Bienvenue !

Vous avez des choses à dire...
Vous vous posez des questions, pour donner un sens à votre vie...
Vous cherchez un espace d'échange convivial pour exprimer ce que vous ressentez...
Vous attendez des réponses à vos questions...


...Alors, en réponse à vos attentes, la paroisse Montfort sur Sèvre en Vendée ouvre ce blog et vous propose de vous exprimer librement.
Ici, tout pourra être dit dans les limites de la courtoisie et du respect mutuel.

Merci d'avance de votre participation.


Depuis novembre 2007, le Père Olivier Gaignet partage sur son blog ses réflexions sur Dieu et sur l’Eglise. bien sûr,
mais aussi sur la marche du monde. Il nous invite à réfléchir à des thèmes aussi essentiels que : notre société, les autres religions,
la télé, la politique, l’art, sans oublier ses propres paroissiens.
Les billets des cinq premières années (de novembre 2007 à septembre 2012 )ne figurent plus sur ce blog. Pour les consulter, se référer aux cinq volumes intitulés: "Ma paroisse.com", que vous pouvez vous procurer en envoyant un mail à : olivier.gaignet@yahoo.fr

samedi 31 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.323 : Pour cette année 2011, merci Seigneur !

Demain matin, à la cuisine du presbytère, je vais décrocher le calendrier 2011 qui achève de jaunir sur le mur. Après un an de bons et loyaux services, il va rejoindre à présent la déchetterie, tandis qu'avec le papier recyclé, l'on pourra peut-être confectionner un autre calendrier, pour une autre année toute neuve, l'an prochain... Ainsi va la vie...
Mais ce n'est pas sans nostalgie qu'en le feuilletant une dernière fois, l'on se remémore, au fil des mois, les vestiges d'une année 2011 trop vite écoulée ; avec son lot de joies et de deuils, avec ses journées trop remplies, ou mal remplies trop souvent, avec ses temps de bonheur pur et ses journées sombres, sans parler des rendez-vous chez le dentiste ou à de multiples réunions.
365 jours avec leurs joies et leurs larmes, pendant lesquels se sont entremêlés bonheurs et coups de blues. Douze mois que l'on a essayé de vivre au mieux, ou au moindre mal. Des milliers d'heures où il y a eu de bonnes ou de mauvaises nouvelles : annonce d'un mariage, perspective d'une naissance, choc brutal d'une maladie ou d'une perte d'emploi, douleur infinie de voir un proche partir trop jeune...
La vie qui passe comme un vif éclat de lumière, comme une blessure douloureuse aussi, trop souvent : blessures de la solitude, de l'incompréhension, de la division au sein de la famille ou de l'Eglise.
Et pourtant, au milieu de cet océan de secondes, des minutes uniques aussi ; des moments d'éternité, seul, avec les autres, avec Dieu. Le souvenir de telle personne qui nous a écoutés, de telle équipe qui nous a soutenus, de telle fête ou rassemblement qui nous ont enthousiasmés ; sans parler de la joie d'être encore en vie, la joie d'avoir pu continuer à vivre, tant bien que mal, au-delà de nos fragilités, guidés dans l'obscurité, comme les Mages, par l'étoile de Noël !
Question : et si le poids des jours écoulés, trop lourd, donnait, paradoxalement, poids, densité, richesse et fécondité aux jours à venir ? Et si, selon une expression de la philosophe Simone Weil, la pesanteur ouvrait, par son poids même, les portes de la grâce ? Et si, comme elle le suggère, notre péché nous faisait tomber "vers le haut" ?
Et si nos heures, passées et à venir, heureuses ou moins heureuses, étaient toujours habitées, accompagnées, secrètement tenues par la main du Père des cieux qui, pas à pas, nous guide sur le sinueux chemin de notre vie quotidienne, vers l'Espérance indicible ?
Laissons-nous conduire, comme les Mages par celui qui, seul, connaît le chemin. Car l'Eternel habite le futur. Remercions-le infiniment pour l'année qui vient de s'écouler, et, quant à l'avenir, remettons-nous entre ses mains !

mardi 27 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.322 : Merci pour ces belles fêtes !

Je ne compte pas le nombre de réactions en direct au sortir des messes, de coups de fil, de mails de remerciements suite aux messes de Noël ! Juste deux ou trois à titre d'illustration :
- "Merci de tout ce que vous nous avez donné à notre méditation à l'occasion de cette fête de Noël (homélies, billets du blog, etc.).
- "Nous vous remercions de la jolie messe de minuit. Nous avons apprécié le moment de partage avec les enfants. Collyne et sa cousine Manon ont aimé participer à la procession de la lumière."
- "J'ai bien aimé votre messe du jour de Noël demandant de prier pour ceux qui n'étaient pas venus, comme les miens."
Cependant, tout en remerciant tous ceux qui nous ont exprimé leur bonheur, là où je veux en venir, c'est pour préciser que le merci doit s'adresser d'abord et avant tout à l'Enfant de Bethléem ! Comment se fait-il que nous nous soyons sentis meilleurs, plus grands, plus frères, plus proches de Dieu et de son Salut en ces jours bénis ? Mais, tout simplement, parce que le Sauveur est "la vraie lumière qui, en venant en ce monde, illumine tout homme." (Jean 1/9)
Un immense merci également à tous ceux et celles qui, dans l'ombre souvent, ont préparé ces cérémonies et ont permis leur bon déroulement, et ils sont nombreux : chorales, organistes, instrumentistes, animateurs, fleuristes, sacristains, lecteurs, équipes liturgiques, personnes qui ont pris en main l'entretien, le balayage, ont distribué les cartes de Noël, ont tapé et tiré les feuilles liturgiques, organisé la quête, les processions de communion, ont encadré les enfants, assuré la matinée de chants-évangélisation sur les escaliers de la place Viète le 24 décembre, mais aussi, ceux qui ont aménagé, décoré les églises et, en particulier, y ont installé des superbes crèches... La liste serait longue ! Ce sont toutes ces personnes qui méritent notre merci ! Sans ces fantassins de l'ombre, qu'auraient pu faire les prêtres ?
L'on comprend mieux alors l'immense déception de cette petite fille, Marie (prénom d'emprunt), disant, en larmes, à sa grand-mère : "Mamie, j'aimerais bien aller à la messe, mais, cette année, je ne pourrai pas, car papa a dit que je resterais avec lui pour faire les toasts." Eh oui ! C'est comme cela que l'on peut rendre Noël douloureux pour ses propres enfants ! Mais ne désespérons pas, car ce papa lui aussi, Dieu le rejoint, au plus profond de son être ; même si c'est encore, pour le moment, de façon obscure et cachée !
Pour clore ce billet, je vous transmets le contenu d'un petit papier déposé aux pieds de l'Enfant-Jésus, dans la crèche, en l'église Notre-Dame : "Jésus je t'aime de toutes mes forces. Je ne t'oublierai jamais. Merci ! Je t'envoie plein de bisous." C'est signé : Léa.
Léa nous donne l'exemple : c'est bien à Jésus qu'il faut dire merci, pour tout et toujours !

P-S : Attention, pas de billets sur ce blog avant vendredi ou samedi. Je pars à Narbonne pour accompagner, à la basilique St Paul, le passage d'une cousine qui m'est très chère, Anne-Marie, dans la Vie qui ne finit pas. Voir les avis d'obsèques de ce jour dans "Ouest-France". Ca remplacera le repos de Noël. Merci de votre prière à son intention.

lundi 26 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.321 : Avez-vous peur de Dieu ?

Lors de l'une des messes que j'ai célébrées la nuit de Noël, dans une église saint Jean archibondée, au cours de l'homélie dialoguée avec les enfants, je leur ai demandé s'ils avaient peur du "petit Jésus". Tous, horrifiés, m'ont répondu d'un seul coeur : "Ah non !" Je leur ai demandé alors comment cela se faisait que beaucoup de grandes personnes, elles, avaient peur de Dieu ; ils ont semblé surpris, et l'un d'eux, se faisant en quelque sorte le porte-parole de l'ensemble, a fait entendre un sonore "Ahhh ?" Stupéfait !
Et pourtant - ne nous cachons pas derrière notre petit doigt - c'est vrai que nombre de chrétiens éprouvent un sentiment de crainte, souvent mêlé de culpabilité, vis-à-vis de Dieu, et cela, pour toute sorte de raisons : parce qu'on n'a pas été à la messe dimanche dernier, parce qu'on est divorcé-remarié, parce qu'on a refusé de payer le denier de l'Eglise ou la collecte paroissiale, parce qu'on n'a pas essayé de partager la joie de Noël avec des plus démunis, que sais-je encore...
Autrefois, l'on disait que la crainte de Dieu était le commencement de la sagesse ; ce n'était pas faux ! Mais l'on mettait trop l'accent sur une image d'un dieu "Père Fouettard", alors qu'il s'agissait seulement d'inciter chacun à aller au bout de ses possibilités. Aujourd'hui, comme plus rien ne nous oblige à aimer Dieu, à servir l'Eglise et à nous soucier de nos frères, on se permet d'agir à notre guise, en se disant inconsciemment : tant pis pour Dieu, pour l'Eglise et pour les autres !
Mais de quoi faut-il avoir peur en fait ? Tout simplement, de ne pas être un homme au sens plein du mot ; de ne pas être un baptisé fidèle à l'Evangile ; de ne pas être un frère pour nos semblables. Si Marie avait refusé de répondre "oui" à l'appel de Dieu, celui-ci ne lui en aurait pas voulu ; mais Marie n'aurait pas réalisé aussi pleinement son rôle de femme et sa mission de "servante du Seigneur". Si Joseph l'avait répudiée, il n'aurait pas vu plus loin que le bout de son nez, attaché seulement à sa petite réputation. Si les bergers n'étaient pas venus à la crèche vénérer Jésus, oh, ils auraient pu continuer tranquillement leur vie de pasteurs, et Dieu ne leur en aurait pas voulu ; mais ils se seraient privés d'une rencontre inouïe. Si les mages ne s'étaient pas déplacés, avec leurs jambes et dans leur tête, pour venir eux aussi rencontrer la source de la vie, et lui offrir le don de leur "collecte paroissiale", personne n'en aurait rien su ; ils auraient poursuivi paisiblement leur existence, très sagement, mais ils auraient raté l'essentiel !
Ainsi, chaque fois que l'on se trouve face à un choix, c'est en tant qu'adultes qu'il nous faut apprendre à réagir, à nous situer, à nous positionner, à nous bouger. Si nous restons assis, pensifs et en retrait, Dieu ne nous en voudra pas. Nous n'avons donc pas à avoir peur de lui, sinon, de le décevoir, profondément parfois, malheureusement !
"Venez fils, écoutez-moi,
je vous enseignerai la crainte du Seigneur.
Es-tu l'homme qui veut vivre
et connaître des jours heureux ?
Abstiens-toi du mal et fais le bien,
recherche la paix, poursuis-la." (psaume 34/12-15)
Puisse l'Enfant de Noël nous apprendre à ne pas avoir peur du Dieu-Amour, mais de nos propres pauvretés seulement !

dimanche 25 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.320 : "Il est où, Jésus ?"

