Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

lundi 31 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.268 : "On sent la douceur !"

Samedi après-midi, devant la grande porte de l'église Notre-Dame de Fontenay-le-Comte, alors que je m'apprêtais à entrer dans l'édifice, une passante, absolument pas habituée de cette église, après les salutations, me fit la remarque suivante : "On sent la douceur !" Réflexion banale à première vue ; et pourtant ! Il est vrai que la température de ce bel après-midi d'automne était d'une douceur appréciable ; mais, ces quelques mots ont éveillé mon esprit, et je me disais ensuite, tout en préparant la cérémonie du lendemain, qu'il n'était pas anodin, du moins pour moi, de les avoir entendus juste devant l'entrée principale de l'église : "On sent la douceur !" Et s'il y avait là tout un programme, toute une vision, et comme un appel ?
Il est vrai que, de nos jours, parler de douceur, c'est presque faire référence à un autre monde, quand on considère la violence aux mille visages qui s'étale devant nos yeux : violences dans les familles, conflits entre les personnes, entre les nations... Or, nous dit Jésus : "Mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le soulagement pour vos âmes." (Matthieu 11/29) Tout au long de l'Evangile, l'on voit Jésus opposer constamment la non-violence à la violence. Il ne rend pas les coups qu'on lui donne; au contraire, il se tait, il se laisse violenter jusqu'à mourir sur une croix. Et c'est grâce à cette attitude offerte que le mal, à sa racine, est vaincu.
Et quand Jésus proclame "Heureux les doux" (Matthieu 5/4), il ne fait pas l'éloge de la passivité ni de la mollesse ! Les doux, pour lui, au contraire, ce sont des démineurs, des experts en fraternité qui, au risque de leur vie parfois, désamorcent les mines que d'autres ont plaisir à placer sous les pieds de leurs semblables (ressentiment, haine, colère, jalousie...). Car la douceur, c'est la façon de faire de Dieu, et c'est le propre des amis de Dieu.
Deux réflexions, en terminant, d'un maître en la matière, le pasteur Martin-Luther King, dont il nous faut méditer le bel exemple :
- "Dieu n'est-il pas un extrémiste de l'amour ?"
- "L'obscurité ne peut pas chasser l'obscurité ; seule la lumière le peut ! La haine ne peut pas chasser la haine ; seul l'amour le peut !"
La sainteté, dont nous reparlerons demain, en la fête de tous les saints, est à ce prix !

dimanche 30 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.267 : L'esprit d'Assise

Jeudi dernier, Benoît XVI a pris le train jusqu'à Assise, en compagnie de trois cents représentants de toutes les religions du monde, pour une journée de rencontre et de recueillement, vingt cinq ans après la première réunion interreligieuse organisée par Jean-Paul II à Assise en 1986. Et depuis, quelle progression ! 176 délégués de traditions religieuses non chrétiennes contre 28 en 1986, 48 musulmans contre onze, etc. Et surtout, une nouveauté absolue : la présence d'agnostiques, ou plutôt, comme les a appelés Benoît XVI, de "chercheurs de vérité", tels la philosophe française Julia Kristeva, qui a déclaré : "La rencontre de nos diversités ici, à Assise, témoigne que l'hypothèse de la destruction de la terre n'est pas la seule possible."
Ce rassemblement atypique, quelle mise en valeur fantastique de ce rappel fondamental de Jésus dans l'évangile de ce dimanche : "Vous êtes tous frères(...), car vous n'avez qu'un seul Père." (Matthieu 23/8-9) On se demande parfois à quoi sert l'Eglise ; beaucoup doutent d'elle, lui reprochant de ne pas être fidèle à l'Evangile, de retourner en arrière. Peut-être, parfois, trop souvent... En tout cas, soyons fair play, et sachons reconnaître ce qui progresse quand c'est le cas. A ce propos, je voudrais rendre hommage au Président Obama, qui a été le seul dirigeant de la planète à envoyer un message de soutien aux "pèlerins de la paix" réunis à Assise.
Cependant, si ce rassemblement prophétique a été largement ignoré, par les politiques comme par les médias, n'est-ce pas aussi de notre faute ? Car si, nous-mêmes, ne portons que peu d'intérêt à la rencontre avec les membres des autres traditions religieuses ou humanistes, on comprend que les médias, qui sont à notre image, n'aient pas le souci d'en parler. Alors que Mgr Castet a demandé que l'on porte dans la prière cet événement et cette intention dans toutes les églises du diocèse en ce dimanche 30 octobre, je serais curieux de savoir dans combien d'églises de Vendée il y sera fait au moins une petite allusion, y compris de la part de ceux qui se réclament de Vatican II !
Sur Fontenay-le-Comte, nous ne sommes pas plus malins ! Pour ne donner que cet exemple, les rencontres du groupe fontenaisien d'amitié entre chrétiens et musulmans n'ont jamais dépassé vingt cinq personnes, musulmans y compris ; cela reste pour moi un mystère, vu l'importance de l'enjeu ! Quand à l'AJC (l'Amitié Judéo-Chrétienne), dont j'ai parlé plusieurs fois et donné les coordonnées sur ce blog, nous ne sommes qu'une vingtaine d'adhérents sur toute la Vendée !
Quand est-ce que l'on considérera les membres des autres religions et les humanistes agnostiques comme des frères, que l'on a envie de mieux connaître et d'aimer ? Puisse l'esprit d'Assise s'emparer peu à peu de chaque chrétien, et de tous les chercheurs de vérité et de fraternité !

samedi 29 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.266 : "Je voudrais faire bénir ma maison"

De temps en temps, des familles invitent un prêtre à venir bénir leur habitation. Cela m'est encore arrivé récemment. Face à une telle sollicitation, les avis sont partagés, certains pensant qu'il s'agit là d'un geste magique, qui n'aurait rien à voir avec la "vraie foi". Effectivement, dans tous les cas, un minimum de discernement est nécessaire, le premier pas consistant à permettre à la famille d'expliquer ce qu'elle souhaite et ce qu'elle attend exactement. C'est en général le début d'un échange intéressant, permettant à chacun de progresser. L'on garde parfois en effet dans la tête l'image du curé qui, en soutane et surplis, armé de son goupillon, parcourt les différentes pièces d'une maison à vive allure en marmonnant des formules en latin que l'on ne comprend pas, pour en chasser le démon et y rétablir la primauté de Dieu.
Par bonheur, nous sommes sur un autre registre aujourd'hui. Tout d'abord, le prêtre rencontre la famille, approfondit sa connaissance de chacun, et l'on bâtit ensemble un petit déroulement de cérémonie. Auparavant, la famille aura préparé ce temps de prière, en choisissant un texte de la Parole de Dieu évocateur (style évangile des Béatitudes ou autre), et en travaillant à présenter quelques mots d'action de grâce et des intentions de prière en fonction de son vécu. Je remarque aussi que cela permet à la famille de faire le point sur son projet de vie.
Le jour venu, tout le monde est rassemblé. Belle occasion pour cette famille, non de profiter d'un geste magique, mais de se remettre collectivement dans la main de Dieu. Bénir en effet vient des mots "bene" et "dicere" (bien dire, dire du bien), c'est-à-dire, louer, rendre grâce, dire sa confiance, déclarer que Dieu est à l'origine de tout bienfait. D'autre part, en enracinant la bénédiction dans la Parole de Dieu et en aspergeant d'eau bénite une maison, l'on confie à Dieu avant tout les habitants de cette maison.
Donc, ce ne sont pas d'abord des murs que l'on veut mettre sous la protection de Dieu, mais des personnes. Et il ne s'agit pas de s'assurer le soutien d'une force surnaturelle qui nous dépasse et nous permettrait de conjurer le mauvais sort, mais de prendre conscience de la présence, au coeur de la cellule familiale, de Celui qui, en nous, est au-dessus de tout et nous partage sa paix et sa sainteté infinie.

vendredi 28 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.265 : "Quand deux ou trois sont bénévoles en mon nom..."

Dans la suite de ce que j'écrivais hier, en paraphrasant Matthieu 18/20 : "quand deux ou trois sont connectés en mon nom...", je me disais, ce jeudi en fin d'après-midi, en admirant le travail extraordinaire de trois bénévoles retapant le carrelage d'une salle paroissiale : "Oui, j'en ai la certitude, quand deux ou trois personnes agissent bénévolement au service de l'Eglise, de la paroisse et des autres, Jésus est au milieu d'eux !" Il fallait voir en effet avec quel soin ils ajustaient chacun des carreaux, comment ils veillaient à ce que la finition soit parfaite, le souci qu'ils avaient de faire quelque chose de réussi, au coût de revient le plus bas... Et cela, en blaguant, chantant, échangeant comme des frères heureux de vivre ensemble une belle aventure, un beau moment de partage, efficacement.
Parfois, des paroissiens fraternels me demandent, d'un air un peu inquiet, étant donné qu'on leur a fait croire, depuis des lustres, que le Sud Vendée était moins "intéressant", soit-disant, que d'autres parties de ce département : "Comment vous vous trouvez, chez nous ?" D'abord, je leur réponds que je suis aussi chez moi ici, puisque je suis né à Fontenay-le-Comte. Ensuite, je leur pose cette question : "Comment voulez-vous qu'un curé soit malheureux dans une paroisse aussi dynamique, où des centaines de bénévoles (380 "repérés" nominativement, et bien d'autres encore, sans doute) prennent tant de choses en charge avec talent, où la collecte paroissiale a plus que doublé en 4 ans, où une table-ronde organisée par le service paroissial de la mission universelle a réuni samedi soir 250 artisans locaux de la fraternité ?" Et je pourrais multiplier les innombrables chances dont notre paroisse peut se prévaloir, grâce à tous ces bénévoles qui la font vivre et bouger et grandir.
Vous savez que le mot "bénévole" vient du latin "bene" (bien) et "velle" (vouloir). Contre ceux qui veulent le bien, qui disent le bien, qui font le bien, réjouissez-vous, ne craignez pas : jamais en effet, les "courroies de transmission du diable" dont je parlais récemment, dans le billet n° 1.263 de mercredi, c'est-à-dire, les "malévoles", ceux qui veulent le mal, ceux qui disent du mal, ceux qui font le mal ; ceux-ci ne pourront jamais construire bénévolement un beau carrelage, inutiles qu'ils sont !
Evidemment, dans nombre d'associations, des bénévoles ne se réclament en rien de Jésus. Est-il alors aussi au milieu d'eux ? Je me garderai bien d'essayer des les "récupérer" ainsi. Mais je tiens à leur rendre un égal hommage, qu'ils croient en Dieu on non.
Chers amis lecteurs, voulez-vous tourner le dos au "malévolat" (tiens, j'invente pour vous un nouveau mot !), et faire partie de cette belle famille de ceux qui font le bien ? Alors, là où vous êtes, qui que vous soyez, levez-vous, bougez-vous ! L'Eglise, l'humanité, ont besoin de vous, pour poser joyeusement, avec d'autres, sur cette terre, le beau carrelage de la fraternité !

jeudi 27 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.264 : Internet, lieu d'Eglise

