong. L'Evangile est une charte pour conduire vers le haut tous les chrétiens. En politique, c'est une voie merveilleuse pour être exigeant avec soi-même, pour s'engager, comme le montrent les exemples de Robert Schuman ou Jacques Delors. La politique s'occupe de tous, travaille sur les libertés. Elle fait appel à la conscience de l'homme. Elle se rapproche ainsi de la religion, qui, davantage encore, parle aux consciences sans recourir à la contrainte, comme la politique".
Ce qui est possible en Italie est possible ailleurs, y compris en France n'est-ce pas ?

jeudi 9 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.363 : "Si je ne suis plus capable..."

Hier, en réunion d'équipe liturgique, une participante nous a dit, de façon très humble : "Vous savez, si un jour vous sentez que je ne fais plus l'affaire, dans tel ou tel domaine, il ne faudra pas hésiter à me le dire ; je comprendrai et je m'arrêterai." Cela a entraîné entre nous tout un échange à propos des limites de l'engagement. Il peut arriver un âge, ou des circonstances, à partir desquels l'on ne peut plus assurer le rôle qui nous a été confié. Le risque alors est de ne pas s'en rendre compte, et de vouloir à tout prix s'accrocher. Nous disions que, dans un certain nombre d'associations par exemple, au-delà de 75 ans, l'exercice d'une présidence n'est plus possible. J'ai ajouté qu'en ce qui concerne les prêtres, même s'ils auraient bien voulu continuer d'assurer un rôle actif de curé, à 75 ans, il leur est demandé de se retirer ; et cela, même si leur nombre est restreint.
Nous remarquions que pour certains, laïcs ou prêtres, cette étape représente un passage bien difficile à vivre, ceux-ci, à ce moment-là, se sentant méprisés, sous-évalués, rejetés, ignorés ; alors qu'ils ont l'impression de pouvoir encore donner beaucoup, d'avoir tout leur tête, d'être en pleine possession de toutes leurs capacités, intellectuelles ou autres : "Mais, dans ces conditions, qu'est-ce que je vais devenir ?" se demandent-ils avec anxiété !
L'on repense alors à cette annonce faite par Jésus à l'apôtre Pierre, tout à la fin de l'Evangile de Jean (21/18) : "En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu nouais ta ceinture et tu allais où tu voulais ; lorsque tu seras devenu vieux, tu étendras les mains, et c'est un autre qui te nouera ta ceinture et qui te conduira là où tu ne voudrais pas."
Apprenons donc à nous préparer à ce temps du lâcher-prise, dans une écoute attentive de Dieu et des autres, en toute humilité, et tout se passera fort bien !

mercredi 8 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.362 : Accueillir les imprévus de Dieu

Seigneur, hier, à cause de l'état des routes, suite à la chute de neige, j'ai dû passer ma journée à gérer des imprévus.
Je devais préparer un baptême, mais les choses se sont passées autrement.
Nous devions avoir une rencontre de tous ceux qui tiennent une permanence au presbytère ; mais, avec d'autres, nous avons passé notre temps à décommander cette réunion.
L'on devait se voir avec l'équipe pastorale du collège Saint Joseph, mais il n'y a pas eu cours hier.
J'avais rendez-vous avec un paroissien : nous l'avons annulé.
La rencontre des responsables des équipes liturgiques n'a pu avoir lieu elle non plus.
Il a fallu reprogrammer tout cela sur d'autres jours à venir, déjà trop bien remplis...
En veillée, nous devions aller à Thiré pour une rencontre ACI : cela n'a pas semblé prudent, avec un retour dans la nuit.
Si bien, Seigneur, qu'en fin de soirée, j'avais l'impression d'avoir manqué plein de choses importantes, et de n'avoir rien fait !
Mais, ce matin, en relisant tout cela, je m'aperçois qu'au contraire, la journée d'hier a été tout à fait éclairante et bien remplie.
Qu'est-ce que tu as voulu me dire, Seigneur, à travers tous ces imprévus ?
Le prévu, mon agenda rempli à ras bord, cela représentait mon projet à moi en effet, bien cadré, bien rassurant.
Je savais ce que j'allais faire de ma journée ; c'est moi qui menais la barque !
Et voici que les événements en ont décidé autrement.
Tous ces bouleversements, ces annulations , cela ne m'arrangeait pas du tout.
Mais, est-ce que par hasard, Seigneur, tu n'aimerais pas particulièrement les imprévus ?
C'est toujours quand on ne l'attend pas que tu sembles venir nous faire un clin d'oeil, nous tendre une perche, enfoncer le clou.
Et si l'imprévu était la brèche par laquelle ton Esprit peut s'engouffrer et m'emporter sur ses chemins ?
Et si, Seigneur, tu avais voulu me rappeler ainsi que ce n'est pas moi qui mène la barque de ma vie ?
Qu'un projet pastoral, ce n'est pas mon projet, mais le tien ?
Seigneur, je comprends alors que tu aimes les imprévus !
C'est ta façon à toi de souligner que tu agis au coeur de nos projets et de nos vies.
A moi qui prêche souvent que Dieu est le maître et l'acteur principal de nos existences, ceci est un rappel salutaire.
Savoir accueillir l'imprévu de Dieu.
Oui, c'est toi, Jésus, l'unique Sauveur !
Notre Père, que ta volonté soit faite !
Merci Seigneur !