Courant décembre, à la maison, Louis et Alice participaient à la mise en place de la crèche, avec leurs parents. Ils s'affairaient à déposer les santons dans la crèche, mais n'avaient pas sorti ni placé l'Enfant-Jésus, évidemment, le moment n'étant pas encore venu. Cependant, quand tout a semblé terminé, Louis (6 ans) s'est inquiété : "Mais, où est Jésus ?" Sa soeur, Alice, un peu plus âgée, lui a répondu alors, d'un ton convaincu : "Jésus, il est dans le coeur de tous ceux qui aiment les autres. C'est ma catéchiste qui me l'a dit."
Et dire que, parfois, l'on se demande si ce que l'on dit est entendu ! Cette catéchiste, par exemple, n'aura peut-être jamais connaissance de ce que son témoignage a pu produire... De la même façon, combien de parents ne découvriront pas immédiatement le fruit de ce qu'ils auront essayé de semer dans le coeur de leurs enfants ? Croyez-vous que Jésus a mesuré sur le champ les fruits de sa venue à Bethléem ?
Avec cette fête de Noël, nous, chrétiens pratiquants, arrêtons enfin de nous considérer comme minoritaires, opprimés, méprisés, désavoués par la société, en fin de course ou clairsemés ! A la lumière de l'Enfant-Jésus en effet, ne sommes-nous pas majoritaires, au coude à coude avec tous nos frères et soeurs de la terre, puisque Jésus est venu pour tous ?
En tout cas, l'évangile de ce jour de Noël est assez clair là-dessus : "Le Verbe était la vraie lumière qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme." (Jean 1/9) Tout homme quelle que soit son origine, sa religion, sa philosophie, sa condition, reçoit donc du Christ, en naissant comme tout au long de son existence, la lumière dont il a besoin pour vivre en homme ; et cela, même s'il n'entend jamais parler de l'Evangile. Chrétiens et non croyants n'ont donc pas à s'opposer, ni à croire que les uns sont plus nombreux ou plus ceci ou cela que les autres : ils sont d'abord des frères. Et des frères qui s'aiment et se respectent, au-delà ou à travers leurs différences, s'ils sont tous unis, sont automatiquement majoritaires, forcément.
Pour en revenir à la question de Louis : "Où est Jésus ?" Justement, il est dans le coeur, dans l'esprit, dans la vie de tout homme ; et surtout, comme l'explique Alice, "dans le coeur de tous ceux qui aiment les autres." Alors, arrêtons de classer les autres comme croyants ou non croyants, pratiquants ou non ; les autres sont avant tout des fils et des filles de Dieu, que Jésus, à Noël est venu aussi illuminer de sa lumière et faire entrer dans son Salut.
"Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes que Dieu aime !" (Luc 2/14) Et non aux seuls chrétiens, Dieu merci !
Joyeux Noël à toutes et tous, cette perspective d'amour universel de Jésus ! Et, dans nos réunions de familles de fin d'année, regardons donc d'un autre oeil ceux qui ne sont pas venus aux messes de Noël, ceux qui adhèrent à une autre religion, comme ceux que nous avons de la peine à encaisser : où est Jésus ? Il est aussi en eux !

samedi 24 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.319 : A Noël, pleurer ou se réjouir ?

Chaque année, lorsqu'arrive Noël, il y a débat entre ceux qui pensent que cette fête de Noël, c'est un moment de grâce, et qu'il ne faut pas gâcher son bonheur, tout en respectant certaines limites bien entendu, et d'autre part, ceux qui disent qu'il n'est pas normal de se réjouir ainsi, alors que tant de gens sont malheureux, à travers le monde et aussi tout près de nous. Alors, que faut-il faire ? Supprimer les guirlandes dans les rues ? Comme il y a des gens qui souffrent, ne pas acheter de chocolat ? Mettre les pères noël au rancart ? Chanter à l'église des chants pas trop joyeux ? Prendre une mine d'enterrement ? Car Jésus, lui, serait né sur la paille, tout seul, rejeté de tous...
Face à ce dilemne, j'aime bien la leçon que nous donne Fabrice Hadjadj, Grand Prix catholique de littérature, d'origine juive, converti au christianisme : "Rabbi Mendel et Rabbi Bounam se disputaient sur la question de la joie. Rabbi Mendel disait : "Nous n'avons pas le droit de nous réjouir tant qu'un seul enfant souffre. Ces temps sont ceux de la destruction du temple. Notre voix ne sonne juste que dans la lamentation." A quoi répliquait Rabbi Bounam : "Nous avons au contraire le devoir d'être dans la joie, ou nous serions complices de ceux qui veulent tuer jusqu'à l'esprit d'enfance. Ces temps sont ceux de l'espérance du Temple céleste. Notre voix ne sonne juste que dans la justice, et la première justice est de rendre grâce pour les moindres dons de l'Eternel."
Au fond, nous risquons toujours d'être encore victimes de la tyrannie du mal, qui nous interdirait de goûter tout sentiment de paix et d'espérance : les humains devraient vivre sans cesse dans l'angoisse du malheur et de la mort. Mais c'est justement de cela qu'est venu nous sauver Jésus ! Son arrivée parmi nous a ouvert une porte que nul désormais ne pourra plus refermer. Face à tous ceux qui croient qu'une fatalité du mal surplomberait l'humanité et la conduirait à sa perte, Jésus, lui, vient nous sauver de la terreur face à l'inexplicable. En venant parmi nous, il ne supprime pas, évidemment, tous nos malheurs d'un seul coup de baguette magique ; mais il introduit ses doigts dans les rayons de la roue de l'histoire, pour l'empêcher de rouler dans le mauvais sens. Et c'est à nous désormais de tout mettre en oeuvre pour empêcher le mal de gagner la partie.
Heureusement, cela, les Fontenaisiens l'ont bien compris, si j'en crois ce que relate "Ouest-France" en ce 24 décembre :
- ainsi que l'explique le président de l'association "Des Sardines à Saint Jean" : "Les gens étaient invités à apporter des cadeaux afin de les redistribuer aux enfants des parents adhérents au CCAS. Près d'une centaine de jouets a été distribuée, et le surplus donné au Restos du coeur."
- les maraudes ont repris tous les jeudis soirs, jusqu'à 22h et au-delà, pour apporter présence et chaleur humaine aux personnes de la rue, avec la Croix-Rouge, Emmaüs, en coopération avec les Restos du coeur et Gens de la rue.
- le Téléthon a récolté 6.315 euros, comme l'an passé, mais sur deux jours au lieu de trois.
- mercredi, directeur, animatrices et résidantes de la maison de retraite de l'Union Chrétienne ont offert des cadeaux au service pédiatrie du centre hospitalier, grâce à l'argent récolté lors de l'après-midi guinguette, organisée à l'Union Chrétienne avec des élèves de l'école de la Foi.
Merci à notre quotidien régional de se faire ainsi le porte-parole de nos raisons, humaines et chrétiennes, d'espérer !

vendredi 23 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.318 : J'ai rencontré le père noël

L'histoire s'est passée un 24 décembre au soir, tandis que je me dirigeais paisiblement vers l'église saint Jean afin d'y célébrer la messe de la naissance de Jésus. La rue des Loges était bien illuminée et, l'esprit en fête, je chantonnais dans mon coeur "Il est né le divin Enfant" quand, tout à coup, j'aperçus le père noël qui arrivait à ma rencontre.
- Bonsoir, père noël, lui dis-je, enjoué.
- Bonsoir Monsieur le Curé, me répondit-il ! Ca y est, la journée est finie, Noël arrive, je rentre chez moi.
- Comment ça ? Vous rentrez chez vous ? Mais voyons, c'est maintenant que la fête commence, avec Jésus qui naît au milieu de nous aujourd'hui...
- Je sais, je sais ! Mais pour moi, mon travail est fini. Ma mission, c'était de distribuer des cadeaux, des pingouins, des pokemons, des poupées, des nounours aux enfants et de les amuser, ainsi que leurs parents, de grands enfants eux aussi, avec ma grande barbe blanche, ma besace bien remplie et mon gros ventre. Mais à présent, il faut passer aux choses sérieuses ; et là, ce n'est plus de ma mission !
- Comment ça ? Qu'est-ce que vous voulez dire, père noël ? On vous sent un peu déprimé ?
- Non, non, pas du tout ! Mais chacun son rôle ! Moi, j'ai amusé la galerie... Quoique, en distribuant des cadeaux, j'ai quand même essayé de faire comprendre aux parents qu'il ne fallait pas donner n'importe quoi, n'importe comment, à leurs enfants. Mais je ne sais pas s'ils m'ont toujours bien écouté... En tout cas, à présent, je passe le relais à mon grand frère, Jésus, car, à côté de lui, je ne suis rien.
- Voyons, voyons, qu'est-ce que vous voulez dire, père noël ?
- Ouais, eh bien moi, ce que j'ai distribué, c'est des flonflons, des babioles, des trucs souvent inutiles ou, disons, pas de ce qu'il y a de plus essentiel. Tandis que Jésus, ce qu'il vient apporter comme cadeaux, c'est quand même plus important...
- Ah bon ? A quoi vous pensez ?
- Je crois que Jésus, si je me rappelle ce qu'il m'a dit la dernière fois que j'ai parlé avec lui - et je l'ai encore eu à l'instant, juste avant de vous rencontrer, au téléphone portable de mon coeur - ce qu'il apporte, lui, Jésus, ce sont des cadeaux que l'on ne trouve ni dans les boutiques, ni dans la hotte du père noël : par exemple, l'espérance, le bonheur dans les familles, la fraternité, le respect des plus petits, le soulagement pour les malades, la lumière dans la nuit... Tout cela, ça n'a pas de prix !
- Mais alors, père noël, maintenant, qu'est-ce que vous allez devenir ?
- Monsieur le Curé, ne vous inquiétez pas pour moi ! Je prends mon traîneau, que j'ai garé non loin d'ici, dans la rue du Paradis ; je file chez moi pour me changer et je reviens dans quelques instants à l'église saint Jean pour accueillir avec vous le cadeau des cadeaux : Jésus, celui qui vient nous sauver !

P-S : je précise qu'il s'agit ci-dessus d'un conte !

jeudi 22 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.317 : "Je vais essayer de faire une crèche cette année !"

