Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

mercredi 30 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.295 : La Parole de Dieu

Sur les deux paroisses dont j'ai la responsabilité, je ne cesse de m'émerveiller face aux initiatives que prennent les paroissiens. Ainsi, dimanche dernier, à Saint Martin de Fraigneau, alors que je m'inquiétais de savoir, avant la messe, si l'on avait proposé, à la vente, des missels 2012, je me suis aperçu que c'était en train de se faire justement. Quelques jours auparavant, lors du conseil de paroisse sur Saint Hilaire de Fontenay, Michèle avait suggéré que l'on propose ces missels aux sorties de messes à l'occasion de la nouvelle année liturgique ; elle a organisé la vente dans diverses églises de la paroisse. Près de soixante missels ainsi ventilés ! Et avec eux, pour ceux qui en ont fait l'acquisition, une plus grande proximité avec la Parole de Dieu. En tant que curé, je n'ai rien eu à faire ; tout a été pris en charge. Et je pourrais citer de multiples exemples de cette belle prise en charge ainsi de la vie de nos paroisses, par des chrétiens qui, modestement, anonymement, bâtissent leur Eglise avec amour et détermination ! Qu'elle est belle ton Eglise, Seigneur !
Mais revenons à la Parole de Dieu. Ah ! Si chaque dimanche, les chrétiens venaient participer à la messe dominicale après avoir lu, et médité, ne serait-ce que quelques minutes seulement, les textes de la liturgie du jour ! Il n'est pas possible que leur vie, alors, n'en sorte pas transformée ! Quand on a fréquenté un tant soit peu la Parole de Dieu en effet, vous en avez fait l'expérience, l'on ne regarde plus tout à fait le monde, ni les autres, de la même façon : c'est le regard même de Dieu, la tendresse de Dieu, l'espérance, la fraternité qui, peu à peu, s'installent alors au plus profond de notre coeur.
Personnellement, quand je sens monter en moi telle pensée malsaine envers les autres, j'ai l'impression alors que quelqu'un m'arrête en me disant : "As-tu suffisamment lu la Parole de Dieu, médité, prié ?" En effet, quand vous voyez autour de vous quelqu'un qui se noie bêtement dans sa haine de l'autre, des autres, vous pouvez vous dire, presque à coup sûr, si ce n'est pas un malade, que la nourriture de cette personne n'est sans doute pas la si apaisante Parole de Dieu ! Ainsi que le dit saint Jean en effet : "Celui qui prétend être dans la lumière, tout en haïssant son frère, est toujours dans les ténèbres." (1 Jean 2/9)
Et si l'objectif de la Parole de Dieu était d'illuminer notre vie, de nous plonger dans l'amour divin et de nous débarrasser de ces lunettes noires qui nous empêchent de voir la beauté du monde et de nos frères humains ? Lisons vite les textes de la liturgie de ce jour, ou les si beaux passages bibliques des dimanches de l'Avent !

mardi 29 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.294 : L'ours de noël

Lu dans un catalogue reçu hier : "Chère Madame Gaignet, Noël est arrivé ! Quel plaisir de vous présenter ce nouveau catalogue avec ses pages spéciales cadeaux ! Profitez de nos prix ! Economisez grâce à nos offres spéciales ! Dès à présent, vous avez 30 points acquis, valables jusqu'au 31 décembre. Vous recevrez en cadeau l'ours de Noël ; au pied du sapin, il sera du plus bel effet !"
Au pied du sapin ? Ouf ! On l'a échappé belle ! Je croyais bien qu'ils allaient le mettre carrément dans la crèche et, pendant qu'on y est, à la place même du petit Jésus ! Vous imaginez la tête de Marie et de Joseph ? Sans parler de celle des bergers : cet ours, qui allait boulotter leurs gentils moutons ? Ils l'auraient rapidement sorti de là avec leurs chiens ! En plus, qu'en auraient pensé le boeuf et l'âne ? Et d'abord, pourquoi un ours plutôt qu'une autruche ? Ou un crocodile ? Ah ! L'ours en peluche, souvenir d'enfance... Enfance égale petit enfant égale petit nounours égale petit Jésus ? Non ! Je m'égare !
Alors, "l'ours de noël", qu'est-ce que ça veut dire, dans la tête de ces marchands de noël, dans la tête des consommateurs de noël que nous sommes ? Vous remarquez que je ne mets pas de majuscules à "noël" et, dans un tel cas, vous devinez pourquoi ! Jésus en effet n'est pas venu parmi nous pour se retrouver, 2.000 ans après, évincé par un nounours, si gentil soit-il, dans le coeur de nos petits comme dans le nôtre, grands enfants tordus que nous sommes !
Là cependant où je suis d'accord avec cette pub, c'est quand je lis, sur leur catalogue, l'appel suivant : "Nous voulons vous faire partager nos passions ; profitez-en dès aujourd'hui." C'est vrai ! Si, plutôt qu'un ours, c'est bien Jésus que vous souhaitez faire entrer au coeur de votre maison, il est bon de lui ouvrir votre porte dès aujourd'hui en effet, et avec passion ! Alors pourra se produire réellement le vrai miracle de Noël promis par Isaïe, et dont nous fait écho la première lecture de la liturgie de ce jour : "...Le loup habitera avec l'agneau, la vache et l'ourse auront le même pâturage ; il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompu, car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer." ((Isaïe 11/1-10)
Et voilà que notre ours retrouve sa place ; disons, la place qui est la sienne ! Symboliquement en effet, grâce à la venue de Jésus, nos instincts "animaux" profonds, de refus et de haine de l'autre, sont enfin apaisés ; l'ours méchant (je n'ai pas dit : le cochon) qui sommeille au fond de notre coeur apprenant enfin, grâce à l'enfant-Jésus, le sens de la fraternité !

lundi 28 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.293 : Dialogue avec les Musulmans

De temps en temps, ce blog se fait une joie de vous partager quelques bonnes nouvelles, importantes pour l'avenir du monde, mais auxquelles les médias ne font pas écho ; sans doute, à mon avis, parce qu'elles ne vont pas dans le sens de l'idéologie dominante chez nous, qui a tout intérêt à montrer les musulmans sous leur jour le plus mauvais, afin d'inciter ainsi les occidentaux et les chrétiens à les rejeter plus aisément. C'est ainsi que trop de chrétiens, plutôt naïfs parce que trop peu ou trop mal informés, se font rouler dans la farine par les médias ; du moins devrais-je dire, par certains médias . C'est comme si, pour présenter les chrétiens et les dévaloriser, on ne parlait que de Mgr Williamson, des intégristes, du tueur chrétien d'Oslo ou des très catholiques Pinochet et consorts. Et certaines soit-disant infos, tout à fait orientées, qui circulent largement sur le Net, n'arrangent pas les affaires ! Voilà pourquoi, aujourd'hui, je vous transmets une information d'un autre type, concernant le deuxième forum mondial entre musulmans et catholiques qui vient de se tenir en Jordanie.
Cette info nous parvient de Rome et elle est datée du jeudi 24 novembre 2011. « Raison, foi et personne humaine. Perspectives chrétiennes et musulmanes » : tel était le thème de ce forum qui s’est tenu du 21 au 23 novembre à Al-Maghtas, au sud de la capitale jordanienne, Amman.
Cette rencontre entre hauts représentants catholiques et musulmans, organisée à l’invitation du prince Ghazi Bin Muhammad Bib Talal, réunissait également des savants, des penseurs, musulmans et catholiques, de 18 pays arabes.
La délégation catholique, constituée de 24 personnes, était conduite par le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.
Selon une note du patriarcat latin de Jérusalem, le thème de cette seconde édition « donnait un large écho au discours de Ratisbonne de Benoît XVI en 2006 et s'articulait autour de la relation entre les deux concepts de foi et raison.
Cette rencontre qui a eu lieu trois ans après la première édition de ce forum (à Rome, les 4-6 novembre 2008), répondait à une lettre écrite en octobre 2007 par 138 savants musulmans. Ils s’étaient adressés à Benoît XVI et à d’autres responsables des Eglises chrétiennes en proposant « une parole commune » entre musulmans et chrétiens sur les grandes questions existentielles.
Mgr Salim Sayegh, évêque auxiliaire et vicaire patriarcal pour la Jordanie représentait le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal.
Parmi les intervenants catholiques figurait également le philosophe italien Vittorio Possenti, membre de l’Académie pontificale des sciences sociales, auteur de nombreux ouvrages sur la pensée politique, l’éthique et l’ontologie, et le père François Bousquet, recteur de l'église Saint-Louis des Français, à Rome, qui a beaucoup travaillé sur la théologie chrétienne des religions et le dialogue interreligieux.
Les participants au forum ont été reçus mardi 22 novembre en audience par le roi Abdallah II de Jordanie. Celui-ci « s'est réjoui des efforts que déploie le forum dans la promotion du dialogue entre les adeptes des religions musulmane et chrétienne et de la diffusion des valeurs de modération, de tolérance et de respect mutuel ».
Le roi Abdallah II a également souligné « l’importance de Jérusalem en tant que symbole de coexistence religieuse dans la région pour les générations actuelles et futures ».
Pour plus de détails : http://www.lpj.org/
La venue de Jésus ? Mais, à travers de tels événements, n'est-il pas déjà là, plus présent, plus actif que jamais ? Le verrons-nous ?
J'en profite pour vous rappeler cette rencontre organisée par le groupe fontenaisien d'amitié entre chrétiens et musulmans, à laquelle vous êtes tous invités, ce vendredi 2 décembre à 20h30, soirée qui se tiendra à l'aumônerie de l'enseignement public, 34 rue du Bédouard. Thème : "L'altérité. Comment accueillir, reconnaître, comprendre l'autre, dans ses différences ?"

dimanche 27 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.292 : Les trois venues de Jésus