En 1995, Jean-Paul II donne le feu vert à la création de l'Internet du Vatican. Mais déjà, l'Eglise, un peu partout, avait bien avancé sur la question. Je me souviens qu'étant alors secrétaire national de la Commission Episcopale des Evêques pour les Missions, à Paris, dès le début des années 90, notre service s'était mis à l'Internet afin de pouvoir mieux communiquer avec toutes les parties du monde. Pour paraphraser Matthieu 18/20 en effet, "quand deux ou trois sont connectés en mon nom..." Ainsi, désormais, le plancher de l'Eglise n'est plus seulement celui de nos édifices de pierre ; il change de point d'appui ! C'est la terre entière, à travers chaque maison, chaque bureau, chaque groupe, chaque instance, qui devient le nouveau plancher sur lequel des acteurs arrivent de partout aux rendez-vous de l'Evangile.
En tout cas, grâce à Internet, tandis que la transmission de la foi trouve de plus en plus difficilement ses marques à travers les moyens traditionnels, voici que de nouveaux moyens missionnaires se mettent à la disposition de l'Evangile et des croyants. Quel changement, via la Toile, lorsque l'on se souvient de nos villages d'autrefois, où le curé "possédait" le savoir religieux et était quasiment le seul à pouvoir parler des affaires de Dieu. Et si, aujourd'hui, Internet nous permettait de faire Eglise autrement, de garder le lien avec une paroisse, avec l'Evangile, avec le Christ, avec nos frères, à travers des propositions de méditation, de réflexion, d'information et d'action ?
En ce qui concerne ce blog, c'est bien un peu l'exercice recherché. En effet, l'Internet permet de rejoindre les gens chez eux, au coeur de leur quotidien et de leur absorbante activité, en respectant leur liberté, tout en se jouant du temps et de la distance ; et cela, en essayant d'entendre les questions que se posent les uns et les autres et d'y répondre au mieux.
L'Eglise en effet, ce n'est pas que le corps, si précieux soit-il, des paroissiens rassemblés physiquement le dimanche dans les églises de pierre ; Internet, nouveau lieu d'Eglise, rassemble également, grâce à des initiatives multiples sur le Net, d'innombrables personnes en recherche de fratenité, de bonheur, de salut et d'infini. La paroisse Saint Hilaire de Fontenay-le-Comte n'a pas voulu rester en-dehors de ce grand mouvement missionnaire ; voilà pourquoi, outre les activités traditionnelles, elle propose aussi divers moyens de faire Eglise autrement, sur le plancher immense de la Toile : le site de la paroisse, le blog de Cybersister, fort intéressant à suivre, et ce blog du Curé par exemple. Ainsi que nous y encourageait déjà le Concile Vatican II : "c'est aussi aux communautés qu'il appartient de rendre témoignage du Christ devant les nations." (Ad Gentes 37)
Merci, chers amis blogueurs, d'être présents au coeur de ce grand mouvement infini !

PS - Il y a aussi la paroisse sur Facebook (accessible à tous, même sans compte Facebook)

mercredi 26 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.263 : Les courroies de transmission du diable

Il y a quelque temps, grosse discussion au sein d'un couple, et cela publiquement, devant certains de leurs amis et connaissances, dont moi, un peu effaré : "Ah ! Tu as vu un tel ? Ce qu'il a fait ? Je ne suis pas d'accord du tout ! C'est vraiment un nul !" L'épouse : "Arrête de dire du mal de tout le monde ! Tu n'es jamais content ! Mais enfin, qu'est-ce qui te prend de critiquer continuellement les uns et les autres ? Ca commence à bien faire..." Le mari : "Oh ! Toi, c'est pas mieux ! Tu acceptes n'importe quoi ! Tu crois que c'est plus fin ? Ouvre un peu les yeux, et arrête de te faire avoir."
Au sein de ce couple, difficile de discerner qui a raison et qui a tort ! Cependant, il m'a semblé que l'une des parties mettait le doigt sur le fond du problème en invitant son conjoint à "arrêter de dire du mal de tout le monde". En tout cas, je crois que nous souffrons tous, dans notre société, de ces personnes qui, par principe, ne savent pas parler autrement des autres qu'en les critiquant, ridiculisant, rejetant, dévalorisant, dégommant, et en les condamnant définitivement.
Personnellement, il me semble que de telles personnes sont d'excellentes "courroies de transmission du diable" comme j'aime les appeler ! En critiquant, en rejetant les autres, c'est Dieu qu'ils rejettent, et ils deviennent alors "les fils du diable" ! Que signifie le mot "satan" en effet ? "L'accusateur". Ce mot hébreu est proche parent étymologiquement de "haïr", "détester", "avoir de la rancune", "accuser", "être fauteur de troubles, adversaire" ; cela veut dire "ombre" également. Relisez l'Apocalypse (12/10) : le diable y est présenté comme "l'accusateur de nos frères". Quant au mot mot "diable", "le diviseur", il vient du terme grec "diabolos" : "diviser", "jeter à travers", "séparer" ; et cela au contraire de "symbolos" : "qui rassemble".
Quelle est la tactique du diable en effet, au sein d'une société humaine comme d'une communauté ecclésiale : division, pharisaïsme, persiflage, colère, amertume, orgueil, volonté dominatrice, jalousie, isolement, exclusion. Et tout ce beau monde-là se croit victime et se dit chrétien !
Mais la bêtise et la méchanceté auront-elles le dernier mot ? Certainement pas, car nombre d'hommes et de femmes, croyants ou non, Dieu merci, refusent de se laisser entraîner à rejeter leur prochain, refusent de devenir les courroies de transmission du diable et s'en remettent pleinement au Christ, le "Frère universel", qui jette sur chacun, y compris ceux que nous excluons, un regard d'amour.
Quant au diable, l'accusateur, le diviseur, n'ayez pas peur ! Ainsi que le prophétise l'Apocalypse en effet, son combat est ridicule et sans issue ; il a déjà perdu : "Ses jours sont comptés" ! (Apocalypse 12/12)

mardi 25 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.262 : Jacques Weber : "On a besoin de gens qui prient !"

Hier soir, en allant à l'église Notre-Dame pour y célébrer l'eucharistie, sur la pourtant brève distance qui sépare le presbytère de l'église, j'ai rencontré diverses personnes dont trois m'ont demandé de prier à leurs intentions : l'un pour son cousin atteint d'un cancer, l'autre pour sa vieille maman, et le troisième pour une autre intention. Inutile de dire que cela m'a impressionné et que, en entrant à l'église, je savais ce qu'il me restait à faire, et pourquoi j'étais là !
Déjà, l'église était illuminée ; une dizaine de personnes étaient présentes, plongées dans la prière, tandis que la sacriste s'affairait à tout préparer. Peu à peu, un certain nombre d'autres sont arrivées. Je me suis alors rappelé l'histoire que raconte le Père Delbos, missionnaire du Sacré-Coeur, dans le numéro d'octobre de "Prière et partage", le bulletin d'information des Oeuvres Pontificales Missionnaires en France : "Alors que, dans les montagnes de Papouasie, je félicitais un vieux catéchiste Papou qui disait son chapelet, savez-vous ce qu'il m'a répondu, le plus naturellement du monde ? "Of course, to pray is my job !" ("C'est normal, prier, c'est mon métier !"). Cela m'a réchauffé le coeur au-delà de tout ce que je pourrais dire."
J'ai donc commencé la messe en remerciant les personnes présentes pour leur prière, dont notre humanité a tant besoin. Pour nous, les chrétiens dans leur ensemble, et pas seulement les religieuses ou les prêtres, ainsi que nous le révèle ce laïc, ce catéchiste de Papouasie, c'est notre métier de prier ! La revue "Panorama" de ce mois présente d'ailleurs, en page de couverture, la photo du comédien Jacques Weber, celui qui, vous le savez, interprète le rôle du Père Joseph Wresinski, fondateur d'ATD Quart Monde, dans le téléfilm "Joseph l'insoumis" diffusé sur France 3 le 18 octobre ; J. Weber déclarant : "On a besoin de gens qui prient." Puis, dans son témoignage à l'intérieur du mensuel, il continue ainsi : "Même si le fruit de leur méditation ne nous parvient pas directement, je crois que cela travaille à l'équilibre du monde." De la part de quelqu'un qui avoue être plutôt en recherche, pas vraiment croyant, il faut reconnaître que c'est un bel appel lancé ainsi aux chrétiens.
Alors, n'hésitons pas ! Répondons à l'appel de Jacques Weber et de tant d'autres ; outre les actions que nous menons au service de nos frères, faisons notre métier : prions !

lundi 24 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.261 : Eglise universelle

Tout au long de cette Semaine missionnaire mondiale qui vient de s'écouler, le coeur de la paroisse Saint Hilaire de Fontenay a eu l'occasion de battre aux dimensions universelles de l'Eglise. Ce n'est pas tous les jours en effet qu'il nous est donné de penser au-delà de nos petits soucis locaux, de nos petites paroisses ou de nos petits entourages habituels ! Hier matin encore, une belle chorale composée de paroissiens originaires d'Océanie, accompagnée de leurs instrumentistes, nous a permis de vivre une eucharistie assez exceptionnelle, dans le grand souffle de l'universel : Tahiti, Wallis et Futuna, Tuamotu, Bora, la Nouvelle Calédonie..., étaient présents dans notre église, et avec eux, l'immensité du Pacifique et des îles lointaines, rejoints comme nous par le même Evangile. En témoignait la présence de Jean Maïau, originaire de l'île de Wallis, portant fièrement notre beau Lectionnaire, en tête de la procession d'entrée. Jean qui a été invité aujourd'hui lundi à venir parler du système éducatif de Wallis à l'Assemblée nationale ("Ouest-France" y faisait écho samedi).
En wallisien, nous avons chanté : "Peuples, levons-nous et acclamons le Seigneur" ; en tahitien, nous avons demandé à Dieu : "Seigneur, aide-moi, je suis dans la détresse." A l'offertoire, avec des coquillages, un paréo, du pain, des fruits, Wallis a offert au prêtre, à côté du calice habituel, une coupe tanoa utilisée là-bas pour les grandes cérémonies traditionnelles : quel symbole ! Tandis qu'à la sortie, les Océaniens offraient à chaque paroissien un collier de fleurs, en signe de fraternité. Et chacun alors de s'exclamer : "Quelle chance de pouvoir vivre de telles cérémonies, des messes véritablement aux dimensions du monde !"
Dans l'assemblée, un certain nombre de gens, qui avaient aussi participé à la très riche table-ronde de la veille au soir sur la fraternité, disaient : "Il y a une belle complémentarité entre tout cela : la fraternité universelle, ici et là-bas !" Et l'on avait l'impression hier, au cours de l'Eucharistie, que le Corps du Christ était en train de prendre enfin chez nous toute son ampleur et toute sa dimension ! Avec l'irruption joyeuse et colorée, dans notre église Notre-Dame, des 25.000 îles du Pacifiques et de leurs habitants : nos frères et soeurs du bout du monde.
"Louez le Seigneur tous les peuples, fêtez-le, tous les pays !" (psaume 116)

dimanche 23 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.260 : 250 artisans de la Fraternité