Profonde tristesse de cette maman me racontant ses nombreux malheurs et les problèmes en tout genre qui l'accablent depuis toujours ! Comme on dit, il y a vraiment des gens qui semblent plus touchés que d'autres par l'adversité ! Pourquoi..., aurait-on envie de crier avec eux ? "Avec tout ce que je vis, cela fait des années que je n'ai plus assez de foi pour faire une crèche à la maison ! Pourtant, cette année, je crois que je vais essayer d'en faire une !" "Ah ! Vous vous sentez plus forte, à l'approche ce Noël 2011 ?" "Plus forte, peut-être pas ; mais je crois que je vais m'y mettre ! C'est dommage de se priver d'une crèche dans sa maison ! Je crois toujours que Dieu peut m'aider." "Vous avez raison ! Si vous installez une crèche dans votre cuisine ou votre salon, c'est comme si vous disiez à Dieu que vous le laissez entrer chez vous, pour qu'il vous apporte courage et paix." "Oui, c'est bien ce que je crois en effet !"
Autre fait : sortant du presbytère, après avoir traversé la place Viète, j'arrive, en milieu de matinée, en même temps qu'une maman et son fils de 8 à 10 ans en haut des escaliers d'où l'on a une vue superbe sur Fontenay. Apparemment, ces deux là ne sont pas d'ici. A la vue de la ville, le petit garçon s'écrie, d'un air déçu : "Mais maman, ce n'est pas décoré ! Et il n'y a pas de lumières..." Sa mère de lui répondre : "Mais si ! Regarde les guirlandes... On les allume le soir, quand il fait noir, et ça brille partout... Et, tu vas voir, les magasins sont très bien décorés. Quand on sera plus près, tu les verras mieux !" Ce petit garçon, comme il nous ressemble ! Nous aussi, nous pensons que le monde est gris terne et que, autour de nous, les gens et la réalité n'ont rien de guère intéressant à nous dire ou à nous présenter !
Jésus, lui aussi, était un enfant caché ; ou plutôt, un cadeau du Ciel que ses contemporains ne sont pas arrivés à discerner. Et il est toujours caché au milieu de nous aujourd'hui encore : dans ce voisin qui nous regarde et nous salue discrètement avec petit sourire ; dans cet enfant, joyeux ou malheureux, qui nous parle d'espérance ; dans ces bénévoles qui donnent leur temps, sans le chanter sur les toits, au service des plus pauvres, à l'occasion de Noël comme tout au long de l'année ; dans cette personne qui, au lieu de dire du mal des autres, s'évertue à les mettre en lumière et les valoriser...
C'est cela, construire une crèche chez soi et dans le monde, afin de permettre à Dieu de venir habiter chez nous et d'y trouver toute sa place, dans notre famille comme dans notre société : "Emmanuel", "Dieu avec nous", Dieu chez nous !
Cela dépend de chacun de nous !

mercredi 21 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.316 : "J'ai rencontré un prêtre heureux, à 77 ans !"

Il arrive parfois que l'on rencontre, sur le diocèse et pas seulement, des prêtres un peu tristes, désabusés, surtout à partir de soixante ans, et aussi parmi les retraités, à soixante-quinze ans et plus, face à certaines évolutions de l'Eglise qui peuvent poser problème ; principalement quand on a fait partie d'une génération qui s'est "crevé la patate" pour faire rayonner l'Evangile surtout là où il n'était pas reconnu.
Mais hier, j'ai eu la chance de recevoir une lettre-circulaire d'un de mes anciens curés, dont je vous livre quelques extraits qui vous montreront que tous les prêtres ne se laissent pas aller à l'amertume, la critique ou la déprime. En voici quelques passages.
"Peut-être sera-ce la dernière circulaire ? Oui, si la mort vient me prendre. Oui aussi si Alzheimer vient me visiter. Pour l'instant, je vis "comme à 77 ans", avec des oreilles qui entendent de plus en plus mal, des doigts qui ont de la peine à saisir, une mémoire qui n'enregistre plus, une souplesse et une vitalité qui baissent... et les petits ennuis quotidiens que tout le monde connait. Quand je vois que certains de mon âge sont déjà en maison de retraite, je considère comme une chance de résider encore sur une paroisse où je garde une ouverture sur le monde et sur la pastorale, en assurant quelques petits services (accueil au téléphone...)."
Puis, mon ami de citer plusieurs livres qui l'ont marqué cette année. "De ces lectures, je ne retiens pas toujours grand chose, mais parfois une petite phrase fait tilt, comme cette parole du Père Chevalier (fondateur des Missionnaires du Sacré-Coeur d'Issoudun) : "Tout être créé est un mot de Dieu". Formidable ! A partir de là, je comprends mieux tout le sens de ma vie. Par ma vie sur terre, j'ai à dire quelque chose de spécial de Dieu, un mot de Dieu que personne d'autre ne dira. Ma vie est donc importante ! Cela me permet aussi de bien me situer, car je ne suis qu'un mot de Dieu. Chacun(e) de ceux avec qui je vis ou que je rencontre est un autre mot de Dieu... Je dois donc accueillir la révélation qu'il m'apporte. Ca me maintient dans l'humilité et ça me fait célébrer la grandeur de Dieu. Cela me fait entrer un peu plus dans la voie de la petitesse et de la confiance ouverte par sainte Thérèse. Cette perspective m'apporte une grande paix et m'empêche de gémir de rester encore sur la terre à 77 ans. Si j'y reste, c'est que le "mot de Dieu" que je suis a encore quelque chose à dire. N'ayant plus d'avis à donner pour la pastorale, plus à entreprendre, j'ai simplement à être ce que je suis, ce "mot spécial de Dieu".
Ce prêtre évoque alors les grands événements qu'il a retenus de l'année écoulée, dans les pays arabes, au Japon, en Thaïlande, telle rencontre interreligieuse, etc. Et ceci pour conclure : "J'ai pu toucher du doigt l'action de l'Esprit-Saint", avec ce souhait final : "Le Seigneur vous transmettra tout ce que je n'arrive pas à vous transmettre..."
Non, tous les prêtres ne sont pas déçus ni déprimés ! Ceci, grâce à l'aide du Seigneur, mais aussi, malgré nos faiblesses, grâce à votre fraternel soutien. A vous toutes et tous, mais aussi au Christ qui vient, merci infiniment !


mardi 20 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.315 : Avez-vous une crèche de Noël à la maison ?

Ces temps derniers, l'on m'a posé plusieurs fois cette question : "Y aura-t-il une crèche à l'église Notre-Dame cette année, étant donné qu'il n'y a plus d'offices le dimanche dans cette église, vu l'absence de chauffage ?" Réponse : "Mais, Monsieur, il y a longtemps que la crèche a été installée à Notre-Dame, par une belle équipe de bénévoles ! Vous n'êtes pas allé l'admirer ? Avec les belles photos des dix églises de notre paroisse ?" Peu à peu, des crèches se mettent en place dans nos différentes églises ; hier, c'était le tour de l'église saint Jean. Je profite de ce billet pour adresser mon profond merci à toutes ces personnes qui ont mis leur temps et leur talent au service de cette action, si appréciée de tous ceux qui, grands et petits, viennent visiter les églises et admirer les crèches durant ces temps de vacances et de fêtes.
En même temps, je voudrais vous poser une question : avez-vous installé une crèche dans l'entrée ou le salon de votre maison ? C'est en effet un symbole fort pour signifier que votre chère famille n'est pas seulement tournée vers le gros père noël, si sympathique soit-il, mais qu'elle a bien le souci de faire habiter et exister, au coeur de la famille, Jésus vivant, lumière du monde et de nos existences. Alors, pourquoi ne pas en installer une, si ce n'est déjà fait, en y associant les enfants, tout en leur donnant le sens d'une telle mise en place.
Mais, au fait, quelles sont les origines de la crèche de Noël, et quel est son sens profond ? Voici quelques explications.

Origines de la crèche de Noël :
Dès le IIIe siècle, les chrétiens ont vénéré une crèche dans une grotte de Bethléem, supposée être le véritable lieu de naissance de Jésus. Au Moyen Age, des pièces de théâtre et tableaux vivants (ancêtres de nos crèches vivantes) étaient joués dans les églises pour représenter la naissance du Christ. La tradition de la crèche de Noël telle que nous la connaissons aurait été instaurée par saint François d'Assise au début du XIIIe siècle. En 1223, François d'Assise organisa une crèche vivante dans son église à Grecchio (d'où le nom de "crèche"), en Italie, avant de célébrer la messe de Noël. Les personnages (l'enfant Jésus couché dans une mangeoire, Joseph, la Vierge Marie, les mages, les bergers et les paysans) étaient joués par des habitants du village et les animaux étaient réels. Cette coutume s'est ensuite répandue dans toute l'Italie, avant de gagner une grande partie de l'Europe.

Histoire et évolutions :
Peu à peu, les crèches vivantes ont été remplacées par des crèches de figurines. Les premières crèches de figurines ont fait leur apparition au XVIe siècle. Ce sont les Jésuites qui ont introduit dans les églises les plus anciennes crèches connues. En France, l'interdiction de représenter en public des scènes religieuses, pendant la Révolution, a favorisé le développement des crèches dans les maisons. Les petites figurines étaient alors en verre filé de Nevers, en porcelaine, en cire, en bois sculpté ou même en mie de pain. A partir du XIXe siècle, la crèche provençale avec ses célèbres santons de Provence devient très populaire. Ces santons représentent non seulement les personnages de la Nativité, mais aussi tous les métiers de l'époque en costume local. De nos jours, la tradition des crèches s'est répandue dans le monde entier. Cette tradition veut que la crèche reste installée jusqu'au 2 février, fête de la Présentation de Jésus au Temple. L’on place une étoile au sommet de la crèche en référence à l’étoile qui a guidé les rois mages jusqu’à l’Enfant Jésus. L’on installe les rois mages dans la crèche le jour de l'Epiphanie, tandis que certains les approchent chaque jour un peu plus de la crèche.

Voilà ! Maintenant, vous savez d'où viennent les crèches de Noël, pourquoi il y en a dans les maisons, etc. A vous de jouer à présent !

lundi 19 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.314 : Spectacle de Noël à saint Jean

Hier après-midi, sortant du presbytère, j'ai admiré, place Viète, les belles décorations installées par la municipalité pour les fêtes ; ce n'était pas Noël, mais cela parlait de Noël. Poursuivant mon chemin, j'ai arpenté la rue de la République ; les vitrines des magasins étaient joliment décorées, avec des guirlandes et des petits sapins ; ce n'était pas Noël, mais cela pouvait y faire penser. Plus loin, un père noël nain essayait d'escalader une façade, tentant dangereusement d'atteindre une cheminée ; Noël, ce n'était pas le père noël, mais cela pouvait rappeler la bonté des parents offrant des cadeaux à leurs enfants, la bonté de Dieu offrant son fils en cadeau à l'humanité. Puis, je suis passé par la rue des Loges, si bien animée en ces jours ; c'était la convivialité et la fête, tandis que beaucoup de monde se pressait autour des magnifiques installations, jusqu'au pied même de l'église saint Jean ; ce n'était pas Noël, mais je me disais que tout cela avait quand même lieu à l'occasion de la fête de la venue de Jésus parmi nous, et que, finalement, celui-ci n'était pas si mal entouré !
Puis, j'ai poussé la porte de l'église saint Jean et, avant même l'heure du spectacle, j'ai trouvé une église pleine : avec toutes ces personnes, paroissiens réguliers, mais pas seulement, qui avaient fait la démarche de venir entendre et voir raconter une belle histoire de Noël, Jésus devait se sentir nettement moins seul qu'à Bethléem avant l'arrivée des bergers ! Des gens de tous les âges, avec de nombreux jeunes couples accompagnant leurs enfants, auxquels était réservée la première place, puisque c'est eux qui mimaient "La longue marche du berger", Manuel, (Emmanuel , "Dieu avec nous" !) vers l'Etoile, d'après un conte de Claude Michelet. Pendant plus d'une heure donc, nous nous sommes laissés guider, tranquillement, par ces enfants, à travers une histoire de Noël d'aujourd'hui, vers la lumière de Jésus.
Le tout accompagné, entrecoupé, par de merveilleux chants de Noël interprétés par les chorales saint Hilaire, Tempo Voce, et aussi celle des parents de l'école saint Vincent-Sacré-Coeur et Joyeux Automne ; sans oublier les merveilleux instrumentistes, dont plusieurs enfants, un lycéen, Jacques, assurant à merveille le rôle de narrateur, tandis que défilaient sur le grand écran les belles images du diaporama préparé par soeur Emmanuelle.
Beaucoup de préparation derrière tout cela ! Un très grand merci à la commission culturelle de l'Association des amis du patrimoine religieux de la paroisse de nous avoir proposé un tel moment. Surtout que, avec l'animation qui régnait autour de l'église, si nous, nous n'avions rien proposé, il y aurait eu de quoi se poser des questions.