Aujourd'hui, pour les chrétiens, commence le temps de l'Avent. Comme vous le savez, le mot "avent" ne signifie pas "attente", mais il vient du terme "avènement" qui signifie "venue". La venue de qui ? Même un enfant en maternelle peut répondre : la venue de Jésus. Mais nous savons qu'il y a trois venues du Seigneur, ainsi que nous l'enseigne saint Bernard dans son "cinquième sermon pour l'Avent".
La première venue, c'est la naissance de Jésus à Bethléem il y a un peu plus de 2000 ans. L'Avent nous est offert chaque année pour nous permettre de toujours mieux comprendre et nous souvenir combien Dieu s'est fait l'un de nous, homme parmi les hommes.
La troisième venue, c'est le retour du Christ dans la gloire, à la fin des temps. Nous vivons dans cette attente, ainsi que nous le chantons à chaque messe, après la consécration : "...nous attendons ta venue dans la gloire". Le grand projet de Jésus, c'est de nous entraîner avec lui dans le Royaume de Dieu.
Entre la première et la troisième venue, il y en a une deuxième, et c'est maintenant, et c'est aujourd'hui. St Paul nous le rappelle : "Voici maintenant le jour tout à fait favorable, voici maintenant le jour du salut". (2 Corinthiens 6/2)
Tout cela n'est pas contradictoire, mais complémentaire ! Il y a quelques années, la communauté juive des Sables d'Olonne, à l'occasion de Noël, m'avait fait part de son incompréhension par rapport à la foi des chrétiens, qui croient que le Messie est déjà venu, et que nous n'avons plus rien à attendre désormais. Et je les entends encore me dire : "Mais si le Messie était réellement venu, il n'y aurait plus sur terre ni guerre ni douleur aucune !" Ils ont eu alors la largeur d'esprit de m'inviter à donner un enseignement, à la synagogue, sur notre conception chrétienne du Messie. Nous avons alors un peu progressé ensemble, eux-mêmes comprenant que Jésus était venu nous mettre au travail pour continuer, avec lui, l'oeuvre de salut qu'il était venu inaugurer jadis. Tandis que nous chrétiens, nous devons apprendre à nous situer aux côtés de nos frères juifs pour attendre avec eux, de façon active, et avec la même passion et la même ferveur qu'eux, le retour du Messie sauveur, à la fin des temps.
Non pas comme on attend le bus, bien sûr, en piétinant d'impatience et en pestant sous son parapluie percé contre la pluie et les malheurs des temps ; mais le coeur et le visage illuminés comme ceux d'un enfant, s'émerveillant devant la petite flamme, pourtant bien vacillante, de la première bougie de l'Avent.

samedi 26 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.291 : Descendre du sycomore

Au coeur de la ville de Fontenay-le-Comte et au pied de l'église saint Jean, depuis des dizaines et des dizaines d'années, elle en a vu passer, des enfants et des enseignants, tous plus passionnés les uns que les autres, cette sympathique école saint Jean ! Une école à taille humaine, ouverte à tous les milieux et toutes les sensibilités, permettant à chacun, qu'il soit enfant, parent ou enseignant, de grandir en humanité et en fraternité, sous le regard protecteur de saint Jean-Baptiste, son illustre protecteur et patron.
Hier matin, j'étais invité par la directrice, Bernadette, et sa sympathique équipe éducative, à partager un temps de réflexion et de prière autour de l'évangile de Zachée. On le voyait, tout chose, perché sur un immense sycomore affiché sur un grand mur de la salle commune de l'école ; et, au pied de l'arbre, interrogateur, Jésus lui-même. Etonnante, cette rencontre ; un peu atypique, même. Il fallait entendre les enfants, conquis, se redire la scène, avec beaucoup d'intérêt et d'attention :
- comment Jésus va-t-il réagir devant ce qu'il a fait, en prenant l'argent des autres pour le donner aux Romains, et aussi, pour en garder pour lui ?
- Jésus ne le rejette pas ; au contraire, il va l'aider à réfléchir, lui pardonner
- Zachée a été content de descendre de son sycomore, où il s'était caché, pour partager l'argent qu'il avait volé
- nous aussi, on ne doit laisser personne dans la défaite !
- on ne doit pas garder son bonheur pour soi, mais écouter les gens qui ont besoin de nous
- Zachée va oublier l'empereur, et son argent ; il explique à Jésus tout ce qu'il a fait, et ce qu'il veut faire à présent
- nous aussi, on est comme Zachée sur son sycomore quand on ne veut pas prêter nos jouets, quand on abîme le travail des autres ; il faut arrêter la violence, la bagarre
Des parents aussi étaient là ; ils se sont réunis entre eux, tandis que les enfants prenaient un moment pour échanger par classes, et eux aussi ont exprimé, devant les enfants, comment ils voulaient descendre également de leur sycomore pour suivre Jésus :
- on n'est pas toujours suffisamment patients envers vous, les enfants
- aux environs de Noël, nous, parents, on donne peut-être trop d'importance aux cadeaux, plutôt que de vous aider à découvrir la naissance de Jésus
- nous, adultes, parfois, on a peur, devant l'avenir ; on s'est dit entre nous : "allez, ça va marcher ; il faut avoir confiance !"
- on a décidé de vous écouter davantage
En terminant cette petite cérémonie, nous avons décidé, tous ensemble, de faire comme Zachée : descendre du sycomore de nos mauvaises façons de faire, pour répondre à l'appel de Jésus et l'inviter à prendre place dans la maison de notre coeur.
C'est ce que tous ensemble nous avons exprimé à travers ce refrain :
"Nous sommes tous aimés de Dieu,
mettons-nous en route avec lui !"

vendredi 25 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.290 : "Réveillez-vous ! c'est le jour de l'homme !"

Magnifique rencontre, hier soir, au théâtre municipal de Fontenay-le-Comte, avec Guy Aurenche, président du CCFD-Terre Solidaire, dans le cadre de la Semaine de la solidarité internationale. Devant un public nombreux et très diversifié, il nous a raconté comment un jour, invité par François Mitterrand à prononcer le mot de la fin lors d'une rencontre entre plusieurs dizaines de Prix Nobel, l'u n d'eux, Elie Wiesel, lui-même d'origine juive comme chacun sait, leur avait dit ceci : "Jadis, en Europe centrale, chaque matin, le bedeau parcourait les rues du village en s'écriant : "Réveillez-vous, c'est le jour du Seigneur". Eh bien moi, je vous dis : "Réveillez-vous ! C'est le jour de l'homme ! Allons le dire à tous !" En d'autres termes, la défense de l'homme, ce doit être le choix de notre vie !
Nous vivons dans une société qui a le culte de la croissance et le goût de l'argent. Mais en fait, quel est le but de l'économie ? Faire émerger un bénéfice légitime, bien sûr ; pas à n'importe quel prix cependant ; mais surtout, permettre aux gens d'entrer en relation, d'échanger savoirs et richesses : non pas avoir plus, mais être plus. De quoi sommes-nous le plus riches en effet ? De l'épaisseur de notre compte en banque ? Ou de notre capacité de nous rassembler, d'agir ensemble pour inventer enfin une terre solidaire ? Sur ce chemin, déjà aujourd'hui, il y a beaucoup plus de gens qu'on ne l'imagine qui, parmi tous les peuples du monde, n'acceptent pas l'inacceptable, mais agissent au service de la dignité de l'homme et de la fraternité.
On va vous dire : ce que vous faites, ça ne sert à rien ! Ce n'est qu'une goutte d'eau face à un incendie d'injustices. Sachez que, la goutte d'eau que représente votre petite action, celui qui la reçoit, il est sauvé ! La difficulté, c'est de croire que nous pouvons faire quelque chose pour changer le monde ; mais si, dans les pays en proie à la dictature par exemple, des gens arrivent quand même à bouger, pourquoi pas nous en France ? Acceptons l'humilité de la petite goutte d'eau !
Notre action, cela commence avec la façon de regarder notre voisin, de soutenir une personne en difficulté auprès de nous ; cela déjà, tout le monde peut le faire ! Nous pouvons aussi changer nos pratiques de consommation, cela nous permettant d'entrer dans une "frugalité heureuse", pour reprendre la formule de Jean-Baptiste de Foucauld. Et va-t-on suffisamment voir notre député, à plusieurs associations réunies, pour lui faire part de nos réactions et suggestions par rapport à la vie du monde et de notre pays ? Ecrivons-nous aux journaux ? Sommes-nous présents dans les médias ? Comment soutenons-nous les personnes qui n'ont pas de travail, pas de papiers, pas d'amis, pas de soutien ?
Cette défense de la dignité inaliénable de l'homme, il nous faut l'incarner en effet, dans notre pratique de vie de tous les jours, afin de rendre toujours plus présente sur notre terre "La force du bien", pour reprendre le titre d'un ouvrage de Marek Halter. Tel est le message que nous a laissé Guy Aurenche hier soir. Ce message, à nous à présent de savoir le faire vivre et exister !

jeudi 24 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.289 : Parler de rien ? ou de tout ?

A peu près chaque jour, il se trouve quelqu'un pour me poser cette question : "Mais enfin, comment faites-vous pour trouver un sujet nouveau chaque matin pour votre blog ?" Je réponds généralement : "Et vous, dans votre propre existence, ne vivez-vous pas chaque jour des choses nouvelles ? Ne faites-vous pas, en permanence, de nouvelles rencontres ? N'entendez-vous pas sans cesse des réflexions qui vous surprennent ? Ne voyez-vous pas des événements pouvant donner à réfléchir ? Eh bien voilà, il suffit de taper dedans ! Je n'invente rien de particulier ; en me rasant, le matin, je passe en revue ce que j'ai vécu la veille, et je n'ai alors que l'embarras du choix concernant le sujet du jour."
La vie, en effet, n'est-ce pas un inépuisable réservoir de faits, de paroles, de flashs, d'appels, de questions, de rencontres surtout ? Il suffit de laisser traîner ses yeux, ses oreilles et son coeur. Ah, bien sûr, il faut aussi laisser un peu de place en soi, pour se laisser remplir par l'autre, par les autres. Sans eux en effet, rien ne serait possible.
Autant dire que je ne prends pas mon inspiration en moi-même, encore moins dans mon imagination ; mais seulement dans ce que me révèlent les autres, et l'ensemble de ce monde dans lequel, comme vous je suis plongé. Saisir la question du moment, repérer ce qui inquiète et interroge, rebondir sur une réaction toute simple, valoriser un geste, une attitude, donner du poids à un fait banal, voilà de quoi donner du bonheur et de l'espérance.
Car l'objectif premier de ce blog, c'est de permettre à ses lecteurs de se sentir bien, de retrouver la pêche au besoin, de se remplir le coeur de lumière, d'apprendre à aimer les autres autrement et, pourquoi pas, d'entrer de façon nouvelle en intimité avec Dieu. Car c'est bien lui qui, finalement, peut apparaître entre les lignes, comme la source de toute espérance ; et cela, même s'il n'est pas, en permanence, nommé explicitement.
Parler de tout, ce n'est pas rien ! Parler de rien, pour révéler le tout ! Etre un veilleur, un allumeur de lumière : ce serait mon rêve ! Mais, bien souvent, j'ai l'impression d'en être loin ! Heureusement, "l'Esprit vient au secours de notre faiblesse", comme cela est si bien expliqué dans la Lettre aux Romains (8/26). Et c'est nous tous qui sommes transfigurés : de rien que nous étions, nous devenons grands, aux yeux de Dieu !

mercredi 23 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.288 : "Combien étiez-vous ?"