Grâce au dynamisme de Dominique et de son équipe qui porte sur la paroisse le souci de la mission universelle, la semaine missionnaire mondiale, cette année, est particulièrement animée sur le Pays de Fontenay-le-Comte. En témoigne la magnifique rencontre qui s'est déroulée hier soir dans la salle de conférence de l'Isamba, à Fontenay, sur le thème de cette même semaine missionnaire : "De qui suis-je frère ?" Avec des intervenants qui, non pas malgré, mais grâce à leur diversité, ont fait l'unanimité ; que ce soit Henri Quinson, conseiller religieux pour le film "Des hommes et des dieux", Marie-Jo Chatevaire, conseillère générale, Hugues Fourage, maire de Fontenay-le-Comte, Louis Muck, président des Restos du coeur en Vendée et Soeur Aurélie Charrier, jeune religieuse en habit de 27 ans, originaire des Sables d'Olonne, faisant partie du mouvement "Points-Coeur" : une brochette qui avait pu poser question à certains ! Quel mélange ! Un maire de gauche, avec une religieuse, et telle personne ne partageant pas notre foi ; mais pour aller où et pour faire quoi ? Rappelons que parmi les intervenants figurait aussi une conseillère générale plutôt de droite. Mais, comme cela a été dit au cours de la soirée, si l'on ne peut pas se rassembler entre personnes différentes pour se parler, va-t-on bâtir la fraternité seulement entre copains "bien-pensants" car pensant comme nous ?
Une erreur contemporaine très partagée en effet consiste à découper les problèmes en morceaux et à classer les gens dans des catégories à part, sinon opposées : les blancs ici, les arabes ailleurs, les cathos d'un côté, les laïques de l'autre, les bons Européens au-dessus, les Grecs et autres en-dehors, les problèmes politiques ici, les questions économiques par là, le caritatif au turbin et le religieux à part dans son coin...
Alors que, au lieu de classifier et d'opposer ainsi les personnes et les questions, il s'agit plutôt de les relier, de les croiser, de les faire se rencontrer, afin de faire émerger une ligne, celle d'un humanisme vrai, intégral et décomplexé, oeuvrant, sous des formes et sous des angles d'action différents, au service de la fraternité.
En tout cas, avec une salle comble et la présence de 250 participants, dont de nombreux élus et membres de multiples associations, et les deux vicaires généraux de notre diocèse, la preuve a été faite qu'il ya bien une énorme attente en faveur d'une réelle fraternité dans notre pays. De nombreuses personnes des jeunes générations étaient présentes, ainsi que des humanistes ne partageant pas forcément notre foi.
Impossible malheureusement de rendre compte , dans le cadre limité de ce billet, de la richesse de cet échange ! Mais le site de notre paroisse en rendra compte bientôt et Geo a enregistré l'ensemble de ce qui s'est dit. Seulement un bref florilège :
- Henri Quinson : "La qualité essentielle par laquelle l'on reconnaît un chrétien, ce n'est pas le discours religieux qu'il tient, ce ne sont pas les rituels qu'il observe, c'est la capacité qu'il a à être fraternel, au-delà de ses solidarités immédiates. Car la fraternité universelle correspond à notre vocation humaine et spirituelle profonde." (même s'il ne s'agit pas d'évacuer le religieux ni le rituel, bien évidemment)
- Marie-Jo Chatevaire : "Lorsque l'on est en responsabilité, il faut d'autant plus être attentif aux personnes les plus fragiles, et aller jusqu'à faire de véritables choix bugétaires en faveur des plus démunis."
- Hugues Fourage : "On me fait souvent le reproche suivant : "A Fontenay-le-Comte, il y a trop de "cas sociaux". Cela me fait bondir ! Je ne connais pas de "cas sociaux" ; je ne vois que des hommes et des femmes en détresse ! Et l'engagement de l'élu, c'est un engagement vers l'autre, quel qu'il soit."
- Louis Muck : "Dans l'association, avec les bénévoles, nous sommes avant tout un tremplin, pour permettre à chacun de se relever, à travers la convivialité, l'hospitalité, la jovialité. Et certains de ceux qui s'en sortent reviennent ensuite avec nous pour nous aider !"
- Sr Aurélie : "A "Points-Coeur", la chose que nous savons faire, c'est ouvrir notre porte, être présent, gratuitement, avec amour et compassion, auprès des plus démunis !"
Hier soir, nous nous sommes tous retrouvés dans cette phrase par laquelle Henri Quinson a débuté son intervention : "Je découvre de plus en plus une mission : devenir frère".
Je me suis permis de conclure la soirée avec cet appel du Pasteur Martin-Luther King : "Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon, nous mourrons tous comme des idiots !"

samedi 22 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.259 : Prêtres en Vendée

En ces jours, les prêtres de Vendée se retrouvent, par tranches d'âge, pour faire le point ensemble à propos de leur ministère et de tout ce qui fait leur vie. En ce qui concerne les prêtres actifs de moins de 75 ans (l'âge officiel de la "retraite", souvent très active d'ailleurs pour un certain nombre d'entre eux), leur nombre est actuellement de 132. 80 ont de 66 à 75 ans, 30 ont de 51 à 65 ans et 22 ont moins de 51 ans. Bien des diocèses sont dans une situation beaucoup plus critique, avec parfois seulement 1 ou 2 prêtres de moins de 50 ans, mais la situation n'est pas forcément non plus facile à vivre chez nous, car en Vendée, surtout dans certaines parties de notre diocèse, la "demande" reste très forte !
Entre prêtres de 66 à 75 ans, nous avons donc partagé hier ce qui fait l'essentiel de notre ministère et de notre vie : la rencontre des personnes, l'accompagnement des communautés chrétiennes, l'ouverture au-delà des murs des églises, le suivi des mouvements, l'attention à la vie sociale du lieu où nous nous trouvons, la recherche de nouvelles façons de partager à tous le message de l'Evangile, le souci de la formation, le compagnonnage avec les jeunes générations, aux sensibilités très diverses, l'appel à la vie intérieure et à la rencontre personnelle et collective avec le Christ...
Cette mission est enthousiasmante ! Elle nous demande de faire confiance aux uns et aux autres, de cheminer au coude à coude avec les chrétiens, sans chercher à concentrer tout le "pouvoir" entre nos mains.
Il faut reconnaître que nombre de laïcs assurent une multitude de services au sein de notre Eglise, dans l'ensemble des paroisses, et nous ne pouvons que nous réjouir devant la qualité de leur engagement également au coeur de la cité. Sur la paroisse saint Hilaire de Fontenay par exemple, avec près de 400 bénévoles, sans compter les nombreux chrétiens présents et actifs dans nombre d'associations locales, il faut reconnaître que les baptisés essayent bien de jouer leur rôle à fond, et cela représente vraiment, pour un curé, du bonheur à l'état pur.
Un exemple parmi bien d'autres, cette table ronde qui aura lieu ce soir, à 20h30, à l'Isamba, et à laquelle vous êtes tous invités. Elle a été organisée par des laïcs, dans le cadre de cette Semaine missionnaire mondiale. Avec Henri Quinson, y sont invitées des personnalités aussi emblématiques que la conseillère générale de Fontenay, le maire de cette ville, le président des Restaus du coeur en Vendée, ainsi qu'une jeune religieuse vendéenne de 27 ans. Et cela autour du thème de la fraternité dans notre société d'aujourd'hui. C'est ouvert à tous !
Etre prêtre, c'est accompagner tout cela, faire confiance aux laïcs, cheminer avec eux au coeur de l'ensemble d'une population, et pas seulement avec les seuls 5% de pratiquants : de quoi, pour un prêtre, bien remplir un agenda et enrichir toute une vie !
Merci à vous, chers frères et soeurs chrétiens, car c'est une joie pour un prêtre que d'avancer fraternellement, avec vous, vers le Christ, vers nos frères, et avec eux, sur le beau chemin de l'Evangile !

vendredi 21 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.258 : A l'écoute d'une "Katekita" d'Océanie

En ces jours, grâce à la Coupe du monde de rugby, notre attention se porte sur l'Océanie, ce vaste continent situé aux antipodes et formé de 25.000 îles. Et en même temps, puisque, cette année, la Semaine missionnaire mondiale met cette partie du monde à l'honneur, nous sommes invités à découvrir aussi, là-bas, la vie des communautés ecclésiales, à Tahiti comme sur les atolls coralliens, que ce soit en Polynésie, en Papouasie et ailleurs. Hier soir, cette occasion nous était offerte sur la paroisse, à travers la projection d'un film-documentaire du "Jour du Seigneur" présentant la vie de l'Eglise catholique dans le diocèse de Papeete, à Tahiti, un diocèse grand comme l'Europe. Ainsi, nous avons pu suivre ces hommes et ces femmes qui, dans leurs îles, avec les moyens du bord, oeuvrent à construire, jour après jour, l'Eglise du Christ, avec enthousiasme et ténacité.
Comme nous l'a expliqué Valérie, une paroissienne de Fontenay originaire de là-bas, "chez nous, on naît avec la foi, et celle-ci fait profondément partie de la vie de tous les jours". Ce sont des peuples très religieux, fort attachés à l'Evangile, qu'ils ont adopté avec bonheur. Et comme parfois, dans de nombreuses îles, le prêtre ne passe que rarement, la vie de l'Eglise repose pleinement sur les laïcs, et, parmi eux, plus spécialement, sur les "Katekita", ces responsables de communautés qui ont reçu de l'évêque une investiture pour cette fonction : "le prêtre peut s'absenter quatre mois, nous assumons!"
En échangeant autour de ce film et en écoutant Valérie, qui connaissait nombre des personnes présentées dans ce film, à commencer par l'évêque de Papeete, Mgr Coppenrath, Tahitien d'origine allemande, nous nous sommes rendu compte que nous avions beaucoup à recevoir de leur façon de faire Eglise : vivre la religion de façon moins cérébrale, confier des ministères à des laïcs hommes, mais femmes également, participer davantage aux formations proposées, permettant d'apprendre à animer des communautés sans tout faire peser sur le prêtre, ne pas avoir honte de partager sa foi, se débarrasser du respect humain si développé chez nous, porter davantage en communauté les soucis les uns des autres, ne pas se lamenter sur les failles et les échecs, ne pas faire du prêtre l'homme à tout faire et celui sans qui rien n'est possible, appartenir à une Eglise qui témoigne et qui espère.
"Le Seigneur règne, que la terre soit en fête, réjouissez-vous, peuples des îles !" (Psaume 97/1)
Chers frères et soeurs chrétiens d'Océanie, Eglise belle et généreuse, merci à vous !
Et à nous retrouver dimanche prochain 23 octobre, à 10h30, à l'église Notre-Dame, pour la messe animée à la guitare et chantée par des paroissiens originaires de l'Océanie.