dimanche 18 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.313 : Silence, sur la place du Marché

Comme l'explique Monique, la responsable de l'antenne fontenaisienne de la Pastorale des Migrants, "pour la 2° fois se tient à Fontenay-le-Comte, devant les halles, un Cercle de silence, ouvert à tous ceux qui rejettent le traitement inhumain réservé aux migrants, du seul fait qu'ils n'ont pas - ou plus - de papiers en règle. Notre silence veut interpeller sur l'égal respect dû à tous les hommes : les étrangers autant que nous-mêmes ou que les personnes qui font la loi ou la font appliquer."
Pendant une heure donc, ce samedi matin, autour d'un noyau dur d'une soixantaine de personnes, une bonne quarantaine d'autres, sinon plus, se sont joints à ce Cercle, pour quelques minutes ou davantage. Des gens de tous bords, des militants de divers mouvements et associations, des élus, des personnes venant aussi des cantons environnants ; des migrants également, originaires d'Arménie, de l'Afrique... Et cela, en plein marché de Noël, tandis que la foule se pressait autour de nous, sur la place, en quête de nourriture et de cadeaux à partager.
Au-dessus du Cercle de silence, une guirlande-enseigne symbolique souhaitant à tous "Joyeuses Fêtes", ce souhait étant enveloppé de sept étoiles lumineuses, sept, le chiffre parfait ! L'étoile pouvant rappeler aux chrétiens l'éclairage divin qui peut conduire les hommes d'aujourd'hui, comme jadis les Mages, sur le chemin de la rencontre avec le Sauveur.
De tels symboles n'ont pas manqué, autour de ce Cercle de silence :
- cette guirlande "Joyeuses Fêtes", nous invitant à n'oublier personne, pas même les migrants, dans nos festivités de fin d'année
- les étoiles : même si la guirlande n'exprimait pas un souhait de "Joyeux Noël", la présence des étoiles nous permettait cependant de nous en souvenir et de nous y référer
- ce silence profond d'une centaine de personnes en faveur d'un accueil des personnes déplacées dans notre bergerie française et européenne qui soit meilleur que celui reçu jadis, par Joseph et Marie, dans l'aubergerie de Bethléem
- ce silence faisant référence, pour les chrétiens, à Jésus-enfant, du terme latin "in-fans", qui signifie : "celui qui ne sait pas parler" ; Jésus, celui qui est venu dans le silence pour nous crier son appel à l'ouverture vers le ciel et à la fraternité
- ce questionnement, adressé à tous, témoin ce dialogue entendu : "Qu'est-ce qui se passe ici ?" "Oh ! Ca doit être une marche pour les immigrés, ou quelque chose comme ça..." Une "marche" à la façon de celle de Jésus dans son berceau, en silence, et sans bouger ; mais une marche qui a fait bouger le monde et continuera de le faire avancer !
- et ce gamin qui s'est arrêté, l'air interdit, et qui a enlevé son bonnet, tant ça avait l'air recueilli
- tout cela au son d'un accordéon tout proche, dont la musique a pu aussi rendre plus festive et nourrir notre réflexion et notre prière, tel cet air, parmi d'autres : "C'était le temps des fleurs, on ignorait la peur, les lendemains avaient un goût de miel..." (Dalida ?)
- des gens traversaient le Cercle de silence avec leur caddy, sans trop se rendre compte de ce qui se passait ; comme quoi, cela ne faisait peur à personne
- cet enfant arrivant en trombe avec sa trottinette et s'arrêtant pile devant la petite flamme posée au centre du Cercle, puis, demeurant alors au moins une minute à la contempler avant de repartir : quel symbole étonnant ! Et si cette petite lumière s'était aussi, hier, emparée de lui ?
- tandis que la sono des commerçants de la rue des Loges invitait chacun à des dégustations d'huîtres, de marrons grillés, de gaufres ou de barbe à papa, sans oublier le vin chaud : le père noël, c'était la rue d'à côté !
Un dernier air de cornemuse en fond de tableau, puis, Monique remercie chacun pour ce temps fort de silence et de fraternité. Rendez-vous est donné au prochain Cercle de silence, le samedi 12 mai.
Tiré de la 2° lecture de ce 4° dimanche de l'Avent : "Oui, voilà le mystère qui est maintenant révélé : il était resté dans le silence depuis toujours, mais aujourd'hui, il est manifesté." (Romains 16/25-26)

samedi 17 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.312 : Handicapés ? Ou personnes à part entière ?

Vous rencontrez comme moi, de temps en temps, des personnes que l'on dit "handicapées", mais qui, pourtant pourraient nous donner de sacrées leçons ! Je pense à cette jeune femme qui, grâce au soutien permanent des siens, peut poursuivre une vie "normale" ; même si le regard des autres n'est pas toujours intelligent ni bienveillant. "Oh, on ne le dirait pas, confie sa maman, mais notre fille sent très bien, à travers l'attitude des autres, leur regard, leurs paroles, comment les gens la perçoivent, et s'ils la respectent ou non. En tout cas, lorsque ceux qui la rencontrent lui manifestent une réelle attention, amicale et discrète, l'on sent que cela la remplit de bonheur ; même si, cette joie, elle ne sait pas bien l'exprimer."
Un autre jeune, tout fier de me dire qu'il peut écrire son nom désormais : quelle victoire pour l'humanité ! L'accompagnement fidèle d'un tas de gens qui ont toujours cru en lui n'a pas été vain ! Cela prouve que, pour tout humain, quel qu'il soit, tout reste toujours possible, proportionnellement aux possibilités de chacun ! Cela me rappelle cette phrase extraordinaire de Paul Valéry : "Chaque homme porte en lui quelque chose de grand ; il suffit d'aller le chercher !"
Autre rencontre de cette semaine, cet homme, lui aussi considéré comme "handicapé" mais qui, arrivé à l'âge mûr, commence à prendre une certaine distance avec ses parents : "C'est comme s'il voulait nous faire comprendre que, ça y est, il y a des choses qu'il peut faire tout seul, sans qu'on sache bien encore lesquelles, mais on le devine un peu. C'est une grande joie pour nous ! Cela veut dire qu'on ne l'a pas trop renfermé sur lui-même, et qu'il devient possible qu'il vole un petit plus de ses propres ailes..."
Chaque fois, j'ai repensé à cette fameuse scène de l'Evangile dans laquelle Jésus, face à un homme dont la main droite était paralysée, lui dit, face aux scribes et aux pharisiens ainsi qu'à la foule qui emplissait la synagogue, d'un ton plein de respect : "Lève-toi et tiens-toi là debout, au milieu, devant tout le monde." (Luc 6/8)
Etre chrétien, c'est contempler le Christ et ensuite, se comporter comme il l'a fait. Nous savons donc ce qu'il nous reste à faire à présent !

P-S : Tous ceux qui le veulent sont invités à participer ce matin au Cercle de silence qui se tient sur la Place des Halles de 10h30 à 11h30, et cet après-midi, même s'ils n'ont pas envie d'acheter le bouquin, à venir faire un petit tour à l'Espace du Marais, où je vais dédicacer le 4° tome de "Ma paroisse.com", de 15h30 à 18h. Belle journée à toutes et tous !

vendredi 16 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.311 : Pluie, vent, souvenirs...

Est-ce le vent dans la cheminée et les volets, ou les rafales de pluie crépitant sur la chaussée et sur les toits mais, cette nuit, j'ai revu en rêve les lieux de mon enfance lorsque, en hiver, aux approches de Noël peut-être, le vent, la tempête s'emparaient du ciel et de la terre, et que disparaissait l'horizon. Pas de chauffage dans les chambres à l'époque ! L'on se peletonnait sous les couvertures, et le gros "edeurdan" (édredon) était le bienvenu, sans parler des briques chaudes ou des bouillottes.
Avant le lever du jour, les uns et les autres, les frères et soeurs, mal réveillés, arrivions à la cuisine, où maman avait déjà allumé un grand feu. Papa disait : "Cette nuit, des tuiles ont été emportées par le vent ; il y a des gouttières dans le grenier... Dès qu'il fera meilleur, je monterai sur le toit pour les remettre en place !" Parfois, l'électricité était coupée ; un poteau électrique était tombé peut-être ; l'on sortait alors les lampes-tempête, tandis que nous faisions griller une tranche de "pain de quatre" devant le feu pour le petit déjeûner. Quant à eux, les parents étaient levés depuis longtemps déjà, à 4 heures du matin souvent, pour aller "tirer les vaches" comme on disait ; le laitier passait très tôt en effet pour emporter les bidons de lait à la laiterie, dans le bourg du Gué de Velluire, au bord de la rivière Vendée.
Mais ce n'était pas tout ça ! Il fallait partir à l'école, quel que soit le temps ; au début de l'hiver, c'était dans la "nègreté", avant que le jour se lève. Les chemins étaient tellement boueux que nous marchions sur les côtés, le cartable sur le dos, pleins de courage, malgré la pluie et le vent. "L'aïve" (l'eau) qui dévalait le long du chemin ne nous gênait pas : exprès, souvent, on marchait dedans, en essayant d'éclabousser les autres et, dans la cour de l'école, "les crux d'aïve", les creux, les flaques d'eau avaient un franc succès !
Puis, "tout ébourrifaï", l'on entrait dans la classe où ronronnait allègrement le vieux poêle imposant, l'élément central de la pièce. On avait les pieds trempés, mais ce n'était pas grave. L'instit était merveilleux. Réunis dans un même endroit, de 7 à 14 ans, l'on suivait un peu tous les cours à la fois. Je trouvais passionnant tout ce qui se disait, tandis que les renvois de fumée du poêle nous faisaient de temps en temps cligner des yeux et verser une petite larme. Et les distractions ne manquaient pas ! Depuis celui qui renversait son encrier jusqu'à l'autre qui croyait que 7 + 9 faisaient 19, en passant par M. le Curé qui venait chercher deux d'entre nous, "en plein mitan d'la classe" pour "faire enfants de choeur" à l'enterrement du grand-père un tel...
Puis, pendant le récré, sous la pluie battante, plutôt que de se "caniger" sous le petit préau, on déchirait des pages de notre cahier pour faire des petits bateaux en papier que l'on plaçait sur la rigole qui traversait la cour ; et c'était celui dont le bateau allait le plus loin qui avait gagné.
Résultat : à onze ans, merci Monsieur Paul Joguet, notre super instit (le propre frère de Bernard Joguet, bien connu, de Saint Michel le Cloucq), on ne faisait quasiment presque plus de fautes dans les dictées ! Depuis, en tout cas, ni les vents violents de l'existence, ni les tempêtes d'aucune sorte n'ont pu balayer ces souvenirs. Et je peux dire, comme "le petit chose" d'Alphonse Daudet : "O, choses de mon enfance, quelle impression vous m'avez laissée, même si elles ont été rudes, ces années !"