Sur la paroisse, comme dans toutes les instances d'ailleurs, ecclésiales ou non, lorsque nous organisons une activité, un Café-Théo par exemple, ou une rencontre de formation, la première question que l'on nous pose ensuite, en général, c'est la suivante : "Combien étiez-vous ?"
Question légitime, sans doute, mais qui m'a toujours mis un peu mal à l'aise. En effet, le plus souvent, l'on aimerait entendre plutôt des interrogations du type : "Les participants se sont-ils exprimés ?" ou : "Avez-vous pu aller au fond des choses ?" "Quel bilan tirez-vous de cette rencontre ?"
Hier soir, nous avions une réunion d'information, ouverte aux paroissiens, à propos de la fusion entre les deux Congrégations des Religieuses de l'Union Chrétienne et des Sacrés-Coeurs de Mormaison, avec la présence, côté Union Chrétienne, de Sr Louise et Sr Emmanuelle, et côté Mormaison, de Sr Marie-Henriette et Sr Eliane. Evidemment, a été soulevée la question du nombre des Soeurs. Là encore, interrogation légitime ! Mais j'ai bien aimé la réaction de Sr Eliane rappelant que, aux yeux de Dieu, la question du nombre n'est sans doute pas la bonne façon d'aborder un problème ou une situation.
En rentrant, j'ai recherché dans la Bible des textes susceptibles de nous éclairer en ce sens. Il en existe deux, entres autres : 1 Chroniques 21, qui commence par cette phrase : "Satan voulut jeter le trouble en Israël, aussi poussa-t-il David à recenser Israël (...). Mais Dieu frappa Israël, car tout cela lui avait déplu. Alors David dit à Dieu : "J'ai commis un grave péché en agissant ainsi, mais maintenant, je te supplie de me pardonner cette faute, j'ai été vraiment insensé." Cette même situation est reprise en 2 Samuel 24, avec la même conclusion : "Mais ensuite, le coeur de David lui battit : il avait recensé le peuple ! Il dit à Yahvé : "J'ai commis un très grand péché."
Que signifie cela ? Est-il vraiment déconseillé de se compter, entre chrétiens ? Non ! Le recensement n'est pas un mal en soi. Mais le mal, c'est de se croire plus que l'on est, si l'on a derrière soi un peuple nombreux. Ainsi, David oublie qu'il n'est que l'administrateur et le représentant de Dieu en Israël : les brebis ne sont pas à lui. Or, à tous les niveaux, les humains aiment se compter, faire miroiter leurs réussites, aligner des chiffres ou rappeler leurs exploits. Il y a tellement de façons de se sentir "propriétaire" quand, en réalité, tout appartient à Dieu.
Voilà pourquoi, évaluer la bonne marche d'une Congrégation, d'une réunion, d'une Eglise, en ne s'attachant qu'au nombre ou aux kilogs de chrétiens présents, c'est faire fausse route ; c'est même une grave erreur de perspective que de regarder les choses d'abord ou seulement sous cet angle, si l'on se souvient que, selon ce proverbe russe que j'aime citer : "Dieu plus une personne, cela fait toujours la majorité".
Il faudrait que, dans l'Eglise, l'on se débarasse une fois pour toutes de cette habitude de ne juger de la valeur des choses que sous l'aspect du nombre ; et je ne parle pas de l'âge, ni des situations, ni du succès obtenu : rien de tout cela, si cher au coeur du monde, ne représente un critère valable aux yeux de Dieu.
Tout cela pour dire que les Soeurs de l'Union Chrétienne, même peu nombreuses, même âgées, ont, pour Dieu, autant de poids spirituel que les plus grosses Congrégations du monde. Car ce qui est le plus intéressant, c'est leur engagement total et la qualité de leur foi.
Mais évidemment, Satan, cela ne l'intéresse pas !

mardi 22 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.287 : Et la Bible ?

Quelle place la Bible a-t-elle dans notre vie ? Je me pose cette question quasiment chaque jour, et je ne suis pas sûr, moi-même, d'y répondre convenablement ! Lors du récent Synode régional de l'Eglise réformée de France, j'ai encore un peu plus pris conscience de l'importance primordiale, chez nos frères Protestants, de la Parole de Dieu. J'y pensais en déposant une Bible sur la table de nuit de notre hôte protestant qui a passé deux nuits au presbytère le week-end dernier. Chez nous, les catholiques, l'on a davantage tendance à mettre au centre de tout, après l'Eucharistie bien sûr, le catéchisme, la théologie, le dogme, la Vierge Marie, le Pape, les prières en tout genre, le chapelet, les gestes de dévotion... Bien sûr, il ne s'agit pas de critiquer qui que ce soit, mais hier soir, j'étais quand même particulièrement heureux d'ouvrir la rencontre mensuelle de découverte de la Bible qui vient de démarrer sur la paroisse, à l'initiative de Jean-Noël, qui a suivi depuis quelques années une formation biblique de haut niveau. Un nombre significatif de paroissiens s'est inscrit à cette formation, et il est certain qu'ainsi, dans notre communauté paroissiale catholique, la Bible va peu à peu retrouver sa vraie place, c'est-à-dire, la première, dans notre prière, nos célébrations, notre intérêt profond comme dans nos vies de chrétiens.
Je n'ai pas oublié la réflexion que me faisait un ami Juif, à la synagogue des Sables d'Olonne, qui se trouvait alors contiguë au presbytère : "Tout ce que nous sommes, nous le devons en immense partie à la grande tradition biblique." La Bible en effet n'est-elle pas le socle sur lequel s'est construit, au fil des siècles, un certain type d'humanisme, une certaine façon de conduire les choses de la Cité, une nouvelle vision de l'avenir ?
En un mot : vous voulez connaître Dieu ? Vous cherchez à mieux aimer vos frères ? Vous souhaitez mener une vie bonne ? Vous aimeriez savoir d'où vous venez, et quel est votre destin ? Ouvrez votre Bible ! Ou, à tout le moins, en attendant, abonnez-vous à des revues telles que "Prions en Eglise" ou "Magnificat" ; en vous attachant à méditer les textes bibliques proposés, en évitant de vous contenter de lire seulement les commentaires ou les prières proposés en outre. De plus, là où cela est possible, rejoignez un groupe biblique ; s'il n'en existe pas, parlez-en entre vous, et à votre curé. Sur la paroisse saint Hilaire de Fontenay, nous avons aussi proposé, en lien avec le Service diocésain de la vie spirituelle, la formule des "Maisons d'Evangile" : cinq ou six personnes peuvent ainsi se retrouver, mensuellement, les unes chez les autres, sans forcément la présence d'un prêtre, mais avec des moyens faciles à utiliser. Cette année, c'est l'Evangile de Marc que nous vous invitons ainsi à découvrir ensemble.
Enfin, la merveille des merveilles, s'endormir le soir après avoir lu, paisiblement, les deux lectures bibliques de la messe du lendemain : cela demande à peine une minute ! Et, dans la journée, au moment le meilleur, se donner, ne serait-ce que cinq minutes de méditation, pour les lire et les relire encore.
Isaïe 55/10-11 : "De même que la pluie et la neige tombent du ciel et n'y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l'avoir fécondée et fait germer pour qu'elle donne la semence au semeur et le pain à celui qui mange, de même la parole qui sort de ma bouche ne revient pas à moi sans effet, sans avoir accompli ma volonté et réalisé ce pour quoi je l'ai envoyée."
Bonne Bible !

ATTENTION : la conférence de Guy Aurenche, président du CCFD-Terre Solidaire, n'aura pas lieu à l'Isamba, mais au Théâtre municipal de Fontenay-le-Comte, ce jeudi 24 novembre, à 20h30, sur le thème : "Richesses et partage, un défi au coeur de l'économie déboussolée. Dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale. Entrée gratuite.

lundi 21 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.286 : Salon du Livre au Langon