Le documentaire Katekita, du Jour du Seigneur

jeudi 20 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.257 : Aider l'autre à trouver son chemin

De passage à la librairie Siloë à la Roche-sur-Yon mardi, j'y ai trouvé un petit livre tout à fait remarquable du Cardinal Hondurien Oscar Rodriguez Maradiaga intitulé : "De la difficulté d'évoquer Dieu dans un monde qui pense ne pas en avoir besoin" (éditions Robert Laffont). Au coeur de cette Semaine missionnaire mondiale, je voudrais vous partager l'un des magnifiques passages de ce livre passionnant : "La vocation de l'évangélisateur est d'aider l'être humain à se développer de l'intérieur, pas avec des bondieuseries, encore une fois pas de prosélytisme. L'intention n'est pas de dicter une conduite et de mettre Dieu à toutes les sauces, simplement d'aider l'autre à trouver son chemin, même s'il ne passe pas par une foi religieuse."
Le rôle du prêtre ou du chrétien, bien sûr, n'est pas de taire Dieu ; cependant, comme le disait très justement Benoît XVI, dans son encyclique "Dieu est Amour" : "Le chrétien sait quand le temps est venu de parler de Dieu et quand il est juste de Le taire, et de ne laisser parler que l'amour."
Aujourd'hui, dans tout le diocèse de Luçon, nous sommes invités à prier pour que l'Eglise soit toujours plus missionnaire. En effet, comme le disait Jean-Paul II dans son encyclique sur "La mission du Christ Rédempteur": "L'avenir de la mission dépend en grande partie de la contemplation." En d'autres termes, le chrétien, s'il n'est pas un contemplatif, s'il ne se donne pas un peu de temps chaque jour pour se tourner vers Dieu gratuitement, ne peut annoncer le Christ d'une manière crédible. Et Jean-Paul II de poursuivre ainsi : "Le missionnaire est le témoin de l'expérience de Dieu et doit pouvoir dire comme les Apôtres : "Ce que nous avons contemplé, le Verbe de Vie, nous vous l'annonçons" (1 Jean 1/1-3). Bien entendu, le rôle du missionnaire, c'est aussi celui de tout chrétien, les choses devant s'adapter évidemment selon la vocation, l'état de vie, la personnalité et l'environnement de chacun. Mais nul n'est dispensé de cette nécessité de témoigner du Christ, par sa façon de vivre à tout le moins.
Et si nous aidons autour de nous des personnes qui ne partagent pas notre foi à trouver leur chemin, comme le dit le Cardinal Maradiaga, un immense pas déjà aura été fait. Car Dieu est sans doute plus préoccupé de voir les hommes grandir et vivre en frères, que de ce qu'ils sachent tous qui est leur Sauveur ! Je ne fais ici que paraphraser le texte d'une homélie d'un proche du pape, le Père Catalamessa, prédicateur de la Maison pontificale : "Dieu est humble dans la création et il est humble dans le salut. Le Christ est plus préoccupé que tous soient sauvés que de ce qu'ils sachent qui est leur Sauveur."
Pour la suite de cette semaine, je rappelle trois rendez-vous parmi d'autres :
- ce soir, à 20h30, salle saint Nicolas, projection d'un DVD-documentaire sur la place des laïcs en Océanie, suivie d'un échange sur la place des laïcs dans l'Eglise de France
- samedi, à 20h30, salle Isamba, 1 rue de Grissais, table-ronde autour d'Henri Quinson, conseiller spirituel pour le film "Des hommes et des dieux", avec la participation de Madame Chatevaire, conseillère générale, et de Monsieur Fourage, maire de Fontenay-le-Comte, ainsi que d'autres intervenants.
- dimanche, à 10h30, à Notre-Dame, messse animée par des chrétiens de Fontenay-le-Comte originaires de l'Océanie.
Bonne et riche Semaine missionnaire !

mercredi 19 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.256 : Ouverture des jeunes à la Mission

Ce matin encore, panne informatique ; d'où mon retard ! Pour l'avenir, si aux aurores il n'y a pas de billet, sauf avertissement à l'avance d'une absence de ma part, sachez qu'il s'agit sans doute d'une panne ou d'un imprévu à gérer !

En cette semaine missionnaire, hier, c'était tout le collège Saint Joseph qui était mobilisé à la découverte de la grande mission de l'Eglise. L'équipe pastorale, animée par Maryse, avec le soutien de la Directrice et l'appui du groupe "Mission", avait concocté un copieux programme, à l'intention de l'ensemble des élèves, avec la présence de leurs enseignants. L'objectif était de les mettre en contact direct avec des témoins de tous horizons. Sont donc venus témoigner dans l'établissement des gens aussi divers qu'un membre des Restaus du coeur, des anciens coopérants à Madagascar ou ailleurs, le diacre aumônier de la prison, des responsables de la pastorale des migrants, de la mission universelle, des paroissiennes originaires de Tahiti, Nouvelle-Calédonie, Tuamotu (le continent à l'honneur en cette semaine missionnaire mondiale, dans le monde entier, est l'Océanie), les trois prêtres de la paroisse, une religieuse, une responsable de l'aumônerie de l'enseignement public, des jeunes de l'association "Points-Coeur", une jeune qui a participé aux JMJ de Sydney et de Madrid, etc.
Beaucoup de découvertes, pour ces jeunes de la 6° à la 3° : ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de voir des photos de squats, de gens qui dorment dehors à Fontenay-le-Comte, d'entendre des femmes de l'Océanie parler de leur Eglise, de découvrir que dans votre classe, comme cela s'est passé avec une personne de la pastorale des migrants, un quart des élèves sont d'origine étrangère (d'autres pays de l'Europe et du monde), qu'à Madagascar, l'Eglise est très vivante ou que les chrétiens sont bien présents pour accompagner les personnes en prison sur Fontenay-le-Comte, etc.
Personnellement, alors que, rencontrant une classe, je leur demandais s'ils connaissaient des musulmans sur Fontenay, j'ai découvert qu'un jeune, juste devant moi, très attentif depuis le début de notre rencontre, était lui-même un musulman croyant ; belle occasion d'aller plus loin en ce qui concerne le type de relations à développer par rapport aux personnes de religion ou de culture musulmane ; non pas pour les convertir à notre religion, mais pour nous convertir ensemble à l'amour de Dieu et des autres.
J'ai bien aimé l'accueil reçu de la part des enseignants. Puissent tous ces jeunes laisser pousser et grandir en eux la petite graine d'Evangile qui a été semée largement hier par de modestes témoins de la présence active du Christ Sauveur !
Publié par Père Gaignet à 09:32

mardi 18 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.255 : Avec les jeunes en difficulté

J'ai vécu hier un moment fort au collège saint Joseph de Fontenay-le-Comte, en écoutant comment étaient pris en compte les élèves en difficulté. Tout le monde sait qu'un certain nombre de jeunes, issus de milieux sociaux difficiles, handicapés ou démunis, ont plus de peine à suivre les cours et à s'intégrer. "Ouest-France" publie justement aujourd'hui un article dans lequel l'on explique que "les enfants des familles pauvres ont des résultats moins bons que les autres. Beaucoup d'entre eux arrivent au collège avec des savoirs fondamentaux qui ne sont pas acquis. et ils sont malheureux à l'école." Il est question aussi des parents, "qui ont souvent connu eux-mêmes une grande souffrance à l'école." Ce qui est à souligner, c'est que, devant de tels appels, l'ensemble des enseignants du collège répond quasi toujours positivement, quand il s'agit d'accompagner plus particulièrement tel jeune qui semble en avoir besoin. Madame la directrice du collège me soulignait que quand elle lance un tel appel, les enseignants ne rechignent pas à répondre présents, même si cela représente un réel surcroît de travail.
Ce fait pour souligner que, dans notre société où l'on pense que les valeurs fichent le camp, il faut peut-être y regarder de plus près avant de disqualifier notre époque ! Je cite souvent ce magnifique conseil de Frédéric Ozanam, l'un des fondateurs de la société de Saint Vincent de Paul, lui qui en connaissait un rayon, en son temps déjà, au sujet des précarités : "Gardez-vous de désespérer de votre siècle !" L'on pourrait d'ailleurs démultiplier largement cet appel en disant aussi : "Gardez-vous de désespérer de vos enseignants, de vos parents, de vos enfants, de vos voisins, de vos amis, de vos ennemis, de votre Eglise, de votre idéal !"
En effet, souvent, les graines de l'Evangile sont en train de pousser là où l'on n'y pensait pas, sous une forme à laquelle l'on ne s'attendait pas. Mais à la relecture, l'on peut reconnaître, sans bien sûr mettre la main sur qui que ce soit, de belles traces de la présence de l'Esprit.
Saurons-nous un jour ce qui se cache sous ces gestes fraternels ? Là n'est pas l'essentiel : cela ne regarde que Dieu. Et n'oublions jamais que, comme le soulignait le théologien protestant danois Kierkegaard : "La foi, chez un homme, voyage toujours incognito", surtout quand il se révèle, par ses actes, modestement, le frère de son prochain !
Publié par Père Gaignet à 07:29

lundi 17 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.254 : Une Messe dans le fil de l'Evangile

Le titre de ce billet pourrait sembler prétentieux ; il s'agit seulement de nous rappeler que toute messe doit se situer en cohérence avec le message évangélique et permettre une rencontre vraie et heureuse de l'ensemble des chrétiens avec le Christ, uni au Père, dans l'Esprit-Saint ; avec mission de communiquer notre foi à tous. Hier, journée d'ouverture de la Semaine missionnaire mondiale, après avoir célébré deux messes et un baptême, à mon retour au presbytère, je découvre le mail suivant : "Bonjour cher ami Olivier. Merci pour la cérémonie de ce dimanche, pour son dynamisme et son ouverture aux jeunes et à notre monde d'aujourd'hui. Les indignés de ce monde ont été présents dans mon esprit et dans mes prières. Oui, je le crois, nous avons reçu notre foi de l'Orient, et il nous reste le devoir de la transmettre autour de nous pour qu'un jour, les messages de paix et d'amour donnent la paix à notre monde. Merci..." Signé : Lili. Il s'agit d'un fidèle paroissien.
Merci, Lili ! Il est vrai qu'hier, à la sortie de la messe à l'église Notre-Dame, particulièrement priante en effet, un certain nombre de personnes sont venues me faire part de leur bonheur d'avoir vécu cette belle eucharistie aux dimensions de la jeunesse et du monde. J'évoquerai seulement la réaction de ce couple de Bretons disant aux Fontenaisiens qui se trouvaient auprès d'eux : "Vous avez de la chance à Fontenay-le-Comte de pouvoir vivre de telles messes !"
Vivre des messes qui se rapprochent le plus possible du vrai sens de l'eucharistie, n'est-ce pas un bonheur en effet ? Celle-ci avait, aux origines, un caractère fraternel, social et convivial, ce qui n'empêchait pas une véritable rencontre collective avec le Christ ; mais, malheureusement, au fil du temps, la messe a pris plutôt un visage mystérieux, rituel, sacral, bien loin de ses origines évangéliques... ("sacral" ? Voir en explication le commentaire d'O.Gaignet)
Enfin, revenons à notre sujet : l'ouverture missionnaire de notre paroisse au monde entier, à ses peuples divers, à ses multiples cultures, y compris chez nous. D'où, sous l'impulsion de Dominique et du groupe chargé, sur la paroisse de l'ouverture à la Mission Universelle, la présence, au premier rang, de confirmands, d'enfants du caté, d'un solide groupe de "Joie de vivre" (personnes handicapées, au visage rayonnant) ; mais aussi, de jeunes musiciens, de quelques représentants de l'Océanie, ce continent mis à l'honneur cette année dans le cadre de cette semaine missionnaire. Avec la prise de parole d'une jeune religieuse, Soeur Aurélie, qui a passé deux ans en Thaïlande, et d'une jeune de chez nous, Marie-Agnès, qui a participé aux JMJ à Sydney, puis à Madrid récemment. Toutes deux nous ont partagé ce que leur avait apporté cette rencontre avec d'autres peuples et d'autres chrétiens originaires d'ailleurs et du monde entier.
De nombreuses rencontres sont prévues cette semaine, et au-delà, sur la paroisse, dans le cadre de cette semaine missionnaire. Pour vous informer et vous permettre d'y participer, je vous invite à consulter le site de la paroisse.
Tout cette semaine en tout cas, et particulièrement le jeudi 20, journée de prière pour les missions, je vous invite à porter devant le Seigneur nos frères et soeurs, chrétiens ou non, de chez nous et du monde entier !
Publié par Père Gaignet à 07:25

dimanche 16 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.253 : Les enfants sont nos maîtres !