mardi 7 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.361 : Réapprendre à conduire

Depuis deux jours, étant donné l'état des routes, il nous a fallu en quelque sorte réapprendre un peu à conduire ! Tout d'abord, premier obstacle : comment sortir du garage ? Et pas de chance si la voiture a couché dehors, car alors, il faut pas mal d'huile de coude pour dégivrer les vitres ! Ca y est, l'on se trouve sur la route ; à 20 à l'heure, ou bien moins dans les virages, et surtout à l'approche des stops ou des feux, il est possible d'aller faire ses courses. Pendant ce temps, voici quelqu'un qui nous double ! Il y en a qui n'ont peur de rien ! Oh la la, une descente ! Pourvu qu'il n'y ait personne en bas, car si je n'arrive pas à m'arrêter... Et la grand-mère, devant, qui traverse la route ! "Attention, la mamie !" Un peu, plus loin, deux adolescentes s'amusent à se faire peur en courant à petits pas légers sur le trottoir : à cet âge, on arrive toujours à se rattraper !
Chaque fois qu'il neige quelque peu, c'est la même expérience : l'on se trouve par le fait obligé de conduire autrement, de se conduire différemment : bien regarder où l'on roule comme où l'on marche, faire attention à celui qui est devant, ne pas chercher à aller trop vite, prendre son temps pour manoeuvrer, garder son calme, respecter la limitation obligée de la vitesse, ne pas vouloir jouer au malin...
Mais, quand les routes seront enfin dégagées, quand toute trace de neige et de verglas aura disparu, que se passera-t-il ? Aurons-nous retenu la leçon ? Ou retomberons-nous à nouveau dans les ornières de nos mauvaises habitudes : impatience, excès de vitesse, manque de respect par rapport aux autres usagers de la route ?
Et si notre façon de conduire était le révélateur de ce que nous sommes au plus profond ? Calme ou impatient, paisible ou affairé, brouillon ou équilibré ? Faire son examen de conscience au volant, pourquoi pas ?

lundi 6 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.360 : Neige féconde

Nous nous sommes donc réveillés hier dimanche sous un immense manteau blanc. Tandis que je traversais la ville, à pied et sans problème, pour rejoindre l'église Saint Jean, je me disais que cependant, il n'y aurait sans doute pas beaucoup de "clients" pour la messe de 11h15 ; mais j'avais tort : les courageuses personnes présentes emplissaient bien le tiers de l'église ! C'était le jour de la messe mensuelle des familles ; la célébration a été ouverte par un enfant, sous forme de prière, dans les termes suivants : "Jésus, j'ai plein de choses dans mes journées : l'école, bien sûr, et aussi le judo et le caté. Le soir, je retrouve ma famille et j'apprends mes leçons. Mais maintenant, je viens t'écouter et te prier. C'est bon de s'arrêter !"
Eh oui ! Dans notre monde survolté, même les enfants peuvent sentir le besoin de faire une pause de temps en temps ; et pourquoi pas à travers la messe, le dimanche matin, ainsi que semblait nous y inviter cet enfant ? En tout cas, à l'issue de la cérémonie, un paroissien m'a dit avoir été frappé par l'appel de cet enfant à prendre le temps de se poser. En fait, la messe de ce jour était animée par les membres des deux équipes des EDC (Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens) de Fontenay-le-Comte. S'arrêter, pour chacun de nous, mais particulièrement pour ce dirigeant d'entreprise, cela pouvait représenter en effet, plus que du luxe, une nécessité. Et ce même paroissien, chef d'entreprise, de poursuivre ainsi : "Au fond, l'invitation de cet enfant venait à point, avec l'appel de la nature, à travers cette neige qui nous oblige à suspendre nos activités, à reporter ce que nous avions prévu de faire, étant donné la difficulté de circuler. Et si Dieu passait par la nature pour nous inviter un peu à nous arrêter, à prendre du temps pour lire, échanger en famille, marcher un peu dans la neige avec nos proches, écouter de la musique, réfléchir tout simplement ?
Ainsi que le prophétise Isaïe 55/16 en effet : "(...) la pluie et la neige tombent du ciel et n'y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l'avoir fécondée et fait germer (...)".
Et vous connaissez tous ce dicton que me citait un paroisssien, fidèle lecteur de ce blog, Maurice : "Neige en février vaut du fumier !" Symboliquement, ce qui est bon pour la terre est bon pour le coeur !