Même au coeur de la Vendée profonde, la vie d'un curé de paroisse ne manque pas de diversité :
- petit déjeuner sympa et prolongé avec Christian, protestant, qui vient de passer deux nuits au presbytère en tant que délégué de Cognac au Synode régional de l'Eglise réformée de France et trésorier de cette Eglise pour la grande région Ouest. Je regrette bien que mes obligations ne m'aient pas permis de participer suffisamment à leurs travaux, auxquels j'étais invité !
- une 1° messe à l'Union Chrétienne, animée, comme toutes les messes de ce week-end sur la paroisse, par les bénévoles du Secours Catholique
- suivie d'une 2° messe à l'église Notre-Dame, avec participation appréciée des talentueux musiciens de la Lyre Fontenaisienne à l'occasion de la sainte Cécile
- baptême de Victorien, remarquablement préparé et animé par les parents, Vincent et Patricia
- démarches pour la prise en charge et la préparation d'une sépulture qui doit avoir lieu mardi
- à 13h30, à la salle polyvalente du Langon, fin de repas et participation au Salon du Livre, à l'invitation de la présidente de l'association ACL (Animation Culturelle Langonnaise), Suzanne Marot, de Mady et d'une très belle équipe de bénévoles, qui ont été récompensés au-delà de leurs efforts. En effet, près d'une trentaine d'auteurs ont répondu présent, et les visiteurs et acheteurs ont été nombreux, occasion pour moi d'écouler déjà un certain nombre d'exemplaires du tome 4 de "Ma paroisse.com". Mais le plus important, ce sont les échanges que permet un tel type de présence ; quelques exemples parmi d'autres :
- cette mère de famille inquiète de voir ses enfants étouffés par Internet et cherchant à comprendre comment et en quoi une présence sur le Net, comme celle que j'essaye d'assurer, peut porter du fruit et à quelles conditions ?
- admiration devant l'impact d'un livre comme celui d'un voisin de table au Langon, Nicolas Deligné, le fils de Claudie, notre secrétaire paroissiale, "A Vingt Cinq ans" (AVC), dans lequel il raconte comment il est arrivé à dépasser son AVC : d'autres personnes, atteintes aussi d'un AVC, sont passées le rencontrer
- échanges multiples avec les gens de passage, chacun me demandant ce qu'un prêtre peut bien mettre tous les jours sur un blog et pour quelles motivations : belle occasion de témoigner, mine de rien, du poids très riche de chaque événement de la vie, tout en invitant à l'espérance
- écoute d'une dame se présentant clairement comme très opposée à ce qu'elle perçoit de l'Eglise. Etonné de nous voir échanger, l'un de ses amis, en passant, lui glisse malicieusement : "Vous arrivez à vous entendre ?" Nous nous sommes quittés bons amis...
En fait, la présence d'un prêtre au coeur de cette vie culturelle locale, tout en semblant un peu surprenante et plutôt décalée, a été finalement bien acceptée. Quant à moi, je ne pouvais m'empêcher de penser aux textes bibliques qui nous étaient proposés en cette fête du Christ-Roi : "La brebis perdue, je la chercherai" (Ezékiel 34/16) ; ou, en paraphrasant l'évangile de ce jour, en Matthieu 25 : "J'étais au Salon du Livre, au Langon, et vous êtes venu m'y rencontrer..."

dimanche 20 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.285 : "La société des égaux"

En cette journée nationale du Secours Catholique, cet organisme d'Eglise qui représente un peu le "vaisseau amiral" de l'action caritative et solidaire en France comme en nombre de pays du monde, à travers les "Caritas", l'occasion nous est offerte de rendre hommage à ces centaines de milliers de bénévoles, anonymes le plus souvent, qui représentent les bras du Christ, l'amour actif du Christ, ici chez nous comme à travers le monde entier. Quel est leur objectif ? Je trouve qu'il est assez bien défini par le titre de ce livre récent de Pierre Rosanvallon, historien et professeur au Collège de France : "La société des égaux" (Seuil, 22,50 e).
Dans cet ouvrage en effet, recommandé dans le mensuel "Messages" de novembre, il ne s'agit plus des "ego" à glorifier. Au contraire, dans une société marquée par la montée criante des inégalités, entre les personnes comme entre les peuples, l'auteur propose de refonder l'idée d'égalité. Pour cela, il serait important par exemple de revoir les politiques sociales, afin de donner aux personnes en difficulté les moyens d'exercer un minimum d'autonomie. L'auteur invite aussi à ce que les mécanismes de solidarité permettent un retour et une vraie réciprocité.
Bien sûr, comme l'explique fort bien le jésuite Joseph Moingt dans son livre "Croire quand même", "l'ambition de faire disparaître la misère et les inégalités semble tout à fait utopique ; mais c'est une utopie qui doit mobiliser nos énergies pour faire respecter la dignité de tout homme partout où il est possible de le faire, et pour repousser toujours un peu plus la limite du possible. Je n'ai jamais fini de mettre l'autre vraiment à égalité avec moi, de le traiter absolument en frère. L'horizon de la charité est ouvert sur l'universel, et son précepte est absolu."
Je voudrais donner à présent la parole au Cardinal Nicaraguayen Oscar Rodriguez Maradiaga. Voici quelques morceaux choisis de son ouvrage "De la difficulté d'évoquer Dieu dans un monde qui pense ne pas en avoir besoin" (Robert Laffont, 7 euros) :
- "L'Evangile ne se proclame pas seulement à la messe, mais aussi dans tous les actes du quotidien."
- "On ne peut pas célébrer l'eucharistie le dimanche et ignorer les fidèles déshérités le reste de la semaine."
- "Faire de la politique, c'est une façon d'aimer."
- "Les beaux discours demandent aux riches de donner aux pauvres. Ce n'est pas mon propos." - "Les plus défavorisés ne doivent pas se contenter de jouer les assistés. Ils sont les principaux protagonistes de leur destin."
- "C'est le rôle de l'Eglise d'éveiller les consciences. Inculquer la solidarité comme une règle de vie et non comme une belle idée abstraite."
Je m'arrête là ! Encore merci aux militants et acteurs du Secours Catholique, mais aussi, à tous ceux qui luttent pour une réelle égalité entre les personnes et les peuples, au CCFD, à St Vincent de Paul, à Emmaüs, aux Restos du coeur, au Secours Populaire, à la Banque alimentaire, à la Croix Rouge, et dans toutes les associations qui se battent pour faire émerger un monde dans lequel tous seront enfin égaux, sous le regard du Père !

samedi 19 novembre 2011

Le blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.284 : L'Eglise réformée de France, un beau cadeau de Dieu !

Je viens de prendre mon petit déjeuner au presbytère en compagnie de Christian, de Cognac, trésorier de l’Eglise réformée de France pour la région Ouest. Il va passer deux nuits au presbytère. Je trouve que c’est un beau symbole ! Durant ces trois jours en effet, la région Ouest de l’Eglise réformée de France tient son synode annuel à Fontenay-le-Comte, et les 140 participants sont logés chez l’habitant ; ainsi, de nombreuses familles catholiques sont concernées par cet échange, à Fontenay-le-Comte, Foussais-Payré, Saint-Hilaire des Loges…Hier, nous étions trois prêtres invités, participants à l’accueil, au dîner comme à l’ensemble des temps de prière et d’échange. Tout cela étant le signe d’une merveilleuse vitalité œcuménique ainsi que d’un bel accueil dans la réciprocité !

En tout cas, bravo au conseil presbytéral de l’Eglise réformée de Fontenay-le-Comte et du Sud Vendée ainsi qu’à son président, Pierre Nicolle, son pasteur, Michel Paret et leur belle équipe, pour la remarquable organisation de cette rencontre ; avec des délégués venant aussi bien de Brest que d’Orléans, de Royan ou de Limoges.

Je disais au pasteur d’Angers que je me retrouvais bien dans le type de questions abordées, et il m’a répondu : « C’est normal ! Nous avons quand même le même Evangile ! » J’ai ainsi entendu parler de l’évangélisation sur les lieux touristiques, de la façon dont l’on présente aux gens le baptême, le mariage, les sépultures. Il a été question de ce qu’il fallait envisager pour permettre aux paroissiens disséminés de pouvoir quand même se rencontrer, là où le culte ne pouvait être célébré chaque dimanche. L’on s’est demandé aussi comment apprendre à partager sa foi avec d’autres, etc. Avec une grande insistance sur le thème : « Ecoute ! Dieu nous parle… » J’ai été impressionné par le fait que, pour une rencontre synodale, l’on prenne vraiment du temps, beaucoup de temps pour des moments de prière, et un long moment, en veillée, autour d’un texte de la Parole de Dieu.

En rentrant, hier soir, face à l’église Notre-Dame illuminée, je disais à Christian qu’il y a quelques siècles, ce centre de Fontenay-le-Comte comme cette église avait beaucoup souffert des guerres fratricides entres catholiques et protestants. Et dire que certains croient que cela va plus mal aujourd’hui qu’autrefois ! Quant à moi, je pense que l’Eglise réformée de France est réellement un beau cadeau de Dieu pour l’Eglise universelle ! Merci !

vendredi 18 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.283 : 4° tome de "Ma paroisse.com"

Cet après-midi, le 4° tome de "Ma paroisse.com" doit sortir de l'imprimerie Lussaud ; en effet, même si cela me revient un peu plus cher, je ne l'ai pas fait imprimer en Chine, évidemment. Dans son édition de ce vendredi, "Ouest-France" fait écho à ce travail, et j'en remercie la journaliste, Eléonore Bohn, ainsi que les responsables de ce quotidien : l'intérêt qu'ils portent à ce qui reste quand même un travail ardu de chaque matin me touche beaucoup ! Mais il est vrai qu'il est de la responsabilité de l'Eglise de trouver sans cesse des chemins nouveaux pour faire partager la beauté du message de l'Evangile. Ainsi que l'a récemment expliqué aux évêques, à Lourdes, le théologien Henri Jérôme Gagey, "il faut risquer la circulation de la rumeur évangélique sur le Net. L'Eglise de France n'a pas raté le tournant d'Internet ; il faudrait désormais que cela devienne notre seconde langue maternelle."
Personnellement, à plusieurs reprises, je me suis posé la question d'arrêter ce blog ; mais chaque fois, des lecteurs assidus m'en ont dissuadé. De fait, c'est un peu comme si un prêtre décidait de ne plus assurer d'homélie le dimanche : il manquerait à son devoir d'accompagnement spirituel de ses paroissiens.
Mais pourquoi publier ces 300 chroniques (octobre 2010 à septembre 2011) ? Tout simplement, parce qu'un certain nombre de personnes souhaitent avoir sous la main, de façon pratique, ces divers billets permettant d'y voir plus clair sur une foule de sujets récurrents, comme le suicide d'un jeune, le dialogue avec les musulmans, l'homosexualité, les divorcés-remariés, le sens d'une journée comme le 14 juillet, etc... Pour leur faciliter la tâche, j'ai donc établi un index précis, très facile d'utilisation, permettant à chacun, en un clin d'oeil, de retrouver un problème, une question, une référence utile, biblique ou littéraire. J'explique d'ailleurs les autres motivations dans l'introduction de ce 4° volume de "Ma Paroisse.com", préfacé cette fois-ci par Forence Pagneux, bien connue des lecteurs du journal "La Croix", dont elle est la correspondante pour les Pays-de-la-Loire ; je lui dois un profond merci !
Depuis quatre ans donc, je fais l'expérience de ce que peut signifier une paroisse virtuelle, entraînant une foule de liens en tout sens ; ces billets permettent en effet de nombreux échanges et dialogues, au sein des familles et des couples, entre amis ou collègues. Des photocopies circulent, des personnes bougent, évoluent, grandissent, réfléchissent, s'engagent ; la fraternité progresse ! L'Evangile aussi. Du moins, je l'espère !
Ainsi, je me retrouve bien dans cette réflexion de Mgr Hervé Giraud, évêque de Soissons : "Pour moi, être présent sur Internet (Twitter), c'est un choix pastoral. Il suffit juste de maîtriser le temps et l'outil. Je peux rendre accessible une parole positive, relayable à l'infini. Le but est d'amener à une relation personnelle et directe à Dieu tout en créant une communauté humaine, qui se forme communication après communication."
Vous pourrez vous procurer ce livre au presbytère Notre-Dame, mais aussi, à "L'Espace du Marais" à Fontenay-le-Comte, ainsi qu'à la librairie Siloë à la Roche-sur-Yon d'ici peu. Coût : 22 euros. Possibilité aussi de me le commander et je vous le fais parvenir par voie postale.
Une fois encore, merci à tous de votre fraternel soutien ainsi que de votre fidélité !