Tout d'abord, toutes mes excuses aux lecteurs habitués du matin : je vous ai fait faux-bond aux aurores, suite à un problème informatique en effet !
Hier et aujourd'hui, j'ai entendu plusieurs réflexions d'enfants qui ont fait tilt en moi, comme ces questions rapportées par des parents : "D'où vient le vent ?" "Qui c'est qui a fait la première maison ?" Etc.
Ce matin, à la fin du baptême que je célébrais, deux petites filles sont venues me parler, l'une en CM1, l'autre en CE1 je crois. La plus grande avait fait un superbe dessin, correspondant bien au sens du baptême. Elle m'a déclaré : "Tu sais, moi, j'ai toujours cru en Jésus." Je lui ai demandé : "Ah bon ? Parce qu'il y en a qui ne croient pas en lui ?" "Oui, j'ai des copines qui disent qu'il n'a pas existé. Ca doit le faire souffrir ! C'est comme ceux qui ont fait du mal à Jésus et qui ont voulu le faire mourir ; ça, c'est pas bien..." Et voilà que la maman s'approche, me révélant qu'elles ne sont pas baptisées. Sans lui demander quoi que ce soit, je lui réponds alors que, pour des non baptisées, elles ont l'air de vraiment y croire.
Il est toujours très révélateur et très éclairant d'écouter les enfants en tout cas ; et avec eux, c'est toujours un perpétuel recommencement. Ils nous invitent en effet à tout relire autrement, à tout réfléchir autrement, à agir autrement aussi.
Ce matin, au baptême, j'ai remis une petite veilleuse à chacun des trois enfants présents, dont ces deux petites filles, en leur expliquant le sens de cette petite lumière, allumée au grand cierge de Pâques, le symbole de Jésus. Il fallait voir avec quelle attention ils ont écouté, et quel soin ils ont pris de cette veilleuse pendant le reste de la cérémonie.
A la fin, la plus grande m'a dit : "Moi, je veux garder cette lumière ; est-ce que je peux l'emporter ?" Je lui ai dit : "Ca veut dire que tu emportes chez toi, et dans ton coeur, la lumière de Jésus ; mais c'est pour te faire penser à lui, et pour que ta vie soit comme une lumière."
Grâce à ces enfants et à leurs réactions, je me suis senti appelé, moi aussi, à porter sans cesse cette belle lumière de Dieu dans ma propre vie.
Si vous-mêmes, vous avez de belles réactions d'enfants, n'hésitez pas à nous les partager !
Merci !
Publié par Père Gaignet à 13:26

samedi 15 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.252 : Dieu et la science

L'on a coutume, souvent, d'opposer Dieu et la science et, dans la tête d'un certain nombre de gens, bientôt, la science devrait remplacer Dieu et pouvoir par elle-même proposer une explication plausible à tous les mystères de l'univers, de l'infiniment petit à l'infiniment grand. Mais qu'en pensent les grands scientifiques, les philosophes ? Voici un bref florilège pouvant nous aider à approfondir notre réflexion :
- Hubert Reeves : "La science prétend aujourd'hui que l'univers est vide et muet. Je ne crois pas que l'univers soit muet, je crois plutôt que la science est dure d'oreille. L'oeil qui scrute, qui analyse, qui dissèque, doit être réconcilié avec l'oeil qui vénère et qui contemple. il nous faut maintenant apprendre à vivre en pratiquant à la fois la science et la poésie ; il nous faut apprendre à garder les deux yeux ouverts en même temps."
- Pasteur (à la suite de Pascal) : "Un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de science y ramène."
- Einstein : "Devant l'univers, celui à qui le sentiment religieux est inconnu et qui n'est pas frappé de respect, c'est comme s'il était mort. L'escalier de la science est l'échelle de Jacob, il ne s'achève qu'aux pieds de Dieu. La plus belle expérience que nous puissions faire, c'est celle du mystère."
- Nietzsche : "Refuser la foi en Dieu, c'est vouloir vider la mer."
- Maurice Barrès : "La clef de notre monde est ailleurs."
- Hegel : "Il est de la nature même du fini de se dépasser, de nier sa négation, de devenir infini."
Echange fort riche hier soir, en réunion d'équipe EDC (Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens), autour de cette question ; à partir d'un petit film monté par l'un des membres et présentant l'immensité inimaginable des univers, nous nous sommes interrogés sur le sens inouï de la création : belle occasion de revérifier et de réapprofondir les questions et les raisons de notre foi.
Tout en laissant totalement ouverte la question de Dieu ; d'ailleurs, celle-ci ne déborde-t-elle pas largement le monde des croyants, si l'on écoute André Malraux déclarant : "L'agnosticisme, c'est une discipline de l'esprit qui maintient ouvertes toutes les portes de l'inconnu" ?
"Par les cieux devant toi, splendeur et majesté, par l'infiniment grand, l'infiniment petit... Mon Dieu, tu es grand, tu es beau..." Assez enthousiasmant, ce psaume de la création !
Publié par Père Gaignet à 07:59

vendredi 14 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.251 : De l'argent pour l'Evangile

"Argent", "Evangile" : deux mots en totale contradiction, allez-vous me dire ! En France il est vrai, plus que dans d'autres pays comme l'Allemagne ou l'Italie, pour ne citer que ces deux nations, nous avons de la peine à dépasser certains vieux schémas selon lesquels, pour être un bon chrétien, il ne faudrait pas parler d'argent, et ne surtout pas en demander, à l'église. Cet argent maudit en effet, qui tombe si facilement dans les poches des riches et fait tant défaut aux classes défavorisées, n'est-ce pas quelque chose de sale, qui n'a rien de bon à voir avec la foi si pure du bon chrétien ? Je devrais dire, "du bon catholique", car chez les protestants français, il n'en est pas du tout ainsi. Ainsi, les réformés, présents sur le Pays de Fontenay-le-Comte, donnent en moyenne 3% de leurs revenus, et le montant moyen des dons s'élève à 438 euros par protestant chaque année. Comme me le faisait remarquer un protestant fontenaisien : "C'est bien simple : si nous ne mettons pas la main à la poche, il n'y a pas de pasteur !"
Personnellement, moi non plus, je n'aime pas trop parler d'argent ! Mais une paroisse, c'est un peu comme une famille ; il y a des frais multiples à assurer : les assurances des bâtiments, le salaire à mi-temps de la secrétaire, les frais d'électricité, de chauffage, d'aménagements divers, l'organisation d'activités pastorales comme la catéchèse ou l'accompagnement des jeunes, les frais de formation des laïcs, le matériel (ordinateurs, reprocopieur, photocopieur, papier à imprimer, etc...). La liste serait longue !
Vous allez me dire : est-ce qu'on a besoin de tout cela pour conduire les gens vers Dieu ? Mais Jésus, tout Jésus qu'il était, déjà, dans son équipe, disposait d'un trésorier ; tandis que saint Paul évoque à diverses reprises les besoins financiers incontournables pour le service de l'Evangile.
Voilà pourquoi, cette année encore, la paroisse Saint Hilaire de Fontenay vient de lancer sa collecte paroissiale. Dieu merci, de nombreux paroissiens, qui donnent déjà largement de leur temps et de leurs deniers pour soutenir l'activité de la paroisse, acceptent en outre d'aller plus loin, et de verser aussi leur obole à la collecte paroissiale. Environ 550 familles ou personnes individuelles ont fait ce geste l'an passé, versant la somme de 54.000 euros, contre 23.000 en 2008. Et ce sont loin d'être tous des nantis ! Nombre d'entre eux savent que c'est que de se priver pour l'Evangile ; la conscientisation avance ! Déjà, alors que la collecte a été lancée il y a huit jours à peine, plus de 150 enveloppes sont remontées. Merci de ne pas laisser votre enveloppe moisir dans le fond d'un tiroir, chacun faisant évidemment selon ses possibilités. Des enveloppes sont à votre disposition dans chaque église de la paroisse.
En donnant ainsi de notre argent, si peu que ce soit, nous témoignons de ce que nous ne sommes pas esclaves de notre avoir. Nous entrons alors dans le monde du partage, de la gratuité, et nous faisons un acte de foi dans l'avenir de notre Eglise, en la prenant davantage en charge. C'est notre façon d'imiter Jésus, qui a accepté de tout donner, pour l'avancée du Royaume des cieux.
Bravo et merci à tous les donateurs !
Publié par Père Gaignet à 07:37

jeudi 13 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.250 : "Habiter le temps"