dimanche 5 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.359 : Le Vatican et la rencontre entre chrétiens et musulmans

Nous étions 120 hier, dont plusieurs Fontenaisiens, venus de tous les coins de la Vendée pour réfléchir autour du thème de la spiritualité musulmane. A une époque en effet où l'ensemble de la population est plus portée à ne voir en l'islam qu'une source d'extrémisme, et chez les musulmans, des fanatiques seulement, il n'était pas superflu de consacrer une journée à essayer d'y voir plus clair. Aux côtés des catholiques et des protestants, des musulmans aussi avaient répondu à l'appel, venus de La Roche-sur-Yon, Fontenay-le-Comte...
Tout d'abord, avec intérêt, nous avons pris connaissance du message adressé aux catholiques de France, engagés dans la rencontre avec les musulmans, par le Cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue entre les religions, le 27 janvier dernier : "Il m'est agréable de vous faire parvenir l'expression de ma reconnaissance (...) pour le temps que vous consacrez à ce dialogue interreligieux, avec l'unique ambition de progresser dans la rencontre mutuelle et dans l'élimination des préjugés qui affaiblissent encore trop souvent la qualité de nos rencontres. Sachez que vous n'êtes pas seuls ! Nous sommes dans la main de Dieu. L'Eglise qui vous envoie vous "équipe" pour la route : l'Eucharistie et l'exemple de tant de témoins d'hier et d'aujourd'hui. (...) Il est important que, dans un monde pluriel et précaire comme le nôtre, nos concitoyens puissent constater que le dialogue interreligieux est une richesse pour nos sociétés humaines : des croyants qui, dans le respect de leurs différences, sont capables de s'écouter, d'apprécier ce qu'il y a de bon et de bien chez l'autre, sont des prophètes de l'espérance. Ils disent qu'il est possible de vivre ensemble parce que la personne humaine est beaucoup plus que ce qu'elle montre ou produit !"
Nous avions besoin d'entendre de telles paroles, qui nous ont confirmé dans le fait que, lorsque nous allons à la rencontre de nos frères musulmans, nous sommes bien en mission d'Eglise ! Thème de cette journée annuelle de formation organisée par le service diocésain pour le dialogue interreligieux sur la Vendée : la spiritualité musulmane. Belle occasion de découvrir comment la foi musulmane a fait naître, chez d'innombrables croyants, depuis toujours, une authentique rencontre avec Dieu. Une multitude de textes, de prières, de témoignages, sont à notre disposition, qui nous permettent de découvrir le cheminement de tant d'hommes et de femmes qui, à partir du Coran, ont fait l'expérience d'un chemin spirituel et mystique vers Dieu.
En ce qui concerne le groupe oecuménique fontenaisien de rencontre entre chrétiens et musulmans, c'est lors de chaque rencontre que, en écoutant nos frères de religion musulmane, nous les entendons ainsi nous révéler combien est grande et belle, chez eux aussi, autant que chez nous, leur foi en Dieu.
Juste une réflexion, en terminant, de Mgr Maroun Lahham, archevêque de Tunis, qui vient d'être nommé à Amman, en Jordanie, pour nous aider à faire la différence entre les musulmans authentiques et ceux qui, sous couvert de l'islam, poursuivent des objectifs qui n'ont rien à voir avec la religion : "Un religieux (un croyant authentique), c'est quelqu'un qui sert Dieu ; un fanatique, c'est quelqu'un qui se sert de Dieu."
En ce qui nous concerne, veillons à ne pas faire un amalgame injuste et erroné entre les deux !