jeudi 15 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.310 : Avec Stéphane et son équipe, sur TV Vendée

A l'invitation de Stéphane Courgeon, l'animateur bien connu de la très populaire "Grande émission", je me suis retrouvé hier, avec toute son équipe, dans les studios de TV Vendée, à Dompierre-sur-Yon. Tout d'abord, passage obligé par les soins d'Angélique, la maquilleuse, dont je trouve le travail plein de signification : rendre les gens plus beaux ! Quel appel, pour nous tous ! Il y a là un riche défi ! "Ce qui me fait plaisir, confie-t-elle, c'est qu'après, les gens se trouvent jolis !"
Ensuite, rendez-vous sur le plateau ; échange très sympa avec les trois chroniqueuses de l'émission : Adèle, qui nous fait faire un quizz sur des chansons ayant trait à Noël ; puis, Aïda qui présente des petits livres à l'aspect à la fois tout simple et merveilleux pouvant aider enfants et adultes à entrer dans l'esprit de Noël ; et aussi Karen, fontenaisienne, qui présente, entre autres, les activités festives prévues sur Fontenay-le-Comte justement, sous la houlette de Marie-Gabrielle, à la veille de Noël.
Tout cela sans doute a un sens ! En effet, si cette période, si ces animations peuvent aider les gens à se sentir mieux dans leur être, plus proches les uns des autres en famille, si les chansons, la musique, les petits livres, les activités proposées, l'atmosphère générale sont porteurs de bonheur, de lumière et d'espérance, comment le Sauveur ne s'y retrouverait-il pas ? Comment tout cela ne contribuerait-il pas à resouder familles et groupes sociaux ? Tandis qu'un peu plus avant dans l'émission, Guillaume le Magicien nous présentait des tours de cartes dans lesquels tout le monde pouvait gagner ! Là encore, quel symbole ! Et cela, sous le regard attentif et rigoureux d'Olivier, le technicien chargé de la bonne mise en forme de l'émission.
Et moi, en tant que prêtre, je me trouvais au milieu de tout cela, heureux de cette proximité, magnifiquement accueilli par tous, malgré ma "différence". Stéphane me disait avoir déjà accueilli sur ce plateau des centaines d'invités (j'ai oublié le chiffre). Je trouve que cette télé joue bien son rôle, en donnant ainsi aux nombreux téléspectateurs vendéens l'occasion, à 18h15, du mardi au jeudi, sans parler des rediffusions, de découvrir un visage, une initiative, un aspect de la vie en Vendée.
Comme il l'avait fait l'an dernier, lors de mon précédent passage à TV Vendée dans cette même émission, Stéphane a bien su faire ressortir le spécifique de ma démarche, à travers ce blog journalier : c'est le moyen en effet, à travers les événements divers de l'existence, et le plus souvent les plus ordinaires, de faire émerger une signification, un appel, un lien avec l'Evangile également.
J'y repensais en méditant la première lecture de ce jour. Je me retrouve tout à fait en effet dans cet appel du prophète Isaïe disant (54/2-3) : "Elargis l'espace de ta tente, déploie sans hésiter la toile de ta demeure, allonge tes cordages, renforce tes piquets ! Car ta descendance va éclater dans toutes les directions." A travers les médias et sur tous les réseaux du Net !
Merci à Stéphane et à toute son équipe de TV Vendée !

P-S : deux remarques :
- pour info, hier, il y a eu 588 visiteurs sur ce blog
- est-ce le résultat de mon billet d'hier matin sur la collecte paroissiale ? Ce mercredi, il est arrivé une douzaine d'enveloppes dans la boîte à lettres du presbytère !
Comment vous remercier ?
- "La Grande Emission" passera le vendredi 16 sur TV Vendée, et pendant ce week-end. Taper sur Google : http://www.tvvendee.fr/ ; puis, chercher dans la rubrique "émissions".

mercredi 14 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.309 : Ceux qui font vivre la paroisse

Hier soir, juste avant la rencontre quasi mensuelle des quinze membres du CPAE (Conseil paroissial pour les affaires économiques), je trouvais dans la boîte à lettres du presbytère une enveloppe de la collecte paroissiale ; celle-ci comprenait un chèque de cent euros (le 98°), accompagné de ce sympathique petit mot du couple donateur : "Avec tous nos meilleurs voeux à la paroisse et à ceux qui la font vivre. Bien cordialement".
Inutile de dire qu'aussitôt, sans livrer de nom bien sûr, j'ai transmis ce message à l'équipe du CPAE, ce qui leur a réjoui le coeur ! Ces personnes en effet, dans l'ombre la plus totale, passent des heures et des heures à compter, à gérer, à réparer, à faire des démarches, à entretenir notre patrimoine immobilier, à suivre des fichiers, à discuter avec des fournisseurs, que sais-je encore, à la poursuite d'économies en tout genre et de moyens nouveaux à inventer pour donner à notre paroisse les moyens financiers d'assurer sa mission.
Rôle ingrat s'il en est, partagé par des dizaines et des dizaines de personnes qui, autour de chacune de nos églises, de chaque salle dépendant de notre paroisse, de chaque activité, ont le souci de gérer au mieux les biens de la paroisse comme les recettes ainsi que les dépenses entraînées par les différentes actions proposées.
Inutile de dire que ces personnes sont parfois surprises de sentir que des paroissiens jettent un regard indifférent sur toutes ces questions financières qui, pour eux, relèvent plutôt de ce que Jésus vomissait : l'argent dans le Temple. Les inconscients ! Savent-ils que leur désintérêt pour les questions financières au sein de l'Eglise pourrait conduire celle-ci à la faillite, et à l'impossibilité pour elle de poursuivre sa mission ?
Souvent, les membres du CPAE s'arrachent les cheveux en constatant que, malgré leurs efforts de conscientisation des paroissiens, nombre d'entre eux continuent froidement à mettre une pièce jaune à la quête, lors de chaque offrande, quand ils ne négligent pas de verser leur obole à la collecte paroissiale annuelle ! N'achètent-ils pourtant pas une baguette de pain chaque jour, pour un prix bien plus élevé ?
Dieu merci, beaucoup ont compris qu'ils avaient une responsabilité à assumer par rapport à la vie et à l'avenir de leur Eglise locale. Ainsi, actuellement, en un peu plus de deux mois, la collecte paroissiale a atteint la somme de 52.000 euros, avec 359 donateurs, contre 54.000 en un an l'an passé. A peu près la moitié des familles ont donné, chacune selon ses possibilités, avec des chèques allant de dix euros jusqu'à plusieurs centaines d'euros et au-delà, les efforts étant proportionnés, ce qui est bien normal, au niveau de vie de chacun.
Le plus extraordinaire, c'est le fait que, nombre de donateurs donnent déjà, et largement, de leur temps, de leurs forces, de leur argent, au jour le jour, pour faire vivre et fructifier les activités diverses dont ils ont la responsabilité ! Cela ne les empêche pas de donner en plus à la quête et à la collecte paroissiale.
Quant à moi, chaque fois que j'ouvre une enveloppe, je rends grâce au Seigneur pour l'offrande qui est faite à son Eglise, "pour la gloire de Dieu et le salut du monde", comme on le dit à la fin de chaque offertoire. Et je confie alors à Dieu la famille concernée, mais aussi, toutes les autres familles également, afin que celles-ci aussi découvrent le sens profond du don "pour Dieu" !
Merci à vous ! Avec mes meilleurs voeux à la paroisse et à celles et ceux qui la font vivre !

- Petit rappel : des enveloppes de la collecte paroissiale sont à votre disposition dans chacune de nos églises, ainsi qu'au presbytère Notre-Dame. Merci !

mardi 13 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.308 : La parabole du colibri

"La scène se passe en Amazonie. Un immense incendie ravage la forêt. Terrifiés, sidérés, les animaux observent le désastre. Seul un petit colibri se démène pour aller chercher de l'eau dans le fleuve avec son bec. "Tu ne crois tout de même pas que tu vas éteindre l'incendie avec ces quelques gouttes ?" lui lance un tatou (petit mammifère d'Amérique). "Non, répond le colibri. Mais je fais ma part." Cette légende amérindienne, popularisée par l'écrivain écologiste Pierre Rabhi, rapportée par le journal "La Croix" du 1° décembre dernier, "a beaucoup à nous dire sur le temps de crise que nous traversons", ainsi que nous l'explique Guillaume Goubert dans son éditorial. En effet, face aux bourrasques politiques, aux misères effarantes dont nous sommes les témoins, sans parler de la muraille des dettes publiques dont le montant dépasse l'entendement, le simple citoyen que nous sommes se sent impuissant !
Et pourtant, chacun ne peut-il faire quelque chose pour que les choses changent enfin ? Envoyer une lettre pour défendre un prisonnier injustement condamné, comme va nous y inviter l'ACAT (l'Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture) lors de la veillée de prière qu'elle propose ce soir au Temple de Fontenay-le-Comte. Nettoyer le trottoir derrière son chien. Si l'on dispose d'un patrimoine financier, le mettre au service du redressement de notre pays en investissant dans des activités porteuses d'avenir. Participer aux rencontres de parents d'élèves dans son école. Aller dire un petit bonjour à un voisin isolé. Avec l'association ou le groupe dont l'on fait partie, bâtir des propositions et demander un rendez-vous à notre député. Etc.
Inutile, tout cela ? N'écoutons pas les tatous qui veulent nous démobiliser et ne croient ni en l'infini de l'homme ni en l'avenir de l'humanité ! Inspirons-nous plutôt de l'exemple du courageux colibri. Ainsi que nous le rappelait Michel Beaud lors de sa récente conférence à l'Isamba, dans le cadre de la Semaine de la solidarité internationale : "Ce sont toujours des minoritaires qui ont fait avancer le monde !" Ils ressemblent à ceux que la Bible appelle "le Reste d'Israël", ce petit reste dont nous parle la première lecture de ce mardi, tirée du livre de Sophonie (3/13) et dont est issu le Sauveur. L'avenir est dans la main de chacun de nous en effet !
Vous avez suivi le marathon de la conférence de Durban sur l'environnement ? Les pessimistes n'y voient qu'un "échec collectif" de plus. Ils oublient l'obstination têtue du colibri. De la même façon que les contemporains de Jésus-Enfant n'aurait pas parié une roupie sur le fait que sa venue pouvait changer l'avenir du monde... Dans la lumière de cette venue, laissons résonner dans notre coeur cet appel du président sud-africain Jacob Zuma : "Nous devons sauver demain aujourd'hui..."

lundi 12 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.307 : "Je vais t'aider, mon Dieu."

