Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

jeudi 10 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.275 : Vieillir ensemble

Magnifique témoignage recueilli hier, de la part de cet homme qui vient de perdre son épouse, partie trop tôt ; alors qu'elle sentait sa fin approcher, tandis que son époux la serrait dans ses bras, celle-ci lui a avoué, dans un souffle : "Tu sais, mon plus grand regret, c'est de ne pas pouvoir vieillir avec toi !" C'était comme un testament ultime car, un instant seulement après, tout était fini !
En fait, ainsi que me l'a fait remarquer ce monsieur, rien n'était fini. Et il était convaincu que son épouse continuait bien à vieillir auprès de lui, toujours présente, toujours vivante, dans l'immense amour du Seigneur. Avec ce bel acte de foi : "Le seul vers qui l'on puisse se tourner, le seul à qui l'on peut se fier, c'est le Seigneur." Là encore, comme souvent, j'ai bien senti que, pour ce monsieur, la mort avait bel et bien perdu la partie, et qu'elle n'avait pas eu le dernier mot ! Ce dernier mot qui revient toujours à l'amour, dont tous les poètes nous disent, depuis toujours, qu'il est plus fort que la mort. Le grand William Shakespeare n'écrivait-il pas, dans l'un de ses sonnets intitulé "L'Etoile de l'amour" : "L'amour n'est pas l'amour s'il change aux changements, s'il part avec celui qui part. Non, l'amour est un phare fixé pour toujours."
Quand un homme et une femme en effet unissent leur destin par les liens du mariage, ils bâtissent ensemble alors une formidable relation d'amour, du latin "amor", dont les racines "a" (privatif latin) et "mors" (la mort), signifient : "être sans mort". En ce sens, "Je t'aime" signifie littéralement : "Toi, je ne veux pas que tu meures". C'est le désir, la soif, la volonté, l'espérance de "durer" avec l'autre, quelles que soient les joies bien sûr, mais surtout, les épreuves qui ne manqueront pas de se présenter. Avec la certitude que, s'il y a au sein du couple la volonté de vivre par l'autre et pour l'autre, il est possible à cet amour de durer !

Deux rendez-vous importants en ce jour, en fidélité à l'Amour :
- à 11h30, messe à la chapelle de l'Union Chrétienne en communion avec la cérémonie d'entrée dans la vie de Dieu, dans l'Eure, de notre frère et ami le Père Pascal Brémaud, parti trop vite lui aussi, à l'âge de 39 ans seulement, au terme d'une vie sacerdotale et missionnaire riche et bien remplie.
- à 20h30, au cinéma "Le Renaissance", soirée-débat autour du thème de la victoire du pardon, après les violents événements qui ont déchiré la Nouvelle Calédonie il y a plus de 20 ans déjà. Des deux côtés en effet, des hommes et des femmes ont su dépasser leurs oppositions pour cheminer ensemble vers la réconciliation, comme les images nous le montreront.

2 commentaires:


Annick a dit…

Quand quelqu'un meurt, je ne peux plus partager avec lui de la même manière mes pensées et mes sentiments. L'autre m'a quitté, ne me soutient plus, ne me réchauffe plus, ne m'indique plus le chemin.
La peine nous blesse, mais elle est aussi quelque chose que nous sommes seuls à vivre. Elle nous distingue, elle est quelque chose de précieux que nous portons en nous. Elle anoblit l'homme. Elle nous entraîne alors dans les profondeurs de nous-mêmes, où nous découvrons le sacré que le malheur ne peut détruire. .
De tout temps, les hommes sages ont su que l'horizon de leur vie est plus vaste que ce qu'ils ont devant les yeux. Ce n'est pas seulement l'horizon de Dieu qui élargit la vie, mais aussi le monde des morts. Lorsque disparait une personne qui nous a bien connu, elle emporte une part de nous par-delà le seuil de la mort. Tout ce que nous avons partagé, les joies et les peines, les accords et les conflits, toutes les expériences heureuses et malheureuses que nous avons vécus ensemble, tout cela, elle l' emporte dans le monde de Dieu. Plus les personnes que nous aimons et qui nous ont précédé dans la mort seront nombreuses, plus grande sera la part de nous-mêmes à avoir déjà franchi le seuil de l'au-delà. Nous touchons donc d'ores et déjà au monde des morts, au monde de l'accomplissement, dans lequel les morts se trouvent auprès de Dieu. Mais l'inverse est tout aussi vrai : les morts nous envoient un message, ils nous confient une tâche que nous devons accomplir. Et ils nous accompagnent sur notre chemin.

De part et d'autre de la mort, en deçà comme au delà, nous sommes tous ensemble les fragments du pain.

C'est ainsi que je vis ma tâche à nouer de nouveaux liens avec "mes" défunts, à entrer dans une nouvelle relation avec eux. Cela n'a pu se faire lorsque je leurs ai vraiment fait mes adieux et enterré la part de moi-même qui est morte avec eux.

Annick

Henri Loisance a dit…

Ensemble, vieillir, voici 2 mots a multiples facettes. Certes, dans la logique de l’Amour et du mariage, l’aspiration logique de 2 êtres dont la vie est liée et qui vivent en synergie positive, est de terminer la vie commune comme elle a commencé, en se tenant la main, en étant «présent à toi qui es présent à moi» … on aimerait sortir de la vie commune comme on y est entré … ensemble.

Ensemble, appelle à déterminer s’il s’agit de fusion, d’abandon d’une part de soi dans un Nous, ou de synergie entre 2 entités cultivant l’affirmation individuelle dans l’altérité.

Vieillir, est-ce devenir mature, ou est-ce prendre de la longévité physique ? Est-de prendre de la sagesse, ou est-ce prendre des douleurs, des limitations et de la dépendance …

Et vieillir ensemble ! ? Devenir sage dans sa fusion. Dans la synergie, chacun pour l’autre, l’appuie, le pourvoyeur de plaisirs, l’Ami, l’effaceur de limitations, le compensateur de dépendances …

Bien entendu, le vieillir ensemble parce que la maison est à lui, parce que seul, ou seule, ma retraite est trop petite, parce que … ce n’est que fable et médisance !