jeudi 17 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.282 : Saint Jude plutôt que Jésus-Christ

Intéressant, ce texte du Père Christian Delorme à propos de saint Jude, paru il y a quelque temps dans l'hebdomadaire "Le Pèlerin" et dont je m'inspire pour le billet de ce jour ! Comme lui en effet, j'ignore quelle est la main anonyme qui dépose régulièrement, au fond de nos églises, des liasses de feuilles mal photocopiées intitulées : "Neuvaine à saint Jude, défenseur des causes désespérées." Le texte appelle à réciter, six fois quotidiennement pendant neuf jours, une série de litanies à ce saint apôtre pour obtenir les grâces les plus inespérées. Des paroissiens sont troublés par ces papiers, craignant d'être victimes de malheurs s'ils ne se plient pas à cette sollicitation. Il faut alors chaque fois "recadrer" les choses !
Saint Jude est certainement un ami de Dieu très honorable, même si nous ne savons quasiment rien de lui. Dans les Evangiles, il est présenté comme frère de Jacques, de Joseph et de Simon, et comme l'un des cousins de Jésus. Appelé aussi Thaddée, il appartient à l'équipe des douze apôtres. Selon une tradition, après la Pentecôte, Jude serait parti évangéliser les peuples de la Mésopotamie et de la Perse (Irak, Iran...).
Mais d'où lui vient sa réputation d'intercéder auprès de Dieu pour les causes désespérées ? Il paraît qu'au XII° siècle, saint Bernard aurait honoré de façon très particulière une relique de cet apôtre. Deux siècles plus tard, sainte Brigitte de Suède aurait reçu cette révélation privée du Christ : "Prie saint Jude avec grande confiance, car fidèle à son nom de Thaddée, qui signifie "l'aimable et le bon", il sera empressé de t'aider." Aujourd'hui, peut-être parce que l'espérance manque de plus en plus dans le monde, la dévotion à saint Jude connaît un grand essor. Chacun, il est vrai, est libre de se choisir "un saint de prédilection", mais il faut toujours se rappeler que le seul Sauveur reste le Christ, et que chacun de nous peut s'adresser directement à lui avec confiance. Comment serait-il possible d'avoir peur de lui, de ne pas oser s'adresser directement à lui ? Les saints, comme saint Jude, ne remplacent pas le Sauveur ! Simplement, parce qu'ils sont déjà dans la proximité de Dieu, ils peuvent toutefois nous apporter l'exemple de leur confiance dans le Christ, un appui fraternel et un encouragement à mettre en lui tout notre espoir !
Sachons donc garder nos distances par rapport aux prières magiques qu'il suffirait de réciter de façon mécanique pour obtenir automatiquement le salut divin. Saint Jude mérite mieux que cela, le Christ aussi, et vous également !

mercredi 16 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.281 : L'avenir du monde est entre nos mains !

Tout au long de cette Semaine de la solidarité internationale, sur le pays de Fontenay-le-Comte comme un peu partout, de multiples initiatives ont pour but de permettre à l'ensemble de la population de comprendre que chacun a un rôle à jouer par rapport à l'avenir de la planète. En effet, tout nous pousse à croire que notre destin se trouve seulement entre les mains des "grands", des "gros", c'est-à-dire, des dirigeants des groupes industriels multinationaux ou des spéculateurs qui jouent avec l'argent des peuples ; tandis que le politique se trouve souvent paralysé face à un système économique qui le dépasse. Mais il serait quand même dommage que le citoyen lambda perde courage et espoir devant une telle situation. Alors que, partout, des gens se bougent, évoluent, grandissent, sont solidaires, mènent des actions ensemble, au sein d'une multitude d'associations ou groupes de conscientisation.
Hier soir en tout cas, à Fontenay-le-Comte, diverses initiatives locales, à finalité sociale ou en faveur d'un développement durable, nous ont été présentées lors d'une table-ronde à l'Isamba sur le thème : "A partir d'ici, aller vers une vie meilleure". Deux exemples entre autres : ces artisans à la retraite qui, dans le cadre de "L'Outil en main", initient des jeunes de 9 à 14 ans aux métiers manuels, si dévalorisés dans notre enseignement ; ou encore "Agapes", "Agir pour Garantir une Alimentation de Proximité Ecologiquement Saine", une association de type AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) mettant en lien consommateurs et producteurs locaux.
Parmi les intervenants, Michel Beaud, de l'Orbrie, historien de l'économie bien connu et apprécié, qui nous a aidés à cheminer à travers les méandres du système actuel, en nous invitant à l'espérance et à l'engagement, à notre niveau local et au-delà. J'ai déjà évoqué ce monsieur dans mon billet n° 1242 du 5 octobre dernier. C'est vrai qu'il faudrait des lois mondiales, des tribunaux mondiaux pour pouvoir réguler les choses dans le bon sens, et il faut travailler dans cette direction. Mais en même temps, nous sommes appelés à mener des actions toutes simples, à notre taille, et à partir desquelles, déjà, on peut bâtir l'avenir. De nombreuses associations déjà s'y emploient, de façon très militante, contribuant d'ailleurs largement à mettre en place un peu partout des pôles locaux d'approfondissement et de stabilité, recréant une solidité dans notre société.
L'avenir du monde est aussi dans nos mains ! Mais un monde meilleur, cela ne se décrète pas... A chacun de nous, donc, avec d'autres, de se mettre en chemin.




P-S : Commencé tôt ce matin, ce billet est resté inachevé alors, suite à un coup de fil qui m'a entraîné dans une spirale d'activités qui ne vient de se calmer qu'à l'instant ! En parallèle, tout au long de cette journée, coups de fil et questions se sont succédés, chacun faisant savoir qu'il restait en attente de ce billet. Votre sollicitude me touche beaucoup ! Un très grand merci, une fois de plus, de votre amical soutien !

mardi 15 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.280 : Croire en la jeunesse

J'inviterais volontiers tous ceux qui reprennent régulièrement l'air de la chanson "Parlez-moi pas d'la jeunesse d'aujourd'hui", dont j'ai oublié l'auteur, à aller découvrir, jusqu'au 16 décembre, au Lycée Notre-Dame, la magnifique expo photos à laquelle ont participé plus de cent élèves, sur le thème de la Semaine de la solidarité internationale (la SSI) : "Richesse(s) et partage". De quoi en effet revigorer vos esprits déçus et fatigués par une marche du monde qui vous semble trop souvent foncer dans le mur.
Détrompez-vous ! Le monde dans lequel nous vivons et où, trop souvent, nous ne repérons que ce qui ne marche pas, ce qui déraille ou ce qui nous fait peur, déborde pourtant, à qui sait le voir, de beauté, de générosité, de conscience, de foi et de responsabilité. Bravo en tout cas à la formidable équipe d'éducateurs du Lycée Notre-Dame qui a su, en lien avec les responsables de la SSI, permettre à tous ces jeunes, fatigués de parler de ce qui ne marche pas, de présenter la face lumineuse, quoique souvent trop cachée, de ce qui est beau, grand et porteur d'espérance, en ce monde qui est le nôtre.
Et cela, grâce à de superbes photos, des textes soignés, par lesquels les élèves ont pu témoigner de leur propre vécu, à travers l'art, la poésie, la recherche de l'absolu, de ce qui demeure et de ce qui construit l'avenir : l'amitié, la famille, la culture, le patrimoine, la beauté d'un ciel, le visage d'un enfant... Le tout symbolisé par exemple par cette superbe photo d'une sculpture représentant un couple, prise à Oslo par une élève norvégienne, Ingvild, quelques jours après l'attentat qui a tué là-bas 70 jeunes ; photo évoquant combien l'amour sera toujours plus fort que la mort.
Bravo aussi à Thomas, Ludovic, Valentin et aux autres élèves de "Passerelle" pour leurs magnifiques réflexions, telle celle-ci, rédigée après l'écoute d'un concert : "Tu admires le concert comme une déchirure soudaine dans le ciel." Amélie, Bernadette, Marie et les autres enseignant(e)s, bravo d'avoir su aller chercher au plus profond de ces jeunes la richesse qui s'y trouvait cachée, et de leur avoir permis de l'exprimer, artistiquement, pour notre espérance et notre enrichissement à tous !
Cela a sans doute quelque chose à voir avec l'Evangile ! Et, par rapport à ce qui se passe ainsi dans ce Lycée Notre-Dame, j'aurais vraiment envie de dire, à la suite de Jésus en admiration devant le geste de partage de Zachée, en paraphrasant le texte évangélique que la liturgie nous propose pour ce mardi : "Vraiment, aujourd'hui, le salut est entré dans cette maison !" (Luc 19/9)

lundi 14 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.279 : Religieuses solidaires