Fatigué, blasé, trompé, écrasé, divisé, le monde va-t-il s'en sortir ? On parlait jadis de la grande peur de l'an Mil ; depuis lors, avons-nous vraiment progressé ? Il semble en effet que les grandes peurs qui tétanisent l'humanité depuis la nuit des temps soient toujours là. Alors, nous nous trouvons face à un défi : plier le genou devant ce qui nous semble, inévitablement, relever de la fatalité : "on n'y peut rien", ou continuer envers et contre tout à croire en l'humanité et en son avenir.
Sur le chemin de Noël, pour les chrétiens, comme pour tous les humanistes d'ailleurs, c'est-à-dire, tous ceux qui, comme le philosophe Pascal, croient que "l'homme passe infiniment l'homme", le choix s'impose : ne jamais céder à l'amertume ni au désespoir, mais, plus que jamais, retrousser nos manches pour faire advenir ce monde nouveau et fraternel dans lequel nous croyons.
On dit que Dieu vient nous sauver ; c'est vrai ! Mais il ne nous sauvera pas sans nous ! C'est ce que nous invite à comprendre Etty Hillesum, cette jeune fille juive morte à Auschwitz en 1943, et qui nous a laissé le témoignage suivant, que vous pouvez retrouver dans son magnifique journal publié dans "Une vie bouleversée" (Seuil) : "Je vais t'aider, mon Dieu, à ne pas t'éteindre en moi, mais je ne peux rien garantir d'avance(...) C'est tout ce qu'il nous est possible de sauver en cette époque et c'est aussi la seule chose qui compte : un peu de toi en nous, mon Dieu."
Hier dimanche, j'ai vécu cela lors de deux très beaux événements. Tout d'abord, lors de la matinée-dimanche vécue avec les parents d'une soixantaine d'enfants, pleinement attentifs, à l'occasion de la préparation de leurs petiots à la 1° Communion : un temps de partage très riche d'abord, suivie d'une eucharistie fort vivante dans une église Saint Jean plus jeune que jamais et archicomble.
Puis, l'après-midi, dans l'église de Foussais-Payré, merveilleusement animée à l'occasion du "Marché de Noël" sur la commune, avec exposition de travaux et broderies sur le thème de Noël, chants de circonstance, présentation d'une scénette tout à fait remarquable sur le sens de Noël aujourd'hui. Invité, en compagnie de M. Michel Beaud, de l'Orbrie, l'auteur bien connu de "Face au pire des mondes" dont j'ai déjà parlé à deux reprises sur ce blog, à l'occasion de la présentation de nos ouvrages, nous avons eu l'occasion d'échanger avec les nombreuses personnes de passage dans cette église.
Hier matin comme hier après-midi, des gens se sont bougés et, en bougeant, ils ont mis le pied dans la porte du Salut, l'empêchant ainsi de se refermer, et laissant passer largement le grand flot de l'espérance, de la lumière, de la joie, de la profondeur et de la beauté de Noël. Ainsi, des gens de chez nous ont, comme jadis Etty Hillesum, "aidé Dieu" à ne pas s'éteindre, mais à venir habiter et exister chez nous, plus que toujours et plus que jamais !

dimanche 11 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.306 : Noël, ou la défaite des grincheux

J'avais le bonheur de participer hier au "Marché de Noël" organisé par les enfants et les enseignants de l'Ecole Catholique de la Foi, à Fontenay-le-Comte. Ils nous ont d'abord offert une série superbe de chants de Noël, dont bien sûr "Il est né le divin Enfant", et même le refrain du célèbre "Gloria des Anges", en latin s'il vous plaît, et fort bien interprété. Non loin de moi, une personne, plutôt d'un certain âge, sans doute peu sensible à la fraîcheur de ce qui se vivait, n'a rien trouvé de mieux que de critiquer cette prestation ! Mais tout le monde, autour de cet individu, de hausser les épaules en levant les yeux au ciel, tant ce qui venait d'être dit était "bête et méchant", ainsi que se qualifiait jadis le journal "Hara-Kiri".
Vous en faites tous l'expérience ! Dites quelque chose de positif sur quelqu'un, il se trouvera souvent près de vous une personne pour vous refroidir en vous confiant, quasiment sous le sceau de la confidence : "Peut-être ! Mais si vous saviez ce que je sais sur cette personne, vous n'en diriez pas tant !" Et flac ! Tout est cassé par le grincheux de service.
J'aime bien ce qu'écrit à ce sujet Brunot Frappat, en dernière page du journal "La Croix" de ce dimanche : "Au fond de la salle des fêtes, quand tout le monde se réjouit, claque des mains, danse en farandole, il y a toujours le grincheux de service. Le rabat-joie. D'esprit supérieur, il hausse les épaules. Il n'est pas du genre à se laisser-aller, et encore moins à se laisser faire. Ces pères la tristesse surabondent dans certains milieux..." Et ils sont malheureusement très présents parmi certains dits "chrétiens" qui, en l'occurrence, ne sont alors, comme je l'écrivais sur ce blog il y a quelques semaines que des "courroies de transmission du diable".
Il est vrai que les grincheux ont derrière eux une longue histoire de "diviseurs" (l'autre nom du diable). Toujours en pétard contre leurs voisins, leur propre famille parfois, leurs responsables politiques, leurs prêtres, le monde entier, ils me font penser à l'un des sept petits nains de Blanche Neige, le bien surnommé "Grincheux" justement. Oh ! finalement, il n'est ni déstabilisant, ni méchant.
Disons plutôt que les grincheux ont forcément un problème, dans leur existence, ce qui en fait des écorchés vifs, qui souffrent de voir, autour d'eux, les autres heureux, et essayent, sans succès, heureusement, de leur gâcher la vie.
Hier, sur le champ, le grincheux de service, au fond de mon coeur, je l'ai confié au Seigneur : "Oh, toi, l'Enfant du Ciel, qui vient sauver tous tes enfants de la terre, prends cette personne dans ta lumière ! Guéris son coeur haineux, malade et blessé ! Fais-le enfin entrer dans la communion heureuse avec tous, positivement ! Merci Seigneur !"
Avez-vous lu le livre de Geisel, ou vu le film intitulé "Le grincheux qui voulait gâcher Noël" ? A la fin, devinez qui a gagné ? Entre Jésus et la fraternité d'un côté, face au grincheux qui essaye de faire du bruit en traînant les casseroles du diable, y'a pas photo !
Bonne marche vers Noël, avec des lunettes de lumière !

samedi 10 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.305 : "Comment on fait pour aimer Jésus ?"

Jeudi soir, lors de la rencontre de préparation de la messe des familles du 8 janvier prochain, Jean-Pierre nous disait que le mot "mystère", pas toujours aisé à comprendre, évoquait plutôt pour lui le terme, l'idée, la notion de "merveille". Les mystères de Dieu étant perçus comme des merveilles que Dieu offre à notre contemplation et à notre réflexion. Ce mot "merveille", qui paraîtra peut-être restrictif à des théologiens sourcilleux, est cependant plus parlant et plus évocateur que si l'on parle de "mystère". Même si l'on sait bien que le mystère, c'est, non pas quelque chose d'incompréhensible, mais une réalité dans laquelle on entre avec Dieu, et que, dans sa lumière, l'on n'aura jamais fini de découvrir !
En tout cas, de ce mystère d'amour de Dieu se révélant à nous dans la lumière de Noël, comme dans la vie de la Vierge Marie, mère de Jésus, dont nous fêtions avant-hier 8 décembre la conception merveilleuse, nous sommes bien chaque jour les témoins émerveillés ; et c'est ainsi que nous chantons, avec Marie : "Le Seigneur fit pour moi des merveilles, saint est son nom !"
Une catéchiste nous livrait récemment cet étonnant témoignage : alors qu'elle partageait la Bonne Nouvelle de Jésus avec la petite dizaine d'enfants rassemblés, comme chaque semaine, autour d'elle, un très riche dialogue s'était engagé, chaque enfant exprimant ce qu'il trouvait de beau dans ce temps de réflexion. Je laisse parler la catéchiste : "Au bout d'un moment, alors que l'échange devenait de plus en plus profond, une petite fille, assise tout près de moi, m'a tapé sur le bras pour me demander : "Mais comment on fait vraiment pour aimer Jésus ?" J'en ai été bouleversée. On était au noeud des choses !" Au coeur même du mystère, aurais-je envie d'ajouter !
Finalement, n'est-ce pas cela, notre mission de chrétiens : parler, vivre, agir de telle façon que quelqu'un, au jour de Dieu, et sans forcément nous taper sur le bras pour nous le dire, pourra se sentir rejoint par Jésus, le Sauveur, et revoir désormais sa vie, ses projets, son avenir autrement, dans la lumière de Dieu.
Mais, au fait, j'y pense : n'est-ce pas déjà chaque jour qu'une telle merveille se réalise ? Tant dans la vie des chrétiens qui nous entourent que dans notre propre vie ? Dans la mesure où nous essayons de prier et de nous comporter au mieux, dans l'esprit des Béatitudes, insensiblement, autour de nous comme en nous, tout commence enfin à changer, à bouger... Et c'est cela, la réalisation concrète du mystère d'amour de Dieu : la merveille du Dieu qui vient, qui se révèle, qui est déjà là !

vendredi 9 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.304 : Que devient l'Union Chrétienne ?