P-S : Je voudrais vous mettre en garde contre un message pourri qui circule largement sur le Net et présente deux photos insoutenables censées montrer des cadavres de chrétiens brûlés par des musulmans au Nigéria. Une fois de plus, il s'agit d'un faux : ces photos auraient en fait été prises après l'explosion d'un camion-citerne d'essence en République démocratique du Congo. Source : le site HoaxBuster, spécialisé dans la vérification des fausses rumeurs sur Internet, et le journal "La Croix" de ce vendredi 3 février.

samedi 4 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.358 : Le sacrement du "Passage"

Souvent, l'on considère que le Sacrement des malades, c'est celui que l'on donne à une personne qui va mourir. Cela vient de ce que, il y a peu de temps encore, l'on dénommait ce Sacrement : "Extrême-Onction". Souvent d'ailleurs, le malade était déjà inconscient ; mais l'on pensait que cette onction, donnée en dernière extrémité, pouvait lui éviter la mort éternelle ; ou du moins, accélérer son entrée au paradis. Je sais, je caricature ; mais n'y avait-il pas un peu de cela ? Lorsque j'étais jeune prêtre - il y a de cela bien longtemps ! - je revois encore le visage effaré des malades me voyant arriver pour leur "donner" l'Extrême-Onction ; je sentais qu'ils se disaient alors en eux-mêmes : si le curé est là, c'est que je n'en ai vraiment plus pour longtemps !
Quelle différence avec ce que j'ai eu le bonheur de vivre à la Maison de retraite de l'Union Chrétienne hier, avec cette belle cérémonie du Sacrement des malades, qui a été offert à 22 résidents, dont plusieurs religieuses de l'Union Chrétienne, en présence de leurs familles et de membres du personnel, et en même temps, au vaillant aumônier de cette résidence, le Père Jacques Belliveaud, 87 ans. Jojo Vion, diacre de la paroisse, avec son équipe, avait préparé ce temps fort avec beaucoup de soin. Il fallait voir le visage rayonnant de ces personnes qui, bien que malades, handicapées, âgées, n'avaient pas du tout l'air effaré ni effrayé de recevoir ce Sacrement. Quelle belle évolution, depuis le Concile Vatican II, dans notre Eglise, sur ce point comme sur tant d'autres !
Voici la formule de ce Sacrement : "X..., par cette onction sainte, que le Seigneur, dans sa grande bonté, vous réconforte par la grâce de l'Esprit-Saint." Tandis que je lui fais alors une onction d'huile sur le front, la personne, très participante, ainsi que toute l'assemblée, répond : "Amen".
Et je poursuis ainsi, tout en faisant alors une onction sur la paume de chacune des deux mains : "Ainsi, vous ayant libéré de tout péché, qu'il vous sauve et vous relève." "Amen". "X..., désormais, la force de Dieu agit dans votre faiblesse."
Ainsi, portée par la communauté des chrétiens, la personne qui a reçu ce Sacrement peut vivre de façon plus sereine ce temps de passage, parfois difficile, par le handicap, la souffrance, le grand âge et la maladie, en union intime avec le Christ, qui est lui-même passé par la souffrance et par la mort. Comme le dit le rituel de ce Sacrement en citant la lettre aux Hébreux (2/18) : "Puisque le Christ a souffert lui-même, il est en mesure de venir en aide à ceux qui sont éprouvés."
Et tous alors de chanter en action de grâce et de confiance : "Alléluia. Le Seigneur resssuscité est apparu à ses disciples, il leur a donné sa paix. Alléluia."

vendredi 3 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.357 : Avec les bénévoles de la maraude