Passionnante rencontre d'ACI (Action catholique des milieux indépendants) hier soir, autour du thème de la campagne d'année : "Habiter le temps". Les questions sont très riches et très interpellantes : comment je réagis lorsque l'imprévu surgit ou lorsque le présent est difficile ?
Comment les autres influent-ils sur mon présent ? Et moi, est-ce que j'interfère sur le présent des autres ? Comment habiter pleinement le présent et ne pas nous contenter de le gérer ? Comment les autres nous aident-ils à habiter le présent ?
Il y a plus de trois siècles, Pascal écrivait déjà : "Nous ne nous tenons jamais au temps présent." Soit nous gardons le regard fixé sur notre passé, bien lourd parfois, ou plus gai qu'aujourd'hui ; soit nous nous tournons vers l'avenir, pour en attendre renouveau et amélioration de notre existence. Mais alors, où sommes-nous réellement ?
Personnellement, si je relis ma journée d'hier, j'y vois en tout cas des hommes et des femmes qui luttent pour garder la maîtrise de leur temps et l'orienter dans un sens constructif, ainsi que le montrent ces quelques exemples. Cet homme encore jeune qui prend du temps pour venir relire sa vie et recevoir le sacrement de réconciliation. Cette chaîne d'amitié autour d'une femme qui a dû trouver en catastrophe des personnes susceptibles d'assurer les responsabilités qu'elle avait prises, alors qu'elle a dû s'absenter pour aller accompagner, loin d'ici, son père à l'article de la mort. Ces hommes qui ont répondu présents hier matin pour venir trier et descendre les livres anciens entassés dans la poussière du grenier au presbytère. Cette personne, relativement prise, qui a accepté de préparer une cérémonie de sépulture. Tous ceux et celles qui, hier, ont répondu à l'appel de Dieu en venant partager la prière de l'eucharistie. Et ceux qui ont pris le temps de répondre aux nombreux mails qu'il m'a fallu envoyer pour règler un certain nombre de questions. Etc.
Habiter le temps, c'est l'animer, lui donner une âme, une vie, le remplir de vie, en laissant Dieu nous accompagner dans cette habitation du présent.
Citée dans la revue de l'ACI, cette réflexion de Saint François de Sales : "Mon passé ne me préoccupe pas : il est dans la miséricorde divine. Mon avenir ne me préoccupe pas non plus : il est dans la providence divine. Ce qui me préoccupe et m'anime, c'est l'aujourd'hui, qui est dans la grâce de Dieu et dans le don de mon coeur et de ma volonté."
Publié par Père Gaignet à 07:39

mercredi 12 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.249 : "Le Christ est notre paix"

A sa mort, le Mahatma Gandhi avait seulement une image dans sa chambre, celle du Christ ressuscité, et au-dessous cette citation : "Il est notre paix" (Ephésiens 2/14). J'y pensais, hier soir, lors de la rencontre annuelle des membres des six équipes liturgiques de la paroisse, sur le thème de la messe, lorsque nous avons échangé autour du geste de paix. Nous offrir la paix les uns aux autres, qu'est-ce que cela veut dire ? Pour un certain nombre, cet échange du signe de paix est un peu embarrassant. Nous savons tous en effet que, dans nos célébrations, nous n'allons pas nous placer à côté de personnes avec lesquelles nous sommes en froid ; le moment venu, ce ne serait pas très facile d'avoir pour eux un geste de paix ! Mais est-ce que nous ne sommes pas alors en train de passer à côté de l'essentiel ? Au Moyen Âge, période bien plus ouverte que la nôtre sur nombre de questions, le baiser de paix, au cours de la messe, était un moment solennel de réconciliation où souvent, les conflits sociaux étaient résolus ; la communauté retrouvait alors le chemin de la charité avant de pouvoir recevoir la communion. Dans les régions déchirées par les divisions, il n'était pas rare que le point culminant de la messe soit l'échange du baiser de paix entre les ennemis. Sans idéaliser cette époque, ce geste avait alors un sens beaucoup plus fort et beaucoup plus concret qu'aujourd'hui, où l'on se contente le plus souvent de faire une bise à ses amis ou de dire bonjour aux voisins que l'on n'avait pas salués au début de la célébration. Alors que le bonjour convivial, c'est avant la messe qu'il doit être partagé.
Attention cependant ! Nous donner la paix du Christ, c'est plus que faire amende honorable pour un mot de colère ; c'est accepter la base sur laquelle nous sommes assemblés. Nous nous retrouvons avec d'autres dans la même église non parce que nous sommes amis, ou parce que nous avons les mêmes idées, les mêmes opinions par rapport à la vie de la paroisse ou face à l'attitude diverse des prêtres, mais parce que nous sommes uns dans la paix du Christ. Ce qui compte, ce n'est pas que nous nous sentions amis et identiques, mais que la paix nous soit donnée, et que nous nous laissions alors recréer, rapprocher, dans les profondeurs de notre être. Et cela, dans le Christ qui, à travers la victoire de Pâques, a triomphé d'avance de toutes les absences, les distances, les silences, les malentendus, les déloyautés par lesquels nous sommes séparés les uns des autres et séparés de Dieu
Apaisés par l'écoute de la parole de Dieu, sachons alors contempler nos tensions et désaccords tranquillement, de manière à pouvoir partager la paix du Christ même avec ceux dont la tête ne nous revient pas. L'idéal du geste de paix : prendre sur nous pour nous ouvrir à celui qui nous ressemble le moins, au lieu de nous contenter alors de faire la bise à une copine, et découvrir qui nous sommes avec lui, devant le Christ, en Christ. Et cela, grâce à la prière de la messe, en faisant route au-dedans de nous jusqu'au plus profond de notre être, là-même où habite Dieu en qui nous ne faisons plus qu'un.
On se demandait s'il fallait faire le geste de paix tous les dimanches. S'il est mal fait, non ! Mais n'est-ce pas chaque dimanche que nous avons à refaire la paix avec nos frères ? Et pas seulement les dimanches où ça nous dit de le faire ?
Publié par Père Gaignet à 07:22

mardi 11 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.248 : Seuls chrétiens pratiquants dans notre rue

Cela fait plusieurs fois que j'entends des personnes me confier qu'ils sont les seuls chrétiens pratiquants réguliers dans leur rue ; ceci, non pour s'en vanter ni pour se faire valoir : il s'agit seulement d'un constat. Chaque fois, je leur demande si cela représente pour eux un regret, un échec ou un appel. En général, ils me répondent qu'ils sentent qu'une telle situation les invite à vivre autrement leur foi. En effet, lorsque l'on se réfère à l'Evangile, c'est tout notre comportement qui doit en être imprégné : la façon de vivre en famille, la relation avec les voisins, l'attention aux personnes malades ou isolées, le style de vie, tout peut concourir à faire passer, dans notre rue, un petit message, sans prétention, ou, tout simplement, nous inviter à vivre la fraternité avec tous.
Parfois, j'entends dire : "On se sent minoritaires !" Minoritaires par rapport à quoi ? Si je suis entouré de frères, je ne suis plus minoritaire ! Si tous mes voisins sont des fils de Dieu, ensemble, ne sommes-nous pas majoritaires pour essayer de construire un monde en harmonie avec l'Evangile ?
Alors, le dimanche, lorsque je me rends à l'église, je n'y vais plus tout seul ! Mais j'y emmène avec moi, dans le fond de mon coeur, par la pensée et la prière, tous ces gens de ma rue qui eux aussi sont à la recherche du bonheur ; et je les présente au Seigneur, en rendant grâce par exemple pour les gestes positifs dont j'ai pu être l'heureux témoin durant la semaine qui vient de s'écouler, en regardant ou en écoutant mes voisins.
"Sois sans crainte (...), je suis avec toi (...), j'ai à moi un peuple nombreux dans cette ville", disait le Seigneur à Paul (Actes 18/9-10), en lui parlant de cette immense ville de Corinthe où il souhaitait l'envoyer en mission, alors qu'il n'y avait alors à Corinthe aucun chrétien baptisé !
Publié par Père Gaignet à 07:26

lundi 10 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.247 : Signé : Dieu

Vous connaissez peut-être ce fait ! Au plus fort des événements de mai 68 apparut un jour, tracé à la peinture en lettres énormes sur l'un des murs d'une université en grève, sur Paris ou à Nanterre, je ne sais plus, le slogan suivant : "Dieu est mort (signé : Nietzsche)".
Mais, il fallait s'y attendre, quelques jours plus tard, à la place de la célèbre formule du philosophe, maintes fois répétée depuis un siècle, voici qu'un anonyme, en lettres aussi grandes, avait inscrit ceci : "Nietzsche est mort (signé : Dieu)".
Apparemment, Nietzsche est bien mort en effet, même si ce qu'il a écrit demeure toujours pour nous source de réflexion ; merci à lui ! Quant à Dieu, il revient à ceux qui ont mis leur foi en lui de témoigner de ce qu'il est toujours vivant !
Hier, à l'occasion de mon accueil à Fontaines comme nouveau curé de la paroisse Notre-Dame des Sources, en plus de celle de Saint Hilaire de Fontenay, j'apprenais le fait suivant : des jeunes, pour inviter leurs proches et amis à cette cérémonie, avaient rédigé des tracts d'appel très originaux, assez bien tournés, au bas desquels ils s'étaient fait le plaisir d'inscrire, avec humour : "signé : Dieu" ! Rien que ça !
En tout cas, l'église était pleine et, comme chaque dimanche, la messe fut fort bien animée et chantée ! Se trouvaient là des gens auxquels l'on n'aurait pas pensé. L'on m'a cité le fait de ces personnes invitées par un enfant, par l'intermédiaire de ce fameux tract d'ailleurs.
"Signé : Dieu", voilà ce que cela veut dire ! Lorsque des chrétiens, convaincus de ce que Dieu est toujours vivant au milieu de nous, se font une joie de vivre selon l'esprit des Béatitudes et s'avèrent capables d'entraîner leurs proches à vivre dans le sens de l'Evangile.
Dieu, on ne le voit pas, c'est vrai ! Mais combien de gestes autour de nous peuvent nous aider à découvrir, à travers la bonté de l'homme, pourquoi pas, la signature de Dieu ?
Car Dieu agit à travers nous, comme par procuration. Et il nous autorise, à chaque instant de notre existence, à signer de belles pensées, et de belles actions, en son nom !
Publié par Père Gaignet à 07:38

dimanche 9 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.246 : "On n'a pas eu beaucoup de succès !"

C'est tous les jours qu'il nous arrive, aux uns et aux autres, de faire le triste constat que, ce que l'on a essayé de faire, de communiquer, de mettre en place, d'impulser, n'a pas obtenu les résultats espérés. Et pourtant, nous avions tout prévu ! Après avoir bien préparé notre affaire, nous étions persuadés que notre méthode était la bonne, que les gens comprendraient, adhéreraient même à notre projet, en redemanderaient... Et nous y avions placé le meilleur de nous-mêmes !
Catéchistes, enseignants, animateurs de jeunes, accompagnateurs de groupes divers, prêtres, responsables associatifs, hommes ou femmes politiques, responsables d'entreprise, tous, un jour ou l'autre, nous nous sommes posé des questions quant aux raisons de l'échec de nos actions, ou du moins, à propos de l'intérêt très relatif, apparemment, qu'elles ont pu susciter.
La tentation alors, c'est d'accuser les autres, de rechercher des coupables, autour de nous, sans penser d'abord à nous remettre en cause personnellement, à analyser la situation, à revoir nos objectifs, nos façons de faire, notre manière de donner une place aux autres dans notre projet à nous.
Une autre tentation consiste à croire que le travail que nous avons réalisé devrait automatiquement produire un bon résultat. Ce serait bien mal connaître l'âme humaine et ses méandres divers ! Aussi, pour nous aider à rester sur le bon chemin, avec suffisamment d'humilité, je vous fais part d'un petit florilège de maximes que j'ai engrangées depuis longtemps dans mon jardin secret, et sur lesquelles souvent, je m'appuie, pour ne pas entrer en tentation :
- Charlie Chaplin : "L'échec est important. Il donne le courage de se moquer de soi-même."
- Martin Buber : "Le succès n'est pas un nom de Dieu."
- Goethe : "On peut aussi construire quelque chose de beau avec les pierres qui entravent le chemin."
- René Char : "Ne t'attarde pas à l'ornière des résultats."
- Nietzsche : "Tout le monde croit que le fruit est l'essentiel de l'arbre quand, en réalité, c'est la graine."
- Confucius : "Celui qui déplace une montagne commence par déplacer de petites pierres."
- Martin-Luther King : "Avoir la foi, c'est monter la première marche même quand on ne voit pas tout l'escalier."
- R.L. Stevenson : "Ne juge pas la journée en fonction de la récolte du soir, mais d'après les graines que tu as semées."
- Henry Ford : "Ne cherchez pas la faute, cherchez le remède !"
N'est-ce pas la manière même de Dieu ?
Bonne guérison !
Publié par Père Gaignet à 08:09

samedi 8 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.245 : Elections 2012, un vote pour quelle société ?