J'ai déjà parlé à plusieurs reprises, sur ce blog, des Soeurs de l'Union Chrétienne, si chères au coeur des Fontenaisiens et au-delà. Pas étonnant qu'hier, 8 décembre, à l'occasion de la cérémonie de fusion avec les Soeurs des Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie, dites de Mormaison, plus de 500 personnes étaient présentes, dont le maire de Fontenay-le-Comte et le représentant de l'Eglise réformée de France. Très belle célébration, présidée par Mgr Castet, au cours de laquelle les Soeurs des Sacrés-Coeurs ont accueilli en leur sein leurs Soeurs "aînées" de l'Union Chrétienne, qui ont derrière elles plus de 300 ans d'histoire et de mission.
Moment très émouvant lorsque chacune des Soeurs de l'Union Chrétienne a été accueillie chaleureusement et embrassée fraternellement par la supérieure générale des Soeurs des Sacrés-Coeurs, Soeur Marie-Claire Jadeau ; celle-ci se déplaçant ensuite pour aller prendre dans ses bras les Soeurs en fauteuil roulant ou plus handicapées. A chacune furent remis alors l'insigne des Soeurs des Sacrés-Coeur ainsi que le petit livre contenant leur nouvelle Règle de vie.
L'on sentait les Soeurs de l'Union Chrétienne à la fois troublées et pleines d'espérance. Inquiètes en effet de devoir sembler laisser derrière elles toute une histoire, une spiritualité, une vie, des perspectives, qui ont jusqu'ici nourri leur engagement et animé, au plus profond d'elles-mêmes, leur existence de consacrées.
Heureuses, malgré tout, comme l'a fort bien exprimé leur "ancienne" supérieure générale, Soeur Louis Nobiron, lorsque celle-ci a déclaré, en substance, à la fin de la célébration : c'est une nouvelle étape dans notre vie, dans le sens d'une plus grande communion et pour enrichir notre avenir à toutes.
Bien sûr, on parlera sans doute longtemps encore, à Fontenay-le-Comte et aux alentours, des "Soeurs de l'Union Chrétienne", de "la Chapelle de l'Union Chrétienne" ; mais désormais, le passage est fait ! Et c'est un bel exemple que ces Soeurs donnent à l'Eglise comme à l'ensemble de notre société, à travers cette capacité qu'elles ont eu de s'associer ; et cela, non pas à la va vite, mais en suivant un processus très précis et très fin permettant que tout se vive dans une merveilleuse compréhension.
A nous tous désormais d'accompagner "nos" Soeurs sur ce nouveau chemin ; en nous laissant nous-mêmes transformer, et par la Parole de Dieu qui nous incite à renforcer sans cesse notre communion, et par l'exemple de ces Soeurs qui ont su inventer un chemin nouveau pour que puisse se poursuivre, jusqu'au bout, leur magnifique mission.
Au nom de la paroisse, de tous les Fontenaisiens, du doyenné, de toute la population du Sud Vendée, je voudrais redire aux Soeurs que, dans notre coeur non plus, l'Union Chrétienne ne disparaîtra jamais de notre reconnaissance, et qu'en même temps, nous les soutenons tout à fait, de notre amitié et dans notre prière, par rapport à ce chemin nouveau qu'elles ont choisi, en fidélité, comme Marie, à l'appel du Seigneur.
Chères Soeurs qui formiez l'Union Chrétienne, chères Religieuses des Sacrés-Coeur, de Fontenay-le-Comte et de Mormaison, du Canada, de la Vendée, de La Réunion et d'ailleurs, un très grand merci de votre magnifique témoignage de consacrées, au service des hommes, des femmes de ce temps, et de l'Evangile !


P-S : je n'ai pas l'habitude de suggérer des commentaires ; mais si aujourd'hui, les uns et les autres veulent s'exprimer par rapport à un tel événement, qu'ils n'hésitent pas ! Merci pour elles ! Et n'hésitez pas à aller visiter le blog de Sœur Emmanuelle à ce sujet !

jeudi 8 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.303 : Le sens des traditions de Noël

Ca y est : sapins, guirlandes, décorations commencent à prendre place dans nos maisons et au coeur de nos cités, tandis que l'on "fait la crèche" dans toutes les églises. Certains s'en inquiètent, se demandant si, avec toutes ces animations à l'aspect un peu superficiel, l'on ne trahit pas un peu le vrai sens de Noël.
- pourquoi des sapins par exemple ? En hiver, tandis que tout semble mourir dans la nature, le sapin, lui, reste plus vert que jamais. Ceci a été considéré par les chrétiens comme un symbole d'éternité. Il rappelle le paradis terrestre où aucun arbre ne perdait ses feuilles. On l'appelle en Alsace "Arbre du Paradis". L'étoile que l'on pose en haut du sapin pour le décorer rappelle celle que les Rois mages ont suivie pour rendre visite à Jésus.
- et ces guirlandes dans les rues ? Ce n'est pas seulement pour faire joli, mais pour inviter chacun à penser à la lumière de Noël. Ainsi, nos rues elles-mêmes témoignent de ce que Noël est une fête de la lumière. Ces guirlandes représentent des étoiles, des sabots, des oiseaux de la paix : autant de symboles qui paraissent païens, mais qui sont pourtant en lien profond avec le message de paix et de lumière du Noël chrétien.
- "on va faire une crèche à la maison !" Bravo ! Monter une crèche chez soi, c'est une façon d'exprimer notre désir de voir Jésus naître et prendre place concrètement, aujourd'hui encore, chez nous, dans notre famille et notre maison !
- les cadeaux ? Il ne faut peut-être pas exagérer ! Cependant, déjà, bergers et mages ont offert des présents à Jésus ; c'était pour manifester leur bonheur face à sa venue. En fait, dans la religion chrétienne, le vrai cadeau, le seul cadeau, c'est Jésus, venant chez nous pour nous sauver. Et si maintenant, les parents offrent des cadeaux à leurs enfants, c'est bien sûr parce qu'ils les aiment ; mais, si l'on va au fond des choses, c'est avant tout pour témoigner qu'ils sont heureux d'avoir reçu eux-mêmes le cadeau suprême, c'est-à-dire, le Sauveur ! Attention ! Pour les enfants, un seul cadeau peut suffire ! Pourquoi ne pas faire jouer l'esprit de solidarité, et voir avec les enfants avec qui partager l'argent ainsi mis de côté ?
- la couronne et les quatre bougies de l'Avent : les chrétiens accrochent parfois une couronne de gui ou de houx sur leur porte. C'est le signe que le Christ qui vient est roi, mais aussi, le rappel de la couronne d'épines, tandis que le vert est symbole de vie et d'espérance. Dans les églises, l'on allume parfois une bougie, que l'on place à l'intérieur de cette couronne, devant l'autel, chaque dimanche de l'Avent. La première bougie signifie le pardon, la seconde la foi et l'espérance, la troisième la joie et la quatrième la paix : Noël est déjà presque là...
Qu'est-ce que Noël, finalement ? C'est la fête de l'entrée de Dieu, de façon visible, dans l'histoire de l'humanité. En 1793, la Convention avait voulu faire du 25 décembre le "jour du chien", et chasser ainsi le concept de Noël de la tête des citoyens français. Mais cela n'a duré que douze ans ; ce choix cocasse fut aboli par Napoléon en 1805. Normal ! Ainsi que l'affirmait en effet Charles Péguy par la bouche de Jeanne dans "Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc" , le mystère de Noël est "la seule histoire intéressante qui soit jamais arrivée."
En cette fête du 8 décembre, puisse Marie nous accompagner sur le chemin de la découverte du vrais sens de Noël ! Et vous, comment allez-vous vous y préparer ?

mercredi 7 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.302 : Café-Théo : La Famille, "Noeud de vipères" ? Ou cellule de base de la société ?

Hier, comme nous le faisons très souvent sur la paroisse, nous sommes sortis des murs de nos églises et salles paroissiales pour aller nous plonger dans "la marmite" de Jean-François, "La Tupina", en basque, pour reprendre le nom du bar que ce Basque chaleureux tient sur la Place des Halles, à Fontenay-le-Comte, accompagné de Floriane. Ceci à l'occasion de notre 14° Café-Théo.
Thème de notre échange, animé par Dominique : "Familles : étouffement ? Ouverture ?" Le partage a été très riche ! Entre la vision un peu idéalisée de la famille et les réalités concrètes que nous vivons, il peut y avoir un abîme en effet, et de grandes douleurs parfois ! Dominique y a fait allusion en citant ce titre d'un livre d'Hervé Bazin : "Noeud de vipères". Est-ce un scandale ? En tout cas, c'est un fait que beaucoup vivent des choses très lourdes en famille, celle-ci n'étant pas toujours le lieu de construction et d'amour que l'on souhaiterait : "Ma mère, je ne la vois plus" ; "nos enfants nous échappent"...
En même temps, ont été citées des enquêtes du "Figaro" et de "La Croix" qui soulignent que la famille n'est pas une valeur ringarde ou démodée, au contraire : 77% des Français expriment ce souhait de "construire une seule famille en vivant avec la même personne, d'un sexe différent." Et ils sont encore plus nombreux chez les jeunes : 89% des 25-34 ans l'affirment. A l'âge des premiers engagements, neuf jeunes Français sur dix souhaitent ainsi que leur couple dure toujours.
Mais comment vivre cela ? J'ai retenu quelques belles expressions telles que celle-ci : "Nous devons donner à nos enfants des racines et des ailes : des racines pour qu'ils aient un solide point d'ancrage familial, et des ailes pour qu'ils puissent vivre leur vie sans que l'on essaye de les retenir auprès de nous." "S'il y a des problèmes, de toute façon, je ne coupe pas les ponts ; il faut toujours laisser la porte ouverte aux enfants." "La famille : beaucoup de monde qui se rassemble, mais autour d'un noyau solide." "Promouvoir la famille, avec des frères et soeurs, c'est promouvoir la fraternité." "Une famille, il faut la cultiver, si l'on veut qu'elle existe." "Entre frères et soeurs, dans une famille, tôt ou tard, vu les situations différentes ou les problèmes qui peuvent se poser, l'on peut ne plus être d'accord sur certains points ; mais on arrive à se revoir quand même et à "cohabiter", car je privilégie le lien familial à mes idées personnelles."
Bien d'autres choses très riches ont été exprimées ! Le Café-Théo demeure en effet un lieu de parole fort utile, permettant à un groupe de progresser ensemble autour d'un sujet porteur.
Prochain Café-Théo le jeudi 19 janvier, à 20h. Thème et lieu vous seront précisés ultérieurement.

P-S : Tous n'en ayant peut-être pas encore pris connaissance, je renouvelle mon appel d'hier, en fin de billet, à signer désormais tout commentaire de votre nom et prénom. Merci !

mardi 6 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.301 : Dix euros qui valent de l'or !