Tout le monde, sur le Pays de Fontenay-le-Comte, connaît et apprécie les Sœurs de l'Union Chrétienne, présentes et actives sur le secteur depuis plus de 300 ans auprès des enfants, des jeunes et des malades en particulier.
Nous connaissons également les Sœurs des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie (Mormaison). Elles aussi assurent un rôle très apprécié tant sur Fontenay-le-Comte (rue du Gingalet, dans le quartier des Moulins-Liots) qu'à Fontaines et Doix, pour ne citer que les lieux les plus proches.
Vous avez sans doute appris que ces deux Congrégations ont fait le choix de s'unir pour mieux poursuivre leur mission d’Église. Par cette fusion réfléchie, elles mettent en commun leurs fragilités sans doute, mais surtout, leurs charismes et leurs richesses, au service de la grande mission de l’Église.
Il en fallait du courage pour s'engager dans cette direction ; mais l'objectif était aussi de permettre que la vie religieuse puisse continuer à grandir et rayonner dans le Sud Vendée. En tout cas, je suis émerveillé par la façon dont les choses ont été conduites ! Depuis des années déjà, dans le silence et la discrétion, les religieuses ont beaucoup réfléchi, prié, discerné, des deux côtés. Des décisions aussi radicales en effet ne se prennent pas à la légère, mais doivent mûrir longuement, dans la réflexion et la prière. Ne pas brusquer, blesser le moins possible, donner à chacune le temps de faire son chemin, de comprendre, d 'accepter... Enfin, au terme de ce discernement communautaire, les Sœurs ont dû se prononcer personnellement sur cette proposition de fusion. Il a fallu à chacune faire un pas décisif pour entrer dans ce dépouillement, cet abandon, pour plus de vie.
Le même travail s'est fait du côté des Sœurs de Mormaison. Celles-ci, avec beaucoup de délicatesse et de fraternité, ont accepté d'accueillir les Sœurs de l'Union Chrétienne dans leur famille religieuse, les unes et les autres enracinant toute cette démarche dans un même appel du Christ et une même Parole de Dieu.
Merci à Sœur Emmanuelle de m'avoir permis d'utiliser, pour ce billet, ce qu'elle avait elle-même écrit le samedi 3 septembre dernier, sur son blog, tout à fait intéressant, auquel je vous renvoie.
Ce week-end, dans toutes les églises de la paroisse Saint Hilaire de Fontenay, un communiqué d'information a été transmis à chaque paroissien présent, invitant en même temps à faire remonter interrogations, questions et réflexions. Cela dans le but de permettre une belle information lors de la rencontre qui aura pour but de présenter à tous cette fusion et ses enjeux, le mardi 22 novembre, à 20h, à la salle Saint Nicolas. Rencontre à laquelle vous êtes bien entendu tous invités.
Merci de remonter vos questions dès que possible au presbytère Notre-Dame, à l'accueil de l'Union Chrétienne ou par mail, à Sr Louise (louise.nobiron@orange.fr) ou à Sr Emmanuelle (manubertho@gmail.com).
Et bon vent à la Congrégation des Soeurs des Sacrés-Coeurs, élargie et enrichie par l'accueil fraternel des Soeurs de l'Union Chrétienne !

dimanche 13 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.278 : Incroyable talent !

Vous connaissez cette émission sur M6, "Incroyable talent", au cours de laquelle des candidats rivalisent d'effort, dans les domaines les plus divers, pour essayer de séduire le jury et le public afin de remporter le grand prix ? A vrai dire, pour parler franchement, cette émission, je ne l'ai jamais regardée ; j'en ai seulement entendu parler ! Oui mais voilà, à présent, chaque fois que je lis la scène de l'évangile des talents, impossible de m'enlever de la tête le concept même de cette série : "Incroyable talent" ! "Comme le dit le clône de PPDA sur Canal Plus : "Vous regardez trop la télévision, bonsoir !"
En fait, en préparant l'homélie que je vais donner ce dimanche dans les églises de Longèves et Saint Michel le Cloucq, je me dis que, finalement, c'est sans doute vrai qu'il y a, en chacun de nous d'incroyables talents. Vous allez me répondre : "En tout cas, on ne le dirait pas ! Les gens que je vois autour de moi sont plutôt nuls, dans bien des domaines ; quant à moi, si on me propose de prendre une responsabilité, je crois bien que je n'en suis pas capable." Telle est bien la pensée dominante aujourd'hui en effet : "Les autres sont nuls ! Mais ne venez surtout pas me demander de faire quelque chose pour le service de la société ou de l'Eglise."
Pourtant, je ne crois pas qu'il faille être si pessimiste ! Ainsi, hier, accompagnant la sépulture d'une femme modeste, qui n'avait jamais entendu résonner en son honneur les trompettes de la renommée, j'ai pris conscience, et avec moi, l'immense assistance présente, de ce que, quand une personne sait faire fructifier les talents, si humbles soient-ils, que le Créateur a placés en elle, d'autres hommes et d'autres femmes, alors, se lèvent en masse, pour s'engager sur le même chemin. Modestement, cette femme a su communiquer à ses enfants et à ses proches sa foi en la vie, ainsi que le sens des autres et le souci de rester fidèle au Christ. En tout cas, les enfants, fidèles à l'exemple de leur maman, ont essayé de faire fructifier les talents que celle-ci leur avait laissés, de la part de Dieu.
Nous avons donc célébré la grâce de Dieu à l'oeuvre dans l'incroyable talent de cette maman, dont l'impact du témoignage, hier, était marquant ; à preuve, la présence d'élus de l'Assemblée nationale et du Sénat, du président du Conseil général et de plusieurs conseillers généraux, de nombreux maires et anciens maires, de responsables en monde agricole, etc...
Ainsi que nous le demande le livre des Proverbes (31/10), dans la 1° lecture de ce dimanche : "La femme vaillante, qui la trouvera ?" Nous en avons eu hier un exemple sous les yeux. Madeleine, en tout cas, ne s'est pas contentée de "chauffer sa chaise" ni de se tâter le pouls pour savoir si elle était capable ou non de faire quelque chose ! Elle s'est levée, et elle a laissé Dieu agir en elle, à travers les talents reçus, pour servir ses frères à la lumière de l'Evangile. Durant la cérémonie de son entrée dans la vie qui ne finit pas, j'avais l'impression d'entendre Dieu lui dire : "Tu n'as pas reçu plus de dons que les autres, mais tu m'as fait confiance, et tu as laissé agir en toi mon immense amour. Tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître, éternellement !" (d'après Matthieu 25/14-30)

samedi 12 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.277 : "Les derniers jours de l'humanité"

En 1914, au début de la première Guerre mondiale, le ministre britannique des affaires étrangères, Edward Grey, faisait déjà état de sa profonde inquiétude lorsqu'il déclarait : "Les lumières de l'Europe s'éteignent, et il est possible qu'elles ne se rallument jamais !" A peu près à la même époque, l'intellectuel viennois Karl Kraus publiait un livre intitulé "Les derniers jours de l'humanité". Ce n'est donc pas d'aujourd'hui que des hommes se posent la question du futur de notre planète ! Déjà, du temps de nos grands ou arrière grands-parents, ce sentiment de la fin d'un monde était largement partagé.
Pour les plus anciens, avez-vous gardé des souvenirs relatifs à ce temps-là ? Personnellement, je me revois encore, âgé de six ou sept ans seulement, assis sur la margelle du puits, dans la cour de la ferme de mes parents, au Gué de Velluire, entre mes deux grands pères, paternel et maternel, chacun racontant longuement ce qu'ils avaient vécu, l'un et l'autre, au moment de la Grande Guerre, dans les tranchées ou autres.
A l'époque, je ne prêtais à tout cela qu'une attention modérée. Tout petit, un peu dépassé par tout ce que j'entendais, je me sentais cependant honoré de me trouver ainsi un peu comme leur confident, pour des choses qui leur paraissaient fort importantes apparemment. Je m'inquiétais plutôt de la blessure reçue par mon grand père paternel, soldat du 137°, ce régiment bien connu à Fontenay-le-Comte. Ils me parlaient aussi de leur chance d'être revenus vivants, de l'inquiétude de la famille, de ce qu'ils mangeaient dans les tranchées, des "Boches" qui étaient tout près : de "pauvres bougres" comme nous, disaient-ils. Ils évoquaient aussi, parfois, la dureté des combats à la baïonnette, ou au "coutia", comme ils disaient (au couteau) ; là, je dressais l'oreille, horrifié ! Cependant, peut-être ai-je une mémoire sélective, mais je ne me souviens pas avoir entendu de paroles de haine de leur part ! Moins en tout cas que lorsqu'ils me parlaient des "doryphores" au moment de l'occupation hitlérienne durant le deuxième Guerre mondiale, en utilisant l'un des surnoms dont l'on affublait alors les occupants, dans les campagnes, en langage paysan.
Hier, nous étions très nombreux, tant à l'église Notre-Dame qu'autour des monuments aux morts ensuite dans les communes, à rendre hommage à tous ces jeunes hommes, nos aînés, en signe de reconnaissance profonde pour leur sacrifice. Monsieur le Maire de Fontenay-le-Comte rappelait cette parole de Georges Clémenceau : "On dit qu'ils sont morts pour rien ? Ils sont morts pour nous !"
De la même façon, avons-nous rappelé lors de la cérémonie religieuse, le Christ, dont la mort fut tragique également, par son sacrifice, a fendu la mort en deux, pour ouvrir dans l'avenir une brèche de lumière, qu'il nous faut à présent agrandir et élargir : de nos propres mains, à travers nos propres engagements et nos propres sacrifices à nous désormais, dans un combat permanent pour la fraternité !
Là est le défi qui nous attend car, ainsi que le prophétisait André Malraux : "L'homme moderne appartient à ceux qui vont tenter de le créer ensemble."
Merci aux Poilus de 14-18, Français ou autres, de tous bords et de tous pays, de nous avoir, par leur courage, montré le chemin !

vendredi 11 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.276 : Une leçon de pardon