Le 3 octobre dernier, le Conseil permanent des évêques de France vient de publier, sous le titre même de ce billet, quelques "éléments de discernement" à l'attention des électeurs que nous sommes. Ce texte est intéressant et je vous y renvoie. De façon claire et ramassée à la fois, il invite à la réflexion à partir des treize points suivants : la vie naissante, la famille, l'éducation, la jeunesse, les banlieues et cités, l'environnement, l'économie et la justice, la coopération internationale et l'immigration, le handicap, la fin de vie, le patrimoine et la culture, l'Europe, la laïcité et la vie en société. Ainsi que l'écrivent ces neuf évêques en préambule : "De sa contemplation du Christ, l'Eglise tire une vision cohérente de la personne en toutes ses dimensions, inséparables les unes des autres. Cette vision peut servir de guide et de mesure aux projets qu'une société doit se donner."
L'on trouve dans cette déclaration un certain nombre d'indications telles que celle-ci : "Nous ne pouvons pas attendre du pouvoir politique plus qu'il ne peut donner. Elire un président de la République et choisir des représentants ne suffira pas à relever les défis qui se présentent à nous aujourd'hui. (...) Depuis longtemps, avec d'autres, les papes et les évêques appellent chacun à reconsidérer sa manière de vivre, à privilégier l'être plutôt que l'avoir, à chercher et promouvoir un "développement intégral" pour tous."
Leur proposition : "A cette lettre, nous joignons un document qui détaille quelques points (ceux cités ci-dessus) qui nous semblent importants à prendre en compte en vue des élections. A chaque citoyen, à chacun de vous donc, il revient d'examiner comment les programmes et projets des partis et des candidats traitent ces différents points, et de déterminer si ces approches sont cohérentes ou non avec la société dans laquelle nous voulons vivre. A chacun de vous, il reviendra aussi de hiérarchiser ces différents points en vue du vote."
Pourquoi cette intervention des évêques ? Ceux-ci se réfèrent à ce qu'avait écrit Benoît XVI dans son encyclique "Dieu est Amour" : Si "L'Eglise ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible(...), elle ne peut ni ne doit non plus rester à l'écart dans la lutte pour la justice. Elle doit s'insérer en elle par la voie de l'argumentation rationnelle et elle doit réveiller les forces spirituelles."
La conclusion des évêques : "En vous adressant ce message en amont de l'ouverture de la campagne électorale, nous croyons répondre à l'attente de beaucoup. Prions pour que le désir du bien de tous domine dans nos choix et dans ceux de nos concitoyens."
Publié par Père Gaignet à 07:53

vendredi 7 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.244 : L'univers a un avenir !

La découverte, en 1998, de l'accélération de l'expansion de l'univers vient donc d'être primée par le Nobel de physique 2011. Plusieurs équipes, en effet, ont repéré, grâce à leurs télescopes géants, des événements cosmiques très lumineux, imprévisibles, tout à fait étonnants ; et cela, grâce à l'observation d'une cinquantaine d'étoiles en explosion, des supernovae. L'analyse de leur lumière permettant de connaître les distances dans le cosmos, les astrophysiciens se sont aperçus que ces "chandelles", au lieu de retomber sur elles-mêmes sous l'effet de leur propre masse, au contraire s'éloignaient de plus en plus ; tout semblant se passer comme si une force inconnue s'opposait à cet effondrement gravitationnel, tout en propulsant l'univers vers un au-delà inconnu.
Déjà Hubble, en 1929, avait observé que les galaxies s'éloignaient les unes des autres ; en 1998, les lauréats du prix Nobel 2011 ont montré, quant à eux, que cette expansion s'accélérait, la cause en restant jusqu'ici inconnue. La leçon de tout cela, c'est que notre univers n'est pas statique, ni tourné vers un repli sur lui-même, mais en expansion. Autrement dit, l'univers a une histoire, et un avenir. Mais d'où sort-il ? Du vide ? Cela n'est pas très satisfaisant comme réponse, et plutôt irraisonnable comme explication ! Et où va-t-il ? Les "chandelles" observées, telles des phares dans l'immensité du ciel, nous révèlent donc la probable existence d'un nouveau monde mystérieux, de forces inconnues de nous actuellement, ce qui nous invite à ouvrir largement notre regard en direction de l'infini.
Arrivé à ce stade de réflexion, j'ai pensé utile d'ouvrir mon vieux Lagarde et Michard, souvenir émouvant de mes études secondaires, présentant le texte du philosophe Pascal sur "Les deux infinis", auquel je vous renvoie, et dont je ne peux citer ici qu'un bref extrait :
"Car enfin, qu'est-ce que l'homme dans la nature ? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout. Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes, la fin des choses et leur principe sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable, également incapable de voir le néant d'où il est tiré, et l'infini où il est englouti."
Mais vous allez me dire : "Et Dieu là-dedans ? Ne pouvait-il profiter de cela pour se révéler de façon plus claire encore ?" Réponse de Pascal : "Dieu étant ainsi caché, toute religion qui ne dit pas que Dieu est caché n'est pas véritable (...) Il a donné des marques de soi assez visibles à ceux qui le cherchent, et non à ceux qui ne le cherchent pas. Il y a assez de lumière pour ceux qui ne désirent que de voir, et assez d'obscurité pour ceux qui ont une disposition contraire."
En tout cas, de tels faits nous confirment que l'univers est en marche et qu'il a un avenir ! Puisse cette bonne nouvelle éclairer notre cheminement d'aujourd'hui !
Publié par Père Gaignet à 07:48

jeudi 6 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.243 : Maladie génétique


Sur mon bureau, depuis hier matin, cette carte que je viens de recevoir m'obsède ! Au recto, la photo d'une très belle petite fille, dont les parents m'annoncent la naissance. J'ai accompagné et présidé leur mariage il y a une douzaine d'années, et voici que, avec cet enfant, leurs prières et leurs efforts sont enfin exaucés ! Mais au verso de cette photo, en même temps, quelle souffrance : "nous devons faire face à une épreuve affreuse, la probable maladie génétique de notre fille ; une affection neuromusculaire grave, pour laquelle elle a déjà subi de nombreuses analyses. Nous attendons le diagnostic final et espérons... Nous vous tiendrons au courant."
Nos deux amis sont tombés de haut ! Heureusement, je pense, ils sont solides ! Mais jusqu'où peut-on être solide face à une telle épreuve ? Et comment ne pas douter ? Je crois qu'ils vont avoir besoin de forts soutiens ! Parents, proches, connaissances, amis, professionnels de la santé : la présence, l'amitié, l'appui, la compétence de chacun ne seront pas de trop en l'occurrence ! Même si, au premier abord, l'on peut se sentir impuissant...
C'est presque chaque jour ainsi que, vous comme moi, nous sommes les témoins, les confidents de tels drames. Chaque famille, chaque groupe, chaque communauté se heurte en permanence à de telles douleurs, et la souffrance est sans doute ici-bas la réalité la mieux partagée ! Quoi dire ? Quoi faire ? Sans doute ne pas abuser des paroles, mais manifester que l'on est là, que l'on entend, que l'on communie, que l'on n'oublie pas. Non plus les discours, mais la présence, l'amour, tout simplement.
Et, si l'on est croyant, la prière également. Vous me direz : "mais, on a prié, et Dieu n'a pas guéri notre enfant..." Dur, dur ! Dieu n'avait-il pas promis de répondre à nos appels, si l'on en croit l'évangile de ce jour, dont je vous cite cet extrait : "Eh bien, moi, je vous dis : "Demandez et vous obtiendrez ; celui qui demande reçoit. " Mais Jésus ajoute aussitôt : "Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ?" (Luc 11/9-13)
Ce qui signifie que ce que Dieu donne, ce n'est pas forcément une guérison ou la disparition de notre problème en tant que tel, mais la force, le courage de l'aborder et de le vivre en tenant debout, grâce à son Esprit. Méditons ce mot très éclairant de saint Augustin : "Nous ne prions pas Dieu pour l'instruire, mais pour nous construire", c'est-à-dire, pour nous mettre dans les conditions de vivre ce que nous avons à vivre, courageusement, jusqu'au bout, dans la confiance et l'espérance.
Publié par Père Gaignet à 07:26

mercredi 5 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.242 : "Face au pire des mondes"

Connaissez-vous Michel Beaud, ce professeur agrégé de sciences économiques vivant à l'Orbrie et dont "Ouest-France" a tracé le portrait dans son édition pour le Sud Vendée datée du lundi 3 octobre ? Il a travaillé pendant toute sa carrière sur l'histoire, les politiques et les systèmes économiques ainsi que sur les relations économiques et sociales, et il vient de publier son vingtième ouvrage intitulé "Face au pire des mondes", au Seuil : "Nous allons droit vers un monde que l'on ne maîtrise plus, où l'on dégrade nos ressources et les équilibres de la planète (...) Les conséquences pour les humains commencent déjà à surgir (...)" Je vous renvoie à cette interview, et surtout à son livre si vous désirez en savoir davantage. Mais, pour ma part, je voudrais souligner combien ce cri d'alarme s'adresse bien à chacun de nous.
Personnellement, j'aurais envie de dire : "Homme, où vas-tu ? Que fais-tu de cette terre, de cette humanité, de cette vie qui t'a été confiée ?" On recherche sans cesse plus de confort, pourquoi ? On va se promener le dimanche dans certains magasins ouverts, pourquoi ? On ne prend plus le temps d'admirer un clair de lune, pourquoi ? On laisse expulser sans réagir une famille Tchétchène écrasée par le malheur, pourquoi ? On s'amuse longuement avec une console de jeux, pourquoi ? On demande le baptême pour son enfant, pourquoi ? On ne sait plus construire des cathédrales, pourquoi ? On perd son temps chaque soir à regarder des futilités à la télé, pourquoi ? On va à la messe le dimanche, pourquoi ? On a beaucoup de peine à s'entendre avec son voisin, avec son prochain, avec son lointain, pourquoi ? On ne prie pas en famille, pourquoi ? On n'a plus le goût du silence ni des choses de l'esprit, pourquoi ?
Le meilleur des mondes ou le pire des mondes : finalement, et si cela dépendait aussi de moi ? Puisqu'aujourd'hui, c'est la sainte Fleur, je vous laisse sur ce mot de Montaigne : "Si la vie n'est qu'un passage, sur ce passage au moins, semons des fleurs !"
Publié par Père Gaignet à 07:41

mardi 4 octobre 2011

A propos des Tchétchènes expulsés

COMMUNIQUE DE PRESSE

L’ampleur des réactions suscitées par l’expulsion d’une famille Tchétchène en dit long sur le choc
vécu par les militants des associations habituellement proches des migrants dont nous faisons partie.
Connaissant le réseau de relations tissées autour de cette famille, les solidarités vécues, nous savons
les blessures occasionnées par cette séparation brutale et indigne.