Il y a deux jours, Jean-Claude, des Restos du Coeur, qui assure la maraude chaque jeudi soir depuis des années sur Fontenay-le-Comte, m'a invité à participer à leur action au service des gens de la rue et des sans abri. Ce jeudi soir, nous voici donc partis pour une longue recherche à travers les rues de Fontenay-le-Comte et de ses abords, en compagnie de Laurent, de la Croix-Rouge, ainsi que de François et Patrick, d'Emmaüs : une belle équipe, solidaire, motivée, déterminée.
L'on circule lentement, dans la ville, attentifs plus particulièrement aux recoins sombres, bosquets, arrière-cours, tous les endroits où il y a des petits recoins susceptibles de fournir un abri à la fois contre les regards et la mauvaise température.
Les possibilités de squats sont nombreuses en effet ! Maisons vides, abandonnées, isolées, friches industrielles fort étendues, coins perdus parmi les arbres, dans les broussailles avec, ici ou là, des signes de passages récents : canettes de bières, portes plus ou moins entrouvertes, traces diverses... A moins 5° dehors, sous le froid glacial de cette nuit de février, malgré un superbe clair de lune, cela semble terrifiant. Et, c'est dans cet univers que se cachent des hommes et des femmes, jeunes assez souvent, pour essayer de survivre. Ils ont peur les uns des autres, ils ont peur de tout le monde, ils changent sans cesse de lieu de refuge ! Cependant, les seuls en qui ils ont confiance, ce sont ces bénévoles qui partagent avec eux le froid dans la nuit, et qui ne cherchent ni à les poursuivre, ni à les chasser, ni à leur faire la morale, mais seulement à leur demander s'ils ont besoin de quelque chose et à les écouter. L'excellente soupe de potiron préparée par les compagnons d'Emmaüs - délicieuse, je l'ai savourée - ainsi que le café, sont les bienvenus ! Des jeunes sont heureux aussi de se voir offrir un repas. Manger, boire, se cacher, dormir, sont devenus des besoins essentiels ! Jean-Claude me rappelle qu'il y a 140.000 personnes qui vivent ainsi dans la rue en France, dont 24% dans le grand Ouest, et 16.000 mineurs qui, évidemment, ne peuvent bénéficier du RSA...
En tout cas, marcher en silence dans les broussailles à la lisière de la ville, à la recherche de personnes dans le besoin, c'est une expérience décapante ! Impression d'entrer tout à coup dans un monde parallèle, dans une autre dimension, dans une sorte d'enfer glacial, dont les habitants essayent de survivre en fouillant dans les poubelles des restaurants ou des grandes surfaces, sans savoir ce que, demain, ils deviendront.
Cette nuit, nous avons fait 45 kms en voiture, sur les 144 kms de rues que comporte Fontenay-le-Comte, et aussi marché à pied. Tout du long m'est revenue à l'esprit, de façon lancinante, cette question de Dieu, en Genèse 4/9, que l'on peut traduire de ces deux façons : "Qu'as-tu fait de ton frère ?" ou bien : "Où est ton frère ?" J'avoue qu'en rentrant me coucher, au milieu de la nuit, j'ai eu de la peine à m'endormir ! Et en même temps, je rendais grâce à Dieu pour ces bénévoles qui, toutes associations réunies, se relaient, la nuit, tels des anges gardiens, pour permettre aux gens de la rue d'entrevoir un petit coin de ciel étoilé, un peu plus lumineux, au coeur de leur enfer !

jeudi 2 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.356 : Le métier de parents

De nos jours, un gros accent est mis sur la formation, dans tous les domaines : scolaire, professionnel, sportif, ecclésial et autres, et je crois qu'il faut s'en réjouir ! Mieux vaut en effet entrer dans la vie, exercer une fonction ou jouer un rôle dans la société en sachant où l'on met les pieds ! Je suis d'autant plus surpris de constater que, pour la vie de couple ou le métier de parents, il n'y a pas grand chose de prévu ; ou alors, ce n'est guère suivi. Prenons par exemple la construction d'un foyer ; pour ceux qui se marient à la mairie seulement, qu'est-ce qui existe comme possibilité de se préparer à vivre dans la fidélité avec le même conjoint durant peut-être soixante ans et plus ? Alors que, pour avoir le droit de conduire une voiture, l'on va exiger du candidat des heures et des heures de préparation, étalées sur de longs mois !
Quant à l'éducation des enfants, n'en parlons pas ! Combien de parents tâtonnent, hésitent, le coeur rempli d'inquiétude en découvrant parfois, avec effroi, l'ampleur de la responsabilité qui est la leur face à leur progéniture, qui ne correspond pas vraiment à ce qu'ils en attendraient !
Des associations, de parents d'élèves ou autres, proposent une aide, des lieux de partage, des moyens de formation ; mais avec bien peu de répondant ! Comme si l'on ne comprenait pas bien que le métier de parents, lui aussi, cela s'apprend ! Il n'y a pas de honte en effet à reconnaître que l'on ne sait pas bien faire : tout le monde est passé par là ! Le plus grave serait de fermer les yeux, de faire comme s'il n'y avait pas de problème et de laisser filer les choses jusqu'à ce qu'il soit trop tard ! L'on ne s'improvise pas parents en effet et, dans ce domaine plus que dans d'autres sans doute, il faut accepter de se faire aider ; ou du moins, de partager avec d'autres nos façons de faire et de procéder.
Les chrétiens, quant à eux, ont aussi la possibilité, par-dessus le marché ou avant tout, comme nous y invite la fête de ce jour, qui est celle de la Présentation de Jésus au Temple, de présenter à Dieu leur enfant, de le remettre entre ses mains, et de lui demander de pénétrer en lui et en nous, par sa lumière et son Esprit !
"Et une femme qui tenait un bébé contre son sein dit : "parlez-nous des enfants."
Et il dit : "Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à la Vie (...) Vous êtes les arcs desquels vos enfants sont propulsés, tels des flèches vivantes. L'archer vise la cible sur le chemin de l'infini, et il vous tend de sa puissance afin que ses flèches volent vite et loin (...)." Khalil Gibran : "Le Prophète"