Hier soir, 70 personnes au cinéma "Le Renaissance" pour une soirée de réflexion autour du pardon. En lien avec la paroisse et dans le cadre de la Semaine missionnaire mondiale, deux films étaient présentés, décrivant plusieurs démarches de pardon, en Nouvelle Calédonie, suite aux événements douloureux vécus sur l'île d'Ouvéa principalement, et à l'assassinat de Jean-Marie Tjibaou et de son ami Yeiwéné Yeiwéné. Ainsi, nous avons pu être témoins de gestes assez étonnants. Lorsque, par exemple, l'on voit l'un des fils de Jean-Marie Tjibaou se recueillir sur la tombe de l'assassin de son père, tandis qu'il explique ainsi ensuite le sens de sa démarche : "C'était clair pour moi, il fallait qu'on se réconcilie ! Quand on nie l'autre, on va à l'affrontement."
Autre geste marquant : cette rencontre de réconciliation en 1998, dix ans après les événements, entre les gendarmes et les indépendantistes, alors qu'il y avait eu des morts des deux côtés, particulièrement lors de l'attaque de la gendarmerie sur l'île d'Ouvéa en 1988, dans le but d'obtenir l'indépendance de la Nouvelle Calédonie.
Impressionnante aussi, cette longue procession, à pied, enfants en tête, de proches de celui qui avait assassiné Jean-Marie Tjibaou, pour venir humblement demander pardon à la famille de Jean-Marie, des années plus tard, avec les cadeaux de la coutume, dans un silence étonnant. Et ces mots tant désirés de l'un des fils du leader assassiné : "J'accepte votre pardon", tandis que tous alors se serrent la main et s'embrassent, pour sceller la réconciliation.
Le débat ensuite a été très riche, grâce à la participation d'un certain nombre d'Océaniens présents dans la salle, dont plusieurs d'origine néo-calédonienne (kanak et caldoche). Occasion en même temps, grâce à la riche présence de responsables du Festival des Films du Pacifique Sud à Rochefort qui avaient fourni ces deux films, de faire le point sur le contexte de ces deux documentaires et quant à l'état actuel de la situation en Nouvelle Calédonie.
Un bon exemple et un bel appel en tout cas pour nous qui, en métropole, avons parfois tant de peine à gérer nos conflits et à trouver un vrai chemin de réconciliation, quand des oppositions se font jour au sein de groupes aux intérêts divergents.
Merci à Elodie et Rémi, qui donnent ainsi la parole, chaque jeudi, à des associations du Pays de Fontenay-le-Comte, pour leur permettre de présenter un message susceptible de nous aider tous à grandir en humanité !
Et, le plus souvent, dans le sens de l'Evangile et de la fraternité !

jeudi 10 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.275 : Vieillir ensemble

Magnifique témoignage recueilli hier, de la part de cet homme qui vient de perdre son épouse, partie trop tôt ; alors qu'elle sentait sa fin approcher, tandis que son époux la serrait dans ses bras, celle-ci lui a avoué, dans un souffle : "Tu sais, mon plus grand regret, c'est de ne pas pouvoir vieillir avec toi !" C'était comme un testament ultime car, un instant seulement après, tout était fini !
En fait, ainsi que me l'a fait remarquer ce monsieur, rien n'était fini. Et il était convaincu que son épouse continuait bien à vieillir auprès de lui, toujours présente, toujours vivante, dans l'immense amour du Seigneur. Avec ce bel acte de foi : "Le seul vers qui l'on puisse se tourner, le seul à qui l'on peut se fier, c'est le Seigneur." Là encore, comme souvent, j'ai bien senti que, pour ce monsieur, la mort avait bel et bien perdu la partie, et qu'elle n'avait pas eu le dernier mot ! Ce dernier mot qui revient toujours à l'amour, dont tous les poètes nous disent, depuis toujours, qu'il est plus fort que la mort. Le grand William Shakespeare n'écrivait-il pas, dans l'un de ses sonnets intitulé "L'Etoile de l'amour" : "L'amour n'est pas l'amour s'il change aux changements, s'il part avec celui qui part. Non, l'amour est un phare fixé pour toujours."
Quand un homme et une femme en effet unissent leur destin par les liens du mariage, ils bâtissent ensemble alors une formidable relation d'amour, du latin "amor", dont les racines "a" (privatif latin) et "mors" (la mort), signifient : "être sans mort". En ce sens, "Je t'aime" signifie littéralement : "Toi, je ne veux pas que tu meures". C'est le désir, la soif, la volonté, l'espérance de "durer" avec l'autre, quelles que soient les joies bien sûr, mais surtout, les épreuves qui ne manqueront pas de se présenter. Avec la certitude que, s'il y a au sein du couple la volonté de vivre par l'autre et pour l'autre, il est possible à cet amour de durer !

Deux rendez-vous importants en ce jour, en fidélité à l'Amour :
- à 11h30, messe à la chapelle de l'Union Chrétienne en communion avec la cérémonie d'entrée dans la vie de Dieu, dans l'Eure, de notre frère et ami le Père Pascal Brémaud, parti trop vite lui aussi, à l'âge de 39 ans seulement, au terme d'une vie sacerdotale et missionnaire riche et bien remplie.
- à 20h30, au cinéma "Le Renaissance", soirée-débat autour du thème de la victoire du pardon, après les violents événements qui ont déchiré la Nouvelle Calédonie il y a plus de 20 ans déjà. Des deux côtés en effet, des hommes et des femmes ont su dépasser leurs oppositions pour cheminer ensemble vers la réconciliation, comme les images nous le montreront.

mercredi 9 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.274 : Monsieur Bricolage

Echo d'un coup de fil reçu hier : "Allo ?" "Oui, presbytère Notre-Dame, Olivier Gaignet, bonjour !" "Excusez-moi ! Est-ce que vous prenez des stagiaires ?" "Pas spécialement ! Ici, c'est un presbytère ; ce n'est pas une entreprise..." "Mais vous ne pouvez pas prendre quelqu'un ?" "Je ne demanderais pas mieux, mais dans quel but ? Pourquoi vous avez téléphoné au presbytère ?" "Mais vous n'êtes pas Monsieur Bricolage ?" "Ah ! Je comprends ! Vous pensiez être chez Monsieur Bricolage ; mais ici, c'est le presbytère." (silence au bout du fil) "Ici, où vous appelez, c'est la maison des prêtres de Fontenay-le-Comte. Vous avez dû vous tromper de numéro." "Ah ben non, pourtant ! J'ai bien fait le numéro de Monsieur Bricolage !" "Eh bien, il faut croire que non... Excusez-moi, mais je ne suis pas Monsieur Bricolage... Faites bien attention en refaisant le numéro, pour ne pas retomber sur la maison des prêtres, et bonne chance dans votre recherche auprès des entreprises !"
J'ai senti alors comme une profonde déception, dans la voix de cette jeune fille, bien déçue de ce qui venait de se passer. Et je l'imaginais ensuite en train de revérifier ce maudit numéro de téléphone, puis, d'appeler, avec beaucoup d'appréhension, ce fameux Monsieur Bricolage qui, la chance aidant, pourrait lui procurer le merveilleux sésame dont elle avait sans doute bien besoin pour préparer son avenir !
Je suis allé vérifier dans l'annuaire ; effectivement, seul un chiffre, dans le numéro de téléphone, distingue Monsieur Bricolage du presbytère. Mais au fond, y a-t-il autant de distance que cela entre ces deux réalités ? Est-ce que, trop souvent, nous ne sommes pas un peu des "bricoleurs", dans les presbytères, tandis que des gens s'adressent à nous, un peu stressés aussi parfois, en recherchant leur chemin ? "Pouvez-vous nous prendre en stage dans votre Evangile, pour nous aider à trouver notre voie, notre chemin ? On aimerait que vous nous remettiez sur la bonne route ! Vous avez peut-être dans votre besace les bons outils pour cela ?"
Et cette dame, hyper stressée, qui a appelé trois fois hier, pour dire que dans sa maison, il y avait des "réalités", comme elle a dit, des êtres maléfiques et invisibles, qui hantaient sa maison. Comment la soutenir et la pacifier ?
Répondre positivement, pacifiquement, patiemment, à tous ces "stagiaires" qui s'adressent à nous pour demander qu'on les prenne en charge pour les accompagner sur le chemin de l'avenir, de la paix, sur le chemin du Ciel : quelle tâche merveilleuse en effet ! Loin des mauvais sorts et des "réalités" irréelles, malfaisantes et funestes, un seul petit numéro, et nous voici branchés sur les merveilleuses réalités du Ciel, dans la compagnie apaisante de Jésus, l'Emmanuel, "Dieu avec nous" !

mardi 8 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.273 : Etre prêtre aujourd'hui ???

Est-il facile d'être prêtre de nos jours ? Qui sont les prêtres ? Que font-ils ? Que vivent-ils ? Pourquoi sont-ils devenus prêtres ? Que signifie cette vocation ? Sont-ils des hommes comme les autres ? Quelles sont leurs joies, leurs difficultés, leurs espérances ? Sont-ils vraiment heureux ? Ont-ils des amis, des soutiens, des recours ? Comment parle-t-on d'eux ? Qu'est-ce que l'on recherche en eux ? En quoi peuvent-ils nous décevoir ? Sont-ils des prêtres de Vatican II ? Mais qu'est-ce que cela veut dire ? Des prêtres de Jésus-Christ ? Mais cela n'est-il pas trop vague ? Des "chefs" de communauté ? Des frères ? Qu'est-ce qui les motive ? Leur arrive-t-il d'en avoir marre ? D'être découragés, humiliés, critiqués, incompris ? Par qui ? Pourquoi ? Que faut-il qu'ils fassent ? Qu'est-ce qu'ils ne doivent pas faire ? Quel est leur rythme de vie ? Ont-ils du temps pour eux ? Doivent-ils être au service du peuple de Dieu 24 heures sur 24 ? Si oui, qu'est-ce que ça veut dire ? Sinon, cela ne va-t-il pas exiger un engagement plus grand encore de la part des paroissiens ? Que doivent-ils faire ? Qu'est-ce qu'on attend d'eux ? Qu'est-ce qui est vraiment de leur rôle ? De quoi devraient-ils être déchargés ? Par qui ? Quelles devraient être leurs priorités ? Mais peuvent-ils les tenir ? Grâce à quoi ? Qu'est-ce qui les anime intérieurement ? Sont-ils des intimes de Dieu ? Des visages du Christ ?
Que devraient faire les chrétiens ? Quelles sont exactement leurs responsabilités dans la vie d'une Eglise locale, d'une paroisse, d'un mouvement ? Quelles devraient être les priorités d'un chrétien, d'un groupe de chrétiens, d'une instance, d'une équipe de mouvement ? Comment articuler les diversités ? Comment articuler les responsabilités familiales, professionnelles, sociales, et notre tâche de baptisés ? Où et comment situer le prêtre ? Comment apprendre à oeuvrer ensemble ? De quelle façon parle-t-on du prêtre à ses enfants ? Comment un prêtre peut-il faire part de ses remarques à des chrétiens ? Et comment, de la même manière, des chrétiens peuvent-ils dire à un prêtre ce qui a pu les surprendre dans sa façon d'être ou ses réflexions ? Les chrétiens sont-ils heureux dans leur paroisse ? Si oui, grâce à quoi ? Sinon, pourquoi ? De la même façon, les prêtres sont-ils heureux dans leur paroisse ? Si oui, grâce à quoi ? Sinon, pourquoi ?
Tranquillisez-vous, votre vieux curé n'est pas en train de faire une déprime ! Mais toutes ces questions me reviennent en force en ce moment où, comme beaucoup de Fontenaisiens qui le connaissaient et l'appréciaient, je dors un peu moins bien, suite au départ brutal de notre frère Pascal dans la paix de Dieu. Si cela était l'occasion pour tous, prêtres et paroissiens, de faire le point par rapport à notre être chrétien et notre agir paroissial, Pascal ne serait pas parti en vain !
Je vous invite à méditer la superbe première lecture de ce mardi, tirée du livre biblique de la Sagesse (2/23 - 3/9) : "La vie des justes est dans la main de Dieu, aucun tourment n'a de prise sur eux."

lundi 7 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.272 : Où va la Vie ?