Chaque jour, je suis l'heureux témoin de nombreuses merveilles et j'en rends grâce au Seigneur. Mais, pour pouvoir rendre compte de tout cela, il faudrait que j'écrive plusieurs billets chaque matin... En ce qui concerne la journée d'hier par exemple, j'ai retenu le fait suivant : cette dame âgée, handicapée, en mauvaise santé, disposant de bien peu de moyens, qui m'a fait passer, comme elle le fait chaque mois, une offrande de messe, une lettre très sympa, et son don mensuel de dix euros, en guise de quête, au profit de la paroisse.
Tout cela grâce à la visite régulière d'une paroissienne qui est devenue son amie : celle-ci représente pour elle un lien vital à son église saint Jean à laquelle elle reste très attachée. Quand je constate de telles merveilles, je me dis que l'Evangile a encore de beaux jours devant lui ! Et que la vieillesse, loin d'être un naufrage, peut encore porter de très beaux fruits ! De telles personnes en effet sont des exemples pour nous, qui risquons parfois d'être plus vieux qu'elle dans notre tête, plus pessimistes par rapport à l'avenir de l'Eglise, plus tournés sur nous-mêmes, plus radins quand il s'agit de soutenir notre paroisse financièrement chaque dimanche. Voilà pourquoi, à mes yeux, sa lettre a une importance capitale, l'intention de messe qu'elle offre manifeste son souci de faire Eglise avec d'autres par la prière, tandis que ses dix euros valent de l'or : ils font en effet partie de son "nécessaire" !
Je suis convaincu en tout cas que cette vieille dame fatiguée fait partie de ces géants dont Dieu a besoin pour sauver le monde de lui-même et pour lui indiquer le chemin du salut ! Certainement, c'est par des gens comme elle que Dieu passe pour inviter chacun de nous à se convertir, à retrouver courage et confiance dans l'avenir et à ne plus nous contenter de pleurer sur nous-mêmes ou sur les insuffisances des autres.
Comme par hasard, le prénom de cette dame, c'est Marie ! Mais est-ce un hasard ? A deux jours du 8 décembre...
"Le Seigneur fit pour moi des merveilles... Il s'est penché sur son humble servante... Il élève les humbles..." (Luc 1/46-55)

P-S : comme indiqué sur la page de garde de ce blog, afin que vos commentaires puissent être publiés, merci d'indiquer votre nom et votre prénom.
"Chacun - est-il demandé encore - pouvant exprimer ce qu'il ressent, à condition que ce soit de façon paisible, courtoise et respectueuse."
Ce qui n'est pas toujours le cas ! Allez voir, pour vous détendre, le commentaire d'une soit-disant "Gertude", suite au billet 1299 !!! Et il y en a eu de plus drôles encore ! J'aimerais avoir là-dessus votre sentiment !

lundi 5 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.300 : "Vivre ensemble l'Evangile aujourd'hui"

Dans mon billet d'hier, sous forme un peu provocatrice il est vrai, je posais cette question : "L'Evangile est-il dépassé ?" En tout cas, ce n'est pas l'impression que l'on a eue, en ce dimanche 4 décembre, lors de la messe des familles à Saint Jean : une église pleine, avec pas mal d'enfants, de nombreux représentants des "jeunes générations" et une belle atmosphère de prière et de partage, le tout accompagné d'images superbes sur le grand écran ; de quoi donner des boutons à ceux qui pensent que l'Evangile n'a pas d'avenir ! Il fallait entendre les réflexions à la sortie... L'une des explications était la présence de membres du mouvement "VEA" (Vivre Ensemble l'Evangile Aujourd'hui), qui nous ont expliqué, de façon très simple, comment grâce à leurs rencontres mensuelles en équipe, ils essayent de vivre l'Evangile avec les autres au jour le jour, et en quoi cela illumine leur existence.
Vivre ensemble l'Evangile au quotidien, est-ce que cela ne devrait pas être le mot d'ordre de tout chrétien ? En effet, est-il possible de vivre seul l'Evangile ? De rencontrer Dieu tout seul ? De prendre conscience de ses propres failles tout seul ? De découvrir le meilleur chemin vers Dieu et vers les autres tout seul ? Celui qui n'a pas besoin des autres en effet, celui qui sait d'avance ce qu'il a à faire pour se rapprocher de Dieu, celui qui ne compte que sur lui-même pour "faire le bien" ne ressemble-t-il pas au pharisien de l'Evangile, imbu de sa propre personne ? Solitaire, anonyme, amer, méprisant, aux antipodes de ce que propose l'Evangile ?
Finalement, ce qui est dépassé, ce n'est pas l'Evangile, mais bien plutôt, le manque de fraternité, la bêtise, et tout ce qui dégrade l'homme. La Parole de Dieu, d'ailleurs, nous le rappelle inlassablement : le chemin de Dieu et de l'Evangile est là devant nous. Relisons la première lecture de ce jour, dont voici un bref extrait : "Il y aura là une chaussée, on l'appellera : voie sacrée. L'homme impur n'y passera pas et les insensés ne viendront pas s'y égarer. On n'y rencontrera pas de lion, aucune bête féroce n'y surgira ; seuls les rachetés y marcheront." (Isaïe 35/8)
A nous de faire advenir ce monde nouveau, dès à présent, ensemble, en lien étroit avec tous, qu'ils soient croyants autrement, humanistes, en recherche d'absolu ou autres... Avançons ensemble sur la voie sacrée de la fraternité !

dimanche 4 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.299 : L'Evangile est-il dépassé ?

Je partage la stupeur de Monique Hébrard, journaliste bien connue des lecteurs du quotidien "La Croix" écrivant ceci, dans l'édition de ce dimanche 4 décembre : "...Plus grande tristesse encore : il y a quelque temps, les gens disaient : "L'Evangile oui, l'Eglise non"... et voilà que l'Evangile lui-même semble ne plus du tout intéresser. J'avoue avoir eu un choc quand, dans les solutions proposées par Hessel et Morin, qui sont toutes imprégnées des valeurs évangéliques, les auteurs disent qu'il serait temps de recourir au...confucianisme ! Pourquoi pas ? Mais pourquoi en priorité ? Parce que l'Evangile lui-même est maintenant atteint par l'indifférence et/ou l'incrédulité."
M. Hébrard fait allusion au petit opuscule de 60 pages, intitulé "Le chemin de l'espérance", que viennent de publier ensemble deux des vieillards les plus célèbres de France (184 ans à eux deux !). C'est intéressant, car cela nous oblige à regarder la situation en face : au coeur de cette société, dans notre quartier, notre milieu de travail, dans nos familles également, nous sommes dans la même situation que Jean le Baptiste, que la liturgie de ce 2° dimanche de l'Avent nous offre comme grand témoin dans l'évangile de ce dimanche ! Bien souvent en effet, comme lui, nous avons l'impression de prêcher dans le désert, d'être les porteurs d'une bonne nouvelle qui n'intéresse plus grand monde désormais. La tentation serait alors de se décourager, tout en repensant, avec une certaine nostalgie, à nos jeunes années, à cette époque où, du moins le croyons-nous, Dieu paraissait plus présent au sein de la société.
Quel dommage ! Cela signifierait en effet que nous sommes complètement aveugles aux innombrables signes d'Evangile qui fleurissent en multitude autour de nous encore aujourd'hui. Pour ne parler de la journée d'hier, et seulement de ce dont, moi, j'ai été l'heureux témoin, il faudrait parler des jeunes responsables des confirmands qui ont vécu une belle matinée de réflexion ; mais aussi, des membres du Secours Catholiques qui ont réalisé et proposé à la vente de superbes objets au profit des populations en souffrance dans la Corne de l'Afrique. Je pense également aux nombreux baptisés actifs, sur le marché et ailleurs, en lien avec le téléthon. Hier aussi, superbe soirée conviviale organisée par la Pastorale des Migrants ; tandis que l'association des amis du patrimoine organisait à Pissotte un très beau concert en lien avec la municipalité et les chrétiens de cette commune.
Quoiqu'en pensent Hessel et Morin, l'Evangile est encore bien vivant ! et, au coeur des déserts de ce monde, les baptisés sont plus vivants que jamais ! Et jamais leurs pauvretés, leur péché ni leurs imperfections n'empêcheront le message de l'Evangile de rayonner inlassablement.
Merci d'ailleurs à Confucius d'avoir bien préparé le terrain ! N'est-il pas, comme nous, le frère de Jésus ? D'ailleurs, quand il écrivait : "Ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse, ne le fais pas aux autres" (Analecta 15/23), cela ne vous rappelle pas quelque chose ? N'oublions pas qu'il a prononcé cette règle d'or cinq siècles avant le Christ. Sans parler de Bouddha déclarant : "Ne blesse pas les autres de manière que tu trouverais toi-même blessante." (Udana-Varga 5/18). Le prophète Mohammed ne dit rien d'autre : "Aucun d'entre vous n'est vraiment croyant tant qu'il n'aime pas pour son frère ce qu'il aime pour lui-même." (13° Hadith)
L'Evangile est en bonne compagnie, merci !

samedi 3 décembre 2011

Le Blog du Curé de Fontenay-le-Comte n° 1.298 : Le choc des ignorances

Hier soir, onzième rencontre, toujours aussi suivie et aussi passionnée, du groupe fontenaisien d'amitié entre chrétiens et musulmans ; cette fois-ci, sur le thème de l'altérité. Nous avons commencé par visionner un diaporama tout simple, mais très profond, relatant le sacrifice et le testament des moines de Tibhirine : magnifique exemple d'altérité en terre majoritairement musulmane, au sein de la société algérienne !
Question : cette altérité, ce respect de l'autre, est-ce réellement possible, y compris chez nous en France ? Quel reconnaissance mutuelle, quel respect des différences, et à quelles conditions ? Comment accepter que l'autre, chez nous, soit différent de nous ? Comment arriver à vivre, mais aussi à mieux connaître, et à aimer, des personnes qui n'ont ni la même origine, ni les mêmes façons de se comporter, ni la même religion que nous ? Beaucoup éprouvent de l'inquiétude, et même une peur réelle, autour de nous, face à un tel défi. Tandis que certains ne reculent devant aucun moyen pour se servir de cette peur afin de détruire l'autre, présenté a priori comme un danger et un ennemi.
Dans sa contribution, un de nos amis musulmans a fait référence à Samuel Huntington, ce professeur d'Harvard qui a publié en 1996 un livre très controversé intitulé "Le choc des civilisations". Sa théorie, c'est que, de nos jours, ce ne sont plus des nations qui s'opposent entre elles, mais des civilisations, au sein desquelles le fait religieux tient une place centrale. Cette analyse, Dieu merci, a été très critiquée, tout en donnant lieu à bien des débats, comme à Fontenay-le-Comte aussi hier soir. Dans une vision positive de l'avenir de l'humanité, les civilisations en effet ont plutôt pour mission de se rencontrer et de s'enrichir mutuellement, de même que les religions, tant qu'elles ne sont pas dévoyées ni détournées de leur rôle premier : "relier", du mot "re-ligion", ont pour but de rendre l'homme meilleur et plus fraternel.
Le danger, aujourd'hui, n'est donc sans doute pas celui d'un "choc des civilisations", mais bien plutôt, d'un "choc des ignorances". N'est-il pas vrai en effet que, tant que l'on ne connaît pas quelqu'un, surtout s'il est d'une origine, d'une religion différente de la nôtre, nous avons d'abord tendance à avoir peur de lui ?
Alors que le projet de Dieu est tout autre ! Ainsi que nous l'a rappelé Ahmed, en citant le Coran : "Si Dieu l'avait voulu, il aurait fait de vous une seule et même communauté : mais il a voulu vous éprouver pour voir l'usage que chaque communauté ferait de ce qu'il lui a donné. Rivalisez donc d'efforts dans l'accomplissement des bonnes oeuvres, car c'est vers Dieu que vous ferez retour, et il vous éclairera alors sur l'origine de vos différences." (Coran 5/48)
C'est à cette ouverture universelle que la Bible nous appelle en permanence. En effet, nous dit Jésus, "Il en viendra du levant et du couchant, du nord et du midi, pour prendre place au festin dans le Royaume de Dieu." (Luc 13/29)
Avec cette conclusion d'Henri, nous invitant à répercuter autour de nous ce que nous avons mieux compris ce soir : "Agissons pour le passage de la théorie idéaliste à la pratique réaliste." Avec l'aide et sous le regard du Dieu Unique !