mercredi 1 février 2012

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.355 : Oser la politique

La politique n'a pas forcément bonne presse en ce moment. En raison de la crise, elle se trouve projetée sur le devant de la scène, où elle se trouve plutôt mise à mal, incapable qu'elle semble de proposer des pistes de solution. Dans la tourmente, elle subit les événements plus qu'elle ne les conduit, tandis que, trop souvent, ceux qui devraient susciter l'espoir ne sont pas dignes de la confiance que l'on pourrait mettre en eux. Question : la fonction politique est-elle honorable aujourd'hui ? Un chrétien ne risque-t-il pas de se salir en s'y engageant ?
Les chrétiens semblant saisis par le doute, face à cette "vision dépressive de la politique", pour reprendre une expression de Jacques Arènes, la paroisse Saint Hilaire de Fontenay-le-Comte proposait hier une soirée de réflexion sur ce thème, avec l'éclairage du Père Jean-Marie Bounolleau, curé-doyen de Chantonnay, ancien responsable de la formation permanente sur le diocèse.
Celui-ci nous a mis en garde contre la tentation qui guette les chrétiens, face à cette impuissance apparente du politique, de se retirer dans leur "niche", selon le mot du Père jésuite Christoph Theobald dans la revue "Etudes" de janvier (il faut lire tout son article, p. 67 sq) : "les "niches" de vie privée que leur laisse la société." Puisque tout est compliqué au plan politique, on s'investit là où cela semble plus simple : sur le plan caritatif, associatif, ecclésial... C'est plus facile en effet d'aider son voisin que de s'engager en politique ! Mais alors, que devient l'investissement des chrétiens dans le champ politique ? Ne risque-t-on pas de laisser la place à d'autres ? Il semble qu'il n'y ait pas assez de catholiques qui s'engagent ! Et ensuite, on se plaindra... Or, la vocation des chrétiens, n'est-ce pas d'être présents et actifs au service du bien commun ?
Pourquoi s'engager en politique en effet ? Avant tout, par souci de cohérence avec le message évangélique. C'est une façon de se mettre à la suite du Christ, et pour faire en sorte que les grandes décisions soient prises en fidélité aux hommes et à leurs vrais besoins. A ce sujet, les chrétiens ont quelque chose de spécifique à dire et à faire ; ils sont attendus dans le domaine politique ; la lecture de la Bible en effet peut nourrir, non seulement la vie privée, ou la vie ecclésiale des chrétiens, mais aussi, le vivre-ensemble en société.
Bien sûr, les chrétiens n'ont pas des solutions que les autres n'auraient pas ; mais ils doivent être au coude à coude avec tous les autres humanistes, croyants ou non, pour avancer des propositions, mettre en avant des perspectives, travailler à élaborer de nouveaux projets et à inventer de nouveaux modes de vie. Leur rôle, c'est de contribuer à introduire, à faire valoir, dans le monde économique et politique et au coeur de notre société, un discernement inspiré de l'Evangile. La lecture de l'Ecriture, en effet, doit pouvoir inspirer notre vie ensemble, y compris dans sa dimension politique. Cela aura été l'honneur de cette soirée de nous y avoir un peu plus sensibilisés !