« … J’étais un étranger, vous m’avez accueilli » (Evangile de Matthieu)
Cette parole de Jésus-Christ nous guide dans notre compagnonnage avec les migrants, témoins de
leur souffrance mais aussi de leur immense courage, n’ont-ils pas droit au bonheur, à une vie digne
de ce nom ? Que fais-tu de ton frère, proche ou lointain ?

Nous avons la conviction d’appartenir à une seule Famille Humaine, riche de ses diversités.
Soucieux ensemble du respect des droits de l’Homme avec les associations engagées dans le service
des migrants, nous faisons l’expérience d’une réelle fraternité dans le respect de nos opinions, de
nos religions, de nos engagements, de nos différences.
Continuons ensemble à construire un monde solidaire et fraternel.

Le jeudi 29 septembre 2011
La Pastorale des migrants
Le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) – Terre Solidaire
La Mission ouvrière (Action Catholique Ouvrière, Jeunesse Ouvrière Chrétienne,…)
Publié par Père Gaignet à 16:56

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.241 : Versets sataniques, ou cris vers Dieu ?

"Dieu, si tu voulais massacrer l'infidèle !
Seigneur, comment ne pas haïr ceux qui te haïssent ?
Comment ne pas vomir ceux qui te combattent ?
Je les hais d'une haine parfaite."

"Fille de Babylone, promise au ravage,
heureux qui te traitera comme tu nous as traités !
Heureux qui saisira tes nourrissons
pour leur casser la tête sur le roc !"

"Le Seigneur est à ta droite,
il a écrasé des rois au jour de sa colère,
il juge les nations, les cadavres s'entassent ;
partout sur la terre, il a écrasé des têtes."

"A qui le hait, Dieu fracasse la tête ;
à qui vit dans le crime, il défonce le crâne."

Qu'est-ce que c'est que cette façon de parler de Dieu, d'inciter les croyants à la vengeance ? Cela sort sûrement du Coran ? A moins que ce ne soit une fâtiha de feu Ben Laden, condamnant les ennemis de Dieu au feu de la Géhenne pour l'éternité ?
Mais non, vous n'y êtes pas. Ces quelques versets, parmi d'autres d'ailleurs, d'apparence satanique, sont extraits de la Bible : la première citation est tirée du psaume 139, la deuxième du psaume 137, la troisième du psaume 110 et la dernière, je viens de la lire à l'instant dans le bréviaire, à l'office des lectures de ce matin, au psaume 67.
Si je vous ai cité ces textes, c'est suite à une conversation récente dans laquelle mes interlocuteurs m'assuraient que des passages du Coran incitaient les musulmans à la haine et au meurtre, tandis que les textes bibliques étaient plus pacifiques et bien différents. Mais pourquoi cacher tout cela ? De quoi aurions-nous peur ?
En fait, ainsi que le souligne le P. Gasser dans un excellent article de "La Croix" en date du 24 septembre dernier, "la violence de l'homme apparaît ici dans sa réalité la plus crue, qui met Dieu au pied du mur de sa propre création. Une première lecture de ces psaumes de malédiction nous pousserait à constater le naufrage de la parole divine. Pourtant, ce sont là des cris bien réels d'hommes révoltés. C'est à partir du cri que l'abcès est crevé et que coulent les larmes apaisantes."
Puis, si l'on lit ces psaumes jusqu'au bout, l'on s'aperçoit que, sous l'influence apaisante de Dieu, "peu à peu, la parole se mue en prière, et la prière s'élance en chant." Ces psaumes "soupirent après le Dieu de justice qui fait en sorte qu'il n'y aura plus de cri, ou qui garantit qu'il sera répondu au cri s'il se fait entendre."
Chrétiens, nous ne sommes pas meilleurs que les musulmans, ni dans nos textes saints, ni dans nos vies personnelles ; mais chacun de nous se doit de passer du cri d'imprécation à la prière, de se laisser convertir au vrai Dieu, le Dieu d'amour.
Publié par Père Gaignet à 07:27

lundi 3 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.240 : Soir d'automne flamboyant

Hier dimanche, messe des familles à Saint Jean, puis, cérémonie d'ordination diaconale à Luçon de Jean-Marie Parrat, sans parler du reste. En début de soirée, harassé, je suis allé faire une petite marche pour respirer. Bien m'en a pris : c'était un véritable soir d'été ! Le soleil venait de se coucher, c'était la tombée du soir ; un de ces moments où le ciel hésite entre le bleu et le vert, tandis que deux ou trois couples d'amoureux flânent enlacés, comme s'ils pouvaient arrêter le temps. Empruntant le chemin du halage, je suis un moment le parcours de la rivière Vendée, déjà entrée dans le repos de la nuit. Les voitures se font plus rares. Planté dans le ciel, le clocher de l'église Notre-Dame, visible de toute part, superbement éclairé, semble veiller, inlassablement, sur le Pays de Fontenay et ses habitants. Bientôt également apparaît, avec les premières étoiles, la lune bienveillante, en son premier quartier. Me revient à l'esprit ce poème d'Arthur Rimbaud, que l'on nous avait fait apprendre par coeur jadis : "Les beaux soirs d'été" ; en voici un bref extrait :
"Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers (...)
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds (...)
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien...
Mais un amour immense entrera dans mon âme,
Et j'irai bien loin, bien loin..."
En d'autres termes, la magie d'un beau crépuscule d'été, ou d'un soir d'automne flamboyant, peut aussi, à condition que l'on ne reste pas assis devant la télé, nous inviter à rendre grâce à Dieu pour les merveilles de sa création et les beautés de l'humanité ; tout en laissant pénétrer peu à peu en nous, dans l'espérance du soir et pour reprendre les mots mêmes de Rimbaud, "un amour immense" ; pourquoi pas celui du Dieu vivant ?
Publié par Père Gaignet à 07:37

dimanche 2 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.239 : Un autre monde est possible

Tel était l'axe de la rencontre de redémarrage d'année de l'ACO (Action Catholique Ouvrière), pour le secteur Sud Vendée, hier après-midi et en soirée. Avec un double regard, sur ce qui est lourd à vivre, et sur les raisons d'espérer.
Les difficultés sont multiples, en effet ! Je cite quelques-unes de celles qui ont été partagées, sans ordre particulier : suppressions de postes dans les écoles, le stress au travail, ces enfants qui, parce qu'ils sont noirs, ne sont pas bien acceptés par les autres à l'école, la suppression des Rased (réseaux d'aide et de soutien aux élèves en difficulté), le chômage, l'isolement, tout ce qui pousse à la dépense et à la consommation, le traitement fait à cette famille Tchétchène expulsée de La Roche-sur-Yon vers la Pologne, quels droits pour les intérim ? Des personnes ne se soignent pas faute d'argent (dents, lunettes, oreilles...). Et nous avons aussi plus qu'évoqué les multiples problèmes qui marquent de nombreux peuples dans d'autres pays ou sur d'autres continents.
Face à tout cela, est-il encore possible d'espérer ? Heureusement, là encore, de nombreux faits sont venus montrer qu'un autre monde est possible : tous ces bénévoles qui donnent de leur temps pour les autres dans les associations, les personnes en situation précaire qui sont soutenues et accompagnées, et qui peuvent se tourner vers l'épicerie solidaire du Secours Catholique ou le restau du coeur, la grande soif d'écoute et de dialogue que l'on perçoit, ces gens en difficulté qui ne baissent pas les bras, toutes les solidarités de proximité... Plus largement, nous avons parlé aussi des espérances du printemps arabe, même si tout ne pourra pas être parfait immédiatement, et des initiatives telles que les micro-crédits, qui redonnent des possibilités et des moyens d'avancer aux familles et aux peuples démunis.
Finalement, peut-on avoir quand même un regard d'espérance sur notre humanité, malgré les innombrables échecs et difficultés ? Déjà, réagir, c'est espérer ! Et, à partir de l'évangile de ce dimanche, nous avons longuement partagé à propos de l'attitude de Jésus, qui a donné sa vie pour que l'humanité puisse se construire et exister dans la fraternité. Grâce à lui, "la pierre d'angle" (Matthieu 21/33-43), le mal et la mort ne pourront avoir le dernier mot, nous le savons ! Par sa parole et son exemple, il nous a ouvert la route et montré le chemin. A nous à présent de voir, courageusement, comment poursuivre ce chemin !
Publié par Père Gaignet à 07:45

samedi 1 octobre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.238 : Dire "Oui" à la Vie

Et c'est reparti pour un tour ! Je ne sais pas encore si les billets qui vont se succéder, durant l'année à venir, feront l'objet d'un cinquième tome de "Ma paroisse.com" ; cependant, le nombre de lecteurs se maintenant, il me semble judicieux de continuer à semer ainsi, chaque matin, quelques graines d'espérance sur l'immense toile du Net.
En toute confiance, avec vous, je voudrais avant tout redire "oui" à la vie, oui à l'avenir, oui à l'appel permanent de Dieu et des autres. J'essaye de rejoindre ainsi ce que Nietzsche, même si c'était dans un autre contexte, appelait "le Oui Sacré". La vie ne se passe-t-elle pas à recommencer ? N'avons-nous pas sans cesse au fond du coeur ce désir de repartir en avant, de poursuivre notre route sur des chemins nouveaux ? Jules Renard, l'auteur du célèbre "Poil de carotte", déclarait : "Si je devais recommencer ma vie, je n'y voudrais rien changer ; seulement, j'ouvrirais un peu plus grand les yeux." Eh bien, voilà exactement, je crois , l'esprit dans lequel nous devons nous situer : il ne s'agit pas de fuir, de vouloir tout changer et quitter l'existence qui est la nôtre, mais de la poursuivre autrement !
Dans ce monde qui est le nôtre, si décevant, cependant, j'aime le visage de l'ami qui revient, j'aime l'étoile qui reparaît, j'aime cette main qui caresse un visage fatigué, j'aime la parole paisible et fraternelle, j'aime cette flèche immense qui tourne mon regard vers le ciel, j'aime la rumeur du monde chère au coeur de Dieu.
Gilbert Bécaud disait : "A chaque enfant qui naît, le monde recommence." En cette fête de la petite Thérèse de Lisieux, la liturgie nous propose justement la scène d'Evangile dans laquelle Jésus déclare : "Si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux." (Matthieu 18/3) Recommencer avec une citation biblique de cette qualité, cela vous cale bien la journée et vous rappelle dans quel esprit l'on doit dire "oui" à la vie, éternellement, à la manière d'un petit enfant !
Publié par Père Gaignet à 08:01