En cette période de novembre, que l'on appelle parfois, avec la proximité du 2 novembre, "le mois des morts", chacun de nous se retrouve forcément, même sans le rechercher, face à son destin. Mais que faisons-nous ici-bas ? Et combien de temps encore allons-nous voir se lever le soleil à l'horizon de cette terre ? Vous connaissez la fameuse peinture de Gauguin intitulée : "D'où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ?" Elle date de 1897 et c'est un peu comme le testament du peintre.
Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Qu'y a-t-il au centre de notre histoire ? Hier matin, au cours de la messe paroissiale mensuelle des familles, nous avons essayé de proposer une réponse à cette question ; et cela, en invitant une équipe d'enfants du caté à venir entourer le prêtre, une veilleuse allumée à la main, au moment de la profession de foi. L'objectif était de symboliser ainsi la place centrale de notre foi au Christ Sauveur, au coeur d'un monde qui ne sait plus bien où il en est ni en qui il peut remettre avec confiance son propre destin.
Et cela, au cours de l'eucharistie, tandis que nous revivions l'événement de la Cène, le moment où Jésus a affronté la mort et l'abandon, tout en partageant avec ses disciples le meilleur de lui-même, sa propre personne, à travers le don de son corps.
En fait, nous ne savons pas quel va être notre destin. Mais lors de chaque eucharistie, nous nous redisons notre confiance que dans le Christ, nos vies prennent un sens infini, d'une manière que nous ne pouvons ni prévoir, ni deviner. Vaclav Havel, ancien président de la république tchèque, donne cette définition : "L'espérance n'est pas la conviction que quelque chose finira bien ; c'est la certitude que quelque chose a un sens, quelle que soit la façon dont cela finit." C'est la conviction qu'il se révèlera un jour que tout ce que nous vivons, bonheur comme malheur, a un sens, et que l'existence humaine n'est pas vouée à l'absurdité. C'est l'espérance de la victoire du sens, et non d'une issue facile. De toute façon, il n'y a pas d'aube sans la nuit !

P-S : Le Père Pascal Brémaud nous a quittés. La messe des funérailles aura lieu près d'Evreux, à St André de l'Eure, jeudi 10 novembre, à 10h ; elle sera suivie d'une autre cérémonie là où Pascal exerçait, puis, de l'inhumation à Paris, au cimetière Montparnasse, dans le caveau ou le carré des Pères Lazaristes. Vu l'éloignement et la difficulté de participer à tout cela, la paroisse propose que nous vivions ce temps, sur Fontenay, en union avec Nicole, sa maman, à travers la messe qui sera célébrée à l'heure habituelle, à 11h30, ce même jeudi, à la Chapelle de l'Union Chrétienne, à leurs intentions. Merci de votre prière !

dimanche 6 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.271 : Faut-il encore soutenir la paroisse ?

Ces jours derniers, je viens d'envoyer un mot personnel de remerciement, qui va vous arriver bientôt, à chacune des 300 familles environ de la paroisse qui ont remonté leur enveloppe de la collecte paroissiale annuelle. En un mois à peine, près de 300 réponses : impressionnant ! Dans le contexte actuel en effet, qui a encore envie de soutenir l'Eglise en général, et sa paroisse en particulier ? Et, pourrait-on ajouter, qui a les moyens de le faire ?
En tout cas, en ouvrant personnellement chacune de ces enveloppes, chaque fois, j'ai remis la personne ou la famille concernée dans les mains du Père, en le priant de la soutenir et de la récompenser au centuple.
Mais qu'est-ce qui m'a ainsi impressionné, allez-vous me demander ? Plusieurs constatations ! La première étant la rapidité de beaucoup d'entre vous à remonter l'enveloppe, alors qu'il est si facile de laisser traîner puis, finalement, d'oublier... Je vois aussi que nombre de donateurs auraient pu se dire : je donne déjà beaucoup de temps à la paroisse, je ne me fais pas rembourser les nombreux kilomètres que je parcours, ni les coups de fil que je donne pour le service de la paroisse ; donc, pour compenser, je ne vais rien verser à la paroisse, et on sera quittes. Or, je constate que ces bénévoles, en plus, s'acquittent de leur collecte sans rechigner ! Je vois vraiment là un témoignage fort de dévouement et d'abnégation ! Avec un beau sens évangélique du partage !
D'autres pourraient rétorquer : oui, c'est bien beau ! Mais pour donner à la paroisse, il faut avoir de l'argent ; c'est facile, pour les riches ! Eh bien, détrompez-vous ! Sans connaître tous les secrets des familles, je suis, là encore, témoin de gestes étonnants, du type du don de la pauvre veuve de l'Evangile qui, elle, n'a pas donné de son superflû, mais bien de son nécessaire. Il se trouve qu'il en est souvent de même aussi chez nous, et je rends grâce à Dieu pour ces personnes, dont le budget est très restreint, mais qui n'imaginent même pas, me disent-elles parfois, ne pas soutenir la vie de leur paroisse ! Ne serait-ce qu'avec un billet de 20 euros ; ce qui est à la portée du plus grand nombre et qui, aux yeux de Dieu, peut avoir autant de valeur que le gros chèque de l'enveloppe qui suit, si précieux également !
Un autre grand motif d'émerveillement, ce sont toutes ces personnes qui, bien que non pratiquantes, ou parfois déçues par certaines évolutions de l'Eglise, retours en arrière ou autres, font quand même le choix de continuer à verser leur offrande ! Les connaissant, je mesure d'autant plus la qualité de foi en l'avenir de l'Evangile dont témoigne leur geste, qui prend alors un sens infini.
Chaque année, ce sont entre 550 et 600 familles qui, sur la paroisse Saint Hilaire de Fontenay, versent leur collecte paroissiale. Je lance donc un rappel général, pour inviter chaque famille à retrouver l'enveloppe en question. Vous pouvez aussi vous en procurer sur les tables aux entrées des églises, ainsi qu'au presbytère Notre-Dame.
Je comprends que pour certains, il soit regrettable que l'Eglise parle d'argent ; mais votre famille pourrait-elle survivre sans finances ? Il en est de même de la famille-Eglise et, si vous suivez un tant soit peu les diverses activités paroissiales, vous saisissez pourquoi !
Avec un très grand merci de votre compréhension !

mercredi 2 novembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.270 : Iront-ils en enfer ?

Aujourd'hui encore, j'entends parfois cette question : "Ceux qui ne croient pas en Dieu iront-ils en enfer ?" Vous avez sans doute vu des tableaux qui représentent l'enfer comme un grand feu dans lequel sont plongés les corps des damnés. C'est de là que vient l'expression "rôtir en enfer" ! En fait, ce sont plutôt des images pour parler de la vie sans Dieu. D'autre part, on n'est pas plongés dans une mer de feu par un affreux croquemitaine qui nous voudrait du mal ; seulement, quand on gâche notre vie et celle des autres en choisissant de faire le mal, en fait, on se met soi-même en enfer. En vivant, par exemple, sans vouloir avoir besoin des autres, en faisant le mal par plaisir, en s'obstinant à humilier quelqu'un qu'on n'aime pas, en colportant des choses négatives sur tel ou tel, en se vengeant en permanence...
Des croyants aussi bien que des incroyants d'ailleurs prennent quelquefois ce chemin où l'on cesse d'être des frères les uns pour les autres. Là, chacun fait son malheur, et il n'y a plus de place pour Dieu. En fait, Dieu n'est pas un tyran qui punit ceux qui ne croient pas en lui. Il espère au contraire que personne n'aura jamais envie de choisir la voie du mal.
Certains accusent Dieu d'être intolérant, et de se complaire à jeter en enfer ceux qui lui tournent le dos. Voici ce que répond Fabrice Hadjadj, dans le livre dont je vous parlais hier : ceci est "un grand contresens. L'enfer est le lieu de la tolérance divine : Dieu s'y incline devant celui qui refuse librement et sciemment sa grâce, il y tolère pour jamais cette dissidence, car s'il peut ravir une âme, il ne veut point la rapter" (l'entraîner vers lui de force).
Et en même temps, comme se le demandait si justement Dostoïevski : "Peut-il y avoir un péché qui soit plus grand que l'amour divin ?" La bonne nouvelle de l'Evangile, n'est-ce pas que Dieu nous sauve du mal que nous faisons ? Et le "dieu" que beaucoup rejettent autour de nous, n'est-ce pas une caricature du vrai Dieu ? Tous ces grands talents (Sartre, Camus...) qui ont refusé Dieu, qui nous dit que ce n'est pas un faux dieu qu'ils ont rejeté ? Ils le voyaient sous l'image d'un pharaon, comme une limite à l'homme, comme une menace contre l'homme... Ne les jetons donc pas trop vite en enfer !
L'enfer, c'est donc une représentation qu'il faut utiliser avec circonspection ! Posons-nous plutôt, avec le théologien Maurice Zundel, la question suivante : "Aimez-vous l'homme ? Alors oui, si vous aimez l'homme, si vous aimez votre prochain, vous pouvez dire que vous aimez Dieu !"
Et alors, vous êtes déjà comme au ciel, aux antipodes de l'enfer, dès à présent.

P-S : prochain billet sans doute dimanche prochain 6 novembre ! Merci !